Tag: solidarité

  • À Marseille, une journée entre femmes pour reprendre de l’élan

    À Marseille, une journée entre femmes pour reprendre de l’élan

    Burnout, divorce, sexisme… Les raisons qui poussent une femme à tout reconstruire sont multiples, mais le chemin, lui, est souvent solitaire. C’est pour briser cet isolement que deux associations marseillaises, ForceFemmes et L’Éveil des mots, ont décidé de collaborer le temps d’une journée, baptisée « Reprendre son élan ». Au programme, des ateliers pour retrouver de la confiance, gérer son stress et trouver l’équilibre entre vie personnelle et professionnelle. L’entrée était entièrement gratuite.

    Autour des tables, les parcours se ressemblent sans se confondre. Aïcha, 51 ans, était professeure de technologie. Elle suit aujourd’hui un CAP boulangerie. Marine, 40 ans, a traversé un burn-out, changé de travail et de conjoint. « Je suis les ateliers Motivées pour créer, depuis mars, et c’est vrai qu’ils m’aident au niveau de la concrétisation de mes projets et de mon épanouissement personnelle », explique-t-elle. « Je n’étais plus alignée dans mes valeurs, donc j’acceptais tout », confie-t-elle. Cathy, 56 ans, cherche un poste dans la communication et suit trois ateliers par semaine qui la « boostent » afin de ne jamais laisser tomber son objectif. « On s’enrichit de nos expériences et de cette force féminine pour se remettre plus rapidement en course », assure-t-elle.

    Trois associations, un but commun

    Créée en 2005, ForceFemmes accompagne les femmes de plus de 45 ans dans leur retour à l’emploi ou leur projet de création d’activité. « Ce sont des femmes de plus de 45 ans, donc elles subissent une double discrimination à l’embauche », explique Caroline Galland, responsable du développement en région Paca. L’association suit entre 150 et 180 femmes par an sur toute la région, avec un accompagnement mensuel personnalisé par un bénévole, avec des travaux de création de CV, de préparation aux entretiens… « Notre plus grand succès, c’est quand elles sont à nouveau autonomes et qu’elles ont retrouvé leur dynamisme », affirme-t-elle. La moitié des femmes accompagnées s’en sortent positivement.

    De son côté, L’Éveil des mots est né en 2022 d’une expérience personnelle. Laetitia Oudinot, sa co-fondatrice, a traversé un burn-out doublé d’une hyperthyroïdie dans un environnement professionnel qu’elle décrit comme toxique. « J’ai voulu transmettre les outils qui m’ont aidée à me reconstruire », raconte-t-elle. Son approche encourage les femmes à « Oser être, oser faire et oser dire ». L’association accompagne aujourd’hui 90 femmes, de 18 à 86 ans. Parfois même des demandeuses d’asile ou des mères célibataires. « On essaye de les sécuriser, administrativement aussi », précise Laetitia Oudinot qui profite de l’occasion pour lancer un appel au bénévolat.

  • Karim Touche élu pour piloter le Centre d’action sociale

    Karim Touche élu pour piloter le Centre d’action sociale

    Adjoint (DVG) chargé de l’action sociale et des solidarités, l’ancien directeur de la Ligue de l’enseignement dans les Bouches-du-Rhône, Karim Touche, a logiquement été élu, ce mardi matin, vice-président du Centre communal d’action sociale (CCAS), prenant la suite d’Audrey Garino (PCF), désormais chargée du logement. « Tout ce que j’ai pu recevoir, j’ai envie de le mettre au service des plus fragiles », défend l’ancien directeur de centres sociaux en saluant l’implication des agents rencontrés, « qui souvent interviennent dans des missions exigeantes humainement », et « le travail remarquable » effectué par sa prédécesseure.

    « Je souhaite inscrire mon action dans la continuité », indique-t-il ainsi. « Le CCAS s’est beaucoup développé, il y a une nécessité de structurer les organisations, les outils de pilotage, de poursuivre la transformation numérique pour garantir dans la durée un service social de qualité, accessible, humain et réactif », détaille l’adjoint. C’est que lors du précédent mandat, la dotation accordée par la municipalité avait augmenté de moitié, faisant monter le budget aujourd’hui à quelque 38 millions d’euros (dont 31 millions de fonctionnement), pour 300 agents.

    Parmi les autres chantiers qui l’attendent, le développement du service d’aide à domicile, l’ouverture de nouveaux équipements, la lutte contre l’isolement des personnes âgées. « Le contexte social est de plus en plus difficile, le CCAS devra continuer à être un acteur de proximité », défend Karim Touche.

  • Maires et associations main dans la main pour protéger les femmes battues

    Maires et associations main dans la main pour protéger les femmes battues

    L’aide à l’hébergement et au logement pour les victimes de violences « n’est pas nouveau sur le territoire » campe Anne-Sophie, de l’association Solidarité Femmes 13 (SF13). Depuis 50 ans, l’association œuvre sur l’ensemble du département, à travers trois antennes – Marseille, Aix et Istres – et 12 permanences pour être au plus près des besoins des femmes et enfants du territoire. Sans oublier les hébergements disséminés sur toutes les Bouches-du-Rhône : Marseille, Istres, Port-de-Bouc, etc.

    Un accompagnement social qui n’aurait jamais pu se faire « sans l’aide des services publics », souligne la salariée de SF13. Subventions de l’État principalement, mais aussi des collectivités locales, « nous bénéficions d’engagements locaux assez puissants – Région, Département, Villes, sans lesquels nous ne pourrions aujourd’hui pas nous déployer », reconnaît-elle. Depuis 50 ans que l’association existe, la coordination entre associations et politiques publiques est « primordiale ». « Autant nous avons besoin du soutien financier et institutionnel des acteurs politiques du territoire, autant la réalité du terrain que nous recensons leur est essentielle pour développer des services publics cohérents. C’est un lien que nous devons conserver, si ce n’est renforcer », détaille Anne-Sophie.

    Un dispositif innovant

    et inédit

    « L’objectif est de poursuivre son développement, compléter l’offre, et la créer lorsqu’il n’y en a pas » poursuit-elle. Le nouveau projet qui sera révélé le 4 juin est un dispositif innovant et inédit, alliant les pouvoirs publics, la sphère privée et notre association : « nous n’avions jamais mis en place un projet d’une telle ampleur », confie la salariée de l’association SF13.

    Un pari que Marie Batoux, déléguée à l’égalité des genres de la ville de Marseille applaudit : « Le programme est intéressant car il permettra de structurer sur le territoire, des solutions pour aider les femmes victimes de violences en précarité ou en tout cas, soumises à des conditions qui ne leur permettent pas de se protéger. »

    L’aide au logement pour les victimes de violences n’est pas nouvelle sur le territoire marseillais. Marie Batoux s’en souvient bien. « Pendant la Covid-19, nous avons soutenu l’auberge marseillaise, un lieu refuge initié par neuf associations dans l’ancienne Auberge de Jeunesse Bonneveine (8e) », rappelle l’élue.

    Le dispositif de la Cepac et de SF13 s’inscrit d’ailleurs dans cette « réflexion menée par de la ville », apprécie Marie Batoux. Un maillage entre les institutions politiques est associatives qu’elle juge nécessaire : « Nous sommes face à un problème de société patriarcal. Nous, élus et acteurs politiques, devons répondre à ce problème local, en proposant des ressources. Incarner ce que doit être la Ville de Marseille, une entité protectrice du public vulnérable, en travaillant avec des experts de la question comme Solidarité femmes 13 », conclut-elle.

  • Soirée de solidarité avec Cuba à Marseille

    Soirée de solidarité avec Cuba à Marseille

    Organisée par France Cuba Marseille 13 et la section PCF du 8e, l’initiative s’inscrivait dans les journées internationales de solidarité avec Cuba initiées il y a quelques semaines par le Parti communiste français, dans la continuité du convoi de solidarité, destiné à soutenir le peuple cubain face au blocus imposé par les États-Unis, renforcé sous Donald Trump et imposé à l’île depuis plus de 60 ans avec ses conséquences économiques et sociales désastreuses. Les participants ont permis de collecter 1 130 euros pour soutenir le peuple cubain et ses actions de résistance face aux sanctions.

  • En grosses difficultés financières, Luttopia lance une cagnotte en ligne

    En grosses difficultés financières, Luttopia lance une cagnotte en ligne

    « Luttopia a besoin de vous pour survivre. Cinq salariés sont menacés de perdre leur emploi, des dizaines de personnes leurs repères, une utopie qui serait marquée par l’adversité et la logique budgétaire », alerte l’association dans le texte qui accompagne la collecte en ligne solidaire lancée mi-avril sur le site Helloasso*.

    Objectif : rassembler, d’ici fin juin, 50 000 euros qui manquent à une trésorerie exsangue. « On a dû faire le choix d’arrêter nos activités principales pour se concentrer exclusivement sur cette levée de fonds, car on arrive au bout de notre trésorerie fin juin. Ce qu’on a en banque va nous permettre d’assurer nos charges fixes jusque-là, mais pour l’instant on n’est pas en capacité de se projeter plus loin », explique la directrice de l’association, Gwen Lasne.

    Depuis 2022 et un accord trouvé avec la Ville de Montpellier, le squat des anciennes archives départementales, devenu association d’utilité publique, poursuit sa mission de mise à l’abri et d’accompagnement des plus vulnérables dans une maison située 88 bis, avenue de Toulouse, mise à disposition par la collectivité. Deux fois par semaine, Luttopia permet ainsi à une cinquantaine de personnes – hommes, femmes, enfants – « de répondre à des besoins primaires : douche, linge, repas, collation, animation, vestiaire, repos, accompagnement social global », liste Gwen Lasne. Au point que la maison de l’avenue de Toulouse est devenue le 4e lieu d’accueil de jour de la Ville de Montpellier.

    Un avenir incertain

    « Depuis environ un an, et c’est encore plus vrai depuis 6 mois, on a quasiment doublé l’effectif. On est passé d’une moyenne de 22-25 personnes accueillies deux fois par semaine à 48-52 personnes désormais », indique la directrice. Hélas les financements, eux, sont inversement proportionnels à la fréquentation. « Les dotations à la baisse qui frappent les collectivités locales se répercutent sur le mouvement associatif. Quant aux Fondations, elles ont moins de donateurs donc elles allouent un peu moins d’argent aux associations qu’elles soutiennent ». La Métropole de Montpellier contribue ainsi cette année à hauteur de 9 000 euros, « largement en deçà de ce qu’on a eu les 3 premières années, où on tournait autour de 40 000 euros » ; la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) verse 20 000 euros (au lieu de 35 000 auparavant) ; la Fondation de France, quant à elle, apporte 12 500 euros sur l’année. Des sommes qui ne suffisent pas à absorber l’augmentation des charges fixes et surtout l’embauche, devenue nécessaire, de 5 salariés (3,5 équivalents temps plein). « Sur un an, il nous faudrait une enveloppe d’un peu plus de 90 000 euros », évalue la directrice de Luttopia. Le choix a donc été fait de stopper les activités de l’association -qui dispose aussi d’un espace d’hébergement dédié à l’accueil de femmes en situation de vulnérabilité- afin de se consacrer à une levée de fonds pour tenter de rassembler 50 000 euros. « C’est ce qui nous permettrait de tenir une année supplémentaire », indique le texte présentant la démarche. « Tout don, même modeste, compte », insiste Gwen Lasne, qui précise que ces dons peuvent être défiscalisés. Le 11 mai, 20% de l’objectif avait déjà été atteint.

    Outre la question financière se pose celle de la convention d’occupation du bâtiment de l’avenue de Toulouse, qui arrive à échéance au 30 septembre. « On attend de voir ce que vont proposer, ou pas, les services de la Ville », indique la directrice de Luttopia. « L’idéal serait que la collectivité nous mette à disposition un nouveau site, mais pérenne cette fois-ci, dans lequel on puisse déménager nos missions d’accueil de jour et pourquoi pas créer quelques places d’hébergement. Il faut qu’on sorte de cette précarité permanente si on veut pérenniser notre activité », insiste-t-elle. Une rencontre est prévue le 28 mai pour évoquer le sujet avec la nouvelle adjointe aux solidarités, Muriel Ressiguier.

  • L’épicerie solidaire du campus Schuman à Aix compte déjà 2300 bénéficiaires

    L’épicerie solidaire du campus Schuman à Aix compte déjà 2300 bénéficiaires

    Il y a cent jours émergeait sur le campus Schuman une épicerie solidaire. Solid’Am, l’association étudiante, permet depuis aux étudiants de faire leurs courses à prix très réduits, voire gratuitement selon les produits installés sur les rayons de cette épicerie (notre édition du 26 janvier). Ouverte deux à trois jours par semaine, « au moins quatre heures par jour », elle est l’une des plus importantes en France, puisque ce sont 130m2 de rayons et d’étalages que propose l’association. Les produits qui les occupent, proviennent notamment de la Banque alimentaire et de dons. L’objectif du lieu, installé au cœur du campus et fondu dans un lieu événementiel, est de pouvoir déstigmatiser la précarité, faire ses courses dans un lieu sans file d’attente exposée, dans l’anonymat, et dans un espace dédié uniquement aux étudiants. Ce mercredi, entre deux points d’organisation, Lyes Belhadj, président de l’association, fait le bilan qui se résume en un mot : « Pouvoir d’achat. Ce sont 150 000 euros de pouvoir d’achat qui ont été redistribués aux étudiants. Cela se calcule avec la valeur réelle des produits que l’on distribue par rapport à leur prix sur le marché », résume ce dernier.

    300 étudiants hebdomadaires

    À ce stade, l’association enregistre 23 700 articles distribués, et selon elle, ce sont plus de 2 300 bénéficiaires, qui sont inscrits à ce dispositif alimentaire. « On estime que ce sont environ 300 étudiants par semaine qui viennent faire des achats ici, soit une centaine par jour, précise Lyes Belhadj. Le dispositif rencontre un franc succès, malheureusement. Il y a 25% des étudiants qui sont dans une situation de précarité, d’après les chiffres du ministère, ce n’est pas négligeable. » Force est de constater, pour l’association, que « la guerre au Moyen-Orient a accentué des fragilités déjà existantes » et, sans entrer dans les détails, que « les moyens sont assez limités, notamment avec les retards budgétaires du côté de l’état, les subventions ont toujours pas été liquidées ». Sur ces 100 premiers jours de fonctionnement, l’association a également scellé des partenariats notamment avec la Ressourcerie du Pays d’Aix, qui « dispose d’un rayon entier », mais aussi avec l’association Petites Mains et Tricotins, qui a mis à disposition des étudiants « à titre gracieux, plusieurs produits essentiels ». Malgré le contexte, l’association compte étendre le dispositif sur le territoire académique. Et pour poursuivre son activité, est toujours à la recherche de nouveau partenaires et de soutien.

  • D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    D’un mouvement de résistance aux grands « Soulèvements »

    Nous retrouvons mardi matin les militants du Comptoir des idées devant le panneau d’expression libre de l’avenue Tessé, en pleine séance de collage et de distribution de tracts. L’objectif étant d’informer la population toulonnaise d’une nouvelle séance de réflexion et de débat à l’occasion de la ciné-rencontre du jeudi 21 mai à 20h30 au cinéma le Royal autour de Soulèvements, le film de Thomas Lacoste qui sera présent dans la salle.

    « Ce qui nous intéresse, c’est que ça touche autant à la protection de la planète que les droits humains », explique Guy Cochennec (Climat Zéro Fossile). Le militant associatif rappelle pour commencer la genèse : « L’idée est née au sein de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes après 2013, au moment où la police et l’armée se sont retirées. » La très riche vie communautaire qui y prospère alors va en être le ferment. Des voix s’élevant pour dire qu’il n’était pas possible de se séparer sans créer un mouvement pour continuer la lutte partout où ce serait nécessaire.

    Pour continuer le combat

    « Une fois mis en place, ils vont réagir très très vite à tout ce qui se passe », souligne-t-il. On va en effet les retrouver présent sur la A69, mais aussi sur les projets des méga-bassines et même à plus de 3 000 mètres au cœur du glacier de la Girose, sur le chantier de construction d’un téléphérique, « avec l’installation de tentes sur le seul endroit où les hélicoptères pouvaient se poser pour amener le matériel ».

    Le Comptoir des idées souhaite mettre en perspective tous ces combats et la réponse disproportionnée de l’État – pour rester dans l’euphémisme. Notamment sur la manifestation organisée à Sainte-Soline en 2023 et « la réaction d’un gouvernement pour casser le mouvement ».

    « L’année d’avant déjà, Darmanin avait mis en avant l’écoterrorisme pour permettre d’appliquer les lois d’exception à des activistes et préparer l’opinion publique », dénonce Guy Cochennec. 3 000 agents des forces de l’ordre vont être déployés face à 30 000 manifestants avec « la volonté de faire un exemple, de faire peur et mal avec des tirs tendus de lance-grenade ». Et de préciser : « Sur des images, on voit des gendarmes qui comme dans un jeu vidéo se congratulent lorsqu’ils font mouche sur un manifestant. » Résultat : plus de 200 blessés très graves.

    Et pendant qu’on parle d’écoterrorismes, on ne parle plus des crimes écologiques réels ceux-là qui sont commis sur l’ensemble de la planète.

    Tout cela devrait donner matière à débat dans la salle et inspirer, pourquoi pas, d’autres manières de mener le combat au travers des 16 portraits réalisés dans ce film. On retrouve notamment deux paysans : le père est à la Confédération paysanne, et son fils beaucoup plus radical… Le militant du Comptoir des idées conclut : « Il y a une solidarité, de l’émotion qui passe, il y a tout ce qu’on aimerait voir partout dans la société. »

  • Le grand rendez-vous cannois du cinéma mondial

    Le grand rendez-vous cannois du cinéma mondial

    C’est La Vénus électrique du réalisateur français Pierre Salvadori qui sera projeté dans les salles de cinéma en même temps qu’à Cannes afin d’offrir aux spectateurs comme aux festivaliers et professionnels une occasion de se rassembler autour de cette comédie romanesque burlesque.

    Chaque année, pendant les 12 jours, plus de 35 000 passionnés de cinéma célèbrent la plus grande fête du 7e art. 22 films ont été retenus en compétition, et parmi lesquels se trouvera peut-être la Palme d’or *.

    D’autres films s’ajoutent à la sélection officielle avec notamment des sections parallèles (Quinzaine des cinéastes, Semaine de la critique, Acid). Un savant équilibre pour que le cinéma mondial soit représenté dans toute sa diversité et son excellence. Autre moment très attendu, la Caméra d’or qui récompense le meilleur premier film**. Cannes fait ainsi le pari de la création.

    C’est le réalisateur Sud-Coréen qui succède à Juliette Binoche. Park Chan wook (Decision to leave, Aucun autre choix) présidera la 79e édition. La salle de cinéma est, dit-il, une « captivité volontaire qui rassemble et crée de la solidarité émouvante et universelle ».

    Un retour à l’Histoire

    L’actrice française, Leïla Bekhti sera la présidente du jury d’Un Certain Regard. Une section dédiée aux cinémas émergents et aux écritures singulières et qui récompense des réalisateurs peu ou pas connus. À l’instar du Chilien Diego Céspedes, auréolé en 2025 avec Le Mystérieux Regard du flamant rose.

    Cocorico, parmi les cinq réalisatrices qui concourent pour la Palme d’or, trois représentent le cinéma tricolore. La réalisatrice Jeanne Henry (Je verrai toujours vos visages) retrouve Adèle Exarchopoulos (avec Sara Giraudeau) dans Garance, une apprentie actrice qui doit affronter son addiction à l’alcool. Léa Mysius connue pour ses mélanges de genre (Ava, Les cinq diables) adapte le roman éponyme de Laurent Mauvignier (Prix Goncourt 2025 pour La Maison vide), Histoires de la nuit avec un casting de choix (Bastien Bouillon, Hafsia Herzi, Benoît Magimel et Monica Bellucci). La Française Charline Bourgeois-Tacquet (Les amours d’Anaïs) met en scène un duo de femmes dans La Vie d’une femme avec Léa Drucker, une chirurgienne confrontée à la maladie de sa mère et bouleversée par l’arrivée d’une écrivaine dans sa vie (Mélanie Thierry). Autre duo de femmes avec Gentle Monster de l’Autrichienne Marie Kreutzer (Corsage), avec Léa Seydoux et Catherine Deneuve, signe un drame intime sur deux femmes confrontées à des vérités troublantes. Enfin, l’Allemande Valeska Grisebach, avec L’Aventure rêvée, filme une héroïne vivant dans la région frontalière entre la Bulgarie, la Grèce et la Turquie.

    Soudain, réalisé par le Japonais Ryûsuke Hamaguchi (Drive My Car) met la lumière sur la rencontre entre deux cultures et deux femmes engagées. Avec Virginie Efira, une directrice française de maison de retraite et Tao Okamoto, une metteuse en scène japonaise.

    La présidente du festival, Iris Knobloch le rappelait lors de sa conférence de presse : « Le Festival est né en 1939, dans un autre moment d’incertitude, car dans ces moments-là, rassembler des films et des artistes, ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité. » Un rappel historique quant à la création par le ministre du Front populaire Jean Zay d’un festival libre et antitotalitaire né en opposition à la Mostra de Venise aux relents fascistes.

    Plusieurs films marquent le retour à l’Histoire parmi lesquels Notre salut d’Emmanuel Marre (qui avait signé l’étonnant docu-fiction D’un château l’autre sur la campagne présidentielle de 2017 – opposant Emmanuel Macron à Marine Le Pen). Ce dernier revient sur les années sombres de la France de Vichy avec Swann Arlaud. Tandis que le réalisateur hongrois László Nemes (Le Fils de Saul, 2015) revient sur Vichy et la Gestapo avec l’arrestation de Jean Moulin (incarné par Gilles Lellouche).

    Le film espagnol, La bola Negra de Javier Ambrossi et Javier Calvo revient, lui, sur la guerre civile espagnole avec Penélope Cruz et Glenn Close.

    Le retour de grands cinéastes

    L’iranien Asghar Farhadi aux multiples films (À propos d’Elly, Une Séparation, Un héros…) rassemble un casting français de renom avec Isabelle Huppert, Vincent Cassel, Catherine Deneuve, Virginie Efira, Pierre Niney, India Hair, Adam Bessa pour Histoires parallèles. Un film tourné dans l’Hexagone.

    Le polar (une affaire liée à la mafia russe) Paper Tiger de l’Américain James Gray (Little Odessa) offre un casting impressionnant de stars (Adam Driver, Scarlett Johansson et Miles Teller). Autre casting de taille, celui du cinéaste espagnol Rodrigo Sorogoyen (As Bestas) et son film El ser querido, un drame intime et familial autour du cinéma avec Javier Bardem et Marina Fois.

    Avec Fjord du Roumain multi primé Cristian Mungiu, on retrouve son cinéma minimaliste et politique : une enquête qui touche une famille roumaine immigrée en Norvège soupçonnée de maltraitance, avec l’actrice norvégienne Renate Reinsve et l’acteur roumano-américain, Sebastian Stan (génial en Donald Trump dans The Apprentice).

    Deux ans après La Chambre d’à côté, Pedro Almodóvar revient avec Autofiction, un film sur le deuil. Va-t-il remporter, enfin, la Palme d’or ?

    Une Palme d’or d’honneur sera remise au réalisateur néo-zélandais (le Seigneur des Anneaux) Peter Jackson le 12 mai.

    Un festival qui s’annonce plein de surprises pour notre plus grand plaisir.

    * Décerné en 2025 à « Un simple accident » du réalisateur iranien Jafar Panahi

    ** Décerné en 2025 à « Le gâteau du président » du réalisateur irakien Hasan Hadi (PCA n°643) et présenté à la Quinzaine des cinéastes. Une mention spéciale était attribuée à « Un jour avec mon père » du britannico-nigérian Akinola Davies Jr
    (PCA n°650)

  • Un voyage solidaire et agricole en Palestine

    Un voyage solidaire et agricole en Palestine

    Nicolas* et Juliette* ont raconté, jeudi soir, leur voyage en Cisjordanie, pendant lequel ils ont aidé des Palestiniens à produire sur leurs fermes. Ils ont évoqué leurs histoires et projeté leurs portraits, avec l’objectif de documenter l’avancée de la colonisation israélienne. Vivant tous deux dans une communauté agricole autogérée, ils ont pu échanger leurs savoirs avec les Palestiniens.

    Parmi eux, Bayan, une Palestinienne, professeure à l’université, qui « ne sait jamais combien de temps elle va mettre pour aller à l’université avec tous les checkpoints », et « qui a peur d’être tuée à chaque checkpoint », rapporte Juliette. « Dès qu’elle a une voiture israélienne derrière elle, elle est en panique. » Dans leurs fermes, les Palestiniens « ne peuvent pas utiliser de grosses machines, sinon, le bruit attirerait les colons, a-t-elle expliqué. Ils cultivent pour être autonomes de l’occupation et pouvoir manger leur propre production. »

    Nicolas a également relaté son voyage dans le village encerclé de colonies israéliennes, Al Mughayyir, où il s’est rendu avec ISM (International solidarity movement) pour faire de la « présence solidaire ». Il y a par exemple effectué des rondes pour éviter les attaques de colons pendant la nuit. « C’est l’un des endroits où la colonisation est la plus avancée en Cisjordanie », explique-t-il. « La colonisation prend plein de formes différentes, comme faire pâturer des moutons dans des vergers d’oliviers appartenant à des Palestiniens pour ruiner la récolte », relate-t-il. Il a également décrit les « jeunes des collines », ces enfants israéliens « qui ont des problèmes à l’école et qu’on envoie coloniser la Palestine ».

    *Les prénoms ont été changés

  • L’abolition de l’esclavage, une histoire de France sensible

    L’abolition de l’esclavage, une histoire de France sensible

    Moment solennel sur le quai d’honneur, ce dimanche 10 mai, pour la commémoration de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, avec des lectures de poèmes, de passages de la charte du Mandé, une des plus anciennes constitutions au monde proclamée au XIIe siècle par le fondateur de l’Empire mandingue, territoire situé dans le haut bassin du fleuve Niger, le tout animé par le groupe Tambores.

    C’est de ce quai que « sont parties une centaine d’expéditions négrières pour alimenter ce commerce ignoble, une activité qui participa aussi à la prospérité de la ville », a rappelé en préambule Wally Tirera, président du collectif Paca pour la mémoire de l’Esclavage, en présence de nombreux élus, d’associatifs et de représentants de l’État. Plus précisément à partir de 1783, et pendant une dizaine d’années, lit-on sur le site de Mars Imperium, plateforme créée par une soixantaine de chercheurs en 2025 qui relate l’histoire coloniale et post-coloniale de Marseille.

    « Qu’est-ce qui justifiait le fait de faire des Africains des choses ? », s’interroge Wally Tirera. Il dénonce « un déni d’humanité habillé d’une véritable législation teintée d’une justification théologique au service du profit des nations esclavagistes qui s’estimaient au-dessus de la communauté humaine ».

    « Solidarité entre toutes les souffrances humaines »

    Alors que la loi Taubira reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité fête ses 25 ans, en France, « pays aux trois abolitions dont deux officielles », le sujet reste sensible, estime le président du collectif, regrettant « une histoire encore aujourd’hui difficilement évocable, assumable ». Il en veut pour preuve une « institutionnalisation compliquée » avec un comité de la mémoire de l’histoire de l’esclavage « dirigé par des personnes légitimes et compétentes », disparu en 2019 « avec la création de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, opposant les associations les unes contre les autres en distribuant des labels ». Un label qu’il vit comme « une hérésie ».

    En plaçant la cérémonie sous le thème des « résistances », aux « oppressions, au racisme, à l’antisémitisme, à l’esclavage moderne avec ses 50 millions de victimes », Wally Tirera inscrit le collectif en « solidarité entre toutes les souffrances humaines, dans le partage de cette histoire dramatique, notre histoire commune ». Rappelant que 6 000 organisations à travers le pays œuvrent à cette mémoire, il prône « l’unité et la concorde ». L’hommage s’est terminé en silence avec le jet de pétales dans l’eau du Vieux-Port.