Tag: Social

  • Olivier Faure interloqué par l’exclusion sociale à Toulon

    Olivier Faure interloqué par l’exclusion sociale à Toulon

    « Il y a des situations difficiles dans nombre de communes, mais le cumul, ici, est assez exemplaire. » En visite au à Toulon, samedi, pour soutenir la tête de liste de Toulon en Commun Magali Brunel, le premier secrétaire du PS Olivier Faure en a profité pour rencontrer des acteurs associatifs de la solidarité. Une réunion qui lui a permis de se saisir des réalités sociales d’une ville marquée par « une politique clientéliste, dirigée vers certaines populations, délaissant complètement les autres. On est face à des ghettos sciemment organisés par la municipalité, qui a mis sous le tapis la mixité sociale, le scolaire et le logement. »

    Il a notamment mentionné l’absence de « structure d’accueil pour femmes victimes de violences, qui sont dans des situations très précaires », et s’est étonné de la situation du « quartier de la Beaucaire, composé de 47% de familles monoparentales, où 57 % vivent sous le seuil de pauvreté. Comment lutter contre le narcotrafic quand on laisse à l’abandon des quartiers entiers ? Dans ce contexte, les enfants sont des proies faciles. »

    Une situation qu’Olivier Faure dit plus alarmante qu’ailleurs, « où des choses sont inscrites par les municipalités. Tout ne se fait pas en deux jours, mais là, il n’y a rien qui émerge. » Et cela va, selon lui, dans le sens de « l’extrême droite, qui ne cherche pas à traiter les causes, mais les effets, superficiellement, et entretient ces oppositions pour se maintenir. »

    « L’extrême droite utilise le communautarisme »

    Face à ces situations naît, comme lui a décrit une militante, une difficulté à se sentir français. « L’extrême droite utilise le communautarisme pour exclure certaines populations. Quand on pousse les gens au même endroit et qu’on leur dit qu’ils sont communautaristes, on se fout du monde. Ce mot renvoie la faute sur ceux qui n’ont jamais pu connaître la mixité », accuse le député de Seine-et-Marne. Même raisonnement pour les violences urbaines, qui « ont lieu dans les quartiers où on vit mal, avec le sentiment que l’État ne fait rien. Quand on veut traiter ces questions-là, il faut le faire réellement, pas en bout de chaîne. » Pour apporter des solutions, Magali Brunel promet de « s’attaquer aux causes en profondeur », avec, entre autres, un projet axé sur le logement social, l’éducation, une refonte de la carte scolaire, ou encore le tramway, « en renonçant au fatalisme dans lequel on baigne les Toulonnais. »

  • Meeting de Sophie Binet à la centrale de Gardanne : un soutien massif venu de plusieurs départements

    Meeting de Sophie Binet à la centrale de Gardanne : un soutien massif venu de plusieurs départements

    Marjorie Franchitto, déléguée syndicale de la CPAM 83

    « On connaît tous des combats similaires »

    Si elle n’est pas de la même profession, Marjorie Franchitto a fait le déplacement depuis le Var pour venir « soutenir » les salariés de la centrale. « Ce moment correspond à la fin d’une lutte, c’est une belle victoire, menée par des salariés qui n’ont pas voulu lâcher le morceau, malgré les luttes économiques, et qui ont sauvé des emplois », résume la syndicaliste. Salariée de la Caisse primaire d’assurance maladie, elle n’est pas issue du secteur industriel, mais estime « qu’en élargissant, on connaît tous, dans nos corps de métiers, des combats similaires. On se retrouve dans la lutte [des salariées de la centrale] car ce sont des moments qui un jour, peuvent nous toucher ». Qui plus est, Marjorie Franchitto considère que cette victoire démontre que « les revendications de la CGT existent, sont fondées, et qu’avec la solidarité et la fraternité, on peut gagner ».

    Sylvain Moretti, secrétaire général de l’UD CGT 04

    « Donner de l’espoir aux camarades »

    Du côté CGT Alpes-de-Haute-Provence, le dossier de la centrale est suivi « depuis le départ. On a pris l’habitude de venir partager les moments de solidarité », estime Sylvain Moretti, secrétaire général de l’UD. « C’est d’autant plus important de venir aujourd’hui, parce qu’on a besoin d’apporter une dynamique au monde du travail. L’activité syndicale sur la centrale de Gardanne n’est pas neutre pour notre département. Elle donne des perspectives, de l’espoir aux camardes sur les capacités à lutter, à gagner sur des projets alternatifs portés par la CGT », poursuit Sylvain Moretti. Le département est notamment confronté à des fermetures d’hôpitaux. Aussi, Sylvain Moretti attendait de Sophie Binet, avant son discours, un « message positif qui nous permettra de fédérer dans la CGT, de remettre en dynamique l’ensemble de nos organisations ».

    Laurence De Villèle, secrétaire générale de l’UD CGT 84

    « Une lutte exemplaire dans la région Paca »

    Ils sont une dizaine de membres de la CGT 84 à s’être rendus au meeting. « C’est une journée pour fêter la reprise de l’activité, la réembauche de nos camarades qu’on a toujours soutenus dans la lutte, une lutte exemplaire en Paca », souligne Laurence De Villèle, secrétaire générale de l’UD Vaucluse. Pour les travailleurs de son département, dont le secteur industriel est lui aussi menacé selon elle, ce combat et la victoire « parlent à nos camarades, leur donne des perspectives ». « Cette lutte montre que la CGT a toujours tort d’avoir raison trop tôt, ajoute Laurence De Villèle. Nos entreprises sont souvent dans les luttes, c’est difficile d’obtenir des choses. Il est évident que c’est un symbole de victoire. » Autre « marqueur fort » de la journée, la venue de Sophie Binet, dont la présence sur le site constituait la première visite sur un site en lutte depuis son élection en 2023.

    Vincent Vadrot, représentant CGT Métallurgie 13

    « Un travail pour une cause cohérente »

    Travailleur dans le secteur de la métallurgie, Vincent Vadrot a vécu le combat de la centrale « de l’intérieur ». « Il y a eu tout un travail de fait au niveau de l’Union départementale pour que cette cause soit cohérente, estime Vincent Vadrot. Les travailleurs de la centrale, ce ne sont pas que ceux sur site. C’est tout un système qu’il y a autour, et nous le défendons aussi dans le secteur de l’industrie. Il y a des sociétés internes, externes, concernées par le dossier. C’est tout un fonctionnement interindustries, qui fait travailler le secteur ferroviaire, maritime… » Il souligne : « On vient défendre ces camarades qui ont su lutter pour sauver leur emploi. » Autre raison de la venue de Vincent Vadrot : écouter Sophie Binet et la soutenir dans son positionnement vis-à-vis de la « discrimination syndicale, qu’on connaît tous les jours, surtout à la CGT ».

  • Sophie Binet enflamme la centrale thermique de Gardanne

    Sophie Binet enflamme la centrale thermique de Gardanne

    « Nous le montrons au quotidien dans les Bouches-du-Rhône : nous n’avons pas besoin de patrons pour faire tourner nos usines ! » Ce vendredi, sous les cheminées de la centrale thermique de Gardanne et devant plus de 500 militants venus des Alpes au Vaucluse en passant par Arles ou Istres, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, n’a cessé de louer « la pertinence de la gestion ouvrière ».

    Une gestion qui prend tout sens à l’occasion du « meeting de victoire » qui venait fêter « la réussite emblématique » des travailleurs du site. « Cette victoire est magnifique, elle a été arrachée grâce à votre détermination : 7 ans de lutte, de grève, de manifestations, d’ascenseurs émotionnels, de travail sur les dossiers, de gouvernements qui disparaissent avant des signatures promises », lance Sophie Binet, aux côtés du secrétaire général de la fédération Mines-Énergie, Fabrice Coudour, et l’adjoint de celle des Ports et docks, Serge Coutouris. Une victoire symbolisée par la réembauche progressive de travailleurs licenciés lors du dernier plan de licenciement sur le site, via une société créée par les salariés (voir ci-dessous). Et en vue « de la mise en œuvre concrète du projet BioMéthane Provence, porté et développé par les travailleurs et la CGT », comme le rappelle Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT de la centrale de Gardanne. Un projet « novateur de production de biogaz et de biocharbon à base de bois en fin de vie ».

    Autant dire que depuis la fin du charbon, les salariés reviennent de loin. « C’est une victoire emblématique sur tous les aspects. Elle montre ce qu’il faut faire pour réindustrialiser le pays. Nous voulons reprendre le pouvoir dans les entreprises et votre lutte en montre le chemin », martèle Sophie Binet. De quoi mettre en avant une proposition phare de la CGT : « Le maintien des emplois pour décarboner l’industrie passe par un moratoire sur les plans de licenciement. » Et d’appeler à refuser « l’opposition mortifère entre le social et l’environnemental ».

    L’histoire industrielle du bassin minier se poursuit

    Elle vante surtout « une grande victoire de plus dans les Bouches-du-Rhône, un département précurseur, le département des 1336, des CPMM [Coopérative de presse et de messagerie Méditerranéenne, Ndlr.] ». Cette dernière, coopérative née sur les cendres de l’ex-Sad, filiale de la messagerie de presse Presstalis à Marseille liquidée judiciairement, fête d’ailleurs son 5e anniversaire, jour pour jour. « Nous n’avons rien inventé », reconnaît Jean-Michel Roccasalva. Pas d’invention peut-être, mais beaucoup de détermination. « Il était hors de question de perdre nos emplois, notre statut des Industries électriques et gazières, un statut pionnier mis en l’œuvre à l’après-guerre, par Marcel Paul et Ambroise Croizat [ministres communistes, Ndlr.] », insiste le secrétaire général. Car les embauches se font bien à ce statut si cher aux énergéticiens. « C’est avant tout la victoire des travailleurs. On a un bijou entre les mains, il faut en tirer le meilleur », abonde le sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi. Marina Mesure, députée européenne insoumise était également présente.

    Ce rapport à l’histoire a sans doute nourri la réflexion collective pour l’avenir industriel de tout un territoire. « J’ai connu le départ des mineurs, le plan de départs de 2013, le plan de licenciement de 2020. Aujourd’hui, les copains licenciés ont retrouvé un emploi. Aujourd’hui, on montre que nos idées se concrétisent », explique, entre fierté et soulagement, Joël Capra, salarié de la centrale depuis bientôt 26 ans. « L’industrie dans le département n’appartient pas au passé. Nous avons besoin d’activités tournées vers l’avenir », abonde Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13. Un avenir qui s’écrit à partir de ce « vendredi 13 qui restera dans les annales », conclut Sophie Binet.

    Historique et avenir

    7 décembre 2018 : fin du charbon et début de la lutte

    La date du 7 décembre 2018 marque le début de la lutte des salariés de la centrale de Gardanne. Ils commencent une grève reconductible en réponse au refus d’un moratoire sur l’arrêt du charbon par le gouvernement. Le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, repreneur de la centrale, lancera plus tard un plan de licenciement.

    Octobre 2020 : création de l’Association des Travailleurs

    Les salariés et la CGT lancent l’Association des Travailleurs de la Centrale de Gardanne. « En quelques semaines, il y a une énorme solidarité financière qui permet le

    financement de deux études de faisabilité pour notre projet », développe Jean-Michel Roccasalva.

    12 octobre 2021 : mise sous protection du site

    Face au blocage du dossier, les travailleurs enclenchent la « reprise en main de l’outil de travail » et mettent « le site sous protection ». Concrètement, l’usine est sous leur contrôle et un bras de fer inédit s’enclenche avec GazelEnergie.

    20 avril 2023 : déplacement de Sophie Binet

    Les dispositifs d’accompagnement des salariés dans le cadre des licenciements, en lien avec la fin du charbon, prennent bientôt fin. Sophie Binet fait son premier déplacement sur site. « Nous gagnons ensuite le prolongement des dispositifs », se félicite Jean-Michel Roccasalva.

    31 juillet 2025 : accord inédit

    Un accord est arraché avec GazelEnergie et l’État pour le lancement concret du projet des salariés, BioMéthane Provence. La création d’une société est actée en ce sens et va permettre l’embauche des salariés licenciés. L’Association des Travailleurs y est présente.

    26 novembre 2025 : premières embauches

    Les 3 premiers contrats de la société, créée par les salariés et leur association, sont signés. Au total, 14 travailleurs licenciés le sont à cette date. 9 autres vont l’être en 2026.

    2026-2028 : permis et construction

    Les salariés prévoient le dépôt du permis de construire et permis d’exploiter à l’été, pour un démarrage des travaux en 2027. S’ensuit un an et demi de construction prévue, puis 6 mois de tests. Le démarrage de la phase commerciale est dans le viseur pour 2028.

  • Le syndicat CGT Carrefour Aix alerte sur des conditions de travail risquées

    Le syndicat CGT Carrefour Aix alerte sur des conditions de travail risquées

    Dans un post republié sur ses réseaux sociaux, la CGT Carrefour Aix-en-Provence notifiait avoir signalé sa direction d’un « droit d’alerte pour danger grave et imminent » (DGI), ce mardi 10 février. Le courrier, indiquait que les salariés étaient confrontés à « une surcharge de travail constante, une intensification des rythmes de travail, une impossibilité de récupération effective, une pression organisationnelle accrue ». Une situation entraînant, toujours selon le courrier du syndicat, une « dégradation manifeste des conditions de travail et expose les salariés à des risques psychosociaux élevés ».

    Un DGI finalement levé

    « Sur la quasi-totalité de la surface de vente il y a de gros problèmes en termes d’effectif : Carrefour a mis un très gros coup de frein sur les frais de personnel aujourd’hui on est au bout du bout. De mémoire, on avait 685 salariés en 2024, en fin 2025 on est tombés à 625 [à Aix, Ndlr] », rapportait Patrick Ait Aissa, pour la CGT Carrefour. Exemple, « l’équipe PGC (produits grande consommation) ou l’on a sept personnes en arrêt maladie, sur une équipe de vingt-huit personnes. Tous les matins, il y a donc huit, neuf, voire dix rayons qui ne sont pas couverts ». Un comité social et économique a donc été réuni, ce mercredi 11 février. À l’issue duquel, l’alerte a été levée. Pour cause, deux des trois syndicats de l’entreprise, rapporte la CGT, ont voté pour la « levée » de cette mesure, sans pour autant être en désaccord. « On ne peut pas laisser les équipes dans l’état dans lequel elles vivent depuis des semaines », poursuit Patrick Ait Aissa.

    De son côté la direction de Carrefour, contactée par La Marseillaise, rappelle être « particulièrement attachée au dialogue social ». Pour répondre au sous-effectif dénoncé et « afin de pallier des absences liées à des arrêts maladie, la direction a immédiatement pris les mesures nécessaires en recrutant des intérimaires », ajoute-t-elle. « Malgré ces actions rapides, la CGT a choisi de déposer une alerte pour danger grave et imminent. Celle-ci a été examinée lors de la réunion du CSE (…) et à l’issue des échanges, la majorité des membres du CSE ont considéré que les actions prises par la direction étaient suffisamment sérieuses », conclut-elle.

  • Les vies avant les profits

    Les vies avant les profits

    C’est une bataille qui a fait beaucoup trop de morts. La lutte pour la reconnaissance des maladies professionnelles causées par l’exposition à l’amiante et à d’autres substances toxiques progresse. D’importantes victoires ont été remportées dans notre région sur ce sujet, grâce à la mobilisation collective et à l’opiniâtreté de travailleurs qui ont été confrontés à ces fléaux et qui ont fait admettre le « préjudice d’anxiété ».

    Cette notion, reconnue par la justice depuis une quinzaine d’années, permet de dédommager des travailleurs qui ont été exposés à des matières nocives et qui vivent dans l’angoisse de développer une maladie grave comme nombre de leurs collègues disparus.

    Démarche collective

    C’est le sens de la démarche collective menée par 180 travailleurs de la pétrochimie. Dans une France où les Comités d’hygiène, de sécurité et conditions de travail (CHSCT) ont été supprimés pour complaire au patronat, cette action a le mérite de remettre au cœur de l’actualité la santé au travail.

    Alors que l’industrie doit profondément changer pour répondre à l’exigence de décarbonation, elle pose aussi une série de questions de fond : produire pour quoi, pour qui, dans quelles conditions ?

    La protection des travailleurs ne peut s’entendre qu’à l’échelle globale. Elle percute le dogme libéral du moins-disant social et environnemental.

    Oui, les vies doivent être placées avant les profits. C’est une bataille qui ne peut se mener que sur le terrain judiciaire.

    C’est une prise de conscience profonde de la nécessité de changer de mode de production.

  • La CGT se mobilise dans les Hautes-Alpes pour soutenir les saisonniers

    La CGT se mobilise dans les Hautes-Alpes pour soutenir les saisonniers

    Un an après la venue de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, au front de neige de Vars, le syndicat poursuit son soutien aux saisonniers, ce vendredi à 10h. « Tous les ans, on tient un stand sur un parking. On tourne en équipe et on va dans les boutiques qui entourent Vars. Parfois, on envoie des camarades sur les pistes quand on est assez nombreux, ils vont à la rencontre des restaurants d’altitude et des perchmans », confie Julien Bouillé co-secrétaire de la CGT des Hautes-Alpes.

    Les résultats du rapport de l’Institut de recherche économique et sociale (Ires), paru en 2024, indiquent que les saisonniers sont en situation de fragilité. D’abord du côté du logement. « Comment prétendre à la propriété d’un logement avec un statut de saisonnier aujourd’hui ? Comment accéder à la location avec des alternances d’emploi et de chômage ? », interroge l’Institut. Cette fragilité s’observe aussi du côté de la santé. L’Ires constate : « Avec une couverture santé discontinue et des changements de territoires réguliers ne permettent pas un suivi médical régulier. » L’Institut évoque aussi « certaines personnes au RSA durant l’intersaison depuis plusieurs années, y compris en travaillant en saison ».

    Un guide pour accompagner

    Julien Bouillé explique : « Souvent, ce sont des jeunes travailleurs qui arrivent dans le monde du travail. Ils font le choix du travail en saisonnalité pour peut-être se sentir plus libres, mais sont souvent assez peu renseignés. » Selon le syndicat, 65% des travailleurs saisonniers affirment ne pas connaître leurs droits. Face à ce constat, la CGT propose « un guide des saisonniers » pour informer ces travailleurs de leurs droits et leur « proposer un accompagnement concret ». Le rapport de l’Ires rappelle que les saisonniers sont très souvent exposés à la pénibilité du travail, ne sont que rarement suivis par la médecine du travail, mais semblent avoir intériorisé cette situation et n’en font pas un sujet de revendication.

    Julien Bouillé dénonce : « Souvent, les garants des notions de ressources humaines pour les petites entreprises, ce sont les comptables. Un comptable à une formation comptable, pas RH, et ça pose un problème. » Les saisonniers travaillent sur la base de contrats à durée limitée et bénéficient d’une protection sociale régie par la règle du contrat de travail stable à temps plein, alors que leur travail est par essence discontinu. Comme le rappelle le syndicaliste, « un saisonnier aujourd’hui est soumis à la même législation qu’un travailleur non saisonnier, mais il n’a pas la prime de précarité, et une saison dans les Hautes-Alpes dure quatre mois, alors qu’il faut six mois de travail que pour pouvoir bénéficier des droits au chômage ».

    Pour Julien Bouillé, c’est la même problématique qui touche tous les travailleurs : « Il faut une prise de conscience des situations à risque auxquelles ils sont exposés dans les entreprises où ils peuvent être malmenés. » La CGT continue de demander la création d’un statut de saisonnier qui permettrait de reconnaître la particularité de l’activité et de réfléchir à de nouveaux droits pour ces salariés. Il insiste sur le collectif : « Il faut qu’on leur fasse comprendre que l’adhésion à la CGT leur permet aussi de connaître leurs droits. Ça donne accès à des formations et à un collectif. C’est ça le plus important, parce qu’un saisonnier est parfois seul. »

  • Sète, le logement au cœur de la campagne

    Sète, le logement au cœur de la campagne

    Tourner la page de la droite affairiste de François Commeinhes et offrir de nouvelles perspectives aux Sétois. Tel est le pari des progressistes de l’île singulière qui fut dirigée par la gauche de 1996 à 2001 avec François Liberti (PCF).

    Vingt-cinq ans de droite plus tard, Sète a conservé des atouts : son lido, ses fêtes et festivals, son port développé par la Région… Mais les difficultés l’assaillent. Avec un taux de chômage de 12,7% et un revenu moyen d’à peine 19 960 euros, la précarité a explosé. Le narcotrafic gangrène l’île de Thau. Si Sète regagne des habitants depuis 2024, beaucoup sont retraités : 32% des Sétois le sont, ce qui élève la moyenne d’âge (48 ans au lieu de 37 ans à Montpellier) et réduit la part des actifs (35,5% contre 45%).

    Le logement semble être le nœud du problème, lié au succès touristique de la ville. Il est devenu inaccessible car trop rare et inadapté aux revenus modestes de la population. « On a construit pour les investisseurs, pas pour répondre aux besoins réels », regrette Laura Seguin. Résultat : « Beaucoup de jeunes ne peuvent plus se loger à Sète à l’année », pointe la tête de liste « Nouvelles pages pour Sète ». Soutenue par le PCF, LFI, Les Écologistes, Génération.s ou le Parti occitan, sa liste citoyenne qui assume ses valeurs de gauche promet de « réguler les meublés de tourisme type Airbnb » en instaurant des « seuils » par quartier. La loi Le Meur permet aussi de « réserver les constructions neuves à la résidence principale ». Laura Seguin souhaite accroître l’offre de logements sociaux « à l’échelle de l’Agglo » et faciliter l’accession à la propriété via le bail réel solidaire (BRS). Enfin, la tête de liste veut « mettre l’accent sur la rénovation urbaine du bâti ancien en faisant des avances des aides de l’Anah aux propriétaires ».

    Leurs mesures concrètes

    Soutenu par le PS, Place Publique, le PRG, Génération Écologie et l’Engagement, Sébastien Denaja fait lui aussi du logement une priorité. L’ancien député PS prône des « quotas par quartier » pour les Airbnb et la réduction de la durée de mise en location saisonnière de 120 à 90 jours. « On veut s’inspirer de Michaël Delafosse à Montpellier ». Il compte sur le BRS ou le prêt social location-accession pour favoriser l’accès à la propriété. Il propose des « prêts municipaux à taux zéro et l’interdiction des résidences secondaires dans les programmes neufs ». Sa liste à 80% citoyenne « Sète, allons ensemble » qui va, dit-il, « de la gauche républicaine aux centristes humanistes », a l’intention de construire du logement social. Pour favoriser le « turnover » dans le parc public, Sébastien Denaja compte sur une « bourse d’échange entre locataires, des déménagements clé en main pour les seniors ou un encadrement des loyers temporaires ». Mais pour le conseiller régional PS, « le logement se réglera d’abord par le travail ». « La création d’emplois c’est la base. » S. Denaja mise sur le développement de l’économie portuaire, imagine une « technopole de l’économie bleue » et un tourisme mieux réparti sur l’année.

    De son côté, Laura Seguin veut freiner le « tout tourisme », qui « confisque une partie de l’espace public, produit de l’emploi saisonnier précaire ainsi qu’une dépendance à la voiture ». La chercheuse en sociologie veut repenser le quartier Est pour l’économie en « favorisant l’installation d’entreprises culturelles et créatives », des métiers d’avenir dans la transition écologique, l’économie sociale et solidaire, le recyclage des déchets ou l’économie maritime (entretien des bateaux). Face à la crise conchylicole, elle propose de créer un espace dégustation au port du Barrou et de « protéger l’étang en investissant dans les réseaux d’assainissement défaillants ». Enfin, Laura Seguin mise sur la commande publique pour créer de l’emploi grâce aux retours en régies (lire ci-dessous).

    Sur le volet social, S. Denaja promet un « grand plan contre la solitude et l’isolement ». Il veut « recréer du lien en ville » via des maisons pour tous, des bancs, des abris bus avec toit, des petits terrains couverts de pétanque ou encore un « foyer de restauration intergénérationnel en cœur de ville ». Pas de « projet pharaonique », les finances étriquées de la Ville (+30% de dette en 6 ans) nécessitant du « sérieux » dit-il. L. Seguin assure, elle, avoir les marges de manœuvre (150 000 euros) pour offrir la cantine à « tous les enfants » et vise la gratuité des transports en commun. « On le défendra à l’Agglo. »

  • [Entretien] Zigo : « Il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social »

    [Entretien] Zigo : « Il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous appelé ce nouvel album « Atlas » ?

    Zigo : Quand on cherche un nom d’album, on cherche toujours un mot qui puisse être international, c’est-à-dire compris dans toutes les langues. Mais on cherche aussi un mot qui donne la couleur de l’album. Comme c’est un album qui appelle au voyage et qui a une certaine ouverture musicale, on trouvait que l’Atlas, qui peut renvoyer à l’image d’une carte, de montagnes au Maroc ou du titan de la mythologie grecque qui porte le monde sur son dos, correspondait bien à cet album.

    Depuis 30 ans vous signez des morceaux engagés pour la tolérance, comment voyez-vous la société évoluer  ?

    Zigo : On constate la banalisation du racisme et de l’extrême droite. La mutation du cercle politique français est incroyable et pour nous qui prônons la mixité culturelle et qui arborons fièrement notre mixité culturelle et sociale, c’est effrayant. Il y a eu un moment où on a eu l’impression que le monde changeait, mais ces dernières années, il y a un retour assez terrifiant. Ce qui nous rassure, c’est d’entendre nos chansons dans les manifestations et qu’il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social.

    Vous parvenez pourtant à construire un album qui reste solaire…

    Zigo : On ne voulait pas que l’album soit plombant. On voulait qu’il soit joyeux, on pensait faire un truc plus ensoleillé. Mais, finalement, l’actualité a fait qu’on a eu du mal. Le climat social déteint toujours sur notre musique et là, on a franchement été servis. L’écriture est tombée en pleine guerre en Ukraine, en Palestine, avec le retour de Trump… C’est compliqué de sortir du marasme international. On a quand même réussi à mettre des morceaux un peu plus légers et plus positifs. Mais on n’a pas atteint ce qu’on espérait en termes de positivité.

    Repensez-vous le rôle de la culture dans ces moments troubles ?

    Zigo : Oui, on s’interroge tout le temps mais la meilleure réponse, nous l’avons en concert parce qu’on ne combat que dans la joie et le positif. Quand on voit dans nos tournées autant de personnes prendre le temps d’aller à un concert et de faire la fête, tout en abordant des sujets compliqués, des sujets de société qui sont loin de faire l’unanimité aujourd’hui, ça nous montre que tout n’est pas vain. Dans la nuit, une flamme, ça fait du bien. Les gens nous font beaucoup de bien et nous rassurent là-dessus. Notre récompense, ce ne sont pas les disques d’or, c’est de voir ce public avec le sourire.

    Quels messages vouliez-vous faire passer avec « Mémoires », le 7e morceau de l’album ?

    Zigo : C’est un morceau sur la colonisation qui est parti d’un texte de Bouchkour (l’un des chanteurs, Ndlr). Marcus Gad, qui est un artiste de Calédonie, a entendu ce morceau et ça l’a touché car c’est un sujet d’actualité en Nouvelle-Calédonie. Il a donc voulu y participer. C’est un morceau qui restera historique pour le groupe parce qu’il n’a pas de refrain et c’est le morceau le plus lent qu’on n’ait jamais composé. Il y a en toile de fond la colonisation et le poids et les désastres que ça engendre sur nos générations. Ce n’était pas le but mais quand on l’écrivait, c’était aussi le moment où la situation empirait à Gaza et on ne comprenait pas comment l’être humain n’était pas capable de se souvenir du passé. Ce drame-là transpire dans le morceau, qui restera un texte majeur de notre histoire.

    Comment jugez-vous l’évolution du reggae en France ?

    Zigo : Il y a toujours eu des hauts et des bas mais nous, ça fait trente ans qu’on est sur les routes. Toute notre tournée est déjà complète, c’est ahurissant. Sur nos trois premiers concerts, on constate aussi qu’il y a une nouvelle génération qui vient nous voir. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls à être complets, quand on voit Tryo ou Danakil par exemple, et ça fait vraiment beaucoup de bien, parce qu’on appartient à un style de musique à caractère social, donc ça veut dire que les gens ont encore envie d’entendre parler de ces sujets-là.

  • Le navire de croisière MSC Orchestra bloqué par les marins dans le port de Marseille

    Le navire de croisière MSC Orchestra bloqué par les marins dans le port de Marseille

    Deux bateaux de sauvetage, avec à leur bord des équipages des deux compagnies maritimes Corsica Linea et la Méridionale, bloquent actuellement le navire de croisière MSC Orchestra, au niveau de la passe nord du GPMM, à la suite du préavis de grève déposé par la CGT Marins.

    Ils dénoncent la décision de la Méridionale de vendre le Kalliste, navire emblématique de la délégation de service public entre Marseille et la Corse, à une société turque pour y être démantelé.

    Les marins estiment que ce bateau pourrait servir dans une stratégie de développement face à la concurrence déloyale des compagnies sous pavillon italien (GNV et Corsica Ferries) sur les lignes du Maghreb, et s’inquiètent d’une mise en concurrence de Corsica Linea et la Méridionale sur la desserte corse.

  • Martine Vassal déroule son programme pour Marseille

    Martine Vassal déroule son programme pour Marseille

    Pour ses vœux à la presse, la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, s’est voulue résolument offensive, préférant insister avant tout sur son programme. Non sans oublier tout de même de viser sa cible première, l’extrême droite, jusqu’à appeler au « vote utile » en sa faveur évidemment dès le premier tour.

    « L’ADN de cette ville n’est pas et ne sera jamais le RN », a-t-elle martelé d’entrée. Parce qu’à Marseille, « on vit les uns à côté des autres », qu’« elle ne supporte pas les replis identitaires et ceux qui, en politique, viennent d’ailleurs », analyse Martine Vassal. Si elle dit comprendre « la colère », elle en appelle à la « responsabilité des électeurs », sans pour autant donner de consignes de vote. « On n’est pas propriétaire des voix », assène-t-elle, éludant la question d’un éventuel retrait au second tour, persuadée qu’il y aura alors quatre candidats.

    Ce qui compte aux yeux de Martine Vassal, c’est de pouvoir confronter sa vision de la ville. Une Marseille « balnéaire » où les « 57 km de littoral » seraient rendus aux habitants, de l’Estaque à la Pointe Rouge, une Marseille tournée vers son port, l’international, avec le développement des data centers, capable de convaincre des investisseurs.

    Plein pot sur le tram

    Elle repose sa proposition de créer un conseil de développement économique, social, culturel, sportif… Sur les transports, ce sera du tout tramway, « quatre fois moins cher qu’un métro », avec un développement « en étoile » : de Saint-Marcel à Saint-Loup, de Saint-Antoine à la Bricarde, de la Belle de Mai à Saint-Jérôme, des Caillols à la Valentine, de la Blancarde à la Pointe Rouge, mais en oubliant la Corniche, car « il faut aller vite ». Tout cela étant faisable le temps du mandat, a-t-elle calculé. Pour les financements, elle promet d’aller « les chercher avec les dents », du côté de l’État, de la Région et de l’Europe. Et si celle qui est aussi présidente (DVD) de la Métropole, autorité organisatrice des transports, a « perdu du temps » jusque-là, c’est parce que dans certains quartiers, on lui a mis « des bâtons dans les roues ».

    Parce qu’elle a bien compris la leçon de son échec en 2020, où « on avait fait travailler des experts » et produit un glossaire de plusieurs centaines de pages, Martine Vassal le martèle : elle a construit son programme « au fil des personnes qui [la] rejoignent » et préfère le distiller savamment. Un « teasing » pour « accrocher » l’électeur. « Mais vous verrez, d’ici la mi-février, tout sera calé » et révélé affirme-t-elle.