Après un week-end de permanence assuré par les élus de la commune, la collecte se poursuit pour une dernière journée ce lundi 3 août, à la salle 35 de l’Espace Vie Associative 99 avenue Desmazure, de 8h à 16h30. Les dons collectés seront ensuite acheminés dans le cadre d’une organisation mutualisée à l’échelle de l’Agglomération Sud Sainte Baume.
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Au centre d’hébergement de Lorgues, la solidarité pour réchauffer le cœur des évacués de l’incendie du Gros Bessillon
Samedi, midi et demi. L’heure du repas au centre d’hébergement de la salle François Mitterrand de Lorgues, où étaient accueillies jusqu’à 90 personnes évacuées en provenance du Val, de Montfort-sur-Argens et de Carcès, entre vendredi et dimanche. Dans les assiettes, taboulé fait maison, gigot d’agneau et boulettes de bœuf. Et surtout, une bonne dose de réconfort pour celles et ceux dont le quotidien a à nouveau été bouleversé par la reprise de l’incendie du Gros Bessillon vendredi. « À Carcès, on avait été très bien accueillis mais on n’avait eu que des sandwichs, là c’est un vrai bon repas » saluent Jacqueline et Frédéric, couple de retraités vivant à Montfort, dont c’est la deuxième évacuation. Ils passent la journée au centre, mais dorment dans un studio généreusement mis à disposition par une habitante de Lorgues, au vu de leur santé fragile.
Un élan de solidarité dont ils n’ont pas été les seuls à profiter. À leur table, Alexis, lui aussi résident de Montfort, a été contraint d’évacuer dans la précipitation, hâté par les cris des gendarmes venus sommer la population de plier bagage vendredi après-midi. « Je ne voulais pas partir, je suis resté dans le secteur, mais j’ai fini par ne pas avoir le choix », avoue-t-il, encore marqué par la vision « de la colline de Montfort dévorée par les flammes ». Toutefois, s’il n’a pas dormi de la nuit, c’est moins par inquiétude que pour l’avoir passée à discuter avec un élu lorguais, venu tenir compagnie aux évacués. « Je retiens davantage le merveilleux accueil qu’on a reçu que la peur du feu », s’émeut-il. À ses côtés, Maryline, sa voisine, qu’il a embarqué avec lui au moment de fuir. Tous deux ont tout juste eu le temps de préparer quelques bricoles et de prendre leurs animaux de compagnie sous le bras. « Ce matin, un bénévole m’a amené des affaires de rechange et d’hygiène », explique-t-elle. « J’avais oublié ma brosse à dents, et sans rien demander, on m’en a ramené une avec du dentifrice dans l’heure », ajoute Alexis, reconnaissant au point de vouloir emménager dans la commune dans les prochains mois.
« C’est la Provence noire, plus la Provence verte »Rien de plus naturel pour celles et ceux qui donnent de leur temps. C’est déjà la deuxième fois en l’espace de quelques jours, « et jamais deux sans trois », plaisante Jean-Louis, l’un d’entre eux, sous les protestations des autres, qui aimeraient voir la situation se calmer. Parmi eux, Pouranne Weise, conseillère municipale. Arrivée à Lorgues il y a quelques années, elle a décidé de s’y engager pour « l’esprit des habitants. Les gens sont très accueillants, à l’écoute des autres. » Illustration : au-delà des vivres et des vêtements, fruits de dons de particuliers, et de dotations du Secours Populaire, de la préfecture et de la mairie, une habitante, psychologue à la retraite, est venue écouter ceux qui en avaient besoin samedi matin.
Malgré tout, l’inquiétude reste dans un coin des têtes. « On va peut-être revenir dans une commune qu’on ne connaît pas », se prépare déjà Alexis. Verdict le soir-même, puisque les habitants de Montfort ont pu regagner leurs habitations au vue de l’évolution positive de la situation, le cœur du village ayant été épargné. La question de l’origine du feu revient aussi, forcément. « J’en suis persuadée, c’est prémédité », n’en démord pas Jacqueline, contrariée par « un sentiment d’impuissance » et qui imagine même « un complot d’État » comme explication à ces incendies intempestifs. Maryline, elle, redoute « des actes terroristes avec tous ces départs de feu simultanés. Quand on a annoncé l’incendie fixé, je pensais que c’était fini. J’ai l’impression d’être dans un film d’horreur ». Quoi qu’il en soit, elle sera désormais intransigeante : « Si je vois quelqu’un jeter son mégot, je n’hésiterai plus à appeler la police », assure-t-elle, dépitée par le coût de l’irresponsabilité, qui change « la Provence verte en Provence noire ».
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Les acteurs de l’hébergement d’urgence disent « non » à l’État dans les Bouches-du-Rhône
Un non, « en lettres majuscules ». Unies, la vingtaine d’associations qui agissent dans l’hébergement d’urgence dans les Bouches-du-Rhône opposent un front commun aux directives reçues par courriel, lundi soir, de la DEETS (Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités), demandant de remettre à la rue six ménages actuellement hébergés à l’hôtel, faute de mieux.
Une décision qui arrive au bout de lentes restrictions. « Il y a eu, depuis deux ans, une sélection sur des critères de vulnérabilité, sur l’âge, la présence de bébés, les malades », explique Christophe Magnan, administrateur du SIAO 13, plateforme en charge notamment du 115. Puis « les critères ont laissé place à un critère », les femmes victimes de violences, poursuit-il, pour arriver à un conditionnement à « la persistance d’une menace active ». Ce qui a « conduit le SIAO à orienter entre 0 et 2 personnes par jour » avec 267 personnes sans solution, s’indigne-t-il. Puis, « il nous a été interdit de proposer des solutions d’hébergement d’État à des femmes isolées, enceintes, ou ayant au moins un enfant de moins de 3 ans », au motif qu’elles relèvent de la compétence du Département.
Le courriel de la DEETS vient couronner le tout. « Il s’agissait de nous demander de mettre fin à l’hébergement de six ménages en hôtel avec au moins trois enfants en bas âge », précise Christophe Magnan. Au total, 19 personnes sont priées de retourner à la rue, faute de proposition alternative, pour répondre à un objectif « comptable », fixé par l’État, de 1 500 nuitées par jour. Inacceptable pour les associatifs, qui ont signifié leur refus d’obéir en retour de message. « Non, le groupement ne mettra pas ces personnes à la rue. Ni celle-là, ni les suivantes », martèle le responsable du SIAO13.
En toute illégalitéPour des raisons humanitaires, évidentes, et légales. Car selon les articles L. 345-2-2 et 2-3 du Code de l’action sociale et des familles, le droit à l’hébergement d’urgence est inconditionnel, rappelle Thierry Mila président de la Fédération des acteurs de la solidarité Paca Corse, réclamant au passage l’ouverture du dialogue pour la mise en place d’une stratégie durable et de moyens « budgétaires à la hauteur ».
Les associations se disent prêtes à engager un recours en justice si le préfet venait à utiliser la force publique. Toutes craignent que cette instruction ne soit qu’un « ballon d’essai ». Comme cela s’est passé « à Strasbourg, Bordeaux, Toulouse ou Montpellier », témoigne Thierry Mila. Même si, dans les faits, bien que concepteur de la base de données du SIAO, qui sert à établir des statistiques et coordonner l’action des travailleurs sociaux, l’État ne dispose pas, a priori, des noms et de la situation exacte des familles.
Cette décision s’inscrit dans un contexte déjà catastrophique. Avec 5 400 places d’hébergement d’urgence disponibles dans les Bouches-du-Rhône, 9 000 demandes ont été recensées par le SIAO, 4 000 personnes sont toujours en attente, à la rue ou dans un hébergement de fortune. Et ce n’est que « le sommet de l’iceberg », pointe Francis Vernède, directeur régional Paca de la Fondation pour le logement des défavorisés, quand seulement une personne sur cinq appelle le 115. Il souligne aussi un manque de vision, dont le coût sera social, sanitaire, judiciaire. En se mettant « dans la peau d’un libéral », il insiste : « Proposer des hébergements dignes à des ménages, c’est pourtant leur donner la possibilité, demain, de devenir solvable, de participer à l’économie classique. »
À la suite du SIAO, les fédérations d’acteurs sociaux puis le Secours catholique, ce vendredi, ont aussi interpellé le préfet par courrier. Le maire de Marseille a également pris la plume, s’adressant directement au Premier ministre.
Contacté de nouveau par La Marseillaise, le préfet n’a pas répondu. Cette instruction intervient dans une certaine vacance administrative, où la préfète déléguée à l’égalité des chances, promue préfète de l’Aisne, prendra ses fonctions au 31 août, ainsi que son remplaçant.
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À Aix, un appel aux dons pour loger les demandeurs d’asile
Avant d’expliquer les raisons de cette initiative, le collectif Agir, dont le siège est basé avenue de l’Europe à Aix-en-Provence, rappelle ses fondamentaux : « On existe depuis plus de 10 ans. Le collectif a été créé après la décision de François Hollande d’accueillir 25 000 Syriens fuyant la guerre. La question s’est alors posée : où allons-nous les loger ? », retrace Fabien Poilleux, trésorier du collectif Agir.
Depuis, ce regroupement d’associations, passé de plus de 30 membres à 25, prend en charge les demandeurs d’asile « de A à Z ». Notamment sur les questions de logement. Dans cette optique, le collectif, associé à la Fondation des Petites Pierres, plateforme de financement participatif à destination des associations, lance un appel aux dons. L’objectif est de réunir 15 000 euros, grâce à la participation du collectif et à celle de la Fondation des Petites Pierres, afin de financer la location de logements.
« On a de moins en moins d’hébergeurs solidaires, mais pour accueillir des demandeurs d’asile qui frappent à la porte, on est obligés de prendre des baux locatifs, explique Fabien Poilleux. Les Petites Pierres donnent une moitié, si on arrive à récolter l’autre dans un certain délai. On a deux mois pour réunir 7 500 euros. On a déjà fait la moitié du chemin en 15 jours, mais on souhaite informer le public de l’existence de cette initiative. »
La cagnotte a été lancée cette année « de façon à pouvoir reprendre deux baux locatifs pour au moins un an », note le collectif. Les donateurs imposables peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt correspondant à 75% du montant versé. Pour faire un don, rendez-vous sur le site de la Fondation des Petites Pierres, rubrique « Projets », ou directement sur celui du collectif Agir.
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Hébergement d’urgence, les associations refusent de trier
Au tour des fédérations de monter au créneau. Après une lettre envoyée au préfet par le SIAO 13, plateforme en charge de l’hébergement d’urgence pour les sans-abri, dénonçant une politique publique comptable, la FAS (Fédération des acteurs de la solidarité) Paca, la Fondation pour le logement, l’Unafo (Union professionnelle du logement accompagné) et l’Uriopss (Union régionale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux) Paca, solidaires, alertent dans un courrier sur les « conséquences des évolutions envisagées dans les modalités d’accès à l’hébergement d’urgence dans les Bouches-du-Rhône ».
Et de rappeler « l’inconditionnalité de l’accueil et sa continuité dans la prise en charge ». Pour les fédérations, « toute politique visant à limiter le nombre de places, dans un parc déjà saturé, contrevient au respect de ces droits essentiels ». Concrètement, la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités aurait déjà signifié la fin de la prise en charge à l’hôtel au 30 juillet de six ménages, soit 18 personnes, s’indigne un travailleur social, qui refuse de « trier selon des critères de vulnérabilité ». À terme, quelque 300 personnes seraient concernées pour répondre à un objectif « comptable » de 547 500 nuitées par an, soit 1 500 personnes par jour.
La Ville en soutienLe tout dans une situation déjà dégradée et « en pleine période de très forte canicule » déplore Diletta Donnarumma, chargée de mission à la FAS Paca. Pour elle, si l’hôtel n’est qu’une solution transitoire, « un palier a été franchi » avec une « menace réelle de mise à la rue », faute de solutions dans un parc immobilier contraint.
La Ville de Marseille a aussi réagi, estimant que « si ces informations [étaient] confirmées, elles marqueraient une rupture grave avec les engagements pris collectivement ces dernières années pour protéger les plus vulnérables ». Partageant l’alerte lancée par les associations, la Ville appelle l’État « à revenir sur toute décision conduisant à des sorties sans solution ».
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À Marseille, plusieurs dizaines de familles menacées d’expulsion
« On est fatigués d’être expulsés chaque année. Nos enfants, ils sont fâchés parce que bientôt, ils vont recommencer l’école. » Réunis ce mardi soir, hommes, femmes et enfants sont inquiets. Installés depuis un peu moins de deux ans sur la friche de l’ex-usine Procida, route de la Valentine (11e), ils craignent d’être évacués au cœur de l’été.
Le camp de 250 personnes est sous le coup d’une ordonnance d’expulsion en date du 24 décembre 2025, explique leur avocat Me Borie, portée par le propriétaire des lieux, Retail Prodev. Une filiale du groupe Frey, spécialisée dans le développement de centres commerciaux. Pour mémoire, l’entrepreneur imaginait implanter là, fin 2024, un vaste centre de logistique, au grand dam des habitants, dénonçant un afflux de poids lourds dans un quartier déjà saturé. Ces derniers imaginant plutôt de laisser la place à un espace vert alors que coule l’Huveaune non loin, ce genre d’équipement étant réduit comme peau de chagrin dans le secteur. La Ville de Marseille refusera finalement de délivrer le permis de construire quelques mois plus tard.
Solidarité à tous les étagesAux côtés des familles roms, des représentants de la CGT Interim, de la Confédération générale du logement, des riverains, des membres d’ATD Quart Monde, Michel Pruvost (PCF), conseiller d’arrondissement des 11e et 12e arrondissements, et Jean-Marc Guéris, animateur du groupe d’action La Penne insoumise. « Nous sommes là si vous avez besoin d’aide », assure ce dernier. De son côté, l’élu communiste, accompagné de Jean-Pierre Breda, secrétaire de la section PCF du 11e, estime que tout le monde doit rester « tant qu’il n’y a pas de solutions de relogement » et indique avoir « fait remonter le problème » à la mairie centrale. « Le jour où vous devrez quitter ce camp, c’est avec des alternatives, pour pouvoir être relogés, et notamment pour que les enfants, qui sont scolarisés, gardent une stabilité », insiste-t-il.
Un squat à Saint-Just en 2020, une évacuation « brutale » à Maison Blanche en 2021, une destruction de lieu de vie à la Barasse en 2022, puis en 2023 et 2024 à la Madrague, à la Cabucelle… Laurent Sapin, riverain, revient sur les expulsions à répétition qui bouleversent le quotidien de familles dont les parents travaillent et dont les enfants sont inscrits dans les établissements scolaires alentours, comme en attestent les certificats remis ce jour-là à Me Borie. Certains petits ont un parcours brillant, précise Agnès, qui anime avec ATD Quart Monde des ateliers livres tous les samedis.
« Un recours a été déposé auprès de la cour d’appel d’Aix-en-Provence », ajoute l’avocat, une audience étant prévue en février 2027. D’ici là, il espère une sortie négociée, pour permettre aux enfants de suivre une année scolaire complète.
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![[Incendies] L’État au chevet de l’économie locale](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/fb84cc1cf26a4aecb07dc8eb75549bcb.jpg)
[Incendies] L’État au chevet de l’économie locale
Une réunion exceptionnelle est prévue, ce jeudi, au ministère de l’Économie. Le gouvernement a affirmé son souhait d’apporter « des réponses plus précises » aux « préoccupations » des entreprises dont l’activité est affectée par les feux de forêts qui frappent la Gironde a indiqué ce mardi 28 juillet le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin.
Près de 14 500 sociétés ont été mises à l’arrêt, dont 7 000 artisanales et 6 300 commerciales, essentiellement dans le secteur du tourisme, 40 000 emplois et 7% du PIB départemental pour 3,2 milliards d’euros de retombées directes. « Nous sommes face à une crise totalement inédite. Les salariés sont démunis, tout comme les chefs d’entreprise, dont certains ont perdu leur logement » a indiqué Cécile Despons, présidente de l’organisation patronale Les Entrepreneurs (ex-CPME) de Gironde. Pour elle, il s’agit d’éviter « la double peine ». « Nous attendons des décisions à la hauteur de la gravité de la situation », ajoute-t-elle.
La CGT appelle à accompagner aussi les salariésDe son côté, la CGT demande dans un communiqué à « dresser un état des lieux exhaustif des entreprises touchées, qu’elles soient en cessation totale ou partielle d’activité, avec la mise en place de cellules départementales de suivi associant les organisations syndicales ». Pour le syndicat, « une vigilance particulière doit être portée aux établissements industriels à risques, notamment les sites Seveso ». La CGT insiste sur la prise en compte et l’accompagnement des salariés qui seraient, selon la Chambre de commerce de Bordeaux, 100 000 à 150 000 affectés par le chômage partiel. Le syndicat estime indispensable de « prendre en charge à 100% le dispositif exceptionnel d’activité partielle, afin qu’aucun [d’entre eux] ne perde un euro, et à mettre en œuvre via les services de l’État une information claire sur leurs droits ». Dans la même optique, la CGT appelle à « convoquer les instances représentatives du personnel afin d’évaluer les besoins au plus près du terrain, adapter les conditions de travail et garantir [leur] protection, organiser la solidarité entre entreprises et entre territoires ».
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![[Entretien] Philippe Rio, maire PCF de Grigny, Essonne : « Les maires se cognent à toutes les réalités »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/74ff7a3253d0ca39be3711f527615bda.jpg)
[Entretien] Philippe Rio, maire PCF de Grigny, Essonne : « Les maires se cognent à toutes les réalités »
La Marseillaise : Quel est l’objectif de votre visite dans la région ?
Philippe Rio : Je viens à la rencontre de la Coopérative des élus communistes, républicains et citoyens des Bouches-du-Rhône, aujourd’hui présidée par Paul Sabatino, maire (PCF) du Rove. J’ai prévu une belle balade, qui passe par Le Rove donc, mais aussi Aubagne, Belcodène, Septèmes-les-Vallons, Marseille, Port-de-Bouc et Martigues. L’objectif est d’échanger et d’apprendre avec l’ensemble du réseau de la coopérative. Mon premier point sera de dire un grand bravo aux élus communistes, républicains et citoyens. Alors que tout le monde s’attendait à une vague brune, ils sont parvenus à maintenir leurs élus et parfois même à en gagner, comme à Aubagne, où la ville a rebasculé à gauche. Ils ont su s’organiser et résister. Je suis donc venu m’intéresser aux méthodes qui ont permis à notre vision de la justice sociale, de la solidarité, et d’une autre société, de continuer d’exister. Ensuite, notre feuille de route est claire : conforter le réseau de la coopérative, mais aussi se former à la gestion communale et intercommunale, qui est complexe, en échangeant les uns avec les autres. L’objectif est de réfléchir ensemble à la meilleure façon de faire.
La France est confrontée à de violents incendies et les maires se retrouvent en première ligne, même si leurs compétences en la matière sont limitées. Comptez-vous aborder cette question ?
P.R. : Quoi qu’il arrive, que ce soit la question des incendies ou n’importe quelle autre, tout finit par atterrir sur les communes. Beaucoup de choses nous dépassent, le changement climatique en fait partie. Pour autant, on doit, là où nous sommes, comme de petits colibris, s’attaquer à la question de l’atténuation de nos émissions et en même temps s’adapter. Les communes, comme les maires, se cognent à toutes les réalités, y compris celles qui ne relèvent pas juridiquement de leurs compétences. Nous percutons tous de plein fouet les conséquences du changement climatique, et le bassin méditerranéen d’autant plus. Je suis président d’un réseau national et ce qui se passe aux quatre coins de la France me perturbe. L’arc méditerranéen est à l’avant-garde de ces questions, je suis donc aussi venu apprendre. Le réseau des élus de la coopérative est aussi là pour ça : récolter l’expérience des uns et des autres sur la gestion, anticiper les crises… Nous aussi, à Grigny, à quelques kilomètres de Fontainebleau [où un feu a brûlé 2 200 hectares mi-juillet, Ndlr], avons besoin de savoir comment réagir face au feu. De la même manière, la gestion des périodes de forte chaleur est quelque chose que nous avons à apprendre de la région Sud : comment adapter les équipements publics, les écoles, les dortoirs dans les maternelles, les crèches, les Ehpad ? C’est aussi à ça que servent ces rencontres car nous, dans le nord, nous ne savons pas comment faire.
Vous vous êtes récemment exprimé sur le Pass Sport, qui devait être rétabli à la rentrée pour les 6-13 ans. Quelle est votre position ?
P.R. : Le Pass Sport était une mesure simple, populaire, de pouvoir d’achat [aide financière à destination des familles pour l’inscription de leurs enfants à une structure sportive, Ndlr]. L’aide avait été retirée pour les 6-13 ans l’an passé, mais on nous avait promis un retour cette année. Et on apprend qu’à quelques semaines de la rentrée, rien n’est prêt. Le gouvernement est en train de retirer quelque chose qui commençait à bien fonctionner. C’est un outil précieux, notamment pour les familles nombreuses, qui n’ont plus à choisir quel enfant elles inscrivent au sport, sachant que, souvent, les garçons sont privilégiés. Dans ma commune, le dispositif a permis une augmentation d’inscription de 40% chez les filles.


