Tag: Social

  • À Saint-Auban, la CGT veut préserver le site

    À Saint-Auban, la CGT veut préserver le site

    Les élus CGT du site de Saint-Auban, réunissant Kem One et Arkema, s’inquiètent de l’avenir de la plateforme et de ses travailleurs au vu des difficultés économiques importantes rencontrées par Kem One. Les deux entreprises, qui forment un bassin industriel primordial dans le département, sont interdépendantes et partagent de nombreuses ressources en commun. « Si on venait à tomber, toute notre plateforme à Saint-Auban tomberait », avance la CGT du site de Kem One.

    « On est dans une situation critique depuis plusieurs mois. Kem One perd de l’argent chaque mois et la trésorerie est fortement impactée », alerte Fabrice Daumas, délégué syndical CGT à Saint-Auban et élu au CSE. Avec la grève organisée ce mardi 31 mars, ils espèrent « alerter le gouvernement, la préfecture, le ministère de l’Industrie et les médias ».

    « Apollo nous a plongés dans la difficulté depuis qu’ils nous ont endettés pour racheter l’entreprise en 2021. Ce système financier n’est pas adapté à l’industrie chimique », déplore le délégué syndical. C’est pour cela que la CGT exige un investisseur industriel pour la reprise de Kem One. « Les emplois ne sont pas remplacés, les projets sont en standby, on n’a pas l’argent pour aller voir nos clients. C’est une spirale négative qui se met en place. »

    « Kem One a toute sa place dans l’industrie française et mondiale, on vend du PVC dans le monde entier », rappelle le syndicaliste. La CGT est particulièrement inquiète de la somme d’argent importante, « plusieurs millions d’euros », qui sera nécessaire pour mettre le site aux normes environnementales européennes d’ici la fin de l’année. « On n’a pas l’argent pour », s’inquiète Fabrice Daumas. « L’idée est de contraindre Apollo à mettre cet argent avant de s’en aller, ou alors qu’il y ait des engagements forts du futur repreneur », résume Sylvain Moretti, secrétaire général de l’union départementale CGT.

    Le maire de Château-Arnoux-Saint-Auban, Philippe Bertrand, ancien syndicaliste à Kem One, a apporté son soutien aux travailleurs mobilisés et compte rencontrer la direction « pour faire en sorte que Kem One redevienne Kem One ».

    Rencontre en préfecture vendredi 3 avril à 14h30.

  • À Sanofi, des salaires erronés depuis trois mois

    À Sanofi, des salaires erronés depuis trois mois

    Des salaires de seulement quelques centaines d’euros, pas de salaire ou même des salaires négatifs. Depuis le 1er janvier, de nombreux salariés du groupe Sanofi subissent des erreurs et d’importantes coupes dans leur paie. Sur le site de Sisteron, la CGT constate « jusqu’à 25 ou 30% d’écart de salaire ». Certains salariés ont dû abandonner leur projet immobilier, leur crédit, ou ont fini à l’hôpital ou en arrêt maladie à cause du stress généré par ces dysfonctionnements.

    Ces erreurs importantes sont dues à l’externalisation pratiquée par le groupe Sanofi, qui a mandaté le prestataire américain ADP (Automatic Data Processing) pour gérer les salaires de ses travailleurs. « C’est la catastrophe, depuis trois mois, les erreurs s’accumulent et il n’y a pas de régularisation derrière », déplore Ludovic Veyret, délégué syndical CGT sur le site de Sisteron. Tous les mois, les salariés doivent passer des heures à éplucher et tenter de déchiffrer leur fiche de paie en quête des erreurs de salaire, de plus en plus complexes à comprendre. « On n’a pas les compétences pour vérifier nos fiches de paie, on demande des mesures, un cabinet de comptable sur site et une régularisation des salaires manquants dans les plus brefs délais », insiste le délégué syndical.

    Un droit d’alerte

    Parfois, des heures de travail ou des périodes de congé ne sont pas prises en compte dans le calcul des salaires. La CGT du site a déclenché un droit d’alerte « pour atteinte aux droits des salariés ». « Normalement, l’employeur est obligé de mener une enquête dans les plus brefs délais pour savoir quelle mesure il peut mettre en place pour faire cesser cette atteinte aux droits des salariés », explique Ludovic Veyret. Mais dans ce cas-là, « Sanofi nous a répondu qu’ils ne souhaitaient pas poursuivre la procédure. On leur a écrit que c’était un manquement au Code du travail et à leurs obligations », selon la CGT. Le syndicat compte saisir les prud’hommes, réclamer des dommages et intérêts pour compenser le préjudice subi et déposer un référé au tribunal, ainsi qu’un « droit d’alerte collectif ».

    « Aujourd’hui, on est coincés. C’est aberrant d’en être à ce point-là. On se demande comment on va trouver des nouvelles molécules si on n’arrive même pas à payer les salariés », lance Ludovic Veyret. « Il y a une perte de confiance totale », résume le syndicaliste. La CGT du site de Sisteron est plutôt réticente à appeler à la grève, qui causerait une perte de salaire supplémentaire, mais reste déterminée à faire entendre la voix des travailleurs de Sanofi et pense organiser une manifestation dans la semaine à venir. « Se mettre en grève, c’est perdre de l’argent pour réclamer son dû », regrette Ludovic Veyret.

    « Je ne comprends pas que l’entreprise, le directeur du site, ne puissent pas prendre de mesures. On fait quand même un bénéfice de 9 milliards d’euros à l’année. Sanofi a les moyens de prendre un cabinet de comptable s’ils n’ont pas les ressources en interne pour vérifier et régulariser les salaires », lance le délégué. 2 400 salariés pourraient être concernés. Mais la CGT estime qu’ils sont plus nombreux à être touchés.

    Contactée par La Marseillaise, la direction n’a pu être jointe. « Dès l’identification de ces situations, un dispositif de suivi renforcé a été activé avec ADP » et « les cas individuels font l’objet d’un traitement prioritaire », assure cependant à l’AFP Sanofi, qui précise qu’« une phase de stabilisation d’environ quatre mois est en cours afin de garantir la fiabilité durable du processus de paie ».

    Selon le syndicat, des salariés en arrêt maladie ou en préretraite n’ont touché aucun salaire pendant deux mois, sur le site de Sisteron. Lorsque les travailleurs rencontrent ces problèmes de salaires, les représentants du personnel tentent de se tourner vers le service RH, mais « il n’y a plus personne sur site, seulement la DRH et un CDD ».

    « Une perte
    de confiance totale »

    Ludovic Veyret, syndicaliste

  • Un mois d’animations et de rencontres pour renforcer le vivre-ensemble à Aix

    Un mois d’animations et de rencontres pour renforcer le vivre-ensemble à Aix

    Une classe de primaire vient tout juste d’entrer dans le centre social de l’Horloge, installé dans le quartier du Jas de Bouffan et se dirige vers l’une des salles où sont exposés plusieurs kakémonos : le « Livre géant de la laïcité », exposition animée par des bénévoles de l’Observatoire pour la laïcité en Provence (Olpa).

    Depuis ce lundi 23 mars, le centre social organise sa troisième édition du Mois des Possibles, axé sur ce même thème. Un mois jalonné de différentes rencontres et activités à la fois ouvertes aux scolaires et aux adhérents du centre. L’événement se veut « transversal ». Parmi les grands rendez-vous, une séance de cinéma intergénérationnelle, ce mercredi 25 mars (dès 14h30), une grande journée de vide-greniers et une buvette « d’autofinancement pour les jeunes », le samedi 4 avril (dès 9h30) et un ciné-club le vendredi 17 avril (dès 14h30).

    « Dans le contexte national et encore plus précisément du quartier ou l’on est situé, venir parler de laïcité nous paraissait très pertinent », contextualise Laëtitia Olivero, coordinatrice jeunesse. Les personnels, sont d’abord passés par la case formation donnée par l’Olpa. « Qui nous a permis de comprendre que la laïcité était abordée comme un empêchement à quelque chose, alors qu’elle est surtout un outil de vivre-ensemble, dans le respect des uns et des autres, explique Géraldine Dewilde, directrice du centre social. Nous n’allions pas faire une programmation avec uniquement le prisme de la laïcité, qui est une porte d’entrée. »

    Le centre social, « un équipement de proximité dont la vocation est de permettre et de faciliter le lien social au sens large », souligne Géraldine Dewilde, se propose comme lieu neutre, à l’instar du cercle familial ou scolaire, pour aborder ces sujets-là. « On vient offrir un espace d’échange et de débat qui ne peut pas avoir lieu ailleurs, précise Laëtitia Olivero.Cela permet de faire passer des idées, permet aux participants de s’écouter. Sur cette question de l’ouverture, de la laïcité – qui est un outil d’émancipation, d’ouverture, le choix de ce que l’on croit ou non – avoir un endroit où l’on a le droit de dire ce que l’on pense et le droit d’entendre quelqu’un qui pense différemment, a du sens. »

    Un espace « plus ouvert, ou l’on porte des valeurs qui, on le croit, doivent apporter plus de facilité à faire société », complète Géraldine Dewilde.

    Informations à retrouver sur le site du centre social.

  • La gauche alésienne face au défi de la reconstruction

    La gauche alésienne face au défi de la reconstruction

    25,85%. C’est ce que pèse aujourd’hui la gauche à Alès lorsqu’on additionne les scores de la liste PS-Écologistes (10,79%) et celle du PCF-LFI (15,06%) au premier tour des municipales avant qu’elles ne décident de se retirer pour faire barrage au RN. À peine un électeur sur quatre donc, chiffre d’autant plus inquiétant que la participation n’a pas dépassé les 50 %.

    Pour savoir comment réagir, les forces de gauche tentent déjà d’établir une analyse de l’échec. Si la désunion à gauche a forcément pesé dans leur faible score, le communiste Giovanni Di Francesco regrette aussi l’incapacité des deux listes à mobiliser l’électorat populaire : « Quand on fait de certains quartiers d’Alès des secondes zones, les gens finissent par penser qu’ils vivent ailleurs et ne s’intéressent plus à cette société donc ils ne votent pas. Le vote dans les quartiers est intéressant mais faire 40 % avec une participation inférieure à 30 %, ça ne pèse pas dans la balance ». Béatrice Ladrange, citoyenne non encartée élue dans le précédent mandat dans l’opposition avance un autre argument : « Il y a un changement de sociologie à Alès. Des tours ont été détruites dans le mandat précédent et cette population est partie dans des villages autour d’Alès qui construisent des logements sociaux. Dans le même temps, beaucoup de retraités sont arrivés à Alès ces dernières années ».

    Une fois ces premiers éléments relevés qui vont demander une analyse plus affinée dans les prochaines semaines, la gauche veut rapidement se remettre au travail pour construire une alternative crédible à la fois à la droite municipale de Christophe Rivenq mais aussi à la montée de l’extrême droite. « Il faut continuer le travail réalisé durant la campagne c’est-à-dire de continuer d’aller à la rencontre de la population, ne pas la laisser tomber. Nous avons six ans pour tout construire. Il faut donc faire de la pédagogie, de l’information. Nous n’avons pas de médias pour nous, il faut donc se déployer, écouter les problèmes des gens et voir les solutions que l’on peut leur apporter à notre niveau », explique Martine Sagit, secrétaire de l’union locale CGT qui était présente sur la liste de Paul Planque.

    Multiplier les réunions publiques, assister au conseil municipal, informer la population, échanger avec les habitants sur les moyens d’actions, c’est aussi l’avis de l’Insoumis Armand Crépin : « Cela passe par les mobilisations sociales mais aussi en soutenant le travail des associations contre la rupture du lien social. Il n’y a que la présence sur le terrain qui marche parce que les discours ne fonctionnent plus ». Pour Béatrice Ladrange aussi la gauche doit se « mobiliser dans des collectifs citoyens qui se battent sur certaines thématiques comme l’eau, la pollution ou le mal-logement ».

    « Il faut reprendre le travail à la base. Il faut qu’on mène les combats du quotidien. Mais il faut surtout travailler à l’unité de la gauche », conclut Bernard Motto-Ros de L’Après.

  • Kem One : une grève comme signal d’alarme pour la CGT

    Kem One : une grève comme signal d’alarme pour la CGT

    Après les alertes, la CGT de Kem One contre-attaque. L’organisation syndicale, largement majoritaire sur le site de Fos-sur-Mer, appelle à la grève pour ce mardi 31 mars pour tous les sites français du groupe plasturgiste.

    Un mouvement pas anodin pour l’un des principaux producteurs de PVC au niveau européen. « Le but de la grève est d’alerter les pouvoirs publics, les politiques, le gouvernement et les salariés. L’entreprise va très mal, pas seulement le site de Fos mais l’ensemble du groupe », expose Yann Beauné, secrétaire général de la CGT Kem One Fos. Il faut dire que son organisation syndicale a des arguments pour justifier son inquiétude : « En 2021, on était endettés à hauteur de 10 millions d’euros, aujourd’hui, on l’est à hauteur de 700 millions. L’actionnaire principal, Apollo, n’a mis aucune bille, et s’enrichit sur le dos des salariés via des montages financiers complexes. »

    Les quelques données disponibles publiquement sur la santé financière du groupe en disent long : son résultat net a fondu, passant de 184 millions d’euros en 2021 au négatif de
    -89 millions en 2024, tout comme sa trésorerie : de 185 millions à 15,5 millions. Mais pas ses dettes financières : de 14,3 millions à… 362 millions. Ajoutez à cela des mouvements anormaux en Bourse de plusieurs fonds d’investissement. « On a mis notre nez dans les montages financiers et c’est inquiétant. Certains actionnaires et partenaires d’Apollo [fonds d’investissement états-unien, actionnaire principal et repreneur de Kem One en 2021, Ndlr] parient à court terme contre Kem One et gagnent de l’argent sur notre perte », relate Yann Beauné.

    Des sites en danger direct

    La coordination syndicale CGT du groupe résume la situation : « Kem One est devenu le terrain de jeu préféré des spéculateurs de la finance mondiale. L’actionnaire Apollo a choisi de livrer les clés de l’entreprise à des fonds spéculatifs vautours. » D’où la montée au créneau à venir et d’où une lettre ouverte en direction d’Emmanuel Macron, président de la République, en date du 16 mars. Laquelle alerte notamment sur « l’entreprise stratégique » qu’est Kem One pour la France qui fût un temps aux mains d’Arkema. « On est un groupe stratégique au niveau du PVC en France, ce n’est pas une production anodine. Et on consomme de l’éthylène [matière première pour le PVC] produit par LyondellBasel et de Naphtachimie sur le bassin de Fos », développe Yann Beauné. Lequel insiste : « Si on tombe, d’autres acteurs tombent en amont de la chaîne mais aussi en aval, avec les usines qui font des billes de PVC, tous les acteurs qui achètent du PVC… ».

    Entre les 1 300 salariés du groupe selon les décomptes syndicaux, les emplois induits directs et indirects, l’impact sur l’écosystème de la chimie française pourrait être dévastateur : « Il y aura un effet domino énorme et l’on n’est que trois à produire du PVC en France. » D’autant que plusieurs sites sont déjà quasiment à l’abandon au niveau investissement : « Les outils de productions souffrent dans tous les sites. Certains équipements vitaux sont à bout de souffle », alerte la coordination syndicale CGT du groupe. Pour le site de Château-Arnoux-Saint-Auban, dans les Alpes-de-Haute-Provence, le syndicat dépeint un décor qui a de quoi faire froid dans le dos : « Bâtiment qui s’écroule, économies sur la sécurité, non-remplacement de personnels… ». Constats tout aussi inquiétants pour le site à Lavéra : « Trois bacs de stockage de soude sur cinq sont hors service dus à la corrosion. » De quoi décrire les effets concrets de la stratégie d’Apollo sur les conditions de travail.

    Pour y voir plus clair, la CGT compte sur un comité social économique extraordinaire, qui se déroule ce mercredi 25 mars. « Selon les réponses, on déclenchera peut-être un droit d’alerte social et économique », prévient Yann Beauné.

  • Ces cinq salariées de l’Ehpad au bord de « la rupture » à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    Ces cinq salariées de l’Ehpad au bord de « la rupture » à Port-Saint-Louis-du-Rhône

    « Notre directrice est peut-être fatiguée, mais nous, on est épuisées. » Jeanne* parle pour ses quatre autres camarades, toutes aides-soignantes à l’Ehpad des Magnolias de Port-Saint-Louis, en conférence de presse jeudi à l’Union locale CGT.

    Les cinq sont en arrêt de travail. Les cinq pointent dans les mêmes termes le conflit social qui les oppose à leur direction d’établissement depuis sa prise de fonction il y a un an. Après une table ronde, une distribution de tracts à la population et même un rassemblement en fin d’année 2025, le climat est celui de « la rupture » selon Mathias Raoux, de l’Union locale CGT. « Après un an de main tendue ce n’est plus possible », abonde Gaël Zaafour.

    Car les cinq agentes parlent du même « management toxique », des mêmes « humiliations » parfois publiques et des « propos dévalorisants » de leur directrice d’établissement. Exemple pris de la proposition des agentes d’une nouvelle organisation de travail, approuvée par leur cadre de santé, mais refusée par leur directrice. « Elle nous a dit : vous venez de là, restez-y » illustre Julie*, la main au ras du sol.

    « Les résidents en danger »

    Conséquence directe : des arrêts maladie, des personnels manquants, qui entraînent épuisement et autres arrêts dans un cercle vicieux. La prise en charge des résidents, mise en péril faute d’infirmières. Les aides-soignantes sont contraintes de donner les médicaments aux résidents en plus de leurs missions.

    « J’ai une photo du médicament mais pas le nom ni la posologie », illustre Jeanne, contrainte de solliciter l’astreinte « qui ne répond pas, ou alors c’est un autre Ehpad qui nous connaît pas », explique Valérie*. Cette mission en plus décale tout le planning : « Les patients attendent dans leur lit au lieu d’aller au petit-déj’ » détaille Jeanne, et le soir venu, « on les change aux WC pour surveiller le salon car on est seules », complète Valérie.

    « Accueillir le double de résidents dans ces conditions, c’est mettre en danger leur santé et celle des agents », tranche Gaël Zaafour, alors que le nouvel établissement doit ouvrir en juin. « Le directeur de l’hôpital de Martigues doit prendre ses responsabilités », affirme Julie. Contacté, le CH de Martigues n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • La grève des chauffeurs livreurs des cantines scolaires se poursuit à Avignon

    La grève des chauffeurs livreurs des cantines scolaires se poursuit à Avignon

    Lancée vendredi avec un préavis posé jusqu’au 30 mars, la grève des chauffeurs-livreurs de la cuisine centrale d’Avignon a entraîné encore mardi l’annulation de la distribution des repas dans une dizaine de cantines scolaires sur les 36 que compte Avignon, uniquement dans l’extra-muros. Dans le centre-ville, les repas sont en effet délivrés par une société qui utilise des vélos-cargos.

    Assemblée générale chaque matin

    Soutenus par les syndicats des Territoriaux de la CGT et de FO, les grévistes qui se réunissent en assemblée générale tous les matins pour décider de la suite du mouvement protestent contre les conditions dans lesquelles sont menées les investigations autour de vols de grosses quantités de viande dans la cuisine centrale découverts en fin d’année dernière. Une affaire révélée en plein conseil municipal par l’élue RN Anne-Sophie Rigault, candidate arrivée à la deuxième place dimanche. Une enquête administrative interne avait alors été lancée.

    Dans un tract commun, les deux syndicats dénoncent une campagne de diffamation à l’encontre des « lanceurs d’alerte » dont les « conditions de travail se sont fortement dégradées ». « Les agents demandent une enquête administrative impartiale et transparente, ils pensent que ce n’est pas le cas pour l’instant. Chaque agent doit pouvoir être entendu et la vérité doit être recherchée sans pression ni arrangement », justifient les syndicalistes.

    La mairie de son côté estime que seuls cinq chauffeurs sont en grève et a permis depuis lundi aux parents dans les groupes scolaires concernés, tous prévenus par mail au jour le jour, de donner aux enfants un pique-nique et de laisser leurs enfants sur place durant la pause méridienne. « On a été prévenu et on se débrouille, on prépare des sandwichs… » commente Sonia, mère d’élève devant une école du quartier de Montfavet avant d’ajouter : « Je ne suis pas au courant des motifs de la grève ni combien de temps elle va durer mais ils ont sans doute leurs raisons. »

  • Arcelor va relancer le haut-fourneau n°1 en juin

    Arcelor va relancer le haut-fourneau n°1 en juin

    C’est une nouvelle que beaucoup attendaient. ArcelorMittal a annoncé vendredi par communiqué le redémarrage du haut-fourneau numéro 1 du site de Fos-sur-Mer, fixé pour juin 2026, après une série de travaux visant à « prolonger sa durée de vie », selon la direction du site. Une « bonne nouvelle » accueillie par le syndicat CGT de l’entreprise, employeur de 2 500 salariés organiques et missionne 1 200 travailleurs sous-traitants. Le deuxième, en production, poursuivra son fonctionnement.

    La décision de redémarrage de ce haut-fourneau endommagé par un incendie en octobre 2025 a été prise au regard d’une confiance retrouvée dans le marché de l’acier européen et en « considérant que les mesures de défense de l’Union européenne seront mises en œuvre rapidement », d’après la direction de l’usine.

    L’une de ces mesures est le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), règlement européen visant à soumettre les produits importés à un tarif équitable, au regard du carbone émis lors de la production de biens à fort impact carbone entrant en Europe. L’autre est l’ensemble des contingents tarifaires qui limitent l’import sans frais de douane et doublent ces frais lorsque les quotas francs sont dépassés.

    Des recrutements et 60 millions d’euros investis

    Ce plan de relance comprend un volet humain et financier. D’abord, l’entreprise va compléter ses équipes avec des recrutements d’opérateurs et de techniciens de maintenance tels que des électriciens, mécaniciens ou automaticiens. D’autre part, un budget d’investissement dédié est prévu par la direction, « portant ainsi l’enveloppe d’investissements du site de Fos-sur-Mer à 90 millions d’euros » pour l’année 2026 « afin d’accompagner cette montée en puissance du site ».

    ArcelorMittal précise que « dans le même temps, la démarche d’amélioration de la productivité et de la performance se poursuit afin de renforcer la compétitivité du site ». Les études pour la décarbonation ne sont pas remises en question : « Les études d’installation d’un four à arc électrique se poursuivent » conformément à la trajectoire initiée en 2024. Ces sujets ont été présentés au personnel en CSE « dans le cadre du dialogue social », conclut l’entreprise.

    Une avancée « satisfaisante » pour Stéphane Martins de Araujo, secrétaire du syndicat CGT du site de Fos-sur-Mer. Mais insuffisante : « il y a certes des investissements pour les hauts-fourneaux, mais à court terme, entre 3 et 5 ans », considère le syndicaliste. « Quand on veut faire marcher un four pendant 15 à 20 ans il faut entre 120 et 150 millions d’euros. Quid de l’avenir au-delà de 2030 ? De plus le projet de décarbonation n’englobe que 20% de notre capacité de production, ce n’est pas suffisant pour pérenniser notre activité », détaille le responsable.

    Sur le plan humain, « 80 des départements du site vont perdre du personnel par rapport à l’ancienne marche à deux fours », indique Stéphane Martins de Araujo, parlant de 210 emplois en moins. Un manque couplé, selon le syndicaliste, « au recours à l’intérim sur des postes clés avec des risques d’accident qui s’accroissent », considérant qu’« il faut entre 6 mois et un an pour former des agents autonomes, voire plusieurs années pour certains postes de maintenance les plus importants, alors que le redémarrage est prévu dans 3 mois », pointe-t-il. Dans ce contexte, Stéphane Martins de Araujo et la CGT « ne lâcheront pas » sur la nationalisation du groupe, à défaut « de vraies annonces à Fos et Dunkerque à hauteur des besoins d’acier de la France ».

  • Montpellier : les mesures phares des candidats

    Montpellier : les mesures phares des candidats

    Il y a ceux qui croient dur comme fer qu’ils vont diriger Montpellier, ceux qui viennent régler des comptes, d’autres pour témoigner ou faire le pitre. Mais les 13 listes en course le 15 mars ont toutes un programme : plus ou moins crédible, audacieux, finançable. L’examen des mesures phares de chacun rappelle que si des passerelles existent, les gauches et les droites cultivent des visions différentes, parfois à l’opposé.

    Parmi les sujets consensuels, on peut citer la création d’emplois (30 000 pour Delafosse, Atrad…) ou la propreté de la ville. En déclarant son amour à Montpellier, l’ancien maire Philippe Saurel (mouvement Utiles) qui déplore une « brutalisation sans concertation » promet une « ville plus belle » en rénovant le patrimoine à l’instar de la place royale du Peyrou. De l’entretien des parcs et jardins d’Isabelle Perrein (DVD) ou de la « végétalisation » de l’Écologiste Jean-Louis Roumégas, chacun promet un « embellissement ». Y compris le maire Michaël Delafosse (PS) qui entend ralentir sur les grands travaux et se consacrer, quartier par quartier, à la rénovation des places et des trottoirs pour une « ville-parc marchable et respirable ».

    La gratuité quasi unanime

    D’autres thèmes sont plus clivants. À commencer par les mobilités. La plupart de ceux qui en 2020 prétendaient la gratuité des transports « impossible » semblent avoir changé d’avis face à la popularité de la mesure. Seuls Thierry Tsagalos (EXD) et Isabelle Perrein (DVD) y mettraient fin pour une « gratuité intelligente » circonscrite aux jeunes et retraités. Nathalie Oziol (LFI) qui dit incarner une « gauche de rupture » face à ce qu’elle nomme « l’incarnation du macronisme », veut accroître la fréquence des bus et tramways (toutes les 10 ou 5 minutes) jusqu’à 2h du matin. Comme Jean-Louis Roumégas, la députée Insoumise s’oppose aux « méga-projets routiers écocides » (COM, Lien). Michaël Delafosse, lui, promet de mener à bien les 4 lignes de bustram restantes, soutenir la LGV et concrétiser le Service express régional métropolitain (Serm).

    Pour le reste, si personne ne dit vouloir supprimer de pistes cyclables, nombreux promettent de revoir le plan de circulation en ville. Y compris Jean-Louis Roumégas qui promet de rouvrir l’avenue Albert Dubout pour une « circulation en pétales sur les 4 boulevards » embouteillés. Comme T. Tsagalos, F. Jamet (RN) irait jusqu’à rouvrir aux voitures le tunnel sous la Comédie pour « rompre avec la sclérose actuelle » et « libérer Montpellier de l’écologie punitive ». Quant à Isabelle Perrein, qui s’est fait connaître en répertoriant les nids-de-poule et veut redonner toute sa place à la voiture, la notaire imagine un tunnel sous le rond-point du grand M. Osé mais moins que le dôme végétalisé imaginé par l’IA pour Rémi Gaillard avenue de Toulouse.

    Côté urbanisme, le maire sortant, qui prévoit 10 000 logements à prix abordables dont 4 000 en bail réel solidaire, promet de préserver les deux tiers des terres agricoles grâce au Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). Insuffisant pour Jean-Louis Roumégas qui prône le « zéro artificialisation nette » pour « arrêter l’étalement urbain sur les espaces naturels et terres agricoles ». Même logique chez Nathalie Oziol qui dit stop au « bétonnage ». À l’extrême gauche, Max Müller entend réquisitionner 13 000 logements vides pour loger les sans-abri. À droite, Mohed Altrad veut doubler le parc de logements sociaux et accession à la propriété dès 15 ans en HLM vu en « tremplin et non comme un enfermement ». Isabelle Perrein veut « rénover plutôt que construire ».

    Sur la sécurité, la droite et son extrême font comme toujours dans la surenchère. France Jamet rêve de doubler les effectifs de police municipale et les caméras, Thierry Tsagalos les tripler. Mohed Altrad veut instaurer un « couvre-feu » pour les mineurs non accompagnés de moins de 16 ans après 22h. Du Robert Ménard dans le texte. Même chose pour Isabelle Perrein qui ajoute « l’expulsion des logements sociaux pour fauteurs de troubles ». À noter que Philippe Saurel qui veut 100 à 200 policiers de plus, abandonnera le projet d’hôtel des sécurités jugé trop éloigné à Celleneuve. À gauche, Michaël Delafosse musclera les effectifs de police municipale (+100 agents) et les caméras (1 000 au total). Seul Max Müller veut « désarmer la police municipale, dissoudre les polices des transports et du logement ».

    Déchets : quelle option ?

    Sur le social, la gauche est de loin la mieux armée. Le maire promet de créer un « office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement ». Nathalie Oziol une « régie publique de l’énergie avec tarification sociale » et une « cantine bio à bas prix ». Avec Jean-Louis Roumégas, elle serait même « gratuite » (Altrad aussi) avec des « épiceries municipales à prix coûtant dans les quartiers populaires ». À droite, Isabelle Perrein imagine des maisons de santé et un handipass.

    Enfin, face au « fiasco historique » qui voit Montpellier exporter ses déchets, Michaël Delafosse propose un nouvel outil : une chaudière pour combustibles solides de récupération (CSR) à la place de l’usine Ametyst. Une technologie moderne mais méconnue dont quasiment tous ses adversaires dénoncent les dangers potentiels. « La santé des Montpelliérains n’est pas négociable », assène Mohed Altrad sans ne rien proposer d’autre. Isabelle Perrein préférerait un incinérateur, Thierry Tsagalos une nouvelle usine de traitement à bilan carbone neutre. À gauche, Jean-Louis Roumégas veut muscler le tri à la source et le compostage. Pareil pour Nathalie Oziol qui renvoie à une grande consultation. Un des sujets pour le fameux RIC que l’Insoumise, Jean-Louis Roumégas ou Max Müller promettent aux électeurs.

    « Nous créerons un office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement »

  • [Entretien] Hervé Martin : « Consolider le bouclier social à Montpellier »

    [Entretien] Hervé Martin : « Consolider le bouclier social à Montpellier »

    La Marseillaise : « Montpellier demain » est le nom de la liste conduite par Michaël Delafosse sur laquelle vous êtes à nouveau candidat. Un second mandat permettrait à la gauche de faire quoi pour la 7e ville de France ?

    Hervé Martin : L’important c’est de donner une vision pour l’avenir à la ville. Nous avons l’habitude de dire que nous avons fait deux mandats en un. On a eu aussi beaucoup de rattrapage à faire. L’exemple le plus criant c’est la réalisation de la ligne 5 du tramway qui était attendue et que Philippe Saurel [maire de 2014 à 2020] n’a jamais réalisée. C’est un investissement lourd qu’il a fallu réaliser. Maintenant, il faut redonner une ambition mais adaptée au monde d’aujourd’hui, bien évidemment. Il faut continuer à développer le bouclier social. Pourquoi c’est d’autant plus important ? Parce que nous vivons dans un monde de plus en plus incertain. Parce que les politiques publiques d’État sont soit inexistantes dans certains domaines, soit extrêmement inquiétante pour pouvoir soutenir les classes populaires et les classes moyennes, soit, on le voit, sur la question extrêmement importante du logement. On connaît dans toutes les métropoles les difficultés à se loger et Montpellier ne fait pas exception. Les gens rencontrent des difficultés de pouvoir d’achat de plus en plus criantes la question du logement est devenue encore plus importante qu’avant.

    Vous proposez de créer une agence municipale du logement. À quoi servira-t-elle ?

    H.M. : L’objectif est de pouvoir créer 1 000 logements conventionnés ce qui permettrait aux propriétaires de louer leur logement avec un loyer modéré tout en étant garanti du paiement. On sait que lorsque quelqu’un veut louer un appartement, il doit apporter de telles garanties que c’est juste impossible pour beaucoup. Donc, la mairie pourrait garantir à la place du locataire. C’est aussi la question de la rénovation énergétique : il y a des logements classés F ou E qui nécessitent un travail important pour pouvoir les inclure dans la location car ces logements déclassés ne peuvent plus être loués. Nous allons proposer aussi une assurance universelle car, là aussi, l’assurance est obligatoire mais c’est parfois un frein. Il y a trop de personnes qui n’assurent plus et lorsqu’il y a un dégât, on se retrouve dans des situations inextricables. De la même façon que nous avons créé une assurance communale nous créerons cette assurance habitation communale universelle. Cette agence municipale permettra aussi de regrouper tous les services pour accompagner à la fois les locataires et les propriétaires.

    Y a-t-il des mesures futures auxquelles les candidats communistes* tiennent particulièrement ?

    H.M. : Nous avons une proposition, une mesure acceptée avec beaucoup d’enthousiasme par Michaël Delafosse : la création d’un centre de vacances à l’extérieur de la ville. Quand nous avons proposé cela en assemblée générale des militants, un vieux camarade, instituteur retraité, nous a dit, « il ne doit pas y avoir d’enfants qui entrent en 6e sans avoir de souvenirs de vacances ». Oui, les bonnes vieilles recettes communistes, c’est cela qu’elles peuvent amener et c’est extrêmement important ! On réfléchit à des lieux comme les Cévennes, la Lozère. Pour le proposer à tous les enfants mais aussi aux personnes âgées, aux adultes. C’est fondamental pour le vivre ensemble, pour se faire des souvenirs, pour découvrir autre chose.

    Montpellier est une ville méditerranéenne et donc ouverte. Vous tenez aussi à la création d’un monument pour la paix. Pourquoi ?

    H.M. : La culture de la paix doit être cultivée. Et Montpellier doit cultiver cette idée de la paix. Donc nous aurons un monument, on ne sait pas encore sous quelle forme. Parce que nous avons dit, nous les communistes, dans la période actuelle, on ne peut pas faire comme si la question de la paix ne se posait pas, y compris dans les villes. La diplomatie des villes doit jouer à plein. La paix, ce sont des politiques publiques que l’on met en place comme la culture, le sport. Cela sert à quoi la culture, le sport? Ce sont des lieux d’émancipation, de rencontres et quand on en fait on cultive la paix.