Tag: soutien

  • La Métropole en soutien à l’IRD

    La Métropole en soutien à l’IRD

    C’est par un courrier adressé à Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace et à Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères qui est d’ailleurs attendu à Aix-en-Provence et Marseille ce vendredi 31 juillet, que Nicolas Isnard, président de la Métropole Aix-Marseille Provence a plaidé en faveur du maintien des « missions et fonctions de l’IRD sur Marseille ».

    Le gouvernement envisage en effet une fusion entre l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), dont le siège est à Marseille, et le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), basé à Paris. L’option inquiète chercheurs, agents et syndicats de ce fleuron (voir nos éditions du 23 et du 29 juillet).

    Une inquiétude partagée par la Métropole qui rappelle notamment que le travail de l’IRD « trouve sa logique dans une relation scientifique entretenue depuis les années 1980 avec des laboratoires marseillais, mais aussi dans la volonté du gouvernement de faire de Marseille son hub vers les pays de la Méditerranée et de l’Afrique ».

    Aussi le président de la Métropole demande-t-il explicitement au gouvernement « d’infléchir sa copie, afin que ce rapprochement ne se fasse pas au détriment du travail des équipes de l’IRD, qui ont besoin de la proximité avec leurs partenaires marseillais, ni de ses objectifs qui s’inscrivent dans l’accompagnement au développement des pays du Sud, notamment ceux de la Méditerranée et de l’Afrique, dont la Métropole est le hub naturel pour la France et l’Europe ».

  • À Barjols, le soutien déterminant des agriculteurs dans la lutte contre l’incendie

    À Barjols, le soutien déterminant des agriculteurs dans la lutte contre l’incendie

    Assis à l’ombre des oliviers, près d’une parcelle agricole située sur les hauteurs de Barjols, qui sert de point de ravitaillement en eau pour les sapeurs-pompiers engagés dans la lutte contre l’incendie qui a ravagé 4 500 hectares dans le massif du Gros-Bessillon, Lionel, Sylvain, Tom et une poignée d’autres agriculteurs de Barjols et ses environs prennent cinq minutes de repos. Depuis neuf jours, ce n’est pas le travail aux champs qui les fait transpirer, mais celui d’appui aux 870 sapeurs-pompiers encore présents sur le terrain, mercredi. Si le feu est fixé depuis mardi soir, le combat est encore loin d’être gagné face à des réactivations possibles sur certains secteurs, comme ce fut le cas ce jour.

    « Heureusement qu’ils sont là », reconnaît l’adjudant-chef Gilles du Sdis 83. Lionel, trufficulteur à la retraite, et sa gouaille provençale ne le contrediront pas : « S’il n’y a pas les agriculteurs, tout brûle. » Ces derniers ne ménagent pas leurs efforts. Chaque jour, de 7h à minuit, ils vont, au moyen de leurs engins agricoles et de leurs citernes, puiser des milliers de litres d’eau où ils le peuvent (bornes incendies, canal de Provence, rivières de l’Eau Salée, du Fauvery, de l’Argens…) afin d’alimenter les véhicules de lutte anti-incendie. « C’est inquantifiable, mais sur les jours les plus forts, on a constitué des réserves de 60 000 à 70 000 litres », estime Sylvain, viticulteur dans les environs. Et personne ne compte ses heures, à tel point qu’Hugo, qui dirige les opérations, n’a pas le temps de couper pour répondre à nos questions. « On est une cinquantaine chaque jour, dimanche on était entre 100 et 150 », affirme Sylvain.

    « On sauve nos terres pour continuer à travailler »

    Les camions des sapeurs-pompiers se branchent directement sur les citernes, soit pour s’alimenter avant de se rendre sur le terrain, soit pour remplir des piscines qui servent de réservoir pour les hélicoptères bombardiers d’eau. Deux sont disposées dans le secteur, en plus des piscines des particuliers réquisitionnées, et de réservoirs de fortune réalisés avec des bennes agricoles. « On a aussi tout labouré en lisière pour éviter que le feu ne s’étende », ajoute Lionel.

    « On sauve nos terres pour pouvoir continuer à travailler, au détriment de nos exploitations », résume Sylvain, dont les vignes ont été épargnées par le feu, mais risquent de subir les conséquences des fumées avec des fruits au goût altéré. Ses confrères et lui n’ont pas le choix et pointent amèrement le manque de moyens dont disposent les sapeurs-pompiers : « C’est une honte que le feu soit arrivé jusqu’ici, qu’il ait fait le tour du massif », dénonce Tom. « Ils font ce qu’ils peuvent, mais ça reflète ce qu’il se passe en France. On a 12 canadairs, mais que 5 opérationnels », abonde Lionel.

    Autour d’eux, la solidarité s’organise, avec des villageois qui viennent, eux aussi, donner un coup de main, en préparant des repas, par exemple. L’élan dépasse les frontières du village, à l’image de Julien, dirigeant de trois entreprises à Rians, qui a répondu à un appel aux bénévoles lancé sur les réseaux sociaux. « J’ai mis mon activité en sommeil pour venir en aide aux pompiers », explique-t-il. Doté de cuves d’une capacité totale de 9 000 litres, il effectue jusqu’à trois rotations par jour pour participer au ravitaillement en eau. « J’ai une maison dans les bois, si demain ça m’arrivait, ça me ferait plaisir d’avoir autant de monde pour aider à stopper l’incendie. Les pompiers manquent de moyens. On fait comme on peut à notre échelle. » Derrière les héros aux camions rouges, il y a ceux aux tracteurs et aux citernes.

    Nouvel incendie à Brignoles

    Un incendie s’est déclaré mercredi, vers 17h, à Brignoles, près de la RD12. La préfecture du Var indiquait, à 20h, que 250 pompiers, 85 engins, 3 Canadair, 7 hélicoptères bombardiers d’eau, ainsi que 2 avions Dash étaient mobilisés. Le stade du Vabre accueille un poste de commandement. Des messages ont été envoyés pour évacuer les quartiers de Pélicon, Tombarel, Les Jaussérannes, Sainte-Barbe, Les Agasses et Les Petits Ubacs. La commune a mis en place un point de regroupement au Hall des expositions. La RN7 et la RD12 ont été fermées.

  • [Incendies] L’État au chevet de l’économie locale

    [Incendies] L’État au chevet de l’économie locale

    Une réunion exceptionnelle est prévue, ce jeudi, au ministère de l’Économie. Le gouvernement a affirmé son souhait d’apporter « des réponses plus précises » aux « préoccupations » des entreprises dont l’activité est affectée par les feux de forêts qui frappent la Gironde a indiqué ce mardi 28 juillet le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin.

    Près de 14 500 sociétés ont été mises à l’arrêt, dont 7 000 artisanales et 6 300 commerciales, essentiellement dans le secteur du tourisme, 40 000 emplois et 7% du PIB départemental pour 3,2 milliards d’euros de retombées directes. « Nous sommes face à une crise totalement inédite. Les salariés sont démunis, tout comme les chefs d’entreprise, dont certains ont perdu leur logement » a indiqué Cécile Despons, présidente de l’organisation patronale Les Entrepreneurs (ex-CPME) de Gironde. Pour elle, il s’agit d’éviter « la double peine ». « Nous attendons des décisions à la hauteur de la gravité de la situation », ajoute-t-elle.

    La CGT appelle à accompagner aussi les salariés

    De son côté, la CGT demande dans un communiqué à « dresser un état des lieux exhaustif des entreprises touchées, qu’elles soient en cessation totale ou partielle d’activité, avec la mise en place de cellules départementales de suivi associant les organisations syndicales ». Pour le syndicat, « une vigilance particulière doit être portée aux établissements industriels à risques, notamment les sites Seveso ». La CGT insiste sur la prise en compte et l’accompagnement des salariés qui seraient, selon la Chambre de commerce de Bordeaux, 100 000 à 150 000 affectés par le chômage partiel. Le syndicat estime indispensable de « prendre en charge à 100% le dispositif exceptionnel d’activité partielle, afin qu’aucun [d’entre eux] ne perde un euro, et à mettre en œuvre via les services de l’État une information claire sur leurs droits ». Dans la même optique, la CGT appelle à « convoquer les instances représentatives du personnel afin d’évaluer les besoins au plus près du terrain, adapter les conditions de travail et garantir [leur] protection, organiser la solidarité entre entreprises et entre territoires ».

  • Des marins-pompiers dans le Sud-Ouest

    Des marins-pompiers dans le Sud-Ouest

    Pas moins de 153 marins-pompiers ont été engagés dans le Sud-Ouest, depuis le 23 juillet, indique le bataillon, ce lundi, précisant qu’ils sont 54 actuellement, les équipes ayant été relevées le matin.

    Leurs missions : procéder à des attaques contre les feux pour empêcher leur propagation notamment dans des zones non accessibles par voies terrestres, mais aussi protéger les bâtiments à usage d’habitation ou industriels, sans oublier les actions de noyage des lisières et des rondes préventives pour d’éventuelles reprises. Dans une vidéo, le bataillon indique également que les agriculteurs sont venus apporter leur soutien aux marins-pompiers pour les ravitailler en eau à Biscarrosse, dans les Landes. Plus grande unité de la Marine nationale, le BMPM compte plus de 2 500 militaires et civils au total et peut aussi intervenir à l’étranger, comme en août 2020, lors de l’explosion du port de Beyrouth, au Liban.

  • Marseille, avec les Terre-neuve sauveteurs aquatiques

    Marseille, avec les Terre-neuve sauveteurs aquatiques

    Comme chaque dimanche matin, dix chiens sauveteurs aquatiques de l’association Terre-neuve 13 s’entraînent avec leur maître dans la base nautique de Corbières. « Ils nagent la brasse avec leurs quatre pattes palmées comme des canards. Leur musculature est puissante, leur poil est huilé de sebum, c’est leur combinaison. »

    Etrangement, ce chien qui a un instinct de sauvetage très développé n’est intégré à aucune équipe de secours en France, alors que les noyades explosent. On est à l’opposé du Saint-Bernard en montagne. « On aimerait aider les maîtres-nageurs à surveiller les plages. En Italie, ils le font depuis 40 ans, c’est très efficace et en plus on est des bénévoles, mais en France, ça ne semble pas intéresser. On fait des démonstrations, de la surveillance de course de natation à l’occasion de la fête de la mer. Tout le monde nous félicite, dit que ce sont des chiens extraordinaires, mais ça s’arrête là », s’étonne avec regret Michelle Salel, la présidente de cette association qui forme au secourisme canin.

    Un nageur déjà palmé

    Équipés d’un harnais de sauvetage, Cara, Enjoy, Mikki, Ronan, Alba, Vick, Agathe et les autres aboient gaiement, impatients de bondir dans l’eau. Mais avant, Patrick, éducateur canin, les sociabilise, les fait s’exercer avec leur maître pour reproduire dans l’eau les ordres appris à terre. « Assis, pas bouger, suite au pied. »

    « Le Terre-neuve est un chien très têtu qu’il faut canaliser, lui apprendre des codes de sauvetage. C’est une éducation ferme mais douce qui commence à partir de trois mois », explique-t-il en tenant Ronan, un mâle de 6 ans qui pèse déjà 70 kilos. Dans le groupe, une chienne semble jouir d’un statut particulier. « C’est Cara la mamie, elle a 9 ans, elle est à la retraite. »

    En mer, le chien apprend à saisir un manchon, tirer une bouée. Il paraît lourd mais flotte sur l’eau. Sa nage ne consiste pas à battre frénétiquement des pattes avant mais à équilibrer sa brasse. « On fait toujours attention qu’avec ses griffes, il ne blesse pas la victime en s’approchant. » Avec une forte capacité pulmonaire, il peut tenir deux heures dans l’eau sans se fatiguer. Leurs pattes ont des membranes très développées qui relient les doigts jusqu’à la base des griffes. Le Terre-neuve est comme un nageur déjà palmé.

    La récompense pour un exercice réussi, ce sont toujours des félicitations du maître, beaucoup de câlins et parfois des friandises pour ces ours de mer totalement affectueux. « Ce sont des chiens puissants qui fonctionnent toujours en binôme de soutien avec leur maître. Le sauveteur va sécuriser la personne en détresse qui peut avoir des gestes de panique. Le chien lui s’occupe du paddle puis quand la victime est sécurisée, qu’elle tient bien le “rescue tube” ou les sangles de prise du harnais, le chien remorque tout le monde jusqu’au bord. Ils peuvent tracter une tonne en mer. » En plus du harnais de sauvetage, certains chiens sont équipés autour du cou d’un airbag. « C’est une sécurité ultime pour nos chiens qu’on déclencherait en cas d’urgence. C’est arrivé une fois pour un chien qui comme un humain a fait un malaise. Il a eu une hydrocution. L’airbag gonfle une bouée qui tient émerger la tête du chien hors de l’eau », explique Martine, la coordinatrice.

  • Un nouveau projet déminé dans le bunker de l’Escalette

    Un nouveau projet déminé dans le bunker de l’Escalette

    Le permis de construire mijote depuis six mois au service de l’urbanisme. Cette fois, c’est pour aménager des logements dans la « batterie basse de L’Escalette », chemin des Goudes, 8e. Après un refus d’autorisation d’un restaurant en 2018 puis d’un appart hôtel en 2024, Jean Levakis, le gérant de la SCI Calanques, a tenté une « rénovation extérieure avec changement destination en deux logements pour de la location saisonnière ». Saisie en avis conforme de ce dossier sensible, la commission départementale de la nature, des paysages et des sites (CDNPS) a mis un veto.

    M. Levakis caressait l’espoir d’être enfin entendu, à la faveur d’une sympathique modification du PLUI qui autorisait ce changement de destination rêvée avec le soutien de la mairie et de la métropole. Une révision qui n’est pas du tout du goût de l’État à en juger par le déféré préfectoral pour la faire annuler. Il faut dire que ce projet de meublés faisait peu cas de l’identité du bunker et ce d’autant qu’il prévoyait de redimensionner les ouvertures, de le recouvrir d’épais parements en pierre « pour atténuer l’impact paysager ». Pour rappel, ces trois blockhaus et le tobrouk (lire ci-contre) sont protégés au PLUI : « Les ouvrages ne devront pas être dénaturés. Ils devront conserver leur composition et leurs matériaux. Seuls sont autorisés des aménagements permettant la mise en valeur l’ouvrage. »

    « Un chef étoilé

    pour 40 couverts »

    Interrogé, Jean Levakis, 71 ans, prend acte du refus. « Mon projet s’arrête, je suis déçu. C’était deux habitations, ni plus ni moins. » Déterminé, il annonce « redemander des autorisations pour refaire un restaurant sous les conditions d’exploitation du parc des calanques puisque c’est la seule destination possible ». La batterie a abrité une discothèque dès 1956 puis un restaurant. « Il s’appelait “Le Schtroumpf” et il a fermé en 1997 un an avant qu’on achète », se souvient Jean Levakis qui dit avoir obtenu en 2010, en dépit des recours de trois associations, une autorisation d’ouverture reconduite jusqu’en 2018. « Elle n’a servi à rien car je n’ai pas trouvé d’investisseurs et ensuite j’ai eu un retrait d’autorisation de la Ville qui nous a demandé de faire de l’habitation. Là, on n’a pas le choix, on ne peut pas laisser le site comme ça. L’an dernier, on a eu une rave party avec 200 personnes et le tag se développe. » À présent, il dit consulter des « chefs médiatisés ». « Du fait qu’on est restreint en place de parking, pour que l’exploitation soit viable, il faut un chef étoilé pour 40 couverts. » Confiant, il se donne « a minima deux ans » pour ouvrir.

    Pas sûr que le Parc national des calanques (PNC) le suive sur un site habité d’espèces végétales à enjeu fort de protection dont la phrygane littorale en « dynamique de reconquête » sur la parcelle. La Ville, elle, voudrait « désengager ces espaces déjà anthropisés de la contrainte de la loi Littoral afin de permettre des évolutions compatibles avec le patrimoine ». D’où le toilettage du PLUI qui viole frontalement la loi Littoral. Toute construction, hors continuité d’urbanisation, est interdite dans la bande des 100 mètres, de surcroît en espace naturel classé, mais également tout changement de destination, et sans dérogation possible.

    « Tout projet est voué

    à l’échec »

    « Tout projet sur ce site somptueux est voué à l’échec. Rien ne se fera, tout sera contesté. Quand des noms apparaissent, tout le monde est frileux. À un moment donné, il faut savoir se faire oublier. Toute cette agitation aujourd’hui, c’est pour amuser la galerie. Mais leur objectif, c’est de vendre », sourit une source proche du dossier judiciaire. Car l’autre associé à 50% avec M. Levakis au sein de la SCI Calanques s’appelle Jean-Claude Pietrotti. Depuis juin 2010, ce promoteur de 67 ans est mis en examen pour extorsion du fabricant cannois de yachts de luxe et blanchiment en bande organisée aux côtés du gratin du milieu marseillais, les frères Michel et Gérald Campanella et Bernard Baresi. Depuis quinze ans, l’instruction est aux oubliettes, encapsulée dans un autre bunker, celui de la JIRS de Marseille.

  • La direction de Haribo reste intraitable, la grève reconduite

    La direction de Haribo reste intraitable, la grève reconduite

    « On lâche rien, on monte dans les bureaux ! » De bon matin devant l’usine Haribo, boulevard Capitaine-Gèze (14e), les salariés sont de nouveau mobilisés, ce lundi 20 juillet. Au cœur de leurs revendications depuis près d’un mois, des augmentations de salaire de 100 euros brut mensuels pour suivre l’inflation dans le cadre des NAO (négociations annuelles obligatoires) et être raccord avec les résultats de l’entreprise. À savoir un chiffre d’affaires établi à 388 millions d’euros, pour un résultat net de 32 millions en 2024.

    Une rencontre prévue ce jour-là avec la direction a motivé les troupes. Le délégué syndical central CGT chez Haribo, Guillaume Brante, a fait le déplacement depuis Uzès dans le Gard, le deuxième site du fabricant de bonbons en France. À l’appel de l’Union départementale CGT 13, des employés CGT de la boulangerie, des retraités de La Poste ou encore des membres de l’Union locale CGT de la Joliette ont fait le déplacement en soutien. « C’est inacceptable ! », s’indignent Martine, Danielle et Corinne, retraitées des services postaux, « les bonbons ça marche à fond, il n’y a pas de raison de ne pas prendre sur les bénéfices pour payer les salaires, d’autant que Haribo a besoin des travailleurs ».

    Encore une réunion

    qui achoppe

    Juliette, vendeuse à Decathlon Bouc-Bel-Air, syndiquée CGT, n’a pas hésité non plus à faire le déplacement avant d’aller travailler. « La question du pouvoir d’achat et des salaires qui ne suivent pas, on sait bien ce que c’est », explique-t-elle. La jeune femme s’était mobilisée, début juin, pour dénoncer une situation identique, avec un employeur qui engrange les bénéfices, reversant près d’un milliard d’euros de dividendes, fin 2024, aux 1 000 membres de la famille Mulliez, propriétaire du groupe. Sa présence ici, c’est aussi « prendre la mesure de notre force collective » dont elle rendra compte à ses collègues dans la foulée.

    Mais après une heure et demie de réunion, c’est la douche froide. « On nous a dit que les NAO étaient terminées, ils sont arrivés sans proposition et nous ont donné rendez-vous le 28 septembre », racontent Marc Mansano, délégué syndical CGT sur le site de Marseille, et Guillaume Brante. « On passe à la phase 3, qu’ils s’expliquent devant les salariés maintenant », exhorte Thierry Cambola, délégué syndical FO. Concrètement, les grévistes ont investi l’administration. La direction organisera finalement une réunion convoquant tous les salariés présents dans l’usine, à la cantine, sans convaincre. « On va adapter notre stratégie », promet le délégué central CGT. La reconduite de la grève sera votée à l’unanimité dans l’après-midi. Il faut dire que le moment est crucial : c’est en juillet et août qu’est lancée la production des bonbons pour Halloween.

    Contactée, la direction d’Haribo n’a pu donner suite à nos sollicitations.

  • Sophie Binet en soutien des grévistes du Cloître à Avignon

    Sophie Binet en soutien des grévistes du Cloître à Avignon

    En démarrant leur grève il y a près de deux semaines, les salariés de l’hôtel du Cloître Saint-Louis comptaient bien sur l’effet festival pour booster leur mobilisation. On a vu la semaine dernière Jean-Luc Mélenchon venir les soutenir puis, ce jeudi, Sophie Binet. La secrétaire générale de la CGT est restée près de 45 minutes à s’entretenir avec quelques-uns de la dizaine de grévistes de l’établissement 4 étoiles mitoyen du siège du festival In. Et ce quelques heures avant une réunion à la demande de l’inspection du travail, tenue en début d’après midi avec la direction *, qui n’a pas débouché sur des mesures suffisantes aux yeux des salariés, qui maintiennent leur mouvement. « Il y a eu des propositions pour augmenter les salaires de maximum 2% uniquement pour juillet et août en avançant la hausse prévue en septembre par les grilles de convention collective », relate Carlos Acha Moreno, secrétaire de l’UL CGT d’Avignon.

    « Plus la grève dure, plus ça va se voir, je commence à être expérimentée pour conseiller les patrons, sourit Sophie Binet. Tant que le dialogue n’est pas ouvert, les revendications se durcissent, pour la direction comme pour les salariés, il vaut mieux que le travail reprenne le plus vite possible. » « Personne ne veut la mort de l’hôtel », reprend-elle sous l’approbation des salariés, se disant « choquée » que les grévistes aient à réclamer des frigos ou des machines. « La CGT est bien implantée dans des hôtels de luxe à Cannes ou Paris où les salariés ont eu droit à 100% de leur rémunération en chômage partiel, on peut vous mettre en contact avec les camarades », propose Sophie Binet.

    Car parmi les inquiétudes des grévistes figure la fermeture de l’hôtel pour travaux sans réel calendrier ni rémunération complète, et sans réponse lors de la réunion ce jeudi avec l’inspection du travail. « On nous a déjà interdit d’aller travailler à la concurrence », glisse Anna, commis de petits-déjeuners, qui, plus globalement, « n’a jamais connu un tel dédain en 20 ans ». « On n’a eu aucune augmentation autre que le cadre légal, il n’y a pas de 13e mois non plus », peste Ali, plongeur, à cheval aussi sur le Grand hôtel, autre établissement du groupe. Pour lutter contre les fortes chaleurs, des petits ventilateurs portatifs ont été reçus. « On doit les tenir d’une main, c’est très pratique pour travailler », préfère en sourire un salarié.

    * Qui n’a toujours pas répondu
    à nos sollicitations

  • Briser l’emprise

    Briser l’emprise

    Les violences faites aux femmes ne commencent pas avec un coup et ne s’arrêtent pas avec une plainte. Elles s’inscrivent dans des rapports d’emprise, de peur et d’isolement dont il est très difficile de sortir. C’est tout l’intérêt du travail mené par l’association Une Voix pour Elles, qui aide concrètement les victimes à déménager, à récupérer leurs affaires et à franchir l’une des étapes les plus délicates de leur reconstruction.

    Cette réalité doit nous interpeller d’autant plus que les violences continuent de progresser. En France, les violences intrafamiliales enregistrées ont augmenté de 6% en 2025, tandis que les violences sexuelles ont progressé de 8%, selon les données du ministère de l’Intérieur. Derrière ces chiffres, ce sont des milliers de vies bouleversées et des services d’accompagnement qui restent soumis à une forte pression.

    La solidarité en première ligne

    L’autre enseignement est porté par l’ONG Care France, qui rappelle qu’à chaque degré supplémentaire de température, les violences visant les femmes augmentent dans de nombreux contextes
    à travers le monde. Sa campagne de sensibilisation montre que la crise climatique n’est pas qu’un défi environnemental : elle peut aussi aggraver les inégalités et les violences déjà existantes. Lorsque les tensions sociales, économiques ou familiales s’intensifient, les femmes figurent trop souvent parmi les premières victimes.

    Il faut cesser de considérer les associations comme un simple complément de l’action publique. Elles sont un maillon essentiel de la protection des victimes. Qu’il s’agisse d’une ligne d’écoute, d’un hébergement d’urgence ou d’un déménagement sécurisé, chaque dispositif compte.

  • La mairie RN de Monteux retire à la MJC 42 000 euros de subventions

    La mairie RN de Monteux retire à la MJC 42 000 euros de subventions

    Après la mairie RN de Carpentras, qui supprime les subventions du Planning familial, c’est au tour de la municipalité de Monteux, également passée RN en mars dernier, de réduire de 90 % celle accordée à la Maison des Jeunes et de la Culture de sa ville.

    Dans un message posté sur ses réseaux sociaux, la structure, qui accueille un peu plus de 500 personnes à travers des activités sportives et des événements divers, explique que cette aide passe de 45 000 euros à 5 000. Elle ajoute que les subventions de fonctionnement et celle du festival des cultures urbaines des vacances d’automne, respectivement de 1 350 et 1 500 euros, sont, elles, supprimées. Et explique prendre acte de cette décision et que le conseil d’administration va se réunir en cette fin de semaine « pour mesurer l’impact sur la vie de l’association ».

    Répartition

    Le maire d’extrême droite, Patrice de Camaret, a justifié, lors du conseil municipal, cette décision en s’appuyant sur les comptes de l’association. Ceux-ci étant, d’après lui, assez fournis. « La collectivité doit soutenir en priorité les associations qui en ont réellement besoin, et non celles qui disposent d’une trésorerie solide », stipule la collectivité. Et assure que cette « décision ne remet pas en cause l’utilité de la MJC ni son travail auprès des Montiliens », mais « traduit une volonté de justice dans la répartition de l’argent public, au bénéfice d’associations qui, elles, ont un besoin réel et immédiat de soutien ».

    Les élus d’opposition ne l’entendent pas de cette oreille. « Il le vend comme une nécessité économique, mais pour moi, c’est idéologique », glisse Michel Mus (DVG). Car, dans le même temps, les subventions aux associations sportives augmentent de 8 %.