Tag: soutien

  • Des soutiens aux dockers face au RN

    Des soutiens aux dockers face au RN

    « Nous apportons notre soutien indéfectible aux camarades mobilisés contre la présence des représentants d’extrême droite sur les quais et dans notre bassin de vie. » Le maire de Port-de-Bouc Laurent Belsola (PCF) a ainsi manifesté son soutien mardi soir aux dockers CGT du Golfe de Fos ayant refusé la présence du député RN Emmanuel Fouquart à l’inauguration d’un hangar de l’entreprise Alteo, sur le port.

    L’édile fustige la « tentative d’inverser le cours de l’histoire » du député d’extrême droite « en taxant le PCF, le syndicat CGT et son secrétaire Christophe Claret, d’antidémocratiques ». « Nous savons très bien qu’au-delà d’être le bras armé du libéralisme et de servir l’intérêt des multimilliardaires, l’extrême droite n’a de cesse d’attiser le mépris de classe, la peur, la violence, le rejet de l’autre et, porte en elle, le fléau de l’abolition des libertés individuelles et collectives », assène l’élu communiste.

    La fédération nationale des ports et docks CGT a aussi apporté son soutien en rappelant que « notre histoire, nos fondamentaux, nos orientations sont et seront toujours viscéralement à l’opposé de ces fossoyeurs de notre modèle social qui servent l’intérêt des plus puissants, d’où la connivence avec le patronat comme aux heures les plus sombres de notre pays ».

    Un combat de classe

    La fédération CGT resitue ce conflit dans un combat de classe, car le RN « rêve de remplacer les ouvriers dockers par les marins avec l’autoassistance, le dumping social, de privatiser totalement les ports, de libéraliser et déréglementer notre secteur et remettre en cause nos conquis sociaux » selon la fédération syndicale.

    Outre le PCF, le NPA-L’anticapitaliste 13 a également apporté son soutien aux dockers qui « renouent avec les meilleures traditions de lutte et antifascistes du mouvement ouvrier », selon le parti.

  • Chaîne humaine sur la corniche en soutien à SOS Méditerranée

    Chaîne humaine sur la corniche en soutien à SOS Méditerranée

    Corniche Kennedy, samedi, 11 heures. Au pied de l’œuvre murale de l’artiste Mahn Kloix représentant une sauveteuse et au-delà du monument aux morts, une chaîne humaine se forme. Des centaines de personnes sont vêtues d’orange, couleur des gilets de sauvetage à bord mais aussi de l’Aquarius, le premier navire de SOS Méditerranée. Ce happening était organisé pour célébrer les dix ans d’opération de l’association de recherche et de sauvetage en mer, en cette journée internationale des réfugiés.

    « On ne peut pas laisser mourir les gens en mer »

    En une décennie, l’organisation a secouru plus de 43 000 rescapés, malgré les nombreuses entraves, politiques pour la plupart. Baya, donatrice, s’indigne : « Tous les États répressifs qui refusent d’accueillir les bateaux de SOS, la finalité c’est quoi ? De laisser mourir tous ces migrants dont on a pourri la terre ? », s’emporte-t-elle. « La planète n’appartient à personne ! », renchérit à ses côtés son amie Diana. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), depuis 2014, plus de 35 000 exilés ont péri dans les eaux méditerranéennes en tentant de rejoindre le continent européen.

    Sous les applaudissements, une flottille de 19 bateaux parade sur la mer. Sur l’un d’entre eux est accrochée une banderole : « 10 ans, toujours là ». Les bénévoles de l’association rythment l’événement. à leur signal, les participants dégainent des jumelles ou en forment en ramenant leurs mains à leurs yeux. Une image rappelant la fresque qui trône au-dessus de l’eau.

    Des enceintes diffusent au même moment des sons enregistrés à bord. Les participants sont ainsi immergés dans le quotidien des sauveteurs à bord de l’Ocean Viking. « SOS Méditerranée existe grâce à la mobilisation des citoyennes et des citoyens. En France, nous avons désormais plus de 1 000 bénévoles », se réjouit Anaïs, salariée de la structure, rappelant qu’une seule journée de navigation est estimée à plus de 24 000 euros.

    Cherchant un coin
    d’ombre, François, longtemps militant au sein d’Amnesty International tempête : « On ne peut pas laisser mourir les gens en mer, ce sont des choses élémentaires, quelles que soient les conditions politiques ! Et c’est, de toute façon, ce que dit le code de la marine : on porte toujours assistance à quelqu’un qui est en danger en mer », pousse-t-il. Le retraité regarde autour de lui et esquisse un sourire, « ça fait du bien de voir tout ce monde, surtout dans des moments où la vie politique est difficile. En venant j’étais un peu inquiet de ce que pouvait faire l’extrême droite mais dans un sens, c’est aussi ça qui m’a motivé à venir. » Selon les organisateurs, 730 personnes ont répondu présentes à ce rassemblement, sous le regard curieux des passants.

    « Ça fait 10 ans que SOS Méditerranée sauve des personnes en mer. On veut montrer qu’on n’est pas indifférents, que les citoyens se mobilisent », explique Vanessa, venue accompagnée ses fils, Isidor et Maxim. Et quand ce dernier, lycéen, est interrogé sur la mission de l’association, il répond du tac-au-tac : « Ils sauvent des vies. » Tout simplement.

  • Un anniversaire festif et revendicatif au Mucem

    Un anniversaire festif et revendicatif au Mucem

    Témoigner, sensibiliser, résister : la série d’événements prévus au Mucem ce samedi pour le dixième anniversaire des opérations de SOS Méditerranée répond à ces trois objectifs. C’est ainsi qu’une table ronde se tiendra à 15h au sein de l’auditorium du musée réunissant Sophie Beau, cofondatrice et directrice générale de SOS Méditerranée, Anne Kamel, médecin qui exerce à bord depuis le début des opérations en 2016, Moussa Camara, l’un des premiers rescapés secourus en 2016 (lire ci-dessus) et président de l’association Guinée à Marseille ainsi que François Gemenne, politologue belge spécialiste des migrations et membre du Giec.

    Puis, à 17h, le film Mothership, tourné en 2023 à bord de l’Ocean Viking, sera diffusé en présence de sa réalisatrice Muriel Cravatte. Ce documentaire met la lumière sur les équipages, les exilés secourus et plus particulièrement les femmes souvent invisibilisées lorsqu’il est question de migrations.

    Enfin, la journée se clôture par une soirée festive sur la place d’armes du Fort Saint-Jean, dès 19h. Un concert de soutien sera donné par de nombreux artistes venus des deux rives de la Méditerranée : le musicien Thomas de Pourquery, le chanteur occitan Sam Karpienia, le compositeur égyptien Tarek Abdallah et bien d’autres.

    La danseuse et chorégraphe Maryam Kaba proposera un warm-up AfroVibe aux côtés du collectif Twerkistan accompagné de DJ et performers pour finir la soirée par un set dansant de Matteo, membre cofondateur du groupe Chinese Man. En parallèle de cette soirée, l’équipe des Grandes Tables de la Friche la Belle de Mai inviteront à découvrir un repas inspiré par la cuisine d’urgence préparée à bord de l’Ocean Viking.

    * Les événements sont accessibles sur réservation sur sosmediterranee.fr

  • [Contre les violences faites aux mineurs] À Montpellier « La parole est dite. C’est à nous d’entendre les victimes »

    [Contre les violences faites aux mineurs] À Montpellier « La parole est dite. C’est à nous d’entendre les victimes »

    Des cris d’indignation que le président de la République a semblé vouloir éteindre. Le 10 juin, à l’issue du Conseil des ministres, Emmanuel Macron déclarait : « On ne répond pas à un drame par des cris. » Des mots perçus comme indécents par ceux qui ont fait le choix d’être présents ce lundi 15 juin devant le tribunal judiciaire de Montpellier. Des propos aussi perçus comme une forme de victimisation secondaire par ceux qui ont été et sont encore confrontés à des violences sexuelles.

    À cela, la présidente de l’association Les Tricoteuses Hystériques, relais local de l’appel national, répond : « Quand un système choisit de ne pas protéger, il construit les conditions de la récidive. Le cas de la famille Barella est la démonstration de ce que beaucoup dénoncent depuis des années. Selon la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année, soit plus de 400 par jour. Une victime sur cinq porte plainte, et parmi celles qui trouvent le courage de parler, la majorité ne trouvera jamais justice.» Tels sont les mots qui ont ouvert ce rassemblement.

    Ce soir-là, les statistiques ont pris des visages. Parmi la foule, une mère s’avance, les larmes aux yeux, pour témoigner de l’histoire de ses jumelles, aujourd’hui âgées de six ans. « À l’âge de trois ans, mes filles rentrent de chez leur père en me disant : papa me touche, papa me fait ça. Je suis allée porter plainte et celle-ci a été classée sans suite. Elles sont traumatisées. Il y a eu un signalement de l’école, une photo de fissure anale. Pourtant, le procureur a demandé il y a deux semaines un réquisitoire de non-lieu. Personne ne nous aide, personne ne croit mes enfants. » Dans la foule, des visages se ferment, des personnes crient, scandalisées. Beaucoup pleurent, aussi.

    Plus tard, c’est une jeune fille de seize ans qui prend la parole. « À quinze ans, je me suis fait violer en boîte de nuit. C’était la première fois que j’y allais. Deux mois après, je porte plainte. Et le policier me dit : “Mais mademoiselle, fallait pas être en boîte” » Un an plus tard, son agresseur n’a eu droit qu’à une garde à vue. « Honte à la police ! », s’exclame-t-elle devant la foule.

    Il y avait aussi cette femme, qui parlait de l’agression de sa fille de deux ans et qui remercie les policiers. Elle raconte avoir été bien accompagnée : « La police a été super et a fait une enquête, ma fille a été entendue, ainsi qu’une nounou qui estimait que je lisais trop de livres et que le père, le violeur, était tout à fait charmant. » Un mois après, une saisie en référé a abouti à une suspension du droit de visite et d’hébergement du père. Mais ce dernier a fait appel. « On est alors passé devant une juge plus âgée qui a commencé l’audience par : “Vous savez, madame, des études scientifiques montrent qu’on ne peut pas se fier à la mémoire d’un enfant de moins de six ans. Vous avez fait confiance à cet homme pour faire un enfant avec lui, pourquoi s’en méfier maintenant ? Madame, il va falloir vous entendre avec monsieur pour l’éducation de votre enfant. » Finalement, le jugement a estimé qu’il n’y avait pas de risque avéré et pas de raison d’empêcher le père de voir sa fille. « La police m’a aidée. La justice, non. »

    Manque de formation des professionnels

    Un manque de formation des officiers de police judiciaire (OPJ) et des magistrats que dénoncent plusieurs participants. Un déficit qui se retrouve à tous les niveaux, et que pointent aussi ceux qui travaillent au quotidien auprès des victimes. Mohamed Amine Ali, étudiant en formation d’éducateur spécialisé, témoigne : « Je suis amené à accompagner des jeunes qui ont certaines problématiques, dont la majorité ont subi des violences sexuelles ou de l’inceste. Mais du fait du tabou qui entoure le sujet, le problème n’est pas traité, car les professionnels ne sont pas formés. On parle souvent de libérer la parole des victimes, mais selon moi ce n’est pas là que se situe le problème. La parole est dite. C’est à nous, en tant que professionnels, d’être en capacité de l’entendre et de l’écouter. On a une grosse marge de progrès. » Une des nombreuses raisons pour lesquelles ces personnes étaient réunies ce lundi soir, et le seront les lundis suivants. Ce soir-là à Montpellier, on ne répondait pas à un drame par des cris. On répondait par des noms et des faits.

    En ce sens, une plateforme a été créée le 12 juin. « Classes-sans-suite.com » permet à toute personne de témoigner d’une plainte qui n’a pas été prise en compte ou déposée. En 81 heures : 80 500 connexions et 1 957 témoignages…

  • [Portrait] Chez Anacharsis, « un livre n’avance jamais seul »

    [Portrait] Chez Anacharsis, « un livre n’avance jamais seul »

    Pour saluer l’esprit d’aventure et la radicalité de ces éditions, on rappellera prioritairement qui serait le personnage d’Anacharsis : c’était un barbare de la mythologie grecque, un voyageur qui modifiait son regard pour mieux comprendre et rencontrer les autres. Les deux responsables de cette entreprise lui ressemblent, travaillent à partir de deux points d’ancrage différents. On évoquera principalement Frantz Olivié qui habite Marseille depuis 35 ans. Pour l’université d’Aix-Marseille, il livre les cours d’un Master de Lettres destinés à des étudiants en quête d’emploi dans le monde du livre et de l’édition.

    On dira sa solide entente depuis 25 ans avec le co-fondateur des éditions, Charles-Louis Laville, rencontré pendant ses études d’histoire à Toulouse. Toulouse est un creuset essentiel pour cet éditeur décentralisé : de nombreux auteurs et traducteurs d’Anarchies travaillent dans cette ville où fut créé voici 10 ans le Festival de L’histoire à venir, dont Charles-Louis Laville est l’un des protagonistes permanents.

    280 livres depuis 2002, date de la fondation des éditions. Certains sont copieux, entre 400 et 700 pages. Plus d’une dizaine d’entre eux sont des ouvrages novateurs qui ont remporté de vrais succès dans un segment étroit du marché du livre, l’histoire et l’anthropologie. Entre autres, deux ouvrages qui ont bousculé de nombreux préjugés à propos des Indiens d’Amérique du Nord : « Le Middle Ground » de Richard Wright, la traduction d’un essai qui serait, disent les spécialistes à propos de la Région des Grands lacs l’équivalent de la Méditerranée de Braudel ainsi que « Des ombres à l’aube » de Karl Jacoby sous-titré « Un massacre d’Apaches et la violence de l’histoire » qui fut le Grand Prix 2014 des Rendez-vous de l’histoire de Blois. À quoi s’ajoutent, loin des sciences sociales, une découverte, les improbables narrations, à la fois loufoques et révélantes d’un proche ami de Frantz Olivié autrefois rencontré dans une librairie de la rue des Trois Mages, Le Lièvre de Mars. Chez Anarchasis, l’auteur le mieux vendu – plus de 10 000 exemplaires pour Booming et Trois jours dans la vie de Paul Cézanne – est Mika Biermann, un écrivain allemand qui vit à Marseille depuis quatre décennies.

    Un catalogue sans concession

    Ce qui saute aux yeux, c’est la diversité et l’inégale vitesse de propagation de ce catalogue dont les qualités furent maintes fois saluées par des historiens comme Roger Chartier, Romain Bertrand et Patrick Boucheron, par des médiateurs comme Emmanuel Laurentin, Gilles Lapouge, Julie Clarini et Roger-Pol Droit, par Le Monde des Livres, Télérama et Libé. En dépit de résultats en dents de scie et de grandes difficultés financières, Anarchasis a développé une collection de livres de Poche intitulée « Griffe » où l’on trouve 40 titres, des essais, des traductions de Sagas ainsi que des incursions du côté du roman policier avec des auteurs laconiques comme Panagiotis Agapitos, Claudio Morandini, Mathieu Ghezzi et Nicolas Rouillé.

    Parmi les 280 ouvrages du catalogue, on repère des cohérences et des constantes du côté des lointains dans l’espace et le temps. Pas seulement en direction de la colonisation et des violences subies par les Indiens, ou bien du côté de Bysance et Venise qui furent les champs d’études des deux comparses d’Anarchasis, rapidement obligés d’entrevoir qu’ils étaient trop passionnés et trop exigeants pour faire carrière dans l’Université. Pour échapper aux impasses d’une historiographie européocentrée, ils ont déniché des traductions, des auteurs d’envergure comme Régis Boyer ou l’ethnologue Alban Bensa ainsi que des thématiques qui évoquent le Pacifique, l’Australie, la Nouvelle Calédonie ou bien l’histoire de la piraterie.

    Les coups de poker, l’audace pour ne pas dire l’imprudence d’Anarchasis ont engendré de fortes incertitudes du côté d’une trésorerie pour l’heure incapable de rembourser les aides fournies pendant la Covid : la parution en octobre 2024 d’un coffret de trois volumes richement illustrés, l’ouvrage de Jocelyne Dakhlia Harem et Sultans / Genre et despotisme au Maroc et ailleurs, XIV-XXe siècle, n’a pas rencontré plus de 500 lecteurs.

    Des tendances lourdes – la surproduction et le conformisme envahissent les librairies – un contexte remarquablement analysé dans « Edition », 120 pages, l’essai publié par Frantz Olivié chez Anamosa, peuvent effacer l’importance des éditeurs indépendants. L’heure est grave. Pour ne pas fermer boutique, Marseille et Toulouse lancent une campagne de soutien sous forme d’achats de livres. On choisit des titres d’Anacharsis, on verse une contribution sur le site Ulule : https://fr.ulule.com/editions-anacharsis/

  • Des droits des étrangers « chaque jour plus bafoués »

    Des droits des étrangers « chaque jour plus bafoués »

    Ce 10 juin, en fin de journée, un rassemblement s’est déroulé devant la préfecture de l’Hérault, à Montpellier, comme devant de nombreuses préfectures de France. Organisées à l’appel des collectifs BougeTaPréf, rassemblant de nombreuses organisations (La Cimade, Réseau universités sans frontières 34, réseau éducation sans frontières 34, Mrap, LDH…), ces actions simultanées visaient à défendre « les droits et la dignité des personnes étrangères, chaque jour un peu plus bafoués ».

    « Maltraitance institutionnelle »

    Depuis plusieurs années déjà – mais la situation s’est encore aggravée ces derniers mois – les difficultés d’accès aux services préfectoraux se multiplient : impossibilité d’obtenir un rendez-vous, absence de réponse de l’administration, retards massifs dans la délivrance ou le renouvellement des titres de séjour, blocages liés à la dématérialisation des démarches… « Ce qu’on dénonce, c’est la maltraitance institutionnelle », explique Thierry Lerch, Montpelliérain militant à la fois à La Cimade et à RESF.
    « Il y a un dysfonctionnement informatique permanent, au point que dans nos permanences on ne fait plus de juridique, on se concentre uniquement sur l’administratif. On essaye de faire en sorte que les personnes arrêtent de perdre leur travail parce que leur carte de séjour est périmée faute d’avoir réussi à la renouveler pour des questions purement administratives. C’est totalement inadmissible », s’indigne Thierry Lerch, qui dénonce « une fabrique de sans-papiers ». Plusieurs institutions ont d’ailleurs émis des signaux d’alerte : « La Défenseure des droits constate que les réclamations en droit des étrangers ne cessent de croître, le Conseil d’État, dans son arrêt du 5 mai, donne 6 mois à un an à l’État pour mettre fin à certaines carences de l’Anef (Administration numérique des étrangers en France) et les syndicats de magistrats et avocats dénoncent l’engorgement des tribunaux avec des procédures liées à des OQTF (obligation de quitter le territoire français) qui tombent sans arrêt », illustre le militant.

    Autre point noir unanimement dénoncé par les organisations mobilisées : les frais d’inscription différenciés à l’Université pour les étrangers. Dès la rentrée de septembre, les nouveaux étudiants internationaux hors Union européenne devront s’acquitter de 2 895 euros par année de licence et de 3 941 euros par année de master, soit 16 fois le tarif que ces étudiants payaient jusqu’ici. Une mesure jugée « antisociale et xénophobe ».

  • [Droits des étrangers] À Toulon, on réclame le simple respect du droit

    [Droits des étrangers] À Toulon, on réclame le simple respect du droit

    Le premier obstacle étant le passage obligé par la plateforme numérique, que le collectif appelle le mur numérique tant il est pour beaucoup difficilement franchissable. Avec au final pour beaucoup des délais légaux d’instruction qui ne sont absolument pas respectés. Ce qui engendre pour les personnes des droits sociaux brutalement coupés, la perte du contrat de travail ou de son inscription à France Travail. « Il y a 60 000 étrangers dans le Var qui sont ou vont être confrontés à un moment ou un autre de leur parcours à ce type de sanction », dénonce Olivier Duluc, écrivain public dans l’accès aux droits. « Je reçois tous les jours des gens qui à cause de cela ne peuvent pas renouveler leur contrat de travail, dans le meilleur des cas », ajoute Jean-Pierre Kaspereck (CGT). Et de poursuivre : « Dans le pire des cas, ils sont exploités honteusement parce qu’ils n’ont pas de papiers. Parfois même sans être payés. »

    Autour de la table chacun y va de son témoignage, tous plus invraisemblables et choquant les uns que les autres.

    Thomas Boudier (AIDES), raconte l’histoire de cette femme, dominicaine, âgée de 65 ans qui est séropositive au VIH, en demande de titre de séjour. « Elle vient de le recevoir après avoir attendu dix mois. Mais comme il est d’un an seulement : il expire dans deux mois à peine. Et comme on ne guérit pas du VIH, elle va devoir le renouveler perpétuellement. » Ou encore le parcours de cette jeune artiste lesbienne camerounaise, qui faisait de la musique sur sa sexualité. À la fois donc « un peu réfugiée politique » et séropositive au VIH, elle adresse en parallèle une deuxième demande au titre d’étranger malade.

    Résultat, son dossier est bloqué, sous prétexte qu’il ne serait pas possible de faire deux demandes à la fois. Une affirmation qui vient d’être démentie le 5 mai par le Conseil d’État. « Ce qu’on réclame c’est juste l’application de la loi, c’est un minimum », conclut Guy Cochennec du Collectif Migrants. Ce n’est pas le représentant de l’État dans le Var qui pourra sur ce point le contredire.

  • [Droits des étrangers] à Marseille, face à un « mur administratif »

    [Droits des étrangers] à Marseille, face à un « mur administratif »

    « Je suis en attente de mon nouveau titre de séjour depuis trois ans. Depuis je ne peux pas signer de contrat, je ne peux pas avoir le RSA, ni la CAF, je fais de la cuisine sur des événements, je danse, je vends ce que je peux… », explique Wanru Yang, photographe chinoise de 37 ans qui vit en France depuis 14 ans, l’âge de sa fille… française. Elle brandit un panneau dans le rassemblement place Félix Baret où d’autres, également privés de leurs droits, témoigneront au micro de cette dégringolade dans la précarité.

    Quand les renouvellements de titre de séjour prennent un retard dépassant jusqu’à plusieurs années les délais légaux, les conséquences sont dramatiques : perte de droits sociaux, de contrat de travail, de logement, d’inscription à l’université…« Les files d’attente des préfectures ont disparu des trottoirs, mais elles se sont amplifiées en version numérique, soulignait Nicole Malfait de la Cimade. La dématérialisation n’a fait qu’éloigner ces personnes, qui travaillent ici, élèvent leurs enfants ici, des droits. » Devant la préfecture, le collectif BougeTaPréf invitait à démonter « le mur numérique » symbolisé par des cartons où se multiplient les cas.

    Fabrique de sans-papiers

    « Le tribunal est submergé de contentieux évitables, dus aux carences de la préfecture », déplore le Syndicat des avocats de France (SAF), qui accuse : « La fabrique des sans-papiers s’emballe. » Et les obligations à quitter le territoire français (OQTF) tombent plus vite que la délivrance des papiers. Le collectif rappelle ses revendications : « La garantie d’un accès et d’un accueil digne à la préfecture, de la continuité des droits, le respect des délais légaux. » Et « la fin des sanctions des personnes étrangères qui subissent ces dysfonctionnements ». Saïd Mmadi-Mandjée, machiniste dans le nettoyage et père de famille qui s’est retrouvé sans emploi depuis deux ans qu’il attend son titre précise : « Ce n’est pas un privilège, mais un droit. »

    Depuis 2020, avec une accélération en 2026, les associations d’aide aux droits pour les étrangers, les travailleurs sociaux, les avocats dénoncent « un niveau jamais atteint auparavant » des dysfonctionnements administratifs des préfectures. Fixés légalement à 55 jours, la moyenne des délais d’instruction pour le renouvellement des titres de séjour est passé de 60 jours en 2022 à 76 jours en 2024. Dans un tiers des préfectures, elle déborde aujourd’hui à 120 jours. Liés à la dématérialisation des services, ces retards font basculer des milliers de personnes dans la précarité, faute d’accéder à leurs droits. Et les tribunaux se retrouvent submergés. En dépit de promesse de « renforcer » leurs services en février, rien n’a bougé dans les files d’attente numériques des préfectures de France. Le collectif exige la fin des sanctions des étrangers dues à ces déraillages.

  • Les soutiens à Cuba refusent de baisser les bras

    Les soutiens à Cuba refusent de baisser les bras

    Ils sont une soixantaine, drapeaux et pancartes dans les mains, à afficher leur soutien à Cuba. « On est là pour revendiquer la liberté des peuples à vivre dignement. La situation actuelle, c’est un non-respect de l’humain », témoigne Josette Biancheri, secrétaire générale adjointe à l’Union syndicale des retraités (USR) CGT 13.

    Devant la préfecture des Bouches-du-Rhône, les voix dénoncent « l’impérialisme de Donald Trump ». Sabrina Manca, secrétaire de l’Union départementale CGT 13, s’indigne : « Certes il n’utilise pas les bombes, mais il sème la misère, la famine et met le peuple à l’agonie. » Un avis partagé par Nicole Giraudi, présidente de France Cuba Marseille 13 : « Depuis janvier et les nouvelles mesures, il n’y a pas d’énergie, plus de transports. C’est un désastre réel. »

    Garder espoir

    Malgré la situation, les militants ne se découragent pas, et voient d’un bon œil la discussion qui se tiendra jeudi 11 juin à l’Assemblée nationale. « Au moins, ce sera mis dans le débat. Ça informe les gens, donc ça permet de faire pression », espère Robert, participant au rassemblement. Micro à la main, Nicole Giraudi accable le gouvernement : « On a écrit à Monsieur Macron, qui a toujours fait la sourde oreille. On continuera. C’est crucial d’être debout avec les Cubains. »

    Et les organisations insistent avant tout sur la solidarité. « Nous allons interpeller les compagnies maritimes pour débloquer l’envoi de conteneurs et de matériel à Cuba », promet Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Port de Marseille. Et Nicole Giraudi de conclure : « Trump dit que le fruit sera mûr et tombera. Et bien le fruit continue de résister, malgré tous les aléas. »

    Rassemblement mercredi à Toulon

    À la veille du débat sur la résolution portée par le PCF à l’Assemblée nationale jeudi, la Fédération du PCF du Var appelle au rassemblement mercredi, à 17h30, place du Murier à Toulon. « Il est temps que la France se fasse entendre pour exiger la fin du blocus, la levée des sanctions (…) et apporte de l’aide humanitaire », lancent les communistes varois.

    Ad.B.