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  • Cinq identitaires rejugés pour leur étendard xénophobe

    Cinq identitaires rejugés pour leur étendard xénophobe

    « La pensée derrière est bienveillante, pas injurieuse. Elle est plus complexe que ça. C’est pas par détestation des migrants. La submersion migratoire, ça nuit à leur pays car c’est une fuite des cerveaux », a osé Marc, 23 ans, devant la cour, embrayant sur « la hargne antifasciste qui déferle sur nous ». On en oublierait presque les autocollants de l’Action française, de la Brigade antinègres, des photos de graffiti « LGBT en prison » avec croix suprémacistes d’occident trouvés chez les uns et les autres. Le 24 juin 2023, en plein concert de soutien à « SOS Méditerranée » – l’ONG qui depuis 2016 a secouru 42 700 migrants – lui et quatre autres militants proches de Stéphane Ravier, ont déroulé une immense banderole où était écrit « Qu’ils retournent en Afrique, #defendsMarseille ».

    « Le but était d’alerter l’opinion, dire qu’ils sont mieux chez eux plutôt qu’en Europe dans l’illégalité », assure Aurélien, 28 ans, le leader qui filmait le coup médiatique pour inonder les réseaux sociaux. « Je ne dis pas qu’il ne faut pas les sauver mais SOS Méditerranée importe des personnes en situation d’illégalité », accuse le prévenu qui brandit sa liberté d’expression.

    « Ces gens ont un agenda politique »

    « C’est pas des propos hostiles, choquer n’est pas injurier ni provoquer à la haine », assure d’ailleurs Adrien, 26 ans, ingénieur. « C’est un dossier à charge contre moi. Il n’y a pas de connotation injurieuse », veut aussi faire croire Romain. « Louis Degrelle, je ne sais pas qui c’est », botte l’humaniste. L’écrivain pronazi et antisémite belge figurait dans son portable au milieu de clichés anti-LGBT. « Ah, c’est pas la photo du pape ! », tonne Alain Lhote, pour la Maison des potes, qui rappelle que « la violence des idées précède celle des actes ». Vincent, 27 ans, licencié en sociologie, discourt lui sur « la caricatutre qui est faite du militant nationaliste décérébré. Ce n’est pas le skinhead des années 80 avec sa barre de fer. L’objectif était d’apporter une vision, un regard sur le trafic d’êtres humains en Méditerranée. »

    « Ces gens ont un agenda politique. Et la banderole s’inscrit dedans », souligne Me Pascal Luongo, représentant la Ligue des droits de l’Homme. « Ce qui leur est reproché, ce n’est pas une idée mais d’avoir voulu provoquer à la haine. L’antifascitme a refondé la République après la Seconde guerre mondiale. Prenez exemple de Missak Manouchian ! »

    « Dans le contexte politique actuel, on sait les risques que font peser ces militants d’extrême droite en incitant à la violence », plaide Frédérique Chartier, autre conseil de la LDH. « Quand un homme se noie en mer c’est un devoir de le sauver. Je ne regarde pas la couleur de sa main. Les mots de la banderole peuvent tuer. On en est là dans ce pays », a rappelé Me Tavitian pour la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme (Licra).

    « Ces mots sont extrêmement graves », estime aussi l’avocate générale Catherine Levy qui a requis 6 mois de prison avec sursis à l’encontre des cinq prévenus, aggravant les peines de première instance. « Comment peut-on parler de migrants en les assimilant à des virus ? Ce champ lexical de la maladie, évidemment que cela exhorte à de la haine, de la discrimination et de la violence. Cela ne peut pas être couvert par la liberté d’expression. »

    « On vous demande de colorer le propos incriminé en les faisant passer pour cinq petits nazillons », a dénoncé Me Julien Pinelli en plaidant la relaxe. De conclure sur une citation : « Quand j’entends “liberté, liberté liberté”, j’ouvre toujours la fenêtre pour voir qui on va pendre ! »

    Délibéré le 25 mars 2026.

  • À Vitrolles, Bruno Morosini se retire au profit du RN

    À Vitrolles, Bruno Morosini se retire au profit du RN

    Bruno Morosini l’a annoncé à l’issue du débat organisé par La Provence vendredi soir. Le candidat (DVD) à la mairie de Vitrolles se retire au profit de l’extrême droite.

    « Je me retire sans contrepartie, uniquement pour ne pas diviser les voix de droite et ainsi faire barrage aux socialistes et LFIstes », écrit-il, apportant son soutien politique « clair
    et public
     » à la liste Rassemblement national, emmenée par le directeur de cabinet de la mairie de Rognac Fabien Bravi.

    Celui qui s’était déjà présenté en 2020 et n’avait récolté que 3,76% des suffrages ne s’arrête pas là. Il appelle également Philip Farrugia à se « désister au nom du rassemblement des droites et de la lutte contre Loïc Gachon et le parti de la France insoumise ou au mieux à nous rejoindre pour former le front anti-Gachon ». Rappelons que LFI n’a ni apporté son soutien au maire sortant (PS), ni présenté de liste. Mais agiter son spectre est toujours de mise, semble-t-il.

    Bruno Morosini avait déjà rencontré plusieurs candidats et lancé un appel à l’union contre l’édile sortant mi décembre, mais aucun accord n’avait été trouvé.

    Un « projet alternatif »

    à celui de Loïc Gachon

    Fabien Bravi a repris l’appel du pied à Philip Farrugia, affirmant qu’ils auraient « le même combat ». Le président démissionnaire de Vitropole n’a pas répondu à nos sollicitations mais a confirmé auprès de nos confrères de La Provence qu’il maintiendrait sa candidature et qu’il n’y aurait « pas d’alliance avec le RN ». Sollicité par un collectif citoyen emmené par l’ex-député Éric Diard (LR) et l’ancienne élue locale UMP Christiane Aleman, Philip Farrugia s’était lancé dans la bataille à la tête d’une liste sans étiquette et sans « le RN et LFI » afin de « présenter un projet alternatif crédible » à celui de Loïc Gachon, en place depuis 2009. Ce dernier réagit à toutes ces tractations : « Ce n’est pas une surprise. Bruno Morosini n’a pas fait campagne, il n’a jamais été vraiment candidat et je trouve quand même cavalier et peu démocratique de profiter du débat de La Provence pour venir doubler l’espace médiatique de l’extrême droite. L’enjeu c’est de présenter un projet pour les six ans qui viennent et ces petits reports nous éloignent tous les jours un peu plus du débat de fond que Vitrolles mérite », estime Loïc Gachon.

  • Olivier Faure en soutien des « combattants » progressistes en Vaucluse

    Olivier Faure en soutien des « combattants » progressistes en Vaucluse

    Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure se présentait face à la presse vauclusienne, ce vendredi 13 février, pour apporter son soutien aux candidats aux municipales investis ou soutenus par le parti à la rose dans le Département. Première étape avant de se rendre à Aix, Toulon et Nice dans les prochains jours.

    Des « combattants et combattantes », comme il les qualifie, qui se présentent dans un peu plus d’un mois, notamment à Avignon et Morières-lès-Avignon, avec respectivement David Fournier et Annick Dubois, tous deux aux côtés du député de Seine-et-Marne. Mais aussi à Pernes-les-Fontaines, Cavaillon, Malaucène, Mérindol et Vaison-la-Romaine, liste-t-il, légèrement aidé par le sénateur socialiste de Vaucluse Lucien Stanzione, qui se tient juste à côté.

    Mais des « combattants » impliquent donc un combat et un adversaire. Celui-ci a déjà été évoqué la veille lors de la réunion publique du prétendant à la mairie de la Cité des Papes : l’extrême droite. « Il y a des territoires plus difficiles avec des maires d’extrême droite sortants. Je serai partout où il y a besoin d’encourager les socialistes qui se battent. C’est là à la fois mon devoir et une façon aussi de donner du courage à celles et ceux qui parfois ont baissé les bras, considérant que désormais il y avait une forme de ville ouverte pour l’extrême droite. Ce qui n’est absolument pas le cas », assure-t-il sous les acquiescements de la candidate moriéroise, qui sera opposée au maire sortant du RN, Grégoire Souque, le 15 mars.

    Quid des insoumis

    Alors qu’à Avignon, un rapprochement avec LFI n’a pas été totalement écarté au second tour, la question d’une consigne venant de plus haut se pose. Le premier secrétaire « observe que le plus souvent, leur objectif n’est pas de faire gagner la gauche mais de la faire perdre » et « ne leur pardonnerait pas de faire le jeu de l’extrême droite au second tour », sans insister plus que ça. Mais il confie son « ras-le-bol de voir, d’un seul coup, des gens tout mélanger, à dessein, pour mieux réintégrer le RN dans l’arc républicain et en sortir une partie de la gauche », pointant notamment la présence de certains LR dans des listes d’extrême droite…

  • Loïc Gachon renouvelle la moitié de son équipe à Vitrolles

    Loïc Gachon renouvelle la moitié de son équipe à Vitrolles

    Dans la permanence de Loïc Gachon (PS), à quelques mètres de l’hôtel de ville, des feuilles débordant de propositions jonchent la table. Quelques colistiers et membres de l’équipe de campagne du maire sortant de Vitrolles se réunissent pour y mettre de l’ordre et monter un document programmatique qui sera distribué fin février.

    Les priorités de la tête de liste sont déjà identifiées, au premier rang desquelles protéger au quotidien. « Le service public de proximité, municipal, est la première porte à laquelle on peut taper quand on est confrontés à une difficulté de la vie », affirme Loïc Gachon, qui souhaite aussi se projeter pour préparer l’avenir face au « changement climatique », anticiper les « questions d’éducation », de l’économie et de l’emploi pour « faire en sorte que Vitrolles reste une ville dynamique et attractive, se positionne sur les filières d’excellence et soutienne l’aéronautique ». Enfin, une grande place est dédiée au vivre ensemble. « Fédérer les habitants en développant ce qui nous rassemble », résume l’édile.

    Pour y parvenir, la liste doit arbitrer entre « ce qui était déjà prévu par l’équipe sortante » et les très nombreuses propositions émanant des ateliers participatifs du collectif « Réfléchissons Vitrolles ». Le tout en respectant une limite : un budget annuel d’investissement de 18 millions d’euros.

    Dix élus ne repartent pas

    Le programme détaillé sera dévoilé lors d’une réunion publique fin février. Une chose est en revanche déjà connue : les visages des colistières et colistiers de Loïc Gachon, qui espère repartir avec une liste pour moitié renouvelée, comprenant « 19 personnes qui n’ont jamais été élues ». Parmi elles : Thomas Robert, directeur de l’école Badinter récemment inaugurée dans le quartier des Pins ; Frédéric Izacard, responsable local des Écologistes ; Dominique Sow, ancien animateur de centre social à Vitrolles ; Florence Zemour, médecin en charge de la Maison de santé pluridisciplinaire Simone-Veil ; ou encore Joris Coppens, étudiant en médecine de 20 ans. « C’est une équipe solidaire, diversifiée, qui représente tous les quartiers de la commune et tous les secteurs d’activité
    professionnelle
     », assure Loïc Gachon.

    Soutenu par une large frange de la gauche, à l’exception de La France insoumise, qui ne s’est pas prononcée mais n’a pas non plus présenté de liste, le maire sortant détaille : « Il y a dix socialistes, cinq communistes, cinq MoDem, quatre Écologistes, deux Place publique et un Génération.s. »

    Dix élus ne repartent pas, dont Jean-Claude Mondoloni, premier adjoint en charge des finances, Philippe Gardiol, adjoint à la transition écologique, Jean-Pierre et Marie-Claude Michel ou encore Michel Renaudin. « Ça s’est passé sereinement, on a leur soutien », certifie Loïc Gachon, qui se concentre désormais sur la finalisation du programme.

    « Les projets seront présentés petit à petit lors des réunions publiques », annonce-t-il. Prochaine date : ce samedi 14 février, à 17h, au centre social le Bartas.

  • Un appel à projets pour décarboner le maritime

    Un appel à projets pour décarboner le maritime

    Deux ministres qui jettent l’ancre ce jeudi à Marseille mais pour des annonces aux airs de goutte d’eau dans l’océan. Au salon Euromaritime qui se déroule au parc Chanot depuis mardi dernier, Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche et Sébastien Martin, ministre délégué à l’Industrie étaient particulièrement attendus pour officialiser un soutien au secteur. « Ça y est, on a un budget ! Et on a inscrit la décarbonation du secteur maritime dans celui-ci via la déclinaison nationale d’un appel à projets », lance Catherine Chabaud, avec un grand sourire devant le gratin des acteurs et industriels locaux (lire notre article du 05/02). Un soutien ou une redistribution ? « Il va y avoir un fléchage de la taxe carbone pour le maritime, qu’on appelle les ETS [système d’échange de quotas d’émission carbone auquel est soumis le secteur depuis 2024, Ndlr] pour soutenir la filière industrielle dans sa décarbonation. »

    Cet appel à projets sur l’ensemble du territoire sera lancé « d’ici fin mars avec le ministère des Transports » et « opéré par l’Ademe [Agence de la transition écologique, Ndlr] ». Il porte sur « trois thématiques : le déploiement de technologies de décarbonation à bord des navires, le soutien aux chantiers navals pour les flottes et le financement d’infrastructures portuaires ». Un sujet qui pourrait paraître technique pour les marins d’eau douce mais qui va avoir une forme très terre à terre. « C’est 70 millions pour financer des projets très concrets : acquisition de navires à propulsion décarbonée, développement de la filière vélique ou décarbonation des infrastructures portuaires », résume le ministre délégué à l’Industrie. « On ne fait pas de cadeau au secteur, on soutient une dynamique. Il y a une concurrence internationale », précise la ministre. Le tout, avec le traditionnel arrivage d’aides et crédits divers et variés puisque Catherine Chabaud annonce aussi « la mobilisation de garanties de projets stratégiques jusqu’à 20 millions d’euros et le renforcement des financements mobilisables via un dispositif de certificats d’économie d’énergie ».

    « Les meilleurs gagneront »

    De quoi mettre du vent dans les voiles des acteurs du maritime ? « C’est une très bonne nouvelle pour la filière, on travaille depuis un an avec l’administration pour mettre en place ce dispositif. Union des ports français, le Gican [Groupement des Activités Navales, Ndlr] et armateurs sont ensemble sur le sujet », se réjouit Laurent Martens, délégué général d’Armateur de France, organisation professionnelle regroupant les entreprises armatrices. Avant de nuancer : « Mais c’est un peu normal : on paie une taxe pour décarboner, on doit t’aider à décarboner… Et il était prévu initialement qu’une partie des ETS reviennent au secteur. »

    La mesure est amenée à être reconduite sur les années selon la ministre de la Mer. « 70 millions, c’est pas beaucoup. On est sur 90 millions au total avec le reste et ça va augmenter avec les années », espère-t-il. Détail d’importance : qui dit appel à projets dit candidats, lauréats mais aussi projets non retenus… « Les meilleurs gagneront », conclut Laurent Martens, par ailleurs ancien de la CMA CGM, premier armateur français et employeur privé de Marseille. Reste que l’idée du gouvernement est « d’irriguer toute la filière ». Jakob Sidenius, directeur général de Seayard Terminal Fos se disait justement « demandeur d’une feuille de route » notamment sur la question de l’électricité dans les ports. « Les besoins sont énormes, il y a une nécessité d’investir dans les infrastructures », plaide-t-il, en faisant référence à la ligne Très Haute Tension en projet, qui doit arriver à Fos. Et in fine du coût de l’électricité. « Il y a des pistes de financements : les ETS et l’Europe. Si on veut que notre produit soit attractif, mais qu’on a pas les aides ni les ETS, on aura beau se regarder avec les autorités portuaires… », laisse-t-il en suspend. Et de prévenir : « L’électricité sera un élément décisionnel pour faire venir les navires. »

  • Les policiers manifestent à Marseille pour réclamer des moyens et « du respect »

    Les policiers manifestent à Marseille pour réclamer des moyens et « du respect »

    « C’est inédit, c’est une marche citoyenne », assure Sébastien Greneron, secrétaire départemental Alliance 13, qui dénonce une police « à bout de souffle ». Sous l’Ombrière, les agents ont commencé à se rassembler, ce samedi 31 janvier, à l’appel du syndicat, dans le cadre d’un mouvement national. Manque de moyens humains, de respect, commissariats insalubres « avec des cafards et dont les plafonds s’écroulent », véhicules qui ont plus de 200 000 kilomètres au compteur… « On en a marre », s’indigne le responsable syndical.

    À Marseille, « on fait la une des journaux tous les jours avec le narcotrafic et le développement de la violence », recontextualise-t-il. Et d’évoquer le manque d’effectifs dans la filière judiciaire, « 20 millions de plaintes en souffrance ». Il appelle aussi à un « choc d’autorité » tout en affirmant que « chez Alliance, on ne fait pas de politique politicienne ».

    En attendant, élus et candidats aux municipales de droite et d’extrême droite n’ont pas manqué de tenir la banderole. Du conseiller régional et candidat Franck Allisio aux députés José Gonzales et Monique Grisetti pour le RN, à Martine Vassal (DVD) présidente de la Métropole, du Département et candidate à la Ville de Marseille, sa directrice de campagne, Laure-Agnès Caradec (LR), les maires LR des 11-12 et 13-14, Sylvain Souvestre, Marion Bareille ou encore Catherine Pila, référente de sa campagne pour les 6-8. Même si cette dernière assure que sa présence n’est pas un soutien de « circonstance ». Munie d’un drapeau, on retrouve aussi Nora Preziosi, ancienne alliée de Martine Vassal, de la liste « citoyenne » d’Erwan Davoux…

  • Marseille : les policiers manifestent pour plus de moyens

    Marseille : les policiers manifestent pour plus de moyens

    Prise de plainte dans un préfabriqué, cafards, voitures à bout de souffle et gyrophare en panne, les policiers sont « au bout » a dénoncé Sébastien Greneron, secrétaire départemental Alliance 13.

    Partis de l’Ombrière, près de 400 de ses collègues ont marché jusqu’à la préfecture dans le cadre d’un appel national du syndicat à manifester. Ils réclament des moyens et le soutien de l’État, souhaitant un « choc d’autorité. »

    Dans le cortège, de nombreux élus de droite et d’extrême droite étaient venus en soutien. Parmi eux, des représentants de la majorité de la présidente de la Métropole et du Département, Martine Vassal (DVD), comme Catherine Pila (LR) ou Sabine Bernasconi (LR). Mais aussi des référents de sa campagne municipale comme Laure-Agnès Caradec (LR), Sylvain Souvestre (LR), maire des 11-12 ou Marion Bareille (LR), maire des 13-14. En première ligne également, le candidat RN, Franck Allisio ou Nora Preziosi, ancienne alliée de Martine Vassal, seconde sur la liste « citoyenne » d’Erwan Davoux.

  • Renaud Muselier, soutien pragmatique de Martine Vassal

    Renaud Muselier, soutien pragmatique de Martine Vassal

    Aucun doute là-dessus, à Marseille, Renaud Muselier n’est « pas candidat » aux municipales, a-t-il tenu à rappeler lors de ses vœux à la presse, ce jeudi 29 janvier, et il soutient Martine Vassal (DVD). « Je pense que c’est de loin la meilleure » pose-t-il, vantant son « expérience » et sa « compétence ». À ceux qui l’interrogent sur les difficultés de la candidate de la droite et du centre dans les sondages et sur le terrain, il oppose son vécu de président élu quand on prédisait le contraire. « Les sondages ne correspondent pas à la réalité, ils donnent une ambiance », estime Renaud Muselier, pour qui la campagne des municipales n’a pas encore démarré : « Cela va s’accélérer en février. »

    Il préfère fracasser le bilan du maire DVG sortant, Benoît Payan. Un maire qui « n’a jamais été élu », a « changé je ne sais pas combien de fois de DGS (directeur général des services) », les Verts « qu’il a noyautés » et n’ont pas pu se présenter, aujourd’hui victimes d’un « syndrome de Stockholm ». Il enchaîne avec « Kessaci, pour qui j’ai beaucoup de respect, qui est là… » Et ose : « Enfin, c’est pendant le mandat du maire que ses deux frères ont été assassinés. On ne peut pas dire que c’est un mec bien quand même ! » Orange qui s’en va de Saint-Mauront, les Galeries Lafayette fermées en centre-ville, les écoles non réalisées, tout y passe… Renaud Muselier parlant de « diagnostic » et de « projet ».

    Un « pacte de raison »

    Face à la menace RN à laquelle il refuse de croire, tout en déplorant que l’extrême droite sème le « chaos » au niveau national, il prône son « mode d’emploi ». La clé : faire comme à la Région, « un pacte de raison », s’entendre au premier tour, respecter ses partenaires. Ce qu’il avait essayé de faire à l’époque, à Marseille, estime-t-il avec « Bruno [Gilles], avec Renaissance, ils ont tous voulu se [présenter], on a perdu la ville ». Convenant que pour les législatives « la droite, le centre, les socialistes on a été rincés », il reste confiant : « Ce n’est pas [pour ça] qu’on va perdre les municipales. Au contraire, la méthode que nous avons mise en place est applicable. »

    Il étrille Franck Allisio, candidat RN et conseiller régional, dont il n’oublie pas qu’il fait l’objet d’un « article 40 car il s’est servi de la Région pour faire sa campagne ». « On est susceptible de voter pour quelqu’un qui n’est même pas considéré comme bon candidat », estime-t-il. Sur sa position en cas de triangulaires, Renaud Muselier reste évasif. « Pourquoi vous ne me parlez pas de quadrangulaires ? » interroge-t-il, estimant visiblement que ce sera le cas à Marseille. Et de réclamer de la « hauteur avec de vrais débats ».

  • En soutien au peuple kurde du Rojava

    En soutien au peuple kurde du Rojava

    Nous sommes tous Rojava ! » De la Canebière jusqu’au cours Lieutaud, les drapeaux du Kurdistan syrien flottent ce jeudi après-midi dans le centre-ville de Marseille. C’est dans ce territoire du nord-est de la Syrie, que les forces armées kurdes ont vaincu l’État islamique, à l’époque soutenues par la coalition internationale antijihadiste menée par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, pour ne citer qu’eux. Dix ans plus tard, le nouveau pouvoir syrien, dirigé par Ahmed al-Charaa, ancien combattant d’Al Qaïda et de Daech, attaque ces mêmes Kurdes, tentant de reprendre la main sur ce territoire avec l’aide d’Ankara. Dans le silence assourdissant des puissances occidentales.

    « Nous n’avons pas seulement défendu la Syrie contre le terrorisme mais le monde entier, et là, le peuple syrien nous tourne le dos. Comme en 1923, le peuple turc l’a fait », tempête Rosrin, rappelant que des milliers de jihadistes sont toujours retenus en Syrie dans les prisons contrôlées par les Kurdes. « Si les jihadistes prennent le dessus, ils pourront revenir en France et en Europe commettre des attentats à nouveau », signale-t-elle. Autour de la jeune femme, quelque 2 500 personnes – selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône – sont venues apporter leur soutien au Rojava, tandis que des individus ont tenté d’entacher ce rassemblement (lire ci-contre).

    Une manifestation massive qui témoigne de la gravité de la situation. « Ça fait 15 ans que notre peuple combat Daech, on a perdu des milliers et des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, tous assassinés. On ne peut pas en plus perdre notre territoire après ça ! », fulmine Firat, kurde originaire de Turquie. « On est le peuple le plus nombreux du monde à être apatride encore aujourd’hui », tient-il à souligner.

    « Nous ne lâchons pas

    les Kurdes »

    L’appel lancé par le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) a trouvé un écho dans tout le pays. Des rassemblements sont ainsi prévus dans les prochains jours dans des dizaines de villes, comme Paris, Toulouse, Montpellier, Nantes, Strasbourg et Vichy. Face à cette colère qui se propage, à un sentiment d’abandon que la communauté kurde déplore, Paris est sommé de réagir.

    « Nous ne lâchons pas les Kurdes, nous savons ce que nous leur devons », a déclaré Pascal Confavreux, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse ce jeudi, sans pourtant s’exprimer sur des actions concrètes. « Il faut continuer à dénoncer la lâcheté des puissances occidentales qui nous ont vendues une fois de plus, nous continuerons à nous battre », jure Salih Azad, responsable du Centre démocratique kurde de Marseille (CDK-M).

    Témoignages recueillis par Lisa Marchand, Thibaut Carceller et Laureen Piddiu

    Joël Dutto. Secrétaire de la section PCF Marseille 15e

    « Il est important d’être aux côtés du peuple kurde qui a perdu tant d’hommes, de femmes et d’enfants dans les combats contre Daech. Les Kurdes risquent d’être rayés de la carte du Moyen-Orient car le type de société qu’ils promeuvent est insupportable pour les monarchies pétrolières qui les entourent. »

    Barine. Kurde de Syrie

    « Notre message au monde entier, c’est que nous voulons la paix et nous souhaitons que notre voix soit entendue par l’Union européenne. J’ai de la famille en Syrie et j’ai pu parler avec des combattantes. Elles sont actuellement bloquées près de la prison de Hasakah, en Syrie. Cette situation est préoccupante et peut devenir dangereuse. »

    Akram. Kurde de Turquie

    « Il y a une résistance au Rojava [nord-est de la Syrie Ndlr]. Le peuple Kurde a gagné ses droits et, aujourd’hui, ils sont réprimés par les jihadistes et par al-Charaa. Ils sont en train de perdre tous les droits qu’ils ont gagnés. Si j’ai fait le déplacement ici, à Marseille, c’est pour apporter mon soutien au peuple kurde qui résiste. »

    Nathalie Tessier. Conseillère municipale PCF de Marseille

    « À chaque fois que je viens dans les manifestations pour le peuple kurde, je suis saisie par la présence des femmes. Au Rojava, les femmes ont le rôle qu’elles ont décidé d’avoir en étant les égales des hommes. Et ça, c’est un sacré signe pour l’Histoire. »

    Zrng. Kurde originaire d’Iran

    « Les Kurdes sont le plus grand peuple sans territoire qui s’est battu contre les plus grands terroristes du monde. Nous nous sentons trahis, ces mêmes terroristes sont aujourd’hui au pouvoir à cause de l’Europe, ce n’est pas normal. Nous sommes unis, dans la rue et nous n’avons pas peur. »

    Cathy Aubron. Collectif solidarité Kurdistan

    « Je suis venue défendre le projet démocratique porté par les Kurdes, qui accorde une place importante à la paix et au féminisme. Tant que le Parti des travailleurs kurdes sera considéré comme une organisation terroriste, les Kurdes ne pourront être défendus comme ils devraient. »

    Josiane Durrieu. Chargée des questions internationales au PCF 13

    « Si on ne fait rien, Ahmed Al-Charaa va installer un régime islamiste, ils ont déjà libéré des prisonniers jihadistes. Les islamistes ne supportent pas le régime kurde du Rojava parce qu’il est laïc, démocratique, et féministe, tout le contraire des jihadistes. »

  • Un soutien à la lutte en Iran ce samedi à Marseille

    Un soutien à la lutte en Iran ce samedi à Marseille

    Alors que les manifestations populaires contre le gouvernement iranien ont repris à Téhéran, que le gouvernement islamiste mène la répression, que les informations peinent à sortir du pays, les grandes puissances jouent la surenchère guerrière médiatisée. Ces guerrières-là appellent à la paix, à la liberté.

    « Depuis 2022, depuis la mort de Mahsa Amini tuée pour avoir refusé de se soumettre aux lois patriarcales imposant aux Iraniennes le port obligatoire du voile, rappellent les Guerrières de la Paix, un puissant mouvement politique, culturel, et social revendique la fin de dictature des mollahs autour de la devise #FemmeVieLiberté. » De la même façon que les femmes revendiquent leurs droits, les jeunes, les commerçants, les ouvriers et l’ensemble de la population se lèvent pour faire basculer le pouvoir. Toutes les associations et organisations sont invitées à leur témoigner un soutien solidaire.