Tag: Société

  • Un nouveau terrain synthétique à la Ponsonne

    Un nouveau terrain synthétique à la Ponsonne

    Un nouveau terrain synthétique devrait être inauguré à Manosque à la mi-octobre, dans le cadre du dispositif national Quartiers de demain, qui permet à neuf villes françaises de réhabiliter des quartiers prioritaires en prenant en compte les impératifs écologiques.

    « La pose du gazon synthétique est prévue fin septembre, pour une semaine. L’avantage qu’on a sur le produit qu’on a pris, c’est qu’il n’y a pas besoin de substrats supplémentaires. Cela réduit largement le coût d’entretien », avance Laurent Fournaise, le directeur des services techniques. « À terme, la tribune devra également être étendue l’an prochain, et un tunnel sera construit sous une passerelle » pour séparer joueurs et public, selon le maire DVD de Manosque Camille Galtier. L’objectif de cette modernisation est aussi de créer « un lieu de vie dédié aux familles et convivial, en co-construction avec les habitants », a avancé Caroline Paolasso, conseillère municipale déléguée au Quartier de Demain. « Les épisodes pluvieux dégradent les pelouses. Le synthétique est une bonne alternative qui subit moins de dégradations, nécessite moins d’entretien et engendre un taux d’occupation plus important », a expliqué Allel Benferhat, directeur du service des sports.

    « Toutes les infrastructures sportives de la ville seront rénovées d’ici 2030, alors qu’en 2020 on était très en retard », a par ailleurs affirmé le maire. « On donne les infrastructures sportives aussi bien au basket, au hand et au rugby pour permettre de monter au dernier niveau national. » La modernisation du stade est réalisée pour un coût d’environ 1 million d’euros. La ville compte sur cette modernisation pour améliorer les conditions de pratique, la sécurité et la qualité de l’équipement. Ces travaux s’inscrivent dans le projet plus large de transformation de la Plaine des Sports et des Loisirs, destiné à moderniser le site et à favoriser la pratique sportive. Les travaux comprennent notamment les terrassements, la création d’un système de drainage et le passage de l’éclairage en LED.

  • La crypte révèle l’histoire de Digne

    La crypte révèle l’histoire de Digne

    Mausolées, murs vieux du Ier siècle, basilique du Ve… De nombreux vestiges témoignent du passé et de l’histoire de la ville de Digne au sein de la crypte archéologique de la cathédrale Notre Dame Du Bourg. Le projet de création de cette crypte a vu le jour dans les années 1980, « alors que la cathédrale était en très mauvais état et menaçait de s’effondrer », explique Amin Sankon, guide pour la crypte. L’architecte des monuments historiques Francesco Flavigny a donc été appelé pour constater les dégâts : « il était temps de faire quelque chose pour sauver cet édifice, et sa solution a été d’enlever la toiture et voir l’état des fondations », relate le guide. Mauvaise surprise : l’architecte se rend alors compte que la cathédrale est construite sur une nappe aquifère, laissant l’eau circuler et causer des dégâts. Pour maintenir les murs de la cathédrale, il décide d’installer un plancher en béton armé. En faisant ses sondages, il retrouve de nombreux vestiges archéologiques. La priorité devient ainsi de conserver ces derniers, tout en construisant le plancher pour éviter que la cathédrale ne s’écroule. Demande est faite à l’État de lancer une vaste campagne de fouilles.

    Gabrielle Démians d’Archimbaud, professeure à Aix-en-Provence précurseure de l’archéologie médiévale, se saisit alors du lieu et mène la campagne de fouilles, qui commencera enfin en 1987. Des « armées d’archéologues » débarquent alors, raconte Amin Sankon. « Dans les années 1960, l’archéologie médiévale n’était pas vraiment un sujet. C’était une discipline toute nouvelle, on s’intéressait surtout à la préhistoire et à l’antiquité en archéologie. Comme il y avait beaucoup de textes écrits sur l’époque du Moyen-Âge, on disait que ce n’était pas la peine de mener des fouilles », explique le guide.

    L’archéologue aixoise demande ensuite une deuxième autorisation pour mener d’autres campagnes de fouilles afin de partir à la recherche d’un baptistère. « Elle ne trouve pas le baptistère, mais en revanche elle va trouver deux mausolées : l’un du IIIe siècle et l’autre du IVe », exposés aux yeux des visiteurs dans la crypte, relate Amin Sankon.

    Le déplacement

    du centre-ville

    Une troisième campagne de fouilles permet à l’archéologue de trouver des vestiges de la ville de Dinia, Digne à l’antiquité. « Voilà comment ont débuté ces fouilles et comment le musée a vu le jour plus tard en 2010 », conclut le guide qui propose des visites les vendredis après-midi.

    « Les recherches ont permis de retrouver les origines antiques de la ville de Digne. Les fouilles ont permis de localiser l’emplacement exact de la ville de Dinia, Digne à l’époque antique, qui était enfouie entre 4,5 et 6 mètres de profondeur », explique Josiane Richaud, responsable de la crypte archéologique.

    Digne est l’une des rares villes à compter deux cathédrales. « La ville antique s’est développée autour de la cathédrale Notre Dame du Bourg, puis l’évêque, qui était le seigneur des lieux, va se déplacer et construire son château dans le centre-ville actuel de Digne. Les gens vont petit à petit s’agglutiner autour de cette construction, et finalement la ville va se déplacer », relate la responsable de la crypte. Le château de l’évêque va finalement être détruit « par les Dignois pendant les guerres de Religion, pour éviter qu’il devienne un bastion protestant », avance Josiane Richaud. Le pape va finalement demander à l’évêque de choisir entre les deux églises, et Saint-Jérôme est ainsi devenue co-cathédrale. « La première et la vraie cathédrale, historiquement, c’est Notre Dame du Bourg », affirme la responsable de la crypte.

    Rue du Prévôt, Digne-les-Bains

  • Une première fête du Modef réussie

    Une première fête du Modef réussie

    Je suis très contente de cette première édition. Les gens ont répondu présent », lâche joyeusement Lucie Illy, arboricultrice bio dans les Hautes-Alpes et vice-présidente du Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux). Installée sur 17 hectares, elle a su reprendre et réduire l’exploitation familiale pour la convertir au bio et à la biodynamie, « plus conforme à mon éthique » et diversifier un maximum sa distribution. « Je vends à la ferme directement, je livre dans les cantines scolaires en purée de fruits issue de mes pommes déclassées, je travaille avec des associations de consommateurs et enfin depuis 2 ans je fais un petit marché bio sur Grenoble », détaille l’exploitante.

    Point d’orgue de la journée, le débat intitulé « Face à la disparition de notre agriculture, que mangerons-nous demain ? » s’est révélé fédérateur et instructif pour tous. « La question du modèle agricole est essentielle. La société doit dire quel modèle, elle veut. Et l’État donner des moyens, avec une augmentation du pouvoir d’achat. Le nombre d’exploitation familiale ne cesse de décroître », explique Christian Reynaud, président du Modef 05 et co-animateur du débat. Et de conclure : « La malbouffe est quelque chose de subi, il faut éduquer les gens ».

  • [Un été au camping] L’Hippocampe à Volonne, un camping à la gestion familiale

    [Un été au camping] L’Hippocampe à Volonne, un camping à la gestion familiale

    Si l’art de camper n’est pas apparu au XXe siècle, son développementen France débute en 1936 avec l’instauration des congés payés. Les destinations côtières deviennent accessibles à tous. Aujourd’hui, l’offre s’est considérablement diversifiée mais le camping familial reste le symbole de vacances simples, économiques et populaires.

    Il n’y a pas de barrière, on est tous pareils, tous logés à la même enseigne » : pour ses vacances d’été, Géraldine Bonnici a choisi le camping l’Hippocampe, à cheval entre les deux communes de Volonne et de Château-Arnoux-Saint-Auban. « L’ambiance camping et l’ambiance location, ça n’a rien à voir », constate celle qui a réservé un emplacement avec toute sa petite famille, habituée au camping.

    L’établissement de 17 hectares compte 100 employés en haute saison, et 500 emplacements : 300 hébergements locatifs (mobil-homes, chalets, hébergement toilé) et 200 emplacements de camping. Une extension a ouvert en 2024 avec uniquement des places de camping, de l’autre côté de la Durance, côté Château-Arnoux-Saint-Auban. « Ce n’est pas la même mentalité, la clientèle camping et la clientèle mobil-home. Les clients qui sont là-bas qu’en camping sont contents d’avoir un espace plus calme, plus naturel, plus zen », explique Alys Bravay, directrice de l’établissement. « Je préfère le calme. L’autre partie, c’est beaucoup plus festif », abonde Géraldine Bonnici. « On reviendra l’année prochaine ! C’est un cadre apaisant, relaxant, aux portes des Alpes », conclut-elle.

    Le camping a été créé en 1965, par le grand-père d’Alys Bravay, ancien travailleur à l’usine Arkema. Son père et son oncle l’ont ensuite repris dans les années 1980, et elle est arrivée en 2018. Elle gère encore l’établissement aux côtés de son père, de son oncle et de sa tante.

    Historiquement, le camping s’est construit autour de la discothèque, ouverte en 1966. « On a acheté les terrains au fur et à mesure », explique Alys Bravay. La discothèque propose désormais des soirées adaptées aux mineurs, sans débit de boisson, pour les adolescents de l’établissement qui peuvent en profiter jusqu’à 2h du matin.

    La création du camping a également été encouragée par la construction d’un barrage sur la Durance, qui créa à l’époque un lac artificiel de 110 hectares, et donna au grand-père d’Alys l’idée d’ouvrir une guinguette avec location de pédalos.

    Des vacances à petit budget

    « Dans les gorges du Verdon, tous les campings étaient déjà complets, et c’était beaucoup plus cher », témoigne Sabrina Lebrun, venue de l’Aisne avec sa fille adolescente et la meilleure amie de cette dernière, Lovely et Timélia. La petite famille a fait le choix de louer un emplacement où poser deux tentes, pour leur première expérience en camping. « Un emplacement mobil-home, ça fait super cher. Il a fallu s’équiper, c’est un périple ! C’est un investissement, j’ai tout acheté sur Leboncoin : la rallonge électrique, un réchaud, des cartouches de gaz, une petite armoire de camping… Mine de rien, ça va vite, pour une semaine, ça chiffre ! », lance Sabrina. Pour économiser, elle lave son linge à la main et évite de prendre l’autoroute. « De chez nous, c’est 100 euros le péage ! Avec l’essence, ça nous fait 400 euros l’aller-retour », déplore-t-elle.

    « On est attentifs à ce que le personnel fasse le maximum pour bien accueillir les clients qui ont économisé toute l’année pour partir en vacances, et donc on fait le maximum pour que ça se passe bien », avance Alys Bravay.

    Le camping accueille environ 60% de Français, majoritairement de la Région Paca et du Nord, et 40% d’étrangers, majoritairement hollandais et belges.

  • [Patrimoine] La citadelle de Sisteron, un témoin de l’histoire

    [Patrimoine] La citadelle de Sisteron, un témoin de l’histoire

    Libération de résistants emprisonnés, bombardements de Sisteron, travail forcé de prisonniers politiques… La citadelle de Sisteron témoigne de nombreuses pages de l’histoire de France, et en particulier celle de la Seconde guerre mondiale. Des résistants y avaient été emprisonnés par des Allemands, qui avaient investi la citadelle pendant la guerre. « Leurs collègues ont usé d’un stratagème à la manière d’un cheval de Troie. Ils se sont déguisés en gendarmes, et ils ont fait comme s’ils amenaient un prisonnier à la citadelle. Les Allemands leur ont ouvert grand les portes. D’autres résistants cachés dans les environs sont alors rentrés et ont délivré leurs amis », raconte Sylvie Normand, guide de pays depuis 23 ans. Quelques jours après, le 15 août 1944, la citadelle était accidentellement bombardée par les Alliés, en majeure partie détruite, au moment du débarquement de Provence. Leur objectif était de bombarder les ponts afin que les Allemands ne puissent pas s’enfuir. En larguant par erreur plusieurs bombes sur la ville et ses habitations, ils ont tué une centaine de civils. « Le bâtiment le plus important de la citadelle qui a été détruit, c’était l’église, qui datait du XVe siècle. Cela a été un massacre. Elle a été reconstruite à l’identique, dans le style gothique, sur le rocher, à partir de 1967, grâce à des dons et à des subventions », explique Sylvie Normand. À l’intérieur, le maître verrier Claude Courageux a réalisé les vitraux, dont l’un représente une vierge enveloppée dans la Durance et le Buëch, les deux rivières qui confluent au pied de la citadelle. Aux pieds de la vierge se trouve une perle, représentant Sisteron, surnommée « la perle de la Provence ». Dans la pierre murale de l’église, on trouve encore des fossiles, comme celui d’un oursin.

    « Les hommes ont toujours choisi ce rocher pour faire un camp fortifié parce qu’on y domine la Durance. On a une vue à 360 degrés, donc c’est fabuleux pour se protéger et voir les ennemis arriver. C’est aussi un lieu de passage intéressant, puisqu’il y avait la Via Domitia, à l’époque romaine, qui venait du nord de l’Italie et qui allait jusqu’en Espagne, qui était en rive droite de Durance. C’était une voie de passage avec des échanges commerciaux entre les Alpes et la Méditerranée », relate la guide.

    Un lieu de détention de prisonniers politiques

    La nouvelle muséographie de la citadelle a été inaugurée cette année, avec de nouveaux panneaux explicatifs et une maquette. « J’ai pour habitude d’utiliser la métaphore anatomique : les remparts, tout ce qui date du XVIe siècle, c’est le squelette de la citadelle, comme si c’était un dragon, une grosse bête. L’épine dorsale, c’est le chemin de ronde, construit sur la crête du rocher, où se trouvent également le donjon et l’église », lance Sylvie Normand. Un escalier souterrain de 258 marches relie la citadelle à la ville. « La citadelle était un lieu de détention au XIXe jusqu’au début du XXe. Les prisonniers, pour certains politiques, ont été contraints de creuser toutes les marches et le tunnel. Il y en a probablement pas mal qui sont morts en creusant », regrette la guide.

    Dans la poudrière de la citadelle, construite par Vauban, une exposition célèbre les 70 ans du festival des Nuits de la citadelle, avec les noms des différents artistes qui y ont participé, derrière un rideau rouge renvoyant au théâtre. « Vauban est passé à Sisteron au XVIIe, la citadelle était déjà construite. Il a estimé qu’il n’y avait pas grand-chose à y refaire, si ce n’est qu’il fallait rehausser les courtines, les petits chemins qui passent sous les remparts. Finalement, il a dit qu’il fallait juste construire une poudrière au nord, parce qu’il y en avait une au sud, et ça n’allait pas du tout en cas d’attaque. Elle n’était pas du tout protégée », explique Sylvie Normand.

    « Ce qui fait toute l’originalité de Sisteron et de la citadelle, c’est la clue. Cette formation géologique exceptionnelle s’appelle un millefeuille géologique. Ça résulte du fait qu’il y a des millions d’années, avant l’apparition de l’Homme, lorsque la mer recouvrait complètement le territoire, vous aviez des strates de sédiments calcaires. Les Pyrénées subissaient la poussée du continent africain, et donc, en sortant, elles ont exercé une poussée en direction de notre région. Les Alpes ont fait de même, et la convergence des deux poussées a fait que, dans cette région, les strates qui se trouvaient à l’horizontale se sont redressées à la verticale », relate la guide.

  • [C’est l’été] À Castellane, la route Napoléon a du succès

    [C’est l’été] À Castellane, la route Napoléon a du succès

    Aujourd’hui, reportage sur l’historique route Napoléon devenue un itinéraire touristique incontournable.

    En mars 1815, Napoléon traversait la France à cheval, avec un millier d’hommes, du Golfe-Juan à Paris, pour reprendre le trône. Plus de 200 ans plus tard, la route Napoléon est devenue un itinéraire touristique très apprécié des motards et des rallyes automobiles, des Alpes-Maritimes jusqu’à Grenoble.

    La route Napoléon a été inaugurée en juillet 1932, « à l’instigation des syndicats d’initiative », raconte Jean-Christophe Labadie, directeur des archives départementales. « C’est vraiment parmi les tentatives des années 30 de lutter contre la désertification, contre l’exode rural, contre l’effondrement d’une certaine économie, donc on développe l’axe touristique. On avait même créé un musée Napoléon à l’Ermitage, le grand hôtel qui avait été construit pour le développement touristique de Digne », explique-t-il.

    Napoléon avait choisi d’emprunter cette route pour regagner Paris en 1815 car « c’était l’alternative à la route qui passait par la vallée du Rhône, qui était difficile à prendre parce qu’il y avait des troupes royalistes qui étaient favorables au roi. C’est une route qui n’était pas défendue, qui est pour lui la meilleure, la plus sécurisée pour remonter sur Paris, puisqu’il y a très peu de troupes dans les Alpes à ce moment-là », avance Jean-Christophe Labadie.

    Dans le département, Napoléon s’arrête dormir à deux endroits : chez le juge de paix, à Barrême ; et dans le château de Malijai. À Castellane, « il achète beaucoup d’animaux, de mulets pour transporter ses vivres, ses bagages et ses munitions », relate le directeur des archives. « Une troupe est en train de remonter la vallée du Rhône pour essayer de le rattraper, mais ne le rattrapera jamais », ajoute-t-il. « La route Napoléon ramène beaucoup de motards et de rallyes automobiles », témoigne Fabien Jacquet, vendeur et chauffeur de l’entreprise Easy Rafting, à Castellane. Lui-même a longtemps parcouru la route Napoléon à moto, du Golfe-Juan à Grenoble. « Beaucoup de touristes, notamment asiatiques, nous demandent où est passée la plaque qui montrait où Napoléon avait déjeuné à Castellane. Elle a dû être temporairement enlevée à cause de travaux », ajoute Martin Bastien, conseiller en séjour à l’office de tourisme. « On prend régulièrement la route Napoléon, à moto ou en voiture, en passant par Castellane, Saint-André, jusqu’à Grenoble ou Gap. On aime aller à Barcelonnette pour la fête mexicaine », racontent Hervé Fede et Chantal Berthier, sa belle-sœur, venus de Menton pour le week-end. « On croise beaucoup d’autres motards sur la route Napoléon. Elle est sinueuse, donc très agréable à conduire. On se la recommande entre motards », se réjouit Phil Gueroult-Milesi, en « petit tour de France », avec sa femme Marie-Anne.

    Plus de peur que de mal

    à Sisteron

    La citadelle de Sisteron, où Napoléon est également passé, a reconstitué avec sa nouvelle muséographie la route Napoléon au sol. « Entre Digne et Sisteron, le 4 mars 1815, il va séjourner au château de Malijai. Comme il arrive tard le soir, il demande à Cambronne et à Bertrand, ses officiers, de se rendre à Sisteron parce que le contexte politique fait que Sisteron ainsi que quasiment toute la Provence est royaliste, assez opposée au retour de Napoléon. Il sait qu’à Sisteron, le maire va refuser de le laisser passer parce que c’est un royaliste dur », explique Sylvie Normand, guide de pays, notamment à la citadelle de Sisteron. « Cambronne et Bertrand demandent à rencontrer le gouverneur de la citadelle et le maire de la ville. Ils refusent. Napoléon a peur, parce que la citadelle est censée être armée de canons. Mais il n’y a pas de poudre à la citadelle, et donc le maire est très hésitant », relate la guide. Napoléon va finalement pouvoir passer à Sisteron grâce à un « coup de poker, de bluff ». « Alors qu’ils ne sont qu’un millier d’hommes, Cambronne va dire qu’ils ont besoin de 5 000 rations. De plus, un ancien officier de Napoléon, qui s’appelle Loverdo, basé à Digne, avait gardé toute sa sympathie pour Napoléon. Donc il va faire traîner l’arrivée de la poudre », facilitant ainsi son passage.

    « Elle a été inaugurée dans les années 30 pour développer l’axe touristique. »

  • Un atelier partagé pour apprendre à bricoler à Forcalquier

    Un atelier partagé pour apprendre à bricoler à Forcalquier

    Apprendre à construire un four solaire, à utiliser une imprimante 3D ou encore à faire de la soudure : l’atelier partagé la Fabrique & Co donne accès aux habitants de Forcalquier et de ses alentours à des outils, des machines, des stages et des formations de bricolage en tout genre. L’atelier est né avec l’idée de « rendre le bricolage moins genré » et que « même des gens qui n’ont jamais fait de bricolage, qui ne sont pas à l’aise avec les outils, puissent ici trouver l’accompagnement qu’il faut », explique Frédéric Hafner, l’un de ses fondateurs. Les cinq thèmes développés par l’association sont le bois, le métal, le numérique, la mécanique et le vélo.

    Aménager

    son camping-car

    Cinq bénévoles tiennent l’association : Aurélie pour la menuiserie, Jean-Michel Grès – qui était candidat DVG aux municipales – pour le métal, Philippe pour le numérique, Sylvain pour le bois et le 3D, et Frédéric Hafner pour le vélo.

    La Fabrique & Co organise également des journées thématiques, comme par exemple pour apprendre à aménager son camping-car avec un lit et des meubles.

    L’adhésion annuelle coûte 50 euros, et la mensuelle 20 euros. Pour louer l’atelier pendant cinq heures, il faut compter 15 euros ; et pour une demi-journée de stage, 20 euros.

    En tant que tiers lieu, l’atelier a été subventionné par l’Europe au travers du programme LEADER. Un chantier participatif a été mis en place pour aménager le local vide, situé dans la zone d’activité de Forcalquier, en 2024.

    L’association compte déjà 80 adhérents. Elle fera une journée portes ouvertes le 5 septembre, pendant la fête des associations de Forcalquier.

    51 rue des Ateliers, Forcalquier.

  • Les produits locaux mis en avant à la foire de la lavande de Digne-les-Bains

    Les produits locaux mis en avant à la foire de la lavande de Digne-les-Bains

    « Montrer le territoire au travers de ceux qui le font vivre au quotidien », « valoriser les circuits courts » et les savoir-faire des agriculteurs et des restaurateurs de la région : tels sont les objectifs de la foire de la lavande et de l’espace terroir, selon Bruno Acciaï, vice-président de l’agglomération délégué à la ruralité. Six produits locaux seront mis en avant sur l’espace terroir cette année, du 20 au 23 août : l’agneau, le miel, le safran, la lavande, le banon et les aromatiques. Plusieurs producteurs seront présents, comme Guilène Cheron, productrice de safran dans la vallée de Thoard, pour qui ce sera malheureusement la dernière édition. « Je suis obligée de tirer ma révérence. Les rats des champs ont eu gain de mes bulbes », regrette-t-elle. Chaque producteur est en binôme avec un chef pour une animation culinaire. Pour elle, ce sera avec Vincent Pelaia, le chef du restaurant la Marmite du pêcheur, aux Mées.

    Curry thaï à l’agneau

    Alexis Hoarau, cuisinier réunionnais qui travaille avec des produits « issus de l’agriculture raisonnée », sera lui en binôme avec Gabrielle Alcazar, cueilleuse et herboriste, et utilisera notamment son hydrolat de rose pour sa recette. Le chef Frédéric Payan, lui, utilisera le banon, « un produit qu’il affectionne », et Supapan Billiau, cheffe thaïlandaise, proposera un curry à l’agneau.

    Cette année, l’invité d’honneur sera la Bulgarie.

  • À Oraison, l’Ehpad s’équipe face à la canicule

    À Oraison, l’Ehpad s’équipe face à la canicule

    « Beaucoup de résidents sont seuls, isolés, n’ont pas de famille. Beaucoup disent que leurs enfants les ont mis à l’Ehpad pour être tranquilles ». Ada Knol, retraitée néerlandaise installée à Puimichel depuis 36 ans, donne de son temps pour faire du bénévolat et passer du temps auprès des résidents de l’Ehpad public d’Oraison. « Certains perdent la mémoire. Le personnel n’a pas le temps de discuter avec eux. Être là, poser sa main sur leur bras, leur sourire, ça fait déjà tellement de choses, c’est très important ! », insiste la bénévole. « Il y en a qui me disent : “je dois rester ici jusqu’à ma mort, alors à quoi ça sert la vie ?” ».Cet isolement est d’autant plus accentué par la période de canicule, pendant laquelle les résidents ne peuvent que très peu sortir. « C’est encore plus difficile pour eux avec la canicule, ils souffrent plus, avec la fatigue, la déshydratation », constate Ada Knol.

    Face à la vague de canicule précoce, l’Agence régionale de santé (ARS) a débloqué des budgets pour acheter des climatiseurs, que l’Ehpad a pu disposer dans ses couloirs. Les chambres, elles, restent non climatisées. « Il fait chaud dans les chambres qui n’ont pas la clim. On vient plus régulièrement, on est plus vigilants pendant les périodes de forte chaleur », explique Audrey Llopis, qui vient tous les jours rendre visite à son père, atteint d’une maladie neurodégénérative.

    Pour faire face à la chaleur écrasante, l’établissement public a mis en place une procédure stricte : « on barricade, on ferme les volets dès qu’on peut », témoigne Amandine Bourjac, aide-soignante. « Avec l’âge, les résidents perdent la sensation de soif, alors on met en place des tours d’hydratation toutes les deux heures », explique-t-elle. « On a adapté les goûters : toute l’année, ils ont des gâteaux secs. Là, on leur donne des glaces et des fruits », ajoute Mylène Goudet Ramirez, cadre de santé. Le personnel surveille les résidents de près pour s’assurer qu’ils s’hydratent. « On essaie de le prendre à temps : si on a quelqu’un qui ne boit pas, qui est fatigué dans son lit, on va le perfuser et le lendemain, ça va mieux », explique Margot Mansuy, infirmière.

    Rompre l’isolement

    Pour pallier l’isolement des résidents sans famille, l’Ehpad a deux animatrices dédiées, une coordinatrice de la vie sociale et des bénévoles, détaille la cadre de santé. L’établissement accueille également des jeunes en service civique dont la mission est de rompre l’isolement. Des créneaux de visio sont aussi mis en place pour permettre aux résidents de rester en contact avec des proches éloignés. Une aide-soignante dédiée prend en charge les troubles anxieux. « Mes cinq enfants voulaient me prendre chez eux, mais je ne voulais pas être un poids pour eux », témoigne Yvette Robert, résidente aux Tilleuls. Son voisin, José Flores, orphelin espagnol, a quitté son pays pour fuir le franquisme, après le décès de son père à la guerre, qu’il n’a pas connu. « J’ai été hospitalisée à Marseille après une chute, puis mon fils, médecin à Manosque, m’a rapprochée ici », raconte Juliette Khatchian. Son fils l’appelle trois fois par jour pour vérifier qu’elle va bien. « On est bien, mais on n’est plus chez nous. Si j’avais la possibilité, je serais restée chez moi jusqu’à la mort, comme mes parents », regrette Juliette Khatchian.

    L’Ehpad compte une centaine d’agents, 80 résidents, et fait aussi de la prise en charge à domicile. « L’été, on signale les résidents aux mairies, les CCAS mettent en place des choses. Ils peuvent enfoncer la porte si on n’a plus de nouvelles », explique Mylène Goudet Ramirez. « On manque d’argent » pour avoir suffisamment de renforts pendant l’été, regrette la cadre de santé. « On est en déficit, on n’a pas l’argent à la hauteur de notre mission. On fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a » déplore-t-elle.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, le cinéma itinérant en ruralité baisse le rideau

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, le cinéma itinérant en ruralité baisse le rideau

    Problèmes de gouvernance, baisse des subventions, crise post-Covid… Après 30 ans d’exercice, l’association Cinéma de Pays a décidé de mettre fin à son activité à la rentrée.

    Les premières craintes concernant la pérennité, l’avenir et la capacité à perdurer de la structure sont nées au sortir du Covid, explique Stéphane Paillet, président du Cinéma de Pays.

    Un déséquilibre financier

    « C’est compliqué parce qu’on est vraiment en milieu rural, avec des villages éloignés, en montagne, et on avait des jauges, des fréquentations qui étaient bien trop en deçà de ce qu’il fallait faire pour être à l’équilibre financier », explique le président. Le cinéma itinérant touche des subventions, mais « elles ne couvrent pas le déficit de fréquentations, l’inflation sur l’énergie, les tarifs qui ont explosé », déplore Stéphane Paillet.

    Le départ du nouveau directeur de la structure a par ailleurs « précipité » sa fin. L’association a eu beaucoup de mal à trouver un directeur sur le long terme, et en a changé régulièrement.

    « On ne peut plus se permettre de faire du cinéma comme on le faisait il y a trente ans. Il y avait un certain nombre de réformes à lancer au sein de la structure, et on n’a pas réussi à les mettre en œuvre », regrette le président.

    « Il y a eu une baisse de subventions, mais on était en train de dépasser ce problème financier. Par contre, le problème de gouvernance, il n’y avait pas moyen de le résoudre. S’il n’y a pas de volonté d’aller dans la même direction tous ensemble, cela ne fonctionne tout simplement pas. S’il n’y a pas un projet commun partagé, c’est très compliqué. Il se trouve que ce projet, on n’a pas réussi à le mettre en musique », déplore Stéphane Paillet.