Tag: Société

  • Le recrutement d’un agent administratif à Arles fait tiquer le préfet

    Le recrutement d’un agent administratif à Arles fait tiquer le préfet

    La commune d’Arles a-t-elle employé un collaborateur politique sous le statut d’adjoint administratif ? C’est ce que soupçonne la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui a mené une action au tribunal administratif de Marseille au titre de son pouvoir de contrôle de légalité.

    Elle demande la suspension du contrat à durée déterminée signé le 30 septembre 2025 portant le recrutement d’un assistant d’élu pour une période de six mois, entre le 15 octobre 2025 et le 14 avril 2026. Ce recrutement s’appuie sur une délibération du conseil municipal datée du 2 octobre 2025, créant un emploi permanent à temps complet au sein du cabinet du maire, sur le cadre d’emploi des adjoints administratifs.

    La préfecture fait valoir des missions qui pourraient dépasser le cadre des tâches administratives d’exécution, « puisqu’il est demandé à l’agent d’organiser l’agenda des élus, de préparer des réunions publiques, de rédiger des discours ou des éléments de langage, de filtrer les sollicitations extérieures et assurer une interface entre l’élu, les services et les partenaires institutionnels ». Elle note que « loyauté, discrétion et disponibilité, en plus d’une expérience professionnelle politique et institutionnelle », sont attendues.

    Pour la préfecture, ces éléments pourraient correspondre « davantage à celles de collaborateur de cabinet », la procédure de recrutement ayant été directement conduite par la directrice de cabinet et le chef de cabinet, « en dehors de l’organigramme administratif de la collectivité ». Elle note, par ailleurs, que l’effectif maximum de collaborateur de cabinet d’un maire est fixé à trois pour les communes de 4 001 à 85 000 habitants, « or, la commune d’Arles est déjà dotée de trois collaborateurs ».

    « Nous apprenons par ailleurs l’existence de dix autres emplois d’assistants d’élu qui sont susceptibles d’être des emplois de collaborateur de cabinet et qui feront l’objet prochainement d’un contrôle de légalité », fait savoir le représentant de la préfecture, qui met l’accent sur la période « préélectorale » dans laquelle a été signé ce contrat. « La jurisprudence administrative a déjà eu à considérer que l’utilisation, pour les besoins d’une campagne électorale, de certains emplois communaux, devait être intégrée dans le compte de campagne du candidat et pouvait même conduire à l’inéligibilité d’un candidat et à l’annulation de son élection », rappelle-t-il. De son côté, l’avocat de la Ville d’Arles pointe une incompréhension. « Pris isolément, on peut concevoir que ça interroge, mais en fait, on est sur le recrutement d’une personne qui vise à remplacer l’un des dix secrétaires d’élu qui partait à la retraite et c’est vraiment pour assurer la continuité du service. (…) Ce sont des agents qui effectuent des tâches purement administratives, qui vont assurer l’interface avec le public et les élus, organiser leur agenda, les réunions, gérer leur courrier… » Il assure par ailleurs que le contrat dépasse la période électorale, puisqu’il « a été prolongé pour six mois », une décision « assez récente ».

    L’affaire est mise en délibéré, la décision devrait être rendue la semaine prochaine.

  • Florent Chevalier, l’acier dans le sang

    Florent Chevalier, l’acier dans le sang

    Né dans le métal, son père ayant un atelier de métallerie à Malijai, Florent Chevalier a choisi d’en faire lui aussi son métier. « Quand j’étais gamin, il m’emmenait à l’atelier. Au début, je ne voulais pas faire ce métier-là, mais au bout d’un moment, ça m’a plu et j’y ai pris goût », se rappelle-t-il. Il a baigné dedans depuis petit. « Au lycée, tous les week-ends, dès que je n’étais pas en cours, j’étais à l’atelier. »

    Un serrurier métallier, « c’est celui qui va construire tout ce qui est en métal dans un bâtiment. Portes, fenêtres, vérandas, pergolas, portails, rampes d’escalier… », explique le jeune homme, âgé de 21 ans. « C’est un métier assez physique, on doit lever des charges lourdes. Il faut être malin. On travaille une matière, principalement l’acier, qui impose beaucoup de discipline, qui est exigeante, dans le sens où c’est une matière qui est dure », précise-t-il. « On ne fait pas ce qu’on veut avec, et pas avec n’importe quels outils. Il y a beaucoup de connaissances, de gestes, de réflexes à avoir. Il faut du temps pour avoir quelqu’un de compétent. On dit qu’il faut 10 ans pour être autonome », ajoute le serrurier métallier.

    Le jeune bas-alpin décrit son métier comme « un métier passion ». « Il y a vraiment un aspect artistique », avance-t-il, évoquant également « la précision, l’ingéniosité que ça demande ».

    En plein tour de France

    Florent Chevalier est actuellement en formation en alternance chez les Compagnons du devoir et fait un tour de France « riche en rencontres et en partage », puisqu’il habite avec une soixantaine d’autres compagnons. Chaque année, il change de ville « pour travailler dans un endroit différent et apprendre son métier ». En ce moment, il étudie à Angers. Avant cela, il est passé par Cagnes-sur-Mer, Montpellier et Strasbourg. La journée, il est en entreprise, puis, le samedi et tous les soirs de la semaine, de 20h à 22h, il a des cours. « C’est dense. Mais quand on aime, on ne compte pas ! », lance-t-il. Il va même faire une étape à l’étranger, en Irlande, pendant un an.

    Florent Chevalier a un côté hyperactif : quand il ne travaille pas, il fait de la randonnée ou de la boxe. « Ne rien faire, c’est compliqué pour moi. J’aime bien me mettre au défi », lance-t-il. Originaire des Mées, le jeune homme reste très attaché à sa région et y retourne régulièrement. « Ce que j’aime bien, c’est que c’est entre la mer et la montagne. On est vraiment à mi-chemin entre le côté méditerranéen et le côté haute montagne. En une heure de voiture, on est sur des paysages complètement différents », décrit-il. Avant de rentrer chez les Compagnons du devoir, à l’âge de 17 ans, Florent Chevalier a passé un baccalauréat général à Digne-les-Bains.

    Le concours World Skills, dont il a remporté la médaille d’or en métallerie, l’a « vraiment amené à se dépasser ». « Pour moi, c’est vachement plus important que tout le reste », insiste-t-il. Quand il a appris qu’il avait gagné le concours, « c’était une grande joie, parce que ça faisait un peu plus de deux ans que j’y pensais tous les jours et que je m’entraînais ». « Cela m’a fait un bien fou de voir que mes efforts payaient. C’est quand on lâche rien qu’on peut avoir du résultat et être fier de soi », affirme-t-il. Le jeune homme a eu la chance d’être accompagné par les entreprises chez qui il était apprenti pour la préparation du concours.

  • Un patron voyou à la tête d’une « société poubelle »

    Un patron voyou à la tête d’une « société poubelle »

    « Vous vous êtes manifestement enrichi en ne déclarant pas volontairement vos salariés et ce pour un préjudice très conséquent pour l’Urssaf », a sans détour signifié la présidente Kennedy à un chef d’entreprise qui s’est vu infliger trois ans de prison dont deux avec sursis. « L’année ferme est aménagée sous bracelet électronique. C’est de la prison mais chez vous. »

    Eshat Cakmak, 44 ans, chef d’entreprise de construction turc, comparaissait mardi pour travail dissimulé et blanchiment. Par omission délibérée de déclaration d’embauche, de salaire et de cotisations sociales sur environ 500 travailleurs, ses deux sociétés ont engendré 4 682 927 euros de préjudice à l’Urssaf en 4 ans. « Votre chiffre d’affaires de 2020 à 2023 est de 5,7 millions d’euros. Vous touchez 323 000 euros sur la même période mais n’en déclarez que 15 000 tout en versant 45 000 euros non déclarés à votre épouse, gérante de droit », campe la présidente face à un prévenu mutique ou agaçant dès qu’il s’exprime. « Je ne me souviens plus. Je me sens pas bien. J’ai perdu mon père. »

    « Je ne regarde pas l’argent que je gagne »

    Le schéma délictuel est connu dans le secteur du bâtiment. « Une première société poubelle est créée à Marseille qu’on transfère ensuite à Bobigny pour minorer le risque de contrôle, détaille la vice-procureure Isabelle Candau. Quand elle est repérée, la société qui a pris beaucoup de chantiers 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires par an n’existe plus. Une autre société a repris tous les chantiers et fait quelques DPAE (Déclaration préalable à l’embauche) pour donner une apparence de légalité sans faire de DSN (Déclaration sociale nominative) pour ne pas payer les cotisations sociales. C’est un procédé récurrent dans le BTP. »

    Lors de la perquisition de son appartement, avenue Saint-Louis, 15e, pour lequel il touche 536 euros d’APL, les enquêteurs trouvent 5 300 euros en espèces, 22 cartes bancaires, saisissent 4 véhicules dont une Audi Q8, une Mercedes classe S. « Vous avez perçu 450 000 euros de revenus en 4 ans mais vous n’avez déclaré que 5 280 euros dans l’année », rappelle la juge. « C’est pas une vie de luxe, ce que j’ai gagné je l’ai perdu car je joue et j’aide aussi ma communauté. Je ne regarde pas l’argent que je gagne, je le distribue à mes ouvriers. Actuellement j’ai des problèmes de dos, je suis au RSA », crispe le prévenu.

    « Cette fraude sociale cause un préjudice financier colossal en cotisations éludées », expose Me Coralie Renaud pour l’Urssaf. Elle réfute la version proposée d’une négligence systématique et d’une inculture administrative. « On est face à un patron voyou », résume la procureure. « Il utilise notre droit social à son profit. Vous ne déclarez rien, vous ne payez rien, vous passez votre temps à enfumer, à faire disparaître les fonds pour gruger et créer de l’apparence. Tout, strictement tout, va dans votre poche. » Contre cette fraude sociale qui représente « 1 400 euros de pension de retraite pour 283 personnes pendant une année », elle demande 3 ans ferme avec mandat de dépôt.

    « Ce n’est pas le Stavisky du BTP ni un Machiavel de la finance ! » lance Me Olivier Kuhn-Massot « atterré en tant que citoyen de voir la dérisoire facilité à planter 4,7 millions d’euros à l’Urssaf. Et ça n’éveille personne ? » De réfuter un enrichissement personnel. « Il ne serait plus ici s’il avait accumulé une fortune en Turquie. » « Lui un donneur d’ordres ? C’est surtout lui qui en reçoit. Il a la tête du parfait abruti et il a été utilisé comme tel. C’est un pion sacrificiel », tente la défense.

    L’homme écope de 3 ans de prison dont 2 avec sursis, de 20 000 euros d’amende, de l’interdiction définitive de gérer et de l’obligation très théorique de verser 4 682 927 euros à l’Urssaf. Sa société est dissoute.

  • Opération collèges morts contre les fermetures de classes dans les Alpes

    Opération collèges morts contre les fermetures de classes dans les Alpes

    Pour avoir 21 élèves par classe, soit la moyenne européenne dans les collèges, il faudrait 44 classes de plus dans le département », alerte Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU 04, au micro devant les enseignants, syndicalistes, parents et élèves mobilisés à l’entrée du collège de Forcalquier contre les neuf fermetures de classes prévues dans le département. « Sur 25 pays, la France est dernière », affirme Lionel Lasfargues, également enseignant au collège de Forcalquier. « Des 25 pays de l’UE, c’est en France que les classes sont les plus chargées, avec 26 élèves par classe en moyenne », peut-on en effet lire sur le site du ministère.

    Dans le département, des fermetures de classes sont prévues à Manosque, Digne-les-Bains, Château-Arnoux-Saint-Auban, Forcalquier, Volx, Sainte-Tulle et Annot. Mercredi, les parents d’élèves se sont largement mobilisés en protestation aux côtés des enseignants et des syndicats. 95% des élèves étaient absents en cours dans sept établissements mobilisés pour cette opération collèges morts. Plus précisément, 2 909 élèves étaient absents sur les 3 114 attendus mercredi, selon Snes-FSU 04. La mobilisation a été la plus suivie à Forcalquier, où seulement trois élèves étaient présents.

    Pour justifier la suppression de classes, l’Éducation nationale utilise l’argument de la baisse démographique. Mais, selon les syndicats, elle sous-estime le nombre d’élèves attendus à la rentrée prochaine et surestime la baisse démographique. « Neuf classes sont supprimées pour seulement 84 élèves estimés en moins. Les calculs ne sont pas bons », argue Yannick Longuet, enseignante syndiquée Snes-FSU à Château-Arnoux-Saint-Auban, le plus grand collège du département. « On a eu 153 élèves de plus par rapport aux prévisions depuis 2020 », dans le département, selon Lionel Lasfargues.

    Deux classes supprimées dans un collège REP

    La suppression de deux classes est notamment prévue au collège Jean-Giono à Manosque, en réseau d’éducation prioritaire (REP). « C’est un scandale ! », pour Lionel Lasfargues. À Forcalquier, si une classe est fermée, comme prévu, « on aura 31 élèves par classe de troisième. C’est du jamais vu. Je suis prof ici depuis 27 ans, je n’ai jamais vu ça », alerte le secrétaire du Snes-FSU 04.

    Les syndicats et les enseignants craignent que ces suppressions de classes servent à terme à supprimer des postes d’enseignants. « Les conditions de rentrée sont chaotiques », déplore Eric Gauthier, représentant départemental du Snes-FSU et enseignant au collège d’Oraison, épargné par ces suppressions de classes. « Neuf suppressions de classes, c’est disproportionné ! », lance-t-il.

    « Les élèves vont être serrés dans les classes comme des sardines dans une boîte », alerte Marjorie Soussieux, l’une des douze parents élus à la FCPE au collège de Forcalquier. Elle explique qu’il y a une grande disparité en termes de nombre d’élèves par classe entre les différents collèges du département. En ruralité, ils peuvent être une vingtaine par classe, alors que dans des zones plus peuplées, ils sont plutôt une trentaine. Ainsi, « quand on regarde la moyenne départementale, ça peut passer, mais concrètement sur le terrain c’est pas le cas », précise la mère d’une élève de troisième. « On sacrifie notre jeunesse. L’État ne fait pas des économies au bon endroit », déplore-t-elle.

    « Ma fille Emma rentre en troisième l’année prochaine, elle pense qu’elle ne va pas avoir son brevet avec 31 élèves par classe », confie Virginie Rozier, elle aussi élue à Forcalquier. « Si on laisse passer, ça ouvre une boîte de Pandore. Mon fils est dyslexique et a des problèmes neurologiques, j’ai peur pour quand il rentrera en sixième.»

    Grève le jeudi 26 mars à l’appel du Snes-FSU 04. Rassemblement devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale à Digne-les-Bains.

  • Une opération pour aider les commerces désertés dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Une opération pour aider les commerces désertés dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Digne-les-Bains, Manosque, Sisteron, Valensole… Dans ces communes bas-alpines, 300 commerçants vont participer au Printemps du commerce, de mardi à samedi, ce qui doit permettre d’attirer de la clientèle, alors que les centres-villes sont souvent désertés. L’idée est de « mettre en valeur les commerces de proximité et créer du trafic, de la clientèle », explique Christophe Barrière, président de la CCI.

    Dans un contexte d’élections municipales, la CCI veut aussi « lancer un appel aux maires car les centres-villes sont en souffrance, notamment à cause du développement du e-commerce », déplore Jean-Pierre Pradalier, vice-président de la CCI en charge du commerce. « Les centres-villes ont besoin que les élus du territoire soient à leurs côtés. » Il rappelle les conditions difficiles dans lesquelles exercent les commerçants de proximité : « 40% se rémunèrent moins que le Smic, ils travaillent plus de 35 heures et prennent des risques. » Le vice-président en charge du commerce interpelle également sur la pyramide des âges : beaucoup de commerçants sont âgés, proches de la retraite et ont besoin de transmission.

    Pendant les cinq jours de l’opération, les commerçants participants vont proposer des animations, des promotions, des bons d’achat ou encore des tombolas dont les bénéfices seront reversés à des associations. C’est le cas à Manosque, où Agnès Gardiol, secrétaire de l’office des commerçants et artisans manosquins, organise avec les commerçants « une tombola au profit des soins palliatifs », explique-t-elle à La Marseillaise. Les fonds récoltés seront reversés à l’association Souffle de vie.

    « Combler les trous »

    La CCI a choisi d’organiser cette opération au mois de mars car c’est une période creuse où il y a « très peu d’activité commerciale », précise Jean-Pierre Pradalier. L’idée est ainsi de « combler les trous ». Des décorations permettront d’identifier les commerces participants. « On essaye de faire en sorte que ce soit relayé pour que résonne cette idée de faire vivre les commerces de proximité », avance le vice-président en charge du commerce.

    « Tout ce qui fait vivre la ville est important, il faut qu’on fasse venir du monde en ville » se réjouit Sandrine Brun, commerçante à Manosque depuis 42 ans qui participe à l’opération. « C’est compliqué partout, les gens consomment moins », constate Agnès Gardiol, venue dans son commerce pour lui apporter son kit de décorations.

    Jérôme Pelissier, directeur de l’agence de Manosque du Crédit Agricole, partenaire de l’opération, insiste : « Les cœurs de nos centres-villes doivent battre. » Certaines unions commerciales prévoient des jongleurs, des magiciens, des festivités ou encore des actions caritatives pour attirer le public dans le cadre de cette opération, qui coûte « entre 25 000 et 30 000 euros » à la CCI, avec le soutien du Crédit Agricole. Des maroquineries, des restaurateurs, des fleuristes ou encore des coiffeurs participeront.

    À Barcelonnette, l’association de commerçants prévoit notamment des jeux de société, un défilé de mode et une déambulation musicale.

    Du 24 au 28 mars à Digne-les-Bains, Manosque, Sisteron, Barcelonnette, Pierrevert et Valensole. Programme à retrouver sur le site leprintempsducommerce.digne.cci.fr

  • Des gérants violaient leur fermeture administrative

    Des gérants violaient leur fermeture administrative

    Deux établissements restés ouverts en violation d’un arrêté préfectoral de fermeture administrative ont été condamnés, mardi, en correctionnelle. Deux procédures parfaitement distinctes, mais dont les gérants, absents à l’audience, jouaient du même argument : faire croire qu’ils n’ouvraient qu’à leurs amis.

    D’abord un bar à chicha, « The Moo », au 89 avenue de Toulon (5e). Le caboulot obscur est en infraction à deux arrêtés préfectoraux successifs ordonnant sa fermeture pour deux mois. Le premier oukase préfectoral date d’octobre 2025 et était justifié par la découverte de 1,2 kg de tabac de contrebande de narguilé à l’intérieur. Malgré l’injonction du préfet, des riverains se plaignent des allées et venues sonores des clients quittant l’établissement à l’aube. Pour l’ambiance, l’établissement est tenu depuis 2024 par un jeune de 23 ans, condamné à deux reprises pour trafic de stupéfiants.

    Après avoir d’abord verbalisé tous les véhicules garés en vrac aux abords, les policiers poussent la porte de l’établissement dont la vitrine est drapée d’un rideau noir occultant. Ils trouvent dans une salle passablement enfumée 18 individus sur des canapés autour de narguilés, fumant, buvant, jouant aux cartes. En sous-sol, il décompte 25 autres clients fumant aussi la chicha. « C’est une soirée entre amis » a tenté Islam Ben Ahmed Daho, un cogérant.

    Bis repetita le 26 janvier 2026. Alors qu’il est sous le coup d’un second arrêté de fermeture de 2 mois pour troubles à la tranquillité publique, les policiers en planque voient soudain le patron s’enfuir en courant du bar. Ils vont l’interpeller le lendemain. Il accuse alors les policiers d’avoir menacé ses amis. Si on ne peut plus regarder tranquillement un match à la télé ! « Il est incapable de donner le nom de ses amis. Ça ne tient pas debout le coup de la soirée privée. Il ne veut absolument pas respecter les arrêtés et il n’est pas là aujourd’hui pour s’expliquer », expose la procureure, Isabelle Candau, qui rappelle ses deux condamnations pour trafic de stupéfiants, dont la dernière en 2022 à 15 mois de prison ferme. Le tribunal lui inflige 2 mois de prison ferme, 2 000 euros d’amende et un an d’interdiction d’exploitation d’un débit de boissons.

    À noter que le préfet a fait fermer le 16 janvier pour deux mois le « Green Lounge » 61, avenue de Stalingrad à Arles, les Douanes y ayant trouvé 3 kg de tabac à chicha d’origine étrangère.

    Situé dans un virage de la route des Goudes, adossé à un bunker, le restaurant de la Calanque blanche est resté ouvert malgré l’arrêté préfectoral du 22 août 2025 ordonnant sa fermeture pour 8 jours, pour cause de « stationnement anarchique » et de « tapage nocturne ». On est dans le Parc national des Calanques. Avisée par la police municipale qu’il s’en fichait, la police nationale se rend sur place le 10 septembre 2025 et constate que des camions déchargent de la marchandise et qu’ensuite une centaine de personnes sont attablées. « L’accès est fermé au public, c’est une soirée privée », proteste Benjamin Aguad, 36 ans, qui tenait alors aussi la Cabane des Amis sur les plages du Prado. Auditionné, il nie, affirme avoir invité une centaine de collaborateurs à profiter de l’établissement pour éviter de tout jeter à la poubelle.

    « On attend encore la liste des soi-disant collaborateurs et le registre des personnels qu’il s’était engagé à communiquer. Ça ne tient pas », oppose la procureure qui écarte l’argument antigaspillage au vu du camion qui déchargeait des victuailles. Le restaurateur aux 16 sociétés, déjà condamné pour travail dissimulé, mais aussi installation sans autorisation de caméra de vidéosurveillance, écope cette fois de 3 000 euros d’amende dont 1 000 avec sursis. Même peine pour sa société.

  • Transfert forcé des demandeurs d’asile

    Transfert forcé des demandeurs d’asile

    Ils ont fui la guerre, les conflits armés, la persécution, la torture, la prison, ont été placés dans un centre d’accueil de Sisteron, et vont devoir encore déménager sous la contrainte. 51 demandeurs d’asile vont être transférés au centre d’accueil de Digne-les-Bains, celui de Sisteron devant fermer ses portes entre avril et juin. Pour l’association qui leur vient en aide, Solidarité Réfugiés Sisteron, il n’y a pas de doute : « C’est une question d’argent et d’économies. » À Digne-les-Bains, ils seront hébergés dans un centre où se trouvent déjà plus de 130 autres demandeurs d’asile, dans des chambres partagées, dans un ancien hôpital, avec des conditions bien moins confortables.

    « L’impression

    d’être un objet »

    Les deux anciens travailleurs sociaux du centre d’accueil n’avaient déjà pas été remplacés à leur départ, laissant un avenir incertain pour le site, sur lequel il ne reste plus qu’une seule travailleuse sociale pour les 51 demandeurs d’asile. « On est consternés. On a travaillé pour les intégrer. Trois familles ont des enfants scolarisés à Sisteron », regrette André Bach, le président de l’association Solidarité Réfugiés Sisteron. Une famille rwandaise vient notamment d’arriver dans le centre de Sisteron il y a à peine trois semaines, et va déjà devoir repartir. D’autres viennent d’Afghanistan, de Syrie, du Bangladesh, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria ou encore du Soudan.

    « Cela les affecte tous. Certains sont déjà dans une situation très instable. D’autres sont là depuis un moment et ont pris leurs marques », déplore Michèle Giamarchi, qui leur donne des cours de français. « Ils ont déjà l’angoisse liée à leur statut, et on les fait déménager, changer d’intervenant social. » La première chose dont ils se sont inquiétés quand ils ont appris leur transfert, c’est les cours de français. À Digne, ils n’auront qu’un seul cours par semaine, alors qu’ils en ont actuellement cinq, grâce à l’association Solidarité Réfugiés Sisteron. « Il y en a un qui m’a dit “j’ai l’impression d’être un objet” », relate Michèle Giamarchi.

    Ce centre d’accueil avait été ouvert au moment du démantèlement de la jungle de Calais. Deux cars remplis de demandeurs d’asile étaient alors arrivés à Sisteron.

  • [Digne-les-Bains] Une prépa publique pour accéder aux écoles d’Art

    [Digne-les-Bains] Une prépa publique pour accéder aux écoles d’Art

    Si je n’avais pas eu cette prépa publique, je n’aurais pas eu les moyens de payer une prépa privée, impossible ! ». À Digne-les-Bains, l’école d’art IDBL propose une classe préparatoire publique qui aide les étudiants à préparer les concours des grandes écoles d’art. Entre 50% et 80% de ses élèves sont boursiers. Elle fait partie des 24 classes préparatoires publiques d’art en France, alors qu’une prépa privée coûte entre 7 000 et 8 000 euros l’année. Elle est gérée par Provence Alpes Agglomération. À la création de l’école, « c’était une initiative privée, puis la Ville de Digne a décidé politiquement d’investir dans ce service public », explique la directrice d’IDBL, Émeline Eudes. L’agglomération, formée en 2017, a ensuite récupéré la gestion de l’école.

    Peu de chances de réussir sans prépa

    « Un jeune qui sort du bac a très peu de chances de réussir les concours des écoles supérieures artistiques tout seul, sans prépa », précise la directrice. Beaucoup de jeunes se tournent d’ailleurs vers sa prépa après avoir échoué les concours une première fois. De nombreuses disciplines y sont enseignées : photo, vidéo, histoire de l’art, dessin, peinture, gravure, graphisme, céramique ou encore scénographie. « Il y a un tel flux vers le privé qu’on n’arrive plus à remplir les formations publiques. Les étudiants et les parents se disent que ça coûte tellement peu cher que c’est forcément moins bien que le privé », regrette Émeline Eudes. Pourtant, la prépa de Digne affiche un taux de réussite de 100%, selon sa directrice, grâce à un accompagnement personnalisé qui permet aux étudiants d’être orientés vers l’école qui leur correspond le mieux et qui a le plus de chances de les prendre. « Cela montre qu’on n’a pas besoin de faire une prépa privée pour réussir », témoigne Lucie Jeandot, étudiante de 18 ans. « Quand on dit qu’on étudie dans une prépa à Digne, les gens sont surpris qu’il y en ait une ici », ajoute sa camarade, Estelle Chaminas, elle aussi âgée de 18 ans.

    Journée spéciale ce samedi de 10h à 17h avec des témoignages d’anciens élèves à 11h et 14h. Portes ouvertes toute la semaine jusqu’à vendredi.

  • Une maison devenue « refuge » pour 340 femmes en un an

    Une maison devenue « refuge » pour 340 femmes en un an

    En un an, cette maison est devenue exactement ce que nous avions rêvé qu’elle soit : un refuge, un repère, un tremplin. » Les différents acteurs qui ont participé à la création de la maison des femmes de Manosque, le CIDFF, la mairie, l’hôpital, la Région et le Département, se sont félicités de son bilan pour son premier anniversaire jeudi. « Un grand merci aux femmes qui franchissent la porte de cette maison. Leur confiance nous rappelle chaque jour pourquoi elle existe », a déclaré Laetitia Serena-Bidalot, directrice du CIDFF 04 (centre d’information sur les droits des femmes et des familles).

    « Ce lieu a été placé sous l’égide de Simone-Veil. Porter son nom pour une maison des femmes et de l’égalité n’est pas qu’un symbole. C’est une boussole », a lancé Lila Desjardins, présidente du CIDFF 04. « En ouvrant nos portes il y a un an, nous lui avons fait une promesse : celle de ne jamais reculer, de ne jamais détourner les regards face aux violences, aux inégalités et au silence qui étouffent encore trop de parcours de vie », a-t-elle ajouté.

    En un an, la maison des femmes a accompagné « plus de 340 femmes, dont 65% de victimes de violences conjugales, intrafamiliales, sexistes ou sexuelles », s’est réjouie la directrice sortante du CIDFF. Dans ce lieu d’accueil, d’écoute, d’entraide et de relaxation, les femmes peuvent « fuir les violences, venir chercher un conseil juridique, un soutien psychologique ou simplement briser l’isolement et trouver un espace bienveillant », a rappelé Lila Desjardins.

    « Nommer ce qui fait mal »

    « Il faut un courage immense pour demander de l’aide, nommer ce qui fait mal et oser revendiquer ses droits. À chacune d’entre vous, votre résilience force mon admiration », a salué la présidente du CIDFF 04 en s’adressant aux femmes accompagnées par la maison Simone-Veil.

    Le président du groupement hospitalier territorial, regroupant notamment les hôpitaux de Digne-les-Bains et de Manosque, a rappelé que la maison des femmes avait ouvert ses portes « avec une conviction simple mais essentielle : aucune femme ne doit rester seule face aux violences ». « Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les distances et l’isolement rendent l’accès aux dispositifs plus difficile », a regretté Gilles Duffour. En un an, 153 patientes âgées de 15 à 79 ans ont été accueillies pour des consultations médicales au sein de la maison Simone-Veil. Elles ont pu y rencontrer une assistante sociale, une psychologue ou encore une sage-femme.

    Hausse des violences

    Le maire sortant de Manosque Camille Galtier s’est réjoui d’avoir apporté avec cette maison des femmes « un nouveau service public à la population ». Il a fait le vœu de pouvoir la fermer, espérant que « les violences, les inégalités et les discriminations disparaissent ». Il a regretté que « les violences intrafamiliales et les violences faites aux femmes et aux enfants dans le cadre familial » aient « augmenté » dans la ville de Manosque.

    « Protéger une femme, c’est aussi très souvent protéger un enfant. Une mère sécurisée, c’est un enfant que l’on préserve de l’ombre des violences », a rappelé Stéphanie Colombero, vice-présidente du conseil départemental en charge des affaires sociales et des solidarités.

    La directricedu CIDFF 04 s’est vue remettre la médaille de la ville par le maire sortant, « symbolisant son engagement pour la maison Simone-Veil ».

  • [Entretien] Karen Sadlier : « Les enfants sont co-victimes des violences dans le couple »

    [Entretien] Karen Sadlier : « Les enfants sont co-victimes des violences dans le couple »

    La Marseillaise : Comment et pourquoi êtes-vous devenue marraine de la maison des femmes à Manosque ?

    Karen Sadlier : La maison des femmes de Manosque m’a invitée à être marraine, et j’étais très contente de le devenir parce que je trouve que toutes les maisons des femmes sont extrêmement importantes pour le suivi, l’accompagnement et la prévention des violences faites aux femmes et aux enfants. Je pense qu’ils m’ont connue parce que je donne beaucoup de conférences et j’écris des livres sur le sujet, surtout sur l’impact des violences au sein du couple sur les enfants. L’agresseur peut utiliser son autorité parentale et son droit de visite pour continuer à exercer les violences.

    Pourquoi le sujet de la conférence, l’impact des violences au sein du couple sur les enfants, est-il important pour vous ?

    K.S. : C’est un sujet très important parce que les enfants sont co-victimes des violences dans le couple. Les violences continuent après la séparation et s’exercent dans la parentalité. 80% des enfants sont témoins oculaires ou auditifs des violences au sein du couple. 50% sont aussi victimes de maltraitances physiques de la part de l’auteur. 60% de ces enfants ont présenté des troubles post-traumatiques en lien avec les violences dans le couple. En France, pendant longtemps, on avait l’idée que l’enfant restait indemne, alors que les enfants sont en grande souffrance par rapport à ces violences et doivent être vus comme des victimes.

    De quoi allez-vous parler à la conférence ?

    K.S. : Je vais parler de comment la violence au sein du couple va s’exercer dans la parentalité. L’idée « ça peut être un mauvais conjoint, mais un bon parent », on a des centaines d’études qui montrent le contraire. Ils sont en difficulté sur la parentalité.