Tag: Social

  • Toujours mobilisés face au budget d’austérité à Avignon

    Toujours mobilisés face au budget d’austérité à Avignon

    Si le marché de fin d’année sur la place Jean-Jaurès d’Avignon peut laisser penser à une réunion festive, les personnes vêtues de gilets rouges, roses et blancs étaient bien venues manifester ce mardi 2 décembre dans les rues d’Avignon. Ce, entre autres, face à un budget de l’État qui démontre « le cap désastreux pour les salariés et notre modèle social » avec les 30 milliards en moins prévus au budget, comme l’a évoqué Laurence de Villèlen, secrétaire départementale CGT, au nom de l’intersyndicale avec Solidaires et la FSU.

    « On nous propose une pseudo-alliance avec les socialistes. Mais cela ne défend absolument pas le droit des travailleurs », poursuit la responsable syndicale. Dans les rangs de la mobilisation, Philippe Riehel et Sabine Aulagner, syndiqués Solidaires, enseignants en maternelle et en élémentaire, affirment se « sentir attaqués car on ne peut pas travailler comme on le voudrait ». « L’école tient grâce à nous, c’est-à-dire tous les salariés dans l’éducation. Mais les choix politiques favorisent le privé aux dépens d’un service public acceptable », poursuivent-ils. Tandis que quelques mètres plus loin, Dimitri Szabo, employé à l’Inrae, regrette « un chantage à la dette ».

    Cohésion de la gauche

    Présent également avant de se rendre à l’Assemblée nationale l’après-midi, le député de la 1ère circonscription de Vaucluse, Raphaël Arnault (LFI-NFP), dénonce des socialistes qui « rentrent dans le rang » avec les macronistes, alors que certains membres du PS, comme le sénateur Rachid Temal ou François Hollande, défendent le recours au 49.3 pour le budget. Tout en espérant une cohésion de la gauche sur la question.

  • Les rugbymen du RCT de retour au cœur des quartiers

    Les rugbymen du RCT de retour au cœur des quartiers

    À Toulon, le football
    reste ancré dans les mœurs, l’Olympique de Marseille suppléant allègrement l’absence -décriée- du Sporting Toulon au plus haut niveau depuis de trop longues années. C’est particulièrement le cas dans les quartiers populaires, où le rugby, religion séculaire du territoire, peine, à l’inverse, à faire des adeptes. Car historiquement, l’ovalie demeure un univers gentrifié malgré lui. Alors, pour y donner un accès plus large, le RC Toulon met en place, depuis neuf ans, l’opération « RCT au cœur des quartiers ».

    Un dispositif qui vise à initier 72 enfants de 8 à 12 ans en provenance de six associations du territoire à la pratique du rugby et à ses valeurs. « C’est un sport auquel ils ne sont pas forcément acculturés. On leur apprend les rudiments, mais on a aussi un contenu éducatif grâce aux joueurs espoirs et professionnels du RCT qui nous accompagnent à travers de petits ateliers. Par exemple, on essaie de les faire jouer sans arbitre pour qu’ils comprennent l’importance d’en avoir un, le respect de l’autorité », explique Melvin Vial, responsable du fonds de dotation du RCT, en charge de l’opération. Car à travers le rugby, ce sont surtout « des valeurs citoyennes, qu’on retrouve dans le sport collectif en général, qu’on essaie de véhiculer : la mixité, l’acceptation de celui qui va moins vite, moins haut, de celui qui est fatigué ou qui veut en faire plus… » Mercredi dernier, au stade de la Ferme des Romarins, entre Toulon et Ollioules, c’est avec un enthousiasme non dissimulé que ces enfants originaires de plusieurs quartiers populaires varois ont participé aux premiers ateliers de la saison, animés par quatre joueurs espoirs du RCT, et par les pros Rayan Rebbadj et Matthias Halagahu. « On est passé par là, les jeunes sont heureux d’être encadrés par des joueurs professionnels », se souviennent les deux hommes, dont l’objectif est avant tout « que les enfants prennent du plaisir. Ils s’intéressent moins à ce sport au plus jeune âge, on vient leur apprendre ce que c’est, leur donner envie et leur inculquer le partage et le sens de la communauté rugby, mais aussi le respect des éducateurs. Ça peut leur permettre de se canaliser pour être sérieux à l’école car c’est le plus important. »

    Au sein des associations partenaires, on se réjouit d’ouvrir ces enfants à « la mixité sociale, au partage, au respect et aux règles et valeurs du rugby », explique Najette Larbi, animatrice référente du dispositif Mêlées Crampons, porté par le club de l’US Seynoise, qui accompagne les enfants de la cité Berthe via l’aide aux devoirs, l’accès à de la culture, avec le rugby comme école du respect, de la solidarité et du dépassement de soi. « Ce sont des valeurs valables dans l’ovalie comme dans la vraie vie », qui plus est vectrices « d’inclusion sociale. Les enfants attendent chaque année ces actions », se réjouit l’éducatrice, à tel point « que deux jeunes se sont inscrits au rugby ». Parmi eux, Eya, une jeune rugbywoman qui a participé pour la première fois à l’opération l’année dernière : « Je regarde presque tous les matches du RCT. J’aimerais bien jouer dans l’équipe féminine et peut-être en équipe de France », rêve la jeune fille.

    Un dispositif qui dépasse le cadre du terrain : « On les emmène à chaque fois dans un quartier différent, en fonction de la présence des associations. On leur présente un peu les métiers du sport. On leur fait découvrir le Campus RCT, Mayol, où on avait fait un atelier l’année dernière, ce qu’on va essayer de refaire. Ils n’ont pas toujours les moyens d’aller voir des matches, donc on les invite. Ça crée des souvenirs et de l’affect », conclut Melvin Vial, avant le prochain atelier qui aura lieu le 17 décembre au stade Saurin, à Toulon.

  • Le Village d’enfants SOS organise une journée pour recruter des éducateurs

    Le Village d’enfants SOS organise une journée pour recruter des éducateurs

    SOS Villages d’enfants propose des postes d’éducateurs familiaux en CDI et d’aides familiales en CDI et CDD. Cette réunion d’information se déroule à partir de 14h ce mardi, au Parc du Roy d’Espagne, suivie d’entretiens individuels.

    Situé au sud de la ville, près des calanques, ce village ouvert en 1972 est le plus grand du réseau SOS : onze maisons familiales, une maison commune et deux appartements accueillent actuellement 63 enfants dans un cadre « chaleureux et sécurisé ».

    L’accompagnement repose sur une équipe pluridisciplinaire de plus de 30 professionnels avec différents dispositifs (Maison des familles, Espace de transition pour les 14-17 ans, studios pour jeunes majeurs…).

    Inscriptions : mdavid@sosve.org.

    10, allée Yvon-Morandat (8e).

  • Les habitants de la Beaucaire, à Toulon, veulent du chauffage à tous les étages

    Les habitants de la Beaucaire, à Toulon, veulent du chauffage à tous les étages

    À la Beaucaire, 4 300 habitants répartis dans 1 761 logements, la question du chauffage revient chaque hiver. Mobilisés en 2023 contre la hausse de 40% des factures d’eau chaude et de chauffage, ce ne sont pas les prix -qui n’ont pas baissé- qui suscitent la colère des habitants cette fois, mais la température des logements. « Beaucoup de résidents ont froid. La situation est inégale selon les bâtiments, étages et appartements. Souvent, la régulation du chauffage collectif à 20°C (18 la nuit) ne permet pas d’atteindre 19°C », dénonce le Groupement d’action des locataires de la Beaucaire (Galb), qui a réuni trente personnes mercredi au pied de la tour 80. Alors que l’hiver s’installe, « dans les tours 78,79 et 80, le chauffage est hors-service dans les salles de bains depuis des années, provoquant des moisissures alors que les locataires payent. Dans les tours 81 et 82, des salles de bains sont sans chauffage malgré les travaux de 2023 », déplore le collectif. « Le radiateur de ma salle de bains, installé en 2012, ne fonctionne que depuis deux jours, grâce à de nouveaux travaux », note sa présidente, Sara Rozas Millan, 71 ans, locataire de la tour 81 depuis 27 ans.

    Ateliers de concertation

    Celle-ci dénonce une situation qui ne peut plus durer : « On a vécu ici avec beaucoup de problèmes, l’ascenseur notamment. On paye le chauffage au m² alors qu’on a des pièces non chauffées. On a de gros problèmes d’isolation. On veut un chauffage égal et constant pour tout le monde », lance cette ancienne aide-soignante à la retraite depuis deux ans. Mais aussi « pouvoir monter au-dessus de 19 degrés dans certaines pièces, et que les salles de bains soient enlevées des charges de chauffage pour les tours 78/79/80 », exige le groupement.

    Le bailleur social Toulon Habitat Méditerranée (THM), que le Galb doit à nouveau rencontrer le 9 décembre, indique, via son directeur de la gestion urbaine Julien Amoruso, que « la sonde extérieure, qui sert à réguler, déclenche le chauffage selon la température mais celui-ci ne se ressent pas de suite. J’ai demandé aux services techniques d’anticiper, il y travaille. »

    Selon lui, les travaux entrepris ne sont pas vains : « Des relevés dans des logements indiquent entre 19,5°C et 22,7°C. Les désordres sont localisés. L’amélioration des courbes de température gérées par le prestataire a permis de réchauffer. » Quant à l’isolation, « les DPE sont classés C à 70%, le reste D. On ne peut signaler une mauvaise isolation. Néanmoins, le ressenti ne se règle pas techniquement mais en écoutant les besoins. On peut ajuster la température selon les heures passées à domicile. C’est ce qu’on veut proposer via des ateliers de concertation. En réhabilitation, on planche sur un plan stratégique du patrimoine pour redéfinir les besoins au regard de la vétusté des bâtiments. La Beaucaire sera sûrement prioritaire », conclut Julien Amoruso.

  • Deux cents cheminots attendus en gare d’Alès pour défendre la ligne

    Deux cents cheminots attendus en gare d’Alès pour défendre la ligne

    La défense du rail s’arrête en gare d’Alès vendredi 28 novembre. Comme elle l’a déjà effectué dans plusieurs villes de la région, la CGT cheminots organise un village avec une dizaine de stands consacrés aux associations d’usagers pour échanger sur l’avenir du rail de 10 à 15h. « Il y aura des associations d’usagers du Gard, de l’Hérault, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales avec deux cents cheminots rassemblés sur la défense du service public et sur la réouverture des lignes. Le but, c’est aussi d’occuper le terrain et de présenter chaque association et son travail », détaille Éric Bringuier, le nouveau secrétaire général de la CGT des cheminots de Montpellier.

    Avec cette rencontre, la CGT veut favoriser le dialogue entre les cheminots et les associations d’usagers pour qu’elles présentent leur travail et réfléchissent à des moyens d’action communs. « Cet événement revendicatif s’inscrit dans une démarche nationale de la fédération CGT des cheminots pour développer le service public ferroviaire et notamment le maintien des lignes de desserte fine du territoire comme celle d’Alès-Bessèges, la ligne des Cévennes, ou la Rive droite du Rhône », confirme Olivier Mauras, de la CGT d’Alès.

    La CGT veut en profiter pour rappeler un certain nombre de points comme le retour à « une entreprise unique et intégrée » ou le fait de repasser la gestion des lignes régionales à l’État et non à la Région comme c’est le cas aujourd’hui. « Même si nous avons une Région pro ferroviaire avec un vice-président Jean-Luc Gibelin (PCF) qui est pro ferroviaire, nous sommes opposés que ce soit les Régions qui prennent en charge les lignes parce que selon les Régions, il y aura une disparité de l’offre ferroviaire. Ça veut dire qu’on n’assure pas des services publics sur l’ensemble du territoire », explique Éric Bringuier.

    Après cette phase de rencontre devant les gares où un repas convivial est aussi prévu le midi, la CGT souhaite passer à une nouvelle phase à la rentrée 2026 en étant notamment reçue par le préfet de région pour lui faire part de ses revendications. « La deuxième étape se fera par site au premier semestre 2026 pour peser sur les réouvertures de ligne et démontrer leur utilité. Nous avons fait des études sur les lignes avec une analyse du nombre de voyageurs qui pourraient les emprunter, le nombre de voitures que l’on pourrait remplacer et même les coûts induits. Le but c’est d’inciter l’État à s’investir », poursuit le syndicaliste.

    Soutenir la réouverture de la ligne Alès-Bessèges

    Ce rassemblement aura aussi pour but de rappeler la nécessité de la réouverture de la ligne Alès-Bessèges retardée et désormais prévue en deux phases avec le lancement d’Alès-Saint-Ambroix à la fin 2028 puis la poursuite jusqu’à Bessèges fin 2030. « Nous voulons expliquer aux usagers où en est la réouverture de cette ligne et les alerter sur la situation. En 2018, il y avait déjà des contraintes environnementales mais depuis, tous les ans, il sort de nouvelles contraintes. Maintenant, il y a des problèmes avec les passages à niveau. Dès qu’on règle un problème, il y en a un nouveau qui apparaît », s’agace Thierry Ferré, responsable du collectif de défense de la ligne Alès-Bessèges qui a organisé plusieurs tractages fin novembre sur les marchés de Bessèges, Molières et Saint-Ambroix ainsi que dans les villages le long de la ligne des Cévennes (Villefort, Génolhac, la Grand-Combe et Chamborigaud). Le but là aussi était d’informer la population sur le retard pris sur la réouverture de cette ligne qui s’appuie pourtant sur le même tracé qu’avant 2012.

    « La ligne Alès-Bessèges est très attendue. Il y a beaucoup de potentialités avec cette ligne », confirme Éric Bringuier. En effet, entre les possibilités autour de la filière bois qui se développe à Bessèges et la desserte des lycées alésiens, cette ligne où sept allers-retours sont prévus par jour, pourrait désenclaver des zones particulièrement touchées par la désindustrialisation. « Il y a un potentiel énorme sur la vallée de la Cèze. Il y a une forte demande parce que c’est une des vallées les plus pauvres du Gard avec beaucoup de retraités et de personnes en difficulté. En plus, il y a la halte d’Alès, du lycée Jean-Baptiste-Dumas, qui permet d’amener les élèves. Cela permettrait ensuite de déployer les bus autrement. Si l’on prend un bus scolaire qui dessert par exemple Saint-Ambroix au lycée d’Alès, on pourrait enlever ce bus pour le mettre de Saint-Ambroix à Saint-Jean de Maruejols et faire du rabattement sur la gare de Saint-Ambroix. Ça permettrait de multiplier les rotations avec la même enveloppe budgétaire », ajoute Thierry Ferré.

    Le militant du rail veut en effet peser sur l’État pour que celui-ci accélère sur les études environnementales. Le collectif de défense de la ligne Alès-Bessèges a de son côté prévu d’être à l’initiative d’une action en avril 2026.

  • [Témoignages] Centrale de Gardanne : les trois premiers salariés de Provex ont signé

    [Témoignages] Centrale de Gardanne : les trois premiers salariés de Provex ont signé

    Bouziane Berraoud

    Avant d’être licencié du site en 2021, Bouziane Berraoud occupait depuis 2012 un poste de garde, employé via un sous-traitant de Gazel Énergie. Avant sa reprise, le 1er décembre, il passe par la case formation, et espère intégrer un poste de « rondier » pour la société Provex.« Je le pense en tout cas ! Le but est d’être un agent qui fait des rondes pour surveiller l’installation et faire remonter l’info à son supérieur, explique Bouziane Berraoud. Avant d’être rembauché, j’ai été au chômage. En parallèle, les camarades travaillaient sur le projet. Il fallait être sur les clous », retrace ce travailleur. Il ajoute : « Cette période a été très très compliquée. Je me suis retrouvé à vivre avec 55% de mon salaire de base, avec un crédit immobilier sur les bras. ça a été un sacré calvaire. »

    CDI en poche, Bouziane Berraoud se dit « satisfait » : « Mais je le serais encore plus quand tous mes camarades auront signé leur contrat. La vraie victoire aurait été de signer tous ensemble, aujourd’hui, pour faire une belle photo. Mais on est obligés de faire comme ça, puisqu’on n’a pas tous été licenciés en même temps. »

    Nicolas Auclaire

    Nicolas Auclaire, arrivé en 2015 à Gardanne, était responsable du démarrage de l’installation de la centrale et de son fonctionnement, avant d’être licencié en 2021. Après avoir perçu son congé de classement (CAS) pendant neuf mois, cet employé de Gazel a ensuite été appelé en Lorraine pour travailler sur le redémarrage d’une centrale. Son CAS a repris à son retour. Sans la signature de ce nouveau contrat, Nicolas Auclaire se serait retrouvé au chômage dès le 30 novembre, date de fin du CAS.

    Avant ce jour, Nicolas Auclaire était actif au sein de l’Association des travailleurs de la Centrale de Gardanne (ACTG), même à distance. « C’est une grande satisfaction de signer ce nouveau contrat. Ces quatre dernières années ont été difficiles pour tous les salariés, qui ont subi ce licenciement, surtout pour les familles aussi. C’est un soulagement, vraiment », rapporte ce salarié, qui attend lui aussi d’entamer une formation avant de connaître le poste qu’il occupera à partir du 1er décembre. « Je suis fier de mes camarades, qui nous ont permis de signer ce contrat », ajoute-t-il.

    Quant à la sensation de faire partie des trois premiers ? « ça fait bizarre, on est en tête de ligne, on attend nos copains qui vont arriver dans quelques jours. »

    Khalil Saidi

    Avant d’être licencié en 2021, Khalil Saidi, dans les mêmes modalités que Bouziane Berraoud, occupait depuis 2012 un poste de garde sur la centrale, via un sous-traitant de Gazel Énergie. « Avec Bouziane, on a vécu la même chose », pointe Khalil Saidi. Après plusieurs années de chômage avec un salaire réduit de moitié, ce salarié confie avoir traversé une période « très difficile, très dure », sans s’attarder sur les détails.

    « De mon côté, j’ai toujours eu espoir dans le projet des camarades de la CGT. J’ai gardé la foi. Je pensais même qu’il prendrait un peu plus de temps (à aboutir), que notre situation allait durer », poursuit le salarié. Il souhaite, à l’issue des formations proposées avant la reprise, le 1er décembre prochain, obtenir un poste de « rondier dans la gazéification », lui aussi. « Un nouveau poste, pour une nouvelle vie ! Je suis très satisfait aujourd’hui, même s’il y a une toute petite méfiance. »

    Il indique que, désormais, les modalités du contrat sont équivalentes, « voire meilleures » que lors de son précédent contrat. Le salaire a lui aussi été augmenté dans ce nouveau CDI. « Il y a quand même une petite pression à reprendre le travail, on ne va pas se mentir. Mais, je dirais que c’est une pression de joie », conclut Khalil Saidi.

  • Les Minots disposent d’un complexe flambant neuf

    Les Minots disposent d’un complexe flambant neuf

    Au cœur du quartier Corot, dans le 13e arrondissement de Marseille, se cache désormais un trésor bien gardé. Celui d’un complexe sportif flambant neuf, nommé en hommage à Félix-Weygand, militant syndicaliste et Résistant, qui va profiter à l’association des Minots de Marseille. Cette dernière est née en 2020 de la fusion des clubs du CA Saint-Just et de l’USC Minots du Panier. L’association y dispose de son siège, son bureau administratif et son club-house, permettant d’accueillir chaque semaine ses 610 adhérents pour des rencontres et des entraînements.

    En plus du terrain de football à onze déjà existant, le site s’enrichit d’un nouveau terrain annexe, dédié à la pratique du football à huit, et d’un nouveau terrain de futsal en plein air, unique à Marseille. Il a été co-financé par la Ville de Marseille, la Fondation Treizième Homme de l’Olympique de Marseille représenté par le président Pablo Longoria, la Fondation CMA CGM et la Ligue Méditerranée de Football, représentée par Éric Borghini. Avec la rénovation des vestiaires, de la tribune et des deux terrains synthétiques, la Ville de Marseille a investi près d’1,5 million d’euros pour finaliser le complexe, comptabilisé parmi les 28 équipements sportifs rénovés ou reconstruits depuis 2020.

    « Les éducateurs

    nous comprennent »

    « On est très fiers d’être doté de telles infrastructures », se réjouit Guillaume Boina, président des Minots de Marseille, le club qui compte le plus de licenciés en futsal au sein de la cité phocéenne. « Notre objectif, aujourd’hui, est de pérenniser nos activités, parce qu’on a évolué très vite. Nous mettons un point d’honneur à être un acteur social important dans la vie de notre territoire via des actions que nous réalisons, comme des forums pour l’emploi avec des acteurs du monde sportif », souligne le dirigeant, animé par le désir de permettre aux jeunes des quartiers avoisinants de devenir « de bons citoyens ».

    « Le sport est le meilleur vecteur d’insertion sociale pour nos jeunes, surtout quand on connaît la délinquance présente dans notre ville », martèle Salim, éducateur socio-sportif en charge de la catégorie U9 (moins de 9 ans), conscient que le football a permis à certains de connaître une autre vie et, ainsi, « s’éloigner du mauvais chemin ».

    « Le football, ça commence petit et ça commence dans de la dignité. On y apprend la vie, mais on doit l’apprendre dans de bonnes conditions. Pour nous, les conditions dans lesquelles on apprend le football sont essentielles », développe Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille, fier de « refaire ce qui avait été laissé comme ça, de manière un peu indigne », pour la jeunesse phocéenne.

    « Pendant des années, ce côté social s’est éteint et, aujourd’hui, les clubs de foot arrivent à raviver cette flamme-là. C’est important d’utiliser ce sport populaire et aimé de tous pour pouvoir aider un maximum de jeunes et les tirer vers le haut », ajoute Salim, lucide sur le fait qu’une association comme les Minots de Marseille dépasse les frontières du sport. Le club s’investit au quotidien dans de nombreux projets sociaux comme l’aide aux devoirs, des formations d’encadrement et d’arbitrage, des actions solidaires, ou encore à travers des opérations de sensibilisation pour la lutte contre le harcèlement et la violence dans le sport. « Les éducateurs nous comprennent », insiste Jawad, 13 ans, reconnaissant du travail qu’accomplissent les éducateurs au quotidien. Salim était son entraîneur, il y a quelques années, et a eu un impact dans sa vie. « C’est comme mon grand frère », lance le jeune homme.

  • La grève pour les salaires à Aubagne débouche sur un rendez-vous

    La grève pour les salaires à Aubagne débouche sur un rendez-vous

    Il est un peu plus de 11h et les salariés de l’Association régionale d’aide aux infirmes moteurs, cérébraux et aux polyhandicapés (Araimc) en grève pénètrent, en silence, dans l’Espace des Libertés où se tient la journée de l’association. Après les avoir accueillis par une brève allocution, Augustin Moyolo, le directeur général de cette association qui gère 4 établissements dans le secteur médico-social, Saint-Thys, les Violettes, Decanis à Marseille, et la Gauthière à Aubagne, leur demande si quelqu’un veut prendre la parole. Les salariés alors, toujours en silence, lui tournent le dos et s’en vont… Ambiance.

    Depuis 10h du matin, les grévistes et les délégués syndicaux (DS) de la CGT se sont massés devant l’Espace des Libertés. Sophia Meberki, DS aux Violettes, a lancé : « Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous faisons grève, c’est à cause du mépris de la direction. » Dans la foule, les pancartes brandies donnent le ton : « Ma pancarte est pourrie, mon salaire aussi ! ». « L’engagement on l’a, la reconnaissance on l’attend ! ».

    Grève très suivie

    aux Violettes

    Une des principales revendications de la CGT porte en effet sur les salaires. « On était prêts à une revalorisation même minimale, avec par exemple plus 7 euros pour les plus bas salaires », expose Sophia Meberki. « La direction nous dit qu’elle n’a pas d’argent, mais dans le même temps elle a acheté un nouveau siège social à Gémenos à plus d’un million d’euros… », épingle-t-elle. En milieu de matinée, Bernard Cresta, DS CGT central, annonce « 95% de grévistes aux Violettes, 45% à la Gauthière, 30 à 40% à Saint-Thys, 90% lors du débrayage d’une heure trente à Decanis ».

    Accompagnante éducative et sociale aux Violettes, Esther, 47 ans, témoigne : « On se donne corps et âme pour un salaire avec lequel on n’arrive pas à boucler les fins de mois. On fait des heures supp’. On voudrait de la reconnaissance, qui passe entre autres par la revalorisation salariale. » Joint par téléphone, Augustin Moyolo, directeur général de l’Araimc, a argué : « La CGT demande à ce qu’on augmente les salaires de tout le monde, avec un coefficient multiplicateur appliqué chaque année. Mais en 2025, nos établissements sont en déficit d’activité. On ne peut pas donner cette prime. Notre financement repose sur les subventions de l’Agence régionale de santé et du conseil départemental. Et je ne peux pas déroger à la convention collective. Chaque année on essaie de faire quelque chose au niveau social, mais on ne peut pas mettre en difficulté notre association. » Quant au nouveau siège social, « il a été financé avec nos fonds d’investissement pour améliorer les conditions de travail des salariés ».

  • Marcher pour défendre les associations féministes

    Marcher pour défendre les associations féministes

    « On sait que si l’on continue à baisser les moyens des associations et des services publics, le nombre de féminicides va remonter. » Sur l’esplanade Gisèle-Halimi, un lieu qui n’a pas été choisi par hasard, Alexandra Brochus du Collectif 13 droits des femmes, martèle la nécessité des associations dans la lutte des violences faites aux femmes. À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’encontre des femmes, organisations féministes, syndicats et partis politiques appellent à manifester ce samedi, à 14h en bas des escaliers Saint-Charles.

    Un rendez-vous immanquable pour les collectifs féministes. « Dans ce contexte de politiques budgétaires austéritaires, on se doit d’être au rendez-vous », insiste Alexandra Brochus. Le nouveau projet de loi de finances de 2026 prévoit, en effet, une coupe d’un milliard d’euros dans les subventions aux associations. Un non-sens pour les militantes, pour qui ces structures sont souvent un refuge pour les femmes victimes de violence. « Elles sont indispensables, parce qu’elles comblent les carences de l’État », affirme Isabelle Marilier, membre de Genre et altermondialisme.

    Associations fermées, femmes en danger

    Des coupes budgétaires qui mettent en danger de nombreuses structures d’accompagnement des victimes, comme les Plannings familiaux ou les Centres d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) qui connaissent régulièrement des difficultés. Le CIDFF d’Arles avait par exemple été menacé de fermer l’été dernier à cause du manque de moyens. Des structures qui permettent pourtant aux femmes victimes de violences d’avoir un accompagnement juridique, social et psychologique. Les militantes réclament également plus de moyens alloués à la « prévention, la justice et les services publics », précise Alexandra Brochus. Notamment 3 milliards d’euros pour la mise en œuvre de l’éducation à la vie affective relationnelle et à la sexualité, qui donne les clés aux filles et aux garçons pour repérer et éviter les comportements dangereux. Une marche « pour toutes les femmes, de tous les pays et toutes les religions et contre toutes les formes de violences », lance-t-elle.

    Des violences dont le narcotrafic est parfois l’auteur. « C’est pourquoi quand on a appris la date de la marche pour Mehdi Kessaci, nous avons tout de suite pris contact avec les organisateurs pour que nos deux marches se rejoignent », indique Pascaline Lécorché, représentante de Place publique à Marseille. Le jeune homme, frère du militant écologiste Amine Kessaci engagé dans la lutte contre le narcotrafic, a été tué jeudi dernier dans ce qui s’apparente à un meurtre d’intimidation d’après les dernières avancées de l’enquête (lire pages 2 et 3). « Les mères dans ces quartiers sont souvent les premières actrices locales mais aussi des victimes de cette violence », se désole Alexandra Brochus.

    Les rendez-vous

    Aubagne

    Samedi 22, à 10h30 sur le cours Beaumont.

    Draguignan

    Samedi 22, 11h, place Cassin.

    Salon-de-Provence

    Samedi 22, 17h, à la mairie.

    Avignon

    Samedi 22, 15h, à la gare.

    Marseille

    Samedi 22, 14h, gare Saint-Charles et mardi 25, 18h30, place de la Joliette.

    Toulon

    Mardi 25, 18h, palais de Justice.

    Arles

    Samedi 29, 16h, place de la République.

  • Pour remettre en piste le sport à l’école

    Pour remettre en piste le sport à l’école

    La semaine de l’EPS a été lancée ce lundi 17 novembre et se poursuit jusqu’à vendredi. Ce dispositif a été initié par le Syndicat national de l’éducation physique (Snep-FSU) pour alerter sur le manque d’activités des enfants français. Un slogan simple a été créé pour l’occasion : « Plus d’EPS, moins d’inégalités ».

    En effet, ce syndicat met en avant les nombreuses inégalités liées à la pratique sportive chez les jeunes. Elles sont d’ordres social, territorial, de genre ou encore liées au handicap. Par exemple, en France, le taux d’équipements sportifs pour 10 000 habitants est en moyenne de 42,7. Certains départements sont en dessous de 20, avec notamment la Seine-Saint-Denis à 16,1. D’après les chiffres de Santé publique France, 33% des filles atteignent les recommandations d’activité physique contre un garçon sur deux. Une autre donnée est à souligner, celle des 15-24 ans pratiquant une activité sportive au moins une fois par semaine. 68% de cette tranche d’âge en avait au moins une en l’an 2000. Ce chiffre est descendu à 39% quinze ans plus tard. Quant à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle place la France au 119e rang (sur 146) en matière d’activité physique des jeunes à l’échelle mondiale. Un classement parlant pour mesurer où devraient se placer les jeunes Français et leur place réelle à l’heure actuelle. Le Snep-FSU s’impatiente également à propos d’un héritage des Jeux olympiques et paralympiques 2024 qui « se fait toujours attendre ».

    Les promesses faites pour l’après-JO (activité physique quotidienne en primaire, 2 heures de plus en collège, tests physiques en 6e) ne sont toujours pas tenues. Le syndicat national explique que les récentes mesures gouvernementales s’éloignent même de plus en plus des objectifs. « La baisse du budget du sport pour le plus grand nombre dans le PLF 2026, la fin du Pass’Sport pour les
    6-13 ans ou les suppressions de postes d’enseignants, entraînent des régressions inadmissibles. Pour développer la pratique sportive, il faut renforcer l’EPS
     ! », alerte-t-il.

    Chute du budget

    et mesures proposées

    Le budget du ministère des Sports était en forte baisse à la suite des JO parisiens. Annoncé à 1,81 milliard en 2024, il est descendu à 1,578 milliard l’année suivante. Une réduction de près de 15%, qui a largement irrité les différentes fédérations nationales, l’Agence nationale du sport et le CNOSF.

    Le but de cette semaine est donc de sensibiliser les plus jeunes et leurs parents aux bienfaits du sport, mais aussi de l’état de la pratique à l’école dans le pays. Les enseignants spécialisés proposent six mesures pour relever le niveau et se rapprocher des autres pays occidentaux. Parmi elles, passer à 4 heures d’EPS de la 6e à la terminale, recruter 1 500 professeurs par an ou encore construire et rénover 200 piscines et gymnases écoresponsables. Force est de constater que le travail est encore colossal dans ce domaine, bien que l’engouement autour des Jeux olympiques 2024 sur le sol français était conséquent.