Tag: SNCF

  • Le TER à 1 euro roule aussi pour les clubs amateurs d’Occitanie

    Le TER à 1 euro roule aussi pour les clubs amateurs d’Occitanie

    On connaissait le train à 1 euro pour les jeunes, les billets à petits prix les premiers week-ends de chaque mois ou encore l’Occitanie rail tour l’été pour booster le tourisme. Mais beaucoup ignorent que le dispositif phare de la Région Occitanie est aussi disponible pour les clubs sportifs amateurs. Une mesure « unique en France ! », vante le vice-président régional, Kamel Chibli (PS).

    Depuis 2023, le train à un euro est proposé chaque week-end pour faciliter les déplacements aux quatre coins de l’Occitanie. Qu’ils pratiquent rugby, basket, foot, natation, tennis ou encore athlétisme… nombreux sont les sportifs qui se sont déjà laissés séduire. En 2 ans, entre 5 000 et 6 000 utilisateurs de 150 clubs ont opté pour le dispositif. C’est le cas du club d’athlétisme de Montpellier, où s’entraîne le décathlonien Kévin Mayer ou encore le club de rugby de Balma (Fédérale 2) qui se déplaçait dimanche 9 novembre à Gimont en TER. « Pour nous, le coût est 10 fois inférieur à la voiture », résume leur jeune vice-président Hugo Magieu. « Les horaires des trains, la proximité de la gare et du stade », sont des atouts qui ont séduit son homologue Élodie Kolbert.

    Dès la mi-novembre, un « site dédié » sera proposé par la SNCF pour « faciliter les déplacements des groupes en Occitanie », précise Gaël Barbier, directeur régional TER Occitanie de SNCF voyageurs. Signé avec la Région Occitanie jusqu’en 2032, ce partenariat sur les trains Lio a pour but de « faire changer les habitudes de mobilités qui concernent encore souvent la voiture qui émet 8,5 fois plus de CO2  », explique Gaël Barbier. « Fier » d’une mesure qualifiée de « conviviale », il assure que « l’engouement » des groupes scolaires ou sportifs a « quadruplé en 2 ans ».

    Une aide financière

    L’élu régional, Kamel Chibli, fait valoir un triple intérêt pour les clubs amateurs. « C’est un défi environnemental de faire baisser le bilan carbone, qui sécurise le déplacement des jeunes et financièrement avantageux pour les clubs dans un contexte difficile. » Il faut dire que le gouvernement a décidé la suppression du Pass’ sport pour les moins de 14 ans. Avec l’effondrement de l’Agence nationale du sport, il ne reste que peu d’aides publiques aux petits clubs. « La situation économique traversée pénalise le mécénat et le sponsoring. On assiste à un renchérissement des coûts de transports et de nourriture. L’économie globale du sport amateur est en difficulté », regrette Joël Castany, président de la Ligue Occitanie de rugby.

    Quand on sait que le transport fait partie des premiers postes de dépenses des petites structures, autant dire que le TER à un euro est une aubaine. Avec 17 000 clubs et 1,4 million de licenciés en Occitanie, le potentiel de développement est immense.

  • Vers la fin des Ateliers des cheminots à Béziers ?

    Vers la fin des Ateliers des cheminots à Béziers ?

    C’est une nouvelle bataille que s’apprêtent à mener les cheminots de Béziers dans la longue lutte qui les oppose à la direction de la SNCF concernant les Ateliers de maintenance. Depuis 1993, ces derniers se sont lancés corps et âme dans ce combat pour éviter la fermeture du dernier dépôt présent dans la cité de Paul Riquet. Dernier épisode en date le 23 octobre, lors d’une audience au niveau national entre la CGT et les directions des différentes entités de la SNCF implantées sur le site biterrois. « Déjà, en avril dernier, le jour de notre congrès, notre directeur nous avait fait part de sa volonté de transférer le site. Il y a eu ensuite plusieurs interpellations du syndicat et on a décidé de monter au niveau national pour avoir la vérité. Tous les directeurs nationaux de chaque activité nous l’ont confirmé : il n’y aura pas d’avenir pour Béziers, le site fermera dans trois ans », soupire Nicolas Midague, secrétaire général CGT des cheminots de Béziers.

    Quitte à laisser à quai les 40 salariés encore présents sur le dépôt. Surtout, la CGT dénonce l’absence d’arguments de la direction pour justifier cette décision. « J’étais à l’audience, je leur ai posé trois fois la question : “Pourquoi ferme-t-on ?” Personne ne nous répond », se désole Nicolas Midague. Les raisons économiques ne sont jamais très loin. « Ça fait des années qu’ils veulent fermer. Les anciens commencent à partir, on a trois ou quatre départs avant la fin de l’année. Ils ne seront pas remplacés alors que l’entreprise prend des agents intérimaires, des agents en mission. Il y a encore des gens. Mais on vide petit à petit jusqu’au jour où ils nous diront qu’économiquement, ce n’est plus viable », observe le cheminot.

    De réels besoins

    Une véritable casse organisée. Pourtant, à en croire les syndiqués, les Ateliers peuvent encore être développés. « Il y a une activité de maintenance industrielle que l’on veut garder car il y a des pièces à réparer sur des locomotives. Aussi, on propose de développer le site puisqu’on a un triage et qu’il n’y a plus de fret, mais il y a besoin au niveau régional d’avoir un centre de maintenance supplémentaire. La Région Occitanie vient de commander 18 nouvelles rames, il va falloir les entretenir. Donc on dit : le site de Béziers est prêt à recevoir un centre de maintenance régional », soutient Nicolas Midague. Ce qui permettrait de soulager les centres de maintenance régionaux existants – Toulouse et Nîmes – mais aussi la demande nationale, à l’heure où le développement du train est affiché comme un objectif de transition écologique.

    Malgré ces besoins, la direction fait la sourde oreille. « Pour l’instant, les études [pour l’implantation d’un troisième centre de maintenance] ne sont menées que sur le site de Narbonne ou sur le site de Nîmes mais il faut un lieu central, comme Béziers. De plus, l’implantation à Narbonne nécessiterait des travaux deux fois plus coûteux qu’à Béziers », souligne Nicolas Midague.

    Dans cet ultime bras de fer qui s’annonce, les salariés ne sont pas prêts à abandonner le combat. Plusieurs actions sont à l’étude. « Le 4 décembre, le député LFI Béranger Cernon, qui était cheminot, viendra nous voir sur le site, le visiter et porter nos projets », fait valoir le secrétaire des cheminots biterrois. Trente-deux ans après, la lutte n’est pas près de s’essouffler.

  • La SNCF modernise ses aiguillages vers Avignon

    La SNCF modernise ses aiguillages vers Avignon

    Une opération expresse de modernisation des équipements a été menée par SNCF Réseau samedi et dimanche dernier. Pendant l’après-midi puis toute la nuit, la centaine d’ouvriers mobilisés ont préparé les postes d’aiguillages de Rognac, Berre-l’Étang, Les Roques, Miramas et Saint-Martin-de-Crau à leur informatisation.

    L’objectif pour SNCF Réseau est de moderniser tout l’aiguillage de Marseille à Avignon, passant de l’ancienne technologie électromécanique à une télécommande totalement informatisée. Le pilotage de l’aiguillage s’effectuera à terme, à horizon 2031, depuis la tour de contrôle ferroviaire de la région Paca, située à Marseille et inaugurée le 7 mai 2025 (voir notre édition du 9/05). « La modernisation du réseau ferré est déjà en marche », s’enthousiasmait à ce titre le PDG de SNCF Réseau, Matthieu Chabanel.

    Chez les cheminots, cette opération de modernisation est également bien accueillie. « On voit ces travaux d’un bon œil car il s’agit d’une augmentation technologique de nos infrastructures », considère Robin Matta, secrétaire du syndicat CGT des cheminots de Miramas et aiguilleur de métier. « Le fait de passer aux commandes informatiques, qu’on utilise déjà pour les TGV et qu’il faut généraliser, permet en même temps de rénover le rail et les appareils de voirie, comme les aiguillages et les signaux qui permettent aux trains de rouler », ajoute le syndicaliste.

    300 millions d’euros

    L’ensemble du chantier de mise en télécommande de l’aiguillage courant jusqu’en 2031 est financé à hauteur de 300 millions d’euros au total par SNCF Réseau, dont 46,5 millions mobilisés pour l’année 2025.

    Les cheminots restent pour autant vigilants quant aux conséquences de l’informatisation. Robin Matta souligne que « les métiers liés à l’aiguillage informatisé sont des postes de niveau maîtrise, alors qu’à l’aiguillage mécanique ce sont des exécutants. La formation et la rémunération doivent suivre cette montée en compétences. »

    Selon le syndicaliste, les petits postes d’aiguillage comme celui de Rognac seront supprimés à terme. « Avec le syndicat CGT, nous suivons le processus de reclassement en cours pour que les agents restent sur le bassin d’emploi et puissent monter en compétences » sur les nouveaux postes.

  • Vente de billets TER à la Poste : un colis amer pour la CGT

    Vente de billets TER à la Poste : un colis amer pour la CGT

    En juin dernier, la Région a voté l’extension de son réseau de points de vente TER, avec l’intégration de La Poste comme nouveau partenaire. 26 communes seront à terme concernées dont 3 en Vaucluse : Pertuis, Bollène et Sorgues. Une mesure qui ne passe vraiment pas comme une lettre à La Poste pour la CGT Cheminots de Vaucluse. « C’est assez incompréhensible alors qu’il y a trois ans, les guichets ont été fermés à Sorgues et Bollène et que 40% des billets sont encore achetés de manière matérielle », dénonce Loïc Guigou, secrétaire général CGT Cheminots 84, qui tenait un point presse, ce jeudi.

    En Vaucluse, seules les gares d’Orange et d’Avignon centre et TGV disposent encore de guichets physiques. Il y a deux ans, ceux de L’Isle-sur-la-Sorgue, Montfavet et Cavaillon avaient disparu. « Beaucoup d’usagers ont encore du mal à prendre un billet à l’automate, il y a quelques équipes mobiles habilitées à vendre des billets, mais qui ne sont pas là en permanence et ne peuvent que renvoyer vers les automates en raison de problèmes de connexion de réseau », déplore Florence Umbert, secrétaire à la politique financière CGT Cheminots. Le syndicat fait aussi remarquer que les horaires d’ouverture de bureaux de poste ont tendance à se réduire, quand certains établissements ne ferment pas. « À Bollène, La Poste est à 5 km de la gare », note Loïc Guigou.

    Sollicitée, la Région n’a pu nous répondre que partiellement dans l’immédiat. « Les habitudes d’achat des usagers des TER ont changé, aujourd’hui, plus de 80% des ventes se font sous format digital », justifie la collectivité. « Logique, vu que les guichets physiques ferment », analyse le secrétaire général CGT Cheminots. La Région note qu’outre le partenariat avec La Poste, d’autres sont engagés avec des buralistes (à Sorgues et Carpentras notamment) et des offices de tourisme. Dans toute la région, « les points de distribution physique des titres de transport passent ainsi de 93 en 2019 à 109 en 2025 », chiffre la collectivité. Un service finalement moins « accessoire » que prévu comme le clamait il y a deux ans, lors de la fermeture de guichets en Vaucluse, Jean-Pierre Serrus, vice-président (Ren.) en charge des transports.

    Lors du vote de la mesure avec la Poste, Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région, revendiquait « répondre à une priorité : garantir un accès équitable aux services publics, y compris dans les zones rurales ». « Oui, approuve Loïc Guigou, mais si on veut un service public ferroviaire de qualité, il faut rouvrir les gares de Piolenc ou Mondragon, mais aussi Barbentane, où la demande est forte. »

  • Coup de frais dans les rames des trains régionaux

    Coup de frais dans les rames des trains régionaux

    Ce jeudi matin, certains voyageurs vauclusiens des trains express régionaux (TER) pourraient sentir l’odeur du neuf en montant à bord à Avignon, Carpentras ou à la gare TGV. Une des deux rames neuves Regiolis, réceptionnée par la Région, va transporter ses premiers passagers. Ce mercredi après-midi, la Région a fait la présentation, au sein du technicentre d’Avignon, lieu de maintenance et nettoyage de TER. Si l’œil profane ne remarquera pas de révolution sur les deux rames, « des aménagements vélos, un meilleur accès aux personnes à mobilité réduite et des prises entre chaque siège », font partie des nouveautés, expose Jean-Pierre Serrus, vice-président (Ren) de la Région en charge des transports.

    Quelque 230 passagers et jusqu’à 300 debout pourront être transportés. La seconde rame, qui vient d’être réceptionnée, sera mise en service d’ici à décembre et rejoindra les quelque 150 TER de la région, effectuant 700 trajets quotidiens. Un investissement de 21,8 millions d’euros pour les deux rames.

    En outre, sur une voie presque mitoyenne, une rame quasi neuve est aussi mise en avant. En réalité, elle a déjà une quinzaine d’années de service, mais sort de 4 mois d’une grande révision à Périgueux (Dordogne). « Tout est démonté, il ne reste que l’ossature, les sièges sont changés, on met de la lumière LED, d’autres caméras, le moteur et les roues sont aussi inspectés », précise François Milhet, en charge du dépannage des rames pour la SNCF. Une opération dite à mi-vie, permettant aux rames de repartir pour 20 ans. Un total de 29 rames sera ainsi réhabilité d’ici à 4 ans, pour un montant de 123 millions d’euros.

  • Ouverture à la concurrence : les cheminots plus que vigilants

    Ouverture à la concurrence : les cheminots plus que vigilants

    Après l’annonce de l’attribution du troisième lot de lignes de Trains express régionaux à la SNCF, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence dans la Région Sud, les syndicats de cheminots montent au créneau.

    Voté vendredi dernier lors de l’assemblée plénière du conseil régional, c’est l’opérateur public historique qui a remporté le bras de fer face à Transdev, dans le cadre d’un nouvel appel d’offres. Concrètement, la SNCF garde la main sur cinq lignes, celles de l’est de la Provence et situées autour de Marseille (Marseille-Hyères, Marseille-Les Arcs, Marseille-Pertuis), mais aussi la fameuse ligne des Alpes, au cœur de la planification en vue des Jeux olympiques d’hiver 2030 (Marseille-Briançon et Briançon-Valence). Elle garde la main ou presque, puisque c’est encore via une filiale que l’entreprise a candidaté. « La société dédiée SNCF Voyageurs Sud Alpes Méditerranée opérera, pour le compte de la Région Sud et pour une durée de 10 ans, à compter de décembre 2029 », explique SNCF Voyageurs dans un communiqué de presse.

    De quoi inquiéter les cheminots. « On est très mitigés. On se satisfait que l’entreprise historique remporte cet appel d’offres. Mais on est très critiques sur cette fragmentation du réseau », analyse François Tejedor, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca. Il en veut pour preuve « les premières conséquences sur les lots 1 et 2 déjà ouverts à la concurrence », c’est-à-dire les lignes de l’étoile niçoise de la filiale de la SNCF Sud Azur et le Marseille-Nice de Transdev. « Il y a des difficultés dues au cloisonnement du service public, du fonctionnement par monceau. Le système ferroviaire n’est pertinent qu’avec un phénomène de mutualisation et de réseau unifié », développe-t-il. Des ateliers différenciés pour les sociétés respectives, et donc plus coûteux, mais aussi « des problèmes à la fois de correspondance et d’information aux voyageurs » sont cités comme points noirs.

    Un dumping social

    à venir ?

    Dans les deux cas, son syndicat pointe « des résultats similaires » en comparaison avec la période où la SNCF historique était aux manettes en matière de retard et de ponctualité. « Le service rendu n’est pas au rendez-vous tel que la Région le prévoyait, ils sont dans le positivisme permanent », tonne-t-il.

    Mais c’est surtout la question du transfert de compétences et des cheminots qui inquiète le plus les syndicats. Dans un communiqué de presse, Sud-Rail Paca s’interroge quant aux promesses de la Région pour ce troisième lot : « 30% de trains en plus, 30% moins cher ? Mais comment ? » Avant d’avancer une piste de réponse : « Le fait de créer une filiale pour chaque appel d’offres correspond à la volonté de remettre en cause les droits des salariés et de mettre en place le dumping social. » Car, comme pour la filiale Sud Azur, un transfert des cheminots de la SNCF historique est à prévoir, d’une entité à une autre. Et qui dit transfert, dit volontariat, ou pas, mais aussi remise en cause des accords d’entreprise. « Il y a environ 650 agents concernés par le transfert. (…) Suite au transfert, tous les anciens accords collectifs SNCF cesseront après un délai de 15 mois », développe l’organisation.

    En résumé : « C’est sur le dos des cheminots qu’ils cherchent à réduire les coûts pour être conformes au contrat », selon François Tejedor.

  • La Région poursuit sa « révolution du ferroviaire »

    La Région poursuit sa « révolution du ferroviaire »

    « On garde le cap et on assure la stabilité. » À la veille de la plénière du conseil régional, le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.), ne semble pas perturbé par l’instabilité politique nationale et internationale. Au contraire, il y oppose « son fil conducteur : la COP d’avance, la préparation des JO d’Hiver et une politique financée et finançable, opérationnelle avec un calendrier rigoureux ».

    Le tout, symbolisé par la poursuite de sa « révolution ferroviaire », alias l’ouverture à la concurrence des lignes TER dans la région. Après l’attribution de deux premiers lots en 2021, les lignes de l’étoile niçoise à une filiale de la SNCF (Sud Azur) et Marseille-Toulon-Nice à l’opérateur privé Transdev, il annonce la mise au vote de l’attribution d’un nouveau lot lors de la séance plénière du conseil régional, ce vendredi. « Pour le 3e lot, on va avoir 30% de trains en plus et 30% moins cher », promet-il. « Dans cet appel à manifestation d’intérêt, le vainqueur est la SNCF, face à Transdev. La SNCF arrive en tête dans 4 critères sur 5, et ex æquo pour le 5e. » Sans surprise, il se dit « satisfait » des résultats de l’opérateur privé pour le Marseille-Nice, mais il note tout de même que « la SNCF, quand ils accélèrent, ça marche ».

    Des investissements massifs en lien avec les JO

    Comme quoi le service public a bon dos. « Dans la compétition qui a été engagée grâce à l’appel à projet, on se retrouve avec une SNCF qui est imbattable pour ce 3e lot », développe-t-il. Concrètement, ce lot concerne cinq lignes d’importance, dont la fameuse ligne des Alpes, qui est au cœur de la desserte des prochains JO d’hiver et qui va bénéficier de centaines de millions d’euros d’investissements, en vue de l’événement. Dans le détail, les lignes concernées sont donc celles de Marseille-Aubagne-Toulon-Hyères, de Marseille-Toulon-Les Arcs, de Marseille-Aix-Pertuis, de Marseille-Gap-Briançon et enfin celle de Briançon-Gap-Valence.

    Côté chiffres, Renaud Muselier annonce un coût de « 2,5 milliards d’euros ». Lesquels se décomposent en 1,8 milliard pour l’exploitation, 328 millions pour l’achat de 25 rames neuves, mais aussi « 48 millions pour la rénovation des centres de maintenance de Marseille-Blancarde et Briançon », toujours selon le président de Région. Il prévoit 4 ans de préparation jusqu’en décembre 2029, pour 10 ans d’exploitation. Reste à connaître la réaction des cheminots et de leurs organisations syndicales, bien peu friands de la filialisation de la SNCF, qui va de pair avec l’ouverture à la concurrence.

    De quoi faire le lien avec les Jeux d’Hiver 2030, chers au président de région, et d’autres mesures qu’il va mettre au vote ce vendredi : « Je suis content car j’ai le plan trains qui arrive avec, ça me permet de justifier la baisse du versement mobilité des entreprises. »

  • Des gares sans guichet et des billets TER vendus à La Poste

    Des gares sans guichet et des billets TER vendus à La Poste

    Sisteron, La Brillanne, Aspres, Serres, Chorges, Veynes, Cros de Cagnes, Breil-sur-Roya, Tende, La Trinité, L’Escarène, Sospel, Villeneuve-Loubet, Biot, Martigues, Cassis, Istres, Sausset, Vitrolles, Tarascon, Salon, Port-de-Bouc, La Garde, Sorgues, Bollène et Pertuis. Progressivement, dans ces communes aux gares dépourvues de guichet SNCF ou à amplitude limitée, il faudra se rendre au bureau de Poste pour se voir délivrer son billet de train.

    Une nouveauté orchestrée par la Région Sud et la SNCF qui ne va pas dans le sens de la réhumanisation des gares et qui fait bondir le syndicat cheminots. « Les guichets ne sont pas seulement un point commercial de vente, réagit François Tejedor, secrétaire général CGT des cheminots de Paca. Les cheminots rendent aussi un service après-vente, une aide et une information en cas de situation perturbée, une orientation aux usagers ». Pour le syndicat, cette mesure est un nouveau pas vers la fin du service public du rail engagé par le président de Région Renaud Muselier (Ren) avec « l’ouverture anticipée des lignes TER à la concurrence, la fermeture massive des guichets et la suppression de la présence des cheminots dans les gares ».

    Aller chercher son colis à Monoprix, passer son code de la route ou prendre un billet de train à La Poste… La casse des services publics, en plus de tuer les métiers, a de quoi déboussoler l’usager devenu client. La CGT cheminots de Paca demande la réouverture des guichets en gare.

  • Un projet pour verdir et pérenniser l’industrie

    Un projet pour verdir et pérenniser l’industrie

    « On fait un échange comme au collège ! » plaisante Robin Matta, secrétaire du syndicat CGT des cheminots en région Paca, en montant les escaliers des locaux de Miramas ce jeudi 25 septembre. Le matin même, les travailleurs du rail visitaient les installations de la centrale de Gardanne. L’après-midi, retour à l’envoyeur. Alors que la contestation sociale bat son plein et que les syndicats sont accusés de toute part de bloquer le pays, les organisations des deux industries présentent un projet de chaîne logistique décarbonée entre le Grand Port maritime de Marseille et l’exploitation de GazelEnergie.

    Depuis le redémarrage de l’unité biomasse en avril 2022, près de 240 000 tonnes de biomasse (sur les 400 000 tonnes nécessaires au total) doivent être acheminées de l’international chaque année pour produire de l’électricité. « Aujourd’hui, GazelEnergie préfère le transit par camions, ce qui représente 100 camions par jour avec tout ce que ça incombe en termes de pollution, de détérioration et de surcharge du réseau routier, explique Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site. La décarbonation ne passe pas que par la limitation des émissions du process, mais aussi par l’approche de nos intrants et leur acheminement. » Le syndicat revendique donc le retour de l’activité ferroviaire qui était en place jusqu’en 2019.

    Cette solution reposerait sur la voie ferrée Miramas/Aix-en-Provence via Rognac, qui servait autrefois à l’envoi de bauxite en direction de Pechiney, aujourd’hui Alteo, pour la production d’alumines. « Les infrastructures existent, mais jusqu’à quand ? demande Robin Matta. Il n’y a plus aucun train qui circule sur cette voie, qui est donc en péril. Pour nous, il y a urgence à maintenir un trafic sur cette ligne. Il y va de sa survie. Nous portons également un projet de développement en termes de service voyageurs pour partir de Miramas et aller à Aix en direct, sans avoir à passer par Marseille. »

    À moyen terme, la future activité de production de biométhane de la centrale de Gardanne pourrait également reposer sur le transport ferroviaire, évitant la circulation de vingt camions supplémentaires par jour.

    Un choix politique

    La CGT assure que cette solution n’engendrerait pas de coût supplémentaire en termes de travaux tout en pérennisant les emplois. « Pour la gare de triage de Miramas, ça nous permettrait de retrouver plus d’une cinquantaine d’emplois que nous avons perdus depuis 2019 », calcule Robin Matta. Du côté de la centrale, il s’agit d’assurer l’avenir des 27 salariés licenciés qui seront réembauchés dès le mois de décembre, selon les termes du protocole signé entre le syndicat et la direction.

    Le secrétaire CGT des cheminots Paca fait le lien avec la mobilisation sociale actuelle : « Nous voulons produire, c’est ce que nous disons aux services de l’État et à nos entreprises : il faut arrêter de liquider nos outils industriels. Sans appareil productif, nous ne pourrons pas régler nos problèmes de financement de notre sécurité sociale, de nos services publics ou d’augmentations salariales. Il s’agit d’investissements et de choix politiques. »

  • Les conducteurs de train en grève pour leur salaire

    Les conducteurs de train en grève pour leur salaire

    Les conducteurs débrayent à l’appel de la fédération CGT des cheminots ce mercredi 24 septembre. Une date « qu’on ne sort pas du chapeau », affirme Rémi Hours. C’est le jour où doit se tenir la deuxième table ronde sur la prime de travail des agents de conduite de la SNCF. « Ça fait des années qu’on discute avec la direction sur ces sujets-là sans que ça aboutisse, poursuit le secrétaire général CGT des cheminots de Marseille. On demande à ce que cette prime de traction soit pérenne, avec une base garantie pour l’ensemble des personnels et une part variable. »

    Actuellement, « les conducteurs ont un traitement de base assez faible compte tenu de leurs qualifications, et en fonction de ce qu’ils produisent (le nombre de kilomètres, de trains différents, leurs particularités), ils obtiennent une prime de traction ». Un mode de calcul « imaginé il y a trente ans » qui concerne plus de 15 000 salariés et qui mérite d’être réajusté vu la mutation du système ferroviaire, selon le syndicaliste.

    « C’est un vrai sujet pour la SNCF parce qu’on est un des métiers de l’entreprise en tension, affirme Rémi Hours. Le poste est de moins en moins attractif : il n’y a plus de statut pour les personnes embauchées depuis 2021, elles relèvent du privé, ont la retraite à 64 ans et ne sont jamais chez elles. »

    Après les journées de mobilisation du 10 et du 18 septembre, la CGT n’attend pas un mouvement massif, même si des perturbations sont à craindre. « On a relancé l’appel vendredi pour demain, donc le délai est serré, explique le secrétaire général. Ça ne veut pas dire que les conducteurs sont pas sensibilisés et qu’ils ne sont pas prêts, si besoin est, d’aller sur une grève longue et dure. »