Tag: Social

  • Le syndicat CGT Carrefour Aix alerte sur des conditions de travail risquées

    Le syndicat CGT Carrefour Aix alerte sur des conditions de travail risquées

    Dans un post republié sur ses réseaux sociaux, la CGT Carrefour Aix-en-Provence notifiait avoir signalé sa direction d’un « droit d’alerte pour danger grave et imminent » (DGI), ce mardi 10 février. Le courrier, indiquait que les salariés étaient confrontés à « une surcharge de travail constante, une intensification des rythmes de travail, une impossibilité de récupération effective, une pression organisationnelle accrue ». Une situation entraînant, toujours selon le courrier du syndicat, une « dégradation manifeste des conditions de travail et expose les salariés à des risques psychosociaux élevés ».

    Un DGI finalement levé

    « Sur la quasi-totalité de la surface de vente il y a de gros problèmes en termes d’effectif : Carrefour a mis un très gros coup de frein sur les frais de personnel aujourd’hui on est au bout du bout. De mémoire, on avait 685 salariés en 2024, en fin 2025 on est tombés à 625 [à Aix, Ndlr] », rapportait Patrick Ait Aissa, pour la CGT Carrefour. Exemple, « l’équipe PGC (produits grande consommation) ou l’on a sept personnes en arrêt maladie, sur une équipe de vingt-huit personnes. Tous les matins, il y a donc huit, neuf, voire dix rayons qui ne sont pas couverts ». Un comité social et économique a donc été réuni, ce mercredi 11 février. À l’issue duquel, l’alerte a été levée. Pour cause, deux des trois syndicats de l’entreprise, rapporte la CGT, ont voté pour la « levée » de cette mesure, sans pour autant être en désaccord. « On ne peut pas laisser les équipes dans l’état dans lequel elles vivent depuis des semaines », poursuit Patrick Ait Aissa.

    De son côté la direction de Carrefour, contactée par La Marseillaise, rappelle être « particulièrement attachée au dialogue social ». Pour répondre au sous-effectif dénoncé et « afin de pallier des absences liées à des arrêts maladie, la direction a immédiatement pris les mesures nécessaires en recrutant des intérimaires », ajoute-t-elle. « Malgré ces actions rapides, la CGT a choisi de déposer une alerte pour danger grave et imminent. Celle-ci a été examinée lors de la réunion du CSE (…) et à l’issue des échanges, la majorité des membres du CSE ont considéré que les actions prises par la direction étaient suffisamment sérieuses », conclut-elle.

  • Les vies avant les profits

    Les vies avant les profits

    C’est une bataille qui a fait beaucoup trop de morts. La lutte pour la reconnaissance des maladies professionnelles causées par l’exposition à l’amiante et à d’autres substances toxiques progresse. D’importantes victoires ont été remportées dans notre région sur ce sujet, grâce à la mobilisation collective et à l’opiniâtreté de travailleurs qui ont été confrontés à ces fléaux et qui ont fait admettre le « préjudice d’anxiété ».

    Cette notion, reconnue par la justice depuis une quinzaine d’années, permet de dédommager des travailleurs qui ont été exposés à des matières nocives et qui vivent dans l’angoisse de développer une maladie grave comme nombre de leurs collègues disparus.

    Démarche collective

    C’est le sens de la démarche collective menée par 180 travailleurs de la pétrochimie. Dans une France où les Comités d’hygiène, de sécurité et conditions de travail (CHSCT) ont été supprimés pour complaire au patronat, cette action a le mérite de remettre au cœur de l’actualité la santé au travail.

    Alors que l’industrie doit profondément changer pour répondre à l’exigence de décarbonation, elle pose aussi une série de questions de fond : produire pour quoi, pour qui, dans quelles conditions ?

    La protection des travailleurs ne peut s’entendre qu’à l’échelle globale. Elle percute le dogme libéral du moins-disant social et environnemental.

    Oui, les vies doivent être placées avant les profits. C’est une bataille qui ne peut se mener que sur le terrain judiciaire.

    C’est une prise de conscience profonde de la nécessité de changer de mode de production.

  • La CGT se mobilise dans les Hautes-Alpes pour soutenir les saisonniers

    La CGT se mobilise dans les Hautes-Alpes pour soutenir les saisonniers

    Un an après la venue de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, au front de neige de Vars, le syndicat poursuit son soutien aux saisonniers, ce vendredi à 10h. « Tous les ans, on tient un stand sur un parking. On tourne en équipe et on va dans les boutiques qui entourent Vars. Parfois, on envoie des camarades sur les pistes quand on est assez nombreux, ils vont à la rencontre des restaurants d’altitude et des perchmans », confie Julien Bouillé co-secrétaire de la CGT des Hautes-Alpes.

    Les résultats du rapport de l’Institut de recherche économique et sociale (Ires), paru en 2024, indiquent que les saisonniers sont en situation de fragilité. D’abord du côté du logement. « Comment prétendre à la propriété d’un logement avec un statut de saisonnier aujourd’hui ? Comment accéder à la location avec des alternances d’emploi et de chômage ? », interroge l’Institut. Cette fragilité s’observe aussi du côté de la santé. L’Ires constate : « Avec une couverture santé discontinue et des changements de territoires réguliers ne permettent pas un suivi médical régulier. » L’Institut évoque aussi « certaines personnes au RSA durant l’intersaison depuis plusieurs années, y compris en travaillant en saison ».

    Un guide pour accompagner

    Julien Bouillé explique : « Souvent, ce sont des jeunes travailleurs qui arrivent dans le monde du travail. Ils font le choix du travail en saisonnalité pour peut-être se sentir plus libres, mais sont souvent assez peu renseignés. » Selon le syndicat, 65% des travailleurs saisonniers affirment ne pas connaître leurs droits. Face à ce constat, la CGT propose « un guide des saisonniers » pour informer ces travailleurs de leurs droits et leur « proposer un accompagnement concret ». Le rapport de l’Ires rappelle que les saisonniers sont très souvent exposés à la pénibilité du travail, ne sont que rarement suivis par la médecine du travail, mais semblent avoir intériorisé cette situation et n’en font pas un sujet de revendication.

    Julien Bouillé dénonce : « Souvent, les garants des notions de ressources humaines pour les petites entreprises, ce sont les comptables. Un comptable à une formation comptable, pas RH, et ça pose un problème. » Les saisonniers travaillent sur la base de contrats à durée limitée et bénéficient d’une protection sociale régie par la règle du contrat de travail stable à temps plein, alors que leur travail est par essence discontinu. Comme le rappelle le syndicaliste, « un saisonnier aujourd’hui est soumis à la même législation qu’un travailleur non saisonnier, mais il n’a pas la prime de précarité, et une saison dans les Hautes-Alpes dure quatre mois, alors qu’il faut six mois de travail que pour pouvoir bénéficier des droits au chômage ».

    Pour Julien Bouillé, c’est la même problématique qui touche tous les travailleurs : « Il faut une prise de conscience des situations à risque auxquelles ils sont exposés dans les entreprises où ils peuvent être malmenés. » La CGT continue de demander la création d’un statut de saisonnier qui permettrait de reconnaître la particularité de l’activité et de réfléchir à de nouveaux droits pour ces salariés. Il insiste sur le collectif : « Il faut qu’on leur fasse comprendre que l’adhésion à la CGT leur permet aussi de connaître leurs droits. Ça donne accès à des formations et à un collectif. C’est ça le plus important, parce qu’un saisonnier est parfois seul. »

  • Sète, le logement au cœur de la campagne

    Sète, le logement au cœur de la campagne

    Tourner la page de la droite affairiste de François Commeinhes et offrir de nouvelles perspectives aux Sétois. Tel est le pari des progressistes de l’île singulière qui fut dirigée par la gauche de 1996 à 2001 avec François Liberti (PCF).

    Vingt-cinq ans de droite plus tard, Sète a conservé des atouts : son lido, ses fêtes et festivals, son port développé par la Région… Mais les difficultés l’assaillent. Avec un taux de chômage de 12,7% et un revenu moyen d’à peine 19 960 euros, la précarité a explosé. Le narcotrafic gangrène l’île de Thau. Si Sète regagne des habitants depuis 2024, beaucoup sont retraités : 32% des Sétois le sont, ce qui élève la moyenne d’âge (48 ans au lieu de 37 ans à Montpellier) et réduit la part des actifs (35,5% contre 45%).

    Le logement semble être le nœud du problème, lié au succès touristique de la ville. Il est devenu inaccessible car trop rare et inadapté aux revenus modestes de la population. « On a construit pour les investisseurs, pas pour répondre aux besoins réels », regrette Laura Seguin. Résultat : « Beaucoup de jeunes ne peuvent plus se loger à Sète à l’année », pointe la tête de liste « Nouvelles pages pour Sète ». Soutenue par le PCF, LFI, Les Écologistes, Génération.s ou le Parti occitan, sa liste citoyenne qui assume ses valeurs de gauche promet de « réguler les meublés de tourisme type Airbnb » en instaurant des « seuils » par quartier. La loi Le Meur permet aussi de « réserver les constructions neuves à la résidence principale ». Laura Seguin souhaite accroître l’offre de logements sociaux « à l’échelle de l’Agglo » et faciliter l’accession à la propriété via le bail réel solidaire (BRS). Enfin, la tête de liste veut « mettre l’accent sur la rénovation urbaine du bâti ancien en faisant des avances des aides de l’Anah aux propriétaires ».

    Leurs mesures concrètes

    Soutenu par le PS, Place Publique, le PRG, Génération Écologie et l’Engagement, Sébastien Denaja fait lui aussi du logement une priorité. L’ancien député PS prône des « quotas par quartier » pour les Airbnb et la réduction de la durée de mise en location saisonnière de 120 à 90 jours. « On veut s’inspirer de Michaël Delafosse à Montpellier ». Il compte sur le BRS ou le prêt social location-accession pour favoriser l’accès à la propriété. Il propose des « prêts municipaux à taux zéro et l’interdiction des résidences secondaires dans les programmes neufs ». Sa liste à 80% citoyenne « Sète, allons ensemble » qui va, dit-il, « de la gauche républicaine aux centristes humanistes », a l’intention de construire du logement social. Pour favoriser le « turnover » dans le parc public, Sébastien Denaja compte sur une « bourse d’échange entre locataires, des déménagements clé en main pour les seniors ou un encadrement des loyers temporaires ». Mais pour le conseiller régional PS, « le logement se réglera d’abord par le travail ». « La création d’emplois c’est la base. » S. Denaja mise sur le développement de l’économie portuaire, imagine une « technopole de l’économie bleue » et un tourisme mieux réparti sur l’année.

    De son côté, Laura Seguin veut freiner le « tout tourisme », qui « confisque une partie de l’espace public, produit de l’emploi saisonnier précaire ainsi qu’une dépendance à la voiture ». La chercheuse en sociologie veut repenser le quartier Est pour l’économie en « favorisant l’installation d’entreprises culturelles et créatives », des métiers d’avenir dans la transition écologique, l’économie sociale et solidaire, le recyclage des déchets ou l’économie maritime (entretien des bateaux). Face à la crise conchylicole, elle propose de créer un espace dégustation au port du Barrou et de « protéger l’étang en investissant dans les réseaux d’assainissement défaillants ». Enfin, Laura Seguin mise sur la commande publique pour créer de l’emploi grâce aux retours en régies (lire ci-dessous).

    Sur le volet social, S. Denaja promet un « grand plan contre la solitude et l’isolement ». Il veut « recréer du lien en ville » via des maisons pour tous, des bancs, des abris bus avec toit, des petits terrains couverts de pétanque ou encore un « foyer de restauration intergénérationnel en cœur de ville ». Pas de « projet pharaonique », les finances étriquées de la Ville (+30% de dette en 6 ans) nécessitant du « sérieux » dit-il. L. Seguin assure, elle, avoir les marges de manœuvre (150 000 euros) pour offrir la cantine à « tous les enfants » et vise la gratuité des transports en commun. « On le défendra à l’Agglo. »

  • [Entretien] Zigo : « Il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social »

    [Entretien] Zigo : « Il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous appelé ce nouvel album « Atlas » ?

    Zigo : Quand on cherche un nom d’album, on cherche toujours un mot qui puisse être international, c’est-à-dire compris dans toutes les langues. Mais on cherche aussi un mot qui donne la couleur de l’album. Comme c’est un album qui appelle au voyage et qui a une certaine ouverture musicale, on trouvait que l’Atlas, qui peut renvoyer à l’image d’une carte, de montagnes au Maroc ou du titan de la mythologie grecque qui porte le monde sur son dos, correspondait bien à cet album.

    Depuis 30 ans vous signez des morceaux engagés pour la tolérance, comment voyez-vous la société évoluer  ?

    Zigo : On constate la banalisation du racisme et de l’extrême droite. La mutation du cercle politique français est incroyable et pour nous qui prônons la mixité culturelle et qui arborons fièrement notre mixité culturelle et sociale, c’est effrayant. Il y a eu un moment où on a eu l’impression que le monde changeait, mais ces dernières années, il y a un retour assez terrifiant. Ce qui nous rassure, c’est d’entendre nos chansons dans les manifestations et qu’il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social.

    Vous parvenez pourtant à construire un album qui reste solaire…

    Zigo : On ne voulait pas que l’album soit plombant. On voulait qu’il soit joyeux, on pensait faire un truc plus ensoleillé. Mais, finalement, l’actualité a fait qu’on a eu du mal. Le climat social déteint toujours sur notre musique et là, on a franchement été servis. L’écriture est tombée en pleine guerre en Ukraine, en Palestine, avec le retour de Trump… C’est compliqué de sortir du marasme international. On a quand même réussi à mettre des morceaux un peu plus légers et plus positifs. Mais on n’a pas atteint ce qu’on espérait en termes de positivité.

    Repensez-vous le rôle de la culture dans ces moments troubles ?

    Zigo : Oui, on s’interroge tout le temps mais la meilleure réponse, nous l’avons en concert parce qu’on ne combat que dans la joie et le positif. Quand on voit dans nos tournées autant de personnes prendre le temps d’aller à un concert et de faire la fête, tout en abordant des sujets compliqués, des sujets de société qui sont loin de faire l’unanimité aujourd’hui, ça nous montre que tout n’est pas vain. Dans la nuit, une flamme, ça fait du bien. Les gens nous font beaucoup de bien et nous rassurent là-dessus. Notre récompense, ce ne sont pas les disques d’or, c’est de voir ce public avec le sourire.

    Quels messages vouliez-vous faire passer avec « Mémoires », le 7e morceau de l’album ?

    Zigo : C’est un morceau sur la colonisation qui est parti d’un texte de Bouchkour (l’un des chanteurs, Ndlr). Marcus Gad, qui est un artiste de Calédonie, a entendu ce morceau et ça l’a touché car c’est un sujet d’actualité en Nouvelle-Calédonie. Il a donc voulu y participer. C’est un morceau qui restera historique pour le groupe parce qu’il n’a pas de refrain et c’est le morceau le plus lent qu’on n’ait jamais composé. Il y a en toile de fond la colonisation et le poids et les désastres que ça engendre sur nos générations. Ce n’était pas le but mais quand on l’écrivait, c’était aussi le moment où la situation empirait à Gaza et on ne comprenait pas comment l’être humain n’était pas capable de se souvenir du passé. Ce drame-là transpire dans le morceau, qui restera un texte majeur de notre histoire.

    Comment jugez-vous l’évolution du reggae en France ?

    Zigo : Il y a toujours eu des hauts et des bas mais nous, ça fait trente ans qu’on est sur les routes. Toute notre tournée est déjà complète, c’est ahurissant. Sur nos trois premiers concerts, on constate aussi qu’il y a une nouvelle génération qui vient nous voir. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls à être complets, quand on voit Tryo ou Danakil par exemple, et ça fait vraiment beaucoup de bien, parce qu’on appartient à un style de musique à caractère social, donc ça veut dire que les gens ont encore envie d’entendre parler de ces sujets-là.

  • Le navire de croisière MSC Orchestra bloqué par les marins dans le port de Marseille

    Le navire de croisière MSC Orchestra bloqué par les marins dans le port de Marseille

    Deux bateaux de sauvetage, avec à leur bord des équipages des deux compagnies maritimes Corsica Linea et la Méridionale, bloquent actuellement le navire de croisière MSC Orchestra, au niveau de la passe nord du GPMM, à la suite du préavis de grève déposé par la CGT Marins.

    Ils dénoncent la décision de la Méridionale de vendre le Kalliste, navire emblématique de la délégation de service public entre Marseille et la Corse, à une société turque pour y être démantelé.

    Les marins estiment que ce bateau pourrait servir dans une stratégie de développement face à la concurrence déloyale des compagnies sous pavillon italien (GNV et Corsica Ferries) sur les lignes du Maghreb, et s’inquiètent d’une mise en concurrence de Corsica Linea et la Méridionale sur la desserte corse.

  • Martine Vassal déroule son programme pour Marseille

    Martine Vassal déroule son programme pour Marseille

    Pour ses vœux à la presse, la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, s’est voulue résolument offensive, préférant insister avant tout sur son programme. Non sans oublier tout de même de viser sa cible première, l’extrême droite, jusqu’à appeler au « vote utile » en sa faveur évidemment dès le premier tour.

    « L’ADN de cette ville n’est pas et ne sera jamais le RN », a-t-elle martelé d’entrée. Parce qu’à Marseille, « on vit les uns à côté des autres », qu’« elle ne supporte pas les replis identitaires et ceux qui, en politique, viennent d’ailleurs », analyse Martine Vassal. Si elle dit comprendre « la colère », elle en appelle à la « responsabilité des électeurs », sans pour autant donner de consignes de vote. « On n’est pas propriétaire des voix », assène-t-elle, éludant la question d’un éventuel retrait au second tour, persuadée qu’il y aura alors quatre candidats.

    Ce qui compte aux yeux de Martine Vassal, c’est de pouvoir confronter sa vision de la ville. Une Marseille « balnéaire » où les « 57 km de littoral » seraient rendus aux habitants, de l’Estaque à la Pointe Rouge, une Marseille tournée vers son port, l’international, avec le développement des data centers, capable de convaincre des investisseurs.

    Plein pot sur le tram

    Elle repose sa proposition de créer un conseil de développement économique, social, culturel, sportif… Sur les transports, ce sera du tout tramway, « quatre fois moins cher qu’un métro », avec un développement « en étoile » : de Saint-Marcel à Saint-Loup, de Saint-Antoine à la Bricarde, de la Belle de Mai à Saint-Jérôme, des Caillols à la Valentine, de la Blancarde à la Pointe Rouge, mais en oubliant la Corniche, car « il faut aller vite ». Tout cela étant faisable le temps du mandat, a-t-elle calculé. Pour les financements, elle promet d’aller « les chercher avec les dents », du côté de l’État, de la Région et de l’Europe. Et si celle qui est aussi présidente (DVD) de la Métropole, autorité organisatrice des transports, a « perdu du temps » jusque-là, c’est parce que dans certains quartiers, on lui a mis « des bâtons dans les roues ».

    Parce qu’elle a bien compris la leçon de son échec en 2020, où « on avait fait travailler des experts » et produit un glossaire de plusieurs centaines de pages, Martine Vassal le martèle : elle a construit son programme « au fil des personnes qui [la] rejoignent » et préfère le distiller savamment. Un « teasing » pour « accrocher » l’électeur. « Mais vous verrez, d’ici la mi-février, tout sera calé » et révélé affirme-t-elle.

  • L’aide aux élèves handicapés reste précaire : ils témoignent de leur quotidien

    L’aide aux élèves handicapés reste précaire : ils témoignent de leur quotidien

    Christel Stavros, AESH à Istres dans les Bouches-du-Rhône

    « Un statut pour pallier la pénurie »

    « Souvent, on se demande quelle est notre place dans l’équipe éducative. On a l’impression d’être des couteaux suisses. » Après 5 ans en tant qu’AESH dans le département, Christel Stavros, également membre de la FSU-Snuipp, a un regard critique sur ses conditions d’exercice « qui ne permettent pas d’accomplir ses missions ». Si elle précise que ça se passe bien dans son établissement, elle dénonce « des problématiques auxquelles ont fait toutes face ». « Le problème de fond, c’est notre statut, notre salaire, notre place dans l’enseignement. Nous sommes un vrai métier, donc on a besoin de vraies formations, d’un statut, d’une vraie rémunération. Si c’était le cas, il n’y aurait pas de pénurie car la profession serait attractive », explique-t-elle.

    Elle relate un quotidien où « le manque d’AESH mais aussi les conditions de travail ne sont pas à la hauteur des enjeux pour les élèves en situation de handicap ». Avant de développer : « L’enfant prend une place importante de par son besoin d’accompagnement. Pour certains, il faut avoir une attention permanente. » Mais l’absence de reconnaissance du métier provoque « une pénurie d’AESH ». « Ça a un impact sur la qualité de l’accompagnement. On prend beaucoup plus d’enfants à cause du manque d’AESH. Cela va jusqu’à 8 enfants, parfois 11, dans la semaine. » Le tout ayant « un impact sur la scolarité de l’enfant ». Elle résume le problème : « Pas assez d’AESH, pas assez de qualité d’accueil, pas d’inclusion réelle. »

    Amaury Baqué

    Julien Carboni, AESH à Toulon dans le Var

    « C’est un métier qui a du sens »

    Beaucoup de nos lecteurs connaissent déjà le militant des droits humains de tous les combats. C’est à travers sa profession d’AESH, qu’il exerce avec tout autant de passion, que nous présentons aujourd’hui Julien Carboni.

    « Je trouve que c’est un métier qui a du sens, très concret, puisqu’il s’agit le matin quand on arrive, d’accompagner un élève en situation de handicap et ce durant toute sa journée », analyse sobrement l’ancien président de la LDH. Un accompagnement, précise-t-il, dans ses habiletés sociales, et dans ses apprentissages. La difficulté étant d’adopter la bonne posture qui n’est pas toujours évidente à saisir professionnellement. « Il faut savoir aussi se détacher parfois, respecter l’autonomie de l’élève, afin qu’il puisse faire tout ce qu’il peut faire, et surtout pas le faire à sa place. »

    L’accompagnant d’élèves en situation de handicap précise aussitôt qu’il faut en même temps être là quand la sollicitation se présente, y compris d’ailleurs quand la sollicitation n’est pas forcément verbalisée ou formulée, être là en appui.

    Une reconnaissance de ce travail qui existe essentiellement par les élèves et par les parents des élèves, précise Julien Carboni. Bref, il ne manque plus que celle de l’administration.

    Et d’ajouter : « Je pense qu’on mériterait d’être un corps de fonctionnaires, puisque nous en avons déjà les devoirs, il ne reste plus qu’à acquérir les droits. »

    En attendant avec 1 100 euros par mois, il faut avoir, comme Julien, soif de justice et d’égalité pour résister.

    Thierry Turpin

    Audrey Marinelli, AESH à Avignon dans le Vaucluse

    « Un premier contrat à 777 euros »

    Des élèves en situation de handicap accompagnés seulement une heure par semaine, c’est ce qui pèse le plus à Audrey Marinelli, AESH depuis 8 ans dans des établissements scolaires d’Avignon, syndiquée à la CGT Educ’action. Dans le département, 1 300 accompagnants tentent de s’occuper au mieux de 5 800 élèves. « C’est très compliqué à gérer au quotidien. On en a de plus en plus chaque année et parfois, on commence un accompagnement en septembre et on ne sait pas si ça va être le cas pour toute l’année », explique celle qui est également représentante syndicale Éduc’action de la profession sur le département. Et qu’« en aussi peu de temps, on ne couvre pas du tout les besoins d’un élève, ce n’est pas possible ». La proposition de loi visant à intégrer les AESH dans la fonction publique « permettra clairement d’avoir un meilleur suivi des élèves, avec un meilleur suivi de l’apprentissage », estime-t-elle. Et ce, car « ce statut rend ce beau métier plus attractif », avec des « possibilités d’évolution de carrière ». Et donc plus d’AESH pour répondre aux besoins grandissants sur le territoire. Une question de salaire aussi. À ses débuts en tant qu’AESH dans des établissements avignonnais, pour 24 heures de travail par semaine, elle ne touchait que 777 euros par mois. Aujourd’hui, avec 32 heures travaillées par semaine, elle dépasse à peine les 1 300 euros, ce qui reste « très compliqué avec les prix qui montent et les salaires qui ne bougent pas ». Un changement en catégorie B est donc vu d’un bon œil, car cela permettrait « d’avoir un temps plein et de bien meilleures conditions de travail ».

    Mack Salman

  • La Ville d’Aubagne met une dizaine de sans-abri au chaud

    La Ville d’Aubagne met une dizaine de sans-abri au chaud

    « Le soir on va dans des trous, dans des garages qu’on trouve ouverts », lâche Berny. L’homme, âgé de 69 ans, est assis, mercredi, sur un banc de l’Esplanade de Gaulle, grande étendue de bitume à l’ombre, battue par les vents. Son frère Mokhtar, 61 ans, vomit sa bière. La nuit, continue Berny, « il fait super froid, mais on est bien couverts. On a des couvertures et des coussins que nous a donnés Emmaus ». Un hébergement ? « Il y a le 115*, mais on n’aime pas aller dans ces centres d’hébergement, il n’y a que des voleurs », assure Berny. Algériens, ils sont en France depuis une vingtaine d’années. Ils ont tous les deux bossé, en maçonnerie, électricité, mais « au noir ». Donc pas de retraite. « On est quelquefois un peu désespérés. Il y a des gens qui nous chassent de leur garage, et jettent les matelas, les couvertures et tout ce qu’on a… », raconte Berny. À propos des réfractaires au 115, « certains ne sont pas prêts à aller dans du collectif. Ou bien ils ont un confort précaire auquel ils sont attachés. Certains craignent, s’ils sont hébergés par le 115, qu’au retour on leur ait chipé leurs affaires… », commente Eliès Hannai.

    Les assos sur le pont

    L’homme gère l’accueil de jour « La maison du partage » régi par le Centre communal d’action sociale (CCAS) de la Ville d’Aubagne à l’Espace Ambroise Croizat, au 384 boulevard Marcel-Pagnol. « Depuis que les Bouches-du-Rhône ont été placées en vigilance jaune, on a augmenté l’amplitude horaire de l’accueil de jour, de 7h à 11h (d’habitude 10h), et de 14h à 17h30 (d’habitude fermé). Le matin, les personnes à la rue peuvent venir se doucher et prendre un petit-déjeuner. On a aussi des temps de maraude, de 10h à 12h et de 14h à 16h30 », explique-t-il. La maison du partage reçoit environ 40 personnes par jour. Elle est ouverte toute l’année du lundi au vendredi, et un samedi sur 2 du 1er novembre au 31 mars. « Comme les températures ont chuté rapidement, le maire (LR) Gérard Gazay nous a demandé, mardi, de mettre à l’abri les personnes. Les 10 places ont été pourvues », explique Eliès Hannai. C’est suffisant, affirme-t-il, car des sans-abri ont été orientés vers les gymnases ouverts par la Ville de Marseille. À Aubagne, les assos Urgence et solidarité, Croix rouge, Restos du cœur, Secours populaire se relaient pour s’occuper des sans-abri et leur amener des repas chauds. Ce mercredi soir, les bénévoles de la Croix rouge seront sur place, assure Jean-Pierre Turchaini, président de l’union locale d’Aubagne. « On n’est pas fermés à l’idée de récupérer des couvertures en bon état », glisse Eliès Hannai.

    * Numéro à composer pour demander un hébergement d’urgence.

  • L’engagement social de l’Université d’Aix-Marseille pour 2026

    L’engagement social de l’Université d’Aix-Marseille pour 2026

    Faire de la citoyenneté un grand enjeu de l’année 2026, voilà l’une des ambitions d’Éric Berton pour Aix-Marseille Université, faculté qu’il dirige depuis 2020. « Ma conviction est que l’université est là aussi pour accompagner nos étudiants dans la vie d’adulte et de citoyens, à travers le vote et l’apprentissage du vivre ensemble », a-t-il assuré, mardi, dans l’amphithéâtre du Pharo (7e), à l’occasion de ses vœux pour 2026. C’est dans le cadre de cet objectif que les résultats de l’enquête « C’est carré, une enquête étudiante qui va t’écouter », lancée par l’AMU et menée par l’IFOP en collaboration avec la Fondation Jean Jaurès, seront en février diffusés dans les rues des villes où l’université est présente. « Tout le monde pourra scanner le QR code pour accéder aux résultats de l’enquête, détaille le président. L’idée est d’inciter les politiques, notamment dans le cadre des municipales, à entendre les besoins des jeunes. Les étudiants sont les premiers à éprouver la ville : transport en commun, accès à la culture, accès au logement… » Car, selon le président physicien, la citoyenneté est bonne camarade de la démocratie, système qu’il faut s’appliquer à préserver, notamment en luttant pour la liberté de la recherche. C’est en s’appuyant sur cette conviction qu’il lance, en mars dernier, le programme « Safe place for science », imaginé pour accueillir des chercheurs américains menacés par la politique de censure de Donald Trump.

    Bataille pour un budget

    Pas de budget voté mais peu de suspense pour les financements dont jouira l’enseignement supérieur en 2026. Éric Berton dit avancer en conscience, mais promet de faire en sorte que ces changements n’aient pas d’impact sur les conditions de travail et de rémunérations des personnels, « cette baisse de dotation, je ne souhaite pas qu’elle affecte notre fonctionnement », assure-t-il. Les primes annuelles destinées aux agents, mises en place en 2021, ne seront donc pas impactées par la potentielle baisse des dotations gouvernementales. Soucieux de respecter sa ligne « socialement engagée », le président de l’AMU a rappelé les actions menées pour lutter contre la précarité étudiante en 2025. Cinq épiceries solidaires, dont une en décembre sur le campus Saint-Charles, ont été ouvertes sur les différents sites de l’université. Pour l’avenir, Éric Berton envisage aussi d’exploiter le foncier de l’université pour proposer des logements aux étudiants en difficulté, mais aussi au personnel. « On veut faire en sorte de passer un contrat avec un promoteur immobilier pour qu’il construise, notamment sur Marseille, des logements. Parce qu’il y a besoin de logements sur Marseille et que nous, nous avons des terrains, explique-t-il. En échange de ces contrats, nous aimerions obtenir quelques logements réservés à nos étudiants et nos personnels. » Sur le plan académique, plusieurs formations doivent émerger en 2026, comme une école de la transition, imaginée pour former des ingénieurs spécialisés dans l’environnement.