Tag: Social

  • Les soignants à l’ARS pour défendre leurs conditions

    Les soignants à l’ARS pour défendre leurs conditions

    La mobilisation se poursuit pour le personnel hospitalier du Centre Hospitalier (CH) d’Aix-en-Provence, au lendemain de la première journée du mouvement « Bloquons-tout » organisée ce mercredi. Les syndicats FO et Cfdt ont décidé de se rendre dans les bureaux de l’Agence régionale de santé (ARS), à Marseille, pour dénoncer, de nouveau, des « conditions de travail intenables » et « un manque criant » de moyens. Jeudi matin, une dizaine de délégués syndicaux FO se sont rassemblés dans le hall Jacques de la Roque, avant de prendre la route. De son côté, la CFDT s’est rendue directement sur place.

    « Nous n’avons pas pris rendez-vous avec l’ARS, nous y allons pour demander à être reçus et exiger l’annulation du déficit, construit selon nous par l’ARS et le ministère. Ce déficit a des conséquences graves sur les effectifs dans tous les services », explique René Sale, secrétaire FO du CH Aix-en-Provence.

    Le syndicat estime que le déficit cumulé de l’hôpital d’Aix s’élève à 76 millions d’euros, et à 5 milliards d’euros au niveau national pour l’année 2024.

    « Mais on va aussi dénoncer les conditions de travail, on est en sous-effectif et on le dénonce depuis des années et des années, ajoute René Sale. Sur l’hôpital, on a fait un compte rendu exhaustif, en faisant le tour de l’ensemble des services. Près de 200 postes manquent à l’heure où on se parle. » À cela s’ajoutent les retenues de 10% sur les salaires et le jour de carence, décidés au niveau national. La direction de l’hôpital n’a pas souhaité commenter les déclarations du syndicat.

    FO et la section syndicale Cfdt ont finalement été reçus par les représentants de l’ARS. « Je ne dirais pas que nous avons obtenu des réponses, mais je pense qu’ils ont bien écouté et compris nos revendications. Nous attendons un retour, sans trop d’illusions. Mais la colère a été entendue », conclut René Sale.

  • Production à l’arrêt à l’usine de chimie Arkema de Saint-Menet

    Production à l’arrêt à l’usine de chimie Arkema de Saint-Menet

    Le jour s’est levé. Du site de l’usine clos, on n’aperçoit que des bâtiments, et une structure métallique complexe éclairée par des néons. Ici, le géant de la chimie Arkema produit du monomère, matière première servant à la fabrication des plastiques de haute qualité. 300 salariés travaillent dans l’usine, dont plus de 130 à la production, en horaires décalés.

    « Qu’est-ce qu’on mange ce midi ? », blague Nico, au volant de sa voiture. Depuis l’installation du piquet de grève à 6h du matin, Rémi Thuaire, délégué syndical CGT Arkema, arrête un instant chaque automobiliste qui pénètre sur le site, et l’incite à « venir boire un café et montrer son mécontentement par la grève ». Il embraye : « Cette journée va au-delà de la lutte syndicale. Il faut un changement politique et sociétal. » Il évoque « des dirigeants politiques complètement déconnectés de la réalité, qui n’écoutent pas la volonté du peuple sortie des urnes ». Il insiste : « Mais surtout, le problème, c’est le partage des richesses. Il faut aller chercher l’argent là où il est, plus chez les travailleurs, c’est fini, on paie déjà assez. »

    « On travaille pour payer »

    Quentin, 26 ans, opérateur chimie acquiesce : « On a un salaire pour payer l’électricité, le manger, la vie de tous les jours, et une fois que tout ça est payé, on survit jusqu’à la fin du mois. Le salaire ici est correct, mais l’État prend trop. On travaille pour payer. » Wilfrid Gautier, 44 ans, ouvrier en production, ajoute : « On n’est pas à plaindre ici, sauf que la part du gâteau pour les travailleurs est très maigre. » Rémi Thuaire rappelle qu’Arkema, 13 sites et environ 7 000 salariés en France, groupe largement bénéficiaire, touche une partie de la manne de 211 milliards d’aide aux entreprises donnés par l’État sans conditions. « Moi citoyen, qui paie des impôts en France, je ne suis pas là pour gaver les actionnaires », proteste-t-il.

  • L’urgence des luttes en débat à la Cride

    L’urgence des luttes en débat à la Cride

    Il faut canaliser ces colères et leur donner un contenu. Notre boulot, c’est ça ! » Durant les échanges, dimanche matin, sous l’ombre agréable des pins du parc Victorin-Blanc, quartier de la Cride, Pierre Daspre, secrétaire de la fédération PCF du Var, termine ainsi son intervention. Quelques instants auparavant, Jean-Pierre Meyer, secrétaire de la section PCF ouest Var et élu au conseil national du PCF, avait planté le décor : « Cette fête se situe dans une période de toutes les préoccupations. C’est une situation ouverte sur toutes les possibilités, les meilleures comme les pires. Le 8 septembre, un certain Premier ministre va devoir rendre ses affaires, puis il y aura les 10 et 18 septembre », présente-t-il.

    Certains dans le public, comme Amaryllis, ne voient pas d’un bon œil le fait de rallier le mouvement du 10 septembre, cette nébuleuse. Sylvie Vinceneux, membre du conseil national du PCF, déclare : « Vous avez vu cet été que la pétition contre la loi Duplomb a rassemblé 2 millions de signatures. C’est pour ça qu’on ne peut pas rejeter le 10 septembre en disant “c’est tous des fachos”. Le problème principal aujourd’hui, c’est que le travail ne paie plus, les salariés ne peuvent plus se loger, partir en vacances… » Présent dimanche à la fête, Jérémy Bacchi, sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, rappelle la position de son parti : « Nous pensons que nous devons être de toutes les mobilisations qui participent à la construction du progrès social. Je crois que l’heure est venue de la convergence de toutes celles et de tous ceux qui veulent plus de justice et d’égalité, encartés ou non dans une organisation. » Sur la dette et la manière de renflouer le bateau France, le sénateur communiste a une vision radicalement opposée à celle de François Bayrou. « On n’a pas un problème de dépenses, qui sert pour lui à justifier de devoir faire 44 milliards d’économies, en ciblant les services publics et les collectivités, mais un problème de recettes », pose-t-il. « Le patrimoine des 500 familles les plus riches en France atteint 1 300 milliards, l’équivalent de 40% de la dette française qui s’élève à 3 000 milliards. » Pour le PCF, il faut « réformer la fiscalité, pour faire payer moins d’impôts aux classes populaires et moyennes, et mettre davantage à contribution les plus hauts revenus ».

  • Climat social électrique pour la rentrée

    Climat social électrique pour la rentrée

    La banderole est visible depuis la rocade L2 à Marseille et donne le ton de la mobilisation : « Électricité et gaz augmentés, actionnaires gavés, salaires bloqués, personnel énervé ! ». Depuis ce mardi 2 septembre, des dizaines de milliers d’agents des industries électriques et gazières (IEG) sont en grève à l’appel de la CGT. Le premier mouvement de cette rentrée sociale trouve évidemment écho en Provence avec une myriade de piquets de grève de Fos à Avignon en passant par Marseille. C’est le cas sur le site d’Enedis situé dans le 13e arrondissement de la ville et tenu par une quinzaine d’agents. Ce mercredi, sur le piquet, les grévistes entretiennent une ambiance bon enfant, à grand renfort d’enceintes pour la musique et de provisions pour tenir la distance. De quoi contraster avec les sujets lourds portés dans leurs revendications. « Depuis une vingtaine d’années, nos employeurs n’ont pas indexé nos salaires sur l’inflation. Avant, on était 20% au-dessus du Smic à l’entrée de notre grille, aujourd’hui on est à 9% en dessous du Smic », campe Serge Casari, délégué syndical CGT à Enedis.

    Pour rappel, une grille des salaires est une classification qui régit les rémunérations par secteur. Et celle des IEG fait visiblement partie des 25 branches professionnelles qui ont leurs minima en dessous du Smic en France. Une situation intenable pour la CGT. « Nos entreprises respectives font des bénéfices indécents. Enedis a fait 1,2 milliard d’euros de bénéfices nets l’année dernière, Engie c’est environ 800 millions de bénéfice net… Au lieu de réinvestir dans les entreprises, ils préfèrent les faire remonter aux actionnaires », analyse Serge Casari. Avant de tempêter : « C’est un argent qui n’est pas investi dans le réseau, qui ne profite pas aux usagers. Il ne bénéficie en rien aux citoyens ni aux salariés ». S’il mentionne les usagers, c’est parce que la deuxième revendication des grévistes concerne justement l’ensemble de la population française puisqu’ils demandent une baisse des factures. Et pour cause : La TVA sur l’abonnement d’électricité et de gaz, est passée de 5,5% à 20%, au 1er août dernier.

    « Dans un mouvement plus global »

    « Avec le contexte actuel, cette hausse n’est tout simplement pas justifiée », tonne Serge Casari, citant « un grand nombre d’artisans, de PME en difficulté » suite à l’explosion des tarifs. Un comble à l’heure où la précarité énergétique est au plus haut dans le pays. Et de quoi poser la question de la redistribution des richesses dans un secteur où l’argent ne manque pas. « Aujourd’hui, ce n’est pas la réponse aux besoins qui prime », déplore Michel Pruvost, militant CGT et salarié d’EDF. Avec plus de 35 ans de boîte, il est proche de la retraite et connaît bien l’historique qui a amené à cette situation : « Avant, avec EDF-GDF nationalisé, on avait l’électricité la moins chère d’Europe. On transportait et distribuait au moindre coût, le prix était fixé en fonction des coûts de production. Depuis la mise sur le marché de l’énergie, les factures augmentent. On est sur un marché avec de l’offre et de la demande ». Pendant que le militant fait son analyse, ses collègues reçoivent une visite de leurs homologues de la CGT du port de Marseille, qui vient à grand renfort de palettes de bois. Manière d’alimenter la solidarité interprofessionnelle. Et les énergéticiens en auront besoin : la grève est reconductible et ils espèrent tenir jusqu’au 10 septembre, voire le 18. Deux dates centrales pour la riposte sociale. « On s’inscrit dans un mouvement plus général contre les mesures austéritaires, celles de Bayrou ou de son successeur », conclut Michel Pruvost. Ils devraient d’ailleurs recevoir la visite du sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, ce jeudi.

    « Avant, on avait l’électricité
    la moins chère d’Europe.
    On transportait et distribuait au moindre coût, le prix était fixé
    en fonction des coûts
    de production. »

  • La France sera-t-elle bloquée le 10 septembre ?

    La France sera-t-elle bloquée le 10 septembre ?

    François Bayrou a-t-il craint le mouvement du 10 septembre ? En annonçant un vote de confiance le 8 septembre, le Premier ministre a de grandes chances de tomber mais il éteindra peut-être la mobilisation prévue deux jours plus tard.

    Car l’appel à « bloquer tout » lancé sur les réseaux sociaux par des groupes nébuleux a très vite pris de l’ampleur, attisé par la présentation du budget du Premier ministre. Au vu de l’ampleur prise sur internet, le gouvernement a rapidement pris conscience de l’émergence d’un mouvement apartisan et sans chef qui rappelle en tout point celui des Gilets Jaunes. Certains d’entre eux ont d’ailleurs réactivé les groupes qui se rassemblaient sur les ronds-points mais nul ne peut pour l’heure prévoir l’ampleur de la mobilisation. Les formes d’action sont également floues entre grève, boycott de certains produits, désobéissance civile ou blocage de la circulation.

    Mais une partie des Français semble bien décidée à se mobiliser. Depuis la mi-août, les groupes se multiplient sur les réseaux sociaux et notamment sur Telegram pour l’organisation de cette journée. Ces discussions ont permis l’émergence de réunions qui se sont déroulées un peu partout sur le territoire.

    La CGT et la gauche au soutien

    Dans le Gard par exemple, si des citoyens se sont déjà retrouvés à Nîmes, Génolhac ou à Alès et ont déjà tracté au « rond-point des Gilets Jaunes » route de Bagnols-sur-Cèze pour informer sur le 10 septembre, de nombreuses autres réunions sont prévues samedi 30 août comme au Stade des Costières de Nîmes (16h30) ainsi qu’à Bessèges (18h) et au Vigan (12h). Dans l’Hérault, ils étaient déjà 200 pour la 4e assemblée générale devant le Corum mardi 26 août et se sont mis d’accord pour débuter les actions à 6h du matin.

    Prise de vitesse par le mouvement des Gilets Jaunes qu’elle a mis du temps à soutenir, la gauche, de LFI au PS, a cette fois immédiatement soutenu l’initiative. Jean-Luc Mélenchon a même appelé à la grève générale. « Il y a eu une première réunion à Alès où il y avait 35 personnes avec des gens qui venaient à titre personnel. L’enjeu pour nous c’est de maintenir l’autonomie et l’indépendance du mouvement, donc d’être en soutien et pas à la manœuvre. On espère que les syndicats vont s’activer parce qu’on en a besoin », rappelle Armand Crepin, chef de file de la FI à Alès.

    Mercredi 27 août, la CGT a annoncé se lancer dans le mouvement : « Nous avons décidé d’appeler à la grève pour la journée du 10 septembre et on proposera à l’intersyndicale nationale une date unitaire en septembre », précise Marie Dufresne, secrétaire générale de la CGT du Gard.

  • [Université d’été du PCF] À Montpellier, Fabien Roussel appelle à la mobilisation

    [Université d’été du PCF] À Montpellier, Fabien Roussel appelle à la mobilisation

    Après une journée riche en débats pour le deuxième jour de l’Université d’été du PCF organisée ce week-end à Montpellier, Fabien Roussel, armé de ses plus belles chaussures rouges, est rentré sous une ovation dans l’amphithéâtre du Corum, samedi. Il faut dire qu’avec le nombre de sujets brûlants qui agitent l’actualité, sa prise de parole était attendue.

    Le Nordiste n’a pas tergiversé longtemps : « La situation est de plus en plus dure. Quand on allume le poste, c’est la guerre, les violences, les massacres, des famines », a-t-il immédiatement lancé avant de consacrer une partie de son discours aux sujets internationaux. Il a ainsi appelé à refuser de « se faire humilier par Ursula von der Leyen qui sans aucun mandat démocratique est allée signer la capitulation à Washington ». Sur ce sujet des droits de douane américains, Fabien Roussel a demandé « la tenue d’un conseil européen exceptionnel », la convocation « au plus vite » des parlements ainsi que la convocation d’un référendum en France.

    Sur le conflit ukrainien, il a appelé aux négociations pour garantir la neutralité de l’Ukraine. Sur le « le génocide du peuple palestinien », le communiste a fait part de « sa colère devant des chefs d’État européens qui se disent prêts à envoyer des troupes en Ukraine mais qui laissent faire le gouvernement criminel de Netanyahou et ses ministres racistes ». Les militants présents ont ensuite ovationné Qassem Awad, dirigeant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), présent dans la salle.

    Rentrée sociale explosive

    Fabien Roussel a ensuite réclamé un « boycott militaire et commercial » d’Israël et a renouvelé la demande de libération des otages israéliens et celle de Marwan Barghouti. Il a également confirmé travailler avec les forces politiques, associatives et syndicales à « une grande marche pacifique pour l’arrêt des massacres, pour la libération des otages israéliens et des prisonniers palestiniens et une solution à deux États ».

    Mais le cœur du discours de près d’une heure trente du secrétaire national a bien porté sur la rentrée sociale et la mobilisation pour s’opposer au plan d’austérité prévu. Fabien Roussel a d’abord confirmé que sans changement sur le budget, il appellerait à la censure du gouvernement Bayrou. « Le PCF soutient toutes celles et ceux qui se mobiliseront en cette rentrée pour mettre un coup d’arrêt à ce braquage inédit de nos richesses nationales », a-t-il poursuivi tout en indiquant qu’il serait aux côtés des énergéticiens le 2 septembre, des personnels des Hôpitaux de Paris (AP-HP) et des personnels de santé, le 4 octobre et de ceux qui veulent « bloquer le pays » le 10 septembre. « Nous partageons pleinement la révolte de celles et ceux qui travaillent dur et ne récoltent que du mépris de la part de ministres qui émargent à 10 000 euros par mois, ne payent pas le train, l’avion, l’essence, l’électricité, la nourriture mais qui nous donnent des leçons de vie. Il y a 20 millionnaires parmi les ministres : qu’ils vivent avec un Smic et payent leurs factures et on en reparlera », a-t-il insisté.

    Après un focus sur l’importance du milieu associatif où « 186 000 emplois sont menacés » qui s’ajoutent aux « 300 000 emplois menacés dans l’industrie », le maire de Saint-Amand-les-Eaux a insisté sur l’importance de retrouver un « État fort, solidaire et juste » et de rétablir une « République laïque et sociale ». Fabien Roussel a ensuite listé une partie des propositions mises en avant par les communistes pour cette rentrée. S’il appelle à la fin « des orgies de subventions publiques pour les grands groupes et les cures d’austérité pour les services publics », il réclame un « Pacte pour la France » qui s’appuierait sur un plan d’investissement de 500 milliards d’euros en cinq ans. « C’est pour cela aussi que nous revendiquons la nécessité de nationaliser certains établissements bancaires privés. Il y a besoin de cette révolution qui consiste à mettre une partie du capital au service du travail, de la production, du climat et du redressement du pays », explique-t-il.

    Dans ce « pacte », il propose aussi une augmentation des salaires, des pensions de retraite et la baisse de 30 à 50% des prix de l’électricité. Il souhaite aussi la construction de 200 000 nouveaux logements par an, la relance de « 20 nouvelles centrales nucléaires » et la planification de « l’embauche et la formation, sous statut de centaines de milliers d’enseignants, de soignants, de travailleurs sociaux, de douaniers, de policiers, d’agents territoriaux ».

    Ces propositions seront à nouveau mises en avant à la Fête de l’Huma, les 12, 13 et 14 septembre.

    « Le PCF soutient tous ceux qui se mobiliseront pour arrêter
    ce braquage inédit de nos richesses »

  • Une promesse à renouveler

    Une promesse à renouveler

    Ce n’était pas une utopie, mais une promesse. Le programme du Conseil national de la Résistance, appliqué dès la Libération, révélait une volonté, issue des idéaux de la résistance : restaurer la démocratie et rendre sa dignité au peuple. C’est avec ce souffle que la Sécurité sociale est élaborée, en 1945. Un modèle solidaire au cœur de notre pacte républicain, qui protège sans exclure, accompagne sans distinction, unit sans diviser.

    Une promesse portée par Ambroise Croizat, alors ministre du Travail (PCF). Ouvrier, syndicaliste devenu parlementaire, il incarne cette volonté farouche de mettre l’humain au cœur des politiques publiques. Ambroise Croizat ne théorise pas la solidarité : il l’organise. Cet anniversaire permet de rendre hommage à son action. Pour cela, il faut refuser le démantèlement silencieux de ce qu’il a bâti.

    Transformations

    Depuis 80 ans, la Sécurité sociale est un bien collectif qui s’adapte et accompagne les grandes transformations de la société française : création des caisses d’allocations familiales en 1946, minimum vieillesse en 1956, loi Veil sur l’intégration des personnes handicapées en 1975, RMI (devenu RSA) en 1988 ou encore les premières aides pour les aidants familiaux en 2007.

    La Sécurité sociale est une révolution sociale. Elle protège chacun, quel qu’il soit. Une vision comptable présente la cotisation comme une charge. On cherche à privatiser, rogner, affaiblir ce qui a été conquis de haute lutte. C’est commettre l’erreur d’oublier que la Sécurité sociale n’est pas un luxe, mais un droit fondamental. Elle n’est pas un coût, mais un investissement dans la dignité. Une promesse à renouveler.