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  • Les collectivités et l’État affichent leur soutien aux commerçants marseillais

    Les collectivités et l’État affichent leur soutien aux commerçants marseillais

    « J’ai redémarré mais sans marchandises et ma banque a rejeté le prélèvement car il n’y a pas d’argent qui est rentré. » Venu bénéficier des services du guichet unique installé au Palais de la Bourse depuis le début de la semaine pour venir en aide aux commerçants touchés par la casse et les pillages, ce buraliste, installé à Sainte-Marthe (14e) depuis 17 ans, ne cache pas son désarroi. Face à lui, le préfet de région, Jacques Witkowski, le président de la Chambre de commerce Aix-Marseille, Jean-Luc Chauvin, et les représentants des collectivités qui ont mis au pot, François de Canson (DVD), président de la Région, Martine Vassal (DVD), présidente du Département. Rebecca Bernardi (PM), adjointe au maire de Marseille en charge du commerce est là aussi.

    « Ce guichet rassemble l’ensemble des services disponibles, ceux de l’État, des collectivités, de la solidarité entrepreneuriale. On reçoit au fur et à mesure les entreprises pour leur permettre de faire leur parcours, d’avancer » explique Jean-Luc Chauvin, ajoutant que plus de 180 d’entre elles « ont été vues, accompagnées ou reçues ». Après une prise de contact par téléphone, un « parcours de rendez-vous est pris pour ne pas attendre et voir tout le monde », poursuit le responsable de la CCI.

    Dans le cadre d’un fonds régional, 5 millions d’euros ont été débloqués, auxquels s’ajoutent 5 autres millions du Département. Un dispositif qui a fait ses preuves pour le Covid en 2020, les émeutes en 2023. « On se doit de redonner confiance à nos commerçants. On ne veut pas que le centre-ville de Marseille meure » insiste François De Canson, rappelant que Noël, « c’est quand même 35% du chiffre d’affaires ».

    Anticiper un effet

    « château de cartes »

    Martine Vassal enchaîne : « Beaucoup de commerçants aujourd’hui n’ont plus de stock, n’ont plus rien, ont des salariés sur les épaules. » Forte de cette belle solidarité, Rebecca Bernardi en appelle également à l’État. « Cela ne suffira pas pour relancer le centre-ville. On a une prise en charge des commerces pillés mais il y a aussi tous les commerçants qui sont debout, qui font zéro en chiffre d’affaires, ou à 10% de ce qu’ils font d’habitude », s’inquiète l’élue qui réclame pour ces derniers des garanties pour éviter que tout ne s’écroule comme un « château de cartes ».

    La Ville se chargera de l’animation dès la semaine prochaine, avec un « plan global » incluant la gratuité des parkings, la piétonnisation temporaire voire l’ouverture le dimanche pour rattraper l’activité perdue. Le chèque-cadeau « Treiz’local » à consommer dans le centre-ville est également de retour annonce Jean-Luc Chauvin, prêt à « faire feu de tout bois pour sauver le centre-ville ».

    En attendant, la perspective d’une nouvelle manifestation le 31 octobre ne rassure personne. « Je n’ai pas, à l’heure où on se parle, de demande de dépôt de manifestation », affirme Jacques Witkowski. Il tient à faire passer un message : « Il ne faut pas s’y tromper, nous n’avons pas affaire à des gens qui manifestent mais à des gens qui viennent casser, des délinquants. » Et d’appeler « chacun prend ses responsabilités. Nous prendrons les nôtres ».

    Pour autant, pas question d’appeler à la fermeture des commerces répond Jacques Witkowski quand on lui pose la question. « On a le droit d’ouvrir quand on est un entrepreneur, on a le droit aussi, quand on est un citoyen, un touriste, de venir, ne serait-ce que se promener ou acheter là où les commerces sont ouverts », estime-t-il. Et de rappeler le « succès populaire » de la manifestation du 24 octobre organisée par la CGT. « Les gens ont pu venir en toute sécurité exprimer leur mécontentement, leurs observations. Il faut qu’on puisse continuer comme ça, que ça se passe bien », considère le préfet.

  • Le département des Bouches-du-Rhône affiche son appui aux forces de l’ordre

    Le département des Bouches-du-Rhône affiche son appui aux forces de l’ordre

    À l’initiative de Martine Vassal, présidente (DVD) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, une immense bâche tricolore, sur laquelle figurent plusieurs visages ainsi que le message « Merci, nous serons toujours
    à vos côtés », a été déployée
    ce mercredi 28 octobre
    sur la façade du siège
    de la collectivité, à Marseille.

    Dans la foulée, Martine Vassal a relayé ce message sur les réseaux sociaux : « À celles et ceux qui nous protègent : Merci ! Jour et nuit, nos pompiers, policiers, gendarmes et militaires répondent présents pour assurer notre sécurité et porter secours à ceux qui en ont besoin. »

  • Opération déminage auprès de commerçants plus qu’inquiets

    Opération déminage auprès de commerçants plus qu’inquiets

    Je sais le traumatisme qu’a été le 17 octobre, vous avez vécu des scènes de pillages d’une violence folle et inacceptable et ça ne se reproduira pas », a posé Emmanuel Macron lors de sa rencontre avec les commerçants en préfecture. Quelques heures avant la venue « surprise » du président de la République dans la cité phocéenne, plusieurs associations de commerçants marseillais avaient envoyé un communiqué commun réclamant des « actes concrets » comme le renforcement des aides financières « à la hauteur des préjudices subis » quand les assurances ne paient pas tout, un « soutien adapté (…) y compris en l’absence de dégradations matérielles », l’anticipation et l’adaptation lors des manifestations à risques et enfin « l’annulation ou l’exonération des charges sociales et fiscales pour les commerces sinistrés ».

    Le bilan est lourd : « 3 commerces sur 4 sur la Canebière impactés », selon l’un des artisans concernés, 500 en tout dont 331 sinistrés et 118 totalement pillés, précise Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence.

    Il s’inquiète : « Des commerçants ont décidé de se défendre seuls, on leur dit de ne pas le faire. Il faut que la peur change de camp, que les profiteurs soient punis. »

    Un souci de TVA

    pour l’UPE 13

    Jean-Christophe Amarantinis, président de l’UPE 13 (Union pour les entreprises), a lui estimé qu’il y avait « un trou dans la raquette » sur la TVA dont les commerçants ont fait l’avance. Et de réclamer une dérogation de la part de Bercy. Un commerçant avance : « Il va falloir faire en sorte que les aides ne soient pas seulement pour ceux qui sont fermés », mais aussi pour ceux qui « vont aider à remettre de la lumière dans notre ville ». Un autre demande à ce que les prêts pour repartir prennent en compte la capacité de remboursement.

    Également présent, Rodolphe Saadé, président de la CMA CGM, joue les pères Noël. « On est là pour vous aider en matière de logistique », assure-t-il, avec une mise à disposition de ses avions et bateaux, pour permettre la reconstitution des stocks de marchandises au plus vite et « assurer au minimum les fêtes de fin d’année ». Et d’ajouter : « Ne vous inquiétez pas pour le paiement. »

    Mais il va falloir de la patience quand Serge Papin, ministre du Commerce, répond : « Les choses vont être un peu traitées au cas par cas. » Emmanuel Macron a affiché son soutien avec la mise en place d’un dispositif « très simple ». En attendant, le fonds régional « Solidarité commerces pillés » a été réactivé ce lundi, débloquant une aide financière d’urgence à hauteur de 10 000 euros pour faire face aux premières dépenses.

  • Sophie Binet appelle à une grève massive partout le 5 novembre

    Sophie Binet appelle à une grève massive partout le 5 novembre

    On ne peut pas être le même nombre d’infirmières que lorsqu’on avait 40 patients par jour, il y a cinq ans. Aujourd’hui, on en a 80, voire 90. Ce n’est pas possible ! », explique une infirmière du service oncologie en grève à la secrétaire générale de la CGT qui est venue apporter son soutien au mouvement, jeudi après-midi devant l’entrée de l’hôpital Sainte-Musse. Cette dernière appelle la direction de l’établissement à ouvrir immédiatement des négociations avec la CGT et à répondre aux revendications des soignantes « 100% légitimes ».

    Une situation qui illustre une crise plus profonde de l’hôpital public, rappelle Sophie Binet. « Ça tient grâce au dévouement des professionnels, mais au bout d’un moment, ça craque », prévient-elle. Et de poursuivre : « Elles ne vont pas pouvoir continuer à sauver la vie de toute la terre au détriment de leur santé à elles ».

    Et de dénoncer un système qui repose trop largement sur le sens du devoir des personnels hospitaliers avec des conditions de travail toujours plus dégradées. Mais aussi les conséquences possibles sur les patients, notamment en oncologie, où les retards de dépistage et de prise en charge peuvent peser sur les chances de guérison.

    Au-delà de l’hôpital et des services publics malmenés, c’est sur l’urgence sociale que Sophie Binet a été abondamment interrogée à l’avant-veille d’une nouvelle mobilisation contre la vie chère.

    Et à la question « Comment répond-on au brûlot social ? », la patronne de la CGT résume : « Il faut augmenter les salaires. C’est pas très compliqué ».

    L’occasion de rappeler que la CGT demande une hausse du Smic, l’indexation des salaires sur les prix et le blocage des prix des produits de première nécessité. Sophie Binet a également appelé à mieux répartir les richesses créées par le travail, fustigeant les entreprises qui privilégient les dividendes et la rémunération des actionnaires au détriment des salariés.

    Ne pas tomber dans le panneau de la provocation

    « Ce qu’on veut, c’est qu’on parle de nos vies, qu’on parle de nos conditions de travail, de nos salaires, de nos retraites, de nos services publics », a-t-elle insisté.

    La question des mobilisations immédiates s’est aussi invitée dans les échanges, alors que dans le Var la manifestation vient d’être interdite par le préfet. Une liberté fondamentale quelque peu bafouée.

    « On ne répond pas à une mobilisation sociale par de la répression », a-t-elle affirmé, en appelant les jeunes et les salariés à ne pas tomber dans le panneau de la provocation tendu par le gouvernement. La secrétaire générale condamnant sans détour les dégradations survenues lors de précédentes manifestations, mais dénonçant leur utilisation pour justifier des interdictions plus larges.

    Pour autant, la CGT du Var ne lance pas d’appel à participer à la mobilisation de samedi. Le responsable de l’Union départementale varois Richard Roméo-Giberti précisant : « Nous informons nos militants de la situation et cherchons à garantir leur sécurité ». Et de poursuivre : « Ça fait 10 ans que l’État, à travers différentes réformes, de la loi travail jusqu’aux retraites, méprise les corps intermédiaires, et là, il faudrait qu’on vienne à la rescousse… »

    Sophie Binet, elle, sera samedi à Orléans pour un meeting et une manifestation contre le danger de l’extrême droite. Elle appelle les jeunes et les travailleurs à ne pas se laisser détourner de leurs revendications par les tensions et les provocations. « Depuis une semaine, on n’entend plus que ça. Et on n’entend plus parler des revendications sur la vie chère et des revendications des jeunes », a-t-elle déploré, appelant à remettre les questions sociales au centre du débat.

    « L’objectif c’est vraiment de prendre le relais »

    Après les mobilisations de la jeunesse et les rassemblements contre la vie chère, la CGT veut faire converger les colères et installer le mouvement dans la durée avec un temps fort le 5 novembre. « L’objectif, vraiment, c’est de prendre le relais », a expliqué Sophie Binet, qui appelle à une mobilisation massive dans les entreprises comme dans les services publics.

    Ce qui nécessite de se réunir partout sur les lieux de travail en assemblées générales afin de définir les revendications et d’organiser la grève, le 5 novembre et au-delà.

    Pour la CGT, l’enjeu est de transformer la colère en rapport de force durable, plutôt que de s’en tenir à des mobilisations ponctuelles. Sophie Binet souligne d’ailleurs une hausse importante des demandes d’adhésion syndicale depuis le début du mouvement.

    La secrétaire générale a également mis en avant l’importance des élections professionnelles et du vote pour la CGT. Et de conclure : « Il faut que tous les travailleurs et les travailleuses se syndiquent. Il y en a ras le bol que les salariés et les fonctionnaires soient humiliés, piétinés, méprisés ».

    ET AUSSI

    Le PCF du Var qualifie l’interdiction de manifester de « sidérante »

    Dans un communiqué, ce jeudi, la fédération PCF du Var estime que « la décision du préfet du Var d’interdire tout rassemblement de nature revendicative est sidérante. […] Cet arrêté s’inscrit dans la logique du pouvoir de ne pas répondre aux difficultés que rencontrent nos concitoyennes et concitoyens et à leurs exigences légitimes ». Les communistes varois ajoutent : « Empêcher la contestation sociale traduit une dérive sécuritaire, celle-ci n’éteindra pas la colère, au contraire, elle ne fera qu’accroître la frustration. […] L’urgence, ce n’est pas d’étouffer la contestation, l’urgence c’est de répondre aux revendications légitimes. Le PCF soutien les mobilisations sociales et demande à ses adhérentes et adhérents d’agir pour faire grandir les mobilisations décidées par les organisations syndicales et de jeunesse […]. »

    Le PCF 13 s’associe au référé liberté des organisations syndicales

    « L’État a organisé le chaos en refusant d’assurer la sécurité des manifestant.es et entend désormais les faire taire », commente le PCF des Bouches-du-Rhône dans un communiqué. Et d’ajouter : « Nous ne pouvons-nous résoudre à cette décision autoritaire et dangereuse, c’est la raison pour laquelle nous nous associons au dépôt d’un référé liberté aux côtés d’organisations syndicales. »

    Aix-Marseille : la CCI recommande de fermer les commerces samedi

    Dans un communiqué publié jeudi soir, CCI d’Aix-Marseille Provence recommande aux commerçants « de maintenir exceptionnellement leurs commerces fermés ce samedi 24 octobre (…) afin de préserver la sécurité des commerces, de leurs salariés, de leurs clients et de faciliter l’action des forces de l’ordre mobilisées sur le terrain ».

    Plan de Campagne : rappel de la demande d’un commissariat

    Soulignant que « l’amalgame » entre les lycéens aux revendications légitimes « avec les casseurs est intolérable », la section du PCF de Septèmes/Les Pennes/Cabriès souligne dans un communiqué publié jeudi qu’« empêcher les casseurs de nuire, doit être l’objectif prioritaire des forces de l’ordre ». Face aux pillages qui se sont déroulés le week-end dernier sur divers sites dont celui de la zone de Plan de Campagne, ils pointent « l’évidence » du manque de moyens de la police et rappellent qu’ils réclament aux côtés de la population et depuis plusieurs années un Commissariat de plein exercice sur cette zone.

  • Plusieurs mesures d’aide aux agriculteurs pour renforcer le plan d’urgence agricole

    Plusieurs mesures d’aide aux agriculteurs pour renforcer le plan d’urgence agricole

    Pour venir en aide aux agriculteurs touchés par la canicule et les incendies cet été, le plan Climat – Adaptation – Sécheresse – Incendies (plan CASI), communément appelé « plan d’urgence agricole », a été mis en place par le gouvernement début septembre. 1,3 milliards d’euros ont ainsi été annoncés au niveau national, notamment via la mise en œuvre d’un plan de réarmement agricole, qui vise à soutenir les exploitations les plus durement touchées. 197,3 millions d’euros d’enveloppes régionales ont été engagées.

    Dans le Var, cela se traduit par 1,6 million affectés aux conséquences des incendies, et 1,07 million d’euros sur le volet sécheresse/canicule. 460 dossiers en cours d’instruction par la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) ont été déposés. Les plus urgents ont déjà été étudiés et peuvent donner droit à des aides allant jusqu’à 15 000 euros.

    Pour le volet sécheresse/canicule, une réunion d’échange avec les représentants du monde agricole s’est tenue lundi afin d’en définir les conditions d’intervention. Et en parallèle, d’autres mesures viennent désormais compléter le plan.

    Prêts à taux zéro

    Des prêts à taux zéro sont mis en place grâce à la prise en charge par l’État des intérêts des prêts « sécheresse » proposés par les banques, concernant des prêts allant jusqu’à 50 000 € sur deux ans. Un dispositif spécifique est aussi prévu pour les agriculteurs installés depuis moins de cinq ans : en cas de report d’une échéance de crédit, l’État pourra prendre en charge les intérêts et le surcoût liés à ce réaménagement.

    Réouverture du guichet GNR avril, mai, juin

    Les guichets d’aide au gazole non-routier (GNR) correspondant aux consommations des mois d’avril, mai et juin sont ouverts pendant deux mois, pour permettre aux exploitants qui n’avaient pas pu déposer leur demande dans les délais de bénéficier d’un remboursement de 15 centimes par litre. Dans le Var, 567 demandes GNR ont déjà été déposées et 74 096 € versés. Le guichet GNR est par ailleurs prolongé jusqu’à fin décembre 2026.

    Guichet prolongé et facilité pour l’engrais

    Le guichet exceptionnel d’aide à l’achat d’engrais azotés simples (50 à 70 euros par tonne), prolongé jusqu’au 31 décembre, est également assoupli. Les exploitants pourront désormais déposer un bon de commande afin d’enregistrer leur demande, avant de transmettre la facture acquittée nécessaire au paiement de l’aide.

    Des dégrèvements de taxe foncière

    Des dégrèvements de taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFNB) pourront être accordés aux exploitants les plus touchés par les pertes de récoltes. Il pourra être réalisé d’office par la Direction générale des finances publiques, sans démarche, en vertu des pertes constatées par la DDTM et la chambre d’agriculture du Var. La date de paiement de la taxe foncière est par ailleurs repoussée au 15 novembre.

    Note

  • Une trentaine d’élus rassemblés à Gap

    Une trentaine d’élus rassemblés à Gap

    Une trentaine d’élus locaux étaient présents, y compris de l’opposition municipale. Aucune dégradation n’a touché Gap, mais la Ville « apporte son soutien » aux communes concernées.

    Agathe Di Lenardo

  • Le calme avant la colère à Avignon avec une forte mobilisation

    Le calme avant la colère à Avignon avec une forte mobilisation

    Entre les 3 000 manifestants qui ont défilé dans les rues d’Avignon ce samedi 17 octobre, beaucoup de gilets rouges et jaunes et surtout beaucoup de colère.

    Une très longue journée de manifestation passée à plusieurs reprises devant la préfecture de Vaucluse, la place de l’Horloge, du Palais des Papes. « Je n’ai jamais vu autant de monde sur la rue de la République », s’écrie Marcel, infirmier venu de Cavaillon, en voyant la file interminable débouler devant l’Hôtel de Ville. Il est venu avec sa compagne « car on est pris à la gorge entre l’essence et les impôts », confie-t-il. « Je suis venue pour mon fils étudiant car la vie est bien trop chère pour qu’il puisse grandir sereinement », pousse Laure Mauriconi, assistante maternelle, pancarte « Maman solidaire » dans les mains. Le programme de la journée était chargé avec des nombreux cortèges, une mobilisation devant l’hôtel Mercure où se tenait une séance d’autographes de Sarah Knafo (Reconquête) ou encore une tentative de blocage du pont Daladier et des routes alentour.

    La CGT était finalement présente, ayant appelé à se mobiliser en interne seulement. Notamment à la suite du mouvement des lycéens et étudiants de ces dernières semaines. Mais pas uniquement. « C’est évidemment dans la continuité de notre soutien aux jeunes. Mais si on prend l’exemple de l’essence, moi qui suis professeure titulaire remplaçante, mon essence est remboursée mais l’indemnité kilométrique ne monte pas comme le prix de l’essence », illustre Mélanie Saïsse, co-secrétaire CGT Educ’Action.

    Tensions en fin de journée

    Des formations politiques étaient également présentes. « On voit que ça écrase de partout, les gens n’en peuvent plus tout simplement », confie Oukacha Rtili, conseiller municipal (LFI) à Avignon, tout en tractant pour le meeting de lancement de campagne du parti le soir même en cité des Papes. « On soutient les étudiants mais aussi le camarade de la CGT blessé ce jeudi avec la répression policière. Aucun droit n’est acquis et il faut être présents », confie Pascal Clemençon, secrétaire fédéral contre l’extrême droite du PS de Vaucluse, drapeau de son parti en main.

    Il y a aussi eu des tensions avec les forces de l’ordre dans l’après-midi, qui ont procédé à plusieurs interpellations. Des affrontements qui se sont déroulés jusqu’au début de la nuit autour de la préfecture et dans la rue de la République. « On s’est nous-mêmes fait charger et certaines arrestations n’étaient vraiment pas nécessaires », confie une syndicaliste de la CGT.

    « La vie est bien trop chère pour que mon fils puisse grandir sereinement »

  • À Avignon, les jeunes entendus « mais pas écoutés »

    À Avignon, les jeunes entendus « mais pas écoutés »

    Ce mardi 13 octobre était à nouveau une belle journée de mobilisation pour les étudiants, les lycéens, mais aussi le personnel et les syndicats. S’il n’y avait pas moins d’un millier de personnes dans les rues d’Avignon en début d’après-midi, le temps fort était sans doute l’échange entre le président de l’université, George Linarès, et les étudiants qui avaient tenté de bloquer l’établissement en début de matinée.

    « On veut que vous nous souteniez. Que vous soyez avec nous devant l’établissement. Que vous vous mouilliez », intime un manifestant à l’administrateur. « Je travaille pour l’université, donc pour vous. Je fais ce que je dois faire en tant que président », rétorque George Linarès. Un échange qui finira par quelques tensions, un étudiant lui reprochant de « se faire rouler dessus par l’Histoire », ce qui sera jugé comme un commentaire irrespectueux. Un soutien qui « nous aurait tellement aidés à faire valoir notre cause, car aucun président d’université n’est allé aussi loin », estime Anouar Bendahmane, étudiant et membre du mouvement Nouvel espoir citoyen.

    Réforme structurelle

    Des interrogations se posent évidemment sur la suite du mouvement, la journée du samedi 17 octobre étant évoquée par certains. Pour la plupart, le mouvement doit se poursuivre. Une assemblée générale s’est tenue dans les locaux de l’université pour réfléchir à la suite, avec déjà de nouvelles actions prévues au cours de la semaine. « On n’est pas écoutés. Il faut poursuivre pour ne pas avoir fait tout cela pour rien. Notre voix ne doit pas s’éteindre », clame au micro Nino, lycéen à Mistral.

    En soutien aux étudiants, Christèle Lagier, maîtresse de conférences en science politique à Avignon Université, s’interroge. « La question est de savoir ce qu’il faut annoncer pour que cela s’arrête. Car les réformes demandées sont structurelles et prennent beaucoup de temps, comme supprimer Parcoursup, ce qui ne se fait pas en un jour. Il y a une réflexion à engager sur ce que l’on veut pour nos enfants. D’autant qu’à Avignon, ville pauvre dans un département pauvre, on cumule pas mal de handicaps », expose-t-elle.

  • L’intersyndicale à nouveau unie derrière les lycéens mardi

    L’intersyndicale à nouveau unie derrière les lycéens mardi

    Une semaine après avoir défilé aux côtés des lycéens dans de nombreuses villes françaises, les syndicats remettent ça. Forts du succès de la mobilisation du 6 octobre, qui a rassemblé plus de 500 000 manifestants à travers le pays, les cortèges vont à nouveau noircir les rues, mardi. Pas par plaisir, mais par nécessité. Pour la CGT, « le “temps démocratique” que le gouvernement a prétendu ouvrir a complètement échoué : il n’a ni permis un véritable dialogue, ni débouché sur des réponses concrètes aux attentes des jeunes ». Le syndicat exige ainsi « immédiatement des réponses à la hauteur des revendications ».

    Le premier syndicat de la fonction publique a été le précurseur du soutien aux lycéens, appelant l’ensemble de la société civile à se mobiliser. Notamment dans le Var, où « il a tout de suite été évident, après l’appel du bureau national, qu’on devait s’y mettre », appuie Olivier Gérard, secrétaire CGT Éduc’action du Var. Il voit dans ce mouvement « un moment historique qui survient tous les 20 ans, après Mai 68, le projet de loi Devaquet en 1986 et le CPE en 2005 ».

    Une dynamique « avec le renfort de la majorité des syndicats de la CGT ». Car, au sein de son organisation, l’union interprofessionnelle est une évidence « depuis les législatives de 2024 et le risque de voir le RN arriver au pouvoir. Là, c’est un peu le même schéma : une prise de conscience, de la plupart des professions, du fait que le malaise de la jeunesse est celui de toute la société, c’est-à-dire le rejet de la précarité », soutient Olivier Gérard.

    « Pas de paternalisme »

    Cette jonction est aussi intersyndicale. Car, au-delà de divergences que l’enseignant au lycée Bonaparte de Toulon estime « assez ténues, être tous ensemble est une évidence ! Il y a eu une prise de conscience de l’importance de garder l’unité après l’agression de l’enseignante à Sanary. On ne peut pas jouer le jeu de la division sur des sujets comme les conditions de travail et le respect des droits ». Des combats qui ont mené, selon lui, à « des relations amicales et consensuelles inédites ».

    Cette unité se traduit aussi dans le soutien apporté aux jeunes mobilisés, parfois en manque de relais. « J’étais étudiant à l’époque du CPE et on s’organisait à l’université, se souvient Olivier Gérard. Quand on a vu ces foules de syndicats avec des drapeaux et des camions, on a réalisé la puissance du salariat organisé, ça nous a donné confiance. Il y a cette idée de montrer que la jeunesse n’est pas seule, parce que c’est le sentiment qu’ils ont souvent, à juste titre, car la société et les politiques les abandonnent. »

    Pour autant, « pas question de verser dans le paternalisme. Ils sont très organisés, pas nécessairement structurés, et ils doivent trouver la possibilité de durer. Parce que c’est le vrai enjeu quand les promesses ne sont pas tenues. Mais on respecte à 100% leur autonomie », martèle l’enseignant, qui sera présent mardi matin, devant le lycée Bonaparte à Toulon, pour soutenir le mouvement, auquel se joindront les étudiants de l’université de Toulon, qui organisent un blocus ce lundi dès 6h30.

  • Mobilisations à Montpellier et à Alès

    Mobilisations à Montpellier et à Alès

    À Ales

    Ce matin l’intersyndicale s’est joint au mouvement lycéen. À la demande de la sous-préfète d’Ales Lucie Roesch, une délégation a été reçue en sous-préfecture à 11h. Pendant ce temps, le millier de personnes présent a convergé vers le lycée Jean-Baptiste Dumas, lieu de rassemblement lycéens à Ales. Les jeunes ont alors multiplié les prises de parole pour saluer le soutien de la CGT, réaffirmer leurs revendications pour une éducation digne, s’opposer aux violences policières et redire leur hostilité aux idées d’extrême droite.

    A Montpellier

    Un énorme cortège descend le Jeu de Paume en entonnant « la jeunesse emmerde le Front national ! »
    Un énorme cortège défile à Montpellier derrière la banderole lycéenne, les jeunes étant rejoints par les étudiants, les salariés, les chômeurs et les retraités. La dénonciation des violences policières est au cœur des slogans entonnés par la jeunesse.

    Arrivés en bas du Jeu de Paume, le cortège montpelliérain entame une Marseillaise.

    «Aux armes, citoyens !» «Étudier est un droit, pas un privilège !» «Jeunesse, études, dignité», sont les mots d’ordre scandés par le cortège montpelliérain.

    «La police fait son travail… Ça crève les yeux !» Les violences policières sont ciblées dans tout le cortège montpelliérain.

    La tête du cortège est arrivé sur la Comédie, le temps de mobiliser les Trois Grâces avant de poursuivre vers la préfecture.

    Environ 10 000 personnes (8 000 selon la police), dans leur immense majorité des jeunes, défilent à Montpellier en soutien au mouvement lycéen.

    «Trop jeune pour être écouté, assez grand pour se faire gazer»…