Tag: solidarité

  • À Marignane, Sabena technics jette l’éponge et ses soixante-dix salariés

    À Marignane, Sabena technics jette l’éponge et ses soixante-dix salariés

    Bonjour, on a appris la fermeture du site et on vient vous proposer notre aide et notre solidarité », lance François Le Verne au premier automobiliste se présentant au portail de Sabena Technics, à Marignane. Ce lundi, dès 5h30, ce militant retraité de l’Union locale CGT de Vitrolles-Marignane, accompagné d’autres syndicalistes, s’est présenté devant les emblématiques hangars Boussiron, investis par l’entreprise de maintenance aéronautique spécialisée dans les hélicoptères.

    Certains travailleurs s’arrêtent et échangent quelques mots. D’autres passent, la mine grise. Pour l’un d’entre eux, « c’est fini ! Je prends ma retraite », lance-t-il. Car l’entreprise ferme, aussi étonnant que cela puisse paraître dans le secteur aéronautique. 70 emplois directs sont menacés. Le climat est évidemment morose. « C’est incompréhensible. Il n’y a que colère et dégoût », livre ce mécanicien, présent depuis trois ans dans l’entreprise. « Il n’y a quasiment que des jeunes dans l’équipe, et si tu dis quelque chose, tu te fais dégager », dépeint-il, estimant que « l’aéronautique est un petit monde, faut pas faire de bruit si on veut travailler à côté ». Un autre salarié dit attendre juillet « pour se décider, si on bouge », en fonction des annonces de la direction.

    « La Ville doit agir »

    Le milieu de l’été est donc la période durant laquelle les travailleurs rencontrés estiment que sera mis en place le plan de sauvegarde de l’emploi. Dans ce contexte, l’Union locale CGT de Vitrolles-Marignane joue son rôle. « On a une permanence juridique à Vitrolles avec un expert des lois qui siège aux prud’hommes », explique François Le Verne aux salariés. « Si on te propose un PSE avec juste les indemnités légales, c’est pas la peine. Se mobiliser d’une manière ou d’une autre peut permettre d’aller chercher un peu plus », lance directement le syndicaliste à l’un d’entre eux. La démarche est assumée : « Nous, on amène la solidarité et on accompagne l’éventuel mouvement social. Mais ce sont les salariés qui décident », assure le syndicaliste.

    Dans le même temps, la conseillère municipale d’opposition (PCF), Ariane Lombardi, présente avec son colistier Youssef El Ouanaghly (PS), s’interroge : « On parle de 70 emplois directs, mais combien d’indirects ? ». « Nous sommes aux côtés de la CGT, en soutien des salariés, dans cette période difficile. Ils n’ont pas à subir des décisions prises sans eux », affirme l’élue. « Nous demandons à la mairie de prendre conscience de la situation et d’aller demander le reclassement digne des salariés auprès de la direction. La majorité ne peut pas se dispenser de cette initiative quand la casse sociale a lieu sur son territoire », estime Ariane Lombardi.

    Sollicitée, la direction de Sabena Technics n’a pas donné suite à nos demandes.

  • Les aides à domicile héraultaises toujours mobilisées

    Les aides à domicile héraultaises toujours mobilisées

    Nous ne serons plus invisibles. Nous ne serons plus silencieux. Nous ne serons plus les oubliés du social. Nous sommes les aides à domicile, nous sommes essentiels et nous ne lâcherons rien. » Céline Roig est en colère.

    Comme une soixantaine de personnes, cette aide à domicile de Présence Verte Services était devant les grilles du
    conseil départemental, à Montpellier, ce 23 juin afin de dénoncer les conditions de travail fortement dégradées de la profession. Un nouveau rassemblement après une première mobilisation, fin avril. Car les mesures gouvernementales
    -entrées en vigueur le 1er juin- n’ont guère convaincu les aides à domicile. « Les coefficients de la grille de rémunération ont été un peu revalorisés, ce qui représente 40 euros en net pour un temps plein. Mais 80% d’entre nous sont à temps partiel, ce qui fait que l’augmentation est de 20 euros en moyenne », soupire Christelle Fanjaud, déléguée CGT de l’association ADMR (Aide à domicile en milieu rural) Orb et Thongue.

    À cela s’ajoute une hausse de l’indemnité kilométrique, passant de 38 à 40 centimes. « Deux centimes pour parcourir plus de 10 km à chaque déplacement, parfois bien davantage. Deux centimes pour tenir debout un métier essentiel », se désole Céline Roig, également déléguée CGT de Présence Verte Services. Là où le bât blesse, c’est que ces mesures semblent être restées de simples paroles. « Qui va financer ? C’est au gouvernement de le faire, c’est lui qui a pris la décision », estime Christelle Fanjaud, craignant que ce soit aux associations de prendre sur leurs propres fonds afin de financer la mesure. Une délégation a d’ailleurs été reçue par le Département, qui partage le même constat. « L’État décide mais n’accompagne pas financièrement, on va faire remonter cette question de moyens. On ne les lâchera pas », soutient Patricia Weber, vice-présidente déléguée à la solidarité, qui annonce également des réunions tripartites avec les aides à domicile et employeurs.

    Des mesures prises pour répondre à l’urgence mais qui ne convainquent pas les grévistes, lesquelles réclament « une valeur du point à 8 euros, une indemnité à 60 centimes et un vrai parcours de formation. » D’autant que ça ne règle en rien les problèmes de fond que connaissent les aides à domicile, notamment une perte de sens du métier. À l’instar de Béatrice, administratrice dans une entreprise d’aides à domicile : « Il y a une pénibilité morale. Soutenir des déprimés à longueur de journée est fatigant. Je me fais insulter au téléphone au moins cinq fois par jour par des gens qui ne veulent pas d’aides à domicile blondes ou grosses ou des hommes, etc. » Sans parler des conditions de travail pouvant changer du jour au lendemain, rendant l’organisation de leur vie privée plus difficile. De fait, certains jettent l’éponge, le turnover étant important au sein des structures. Il est donc primordial de rendre plus attractif le métier. « Moins de salariés, moins d’associations et d’activités. Et pourtant les besoins augmentent. Les seniors sont de plus en plus nombreux et de plus en plus dépendants », fait valoir Céline Roig.

  • Passe d’armes autour du bilan financier du Département

    Passe d’armes autour du bilan financier du Département

    Politique

    Nous n’avons pas cramé la caisse ». Yves Moraine, vice-président et rapporteur général du budget (LR), a largement défendu la gestion financière de la majorité de droite à la tête du Département des Bouches-du-Rhône. Car ce sont le rapport d’activités des services du département pour l’exercice 2025 et le compte administratif pour la même année, c’est-à-dire le budget principal de la collectivité, qui ont agité les débats ce vendredi. « 2025 a démontré notre capacité à tenir nos engagements malgré le contexte économique. Notre collectivité reste l’un des premiers acteurs de la proximité », a vanté la présidente (DVD) du département Martine Vassal. Laquelle insiste sur « la solidarité avec près de 1,6 milliard d’euros consacrés à nos politiques de solidarité, près de la moitié de nos dépenses ». Arnaud Mercier, qui a défendu le rapport d’activités, évoque même un « bouclier social ». La communiste Magali Giorgetti remet les pendules à l’heure. Elle appelle à un « un renforcement de la cellule de recueil des informations préoccupantes », un service départemental de la Direction de la Protection de l’enfance. « Il y a eu une hausse de 68% des informations de situations préoccupantes entre 2019 et 2024, cela entraîne une sollicitation accrue des professionnels de la protection de l’enfance », explique-t-elle. Avant de dérouler : « Je m’inquiète aussi du nombre de recours pour l’accès aux droits : que ça soit pour la MPDH [Maison Départementale des Personnes Handicapés, Ndlr.], RSA [revenu de solidarité active] ou mises à l’abri… ». D’où son alerte sur les conditions d’exercice des agents du Département : « Il y a des situations récurrentes qui entravent leurs missions : vacances de postes, renfort avec des contrats précaires ».

    Même principe lorsque Yves Moraine défend le compte administratif de l’année passée, s’appuyant notamment sur la note de l’agence de notation Fitch en « A+» pour le budget 2025 de la collectivité. « La situation des finances du département est saine. Ce qu’on économise dans les dépenses de fonctionnement, on peut le mettre pour la solidarité », assure-t-il.

    Les transfuges d’extrême droite taclés à la gorge

    Sauf que cette fois, c’est l’extrême droite qui tente mollement de monter au créneau, par la voix de Cédric Dudieuzère (RN) : « Remettons cette notation dans le contexte : c’est loin d’être la note la plus élevée, c’est celle de la France. Le département avait « AA» en 2015 ». Autant dire qu’il est bien reçu par Yves Moraine : « Votre intervention n’a ni queue ni tête. On ne pouvait pas obtenir mieux puisqu’une collectivité ne peut pas avoir plus que l’état. Et vous soutenez donc le bilan de Jean-Noël Guérini [Président du département de 1998 à 2015] ». Et de tacler : « Il y a au moins 3 de vos collègues qui ont soutenu cette politique ! La fidélité est une maladie du chien non transmissible à l’homme ». Référence à la création du groupe « La Provence qu’on aime », alliance de transfuges LR passés à l’UDR d’Éric Ciotti avec le RN. Justement, Marie-Pierre Callet, ex-vice-présidente du département et ex-LR, aujourd’hui tête de liste RN aux sénatoriales, tente de justifier son retournement de veste : « C’est le fruit d’une réflexion mûrement réfléchie, un choix de clarté politique ». Le socialiste marseillais Anthony Khreimeir la reprend de volée : « Nous appelons ça un repositionnement ». Mais s’inquiète sur le fond : « Derrière ces trajectoires individuelles, il y a quelque chose de plus grave : le RN avance dans ce département, en offrant des têtes de liste et des perspectives de mandat à des personnes en recherche de reconversion ». Et sur le fond, le groupe de l’extrême droite s’abstient sur le vote du budget. De quoi provoquer un rictus d’Yves Moraine : « S’abstenir sur l’exécution d’un budget qu’on a approuvé et qu’on a exécuté en tant que délégués, ça manque de cohérence… ».

  • À Avignon, la CGT mobilisée pour le pôle solidarité et le RSA

    À Avignon, la CGT mobilisée pour le pôle solidarité et le RSA

    Les rassemblements de la CGT en amont des séances plénières du Conseil départemental de Vaucluse font désormais presque partie du déroulé, avec des manifestations à plusieurs reprises ces dernières années. Et un nouveau est prévu ce vendredi 26 juin contre la réorganisation du pôle Solidarité sous sa forme prévue ainsi que pour dénoncer la politique de la collectivité autour du RSA.

    Dans un tract, le syndicat regrette ainsi une « réorganisation trop floue » du service. Et assure que les agents n’ont pas encore été informés des futurs organigrammes, des missions exactes qui leur seront attribuées, des impacts sur les différents postes ou encore des « conditions d’exercice ». Avec une interrogation également sur la non-réintégration de la direction Insertion-Emploi au pôle Solidarités, estimant que « tout est lié » entre insertion, accompagnement social ou encore parcours vers l’emploi. Et demande « une réponse claire et une réponse approfondie sur ce choix d’organisation ».

    Contacté par La Marseillaise, le Département n’a pas répondu dans les délais impartis pour la publication de cet article sur le sujet.

    Réaction demandée

    La question de la politique de gestion du RSA va également être remise sur la table. Le Vaucluse étant le département où le versement a le plus reculé ces dernières années. Dans une lettre ouverte publiée le 13 juin dernier est pointé le « durcissement progressif de la gestion du RSA ». En citant la chute de 32% du nombre de bénéficiaires entre 2022 et 2025. « Sous couvert de contrôle, d’”accompagnement renforcé” et d’économies budgétaires, votre collectivité multiplie les dispositifs de sanctions, de suspensions et de radiations qui frappent directement les personnes les plus précaires de notre département », poursuit le syndicat. Qui, « à défaut de réponse et de mesures concrètes », prendra « toutes les initiatives nécessaires pour dénoncer publiquement cette situation ». Sans préciser si des poursuites vont éventuellement être engagées contre la collectivité, comme cela a été le cas dans le Finistère il y a une semaine, où la CGT et six allocataires ont porté plainte contre le Département du nord-ouest de la France.

    « On ne peut pas être contre le fait de remettre des gens au travail, tout ne peut pas être blanc ou noir mais des ajustements ont été faits », se justifiait la présidente en sortie d’hémicycle le lundi 31 mars dernier.

  • Ambroise Croizat, une vie sous l’œil de la caméra

    Ambroise Croizat, une vie sous l’œil de la caméra

    « Cest le monument le plus abouti que l’on ait en France. » Autour de cette stèle dédiée à Ambroise Croizat, père de la Sécurité sociale, des ouvriers du bâtiment s’affairent. Mais un homme, aux traits étrangement semblables au buste qui lui fait face, reste pensif devant cette stèle en hommage à l’ancien ministre du Travail (PCF) et secrétaire général de la Fédération de la métallurgie de la CGT. « Le texte a de la gueule », signifie-t-il, avant de désigner « d’un côté le couple de vieux et de l’autre la famille » gravés sur le monument. « Ça symbolise les deux piliers de la Sécu que sont les retraites et les allocations familiales », explique Pierre Caillaud-Croizat, petit-fils de l’architecte de la Sécurité sociale.

    Ce dernier est accompagné du journaliste Emmanuel Defouloy et d’Aubin Hellot, réalisateur, en pleine production d’un film biographique retraçant la vie d’Ambroise Croizat. Le passage à Port-de-Bouc était obligé : « Il est passé en 1947 pour soutenir la grève. Alors la classe ouvrière a voulu lui rendre hommage en érigeant cette stèle », retrace le maire (PCF), Laurent Belsola, devant la caméra, face au monument, lors d’un échange avec Maixent Bitan de l’Union locale CGT, venant en conclusion du film. « Il y a une grande culture ouvrière à Port-de-Bouc, c’était normal de lui rendre hommage, estime le syndicaliste. La Sécu couvre tous les soucis des travailleurs de la naissance à la mort. Ambroise Croizat a érigé une première pierre du système idéal d’émancipation populaire, grâce à la cotisation sociale et la richesse produite par les travailleurs. »

    C’est à la mort du père de la Sécu, en 1951, que la CGT, le PCF et les ouvriers port-de-boucains ont érigé cette stèle, l’année suivante. « La préfecture avait mis son veto », rappelle Pierre Caillaud-Croizat. « Oui, mais la mairie communiste et la CGT ont fortement insisté et le préfet a cédé », relève dans un sourire Laurent Belsola.

    « Un outil d’éducation populaire »

    « La Sécu vient d’un projet de société basé sur la solidarité et l’émancipation, reprend Pierre Caillaud-Croizat. Les Français sont 86% à manifester leur attachement à la Sécu. Je rêve de remettre les complémentaires dans le giron de la Sécu, car le système assurantiel coûtera toujours plus cher que le solidaire. Il faut faire comprendre aux jeunes que le libéralisme et la loi du plus fort ne servent que quelques-uns. »

    C’est justement l’enjeu de formation syndicale que soulève Maixent Bitan, après la séquence. « Quand on fait une formation à la lecture de fiche de paye pour des minots de 18 ans, ce n’est pas toujours simple. Utiliser des extraits de votre film pourra nous servir en interne », suggère le responsable CGT. C’est l’esprit de l’auteur. « On fait du cinéma d’éducation populaire », assume Emmanuel Defouloy. Aubin Hellot détaille : « On retrace la vie d’Ambroise Croizat à partir de l’ouvrier syndicaliste jusqu’au ministère où il construira le système social français. » Mais aussi « comment s’est construite la victoire à partir de la grande répétition de 1936 et du système social des métallos, qu’il a ensuite étendu à tout le pays », précise-t-il.

    Pierre Caillaud-Croizat va plus loin : « Le film apporte un éclairage à l’histoire officielle, qui laisse penser que la Sécu est née de la bonne volonté d’un gouvernement bourgeois. » Alors que « c’est le résultat de très longues luttes et de la mobilisation du monde du travail. Quand Croizat est arrivé au ministère, il y avait les ordonnances, mais il fallait les concrétiser. Les travailleurs ont rénové les bâtiments des futures caisses puis formé les administrateurs, c’est comme ça que ça a vu le jour, en un an », conclut-il.

    Le tournage se poursuit jusqu’en septembre, avec pour ambition une première diffusion à l’Assemblée nationale, lors de la pose d’une plaque dédiée au député Croizat, à sa place historique.

    Un « instrument de combat politique » présenté à l’Union locale CGT

    L’auteur et le réalisateur étaient à l’Union locale CGT, jeudi en fin de journée, pour un échange avec des syndicalistes et élus de la Ville. « C’est un documentaire d’une durée de 1h10 sur la vie de Croizat, pas sur la Sécu. C’est le mouvement ouvrier, des millions de personnes en lutte qui ont bâti notre modèle social avec le seul ministre du Travail ouvrier depuis 1906 », explique Emmanuel Defouloy. « Un instrument de combat politique qui sortira début 2027, c’est pas anodin », pour Aubin Hellot. « On s’inscrit dans la tradition d’éducation populaire de la CGT », complète Pierre Caillaud-Croizat.

  • [Entretien] Béatrice Abella, France Cuba Hérault : « On est passé d’une lente asphyxie à l’assassinat du peuple Cubain »

    [Entretien] Béatrice Abella, France Cuba Hérault : « On est passé d’une lente asphyxie à l’assassinat du peuple Cubain »

    La Marseillaise : D’où vient l’idée de cette caravane européenne solidaire avec Cuba ?

    Béatrice Abella : Elle est née de la volonté de parler de ce blocus lors d’une réunion en visio qui réunissait plusieurs associations européennes ( d’Angleterre, d’Espagne, des Pays-Bas, de Belgique, d’Italie, de France…) au cours de laquelle nous nous sommes inquiétés des difficultés de plus en plus grandes à faire parvenir l’aide à Cuba. C’est l’association italienne qui a lancé cette idée de caravane solidaire qu’on a appelé « Let Cuba Breathe ».

    Aujourd’hui, l’aide ne parvient plus à Cuba ?

    B.A. : Non. Jusqu’ici, on arriverait à acheminer la solidarité matérielle. Aujourd’hui avec ce siège imposé par Trump, on ne peut plus. Par exemple dans l’Hérault on parraine trois orphelinats proches de La Havane. On passait nos commandes de lait infantile et de vivres par un magasin espagnol en ligne installé à Cuba mais depuis une dizaine de jours, les cartes Visa et Master Card ne fonctionnent plus dans l’île. Donc les Cubains ne reçoivent plus cette aide et pas non plus celle de leurs familles installées à l’étranger.

    Et l’aide matérielle que vous collectez n’arrive plus non plus ?

    B.A. : Non. Un conteneur devait partir de Midi-Pyrénées, mais on ne trouve pas de bateau. Notre économie est tellement dépendante de celle des États-Unis, que tout le monde baisse la tête aux injonctions de Trump et à ses lois extraterritoriales qui menacent tous ceux qui veulent aider Cuba ou même commercer avec Cuba. Même Air France a arrêté ses liaisons avec Cuba depuis mars. On est passé de l’asphyxie d’un embargo qui dure depuis 64 ans à l’assassinat de tout un peuple. Et les gouvernements européens sont complices par leur silence face à Trump qui bafoue le droit international. Il n’y a qu’une exception celle du gouvernement espagnol courageux malgré les menaces et les sanctions nord-américaines.

    La caravane s’est arrêtée
    le 10
     juin à Strasbourg devant
    le Parlement européen.
    à quelle occasion ?

    B.A. : C’est qu’une résolution du groupe de droite souverainiste qui demande la suspension formelle de l’Accord de dialogue politique et de coopération (ADPC), qui lie l’Union européenne à Cuba depuis plusieurs années doit être soumise au vote des députés le 18 juin. On se rend compte que c’est une bataille idéologique qui n’est pas menée que par Trump mais par tous les députés libéraux qui veulent comme lui faire tomber ce symbole qu’est Cuba dont les dirigeants Che Guevara et Fidel Castro qui continuent, même disparus, à parler au monde entier.

    Le 11 juin, la caravane était à Paris, à l’Assemblée nationale pour soutenir un texte complètement à l’opposé.

    B.A. : Oui une proposition de résolution présentée par Stéphane Peu du groupe GDR, visant à soutenir Cuba face au blocus américain. Le texte qui était prévu en fin de la niche parlementaire de ce groupe n’a pas pu être débattu ni voté mais il était un signal de solidarité internationale à La Havane au moment même où les institutions européennes s’orientent vers un durcissement de leurs relations avec l’île.

    Que se passera-t-il exactement
    le 20
     juin à Béziers ?

    B.A. : à 16h, un grand rassemblement accueillera la caravane au Champ de Mars ? Nous avons invité la population mais aussi les élus. Il sera suivi d’une manifestation en ville, puis une soirée musicale de solidarité* aura lieu à la Bourse du Travail animée par le groupe les Zétourdis.

    On vous sent particulièrement révoltée par ce qui est imposé
    au peuple cubain
     ?

    B.A. : Oui car pendant que d’autres pays exportent des armes ou font la guerre, Cuba envoie des brigades médicales dans le monde entier. Elles ont combattu le choléra en Haïti, Ebola en Afrique, le Covid dans une vingtaine de pays du monde… Cuba mérite le soutien solidaire du monde entier.

    * Avec restauration sur place

  • À Marseille, une soupe fraternelle pour l’urgence alimentaire

    À Marseille, une soupe fraternelle pour l’urgence alimentaire

    Un appel lancé alors qu’une centaine de responsables des Banques alimentaires d’Europe se réunissent à Paris pour faire face à la crise.

    à Marseille, « nous avons franchi, en 2025, le cap des 30 000 rencontres. C’est 15% de plus que l’année précédente et 50% de plus qu’il y a dix ans », explique Baptiste Jeansoulin, animateur des équipes de tournées de nuit, qui ajoute : « Des gens ont faim. Il y a une nécessité d’ouvrir un, voire plusieurs lieux pour qu’ils puissent se restaurer dignement. » Car pour répondre à ces besoins alimentaires exponentiels, l’équipe mobile du Secours catholique a, pour la première fois depuis 30 ans, suspendu pendant deux semaines ses maraudes auprès des plus isolés.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les combattants précaires aidés

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les combattants précaires aidés

    « Mieux repérer et accompagner les anciens combattants en situation de grande précarité » : tel est l’objectif de la convention signée, mardi, entre la préfète, l’Office national des combattants et des victimes de guerre (ONaCVG) et la Protection civile. Cette convention crée un dispositif de détection et d’orientation pour repérer les situations de précarité et de détresse chez les anciens combattants. C’est « une première nationale », selon la préfecture.

    « Les bénévoles de la Protection civile, présents sur le terrain lors des maraudes, pourront repérer et signaler à l’ONaCVG toute personne susceptible d’être ressortissante de l’Office afin qu’elle soit identifiée, contactée et accompagnée dans ses démarches », explique la préfecture. De son côté, l’ONaCVG pourra alerter la Protection civile de la situation d’un ressortissant sans abri afin qu’une maraude soit organisée.

    « Ce que le service public doit être »

    « En associant l’ONaCVG et la Protection civile autour des anciens combattants les plus précaires, nous créons une chaîne de vigilance. La reconnaissance de la Nation se voit traduite en actes, en présence et en humanité concrète. C’est ce que le service public doit toujours être : discret, patient, obstinément tourné vers les autres », avance la préfecture.

    Le département compte près de 5 000 ressortissants de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre : combattants de toutes générations du feu, blessés, invalides, harkis, veuves, orphelins ou encore victimes d’actes de terrorisme. « Derrière chaque dossier, il y a une vie, derrière chaque demande, il y a une dignité à préserver », souligne la préfecture.

    La préfète Isabelle Tomatis, la directrice générale de l’ONaCVG Marie-Christine Verdier-Jouclas et le président de la Protection civile 04 Samuel Juestz d’Ynglemare ont signé la convention à l’occasion du conseil départemental des anciens combattants, mardi.

  • Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    Une intersyndicale bien décidée à résister aux politiques antisociales

    « On a décidé, avec les organisations syndicales progressistes, celles qui ont conscience du moment dans lequel on se trouve, de nous mobiliser aujourd’hui devant l’UPV », commence le secrétaire général de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Et de poursuivre : « On a des adversaires de classe aussi bien dans la classe politique que dans le patronat visiblement, puisqu’ils s’acoquinent les uns avec les autres. »

    D’où la nécessité de se rassembler et de construire un rapport de force pour refuser cette connivence antisociale et leurs offensives. « La majorité gouvernementale, bien aidée par l’extrême droite, veut voler le 1er Mai aux salariés qui sont en première ligne, c’est-à-dire les salariés du commerce », reprend le patron de la CGT dans le Var.

    Une nouvelle tentative d’enfoncer aujourd’hui un coin dans les acquis sociaux, après deux premières charges infructueuses en janvier et en avril, avec le passage au Sénat « d’une proposition de loi qui ouvre en grand les possibilités de déroger au 1er Mai avec le travail des boulangeries et des fleuristes ».

    Un attrape-nigaud, prévient-il, puisque derrière la rhétorique de défense du petit commerce, c’est encore au profit des grands groupes, comme Interflora et Carrefour, que la majorité veut légiférer. « Et si on laisse passer ça, on s’expose à d’autres coups bas, met en garde Richard Roméo-Giberti. On voit très bien que leur intention, c’est de s’attaquer in fine, notamment à la cinquième semaine de congés payés ». Et de poursuivre : « Le 1er Mai, on n’y touche pas. C’est le seul jour chômé pour tout le monde et c’est le fruit de décennies et de décennies de luttes sociales. »

    Pas de justice sociale

    sans solidarité

    Pas question en tout cas, « après s’être fait voler deux ans de vie avec la retraite à 64 ans », d’accepter de laisser banaliser le travail le 1er mai, « au nom du profit et des lobbies économiques ».

    « Nous refusons cette attaque symbolique et sociale ! Le 1er Mai est un jour de solidarité, de lutte et de conquêtes sociales. Il appartient au monde du travail, pas aux actionnaires », affirme avec force Zoé Desmoulins (Solidaires), lors de la prise de parole de l’intersyndicale.

    Géraldine Compain (Unsa) met en évidence, elle, que « faire travailler davantage celles et ceux qui peinent déjà à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix de l’alimentation, à l’augmentation des loyers et des factures d’énergie, aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain ». D’autant plus une aberration, dénoncent les syndicats, que pendant que « la vie chère étouffe la population, les grandes entreprises accumulent les profits ».

    L’intersyndicale exige donc l’augmentation immédiate des salaires, pensions et minima sociaux ; l’indexation des salaires sur les prix ; ainsi que le blocage des prix des produits de première nécessité et de l’énergie.

    Julie Birebent (FSU) a rappelé comment, pendant ce temps, comme toujours, « l’extrême droite tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat ». Et vote, impunément pour l’instant, contre les intérêts des salariés, contre les droits syndicaux et contre les solidarités.

    « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division », a martelé Anaïs Pascual (CGT). De l’unité, il va en effet en falloir pour défendre efficacement les droits et les libertés menacés. « Il n’y a pas de justice sociale sans démocratie et sans solidarité », insiste-t-elle. Et de poursuivre : « Nous exigeons des salaires pour vivre, pas survivre ! »

    Une aspiration largement partagée qui devra se traduire par de grandes mobilisations politiques et sociales pour aboutir.

  • À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    Voilà 137 ans que la IIe internationale socialiste, réunie à Paris le 20 juillet 1889, a décidé de faire du 1er mai une journée de manifestation dédiée aux droits des travailleurs. Sanctuarisée au fil du temps, elle devint un jour férié et chômé en France en 1946, et est célébrée dans le monde entier en tant que Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs.

    Une loi « au nom du profit »

    Sauf que cet acquis est aujourd’hui remis en cause. Il l’a d’abord été de manière diffuse par François Bayrou, qui, alors Premier ministre, proposait en juillet 2025 de supprimer deux jours fériés, sans les cibler précisément, pour générer des recettes supplémentaires dans le cadre du projet de budget 2026. En avril, son successeur, Sébastien Lecornu, a remis l’idée sur la table en autorisant « les boulangers indépendants artisans, les fleuristes indépendants artisans (à) ouvrir ce 1er-Mai ». De quoi ouvrir une brèche, après avoir repoussé, sous la pression syndicale, un projet de loi. C’est une proposition de loi qui sera examinée par le Sénat ce 16 juin examinera. Si elle se limite aux boulangers et fleuristes, le danger de la généralisation est réel.

    De quoi susciter la colère de l’intersyndicale Unsa-CGT-Solidaires-FSU dans le Var. « Après les retraites, les droits sociaux et les services publics, le gouvernement veut banaliser le travail le 1er-Mai au nom du profit et des lobbies économiques », dénonce-t-elle, appelant à se mobiliser ce même jour, à 12h, devant les locaux de l’Union patronale du Var.

    « Faire travailler davantage celles et ceux qui peinent à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix [..], aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain », pointent les syndicats, qui dénoncent également les manœuvres de « l’extrême droite, [qui] tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat. Elle vote contre les intérêts des salariés, les droits syndicaux, les solidarités ». Avant de conclure : « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division ! »