Tag: Social

  • Missions locales : aides, écoute, suivi… c’est « important » pour la jeunesse

    Missions locales : aides, écoute, suivi… c’est « important » pour la jeunesse

    Entre le moment où Léna, 24 ans, sonne pour monter à la mission locale du Vieux-Port, et celui où la porte s’ouvre, quatre autres jeunes l’ont déjà rejoint et attendent aussi de monter. Ce lundi, ils sont plusieurs dizaines, âgés de 16 à 25 ans, à passer la porte du 19 rue Vacon à Marseille (1er) pour se faire accompagner dans la recherche de travail, de logement ou pour trouver une écoute.

    Une bonne partie de ceux présents viennent pour leur premier rendez-vous. C’est le cas de Léna qui vient surtout pour avoir accès à des aides. « J’ai fait un service civique et j’ai rompu un contrat saisonnier. Comme je n’ai pas 25 ans, je n’ai le droit ni au RSA ni au chômage. ça fait un mois et demi que je n’ai plus de revenu, c’est très compliqué », confie-t-elle. Les aides apportées par la mission locale, sont « importantes pour moi », assure-t-elle. Si les missions locales permettent d’avoir accès à des aides financières avec le contrat d’engagement jeune (CEJ), elles assurent avant tout un suivi personnalisé pour des jeunes qui n’ont pas forcément de réseau familial ou professionnel. C’est le cas de Genta, 19 ans, réfugié en France depuis quelques mois. « J’habite seul et j’avais besoin d’aide pour trouver des formations et des stages. » Redirigé vers la mission locale par son assistance sociale, le jeune homme espère trouver une formation dans la couture grâce aux conseillers de la structure. Aurore, arrivée il y a un mois à Marseille, y cherche quant à elle de l’aide pour trouver un logement. Car l’accompagnement proposé ne se limite pas à la recherche d’emploi mais englobe l’accès « à la santé, au logement, aux droits, à la citoyenneté et à la mobilité », indique le site du ministère du Travail et des solidarités.

    Aide psychologique

    Keyra, 22 ans, vient elle depuis un an. Elle a trouvé entre ces murs une oreille attentive à ses problèmes. « Quand j’ai commencé, je n’étais pas très assidue. Mais mes conseillères m’ont poussée à revenir, se rappelle la jeune femme. Elles ont été très à l’écoute. Au lieu de me fermer les portes, elles ont essayé de me comprendre. » La jeune fille, qui est suivie par un psychiatre, a pu trouver une réponse appropriée au sein de l’institution. « On m’a conseillé des structures plus adaptées à mes soucis. Mes conseillères m’aident beaucoup sur le plan psychologique plutôt qu’à chercher du travail », explique-t-elle. Un psychologue est d’ailleurs présent au sein de la mission locale pour les bénéficiaires du CEJ. Un accompagnement personnalisé et complet qui risque d’être dégradé par la baisse du budget et du nombre d’employés, alors que les jeunes en difficulté ne cessent d’être de plus en plus nombreux, chaque année.

  • Le tennis, nouvel invité au pied des tours de la cité des Rosiers

    Le tennis, nouvel invité au pied des tours de la cité des Rosiers

    La cité des Rosiers a aussi le droit à ses cour(t)s de tennis hebdomadaires. Au pied des tours du quartier situé dans le 14e arrondissement, Guy Pinna, président de l’AS Time, a ouvert aux jeunes la possibilité de pratiquer le tennis. Dimanche 9 novembre, une première séance s’est tenue avec quelques habitants des environs et d’autres plus habitués à tâter la petite balle jaune.

    « Aux Rosiers, les gens n’ont pas de clubs de tennis autour. Les premiers sont à Saint-Jérôme ou à la Rose, mais ils sont chers. S’installer ici, c’était la priorité », décrit celui qui donne des cours dans les quartiers depuis la fin des années 1980. Frédéric Picarelli, adjoint à la maire des 13-14, était également présent pour afficher son soutien aux initiatives de Guy Pinna. « Je l’ai rencontré, un peu par hasard, il y a 3 ou 4 ans, et je me suis pris d’affection pour la personne. C’est formidable de donner un accès à ce type de sports dans des quartiers dits défavorisés. Il a tout notre soutien, ça fait plaisir de voir ce genre de projets. »

    De l’amusement

    à un prix inégalable

    Plusieurs familles ont répondu à l’appel, dont celle d’Adem Bakas, venue de la Viste. Ce jeune de 14 ans, maillot orange de l’OM sur les épaules, pratique le tennis depuis bientôt deux ans et va participer à l’Euro des quartiers, à Sarrebruck (Allemagne). Le départ pour la région de la Sarre est prévu le 4 décembre au soir. Cette petite délégation va traverser une bonne partie de la France en car pour participer à cet événement, organisé minutieusement par Guy Pinna et ses homologues d’outre-Rhin. Après ces 10 heures de trajet, place au jeu pour ces enfants ayant appris le tennis sur le tas. « Il a joué dans plusieurs clubs grâce à Guy, notamment à Gallia. Dans les quartiers, il y a du foot, du foot, du foot… C’est bien de voir autre chose », explique la mère d’Adem.

    Les installations des Rosiers sont sommaires. Les filets sont installés sur le city-stade placé derrière l’une des imposantes barres d’immeuble de la zone. L’un de ces filets est vieux, troué à de multiples endroits. Le second paraît sortir tout juste de l’usine. Il ressemble à l’un de ces modèles que l’on peut trouver chez une célèbre enseigne française d’équipements sportifs. Les terrains, eux, ne sont pas réellement délimités, l’objectif est déjà d’apprendre les bases aux enfants présents. Guy Pinna tente de montrer à une fillette de 9 ans comment taper dans la balle : « Fait rebondir la balle par terre et frappe devant toi », lui dit-il. Des échanges difficiles à lancer pour ces jeunes, mais de l’amusement et des sourires sur leurs visages poupons. Du 6e étage de la tour située au-dessus du court, une femme demande si son fils peut descendre jouer. Guy crie que « ce n’est que deux euros, qu’il vienne ! »

    Ces cours sont proposés à un prix défiant toute concurrence : 2 euros par séance pour les moins de 8 ans et 3 euros jusqu’à 16 ans. Une bouchée de pain par rapport aux tarifs pratiqués par un club de tennis plus traditionnel. Une habitante des Rosiers a, par exemple, inscrit son fils pour huit séances dominicales pour un total de 24 euros. Sans oublier que les balles et les raquettes sont prêtées. « Le Smuc m’a donné 200 balles. C’est vraiment énorme », souffle Guy Pinna.

    Entre les jeunes venus jouer au foot dans les cages jouxtant les filets et ceux raquettes en mains, ils étaient une dizaine présents pour cette première ensoleillée. Pas une ombre au bilan pour le coach de ces tennis (wo)men en herbe, qui espère voir les inscriptions grimper. « J’ai placardé des affiches un peu partout dans le quartier et je vais continuer à le faire près des écoles notamment. Puis, avec le bouche à oreille, d’autres parents vont bien venir me voir », espère l’entraîneur, casquette de la République tchèque vissée sur la tête. La prochaine évolution serait d’obtenir un court permanent. Guy Pinna n’a pas manqué de le signaler devant l’adjoint, Frédéric Picarelli.

    « Dans les quartiers, il y a du foot, du foot, du foot… C’est bien de voir autre chose »

  • La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    Après une grève massive, le 4 novembre, contre le licenciement « pour désorganisation » de Gaëtan, facteur du 5e arrondissement de Marseille, la CGT se remobilisait, ce vendredi, toujours en soutien au travailleur. Et l’organisation syndicale est venue avec un paquet d’arguments pour faire « reconnaître l’erreur » de l’entreprise, alors qu’un CSE se déroulait le jour même.

    Elle a notamment présenté une délibération « votée par l’ensemble des élus du CSE », qui réclame « une réintégration des agents licenciés pour le motif de désorganisation de service ». « On demande un plus strict contrôle et un regard des instances représentatives sur ces procédures », explique Karim Bouzana, délégué CGT AP 13.

    Pour rappel, Gaëtan, facteur aux 20 années de service à son compteur, a été licencié pour ce motif pour le moins étonnant. La CGT estime à plusieurs dizaines ce type de procédures dans la région. « On a aussi remis à la direction une partie des dizaines de pétitions signées par les personnels pour sa réintégration. Il y a aussi une cagnotte qui a été lancée par des usagers pour le soutenir », poursuit Éric Chenais, responsable CGT. Autant de points qui vont « à l’encontre des arguments de La Poste qui affirme qu’il est toujours malade et qu’il désorganise le service ». « Les usagers disent au contraire qu’ils étaient contents de son service et qu’ils le voyaient souvent », développe le responsable.

    Préavis de grève pour

    la semaine prochaine

    Sollicitée, La Poste maintient d’ailleurs la même position adoptée depuis le début de l’affaire : « Le licenciement pour désorganisation de l’entreprise est une procédure juridiquement encadrée. Un employeur peut procéder à un tel licenciement pour motif personnel non disciplinaire lorsque les absences, même justifiées par l’état de santé, désorganisent l’entreprise et imposent le recrutement définitif d’un remplaçant. »

    Chacun jugera de la pertinence de telles justifications pour le service public postal, au plus de 230 000 salariés dans le pays. Reste qu’elle affirme que « toute décision d’engager une procédure de licenciement est prise collégialement après un examen rigoureux des éléments objectifs qui fondent un licenciement sur une cause réelle et sérieuse et reste exceptionnelle ». Quoi qu’il en soit, la CGT a « demandé à ce qu’une délégation soit reçue » et a quitté le CSE suite au refus de la demande, de même que les élus de SUD PTT. Et a déposé un préavis de grève pour la semaine prochaine.

  • « Une première victoire », mais pas de terrains pour l’Orange Football Club

    « Une première victoire », mais pas de terrains pour l’Orange Football Club

    « C’est une première victoire, mais le chemin reste long », confie Amid Chouly, président de l’Orange Football Club (OFC), ce jeudi 13 novembre. Il évoque la décision du tribunal administratif de Nîmes d’annuler la décision de la préfecture de Vaucluse retirant l’agrément de son association sportive. Sauf que, dans le même temps, la municipalité orangeoise a attribué le stade Clapier au Rugby Club Orangeois.

    « L’arrêté était disproportionné », explique Simon Renault, avocat du club. L’agrément avait été retiré, en janvier, à la suite à des actes de « violence », mais la décision avait été suspendue par la justice, en mars. Ce qui avait alors permis aux jeunes de 4 à 13 ans de refouler les terrains jusqu’en été. « Nous avons pu montrer que 4% des rencontres avaient connu un trouble à l’ordre public. Les juges ont estimé que ce pourcentage était trop faible pour justifier une décision aussi lourde », précise Me Renault.

    Dialogue rompu

    Fin juillet, les dirigeants de l’OFC ont appris que le stade Clapier serait désormais occupé par le club de rugby local, à leurs dépens, alors que ce dernier dispose déjà d’un autre stade sur la commune. Une décision également contestée en justice.

    Le tribunal administratif de Nîmes a rejeté la requête en référé dans un premier temps, estimant « qu’il n’y avait pas d’urgence, la saison ayant déjà commencé », indique Simon Renault. Un recours en annulation est en cours devant la juridiction. Une procédure qui peut durer jusqu’à 18 mois. « C’était un coup de massue pour moi et les autres membres du bureau », lâche le président de la structure, qui demande désormais « à rouvrir le dialogue avec la mairie, car on n’a plus eu de réponses à nos prises de contact depuis, alors que l’on se pliait à toutes leurs demandes avant ces problèmes ».

    Avant cette affaire, le club comptait 300 licenciés. La plupart des jeunes footballeurs ont rejoint des clubs voisins, « mais on estime qu’environ 100 d’entre eux ne sont pas allés dans une autre structure », estime Amid Chouly. « Nous privilégions l’aspect social, car nous sommes situés dans une zone entourée de quartiers populaires. Beaucoup de mamans n’ont pas les moyens d’amener leurs enfants plus loin. Certains vont traîner dans la rue et on ne souhaite pas ça », poursuit le président du club.

    Contactée, la municipalité d’Orange n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Les tarifs de la cantine scolaire de Montpellier à la loupe

    Les tarifs de la cantine scolaire de Montpellier à la loupe

    Compétence municipale, la restauration scolaire fait l’objet d’importantes politiques publiques au sein des mairies. À Montpellier, la Ville a fait le choix de mettre en place une tarification sociale dans le but de rendre accessible le repas au plus grand nombre, dès 2020. Une démarche volontariste qui a fait l’objet d’une étude, conduite conjointement par les services municipaux et la Chambre régionale des comptes (CRC) Occitanie. « C’est un sujet sur lequel il y a un enjeu majeur pour Montpellier, une commune où le taux de pauvreté important [de 28%, Ndlr]. La mise en place d’un tarif social n’est pas incohérente », soutient Valérie Renet, présidente de la CRC. Ainsi, l’institution s’est penchée sur les 88 des restaurants scolaires des écoles, pour un budget total de 20 millions d’euros chaque année, auxquels il faut ajouter 5 millions d’euros de recettes tarifaires [payées par les familles, Ndlr].

    Jusqu’en 2023, le système en place prévoyait une tarification au taux d’effort basé sur les revenus, avec un prix plancher à 1,75 euro et un prix plafond à 4,95 euros. « Au fil des évolutions, a été mis en place un tarif forfaitaire à 50 centimes. En 2023, il y a eu une refonte complète de la grille tarifaire : le taux d’effort est passé sur le quotient familial pour mieux prendre en compte la situation des familles. Surtout, l’amplitude tarifaire a augmenté puisqu’on est passé d’un tarif plancher de 1,75 euro à 1,35 euro et un tarif plafond de 4,95 à 6,55 euros par repas », poursuit Valérie Renet. Une décision motivée par le fait « que par rapport à d’autres collectivités de même taille, notre prix plancher était plus élevé et notre prix plafond moins élevé. Il y avait une volonté de baisser les tarifs pour les plus précaires et de mettre à contribution les familles les plus aisées », détaille Marie Massart, adjointe au maire et déléguée à la politique alimentaire.

    Pas de corrélation directe

    Dès lors, cette tarification a-t-elle permis d’augmenter la fréquentation de la restauration scolaire ? « On constate qu’il y a une augmentation de la part des élèves qui fréquentent la cantine. Entre 2021 et 2024, on est passé de 81% à 85% des élèves », détaille la présidente de la CRC Occitanie. Soit l’équivalent d’1,8 million de repas à l’année, correspondant à 12 800 repas par jour. Mais l’effet sur la redistribution semble plus contrasté. « Il y a une augmentation des repas qui sont pris au tarif forfaitaire (+14%). Cependant, la méthodologie statistique utilisée montre qu’il est assez malaisé d’établir une corrélation directe entre cette tarification sociale et la fréquentation. Mais le constat reste », poursuit Valérie Renet. D’autant que Montpellier fait face à une baisse du nombre d’élèves. L’écart de fréquentation selon les revenus des familles s’est néanmoins réduit. « Les familles les plus précaires ne fréquentent pas plus la cantine. Certaines ne travaillent pas forcément et donc ont la possibilité de s’occuper de leurs enfants entre midi et deux. Si cela peut permettre de faire une pause dans la journée, il n’y a aucun souci. L’objectif n’était pas d’avoir 100% des enfants à la cantine », soutient Marie Massart.

    Toujours est-il que le tarif a baissé pour 60% des familles grâce à la refonte de la grille tarifaire, pour un coût estimé à 324 000 euros par an. « Pour les familles les plus modestes, il y a eu une diminution de 10% du tarif moyen. Le tarif forfaitaire de 50 centimes concerne les familles monoparentales qui sont au RSA. Dans cet objectif de redistribution, la CRC propose d’élargir ce tarif aux couples au RSA car il existe un gros écart », fait valoir Valérie Renet.

  • CHU de Nîmes : le personnel entre en grève

    CHU de Nîmes : le personnel entre en grève

    Les agents du CHU de Nîmes Carémeau ont cessé le travail ce jeudi 6 novembre, à l’appel de la CGT. Un préavis de grève local a été déposé pour dénoncer la dégradation des conditions de travail et réclamer une meilleure reconnaissance. Le rassemblement, organisé à partir de 12h devant l’entrée principale du CHU, a réuni plusieurs dizaines d’agents de différents services, déterminés à faire entendre leurs revendications.

    « Nous demandons simplement les moyens de bien faire notre métier », résume Nathalie Argenson, infirmière au CHU. Au cœur des revendications : la mise en place dès janvier 2026 d’une protection sociale complémentaire avec participation financière de l’employeur, mesure attendue depuis plusieurs mois. Le personnel hospitalier réclame également une négociation pour faciliter l’accès aux soins pour les agents au sein même de l’établissement afin d’alléger des dépenses de santé souvent lourdes pour ces derniers. Les grévistes demandent par ailleurs l’augmentation des effectifs du service social, jugés insuffisants pour répondre à la montée des besoins, ainsi que la gratuité de certaines prestations internes comme le logement temporaire, la conciergerie ou les chambres de garde.

    Gagner le meilleur pour mieux soigner

    La question salariale fait également partie des revendications : le syndicat demande le respect du taux de 33% de part saisissable du salaire, afin de mieux protéger les agents en situation de dettes ou de difficultés financières. Au-delà des chiffres, les hospitaliers du CHU de Nîmes disent se battre pour « le respect et la dignité » d’un métier qu’ils jugent de plus en plus fragilisé. La CGT appelle à la poursuite de la mobilisation et à un dialogue réel avec la direction. « Cette grève n’est pas un coup d’éclat, mais un avertissement. Si nous n’obtenons pas d’avancées, nous irons plus loin », préviennent les représentants syndicaux.

    Ce mouvement s’inscrit dans un contexte de malaise durable au sein du corps médico-social, marqué par une perte d’attractivité des métiers, des salaires jugés trop bas et une charge de travail en hausse constante. Depuis plusieurs mois, les mobilisations se succèdent dans les hôpitaux comme dans les Ephad, traduisant des « manques de moyens structurels et un sentiment d’abandon  » selon Nathalie Argenson. À Nîmes comme ailleurs, les soignants disent aujourd’hui leur exaspération face à un système qu’ils estiment « à bout de souffle ».

  • Pour sauver le dispositif Zéro Chômeur

    Pour sauver le dispositif Zéro Chômeur

    Coïncidence. Ce 6 novembre marque la journée « Grève du chômage », terme désigné il y a près de dix lorsqu’est née l’expérimentation du Territoire Zéro Chômeur. En 2016, la commune de Jouques héberge ce dispositif et accueille au sein de son entreprise à but d’emploi (Elan) une cinquantaine de profils dits « éloignés de l’emploi » au sein de son entreprise à but d’emploi. Ce jour, en sous-préfecture, le maire Éric Garcin (SE), aussi président du Comité local emploi (CLE) de Jouques et d’autres acteurs participaient à une réunion du Comité local pour l’emploi (CLPE) de l’arrondissement d’Aix.

    L’occasion, pour l’élu « d’évoquer les enjeux de l’emploi sur le territoire et d’alerter sur les perspectives à venir ». « Le CLPE est un dispositif initié depuis le début de l’année, c’est la deuxième fois que l’on se réunit avec les acteurs de l’emploi et qu’on réunit tous les organismes avec lesquels nous travaillons, détaille Éric Garcin. On s’est mis autour de la table pour établir des lignes de travail et établir des actions qui permettent de coordonner tout ce qui existe pour les recruteurs, mettre en place un travail, aider les territoires à développer ces actions et continuer de trouver des solutions pour les personnes éloignées de l’emploi. » Des indicateurs, définis en réunion, permettront d’évaluer les résultats d’ici six mois. Le contexte, dans lequel se déroule cette rencontre, pèse sur l’avenir du dispositif. Tous les cinq ans, une loi est votée pour poursuivre ou non, l’expérimentation. La seconde, votée en 2021, touche à sa fin. Un projet de loi porté par le député Stéphane Viry est actuellement débattu à l’Assemblée pour pérenniser le projet, mais il « est en péril si une troisième loi n’est pas votée, précise Éric Garcin. Notre cheval de bataille aujourd’hui ? Faire en sorte que la loi à l’étude obtienne un maximum de oui pour que ce qui est aujourd’hui une expérimentation, rentre dans le droit à l’horizon 2026. Il y a des financements qui arrivent de l’État. Mais dans cette période difficile pour les entreprises de l’insertion et d’insertion par l’activité économique, il y a des coupes drastiques qui ont été faites dans les budgets et qui sont annoncées. Il faut convaincre nos députés, nos sénateurs du bien-fondé de la démarche. Aujourd’hui, on permet à des gens de retrouver un CDI, louer un appartement, avoir un crédit pour la voiture… » En mars, Éric Coquerel, président de la Commission des finances, s’était déplacé à l’Elan, suivi de trois sénateurs en juin, venus constater les impacts concrets de l’expérimentation.

  • À Vergèze, le silence gagne le site de la verrerie

    À Vergèze, le silence gagne le site de la verrerie

    L’amas de palettes et de pneus enflammés d’où se dégageait une épaisse fumée noire à l’entrée du site il y a encore quelques jours a laissé place à un tas de cendres. Quelques pneus entreposés contre la grille attendent pourtant encore d’être brûlés. Derrière, un bleu de travail floqué Owens-Illinois reste symboliquement cloué sur une grande croix. Dans l’enceinte de l’usine, quelques affiches et des banderoles à l’écriture ternie par les intempéries des derniers jours continuent de flotter sur les balustrades.

    Ces dernières traces témoignent d’une lutte déjà passée qui laisse un goût amer. D’un côté, le rapport de force engagé a permis à l’intersyndicale de négocier les meilleures conditions de départ des 164 salariés prochainement licenciés. De l’autre, l’unanimité est totale (sauf peut-être pour la direction d’O-I et l’État français) pour condamner la fermeture de ce fleuron industriel gardois aux conséquences sociales, économiques et environnementales désastreuses.

    Dépités, les salariés ont tenu le piquet de grève jusqu’à l’arrêt du four, la grande majorité n’ayant pas eu le courage d’assister à son perçage et au déversement des dernières tonnes de verre liquide. Une fois le refroidissement effectué, tous ont déserté le site, bien conscients que les chances de trouver un repreneur verrier étaient devenues quasiment nulles. « Il y a encore deux mois pour qu’un repreneur se manifeste. Notre dernier espoir c’est que le préfet accorde le label “eau minérale naturelle” à Perrier et que Nestlé reprenne alors la verrerie », explique Yohan Goupille. « Il y a peut-être 1 ou 2% de chances que ça arrive », ajoute, réaliste, le délégué CGT au courant que le voisin a déjà réalisé un appel d’offres pour deux nouveaux fournisseurs.

    Un site déserté

    Hormis des gardes privés devant le portail, une réceptionniste et une poignée de syndicalistes, le site est désert, comme si une catastrophe naturelle avait poussé à la hâte 164 salariés à quitter le site dans la précipitation. Là, une chaise traîne seule au milieu d’une cour. À l’intérieur, les affiches des syndicats continuent de décorer les murs. « Il y avait tout le temps du bruit », répète Yohan Goupille qui reçoit au même moment un mail avec le planning des prochaines semaines, où des astreintes sont prévues les nuits, les week-ends, et où des tours de garde sont organisés pour quelques salariés qui devront rester sur le site entre 8 et 16 heures. « Mais il n’y a rien à faire. Ils vont se regarder dans le blanc des yeux », fustige Yohan Goupille.

    Le local CGT est l’un des derniers espaces où trouver de la vie sur le site de la verrerie. Si le syndicat va tenir deux permanences par semaine pour accompagner les salariés après leur licenciement, il sert aussi à maintenir un dernier lien social. « Ce qui va le plus me manquer, ce sont mes collègues. On passait plus de temps ici ensemble qu’avec notre famille », lance Christophe Oberlin, chargé de contrôle des bouteilles. « Je suis fier d’avoir été verrier et d’avoir travaillé sur ce site qui a fait vivre des générations. C’est surtout triste pour les jeunes parce que nous, nous ne sommes pas les plus malheureux », précise l’ouvrier de 59 ans.

    Même constat du côté de Jean-Louis Mayor, 36 ans de boutique, qui n’aurait jamais imaginé que la fin de sa carrière professionnelle coïnciderait avec la fin de la verrerie : « Du jour au lendemain, on ne va plus se voir alors qu’on se voyait presque tous les jours. Je viens d’être opéré et je suis en arrêt mais j’avais besoin de revenir voir les collègues. C’est dur. Déjà quand ils ont fermé le deuxième four, ça faisait bizarre et ça me faisait mal à chaque fois que je passais devant. Alors là… »

    En revenant à la verrerie, les salariés en profitent pour faire leurs cartons. Un sac-poubelle à la main, Yohan Goupille vide son casier, récupère ses casquettes, chaussures et bouchons anti-bruit mais y laisse sa tenue O-I. S’il arbore toujours son traditionnel sourire, le délégué syndical est gagné par la mélancolie en traversant couloirs et pièces déserts : « Ici, c’est la cantine. J’y ai mangé pendant 31 ans. Sur ce banc, il y avait toujours quelqu’un qui fumait et des gens qui discutaient. Et mon casier ! On l’a reçu en 1973. C’est mon père qui l’avait et quand il est parti à la retraite je l’ai récupéré. Au final, il n’aura connu que mon père et moi. »

    Pour les salariés qui ont connu l’effervescence d’une usine fonctionnant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, le plus dur à affronter sur le site, c’est bien ce silence assourdissant, symbole de la mort de leur outil de travail.

  • Mobilisation contre « la répression » dans le social

    Mobilisation contre « la répression » dans le social

    Ils étaient une quarantaine à s’être regroupés devant le siège de l’Association d’accueil des personnes handicapées de l’Hérault (APSH 34) basé à Malbosc. Ils reprochent à la direction un management « toxique » qui se traduit par la convocation de deux salariés pour une éventuelle sanction. « La direction reproche à ces deux salariés, lors d’un week-end, de ne pas avoir alerté leur cadre d’astreinte car les toilettes d’un logement étaient bouchées et d’avoir laissé le résident dans des conditions indignes. Sauf que les salariés ont trouvé une solution pour le week-end et le problème était résolu le lundi. Les raisons de ces convocations deviennent de plus en plus lunaires », explique José Théron, secrétaire général de la CGT Action sociale dans l’est de l’Hérault.

    Conséquence des coupes dans les budgets ?

    Si la CGT a tiré la sonnette d’alarme c’est que la situation à l’APSH34 n’est pas rare. « On constate une multiplication des mesures disciplinaires, des entretiens préalables à sanction et des licenciements pour inaptitude. Le management se durcit alors que nous sommes dans un secteur qui manque de personnel », confirme le syndicaliste. Pour illustrer son propos, José Théron s’appuie sur la situation d’une infirmière convoquée la semaine précédente par son employeur, le Pôle d’urgence sociale de l’Avitarelle, en vue d’un possible licenciement : « Elle a déjà eu 25 jours de mise à pied sans salaire. On ne connaît pas encore la sanction mais on se dirige vers un licenciement. Elle est accusée de harcèlement, de non-respect de la hiérarchie et du lien de subordination. C’est délirant ! D’autant qu’elle est soutenue par l’équipe avec laquelle elle travaille. »

    Depuis plusieurs mois, les syndicats de l’action sociale de l’Hérault multiplient les manifestations pour dénoncer les coupes budgétaires dans ce secteur et montrer leurs conséquences sur les usagers mais aussi sur les structures et les employés. « Il y a des baisses de budget au niveau de l’ARS ou du Département. Ce sont donc des économies faites sur le dos de personnes accueillies. Comme la masse salariale représente 80 à 85% des dépenses des structures, on comprend pourquoi elles essaient de se séparer d’une partie de leur personnel », précise José Théron.

  • Avec le festival « FEMMES ! », le cinéma s’accorde au féminin

    Avec le festival « FEMMES ! », le cinéma s’accorde au féminin

    Le rendez-vous a été fondé en 2001 suite à la rencontre de deux militants féministes, Luc Patentreger, médecin, dessinateur, et entrepreneur social, et Loutcha Dassa, ancienne déportée à Auschwitz décorée de la médaille de chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2012 et de la Légion d’Honneur en 2021 pour sa lutte pour l’inclusion des femmes dans la société et le milieu artistique.

    Le festival Femmes ! revient pour une 24e édition, du 5 au 24 novembre. Six salles dans quatre villes s’en feront le relais : Théâtre Liberté et cinéma Le Royal à Toulon, cinéma Six n’étoiles à Six-Fours, Casino Joa et centre culturel Tisot à La Seyne-sur-Mer et cinéma Le Rocher à La Garde.

    44 films en compétition

    Ce festival se définit comme « œuvrant pour l’égalité entre femmes et hommes », avec « une conviction : l’art peut et doit être un levier d’émancipation, d’égalité et de liberté. Nous portons un féminisme universaliste qui réunit toutes les femmes, quels que soient leurs origines, leurs parcours ou leurs frontières, et qui invite les hommes à être pleinement partenaires de ce combat ». Cette année, la thématique « Duo », centrée sur la question « que raconte une femme quand elle parle d’elle à travers l’autre ? », invite à porter « ce féminisme du lien, de l’altérité, du respect, qui trouve dans ce thème une résonance naturelle qui refuse les cloisonnements et se nourrit du dialogue, car l’égalité se construit ensemble ».

    44 films de 16 pays seront en compétition pour le Prix du Public, parmi lesquels 8 avant-premières et 14 films en sortie nationale. Seront également remis le Prix du Jury et le Prix d’interprétation féminine avec sept films, en avant-première, en compétition. Autour de la compétition, le public pourra profiter, entre autres, d’une masterclass donnée par les acteurs de l’iconique série Plus belle la vie, d’un atelier cinéma pour apprendre à analyser les films, de soirées thématiques (dont la nuit des courts-métrages), d’expositions, ou encore de douze débats et conférences sur des thématiques féministes (santé mentale, violences sexuelles et sexistes…) et artistiques. De nombreux réalisateurs et acteurs seront également présents pendant ces trois semaines.

    Infos et tarifs sur femmesfestival.fr