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  • Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    La manifestation du 18 septembre a réuni plus de 6000 personnes à Toulon. Un mouvement suivi au sein de certains établissements scolaires, comme au Lycée Dumont d’Urville, devant lequel élèves et enseignants se sont retrouvés tôt le matin, « afin d’exiger un autre avenir pour la jeunesse, d’affirmer leur opposition aux idées d’extrême droite et d’appeler à une rupture avec les politiques économiques, sociales et environnementales menées jusqu’ici », souligne l’intersyndicale FNEC-FP-FO – FSU – SUD éducation – CGT Educ’action dans une lettre ouverte.

    Un mouvement achevé en fin de matinée et qui s’est « très bien passé », jusqu’à ce qu’une « étudiante qui préparait sa pancarte [pour la manifestation de l’après-midi] a été interpellée par les forces de l’ordre (en civil et sans brassard) de manière violente, sans explication. […] Refusant cette interpellation arbitraire, elle est traînée au sol et menottée, ainsi que sa camarade qui voulait la protéger, sans savoir qu’il s’agissait des forces de l’ordre », s’indignent les syndicats.

    La première avait été placée en garde à vue pour violences et outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique, la seconde pour rébellion. Convoquées début octobre devant le délégué du procureur pour des stages de citoyenneté, ainsi qu’une composition pénale et une obligation d’indemniser un policier pour la première des deux, elles ont reçu le soutien des syndicats qui disent « partager l’indignation face à ces mesures de répression brutale contre des jeunes qui exercent leur liberté d’expression et d’opinion », rappelant « les conditions d’études dégradées » auxquelles sont sujets les élèves du secondaire et du supérieur, dont « plus de 100 000 étaient sans affectation après la première phase d’admission Parcoursup. » Ils fustigent « la volonté de criminaliser les revendications » et exigent « l’abandon de toute répression administrative, judiciaire et d’État ».

    Note

  • Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    Musée de la Navale : quand la mémoire ouvrière dérange

    « Depuis 36 ans, après avoir défendu les chantiers, puis ces travailleurs, puis sa mémoire, nous avons eu une seule promesse de musée en 2005, qui n’a jamais été tenue », rappelle pour commencer Lucien Conac, le président de l’Association pour le maintien des intérêts des anciens de la Navale à La Seyne (Amians). Un long combat au cours duquel ses bénévoles n’ont cessé d’être force de proposition. Comme en 2021, où l’Amians présente un projet de 300 mètres carrés dans le vaste espace libre de plus de 10 000 m² derrière le casino Joa. En dehors des moyens de la Ville, lui répond-on alors.

    « Sentant l’oubli venir nous avons voulu faire réagir et proposer en 2024 quelque chose d’incontestablement possible puisque déjà décidé par la municipalité en 2005 », reprend le responsable associatif. En l’espèce, la création d’un espace muséal ouvert à tous dans le local que l’association occupe actuellement au 2e étage de la porte principale des Chantiers, un des seuls vestiges témoins de cette histoire ouvrière encore debout.

    Rien de pharaonique. Puisqu’il s’agit d’abattre quelques cloisons pour dégager une salle d’exposition permanente de 70 m².

    L’ancienne maire LR Nathalie Bicais « laisse croire qu’elle accepte »… Mais rien n’est fait. Et celui qui tient les rênes de la ville depuis qu’elle a été empêchée, Jo Minniti (DVD), semble poursuivre cette longue période de procrastination.

    « Il nous a reçus le 27 juin et c’est ce jour-là qu’il nous a confirmé que les travaux étaient reportés aux grandes vacances 2026 », explique le président de l’Amians. D’où son incompréhension d’avoir récemment lu dans la presse celui-ci prétendre que c’était l’association qui était responsable de ce retard, l’accusant entre autres de bloquer l’ouverture du chantier.

    Pour un vrai un lieu de mémoire des chantiers

    L’association dément et nous montre le petit local dans lequel dès la fin des classes de la Navale les bénévoles ont transporté tout ce qu’ils souhaitaient conserver, afin de laisser place au chantier.

    Vraisemblablement c’est le stand tenu au forum des associations pour présenter le projet et continuer à faire signer la pétition, recevant le soutien de la population mais aussi d’élus et de candidats qui a provoqué la réaction du premier magistrat.

    Concernant la deuxième attaque portant sur la volonté soi-disant de l’Amians de ne pas partager l’espace, le président est encore plus clair. « Ce que nous voulons c’est un authentique lieu de mémoire pour raconter l’histoire de la construction navale seynoise, pas une maison des associations. »

    Et de préciser : « Nous sommes pour travailler avec tout le monde, toutes les associations, toutes les personnes qui ont autorité pour le faire sur la vie des chantiers. Mais pas n’importe comment. Il faut qu’il y ait un directeur qui soit désigné pour ses compétences et son engagement. »

    Le problème est peut-être beaucoup plus politique. Puisqu’il y a également une volonté de la Ville de modifier les classes de la Navale dans lesquelles les membres de l’Amians sont également engagés, révèle Lucien Conac. Et de poursuivre : « Lorsque nous avons pris contact avec l’inspectrice de l’Éducation nationale de l’époque, il était bien question, dans le programme d’histoire, d’apporter notre appui aux enseignants pour traiter l’histoire de la révolution industrielle à partir des réalités locales. » Or ce qui serait dans les tablettes c’est de s’orienter davantage sur la modification du paysage, s’insurge-t-il.

    Un sujet nettement moins subversif, c’est clair. Puisque cela permet d’évacuer l’histoire de la concentration de capitaux par les propriétaires des moyens de production. Mais aussi de toutes les luttes sociales menées par les travailleurs qui se sont battus pour une vie meilleure.

    « Et nous, si on parle des Trente glorieuses, c’est pareil. C’est parce que nous avons eu la chance de vivre une période où il y avait de grands syndicats puissants, bien organisés dans de grandes entreprises que nous avons réussi à avoir des progrès extraordinaires », conclut le président de l’Amians.

    C’est ça la mémoire ouvrière. Ça ouvre aussi des perspectives.

  • Sur les traces des lieux de luttes féministes

    Sur les traces des lieux de luttes féministes

    « Les femmes ont beaucoup agi à Marseille, mais il y a peu d’archives. J’avais donc envie de les faire parler de leur ville, leurs luttes et leur parcours. » C’est ainsi que Margaux Mazellier débute la visite guidée des lieux de luttes féministes marseillais ce dimanche.

    Journaliste et autrice de Marseille trop puissante, qui trace le portrait des Marseillaises qui ont lutté pour leur ville, Margaux Mazellier a créé cette visite avec Lucille Florenza, anthropologue du genre et du travail. « Cette balade, c’est un moyen de faire vivre les archives », affirme la chercheuse.

    C’est devant la librairie « Odeur du temps » que le rendez-vous est donné. Ici, en 1976, Antoinette Fouque du mouvement de libération des femmes (MLF) ouvre l’antenne marseillaise de la librairie des femmes. « Ce lieu devient un endroit hyper important pour toutes les femmes qui militent, explique la journaliste. Mais c’est aussi un espace où certaines militantes ressentent du mépris de la part des militantes parisiennes, qui prennent parfois les Marseillaises de haut », continue-t-elle.

    La visite se poursuit au 81 rue Sénac de Meilhan, où a ouvert en 1974 le centre d’orientation de documentation et d’information des femmes (Codif). « C’était une spécificité marseillaise qui a pu être créée grâce au soutien de la municipalité de gauche de Gaston Defferre », raconte l’une des guides. Ce lieu fut une espace de réunion pour de nombreux groupes féministes et, à travers sa revue Femmes infos Marseille, un endroit de diffusion des informations.

    L’arrêt suivant, devant ce que fut le premier bar lesbien marseillais Douce amère, permet d’évoquer Patricia Guillaume. Lesbienne, elle ne parvient pas à trouver sa place ni dans les groupes de parole féministes, ni dans les lieux homosexuels. Elle décide donc de créer son propre espace avec d’autres lesbiennes en 1982.

    Une visite de deux heures qui laisse entrevoir la richesse des luttes féministes marseillaises, leur diversité et leurs conflits internes.

  • À la Valentine, les automobilistes sont réceptifs

    À la Valentine, les automobilistes sont réceptifs

    Il est 6h30 du matin ce mercredi. Sur le rond-point du Lieutenant-Colonel Piollet qui mène à l’A50, ils sont une trentaine à ralentir la circulation et à tracter pour faire connaître le mouvement du 10 septembre aux automobilistes. Les profils sont variés : retraités, enseignantes, libraires ou personnes au RSA, tous ont fait le déplacement pour montrer leur ras-le-bol face à la politique actuelle.

    « On se fait traiter n’importe comment par le gouvernement. On travaille comme des acharnés et ils ne veulent même pas nous aider. On est en colère », s’indigne une salariée de la mairie de Marseille. Jean-Marc, photographe, ne mâche pas non plus ses mots contre le gouvernement : « la classe dirigeante est une bourgeoisie boulimique. Plus ils ont d’argent, plus ils en veulent. Et ils continuent à aller chercher l’argent chez les plus pauvres, pendant que les grandes fortunes n’ont jamais fait autant de bénéfices. »

    Un barrage filtrant est plutôt bien accueilli par les automobilistes, dont beaucoup récupèrent le tract et manifestent leur soutien. Certains poids lourds s’arrêtent même pour bloquer la circulation et klaxonner au rythme du chant des militants : « Macron démission ». Un accueil qui s’explique facilement selon l’un des manifestants sur place : « les gens sont super réceptifs. Quand on leur parle de la vie chère, tout le monde se reconnaît ».

    Après quelques heures au rond-point du Lieutenant-Colonel Piollet, le groupe se déplace pour tracter au rond-point d’entrée de l’A50, puis celui devant le centre commercial de la Valentine.

    Une action sans violence tout de même encadrée par la police. Dès le début du barrage, une quinzaine d’agents étaient présents avec casque et bouclier anti-émeute. « Au moins, ils sont bloqués ici et ils ne sont pas dans le centre », plaisante une participante. à partir de 11h30, l’effectif policier diminue, mais ils commencent à menacer de verbaliser les automobilistes qui s’arrêtent trop longtemps pour échanger avec les manifestants. « C’est un moyen pour eux de décourager les gens de faire grève ou de manifester. Un des automobilistes s’est pris une contravention de 640 euros pour entrave à la circulation », se désole l’un des grévistes.

    Vers 12h30, le groupe a décidé, en votant à mains levées, d’aller prêter main-forte au blocus de l’entreprise de vente d’armes Eurolink. Certains sont allés rejoindre les cortèges aux Réformés.

  • 3114, un numéro d’écoute pour prévenir les suicides

    3114, un numéro d’écoute pour prévenir les suicides

    « Le suicide n’est pas une fatalité et sa prévention est un enjeu de santé publique ». Tels sont les mots de Yann Bubien, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur, pour évoquer la journée internationale de prévention du suicide, ce mercredi. Avec une moyenne de 800 suicides par an dans la région, l’ARS Paca rappelle l’existence d’un centre régional dédié à l’accompagnement des personnes en détresse psychologique.

    Lutter contre l’isolement

    « La solitude est un facteur aggravant du suicide », explique Jean Marc Henry, psychiatre et responsable médical du centre régional de prévention du suicide. C’est pour briser cet isolement que des plateformes téléphoniques ont été mises en place, depuis 2023, afin d’apporter une aide d’urgence ou pour offrir un suivi. Trois dispositifs existent pour tenter de prévenir le passage à l’acte.

    Le 3114, numéro national de prévention du suicide, constitue la première porte d’entrée. Sa plateforme, située à Marseille, offre un soutien téléphonique 24h/24 et 7 jours sur 7, assuré par des professionnels de santé, psychologues ou infirmiers, dans le respect de l’anonymat. « Ce numéro permet d’être là au bon moment, ce qui est très utile », précise le responsable médical du centre régional. Les interlocuteurs sont formés pour apporter de l’aide aux personnes en détresse. Le numéro s’adresse aussi bien aux personnes ayant des pensées suicidaires qu’à leur entourage, en quête de solutions pour les aider.

    Le deuxième dispositif, VigilanS, également national, propose un suivi aux personnes ayant déjà fait une tentative. En région Paca, il permet l’accompagnement de 2 000 personnes. « Ce dispositif a permis une baisse de 38% des réitérations de l’acte », indique le responsable médical du centre.

    La troisième action du centre se focalise sur les adolescents, en travaillant avec l’Association suicide et mal-être de l’adolescent (Asma). Créée en 2002 au sein de l’AP-HM, l’association a depuis rejoint le centre régional.

    Des dispositifs efficaces

    Ces dispositifs d’écoute et de suivi s’accompagnent également d’actions de formation et de prévention. L’association Asma a, par exemple, développé un jeu de société intitulé « Bien ou quoi » à destination des jeunes de la 4e à la terminale. « Ce jeu permet de prévenir le suicide en apportant aux jeunes les ressources qui existent et en leur apprenant à communiquer », explique émilie Stella-Lyonnet, responsable du service d’Asma.

    Une prévention qui semble porter ses fruits. Bien que les décès par suicide restent la deuxième cause de mortalité évitable en France, leur nombre diminue depuis une dizaine d’années. « En 10 ans, il y a eu une réduction de 14% des décès par suicide, ce qui montre que ces dispositifs fonctionnent. Mais il reste encore beaucoup à faire », conclut Yann Bubien.