Tag: Théâtre

  • Voulzy, Chamfort, deux étoiles pour illuminer la Pyramide bagnolaise

    Voulzy, Chamfort, deux étoiles pour illuminer la Pyramide bagnolaise

    Mais force est de constater qu’avec le basculement de la mairie à l’extrême droite, le budget de la Pyramide a été revu à la baisse tout comme la programmation en comparaison avec la saison passée. Pourtant, pour cette deuxième saison, la première en année pleine, les chiffres étaient plutôt positifs avec un taux de remplissage de 83,25 % et des recettes de 277 507 euros (pour un budget de 345 000 euros).

    Deux monuments de la chanson française vont tout de même tirer le programme vers le haut cette année. En effet, la saison s’ouvre le vendredi 25 septembre avec le concert de Laurent Voulzy. Le compère d’Alain Souchon âgé aujourd’hui de 77 ans viendra fêter ses cinquante ans de carrière accompagné de six musiciens. Pour l’occasion, deux séances de répétitions seront ouvertes à plus de 1 000 enfants.

    Ensuite, ce sera à l’orchestre national d’Avignon Provence de se produire sur la scène bagnolaise le 2 octobre, suivi le 6 octobre par le spectacle « Détours de Fables » à l’adresse des enfants de plus de six ans. Puis, l’autre moment fort de ce début de saison sera indéniablement la venue d’Alain Chamfort qui jouera les grands morceaux de sa carrière accompagné de son pianiste et de sa complice la chanteuse et animatrice franco-américaine Valli.

    Le programme laisse une belle place

    À la jeunesse avec notamment « Les Misérables » (dès huit ans, le 16 octobre), « Bébéluga » (de 18 mois à 7 ans, le 20 octobre), « Cha cha cha » (dès 6 ans, le 27 novembre), « L’Esprit de Noël » (dès 5 ans, le 20 décembre) ou encore « Les 3 petits cochons en chanson » (le 13 février).

    Côté théâtre, deux pièces vont particulièrement marquer la saison. D’abord, « Le procès d’une vie » qui retrace le combat de Gisèle Halimi en 1971 sur l’avortement. Cette pièce a reçu trois Molières en 2026 et sera programmée le 21 novembre. À ne pas manquer non plus la pièce « Le chant des lions », elle aussi récompensée d’un Molière cette année. La pièce retrace l’histoire d’amour de Joseph Kessel et Germaine Sablon alors que la seconde Guerre mondiale approche. Au milieu de cette période tragique, les deux amants créeront « Le Chant des Partisans ». Trois tributes, à Pink Floyd (le 14 novembre), à Piaf (le 6 décembre) et à U2 (le 23 avril), un one woman show de Bénédicte Bousquet (4 décembre), un spectacle de magie en musique de David Blanchard (11 décembre) et trois comédies musicales complètent la programmation.

  • La Provence à l’heure du Sommet Lumière

    La Provence à l’heure du Sommet Lumière

    Le cinéma mondial a rendez-vous dans le sud de la France. Ce lundi, Saint-Paul-de-Vence (Alpes-Maritimes) accueille le Sommet Lumière, une rencontre internationale consacrée à l’avenir du cinéma, de l’audiovisuel, de l’animation et du jeu vidéo. Initié par le Centre national du cinéma et de l’image animée, coprésidé par Emmanuel Macron et le président sud-coréen Lee Jae-myung, ce « Davos du cinéma » réunit près de 150 personnes. Patrons des grands studios et plateformes (Disney, Netflix, Sony, Universal), producteurs (CJ Group), cinéastes, acteurs, grands groupes de l’audiovisuel français et responsables publics y sont attendus.

    Si le choix de Saint-Paul-de-Vence peut surprendre, il s’inscrit dans une logique territoriale forte. Héritière de l’aventure des frères Lumière, terre d’accueil du Festival de Cannes, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est aujourd’hui la deuxième région de cinéma en France, après l’Île-de-France. Plus de 9 000 professionnels y travaillent et le territoire accueille, chaque année, entre 5 000 et 6 000 jours de tournage.

    Terre du Septième art

    Des historiques Studios de la Victorine à Nice aux dynamiques Provence Studios de Martigues, en passant par le Pôle Média de la Belle de Mai à Marseille, la région dispose d’infrastructures capables d’attirer aussi bien des productions françaises que les géants internationaux du secteur. « Aujourd’hui, tout le monde pense qu’on a une main-d’œuvre plus chère, mais quand on regarde la productivité de nos équipes et de nos outils, les restitutions faites par l’état et les aides des collectivités, on est très compétitif », martèle Olivier Marchetti, président de Provence Studios. « C’est ce qu’il faut démontrer : la France est une vraie terre de tournage. Le cinéma a été inventé ici, il doit y rester. »

    Réunissant la plupart des décideurs contrôlant la majeure partie du marché mondial, le Sommet Lumière revêt une dimension stratégique. À l’heure où les États rivalisent pour attirer tournages, studios, talents et investissements, les industries de l’image sont un enjeu économique majeur. Derrière les caméras pointent des questions d’emplois, d’innovation technologique, d’influence et de souveraineté culturelle. Le marasme américain en est une illustration. Le volume des tournages à Hollywood a reculé de 40% en dix ans. Si bien que Donald Trump a demandé au Congrès de renforcer les incitations fiscales pour favoriser le retour des productions et soutenir l’emploi. À travers cette initiative, la France entend défendre son modèle de soutien à la création tout en renforçant l’attractivité de son industrie audiovisuelle. L’Élysée voit ce rendez-vous comme une vitrine du savoir-faire français.

    Autre objectif : peser dans les discussions qui définiront demain les règles mondiales des industries culturelles confrontées aux défis technologiques du XXIe siècle. Selon eux, le secteur traverse une révolution comparable aux grandes mutations qui ont jalonné l’histoire du cinéma. Car l’intelligence artificielle, la montée en puissance des plateformes de streaming, l’évolution des usages, les difficultés rencontrées par les salles obscures et l’apparition de nouveaux modèles de financement bouleversent l’ensemble de la filière. Derrière les débats sur la création et l’innovation se joue donc une bataille beaucoup plus large.

    Trois questions majeures structureront les échanges : comment préserver la diversité culturelle face à des marchés toujours plus concentrés ? Comment encadrer l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la création ? Et, surtout, comment financer les œuvres de demain dans un environnement dominé par une concurrence internationale de plus en plus intense ?

    En toile de fond à ces débats, la Provence, dont le nom résonne avec l’histoire. C’est ici, à La Ciotat, que les frères Lumière réalisèrent plusieurs de leurs premiers films et qu’Antoine Lumière organisa en 1895, à l’Eden Théâtre, l’une des premières projections. Cent trente ans plus tard, la région qui a vu naître le cinéma peut voir s’y écrire un nouveau scénario.

    CHIFFRES

    9 000

    La filière cinéma en région Provence-Alpes Côte d’Azurrassemble plus de 9 000 professionnels, dont 4 000 techniciens, 2 000 comédiens, 800 auteurs et réalisateurs, ainsi qu’une cinquantaine de sociétés de production.

    6 000

    Avec près de 6 000 jours de tournage en moyenne chaque année, la région s’impose comme l’un des principaux territoires de production audiovisuelle en France. Un dynamisme porté par la diversité des décors, des infrastructures et des savoir-faire locaux.

    135 millions

    En 2024, les tournages ont généré plus de 81 millions d’euros de retombées économiques à Marseille, contre 61,3 millions en 2023.À l’échelle régionale, la filière avait produit 135,1 millions de retombées en 2022.

  • Ariane Ascaride : « Il faut remettre Pagnol à la bonne place »

    Ariane Ascaride : « Il faut remettre Pagnol à la bonne place »

    La Marseillaise : Pourquoi faire cette chronique sur l’œuvre de Marcel Pagnol ?

    Ariane Ascaride : Dans l’année, France Inter m’avait proposé de lire des textes d’auteurs que j’aimais beaucoup, pour une série appelée les Admirations littéraires. J’avais proposé à France Inter de lire les sermons de Pagnol. Et les gens ont adoré. Ils m’ont donc demandé si on pouvait refaire quelque chose sur Pagnol. À partir de là, j’ai réfléchi car on présente beaucoup Marcel Pagnol avec les fifres, les tambourins et les cigales, comme un auteur régional. Alors que c’est un auteur du bassin méditerranéen, universel, avec une grande formation latiniste, helléniste. Et cela me renvoyait, avec beaucoup d’humilité, au travail que l’on fait avec Robert Guédiguian : on parle de lui comme d’un cinéaste marseillais. Alors que c’est un cinéaste ! J’avais envie de travailler sur cet aspect-là, de faire des parallèles entre lui et nous. Je me suis replongée dans son œuvre, en relisant l’ensemble de son travail, ses pièces, ses livres, ses films… Mais il a fait bien plus que cela. C’est bien plus que juste La gloire de mon père et Le château de ma mère, avec tout le respect que j’ai pour ces œuvres. Pour moi, Pagnol est un descendant d’Homère, comme d’autres auteurs du bassin méditerranéen. Bassin qui est une des plus grandes bases de la culture européenne, qu’on le veuille ou non. Son écriture est celle du Sud, mais c’est beaucoup plus que ça, elle est universelle. Marcel a droit à son buste comme le buste d’Homère dans la rue d’Aubagne. J’ai aussi découvert des choses chez lui que je ne connaissais pas bien. On dit souvent que les gens du Sud, de Provence, sont pudiques. La manière dont il parle de cela me plaît beaucoup. Il y a aussi son rapport aux femmes, ses personnages féminins…

    Justement, vous jouez souvent des personnages féminins forts. Quel regard vous portez sur son rapport aux femmes ?

    A.A. : Chez Pagnol, la jeune femme est bien souvent pécheresse, par naïveté, que ce soit Angèle ou Naïs. Il faut sauvegarder son honneur, elles doivent payer car elles laissent déborder leur cœur plein d’amour, se font avoir… Une doit épouser un vieux, une autre doit quitter sa famille… La femme forte chez Pagnol est la mère, la tante, celles qui ne sont plus dans la possibilité de séduction. Ça raconte le regard des hommes sur les femmes à cette époque-là. Et Marcel fait toujours tourner les femmes dont il est amoureux. Dans ses relations amoureuses, il est insensé, c’est un prototype. À un moment de sa vie, il en a deux, il écrit à son père que l’une le fatigue. Il lui explique qu’elle est trop maigre, qu’elle lui fait du souci car il ne sait pas si elle va pouvoir jouer au théâtre dans cet état… Et non pas qu’il a du souci car il lui fait vivre une situation épouvantable. Il n’est pas méchant quand il fait ça, mais c’est une représentation parfaite du machiste. C’est la reproduction d’une époque, mais une époque qui n’est pas complètement finie si vous voyez ce que je veux dire…

    Votre chronique n’est ni une biographie ni une simple lecture de ses textes…

    A.A. : J’ai envie de dire aux gens : il s’appelle Marcel tout simplement. C’est un mec chouette, un grand auteur, un immense dialoguiste. Mais aussi avec des défauts : il est alcoolique. C’est un être humain qui sait aussi se remettre en question, qui s’en pose énormément sur son travail. Il fait des choses formidables pendant la guerre : quand les Allemands veulent travailler avec lui, il vend ses studios, achète un domaine à Monaco et reprend son personnel pour qu’ils plantent des œillets et qu’ils n’aillent pas au STO. Peu de gens connaissent cet épisode, il ne s’en vante pas de le faire. Mais les œillets, on les retrouve dans Manon des sources… Il y a une scène dans La fille du puisatier, où les gens écoutent le discours de Pétain à la radio. Il raconte qu’ils commencent le tournage, qu’il y a l’armistice, que Fernandel est rappelé sous les drapeaux et d’un coup il intègre la réalité à son film. Son film Regain débute par le viol du personnage d’Orane Demazis par 15 charbonniers. Pour l’époque, c’est peu commun. Je n’avais jamais entendu parler de ça quand on présente Regain. Alors qu’on montre toujours Marcel Pagnol avec la partie de cartes, qui est une scène géniale, mais il est bien plus que cela. C’est un grand intellectuel. Il y a un adjectif qui est homérique, qui vient d’Homère. Il y a un adjectif qui est pagnolesque, qui vient de Pagnol. Cela veut dire qu’il a imprégné le langage courant par son œuvre. Il y a peu de gens qui se targuent de ça.

    Vous revenez longuement sur la place du théâtre dans son parcours, le spectacle vivant est en crise. Comment l’expliquez-vous ?

    A.A. : Je vais enfoncer des portes ouvertes mais une société sans théâtre vivant est une société morte. La première chose que les dictatures font, c’est d’empêcher les artistes de s’exprimer. On n’en est pas encore là mais enfin, il y a des actions gravissimes : quand une mairie interdit un spectacle… Mais aussi, balayons devant notre porte. La situation du théâtre vivant est très difficile mais qui s’en préoccupe à part le spectacle vivant lui-même ? Est-ce que le public s’en préoccupe ? Et s’il ne s’en préoccupe pas, pourquoi ? Je pense que tous les acteurs du spectacle vivant devraient relire les cahiers de Jean Vilar. Peut-être que nous nous sommes éloignés un peu du public. Peut-être que nous n’avons pas eu en permanence à l’esprit pourquoi nous faisons ça… Un de mes professeurs disait « l’élitisme pour tous », mais l’élitisme pour tous, ça se réfléchit. Quand Pagnol écrit Marius, c’est en 1928, et la gloire du théâtre français est bourgeoise à ce moment-là. D’un coup, il arrive et raconte ces gens-là. C’est sur cela que l’on doit se questionner.

  • Le festival « Extravagances » pousse le mélange des arts

    Le festival « Extravagances » pousse le mélange des arts

    Après une première édition qui avait fait du mélange des arts sa boussole, Extravagances reprend ses quartiers à Saint-Jean-du-Gard du 4 au 6 septembre. Pendant trois jours, le festival entend de nouveau faire du village un terrain de jeu culturel, de la salle Stevenson au marché couvert, en passant par Maison Rouge. Avec une évolution : cette année, l’entrée se fait à prix libre et conscient.

    Le vendredi donnera le ton. Après le vernissage des installations Vénus Tour de Madely Schott et Paysages de Margaux Compte-Mergier, Bakir fera résonner ses rythmiques électroniques nourries du Maghreb et du Moyen-Orient, avant un DJ set de Furioza. Le lendemain, théâtre, théâtre de papier, clowns et films de Charlot se succéderont avant France Empire, la pièce documentaire de Nicolas Lambert consacrée au passé colonial français et à ses héritages.

    Une culture hors des cases

    La programmation assume son goût des chemins de traverse, entre fête et réflexion politique. Dimanche, la performance de butô/noise Izanami #4 Haji investira les jardins de Maison Rouge, avant La Pompe Afrique, film autour de l’affaire Elf et de la Françafrique. La clôture, Pour que le jour se lève, mêlera récit, théâtre, chant lyrique, violon et images autour de la violence et de la force de la beauté.

    Extravagances ne se limite pas aux scènes. Ateliers de sérigraphie, gravure ou moulage, fresque collective et expositions complètent le week-end. Une manière aussi de faire circuler le public d’un lieu à l’autre et d’associer davantage Saint-Jean-du-Gard à la fête, plutôt que d’enfermer le festival derrière les murs d’une seule salle.

    Le festival reconduit aussi son espace consacré aux petites maisons d’édition indépendantes. Affirmant ne recevoir aucune subvention financière et écartant le mécénat d’entreprise, l’équipe revendique une indépendance reposant largement sur les artistes, techniciens, bénévoles et prêts de lieux. Une économie fragile, mais cohérente avec son mot d’ordre : « lâcher tout, aller au-delà, extravaguer ».

  • Ouverture de la billetterie à l’auditorium du Thor

    Ouverture de la billetterie à l’auditorium du Thor

    Encore une fois « placée sous le signe de la diversité : humour, théâtre, danse, concerts et spectacles familiaux », souligne l’auditorium de Vaucluse.

    Parmi les grands rendez-vous à ne pas manquer d’ici à fin 2026, la salle cite : Beethoven, la symphonie du destin, Les Coquettes, L’expérience théâtrale avec François Berléand et Max Boublil, Jeanne Cherhal, Infiniment Robin de Muriel Robin et The Loop, Molière 2025 de la meilleure comédie.

    Toute la programmation sur auditorium.vaucluse.fr.

    Tarifs variés selon la représentation, l’âge et la situation professionnelle.

    Réservations et billetterie au 04.90.33.96.80 ou sur le site web billetterie.vaucluse.fr

  • [Week-end] Malemort-du-Comtat fête le raisin

    [Week-end] Malemort-du-Comtat fête le raisin

    Toute la journée, un marché des producteurs et des artisans, ainsi qu’un vide-grenier, auront lieu avenue du Docteur Tondut. Dans la matinée, il sera possible de visiter le patrimoine de la commune avec un guide, le rendez-vous est donné à l’entrée de la salle des fêtes à 10h.

    Musique et apéro

    Avant le déjeuner, Fruiventoux, une association de défense de l’AOP muscat du Ventoux, offre un apéritif en musique avec des déambulations du groupe Condor jouant du galoubet-tambourin, instruments traditionnels provençaux. Pour l’après-midi, la mairie a prévu une visite du moulin La Colombe, suivie d’une deuxième possibilité de visiter le patrimoine de la commune. La journée se conclut avec un concert gratuit du groupe Condor à 21h.

    Gabrielle Cartellier

    Rendez-vous : parking de la salle des fêtes.

  • [C’est l’été] La dernière d’« avant le soir » à Marseille

    [C’est l’été] La dernière d’« avant le soir » à Marseille

    Depuis le 6 juillet, les parcs et jardins du premier et septième arrondissement accueillent le festival « Avant le soir », celui-ci a donné rendez-vous aux Marseillaises et Marseillais tout au long de l’été pour une trentaine de soirées dédiés au théâtre. Au cours de ces 30 soirées, une dizaine de troupes ont pu se produire, avec des styles divers comme du théâtre musical, du cabaret théâtre ou encore des représentations de conte théâtral.

    Pour sa dernière représentation le vendredi 28 août, c’est le collectif du transbordeur, sur le thème du théâtre musical, qui clôturera l’évènement avec son spectacle La Ravanne de Daniella. Celui-ci est issu de l’adaptation du roman jeunesse éponyme d’Amarnath Hosany. Il aborde les questions d’égalité filles-garçons et de liberté d’être soi en mêlant théâtre, conte et musique « séga », français et créole mauricien.

    L’évènement, comme toutes les autres représentations qui ont pu avoir lieu, est totalement gratuit et accessible aux personnes en situation de handicap. Plus d’informations sont à retrouver sur le site de l’été marseillais.

    Louis Golliot

  • À Alès, le Cratère lance une saison de folie

    À Alès, le Cratère lance une saison de folie

    Sous le chapiteau pouvant accueillir jusqu’à 650 personnes et qui est également doté d’un espace bar-restauration et d’un espace d’exposition, Olivier Lataste, le directeur du Cratère, était fier de présenter la programmation de la saison 2026-2027. Une saison intitulée « La Prairie en folie », qui se déroulera entièrement « hors les murs ». En effet, les travaux au Cratère ont débuté en mars dernier et doivent durer 18 à 20 mois pour une réouverture au public prévue début 2028.

    « Pour l’instant, le planning des travaux est respecté. En attendant, nous allons continuer d’adapter l’accueil sous ce chapiteau pour qu’il soit le plus agréable possible. On nous a par exemple fait remarquer que les sièges étaient un peu durs donc nous allons tous les molletonner », explique Olivier Lataste. Le 5 septembre, jour du forum des associations à Alès, les équipes du Cratère accueilleront aussi le public sur l’esplanade devant le chapiteau pour lui présenter la saison et répondre à ses éventuelles questions. Deux spectacles gratuits (14h30 et 17h30) rythmeront aussi cet après-midi.

    Les grands rendez-vous

    Le premier grand rendez-vous à lancer la saison au Cratère sera le Rebond du festival C’est pas du luxe, qui est issu d’un partenariat avec les associations Un toit pour tous, le CCAS, Appel et la Croix-Rouge. Quatre spectacles gratuits de danse et de cirque sont proposés les 9 et 10 octobre. L’événement sera immédiatement suivi de la Semaine Méditerranée (13 au 18 octobre) où « nous avons pu faire venir des artistes du Maghreb, d’Égypte ou du Liban », précise Lataste. Deux expositions accompagneront ces cinq jours de représentations, dont l’une sur Gaza et l’autre proposée par SOS Méditerranée pour l’anniversaire de l’association. Le mois d’octobre continuera d’être chargé avec la traditionnelle semaine du Hip-hop (19 au 25 octobre), organisée en partenariat avec l’association All Style qui accueille encore les meilleurs danseurs internationaux de la discipline et propose de nombreux ateliers à Alès mais aussi à La Grand-Combe, à Allègre-les-Fumades, à Bessèges, Uzès et Bagnols-sur-Cèze. Le 5e battle international, moment phare de la semaine, aura lieu le 24 octobre (15h).

    Le festival Temps du Cirque prendra le relais à partir du 5 novembre pour une dizaine de jours où les acrobaties seront à l’honneur. À ne pas manquer : les voltigeurs de la compagnie grand-combienne Cirkvost, dont les trois représentations promettent le plus grand des spectacles.

    Comme chaque année, le Cratère mettra les femmes en haut de l’affiche avec le festival Les femmes font bouger le monde (du 2 au 13 mars). Autre incontournable pour la scène nationale alésienne : le festival Itinérances. Ce festival de cinéma d’Alès revient pour une 45e édition du 19 au 29 mars. Puis, le Cratère clôturera la saison des grands événements avec La Prairie en fête les 24 et 25 avril, un week-end où la Prairie accueillera toutes sortes d’animations gratuites comme du Tai-chi, yoga, DJ Set et des constructions en bambou.

    Un théâtre très politique

    À la manœuvre sur la programmation, Olivier Lataste, qui n’avait pas hésité à monter au créneau lors de l’entre-deux-tours des élections municipales pour réaffirmer son opposition au Rassemblement national, n’a de nouveau pas hésité à programmer des pièces sociales et politiques. Ce sera notamment le cas avec L’art d’avoir toujours raison, méthode simple, rapide et infaillible pour remporter une élection, de la compagnie Cassandre, qui ouvrira la saison sous le chapiteau le 29 septembre. Du pain et des jeux, qui « prend comme point de départ un match de foot pour raconter notre société », est programmé le 7 octobre. Le football sera encore au programme avec Nous le Red Star (16 et 17 décembre). La pièce revient sur l’histoire de ce club populaire qui a marqué plusieurs générations.

    Marasme, une pièce du collectif La Cabale repérée lors du festival d’Avignon, devrait également surprendre plus d’un spectateur le 16 janvier. Côté humour, c’est Djamil le Shlag, de la bande à Pierre-Emmanuel Barré et Guillaume Meurice, qui se produira le 30 janvier grâce à un partenariat avec le festival Lol et Lalala. Olivier Lataste a également souhaité mettre en avant deux pièces prévues les 26 et 27 février : Le dîner chez les Français de V. Giscard d’Estaing nous replonge dans ce septennat de 1974 à 1981 puis, le lendemain, la même troupe jouera Génération Mitterrand, un dialogue entre trois électeurs socialistes en 1981 qui ont pris des trajectoires différentes depuis : l’un vote Mélenchon, l’autre Macron et le troisième Le Pen.

    Trois autres dates sont à cocher avec L’ange du foyer (6 mars) qui traite des féminicides, Parler pointu (20 et 21 avril) du Gardois Benjamin Thozolan qui offre un pastis pendant la pièce aux spectateurs tout en abordant l’histoire de son accent, puis la Géopolitique du petit pois (27 avril), une pièce écologiste où le spectateur repart avec des tonnes de connaissances.

    Danse, concert et arts de rue

    Pour les amateurs de musique, la saison s’ouvrira avec l’incontournable Orchestre national de Barbès (2 octobre), qui vient de fêter ses 30 ans d’existence. Le 4 novembre, la danse s’emparera du chapiteau avec les locaux de la compagnie Pernette pour leur spectacle Murmures, qui fait défiler les quatre saisons. Pernette reviendra sous le chapiteau le 23 janvier avec Wakan, un spectacle « nourri des danses sacrées du monde, de ces liens invisibles entre terre, ciel et corps ». À ne pas rater non plus le concert dessiné Méditerranée, histoires d’un continent kaléidoscope d’Aurel et Christine Zayed, qui est un prolongement de la bande dessinée du même nom (24 mars).

    Côté cirque, la compagnie Gravity, constituée de huit Australiens qui avaient déjà enchanté Alès, jouera Ten Thousand Hours les 4, 5 et 6 février, une « ode aux innombrables heures passées à devenir ce qu’ils sont aujourd’hui  ».

  • Italien et Français fêtent ensemble leur patrimoine médiéval à Embrun

    Italien et Français fêtent ensemble leur patrimoine médiéval à Embrun

    Avec le temps incertain, les gens se sont concentrés vers le centre-ville plutôt qu’en montagne, peut-être pour notre plus grand bonheur », suppose Chantal Eymeoud, maire d’Embrun. Alors que des nuages gris s’accolent aux montagnes, le public est au rendez-vous en cœur de ville pour la fête médiévale, ces jeudi et vendredi 20 et 21 août. Et cette année, les festivités prennent un accent italien. La ville d’Embrun, en coopération avec la Fondation Amleto Bertoni de Saluces (Saluzzo), commune du Piémont italien, a convié trois compagnies d’artistes de l’autre côté des Alpes pour animer la fête médiévale. Un projet baptisé « Pont » qui fait partie du programme plus large de coopération européenne « Alcotra », entre les Alpes françaises et italiennes, et qui se déroule à l’occasion des fêtes médiévales puis du festival du livre médiéval et antique en octobre à Saluces.

    Le projet Pont s’appuie sur deux rendez-vous culturels organisés de part et d’autre de la frontière : les fêtes médiévales d’Embrun et le festival du livre médiéval et antique en octobre à Saluces. Ainsi, parmi les artistes italiens invités pour les festivités embrunaises, le public découvre l’un des plus anciennes traditions festives italiennes : les « sbandieratori », (lanceurs de drapeaux), qui perpétuent un art hérité du Moyen-Âge, celui des porte-étendards des villes italiennes, qui, avec le temps, ont fait du port de drapeau une véritable chorégraphie virtuose. En parallèle, la compagnie « El Giullari Del Diavolo » propose un spectacle comique mêlant jonglage, acrobatie et performances avec le feu. Enfin, l’artiste Rose Zambezzi propose un numéro de haute volée de danse avec des sphères de cristal.

    Trois compagnies italiennes invitées

    « L’objectif est bien sûr de favoriser la rencontre entre la population et les artistes des deux côtés des Alpes, de valoriser notre histoire médiévale commune et de promouvoir une culture accessible à tous », résume Chantal Eymeoud. En plus de l’accueil de plusieurs compagnies italiennes lors de la fête médiévale, le projet comprend aussi la création d’expositions et de conférences historiques bilingues consacrées au Moyen-Âge, des visites guidées en italien et des ateliers interactifs.

  • [C’est l’été] Six siècles d’histoire de La Ciotat racontés sur les planches

    [C’est l’été] Six siècles d’histoire de La Ciotat racontés sur les planches

    « Le concept de ce spectacle, c’est de mettre en valeur des personnages qui ont marqué l’histoire de La Ciotat et La Provence », explique Mireille Benedetti, présidente de l’association « La Ciotat, il était une fois » et scénariste et metteuse en scène du spectacle La Ciotat, il était une fois 600 ans d’histoire. « Je voulais mettre en valeur la particularité de La Ciotat : les habitants se sont toujours battus pour préserver l’authenticité et les valeurs de la ville », ajoute-t-elle. Le spectacle commence en 1429, date de création de la ville, marquant la prise d’indépendance par rapport à la ville voisine, Ceyreste. « Il y a neuf actes, un final et un entracte », précise Mireille Benedetti.

    Pour petits et grands

    Le spectacle « est prévu pour touristes et locaux, petits et grands », insiste-t-elle. La scénariste travaille depuis six mois sur le spectacle. Au printemps, l’association a lancé des castings pour réunir 100 acteurs, « la plus petite à 2 ans et demi, le plus âgé 83 ans », dit-elle. Pour les combats, ce sont des escrimeurs professionnels, provenant de la troupe des Dragons de Condé de Fréjus. Les 100 comédiens incarneront au total 500 personnages.

    Les portes du Théâtre de la mer s’ouvriront, jeudi et vendredi, à partir de 18h. Dès 18h30, des animations sont prévues pour « vivre agréablement l’attente ». Une taverne gourmande tenue par l’association sera sur place. Le spectacle commence à 20h. « Il reste des places ! », indique Mireille Benedetti. Pour s’en procurer, il y a une billetterie en ligne sur « Helloasso.com La Ciotat, il était une fois ». Il est également possible d’obtenir des billets, ce mardi matin et à partir de 20h au comité des fêtes de La Ciotat, puis mercredi, jeudi et vendredi dès 17h au Théâtre de la mer. Un accès PMR est prévu. Le tarif est de 20 euros pour les adultes, 15 euros pour les enfants de moins de 12 ans et pour les groupes à partir de 10 personnes.

    Gabrielle Cartellier