Tag: Société

  • Les habitants d’un ancien camping sont dans l’illégalité

    Les habitants d’un ancien camping sont dans l’illégalité

    « On travaille pendant 40 ans pour s’acheter un chez soi pour la retraite et on se retrouve dans une habitation illégale, menacés d’expulsion. J’en ai fait une grosse dépression. » à Montlaux, au pied de la montagne de Lure, une cinquantaine de personnes se retrouvent en situation irrégulière depuis que le Conseil d’état a annulé, en 1995, l’autorisation d’urbanisme accordée à un promoteur qui avait repris l’ancien camping. Beaucoup d’entre elles n’ont découvert le caractère illégal de leur logement qu’après leur emménagement.

    « Onze jours après avoir acheté, on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de compteur, se rappelle Céline T., habitante et présidente de l’association syndicale libre. On ne nous avait pas dit que c’était des maisons irrégulières. On a bu les paroles de la notaire. »

    En raison de cette situation, les habitants, souvent précaires, se retrouvent sans abonnement ni facture d’électricité à leur nom. Ils disposent d’un compteur commun et doivent payer le tarif entreprise, beaucoup plus onéreux. « On est réduits à choisir entre manger ou payer nos charges. Avec nos retraites, c’est ingérable, résume Céline T. Quand il y a eu la flambée des prix de l’énergie, on a eu 10 000 euros de redressement. Si on habite dans des habitations légères de loisirs, c’est parce qu’on n’est pas riches. Pour la plupart, on est des retraités moyens. On a tous du mal à payer. » Du fait de l’irrégularité de leur situation, les résidents ne peuvent pas non plus bénéficier d’aides. « Si j’avais su, je n’aurais pas signé », lance Thierry, le mari de Céline T.

    Ils se disent par ailleurs très exposés aux risques et craignent de nouveaux départs d’incendie en cas de surchauffe. « Si vous allumez votre four, vous ne pouvez pas allumer votre lave-linge, il y a tout qui saute ou qui brûle », explique Céline T. Sa voisine, Véronique C., s’est retrouvée sans électricité pendant 19 jours, alors qu’un répartiteur avait brûlé. Cette dernière a même obtenu une autorisation d’extension pour agrandir son petit mobile home, alors même que son habitation est considérée comme illégale. « Si on doit être mis à la porte, j’habiterai dans la partie légale ! », lance-t-elle.

    Des travailleurs

    dans des caravanes

    Parmi les habitants, certains travaillent, mais doivent se contenter de vivre dans une caravane mal isolée et finissent le mois dans le rouge avec les charges exorbitantes à régler.

    L’ancien camping avait été racheté par un promoteur « véreux » dans les années 1980. Il y avait alors implanté des chalets, mobile homes et caravanes. Mais la commune avait attaqué l’arrêté préfectoral autorisant ces implantations et le Conseil d’État lui avait donné raison, sept ans plus tard. Entre-temps, les lots avaient été vendus en toute légalité et l’arrêté du Conseil d’État ordonnant la remise en état du terrain n’a jamais été appliqué.

    L’ancien camping compte 48 lots et 34 propriétaires. Une vingtaine de personnes ont leur résidence principale dans 14 de ces habitations, et environ 25 personnes les utilisent comme résidence secondaire. De plus en plus d’habitants viennent y vivre à l’année, en raison des prix peu élevés à l’achat.

    La situation est en cours de régularisation. Les habitants et la maire de Montlaux, Camille Feller (DVG), espèrent une résolution du problème d’ici un an. Les résidents se disent soutenus par la municipalité et les services de l’état.

  • Des structures municipales dans le viseur de Maurizot

    Des structures municipales dans le viseur de Maurizot

    « Nous ne savons pas si nous allons garder Fame », lançait le maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer Philippe Maurizot jeudi soir au conseil municipal. La régie autonome Festivités actions manifestations événement (Fame), établissement public organisateur de festivités locales, doit accueillir 6 représentants titulaires et autant de suppléants du conseil municipal à son conseil d’administration, sur proposition du maire.

    Aucun membre de l’opposition n’y figurant, Nicolas Féraud (PCF) demande à ce titre : « Allez-vous inviter un membre de Notre Fos ? », la liste conduite par Rémi Esnault, absent à la séance. « Ou allez-vous expliquer aux Fosséens que votre situation de majorité rend la transparence moins nécessaire que lorsque vous la défendiez », poursuit-il.

    Des audits internes

    À cela, Philippe Maurizot répond que « des audits démarrent sur les structures annexes de la commune » comme Fame, « il n’y a aucune garantie que Fame soit conservée, modifiée ou que nous faisions appel à une autre organisation ». Face à l’insistance de l’élu communiste de répondre à la question, l’édile explique n’avoir « rien à cacher, si un élu veut venir il pourra nous expliquer ce qui a été fait ».

    Dans la même veine, le maire envisage d’« arrêter certains projets comme la SPL sens urbain », la société d’aménagement à capitaux et direction publique associant les communes environnantes, un outil pour l’urbanisme. Même idée pour la Maison pour tous (MPT). « Ces organisations, au-delà du matériel, représentent un budget conséquent » justifie le nouvel édile, obsédé par la rigueur budgétaire (notre édition du 17/04).

    Un détricotage annoncé dans la lignée des mairies tombées à l’extrême droite.

  • Alpes-de-Haute-Provence : des médecins solidaires pour pallier les déserts médicaux

    Alpes-de-Haute-Provence : des médecins solidaires pour pallier les déserts médicaux

    Dr Baro, d’Annecy, Dr Brissot, de Moselle, Dr De Mailloux, des Deux-Sèvres… Ces soignants sont tous venus passer une semaine au centre de santé Médecins Solidaires du Brusquet, village près de Digne-les-Bains où il n’y avait plus de médecin depuis 2016. L’association rassemblant plus de 1 000 médecins généralistes installe des centres de santé dans des zones rurales constituant des déserts médicaux, pour permettre aux habitants d’avoir un médecin traitant. Pour cela, elle reçoit des aides financières importantes des communes, très demandeuses de les recevoir. Au Brusquet, la municipalité a acheté le bâtiment, une ancienne maison dans laquelle les médecins se sont installés. « On a conventionné avec les communes alentour, et chacune participe aux frais de fonctionnement du cabinet », explique le maire.

    « Beaucoup de patients nous disent : c’est la première fois que je me sens écouté et que je suis ausculté », relate Aline Hélène, coordinatrice du centre, qui joue à la fois un rôle de secrétaire, d’assistante médicale et de gestionnaire du budget et des stocks. « C’est très compliqué pour trouver un médecin ici », témoigne Julie Capello, patiente habitant Le Brusquet, touchée de voir autant de médecins venir des quatre coins de la France pour soigner les locaux.

    Des citadins qui viennent se soigner au village

    Les habitants ont encore plus de mal à voir des spécialistes, et doivent très souvent aller à Aix, à Marseille ou à Gap. « Parfois, on appelle pour essayer d’avoir des rendez-vous plus rapidement, mais, même pour nous, c’est compliqué », atteste la coordinatrice. Beaucoup d’habitants se retrouvent sans médecin traitant lorsque le leur part à la retraite. De nombreux patients viennent même de Digne-les-Bains, pourtant ville préfecture, pour se soigner dans ce petit village. « Si vous aviez une carte de fidélité, je gagnerais des points ! », lance l’un d’entre eux. « À Digne, tout est plein, il n’y a plus de place chez aucun médecin », témoigne-t-il.

    Cette semaine, c’est le Dr Yves Baro, venu d’Annecy, qui officie. « Je ne devais pas être là, mais le médecin qui devait venir s’est cassé le bras », explique-t-il. « Il y a plein de patients qui passent la porte et disent : Docteur, merci, vous êtes là ! », se réjouit le médecin. « Cela me permet de garder le contact avec la médecine. Je suis retraité depuis un peu plus d’un an, et j’ai beaucoup de mal à la quitter. » Un tiers des médecins solidaires sont retraités, tandis que les actifs posent des congés pour exercer dans ces centres en zones rurales. « Il y a aussi des jeunes médecins qui ont terminé leur cursus d’études, mais qui ne sont pas encore installés et qui décident de temps en temps de consacrer une semaine à Médecins Solidaires », relate Dr Baro. Au Brusquet, les médecins ont leur logement réservé juste au-dessus du cabinet médical, et peuvent même venir accompagnés de leur conjoint et de leurs enfants.

    « Pour nous, ça a été vraiment un gros plus pour la commune. Du fait que ce cabinet se soit installé, on commence à avoir des demandes d’autres professions médicales. On a eu un psychologue, une prothésiste, des kinés qui veulent s’installer sur la commune », se réjouit le maire.

    L’association Médecins Solidaires a lancé un appel aux généralistes, et espère ainsi créer « plus de 800 centres de santé sur tout le territoire ». Elle a été fondée par le Dr Martial Jardel, qui avait entrepris à la fin de son internat un « tour de France des déserts médicaux ». Il a ainsi constaté que certaines personnes n’avaient pas vu de médecin depuis des années, et a fondé l’association avec l’idée : « Plutôt que de demander beaucoup à peu de médecins, autant demander peu mais à beaucoup », alors que de nombreux généralistes en zone rurale sont en burnout.

  • Le gourou présumé d’une secte alpine reste en prison

    Le gourou présumé d’une secte alpine reste en prison

    « Phénomène d’emprise, désocialisation, coupure avec le monde extérieur et la famille, système de sanctions, isolement voire parfois humiliation publique »… Le procureur de Digne-les-Bains a énuméré mardi les indices graves et concordants le poussant à requérir la détention provisoire pour le couple présumé à la tête d’une secte. Il a décrit des « exigences financières exorbitantes » et une « vie privée principalement financée par les dons des fidèles ». La « doctrine » du gourou présumé « consiste à soumettre sa décision à l’avis de Dieu » et à « s’ingérer dans la vie privée des fidèles habitués à demander son avis sur toute décision », a résumé le procureur.

    Cancers guéris par

    la prière…

    « Je n’ai jamais exercé de pressions ni de manipulation pour obtenir de l’argent, je trouve ça lâche et ignoble », a répondu Philippe Angot, le prévenu responsable de la communauté. Il reconnaît tout de même qu’une personne avait notamment « effectué un don spontané pour que je puisse acquérir une nouvelle voiture ». « L’église a décidé de manière collégiale de nous aider à payer certaines factures », a avancé son épouse. Philippe Angot a par ailleurs expliqué que les adeptes venaient « naturellement » vers lui quand ils étaient malades car « les cancers peuvent être guéris par la prière », mais qu’il les encourageait toujours à consulter un médecin. « Personne ne s’est plaint, il n’y a aucune victime en France », ont plaidé les avocats de la défense.

    Le juge a décidé de maintenir l’homme en détention « afin de mettre fin à l’infraction, garantir le maintien à disposition de la justice, empêcher des pressions sur des témoins, des victimes, et conserver les preuves ». Le prévenu a annoncé faire appel dès l’annonce de la décision. Son épouse a elle été libérée et placée sous contrôle judiciaire.

  • La convention du casino de La Ciotat annulée

    La convention du casino de La Ciotat annulée

    Le contrat de délégation de la gestion et de l’exploitation du casino municipal conclu entre la commune de La Ciotat et la société Pleinair Casino le 28 octobre 2024 est annulé. Cette annulation prendra effet à compter du 31 décembre 2026. » Ainsi a tranché vendredi le tribunal administratif dans ce feuilleton à rebondissements depuis plusieurs années.

    Le bâtiment du casino municipal de La Ciotat a été construit pour 15 millions d’euros par Partouche Immobilier qui le louait à la société Pleinair Casino, filiale du groupe Partouche et donc sous son contrôle. Ce complexe de jeux en plein air situé sur l’avenue du Parc a été inauguré en juin 2017 en remplacement de l’ancien casino les Flots bleus de l’avenue Wilson, transformé depuis en halle gastronomique.

    Il devait assurer à Partouche une position dominante pour se maintenir encore jusqu’en 2035 avec un chiffre d’affaires prévisionnel minimal de 130 millions d’euros. C’était sans compter l’assaut juridique mené par un concurrent belge, la société du Grand Casino de Dinant. En avril 2024, les juges ont annulé une première fois cette délégation bancale de service public, estimant que le cahier des charges de l’appel d’offres était entaché d’un vice : il imposait que l’exploitation ait lieu dans un bâtiment propriété de la société Partouche immobilier, rompant l’égalité entre les candidats.

    Par une seconde convention signée en octobre 2024, la commune de La Ciotat a délégué pour une durée de 11 années la gestion et l’exploitation des jeux du casino municipal à la société Pleinair Casino. Cette convention était censée remettre le montage juridique sur de bons rails. Mais elle niait la réalité que la commune était devenue propriétaire du bâtiment. Le tribunal le lui rappelle en énonçant que « les biens nécessaires au fonctionnement du service public ainsi confié au cocontractant, alors même que des jeux de casino y sont installés, constituent des biens de retour et appartiennent à la personne publique contractante ».

    Un vice « d’une particulière gravité »

    De sorte que le bâtiment du casino construit sur un terrain nu acheté à la commune est devenu – et cela gratuitement – la propriété de la commune de La Ciotat à l’issue des 18 ans de durée du contrat de concession signé en juin 2004. La société Partouche Immobilier ne peut se prévaloir d’une atteinte rétroactive à son droit de propriété. Aussi l’article 3 du cahier des charges de la convention bien mal rédigée par la commune et qui énonçait que « le bâtiment n’est pas propriété de la commune mais d’un propriétaire privé » est illégal et viole le Code de la commande publique.

    Ce point est indiscutable selon les juges. Il ne pose « aucune question sérieuse d’interprétation » au regard du droit de l’Union européenne et des grands principes du droit. Cette illégalité commise par la commune de La Ciotat est d’une « particulière gravité » et est donc non régularisable. « S’agissant d’un service non essentiel », l’annulation de la convention d’exploitation s’impose. Le tribunal a différé la date de prise d’effet au 31 décembre 2026. Une mise en concurrence régulière devra être organisée d’ici là.

  • Le couple soupçonné d’être à la tête d’une secte fixé ce mardi

    Le couple soupçonné d’être à la tête d’une secte fixé ce mardi

    Le débat concernant la détention provisoire du couple soupçonné d’être à la tête d’une communauté sioniste sectaire, qui devait initialement avoir lieu jeudi dernier et avait déjà été reporté à lundi, a de nouveau été reporté à ce mardi à 15h, a indiqué le procureur de Digne-les-Bains à La Marseillaise lundi. « Les délais sont courts et on n’a pas eu le temps de les voir pour discuter avec eux de la façon dont on aborderait le débat, donc on a demandé le renvoi », explique Me Patrice Reviron, l’un des deux avocats du couple.

    Selon la défense, « c’est un dossier qui repose sur des histoires exhumées des années 1990 en Belgique et des années 2000 jusqu’à 2021 en Suisse ». Le couple interpellé mardi dernier avait également fait l’objet de signalements et d’accusations dans ces deux pays. « Il y a eu une demande d’entraide internationale déposée en Suisse. Il y a une procédure actuellement dans ce pays. Cela fait plus d’un mois qu’ils savaient qu’il y avait une instruction ouverte contre eux en France », détaille Me Reviron. « Ils auraient pu fuir en Israël sans aucun problème, ils ont un logement en Israël, ils ont la nationalité israélienne », précise-t-il.

    Une autre enquête

    en Suisse

    Le ministère public du canton de Vaud, en Suisse, avait ouvert en 2022 une enquête pénale contre l’homme mis en cause, Philippe Angot, surnommé Haïm Goël, pour usure et contrainte, en raison notamment d’allégations de pressions financières sur certains de ses adeptes, selon le journal la Tribune de Genève. Huit plaintes avaient alors été déposées. L’enquête policière relevait que l’homme faisait « la morale à ses fidèles, s’immisçant dans leur vie privée pour pouvoir les manipuler et les diviser et n’hésitant pas à les humilier en public », rapportait la Tribune de Genève. La police constatait « que les membres finançaient le train de vie confortable du prévenu au détriment de leur propre situation financière, que plusieurs ex-adeptes avaient cru devenir fous, et que la plupart d’entre eux enduraient toujours des séquelles ».

    Selon leurs avocats, le couple avait quitté sa Belgique natale dans les années 1990, puis avait passé 20 ans en Suisse avant de revenir à Bellaffaire en 2023. Haïm Goël se revendique pasteur, à la pensée « à cheval entre le judaïsme et le christianisme, d’obédience messianique », précise Me Reviron. Âgés de 70 et 77 ans, les deux individus sont actuellement incarcérés à la prison des Baumettes à Marseille.

    Selon leurs avocats, le signalement qui avait alerté le procureur et qui était à l’origine de l’ouverture de l’enquête en décembre 2025 était « un signalement de la cellule renseignement de la gendarmerie », et non pas d’une personne se disant victime du couple. Une seule plainte a été déposée en France, selon eux. Les faits reprochés au couple concernent la période de 2020 à 2026.

    « On nous dit que tous les actes de la vie privée des gens doivent passer par la prière avec Philippe Angot. Ce n’est pas ça, c’est qu’il est préconisé, quand il y a des difficultés, de passer par une prière collective, mais ce n’est pas spécialement ni en présence de Philippe Angot, ni obligatoire », affirme Me Reviron. L’avocat comprend tout de même « qu’on considère que c’est une communauté et qu’ils ont certains rites ». Une troisième personne vivant et travaillant en Suisse est actuellement incarcérée en France.

    Le nombre de signalements pour dérives sectaires « reste stable » à « une quinzaine par an » dans le département, « contrairement à la tendance nationale », en augmentation, selon Fabienne Monmarson, sous-préfète et directrice de cabinet. La préfète pilote la lutte contre les dérives sectaires, avec la sensibilisation, le renforcement des sanctions et l’accompagnement des victimes, précise-t-elle.

  • Un musée itinérant du Centre Pompidou en zones rurales

    Un musée itinérant du Centre Pompidou en zones rurales

    Qui l’aurait cru, avoir le Centre Pompidou qui vient nous voir à Valensole. » Le maire de la commune rurale, Gérard Aurric, se réjouit que son village ait été choisi pour la première étape du musée itinérant, qui part en tournée dans tout le département, jusqu’au 9 mai. « Notre commune est particulièrement fière et heureuse d’avoir été choisie pour accueillir le tout premier musée itinérant et gratuit d’art moderne et contemporain », s’est félicité l’édile lors du lancement du musée, mardi dernier. « C’est une véritable opportunité pour notre territoire de voir la culture venir à nous, ici, au cœur de nos zones rurales, parfois éloignées des grands centres culturels. »

    Les visites de scolaires s’enchaînaient pour cette première étape à Valensole. Le musée peut soit être réservé pour ces visites organisées pour des enfants, soit être ouvert au grand public pour des visites libres. Il sillonne à bord d’un bus les routes sinueuses du département, avec à son bord des médiateurs, là pour faire le lien entre le public et l’exposition sur le thème du cirque et du saltimbanque.

    Déjouer les limites de l’art

    La présidente du Département, Eliane Barreille a salué lors du lancement une « initiative qui déjoue les habituelles limites associées à l’art contemporain et à sa diffusion pour aller directement à la rencontre de nos concitoyens ». « Le musée mobile, c’est avant tout la promesse que l’art contemporain va aller à la rencontre de tous les publics », a-t-elle souligné. Le camion musée a été élaboré en 2022 par la Fondation Art Explora, en collaboration avec le Centre Pompidou. Il offre un espace d’exposition de 65m2. Cette initiative « a d’autant plus de valeur que le Centre Pompidou est fermé depuis septembre dernier, pour une durée de 5 ans, dans le cadre d’un vaste chantier de réaménagement. Grâce au MUMO, il continue de faire vivre ses collections en les faisant voyager dans les territoires ruraux et périurbains », s’est réjoui Eliane Barreille. « C’est une chance inouïe pour notre département. Nous croyons profondément en ce projet, raison pour laquelle nous avons été la première collectivité à répondre favorablement à la proposition d’Art Explora. » En visitant le musée sur roues, on retrouve des œuvres de grands maîtres, comme Marc Chagall, Victor Vasarely ou encore Henri Matisse. Le musée a choisi de faire étape dans « des zones rurales et des quartiers politique de la ville en priorité ». « C’est le cœur du projet depuis sa fondation », explique Elisa Argenziano, chargée du projet.

    Castellane du 13 au 15 avril, Annot du 16 au 17, Jausiers du 25 au 27, Barcelonnette du 28 au 29

  • À Sisteron, les salariées d’une crèche, surmenées, en grève

    À Sisteron, les salariées d’une crèche, surmenées, en grève

    Soudées, les quatre salariées de la crèche se sont mises en grève et ont protesté devant leur lieu de travail toute la journée de jeudi. Les raisons de leur colère : « un profond désaccord et une profonde rupture de communication avec notre direction », explique Marion Michel, l’une d’entre elles. « Notre directrice a accepté un poste plus haut placé dans le réseau. Elle n’effectue donc plus certaines heures auprès des enfants, ce qui nous met en difficulté. On n’arrive pas à faire un travail de qualité », regrette-t-elle. Les enfants, âgés de trois mois à trois ans, demandent beaucoup de temps et d’attention. « On est fatiguées de cette situation, physiquement et mentalement, c’est du travail à la chaîne. »

    « ça nous mange le cerveau »

    « Les enfants le ressentent. On est beaucoup moins disponibles pour eux. Mentalement, ça nous mange le cerveau », déplore Marion Michel. L’une des salariées, Malaurie Chabat, doit faire « des heures en plus pour compléter le temps de travail de la directrice ». «Je suis rentrée avec une promesse d’embauche à 35 heures. Je l’attends toujours depuis 2024 », précise celle qui est toujours à 25 heures.

    Les salariées se plaignent également d’être payées « au SMIC », même pour l’une d’entre elles « diplômée depuis 19 ans ». Elles disent avoir subi « des pressions, des intimidations, du chantage » de leur directrice. Contactée, cette dernière n’a pas souhaité répondre. Les salariées ont prévenu la PMI (Protection maternelle et infantile), l’Inspection du Travail et la PDG du groupe de la crèche. « Elle nous a répondu qu’elle allait venir et que notre situation devait être traitée avec sérieux. » Elles sont également soutenues par l’union locale de la CGT.

  • Mobilisés contre des classes fermées

    Mobilisés contre des classes fermées

    Il était déjà trop tard, mais ils ont tout de même décidé de montrer leur opposition aux fermetures de classes, officialisées jeudi. Une trentaine de parents d’élèves, d’élus et de colistiers du groupe de gauche Demain Sisteron se sont rassemblés devant l’école maternelle Delaplane à Sisteron, où une fermeture a été décidée. Le nouveau maire, Jean-Pierre Templier, était présent et a déploré dans un communiqué « cette décision qu’il n’a pu infléchir malgré plusieurs entrevues avec la directrice des services de l’Éducation nationale et malgré les propositions et arguments alternatifs ». Il a exprimé « son incompréhension et sa déception de ne pas avoir été entendu ».

    Les maires mobilisés, mais trop tard

    La liste d’union de la gauche Demain Sisteron, siégeant désormais dans l’opposition, était à l’initiative du rassemblement et s’est réjoui d’avoir réussi à mobiliser les autres élus de la majorité et de l’opposition. « On continuera de lutter pour les services publics et les écoles », a promis le colistier Sasha Quiles.

    Dans un communiqué, la mairie de Digne a également déploré la fermeture d’une classe à l’école des Arches. « Le maire, Julien Di Benedetto, et la municipalité demandent solennellement à la directrice académique de bien vouloir reconsidérer le projet de suppression à la rentrée 2026. »

  • Une tour menace de s’effondrer sur un village du Verdon

    Une tour menace de s’effondrer sur un village du Verdon

    Tout a commencé en 2022, lorsque les habitants et les élus du village sud alpin constatent « des vidanges sédimentaires sur les blocs », soutenant la tour construite au XIVe siècle, dans les failles rocheuses. « Cela nous alerte, nous intrigue. On s’aperçoit que ça a bougé à plusieurs endroits », se rappelle Laurence Dépieds, la maire (SE) de la commune. « Il y avait eu en 2022 un précédent avec la chute d’un pénitent aux Mées », ajoute l’édile.

    « Les signaux sont négatifs, on engage sans attendre une étude, un diagnostic précis qui va nous permettre d’y voir clair », explique-t-elle. Le diagnostic tombe début 2023, et conclut à un danger imminent dû à une bascule de la tour, résultat d’un « grand glissement de terrain, un mouvement majeur de plaques » qui provoque le mouvement de l’édifice, « fracturé, fissuré, éclaté ». À ce moment-là, « il faut prendre une décision, on ne sait pas si l’effondrement est pour tout de suite ou dans 10 ans, mais s’il y a un événement majeur du type pluie intense, sécheresse, tremblement de terre, ça ne résistera pas », s’alarme Laurence Dépieds.

    Des habitants évacués

    « En avril, il se met à pleuvoir tous les jours, ça dure, on se dit qu’on ne peut plus reculer donc on établit un périmètre d’effondrement de la tour qui nous permet de savoir quelles maisons on évacue », se rappelle la maire. « Cela a été très difficile pour les habitants, du jour au lendemain, je suis allée les voir pour leur dire de partir. » Pendant plus d’un an, ils sont relogés par la mairie.

    Comme solution de sécurisation d’urgence, deux contrefiches ont été installées « pour éviter un effondrement en cas de mouvement léger. Évidemment, si on a un tremblement de terre, ça ne retiendra pas la tour », regrette Laurence Dépieds. « On ne connaît pas le point de rupture, on ne sait pas jusqu’où la tour va supporter l’inclinaison et le mouvement de sol. » Des capteurs connectés ont également été installés pour détecter les mouvements des rochers et l’inclinaison de la tour. « On reçoit des alertes quand les seuils tolérés sont dépassés, une alarme sonne dans le village en cas d’alerte », explique l’édile. Elle constate chaque jour les mouvements de la tour, qui continue à s’incliner.

    « Il faut éviter tout mouvement. On a bloqué une rue sous la tour pour éviter que les passants causent des vibrations », précise Laurence Dépieds. Elle a reçu jeudi dernier les résultats de l’étude concernant les travaux de sécurisation définitive, qui devraient commencer en septembre ou octobre et coûter 1 million d’euros. Le village au petit budget a déjà recueilli 70 000 euros de la Fondation du patrimoine et espère d’autres subventions.