Tag: soutien

  • Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Le plus grand port militaire d’Europe s’apprête à souffler les 400 bougies de la Marine. Depuis la décision du cardinal Richelieu de doter la France d’une véritable puissance navale jusqu’à la construction programmée du nouveau porte-avions nucléaire de nouvelle génération Le France libre, son histoire étant indissociable de celle de Toulon.

    Quatre siècles plus tard, la Marine nationale est toujours là. Elle a changé de navires, de technologies, de missions mais continuer d’influer sur le devenir de la ville et sa prospérité. La base navale du Port du Levant restant le premier employeur du département avec plus de 20 000 personnels civils et militaires, ce qui représente un habitant sur cinq de l’agglomération toulonnaise.

    L’arsenal de Toulon marque également l’histoire sociale de la ville avec de grandes luttes menées par les ouvriers de la sorbe pour la conquête de leurs droits et contre les guerres coloniales. Notre titre a d’ailleurs longtemps été interdit de franchir la porte de cette enceinte protégée, les syndicalistes le glissant en cachette sous leur veste pour faire prospérer les idées d’émancipation.

    Les rues mêmes de la ville conservent l’empreinte des soirées endiablées des marins en goguette le temps d’une escale très alcoolisée. Du petit Chicago, comme il était appelé, avec ses néons criards et ses entraîneuses auprès de qui beaucoup venaient chercher de la compagnie et lever le coude. Et même s’il ne reste plus grand-chose de ces bars de nuit malfamés depuis la rénovation du centre-ville, un hôtel a conservé le nom de la cité américaine et la mémoire s’est perpétuée au travers des anecdotes des anciens. Tout comme le dicton populaire qui prétendait que toucher le pompon des appelés portait bonheur aux filles les plus téméraires.

    Une mémoire vive

    Tout cela est bien derrière nous. Depuis le ministère de la Défense a hélas fait place à celui des Armées et les missions des personnels ont changé, plus centrées sur la construction d’armements que sur l’entretien de la flotte.

    Cette date anniversaire mérite donc qu’on se tourne vers l’épopée de cette institution dans la ville préfecture. Une omniprésence vécue par moments comme un peu étouffante, notamment par rapport aux accès à la mer qu’elle interdit sur une longue bande littorale. Même si une partie aujourd’hui a été restituée aux Toulonnais, de la Tour Royale à la Mitre. Une fête donc qu’on ne peut ignorer ne serait-ce que pour occuper le terrain et ne pas laisser le récit accaparé par la communication de la Royale et la militarisation des esprits.

    Ouvert à tous, cet événement a vocation de mettre en lumière la Marine pour en faire découvrir les missions et les équipages, tout en rassemblant le public dans une ambiance conviviale, explique-t-on. Ce samedi après-midi sur la place de la Liberté, les visiteurs pourront pour cela participer à des ateliers pédagogiques, rencontrer les marins et découvrir des expositions de maquettes.

    Et après la cérémonie militaire à 18h, la musique sera également au rendez-vous, avec à un concert de jazz, avant qu’un DJ prenne le relais de 20h à 22h.

    « Ces célébrations rappellent une réalité essentielle : si la Marine agit chaque jour sur toutes les mers et tous les océans du globe, son efficacité et sa capacité d’action reposent sur l’engagement et le soutien de l’ensemble de la Nation », en profite pour glisser le ministère.

    L’occasion de rappeler aussi, avec la CGT, qui dressera le 18 septembre sur la place d’Armes son Village de la paix, que pendant que des militaires défilent dans les classes et que des forums sont organisés pour vanter les métiers de la défense aux lycéens, les budgets de l’école fondent. « La jeunesse mérite une école qui apprend à penser, pas à obéir », réaffirme la CGT.

  • Yannick Ohanessian porte-parole d’Olivier Faure

    Yannick Ohanessian porte-parole d’Olivier Faure

    « J’ai toujours été fidèle à ce qu’il portait dans le parti, explique-t-il. Étant déjà porte-parole du Parti socialiste pour porter la ligne majoritaire d’union de la gauche, il était naturel pour lui que je fasse partie des porte-parole de la primaire pour les six semaines à venir. » En particulier, l’adjoint marseillais viendra porter les sujets de protection, « à la fois sur les enjeux de sécurité civile, mais aussi sur les aspects de la santé, de l’alimentation, de l’habitabilité… » S’il était partisan d’un coût de participation plus bas que les 15 euros demandés, « nous sommes les seuls à porter l’idée d’une primaire », souligne-t-il, alors que Place publique et la Gauche républicaine et sociale (GRS) s’y joignent. Si Olivier Faure l’emporte, « il y a de fortes chances » que Yannick Ohanessian joue un rôle dans sa campagne, glisse-t-il.

  • [Souscription de rentrée] « La Marseillaise » a besoin de vous

    [Souscription de rentrée] « La Marseillaise » a besoin de vous

    Six ans après la reprise de notre journal que la crise Covid avait conduit à la liquidation, « La Marseillaise » s’est surpassée.

    Plus de contenus, plus de lecteurs, plus d’événements, 7 départements dans sa zone de diffusion, une appli mobile, un siège historique rénové…

    Vous êtes nombreuses et nombreux à nous dire votre satisfaction et vos encouragements devant les progrès accomplis.

    En cette rentrée, « La Marseillaise » a plus que jamais besoin de vous pour atteindre ses objectifs et aborder de manière offensive 2027, année essentielle pour l’avenir de notre pays.

    D’importantes tensions de trésorerie, notamment liées à nos activités événementielles, nécessitent un soutien immédiat pour que nous puissions continuer à aller de l’avant

    « La Marseillaise » est à vous, elle compte sur vous !

    Les dons à La Marseillaise sont défiscalisés à hauteur de 66%, vous pouvez les réaliser en ligne ou en adressant un chèque libellé à l’ordre de « Presse et pluralisme – La Marseillaise » à La Marseillaise 15, cours d’Estienne d’Orves 13001 Marseille.

    Pour faire un don en ligne, c’est par ici

  • L’eurodéputé Renaissance Grégory Allione soutient Édouard Philippe

    L’eurodéputé Renaissance Grégory Allione soutient Édouard Philippe

    « Je suis convaincu que la France a besoin d’un leader d’expérience et d’une majorité de gouvernement capable de guider notre pays sur le chemin d’une France forte, souveraine, protectrice et confiante en son avenir », justifie celui qui affirme se reconnaître dans « une ligne de droite républicaine, sociale, exigeante et profondément attachée à l’autorité de l’État » et qui avait rejoint en 2025 le mouvement Populaires fondé par Gérald Darmanin, lequel s’est rallié le 17 août au maire du Havre. Et de former le vœu que ses idées « soient présentes au second tour de l’élection présidentielle et qu’elles puissent l’emporter ».

  • Aurore Bergé en soutien implicite à Anaïs Hausmann

    Aurore Bergé en soutien implicite à Anaïs Hausmann

    Au lendemain, de la venue à Gordes de Gérard Larcher, président du Sénat en soutien de la liste de Jean-Baptiste Blanc (LR), un autre déplacement de poids était à Avignon ce vendredi midi. Aurore Bergé, ministre déléguée à l’égalité femmes-hommes et la lutte contre les discriminations, était la toute première invitée de Femmes de territoire. Un cercle de réseau féminin, co-présidée par Anaïs Hausmann, adjointe et compagne du maire Olivier Galzi (DVD), avec Emmanuelle Sokolowski, élue en charge de l’entrepreneuriat, de l’égalité et à la lutte contre les discriminations. Pour l’heure, les premières venues traduisent un entre-soi galziste avec donc sa compagne, plusieurs élues de sa majorité, sa fille ou encore la compagne de son directeur de cabinet.

    Mais vendredi, une quarantaine d’invitées étaient présentes, à l’instar de Carole Normani, ex-élue à Orange ou Anne Benedetti, nouvelle présidente de la chambre de commerce et d’industrie 84. Aurore Bergé a longtemps évoqué son parcours de femme politique puis répondu à quelques questions. « Pendant longtemps, ces lieux de cooptation ont été masculins, que ce soit dans le monde politique et économique, les femmes doivent s’autoriser d’avoir un espace de réseau », défend la ministre, fière de « marrainer » Femmes de territoire.

    À un mois des sénatoriales, le calendrier interroge. Questionnée et relancée à plusieurs reprises, Aurore Bergé se garde bien d’assurer et d’assumer un franc soutien à Anaïs Hausmann. « Elle n’en a pas besoin, ce n’est pas à moi de la coopter, les élus locaux détestent qu’on leur donne des consignes de vote », répond la ministre avant toutefois de louer « le renouvellement qu’elle inspire » et le « besoin de plusieurs voix qui puissent exister ». Seul coup de canif porté, une « mise en garde » adressé au vote RN qui amènerait « un parlementaire isolé au Sénat et sur le territoire ».

    « Sa venue n’a pas de lien avec la campagne », martèle Anaïs Hausmann, qui refusera toute question sur le sujet. Pourtant Aurore Bergé a évoqué le renouveau en politique qui ferait résonance avec le Bon sens des territoires. « Je veux scinder les deux univers », n’en démord pas la candidate, dont la liste serait quasi finalisée. Le dépôt des candidatures se fera entre le 7 et 11 septembre.

  • À Marseille soutien unanime à Aurore, factrice menacée de licenciement

    À Marseille soutien unanime à Aurore, factrice menacée de licenciement

    « On convoque une victime de harcèlement pour la traduire devant une commission disciplinaire ! » Devant le Village La Poste, siège marseillais de l’entreprise postale, Karim Bouzana, délégué syndical de la CGT, hausse le ton ce mercredi matin. Micro à la main et sono derrière lui, le syndicaliste entend envoyer un message à sa direction : « On n’acceptera pas l’inacceptable, on ne laissera pas faire ! » S’il est aussi remonté, c’est parce qu’une factrice du 7e arrondissement de Marseille, Aurore, est convoquée pour une commission consultative paritaire, une instance disciplinaire pouvant déboucher sur une sanction allant jusqu’au licenciement. Aux côtés de Karim Bouzana et devant une ligne de drapeaux rouges portés par les soutiens présents, elle a les larmes aux yeux.

    La Poste ne commente pas

    Et pour cause : si cette dernière est visée par cette procédure, elle est aussi à l’origine d’une dénonciation « de comportements sexistes et sexuels » sur fond de harcèlement de la part d’un de ses cadres (lire notre article du 26/08). Une dénonciation liée à cette menace de sanctions à son encontre. « Ceux qui ont monté le dossier contre sont les supposés harceleurs. L’agent est victime de violences sexistes et sexuelles, c’est le terme approprié. Les faits sont graves et avérés, on a plusieurs témoignages », assure Karim Bouzana. Autour de lui, les plusieurs dizaines de militants CGT venus en soutien opinent du chef et dénoncent logiquement cette situation pour le moins lunaire. Les cadres en question auraient été mutés suite à une enquête interne de l’entreprise mais la procédure à l’encontre d’Aurore persiste. « La Poste reconnaît les faits dans son protocole de harcèlement, constate qu’il y a une atteinte à la dignité des personnes et une répétition des faits. Mais malgré tout ça, La Poste ne veut pas reconnaître le statut de victime, elle ne prend aucune mesure ! », développe le syndicaliste. Contactée à plusieurs reprises, La Poste « ne souhaite pas s’exprimer » sur ce dossier qui en dit pourtant long sur sa politique interne. « Il y a le goût du harcèlement, son odeur, l’image aussi mais pour la direction, ce n’est pas du harcèlement », dénonce Karim Bouzana.

  • Haribo : les communistes du 14e remettent un chèque de soutien aux grévistes

    Haribo : les communistes du 14e remettent un chèque de soutien aux grévistes

    « On est venu leur redire qu’on se tenait à leur disposition selon leurs besoins et que nous sommes attachés à la préservation de ce site historique de notre secteur », relate Marion Honde, secrétaire de la section. Les militants ont ainsi remis un chèque de 300 euros à la CGT de l’usine. Pour rappel, les salariés d’Haribo ont réalisé plus de 7 semaines de grève cet été pour une augmentation de salaire. « Nous sommes passés à de nombreuses reprises sur le piquet de grève, nous avons écrit une lettre à la direction d’Haribo, et nous les soutenons toujours », martèle Marion Honde.

  • Colère citoyenne pour sauver 37 arbres du Parc Bonneveine à Marseille

    Colère citoyenne pour sauver 37 arbres du Parc Bonneveine à Marseille

    Plusieurs dizaines de riverains, de membres d’associations dont Extinction Rebellion et des militants LFI, dont Victoire Diethelm et Imran Trocmé, conseiller d’arrondissement dans le 4/5, se sont opposés, lundi matin, à l’abattage de 37 nouveaux arbres du parc public de Bonneveine. La coalition citoyenne Comm’un Possible Marseille s’interroge sur ce marché public de réhabilitation à 2,5 millions d’euros, sans attributaire connu.

    La Ville avait annoncé vendredi l’opération en brandissant une expertise de mars dernier d’ONF Vegetis. « Au total, 37 arbres présentent un niveau de risque élevé de chute, susceptible de porter atteinte à la sécurité des usagers et des riverains », écrit la Ville qui s’engage à planter « 210 nouveaux arbres tiges, d’une hauteur de 3 à 4 mètres ».

    L’annonce a été vécue comme une trahison par le collectif de riverains après déjà 14 arbres abattus. « Lors de la réunion du 10 août en mairie centrale, le directeur général adjoint et l’adjointe en charge des espaces verts, Mme Prigent, s’étaient engagés à nous transmettre la totalité des tests de l’ONF, la liste et l’emplacement des arbres à abattre et de nous laisser 15 jours avant de faire un point avec eux et de prendre la décision finale », dénonce Alain Sennetz, président du collectif.

    « On a attendu

    la fin de la nidification »

    Soutien de leur lutte, Richard Hardouin, le président de la FNE 13, dénonce « incompétence, défaut de transparence et parjure » de la ville. Lundi, face à la mobilisation citoyenne, c’est une policière municipale puis un haut fonctionnaire de la ville qui se sont collés à la tâche, aucun élu de la municipalité n’étant venu défendre la décision. « Il n’y a pas d’arrêté municipal pour l’abattage, tout simplement parce qu’il y a danger imminent », relaye la policière. « On a des expertises qui démontrent la dangerosité de ces arbres. On a attendu la fin de la nidification pour ne pas porter atteinte à des espèces protégées », complète Marc Foveau, patron de la Direction de la Ville du Quotidien.

    « On ne peut pas admettre d’être pris pour des idiots parce qu’ils cherchent à s’en tirer en disant que la fragilité structurelle vient des conditions de plantation initiales du parc en 1976 ! C’est une manœuvre », proteste Jérôme Nardi du collectif. Le rapport de l’ONF consulté par La Marseillaise énonce dit que le retrait d’enrobé et de pavage en septembre 2025 « a induit une désolidarisation du sol, aggravant une structure déjà peu cohésive. Impact immédiat : modification brutale des conditions racinaires entraînant une instabilité mécanique ». À 17h15, le prestataire lançait ses tronçonneuses. Tout a été décapité malgré des heurts entre des opposants et la police venue en nombre.

  • Didier, retraité et irréductible soutien des grévistes Haribo

    Didier, retraité et irréductible soutien des grévistes Haribo

    « Avec tous les ronds qu’ils prennent, ils peuvent cracher un peu de monnaie ». Jeudi dernier, sur le piquet de grève des salariés d’Haribo, Didier Michel harangue ses anciens collègues au mégaphone.

    S’il est retraité de l’usine d’Haribo à Marseille, Didier est connu comme le loup blanc par les actuels salariés et grévistes du site. Et pour cause : il est présent plus que régulièrement sur leur piquet de grève et a une histoire singulière avec l’usine marseillaise. Avec ses 42 ans d’ancienneté au compteur, Haribo est un peu sa deuxième maison. Il a d’ailleurs eu moult casquettes syndicales puisque délégué syndical de 1996 jusqu’à son départ en janvier 2024. Il a également été élu au comité d’entreprise (instance représentative du personnel devenue le comité social et économique, CSE), mais aussi au CHSCT, puis délégué du personnel ou encore représentant syndical… « J’ai occupé pas mal de postes au syndicat et les dernières années j’étais délégué syndical central pour l’ensemble d’Haribo France », relate-t-il.

    En clair, il a été à la pointe du combat pour les droits des travailleurs du bonbon pendant de nombreuses années. D’où sa présence régulière sur le piquet de grève de ceux qui ont repris le flambeau. « À mon époque, la direction faisait des propositions plus raisonnables et les gens étaient, de fait, moins enclins à partir au conflit », raconte Didier. Avant de développer l’analyse : « On sait que la société n’est pas en faillite : le chiffre d’affaires n’arrête pas de monter. J’ai connu Haribo à 100 millions de chiffre d’affaires par an. Puis c’est passé à 200, 300… Et maintenant 370 millions ! Et les bénéfices, ça monte aussi ».

    « Ils ont du mérite »

    Son expérience lui permet de rappeler à tous, qu’à une époque, le dialogue social était un peu moins complexe. Rappelons que, pour l’heure, la direction renvoie de potentielles négociations au 28 septembre prochain. Et ce, après déjà plusieurs semaines de grève. « Que la direction propose un montant bas au début, que les syndicats demandent haut, c’est normal c’est le jeu des négociations… Mais là, avec l’inflation qu’il y a, l’essence qui flambe… Si on ne te donne que 18 euros d’augmentation, faut comprendre que les gens n’ont pas envie d’être pris pour des débiles ! », tempête-t-il avec vigueur. Il porte un regard bienveillant sur la lutte de ses anciens collègues : « Ils ont du mérite d’être aussi motivés. Durer autant de temps, ce n’est pas simple ». Celui qui travaillait « à la réglisse » avant son départ à la retraite en janvier 2024 note que le mouvement actuel est « historique ». « En 83, j’avais connu un gros mouvement de grève, de plusieurs semaines. Depuis, ils ne duraient que quelques jours », explique-t-il. La réglisse est d’ailleurs une des productions majeures du site marseillais : « J’ai passé une partie de ma carrière à la réglisse souple, avant j’étais à la réglisse fourrée. La souple, c’est les bouts de torsades et les mètres à rouler. J’étais en bout de ligne de production, j’emballais et je conditionnais la réglisse, dans les boîtes et cartons ».

    Son arrivée à Haribo raconte d’ailleurs une autre réalité du monde du travail, celle des années 80 : « Je sortais de l’école, je cherchais du boulot un peu n’importe où… La boîte d’intérim m’a envoyé ici et je ne suis jamais reparti. Je suis arrivé au mois de février et en juillet j’étais embauché ». Un temps où la politique économique était assurément moins libérale : « À l’époque, il y avait beaucoup d’intérimaires, mais c’étaient les premiers mois de Mitterrand et il y avait eu une loi pour limiter les abus du recours à l’intérim… Alors tous les intérimaires de l’atelier où je travaillais ont été embauchés, c’était 60 embauches quand même ». Avant de résumer : « J’étais au bon endroit au bon moment ! »

  • [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    [Entretien] « La culture à Toulon on va la faire tous ensemble »

    Dans sa mission d’amener la culture au plus près des habitants dans tous les quartiers de la ville, l’élue Stéphanie Slimani, dramaturge, metteuse en scène, marionnettiste, auteure et professeure de théâtre, peut s’appuyer sur son expérience et son goût pour la solidarité et le partage.

    La Marseillaise : Quelle est l’ambition de la municipalité à travers ce projet ?

    Stéphanie Slimani : La revitalisation des quartiers, par la culture notamment, et le soutien aux artistes du territoire. Ce projet-là va permettre quasiment de lier ces deux ambitions.

    L’idée c’est de faire venir des artistes dans les quartiers et de faire de la culture pas seulement pour les habitants, mais surtout avec eux. De leur permettre de redécouvrir parfois des histoires de gens qui vivent là et dont ils ne connaissaient pas le parcours de vie, l’architecture de leur quartier, de revisiter des espaces, la mémoire des lieux… Tout cela en faisant participer aussi le milieu associatif, les écoles, les médiathèques et les commerçants, afin que tout le monde se sente concerné. C’est une manière de faire de la culture avec les gens qu’on souhaite développer à travers ma délégation qui est nouvelle.

    L’objectif est de renforcer
    la cohésion sociale
     ?

    St.S. : Évidemment, de toute façon la culture fait société. C’est donc pour faire société, pour se rencontrer, pour partager. Certains n’aiment pas dire socioculturel, mais pour moi ces deux termes sont intriqués : la culture c’est social ! Donc bien sûr que l’ambition c’est de créer du lien, du plaisir et de la joie dans le quartier. De faire que les habitants soient fiers aussi de raconter ce qui s’y fait. De pouvoir dire : « Moi, j’ai fait du théâtre, j’ai pu participer à un spectacle de danse, on a fait de la peinture… » Ça permet aussi de faire changer le regard extérieur porté sur le quartier, en mettant juste en valeur ce qui existe déjà. Parce que je le répète, dans les quartiers il y a déjà de la culture, il y a déjà des gens formidables. Mais on peut aussi s’y sentir parfois délaissé, c’est légitime.

    C’est une manière aussi
    de rétablir un peu d’égalité des chances dans
    les quartiers populaires…

    St.S. : Absolument, tous ces mots ont énormément de sens pour moi. Parce que malgré tous les efforts développés pour rendre la culture accessible à tous, il reste encore une barrière qui fait que selon d’où on vient on s’interdit d’y aller, on se dit que ce n’est pas pour soi, qu’on ne va pas comprendre, que peut-être même c’est un peu trop bizarre parfois. C’est pour ça qu’il faut absolument créer des passerelles plutôt que des forteresses. Moi j’aime le mot populaire, je trouve ça noble, la culture populaire, le théâtre populaire, le spectacle populaire. Ça veut dire que cela nous concerne tous, que personne doit s’en sentir exclu. Je défends et revendique donc de faire une culture populaire. Ce n’est pas quelque chose de moins bien, ou de plus facile, simplement je crée des liens pour que chacun se rende compte qu’elle lui appartient aussi.

    J’ai beaucoup travaillé dans les quartiers et en milieu rural sur des projets participatifs, donc je sais que c’est vertueux, je sais que ça fonctionne. Mais il faut avoir en même temps beaucoup d’humilité, et ne pas partir avec l’idée qu’on va tout révolutionner, qu’on va tout changer, et ce n’est pas le but. Il faut venir rencontrer tranquillement ses habitants, les écouter, et puis après commencer à développer des projets participatifs avec eux. Il faut aller doucement. C’est pour ça que le projet du Pont du Las, s’étale sur deux années, qui se renouvelleront après. Il faut du temps.

    Quelle va être la chronologie ?

    St.S. : On lance un appel à projets au mois d’octobre ouvert à tous les artistes professionnels, et le jury se décidera au début d’année 2027. L’ouverture, elle, est prévue au printemps. Le collectif d’artistes viendra s’installer dans un local, avec un budget et un cahier des charges très précis de projets participatifs, d’ateliers et pratiques artistiques gratuits.

    Et avant cela, en fin d’année 2026, on va mettre en place cinq projets, avec notamment de la danse au Pont du Las, où une chorégraphe va travailler dans l’espace public avec une association de femmes, et à Pontcarral, c’est autour de la récolte de la mémoire et du son qu’une compagnie de théâtre va mettre la population à contribution.

    Des actions qui donnent
    de l’espoir, en tout cas…

    St.S. : Toulon est une ville qui a souffert à travers plusieurs époques, qui a su s’épanouir. Où il y a une forme de résilience. Les gens savent vivre ensemble. On a beau essayer de nous désunir, de nous diviser, ça ne marche pas. Et les Toulonnais l’ont montré aussi au mois de mars. Le centre-ville a été réhabilité, c’est magnifique. On a envie d’y aller. Et quand on reçoit des gens, on a envie de le leur faire visiter. Eh bien, on va faire la même chose dans les quartiers.

    On a entendu les habitants des quartiers, on sait qu’il y a du travail, on va le faire. Et la culture à Toulon on va la faire tous ensemble.