Tag: soutien

  • Une écoute téléphonique au chevet des étudiants d’Aix-Marseille

    Une écoute téléphonique au chevet des étudiants d’Aix-Marseille

    À partir de 21h et jusqu’à 2h30, deux à trois bénévoles rejoignent ce que l’équipe appelle « la brigade de nuit ». L’antenne de l’association de prévention des risques de santé mentale Nightline a ouvert il y a 8 mois à Marseille. Cette ligne d’écoute, gérée par des étudiants bénévoles formés et accompagnés, couvre les besoins de tous les étudiants de l’académie d’Aix-Marseille. Elle répond à un réel besoin, « avec un pic lors des partiels », souligne Vincent Biarneix, responsable de l’association.

    « Rendre accessibles ces outils à tous les jeunes »

    Les thématiques récurrentes sont en premier lieu les ruptures amoureuses, suivies par la solitude et l’isolement. Sur le premier trimestre 2026, l’association a reçu 600 appels. « On aimerait recruter davantage de personnes pour pouvoir faire face aux besoins », partage Yanis* le président-bénévole de l’antenne.

    Au-delà des appels, des ateliers de sensibilisation et de prévention sont organisés par les bénévoles, services civiques et salariés, soit une petite équipe de moins de 30 personnes. Ils se rendent dans les lycées, les universités et les missions locales pour « parler de santé mentale, la déstigmatiser, libérer la parole dans l’optique de rendre accessibles tous nos outils aux jeunes de France », indique Julie Pierre-François, déléguée territoriale de Nightline Aix-Marseille.

  • Pique-nique revendicatif à Lurçat

    Pique-nique revendicatif à Lurçat

    « Rien ne justifie la baisse de moyens dans les lycées Lurçat et Langevin », tance Philippe Sénégas du Snes-FSU, se demandant : « La priorité est-elle un porte-avions à 12 milliards d’euros ou une école publique ayant les moyens d’emmener les élèves à la réussite ? » « Ça veut dire moins d’heures de cours pour les élèves, donc plus de demi-groupes, de dispositifs de soutien ou d’options de langues » avance ce professeur de collège venu en soutien, car ses élèves « subiront ces baisses à leur arrivée au lycée » regrette-t-il.

  • Les Foulées de l’Espoir à la veille de son défi des 20 ans

    Les Foulées de l’Espoir à la veille de son défi des 20 ans

    Il est à la fois « impatient et stressé de ne rien oublier. » Marc Arnal, major de Police à la CRS n° 59 d’Ollioules, n’est pourtant pas le perdreau de l’année. Voilà 20 ans qu’il parcourt la France en courant, au service de nobles causes : associations d’orphelins de la Police Nationale, de soutien aux enfants atteints de maladies rares ou porteurs de handicap… Plus de 5 500 km et 130 000 euros récoltés plus tard, le président de l’association « Les Foulées de l’Espoir » et ses compagnons de route se trouvent à la veille d’un nouveau défi sur les traces de leurs précédents périples.

    Des Pyrénées aux Alpes

    Du 20 au 29 mai, ils rallieront les Alpes depuis les Pyrénées. « Je cherchais qu’il y ait le plus de symboles possibles, à commencer par le départ et l’arrivée », indique Marc Arnal. En 2018, il avait traversé les Pyrénées d’Hendaye jusqu’à Cerbère pour les enfants du couple de fonctionnaires du ministère de l’Intérieur (une agent administratif et un policier) assassinés à Magnanville. C’est donc à Cerbère qu’aura lieu le prologue de 6 km, ce mardi, en présence de la sœur du policier. En 2022, ils avaient parcouru la route des grandes Alpes de Thonon à Nice. « Normalement, elle s’arrête à Menton. Nous avons des liens étroits avec le Lion’s club de Menton, qui nous soutient et va nous accueillir. C’est pourquoi l’arrivée aura lieu là-bas », précise-t-il.

    D’autres passages emblématiques sont prévus, notamment au Luc, où vit Marc Arnal et où se trouve le siège des Foulées de l’Espoir. Près de 800 km, pour 6000 mètres de dénivelé positif. Pas de quoi effrayer celui qui a couru plus de 4000 km depuis décembre, à raison d’un semi-marathon par jour et d’une sortie longue (de 32 à 74 km) par semaine. « C’est trois fois moins de dénivelé que l’an dernier. Et je me sens encore mieux physiquement », assure-t-il.

    Au programme, entre 63 et 88 km de course par jour pendant dix jours, au profit de l’association « Les Mamans du Ciel », qui œuvre pour les enfants de victimes de féminicides ou d’attentats. 15 000 euros ont déjà été récoltés. Un bon début pour Marc Arnal, qui espère tout de même battre le record de l’année dernière (20 380 euros). Encore un défi supplémentaire.

    Dons sur la page Facebook des Foulées de l’Espoir, ou sur la cagnotte en ligne

  • En grosses difficultés financières, Luttopia lance une cagnotte en ligne

    En grosses difficultés financières, Luttopia lance une cagnotte en ligne

    « Luttopia a besoin de vous pour survivre. Cinq salariés sont menacés de perdre leur emploi, des dizaines de personnes leurs repères, une utopie qui serait marquée par l’adversité et la logique budgétaire », alerte l’association dans le texte qui accompagne la collecte en ligne solidaire lancée mi-avril sur le site Helloasso*.

    Objectif : rassembler, d’ici fin juin, 50 000 euros qui manquent à une trésorerie exsangue. « On a dû faire le choix d’arrêter nos activités principales pour se concentrer exclusivement sur cette levée de fonds, car on arrive au bout de notre trésorerie fin juin. Ce qu’on a en banque va nous permettre d’assurer nos charges fixes jusque-là, mais pour l’instant on n’est pas en capacité de se projeter plus loin », explique la directrice de l’association, Gwen Lasne.

    Depuis 2022 et un accord trouvé avec la Ville de Montpellier, le squat des anciennes archives départementales, devenu association d’utilité publique, poursuit sa mission de mise à l’abri et d’accompagnement des plus vulnérables dans une maison située 88 bis, avenue de Toulouse, mise à disposition par la collectivité. Deux fois par semaine, Luttopia permet ainsi à une cinquantaine de personnes – hommes, femmes, enfants – « de répondre à des besoins primaires : douche, linge, repas, collation, animation, vestiaire, repos, accompagnement social global », liste Gwen Lasne. Au point que la maison de l’avenue de Toulouse est devenue le 4e lieu d’accueil de jour de la Ville de Montpellier.

    Un avenir incertain

    « Depuis environ un an, et c’est encore plus vrai depuis 6 mois, on a quasiment doublé l’effectif. On est passé d’une moyenne de 22-25 personnes accueillies deux fois par semaine à 48-52 personnes désormais », indique la directrice. Hélas les financements, eux, sont inversement proportionnels à la fréquentation. « Les dotations à la baisse qui frappent les collectivités locales se répercutent sur le mouvement associatif. Quant aux Fondations, elles ont moins de donateurs donc elles allouent un peu moins d’argent aux associations qu’elles soutiennent ». La Métropole de Montpellier contribue ainsi cette année à hauteur de 9 000 euros, « largement en deçà de ce qu’on a eu les 3 premières années, où on tournait autour de 40 000 euros » ; la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) verse 20 000 euros (au lieu de 35 000 auparavant) ; la Fondation de France, quant à elle, apporte 12 500 euros sur l’année. Des sommes qui ne suffisent pas à absorber l’augmentation des charges fixes et surtout l’embauche, devenue nécessaire, de 5 salariés (3,5 équivalents temps plein). « Sur un an, il nous faudrait une enveloppe d’un peu plus de 90 000 euros », évalue la directrice de Luttopia. Le choix a donc été fait de stopper les activités de l’association -qui dispose aussi d’un espace d’hébergement dédié à l’accueil de femmes en situation de vulnérabilité- afin de se consacrer à une levée de fonds pour tenter de rassembler 50 000 euros. « C’est ce qui nous permettrait de tenir une année supplémentaire », indique le texte présentant la démarche. « Tout don, même modeste, compte », insiste Gwen Lasne, qui précise que ces dons peuvent être défiscalisés. Le 11 mai, 20% de l’objectif avait déjà été atteint.

    Outre la question financière se pose celle de la convention d’occupation du bâtiment de l’avenue de Toulouse, qui arrive à échéance au 30 septembre. « On attend de voir ce que vont proposer, ou pas, les services de la Ville », indique la directrice de Luttopia. « L’idéal serait que la collectivité nous mette à disposition un nouveau site, mais pérenne cette fois-ci, dans lequel on puisse déménager nos missions d’accueil de jour et pourquoi pas créer quelques places d’hébergement. Il faut qu’on sorte de cette précarité permanente si on veut pérenniser notre activité », insiste-t-elle. Une rencontre est prévue le 28 mai pour évoquer le sujet avec la nouvelle adjointe aux solidarités, Muriel Ressiguier.

  • [Entretien] « Pour l’heure, le trafic est stable sur Marseille »

    [Entretien] « Pour l’heure, le trafic est stable sur Marseille »

    La Marseillaise : Quel est l’état des lieux du trafic aérien ?

    Julien Boullay : Pour l’instant, il n’y a rien d’alarmant. Le trafic est stable par rapport à l’année dernière, malgré des billets d’avion plus chers. C’est lié au fait que le carburant est le premier poste de dépense des compagnies aériennes et que le prix du kérosène a plus que doublé. Pour les compagnies, l’impact est donc phénoménal. Évidemment, plus le vol est long, plus l’impact de la hausse du kérosène est important. Sur un vol d’une heure, ce n’est pas colossal, mais pour un vol long-courrier, ça va être plus important. On voit aussi que les compagnies qui ont suspendu les destinations vers le Moyen-Orient ont reporté les vols sur des destinations plus proches. Certaines, qui ont annulé la Jordanie, l’Arabie-Saoudite ou Israël, ont en revanche ajouté des vols vers la Tunisie ou le Maroc. Par exemple, habituellement, on a un bon trafic pour Tel-Aviv et Beyrouth, mais là, il n’y a plus de vols tout simplement. À l’inverse, pour Le Caire, la demande est toujours là. Sur le plan géographique, ce n’est pourtant pas si éloigné des zones de conflit, mais les gens ne s’en détournent pas. Certaines compagnies ont revu leurs programmes de vols à la baisse, mais ça reste contenu. Il y a des annulations, mais ça reste à la marge. C’est peut-être entre 1% et 2% de vols en moins.

    Et du côté des passagers ?

    J.B. : Quand on regarde du côté de la demande, le sentiment, c’est qu’elle reste solide. Le budget voyage des passagers est sanctuarisé. Les clients, confrontés à des problématiques de pouvoir d’achat, vont faire des arbitrages, mais pas forcément défavorables aux vacances. Certains décideront de rester en France, d’autres de prendre l’avion pour partir moins loin. Donc, la demande est encore là, mais il peut y avoir des changements de destinations. Forcément, le Moyen-Orient souffre un peu, avec un report sur l’Europe ou l’Afrique du Nord. Des gens qui souhaitaient aller à Dubaï, Tel-Aviv ou au Liban vont peut-être se reporter sur le Maroc, l’Italie… On commence aussi à constater une réduction de la durée des vacances, peut-être pour ajuster le budget. On le voit notamment car les passagers restent moins longtemps sur nos parkings.

    Cette situation peut-elle entraîner des annulations de vols ?

    J.B. : Personne n’a intérêt à annuler un vol en dernière minute, surtout pas les compagnies aériennes. Leur intérêt, c’est justement d’anticiper les annulations de vols. S’il y en a, c’est surtout pour des problèmes opérationnels. Elles ajusteront plutôt le nombre de vols en amont. Les compagnies aériennes subissent de plein fouet la situation. Les premières victimes de l’explosion des prix du carburant, ce sont elles. Normalement, on arrive à la période de l’année où elles font leur beurre. La demande est logiquement plus forte l’été que l’hiver, les billets s’y vendent plus cher globalement. C’est cela qui leur permet d’opérer des vols en hiver, qui sont plus compliqués à opérer car il y a moins de demande. Si elles ne gagnent pas leur vie comme elles l’avaient souhaité cet été, il risque d’y avoir un effet boomerang cet hiver. Concernant le manque de kérosène, il n’y a pas de soucis pour les prochaines semaines, mais je n’ai pas de visibilité particulière au-delà.

    Il y a des inquiétudes sur l’avenir économique des compagnies…

    J.B. : Il y a une compagnie américaine qui a coulé la semaine dernière. Spirit Airlines, une compagnie low-cost qui avait tout de même 230 avions. Ce n’est pas rien : il y a peu de compagnies en Europe qui en ont autant. En temps normal, les compagnies aériennes ne dégagent pas des marges énormes. Au niveau mondial, elles gagnent moins de 10 euros par passagers en moyenne. Ça fait des marges toutes petites. Quand il y a une crise de cette ampleur, les comptes passent vite au rouge-vif. S’il n’y a pas un gouvernement pour aider, des actionnaires pour soutenir, ça devient vite compliqué. On entend aussi que les compagnies indiennes ont demandé un soutien urgent à leur gouvernement. Il y a donc un risque à long terme si cette situation perdure : on pourrait avoir une baisse du trafic qui résulte d’une baisse de l’offre, et non pas de la demande. Si ça reste comme ça d’ici la fin de l’année, des compagnies feront faillite.

  • Les associations marseillaises s’unissent contre l’embargo sur Cuba

    Les associations marseillaises s’unissent contre l’embargo sur Cuba

    Installés entre les quelques bouquins de la librairie l’île aux mots (2e), les représentants de six associations marseillaises se sont réunis pour présenter leur plan d’action en soutien à Cuba. « Grâce à la mobilisation de médecins et infirmiers des 4e et 5e, nous avons commencé à collecter du matériel médical à envoyer mi-juin en direction de l’île. Il y a aussi des appareils d’échographie, des fauteuils roulants et même des déambulateurs, mais ce n’est pas suffisant. Afin de remplir le container, il nous faut davantage de fonds », insiste Jean-José Mesguen, représentant de l’association France Amérique Latine Marseille.

    Pour financer le projet, les collectifs appellent les citoyens à se mobiliser. à Toulouse, deux containers ont pu être financés dernièrement grâce au soutien des habitants.

    Plusieurs événements organisés

    C’est dans ce cadre qu’ils organisent une soirée le jeudi 28 mai. « Un concert du trio cubain Ahinamo suivi d’un buffet caribéen et d’une tombola », précise Nicole Giraudi, présidente de l’association France Cuba Marseille 13. D’autres événements sont prévus dans le mois de mai pour réunir les fonds nécessaires. Parmi eux, les films d’Alain Sabathier La Camargue et La Cinega de Zapata seront projetés dans une salle du PCF à Marseille, le 15 mai.

    Des actions que Nicole Giraudi estime « essentielles ». Avant de préciser : « Aujourd’hui, se payer une boîte de Doliprane à 10 euros, c’est impossible avec un salaire cubain, cela doit changer », déplore-t-elle. L’envoi de matériel médical n’est pas le seul dispositif mis en place par les organisations. « Nous avons mené une campagne lors du cortège du
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    er-Mai pour financer 1 000 panneaux solaires en direction de Cuba », ajoute Mireille Faure, membre du secrétariat du Secours populaire.

    Des installations qui pourraient faciliter l’accès au gaz, mais aussi aux transports et aux hôpitaux. « Lors de la mobilisation du 1er-Mai, nous avons réussi à récolter 1 000 euros. Nous avons l’attention des syndicats et brigades des énergéticiens qui nous aideront dans l’acheminement de ces panneaux photovoltaïques », se réjouit la membre du Secours populaire, qui s’inquiète malgré tout : « Un panneau solaire coûte 8 000 euros. Il faut les trouver… »

    « Le travail collectif

    sans soutien est difficile »

    « Les pouvoirs publics français doivent reconnaître leur dette envers Cuba, à savoir l’envoi de médecins durant la pandémie de Covid et la participation des Cubains durant la Première Guerre mondiale », souligne Jean-José Mesguen, représentant de l’association France Amérique Latine Marseille.

    Entre les entraves financières des États-Unis sur l’acheminement de l’aide humanitaire et l’absence de mobilisation des élus en Europe visés par la pétition portée par France Amérique Latine Marseille, les associations ne se sentent pas entendues par les pouvoirs publics. « Le travail collectif sans soutien est difficile », ajoute Nicole Giraudi, représentante de France Cuba Marseille 13.

    Les associations ont également rapporté les blocages de l’acheminement de l’aide humanitaire depuis le port de Marseille. Par conséquent, le conteneur financé par le Secours populaire devrait prendre le départ, à la mi-juin, depuis un port espagnol et non pas depuis Marseille.

    « La CMA CGM a subi des restrictions de la part de Donald Trump. On réalise à quel point les États-Unis contrôlent tout, jusqu’à ce qui part de nos ports, et ce n’est pas normal, il faut se mobiliser », estime Bernard Eynaud de la Ligue des droits de l’homme.

  • Les États-Unis lorgnent sur Cuba, asphyxiée

    Les États-Unis lorgnent sur Cuba, asphyxiée

    Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a dénoncé ce samedi 2 mai le « niveau dangereux » des menaces d’agression militaire de Donald Trump, se disant prêt à la riposte. Une énième escalade. Alors que l’embargo américain est en vigueur depuis 1962, qu’une crise économique profonde touche l’île et ses 9,6 millions d’habitants, que le renforcement des sanctions américaines sous le premier mandat Trump (2017-2021) a aggravé la situation, le président américain avait de nouveau serré la vis en janvier, n’autorisant depuis l’arrivée que d’un seul pétrolier russe. Et depuis l’intervention des États-Unis au Venezuela, principal allié de Cuba, l’économie de l’île a été encore plus durement touchée, privée du carburant nécessaire pour produire son électricité.

    Dans son allocution ce 1er mai depuis la Floride, le président américain menace de « prendre le contrôle » de Cuba, suggérant qu’un porte-avions américain pourrait s’y arrêter « sur le chemin du retour d’Iran ». Les nouvelles sanctions américaines, qui figurent dans un décret présidentiel, ciblent notamment les banques étrangères qui collaborent avec le gouvernement cubain, et imposent des restrictions en matière d’immigration. Dans ce décret, Trump impose des sanctions à l’encontre de personnalités et entités impliquées dans les secteurs de l’énergie, des mines et contre toute personne reconnue coupable de « violations graves des droits de l’homme ».

    « Ces actions témoignent d’une intention de réimposer, une fois de plus, une punition collective au peuple cubain » s’est insurgé le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez. Miguel Diaz-Canel a appelé la communauté internationale à « en prendre note » et à décider « aux côtés du peuple des États-Unis » s’il sera permis qu’« un acte criminel aussi radical soit commis ». Selon le chef de l’État cubain, une intervention militaire américaine viserait avant tout à « satisfaire » les intérêts de la communauté d’exilés cubains installés en Floride, « un groupe restreint mais riche et influent, animé par un désir de revanche et de domination ». Ce dernier a participé au défilé dénonçant ces menaces devant l’ambassade des États-Unis à La Havane, aux côtés du dirigeant révolutionnaire Raul Castro, 94 ans.

    De terribles conséquences

    Il peut compter sur le soutien du Mexique, du Brésil et de l’Espagne qui dans une déclaration commune le 18 avril, faisaient part de leur « énorme préoccupation pour la grave crise humanitaire que traverse le peuple cubain » et demandaient « que soient adoptées les mesures nécessaires pour soulager cette situation et que soient évitées les actions qui aggraveraient les conditions de vie de la population, ou celles qui sont contraires au Droit international ». Trois jours avant, la Chine avait réaffirmé qu’elle soutiendrait « résolument » La Havane par la voix d’un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun.

    En France, Emmanuel Macron brille par son silence. Alors que se montent des opérations de solidarité comme celle commune de plusieurs associations depuis Marseille (lire par ailleurs), le PCF a opté pour l’envoi de conteneurs dans le cadre d’une campagne de collecte de médicaments et matériel médical. Le pays « aux meilleurs médecins du monde » rappelle le parti, se retrouve privé de paracétamol ou de médicaments contre les cancers infantiles. Selon le PCF, en un an, « le blocus aurait causé des dommages économiques conséquents estimés par les autorités à près de 5 milliards de dollars ». Avec des impacts forts dans plusieurs secteurs d’activité, pointe le parti : « un milliard de dollars de manque à gagner dans le tourisme, 3 milliards de préjudices pour le commerce extérieur, 467 millions pour l’industrie, 273 pour l’agriculture, 75,5 pour l’Éducation, 202 pour les transports, 143 pour les biotechnologies et l’industrie pharmaceutique (pourtant en pointe contre le Covid-19)… »

    Le groupe d’amitié France-Cuba à l’Assemblée nationale a aussi mis en place un pont aérien. « J’ai négocié avec la direction d’Air France pour envoyer à peu près 20 m3 de médicaments et de matériel médical » indiquait dans nos colonnes le 31 mars, André Chassaigne, son ex-président.

    À SAVOIR

    Un premier train de restrictions sous Trump I

    Après un bref espoir d’assouplissement et de normalisation des relations sous Barack Obama, Donald Trump a, dès son premier mandat, balayé ces timides avancées d’un revers de main. Plus de 240 restrictions sont imposées en 4 ans, comme sur le tourisme vers l’île et sur les transactions avec les entités liées à l’armée. Cuba est également placée sur la liste des pays soutenant le terrorisme. Le Covid-19 va accélérer la crise avec une cinquantaine d’autres mesures.

    Le Droit international bafoué

    Quelque 165 pays ont voté la levée des sanctions touchant Cuba sur les 193 que comptent les Nations unies, lors de l’Assemblée générale annuelle du 29 octobre 2025. Comme chaque année depuis 1992, date de la première résolution présentée par Cuba, les États-Unis et Israël s’y opposent. Cette fois-ci, l’Argentine, la Hongrie, le Paraguay, la Macédoine du Nord et l’Ukraine leur emboîtent le pas.

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    repas par jour. C’est le quotidien d’une majorité de Cubains. Une boîte d’œufs coûte l’équivalent d’un mois de salaire minimum, atteignant les 3 000 pesos. L’ONU a alerté en janvier sur le risque d’un « effondrement humanitaire » en raison des coupures d’électricité, de difficultés d’accès à l’eau, aux soins et à l’alimentation.

    60%

    de la population cubaine dépend de la diaspora. Depuis 2021, 2 millions de personnes supplémentaires se sont exilées sur 9,6 millions de Cubains, choisissant l’Amérique et, depuis le second mandat de Trump, l’Europe. Les exilés doivent ruser pour envoyer des subsides à leurs familles optant pour des colis de biens de première nécessité.

  • Contre la répression judiciaire, la CGT fait front avec Pascal Galéoté

    Contre la répression judiciaire, la CGT fait front avec Pascal Galéoté

    Ce sont tous les militants du mouvement social qui font front commun avec le secrétaire général du Grand port maritime de Marseille (GPMM), Pascal Galéoté. Ce dernier est convoqué, ce mardi devant le tribunal correctionnel de Marseille, dans le cadre de l’affaire de la gestion du Comité social et économique (CSE) du port. L’ancien trésorier du CSE, Bernard Cristalli, est également mis en cause.

    De quoi provoquer une réaction unanime du côté de leurs camarades, avec une multitude d’organisations CGT qui appellent à la mobilisation au moment de l’audience, à partir de 8 heures du matin. « On est complètement dans le cadre d’une criminalisation de l’action syndicale, d’une justice de classe et d’un acharnement », tonne Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône (UD CGT 13). Avant de développer : « Cela s’inscrit dans des attaques plus globales contre les ports : la Cour des comptes les a visés, une mission parlementaire a été confiée à des députés du Rassemblement national… Ce sont des bastions cégétistes que certains veulent affaiblir. »

    Même écho du côté de François Canu, secrétaire de l’UD et secrétaire général de l’Union locale d’Aix, qui évoque une « procédure orchestrée ». « Ce n’est pas une attaque comme les autres. Cela va au-delà des deux camarades. On n’est pas dupes », martèle-t-il. Pour rappel, le 18 février 2025, à la suite d’une garde à vue éclair du syndicaliste, le parquet faisait le point sur l’affaire en évoquant une enquête préliminaire pour « abus de confiance » et « recel ».

    Plusieurs centaines

    de militants attendus

    « Elle a été ouverte à la suite d’un signalement adressé au parquet de Marseille, en décembre 2021, par le procureur général près la Cour des comptes, au regard de faits identifiés à l’occasion du contrôle des comptes et de la gestion du comité d’entreprise du GPMM », précisait l’institution dans un communiqué de presse. Tout en rappelant que Pascal Galéoté est présumé innocent, le parquet développait : « Les faits dénoncés sont relatifs à plusieurs anomalies constatées dans l’utilisation des moyens du comité d’entreprise du GPMM permettant de suspecter des dépenses à des fins personnelles (achat de matériel informatique et numérique, frais de déplacement, dépenses de bouche, etc.) ainsi que la prise en charge de dépenses syndicales, donc étrangères à l’objet du comité d’entreprise. Les sommes évoquées s’élèvent à plus de 250 000 euros sur une période allant de 2014 à 2018. »

    Pas de quoi faire trembler les militants. « Ceux qui pourraient être lésés dans cette affaire, le CSE et le port ou sa direction, n’ont pas porté plainte et ne sont même pas parties civiles, ça en dit long », commente Marc Pietrosino. Il rappelle que Pascal Galéoté avait répondu point par point à ces accusations à la suite de sa garde à vue (lire notre article du 24/01/25).

    De la CGT France Travail Paca, de la réparation navale, celle des cheminots de Marseille ou encore des agents des télécoms, en passant par la CGT Centrale de Gardanne… la liste des syndicats qui ont apporté un soutien « inconditionnel » aux deux portuaires est longue comme le bras. Et dépasse le cadre local, puisque Fédération des Ports et Docks comme la CGT au niveau confédéral ont appuyé publiquement Pascal Galéoté. Le syndicat CGT des Ouvriers Dockers et Portuaires du golfe de Fos appelle d’ailleurs à la mobilisation le même jour. La Fédération CGT des Ports et Docks également, avec la présence attendue d’agents portuaires de l’autre bout de la France. Tandis que la CGT GPMM Fluxel appelle à un arrêt de travail de 7h30 à 13h. Le soutien dépasse même la CGT, puisque la FSU 13 apporte aussi son soutien au secrétaire général. « On va envoyer le message que si quelqu’un touche un membre de la CGT, c’est toute la CGT qui répond », conclut François Canu.

  • Une collecte de la CGT en faveur du Secours populaire à Toulon

    Une collecte de la CGT en faveur du Secours populaire à Toulon

    Lancée en 2025, l’initiative solidaire de l’UD CGT Var en faveur du Secours populaire du Var, dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée chaque 8 mars, a été reconduite cette année. Le principe : récolter des produits d’hygiène féminine et maternels (protections menstruelles, couches-culottes, lait infantile…) à l’intention des familles monoparentales, et notamment des femmes isolées, « qui représentent un bénéficiaire sur cinq, même s’il n’y a plus de public type », précise Olivier Masini, secrétaire départemental du Secours populaire du Var.

    « La précarité touche de plus en plus de travailleurs », alerte Manon Magagnosc, déléguée syndicale du centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne (CHITS), l’une des porteuses de l’initiative. « L’an dernier, nous avions voulu organiser une collecte, et c’était sur ces produits-là que le Secours populaire avait le plus de besoins car les gens n’y pensent pas, et car c’est très cher. »

    C’est ainsi qu’au mois de mars, les militants CGT de l’ensemble du département ont mis en place une centaine de points de collectes sur leurs lieux de travail respectifs, dans le privé comme dans le public. « Ça permet de donner du sens à la solidarité, des points les plus reculés du département, jusqu’à Toulon, avec des dons n’émanant pas uniquement de personnes syndiquées. Ça montre que la solidarité n’a pas de frontières », salue Olivier Masini.

    Les dons ont été remis ce vendredi 17 avril dans les locaux du Secours populaire du Var, à Toulon. Un « volume important, équivalent à celui de l’année dernière », se réjouit le secrétaire départemental de l’association, trié et partagé dès ce lundi, avant d’être envoyé dans les dix centres de distribution que recense le département.

    Une collecte

    de fournitures scolaires

    Ce partenariat « naturel », tel que le souligne ce dernier, au vu « des valeurs de solidarité, du rôle d’éducation populaire » que partagent les deux organisations, sera renouvelé pour une troisième année consécutive. « Et il va dans les deux sens », assure-t-il, rappelant que « la proximité des valeurs date de la création du Secours populaire, à la fin de la seconde guerre mondiale. Lors des grandes grèves des mineurs de 1946, le Secours populaire était aux côtés des familles de grévistes, et pour porter la solidarité avec la CGT ».

    Et le syndicat compte poursuivre en ce sens, en organisant, en septembre, une deuxième collecte, de fournitures scolaires cette fois-ci, à destination des étudiants, en soutien à une campagne du Secours populaire. « Les mairies s’occupent généralement des fournitures pour les plus jeunes, c’est moins le cas pour les étudiants. On y pense moins, pourtant ça coûte de l’argent », lance Manon Magagnosc.

  • Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    « Je me suis pris une amende alors que j’étais en règle, ça m’a pas trop fait rigoler. Et je leur ai dit parce que beaucoup de jeunes qui travaillent ici ont eu des problèmes. C’est parti de moi l’initiative. » Comme Dylan et Kevin, trisomiques, Théophile, lui atteint du syndrome de l’X-fragile, prend le train depuis Marseille pour venir travailler à la « Gare des étoiles », initialement la halte SNCF de Niolon. Un tiers-lieu investi depuis 4 ans par l’association « T’Cap 21 » qui propose de la restauration aux voyageurs avec son « Train Inc Café », permettant aussi aux jeunes de travailler en cuisine, au service ou à la plonge, sans oublier une multitude d’activités et d’actions pour l’inclusion. Et ces employés en témoignent, pour eux, se faire contrôler à bord du TER peut être une véritable épreuve, engendrant stress et incompréhension.

    La mauvaise expérience de Théophile a interpellé Julianne, conductrice de train sur la ligne Marseille-Miramas et membre de T’Cap 21 qui faisait déjà le lien avec le « Train Inc Café » en organisant des opérations « citronnades » où les jeunes apportaient sur le quai de quoi désaltérer les personnels de la SNCF. Elle en discute avec sa collègue Orkia, contrôleuse. « Je me suis dit il faut qu’on fasse quelque chose, qu’on puisse intervenir et qu’on les rassure ces jeunes. Moi je suis contrôleuse, je ne suis pas méchante », explique cette dernière.

    Sensibiliser les agents

    de la SNCF

    La hiérarchie a suivi. L’idée vient de démystifier le contrôle en y faisant participer les jeunes sur une journée puis de les munir d’un cordon avec un badge spécifique de « super voyageurs » pour leurs déplacements. « Avec cette identification forte, cela leur permet d’être visibles et d’éviter le stress de chercher l’abonnement dans le sac », explique Andrine Bernard, directrice des lignes TER Ouest Provence, pour qui « ce projet a pointé du doigt le fait que nos salariés, dans le cadre de leur formation, doivent être sensibilisés à tous nos voyageurs et toutes les situations qu’ils peuvent rencontrer », reconnaissant que « jusqu’à présent, c’est vrai qu’on était focalisés sur la partie sûreté, gestes et postures, potentiellement avec des voyageurs sans titre de transport ou avec un tarif non adapté ».

    Pour Nora, trésorière de T’Cap 21 et maman de Kevin, 32 ans, un des quinze « supers voyageurs », l’autonomie de son fils est primordiale. « Depuis ces 15 ans, il prend le taxi seul. Mon mari est décédé, je travaillais, on n’avait pas le choix. Là il va au café deux jours par semaine puis, le reste du temps, dans un foyer parce qu’il n’aime pas rester seul. La solitude est un poids. Il se débrouille, il fait un trajet d’une heure et demie tous les matins, tous les soirs », raconte-t-elle. Kevin nous montre fièrement son abonnement avec lequel il va aussi voir sa copine dans Marseille. « Dans le train, je suis avec le casque, dans ma bulle et avec le badge, et puis aussi Julianne, je suis rassuré », confie-t-il.

    La SNCF imagine développer le projet sur d’autres lignes, avec le soutien de la Région dont le représentant, Jean-Pierre Serrus (Ren.) est venu « en observateur ». « On accompagne cette initiative. La Région prend là des idées opérationnelles sur ce qu’on peut faire de plus pour que notre service public s’adresse à tout le monde… En particulier. On va réfléchir comment on va essaimer », annonce l’élu.

    Pour Julianne et Orkia, il faut aller plus loin : « Ces jeunes sont ceux qu’on connaît, qu’on aime, on est fiers d’eux mais on pense aussi à toutes les autres personnes en situation de handicap visible ou non, et pas que. Il y a aussi des personnes qui manquent de repères et pour qui prendre le train est une épreuve. Pourquoi pas étendre cette sensibilisation à ces gens-là aussi… »