Tag: Service public

  • À Arles, l’opposition rejette un budget jugé trop fragile

    À Arles, l’opposition rejette un budget jugé trop fragile

    Un mois après le second tour des élections municipales, la présentation du budget primitif 2026 figurait à l’ordre du jour du conseil municipal d’Arles. Une séance fleuve, marquée par l’examen de 82 délibérations, pour plusieurs heures de discussions.

    Le budget présenté par l’adjointe aux finances, Sylvie Petetin, s’articule en deux volets. Le premier porte sur le compte financier unique 2025 de la Ville, qui affiche 158 millions d’euros de recettes pour 144 millions de dépenses, soit un excédent de 14 millions d’euros. Celui-ci résulte du report d’excédents des années précédentes, d’une participation exceptionnelle de l’État et d’un recours à l’emprunt plus faible que prévu au cours des deux dernières années.

    Une épargne à 1,12 %

    Pour 2026, l’adjointe a présenté un budget de 170,73 millions d’euros, à l’équilibre entre recettes et dépenses, dont la charge principale demeure la masse salariale. Un élément soulevé par l’opposition hors gauche. « La masse salariale était de 5 millions d’euros en 2020, contre 62,5 millions en 2026, soit près de 60% des dépenses », pointe Jean‑Michel Jalabert, ancien premier adjoint (DVC) du maire Patrick De Carolis (Horizons). « J’avais donné l’alerte sur le sujet. Ce budget donne l’illusion de solidité, pour combien de temps encore avec une épargne ridicule ? », tance l’élu. « Je trouve ça fort de votre part sachant que j’ai alerté depuis 2021 sur les DRH qu’on laissait filer », rétorque Sylvie Petetin. « Qui a porté les négociations pour le passage aux 1 607 h ? Cherchons le responsable et on trouvera la lumière », souffle le maire, accusateur.

    À gauche, le budget est perçu comme « une continuité claire » des « certitudes dictées plus par la communication que par le quotidien des Arlésiens », selon Jean-Frédéric Déjean (PCF). « Vous avez choisi de réduire la dette sans toucher aux investissements ou la fiscalité, en augmentant le tarif du service public, pendant que la moitié des investissements sont financés par ce qui était autrefois du fonctionnement », analyse l’élu communiste, qui parle d’« impact sur la propreté, l’entretien des espaces publics et de qualité des services ».

    La 1ère adjointe, Mandy Graillon (DVD), se dit « étonnée » d’une « hypothétique baisse de service ou d’augmentation d’investissement en dépit du service aux habitants (…) Citez-nous des exemples ! Nous avons augmenté les places en crèche, les subventions au CCAS, triplé les subventions aux centres sociaux, fermé aucun service, seulement maintenu ou étendu des services ».

    En définitive, le budget a été adopté sans les voix de l’opposition, qui pointe un manque de solidité, notamment au regard d’une épargne jugée « extrêmement faible, à 1,12% », relevée par Jean-Michel Jalabert. Un indicateur qui constitue le « cœur de la solidité d’une commune », selon Jean-Frédéric Déjean. « Nous sommes précautionneux avec un fonds de roulement de 90 jours et des prévisions en dessous du réel », assume Sylvia Petetin.

    Les délégations

    Mandy Graillon, 1ère adjointe à la démocratie de proximité, relations aux usagers, sécurité, prévention de la délinquance, traditions

    Cyril Juglaret, 2e adjoint délégué à l’activité, transports, mobilités

    Claire de Causans, 3e adjointe délégué à la culture, patrimoine, vie associative

    Pierre Raviol, 4e adjoint délégué à la gestion des risques, l’hydraulique, l’irrigation, Rhône

    Sylvie Petetin, 5e adjointe aux finances, fonds européens, urbanisme, foncier

    Sylvère Bastien, 6e adjoint à l’éducation, écoles, enseignement supérieur

    Claire Mailhan, 9e adjointe à la transition écologique, espaces naturels, agriculture, aménagement du territoire, Gageron, Gimeaux.

    Antoine Parra, 10e adjoint à la voirie, éclairage public, bâtiments communaux, Plan-du-Bourg

    Ilham Bouaroua, 11e adjointe à la jeunesse, centres de loisirs, vie étudiante, Bariol

    Gérard Quaix, 12e adjoint à la police rurale et Raphèle

    Martine Gournes, 13e adjointe au social, solidarités, logement CCAS

  • La Poste de Gap réduit ses horaires au Carré Pro, les usagers protestent

    La Poste de Gap réduit ses horaires au Carré Pro, les usagers protestent

    Depuis près d’un mois, la direction du Carré Pro de La Poste de Gap a supprimé une heure de service sur la pause méridienne, entre 12h30 et 13h30. Depuis, le personnel reçoit des courriers de plainte de la part de clients habituels, en particulier des professionnels, pour qui la perte de ce créneau horaire nuit à leur activité.

    « Je suis venue un jour, comme souvent, livrer mes colis entre midi et deux. Et là je découvre que c’est fermé. Or c’était pratique parce que c’était un moment plus calme, où le guichet et plus accessible », rapporte Anne-Marie, gérante de la boutique de chaussettes Coccinelles à Gap, qui envoie régulièrement des commandes via ce service. « C’est dérangeant parce que ça n’aide vraiment pas à la fluidité des entreprises », estime-t-elle.

    Le créneau compris entre 12h et 14h était particulièrement apprécié des commerçants, comme Frédéric Morgan, gérant d’Optimum, une entreprise de support en publicité visuelle : « Ça me permettait de faire des opérations d’envois et retraits en dehors des horaires d’ouverture de notre commerce. Et je soutiens également, en particulier, les salariés à l’accueil du Carré Pro […]. J’ai pu constater qu’en rouvrant à 14h, ils faisaient face à une grande affluence, source de tensions. »

    « Nous restons

    un service public »

    Après plusieurs semaines de réception de courriers, la CGT Fapt des Hautes-Alpes a publié ce lundi un communiqué dénonçant une « décision mise en œuvre sans information préalable des usagers concernés, ni mise à jour des horaires en ligne, provoquant incompréhensions et déplacements inutiles ». Le syndicat dit avoir reçu entre vingt et trente courriers, principalement de professionnels, « exprimant leur incompréhension et leurs difficultés face à ces changements », et affirme que ces horaires ajoutent aux salariés des « contraintes supplémentaires dans des journées de travail déjà chargées ».

    « On nous a dit clairement que maintenir cet horaire, ce n’était pas rentable, rapporte Gilles Garcia, salarié syndiqué de La Poste. Mais nous, nous considérons que même si La Poste est devenue une entreprise privée, on rend toujours une mission de service public, surtout dans un territoire où ces services disparaissent comme neige au soleil. » Dans son communiqué, la CGT Fapt 05 dénonce par ailleurs une évolution qui « s’inscrit dans une dynamique plus large de réduction des services postaux sur le territoire, notamment pour les professionnels. À Tallard, Chorges ou encore Saint-Bonnet, les usagers entreprises doivent désormais réaliser eux-mêmes certaines opérations d’affranchissement. » Le syndicat estime que c’est en creux « la question du service public postal qui est posée ». Un service qui « ne peut pas être piloté uniquement par des logiques de rentabilité ».

    Contactée, la direction explique que sa décision « repose sur une analyse de la fréquentation, qui ne justifiait pas une ouverture en continu sur ce créneau ». Elle précise que l’espace pro reste toutefois « largement accessible », étant ouvert 8h30 par jour du lundi au vendredi et 4 heures le samedi matin. La direction assure également avoir informé les clients trois semaines avant l’entrée en vigueur des nouveaux horaires, « par voie d’affichage en salle et en direct par les chargés de clientèle ».

  • Débat budgétaire houleux dans une ambiance délétère à Fos

    Débat budgétaire houleux dans une ambiance délétère à Fos

    Le débat autour du rapport sur les orientations budgétaires, qui a conclu le 3e conseil municipal jeudi, a été pour le moins tendu. Le maire d’extrême droite Philippe Maurizot, soutenu par le député RN Franck Allisio, a déclaré présenter un « budget techniquement sécurisé » dans « un contexte de transition institutionnelle », afin d’« assurer la continuité du service public, sécuriser les équilibres financiers et poursuivre les opérations déjà engagées ».

    « Une marge limitée »

    L’opposant Nicolas Féraud (PCF) a presque eu peine à s’exprimer sur ce point, à l’heure de questionner sur des choix de long terme. « L’épargne brute [4 886 000 euros, Ndlr] de 2026 intègre des recettes qui ne seront pas reconduites… Ce qui laissera une marge d’autofinancement limitée. Quelle sera cette épargne à horizon 2027-2028 ? » demande l’élu, sous les huées des partisans du maire. L’édile agite l’épouvantail : « Nous sommes dans une phase de transition, dans un monde en guerre, avec des incertitudes majeures sur le prix du carburant, les attributions de compensation de la métropole, et vous demandez des réponses qui relèvent de la boule de cristal ! On va en budgéter une, peut-être on la trouvera sur Temu », ironise-t-il.
    « Peut-être en aurez-vous besoin pour savoir quand votre ami Trump arrêtera de bombarder l’Iran », rétorque le communiste, coupé par les hurlements de l’assemblée.

    De son côté, l’autre opposant (PS) Jean-Michel Leroy, parle « d’inaction de la mandature précédente » au vu des 12 millions d’euros non utilisés du précédent budget. Il insiste sur « le besoin, pour une collectivité, de voter un budget à l’équilibre qui, autrement, perçoit des impôts pour rien ». Puis il pointe le « besoin de manager pour cette armée de fonctionnaires, à 80% exécutante, sans chefs ni missions claires », dont « 101 vacataires, dont je vous invite à réfléchir à une manière de régulariser leur situation, il n’y a rien dans le budget de ce point de vue », conclut-il.

    Philippe Maurizot, bien que remerciant « une analyse tout à fait exacte », affirme « aller de surprise en surprise depuis trois semaines ». Et va jusqu’à parler de « cadavres dans les tiroirs ». « Alors quand on me demande “qu’est-ce qu’on attend pour faire”, je reste calme mais j’en pense pas moins » répond l’édile, sous des applaudissements forcés. « On a vécu bien plus que des sarcasmes en 20 ans, habituez-vous à plus que ça », assume-t-il. Tout un style.

  • Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    Des « supers voyageurs » tranquillisés et autonomes

    « Je me suis pris une amende alors que j’étais en règle, ça m’a pas trop fait rigoler. Et je leur ai dit parce que beaucoup de jeunes qui travaillent ici ont eu des problèmes. C’est parti de moi l’initiative. » Comme Dylan et Kevin, trisomiques, Théophile, lui atteint du syndrome de l’X-fragile, prend le train depuis Marseille pour venir travailler à la « Gare des étoiles », initialement la halte SNCF de Niolon. Un tiers-lieu investi depuis 4 ans par l’association « T’Cap 21 » qui propose de la restauration aux voyageurs avec son « Train Inc Café », permettant aussi aux jeunes de travailler en cuisine, au service ou à la plonge, sans oublier une multitude d’activités et d’actions pour l’inclusion. Et ces employés en témoignent, pour eux, se faire contrôler à bord du TER peut être une véritable épreuve, engendrant stress et incompréhension.

    La mauvaise expérience de Théophile a interpellé Julianne, conductrice de train sur la ligne Marseille-Miramas et membre de T’Cap 21 qui faisait déjà le lien avec le « Train Inc Café » en organisant des opérations « citronnades » où les jeunes apportaient sur le quai de quoi désaltérer les personnels de la SNCF. Elle en discute avec sa collègue Orkia, contrôleuse. « Je me suis dit il faut qu’on fasse quelque chose, qu’on puisse intervenir et qu’on les rassure ces jeunes. Moi je suis contrôleuse, je ne suis pas méchante », explique cette dernière.

    Sensibiliser les agents

    de la SNCF

    La hiérarchie a suivi. L’idée vient de démystifier le contrôle en y faisant participer les jeunes sur une journée puis de les munir d’un cordon avec un badge spécifique de « super voyageurs » pour leurs déplacements. « Avec cette identification forte, cela leur permet d’être visibles et d’éviter le stress de chercher l’abonnement dans le sac », explique Andrine Bernard, directrice des lignes TER Ouest Provence, pour qui « ce projet a pointé du doigt le fait que nos salariés, dans le cadre de leur formation, doivent être sensibilisés à tous nos voyageurs et toutes les situations qu’ils peuvent rencontrer », reconnaissant que « jusqu’à présent, c’est vrai qu’on était focalisés sur la partie sûreté, gestes et postures, potentiellement avec des voyageurs sans titre de transport ou avec un tarif non adapté ».

    Pour Nora, trésorière de T’Cap 21 et maman de Kevin, 32 ans, un des quinze « supers voyageurs », l’autonomie de son fils est primordiale. « Depuis ces 15 ans, il prend le taxi seul. Mon mari est décédé, je travaillais, on n’avait pas le choix. Là il va au café deux jours par semaine puis, le reste du temps, dans un foyer parce qu’il n’aime pas rester seul. La solitude est un poids. Il se débrouille, il fait un trajet d’une heure et demie tous les matins, tous les soirs », raconte-t-elle. Kevin nous montre fièrement son abonnement avec lequel il va aussi voir sa copine dans Marseille. « Dans le train, je suis avec le casque, dans ma bulle et avec le badge, et puis aussi Julianne, je suis rassuré », confie-t-il.

    La SNCF imagine développer le projet sur d’autres lignes, avec le soutien de la Région dont le représentant, Jean-Pierre Serrus (Ren.) est venu « en observateur ». « On accompagne cette initiative. La Région prend là des idées opérationnelles sur ce qu’on peut faire de plus pour que notre service public s’adresse à tout le monde… En particulier. On va réfléchir comment on va essaimer », annonce l’élu.

    Pour Julianne et Orkia, il faut aller plus loin : « Ces jeunes sont ceux qu’on connaît, qu’on aime, on est fiers d’eux mais on pense aussi à toutes les autres personnes en situation de handicap visible ou non, et pas que. Il y a aussi des personnes qui manquent de repères et pour qui prendre le train est une épreuve. Pourquoi pas étendre cette sensibilisation à ces gens-là aussi… »

  • La convention du casino de La Ciotat annulée

    La convention du casino de La Ciotat annulée

    Le contrat de délégation de la gestion et de l’exploitation du casino municipal conclu entre la commune de La Ciotat et la société Pleinair Casino le 28 octobre 2024 est annulé. Cette annulation prendra effet à compter du 31 décembre 2026. » Ainsi a tranché vendredi le tribunal administratif dans ce feuilleton à rebondissements depuis plusieurs années.

    Le bâtiment du casino municipal de La Ciotat a été construit pour 15 millions d’euros par Partouche Immobilier qui le louait à la société Pleinair Casino, filiale du groupe Partouche et donc sous son contrôle. Ce complexe de jeux en plein air situé sur l’avenue du Parc a été inauguré en juin 2017 en remplacement de l’ancien casino les Flots bleus de l’avenue Wilson, transformé depuis en halle gastronomique.

    Il devait assurer à Partouche une position dominante pour se maintenir encore jusqu’en 2035 avec un chiffre d’affaires prévisionnel minimal de 130 millions d’euros. C’était sans compter l’assaut juridique mené par un concurrent belge, la société du Grand Casino de Dinant. En avril 2024, les juges ont annulé une première fois cette délégation bancale de service public, estimant que le cahier des charges de l’appel d’offres était entaché d’un vice : il imposait que l’exploitation ait lieu dans un bâtiment propriété de la société Partouche immobilier, rompant l’égalité entre les candidats.

    Par une seconde convention signée en octobre 2024, la commune de La Ciotat a délégué pour une durée de 11 années la gestion et l’exploitation des jeux du casino municipal à la société Pleinair Casino. Cette convention était censée remettre le montage juridique sur de bons rails. Mais elle niait la réalité que la commune était devenue propriétaire du bâtiment. Le tribunal le lui rappelle en énonçant que « les biens nécessaires au fonctionnement du service public ainsi confié au cocontractant, alors même que des jeux de casino y sont installés, constituent des biens de retour et appartiennent à la personne publique contractante ».

    Un vice « d’une particulière gravité »

    De sorte que le bâtiment du casino construit sur un terrain nu acheté à la commune est devenu – et cela gratuitement – la propriété de la commune de La Ciotat à l’issue des 18 ans de durée du contrat de concession signé en juin 2004. La société Partouche Immobilier ne peut se prévaloir d’une atteinte rétroactive à son droit de propriété. Aussi l’article 3 du cahier des charges de la convention bien mal rédigée par la commune et qui énonçait que « le bâtiment n’est pas propriété de la commune mais d’un propriétaire privé » est illégal et viole le Code de la commande publique.

    Ce point est indiscutable selon les juges. Il ne pose « aucune question sérieuse d’interprétation » au regard du droit de l’Union européenne et des grands principes du droit. Cette illégalité commise par la commune de La Ciotat est d’une « particulière gravité » et est donc non régularisable. « S’agissant d’un service non essentiel », l’annulation de la convention d’exploitation s’impose. Le tribunal a différé la date de prise d’effet au 31 décembre 2026. Une mise en concurrence régulière devra être organisée d’ici là.

  • La dématérialisation de la déclaration des revenus divise

    La dématérialisation de la déclaration des revenus divise

    Alors que la Direction départementale des finances publiques présentait ce vendredi 10 avril les particularités de ce début de campagne de déclaration des revenus 2025, qui s’est ouverte ce jeudi 9 avril, une longue file d’attente pour accéder au guichet physique apparaît derrière les membres de l’équipe de direction. Un accueil physique visiblement très demandé.

    C’est exactement ce que la CGT des Finances publiques de Vaucluse clame. Une dizaine de membres du syndicat se sont ainsi mobilisés ce jeudi 9 avril devant la porte fermée du service pour illustrer leur propos. « C’est à nouveau fermé le jour de l’ouverture alors que des gens se déplacent exprès. Le service public n’est plus rendu correctement », assure Lionel Chabert, secrétaire adjoint de la CGT FIP84. Le syndicat pointe une « exclusion des plus vulnérables dans un des départements les plus pauvres de France ». Les points d’accueil physique, il y en a 5 en Vaucluse, à savoir Orange, Avignon, Carpentras, Apt et Cavaillon. Mais ceux-ci sont ouverts sans rendez-vous les lundis, mercredis et vendredis matin, soit 12 heures par semaine. La CGT estime que « les usagers sont contraints de s’adapter aux restrictions horaires arbitraires, créant des tensions inutiles et une surcharge de travail pour les agents ». La campagne court jusqu’au jeudi 4 juin.

    Michel Laffitte, directeur de la DDFIP, explique de son côté qu’il a pris cette décision à l’aide de la remontée de données chiffrées et qu’il y a « une plus forte demande de réponse au téléphone que de déplacements physiques. Faire les deux en même temps était trop lourd pour les agents », pointant que 80% des demandes sont résolues avec un coup de fil, sans besoin de se déplacer. « On est obligés de faire des choix et de s’adapter », poursuit-il, évoquant des effectifs qui baissent de 1 à 2% chaque année. Et vante aussi le développement des maisons France services, qui sont au nombre de 28 un peu partout sur le territoire. « Les agents de ces endroits sont formés pour les premières étapes. Et ils peuvent même prendre rendez-vous avec nos services depuis là-bas si nécessaire, ou encore imprimer des papiers », abonde-t-il. Des permanences de la DDFIP y sont également prévues.

    Dons aux organismes

    D’autres nouveautés et données de cette campagne ont été exposées par les équipes de direction. Comme par exemple l’évolution des régimes des locations meublées non professionnelles. Depuis la loi Le Meur du 19 novembre 2024, si le seuil de revenus issus de ces logements pour les particuliers dépasse les 15 000 euros par an, contre 77 000 auparavant, ceux-ci doivent être déclarés différemment, comme une entreprise, et l’abattement sur les revenus est passé de 50 à 30%. La réduction d’impôt pour les dons aux organismes d’aide aux personnes en difficulté est, elle, rehaussée à 2 000 euros, contre 1 000 euros en 2025.

  • À Istres, Robin Prétot lance l’audit financier de la Ville

    À Istres, Robin Prétot lance l’audit financier de la Ville

    C’était une promesse de campagne. Ce jeudi 9 avril, lors du premier conseil municipal – une séance « de transition et d’installation » pour la nouvelle majorité de Robin Prétot (LR) – l’assemblée a voté à l’unanimité le lancement d’un audit des finances et des ressources humaines de la Ville.

    Alors que le débat d’orientation budgétaire était à l’ordre du jour, ce diagnostic devra permettre de déterminer les « leviers qu’on peut avoir dans l’organisation et le fonctionnement interne de l’administration pour optimiser, rationaliser, économiser un peu d’argent tout en gagnant toujours plus en efficacité dans la gestion et l’accompagnement du service public qu’on doit aux Istréennes et aux Istréens », explique le maire.

    Entre « un contexte national contraint », une « pression » qui s’accentue sur les finances locales avec une baisse des dotations et des aides de l’État, l’adjointe en charge des finances Bérengère Pons-Follea affirme : « L’année 2026 représente une année de vigilance. » Avec une attention particulière portée sur le principal poste de dépense de la Ville : la masse salariale de près de 1 600 agents. « Elle représente deux tiers du budget de fonctionnement, presque 67 millions d’euros, précise-t-elle. (…) D’autres villes de taille comparable comme Salon-de-Provence ou Aubagne ont une masse salariale respective de 42 millions d’euros et 47 millions d’euros. »

    L’avenir de la régie Nexus incertain

    La nouvelle majorité pointe également le déficit structurel « non soutenable » de la régie Nexus (un espace de réalité virtuelle et musée Micro-Folie inauguré en juillet 2025), de l’ordre de -254 000 euros pour 2025 pour 11 000 euros de chiffre d’affaires, soit environ « 50 000 euros de déficit supplémentaires par mois » d’après Robin Prétot. « Il va falloir qu’on arbitre très vite, affirme-t-il. Je n’oublie pas que derrière, il y a des gens qui travaillent. Il va falloir qu’on trouve une solution, pas seulement de transfert d’activité mais aussi de gestion des personnels. (…) C’est aussi dommage de gâcher tout cet investissement. » L’une des options étudiées réside dans le transfert vers un nouveau service public industriel et commercial « que pourrait être le
    bowling
     ». Suzel Ayot, élue d’opposition qui siégeait aux côtés de François Bernardini (ex-PS) lors du dernier mandat, affirme : « Ça ne nous avait pas échappé, nous avions prévu de prendre le sujet à cœur et de trouver une solution pour cet équipement qui a juste un an de vie, qui n’a pas trouvé son public et qu’il fallait restructurer. »

  • L’opposition fosséenne en ordre de marche pour 2033

    L’opposition fosséenne en ordre de marche pour 2033

    Ce n’était « pas prévu initialement », admet Rémi Esnault, mais c’est une « aventure politique et démocratique » à laquelle le groupe « Notre Fos » se prépare. La veille de la première séance du conseil municipal, une quinzaine de membres de la liste qui a récolté 29,32% des suffrages au second tour des élections se réunit au sein de l’hôtel Ariane pour discuter de l’ordre du jour, alors que c’est le candidat adoubé par le label « La Provence qu’on aime » de Franck Allisio (RN), Philippe Maurizot, qui a été désigné maire par 48,24% des votants le 22 mars.

    « Nous sommes cinq à siéger dans l’opposition, commence Nicolas Féraud (PCF). Nous sommes les porte-parole d’un tiers de la population, mais aussi du groupe, avec lequel on a décidé de maintenir le lien pour poursuivre le travail au profit des Fosséennes et des Fosséens. » Des réunions hebdomadaires continueront d’être organisées pour « poursuivre le même engagement que lorsqu’on était aux responsabilités », affirme Rémi Esnault. « On s’inscrit dans le long terme, le groupe va s’affiner, peut-être se reconfigurer pendant le mandat, poursuit-il. Des choses seront faites en parallèle, on va notamment éditer un trimestriel pour continuer d’informer les habitants sur nos actions et de partager notre vision. » L’objectif est clair : « aborder 2033 avec un projet et une équipe solide » tout en évitant « une rupture entre la gouvernance qu’on a eue pendant des années et les prochaines élections municipales ».

    Une autocritique

    Quelques semaines après sa défaite, le groupe a eu le temps d’analyser les résultats. Rémi Esnault pointe d’abord la responsabilité de la « liste félonne à gauche », menée par l’ancien adjoint de René Raimondi Jean-Michel Leroy (PS), sans qui « on avait la majorité », assure-t-il. Quant aux raisons de cette scission au sein de la précédente majorité, des questions restent en suspens : « Est-ce qu’il y a un héritage municipal qui a mal été géré pendant une période avec des dissensions internes qui n’ont pas été assez rapidement et efficacement endiguées ? Peut-être. On a sûrement une part de responsabilité. »

    Le groupe dit être « dans une forme d’effarement de se dire comment Fos a pu à ce point couper brutalement avec l’héritage du service public déployé partout à tout âge ». Dans cette commune, la montée de l’extrême droite s’est faite progressivement, mais c’est la première fois que « la digue » municipale a « cassé ». Charge, désormais, à l’opposition de la réparer.

  • [Grève dans l’éducation nationale] À Avignon, « On veut que le gouvernement assume »

    [Grève dans l’éducation nationale] À Avignon, « On veut que le gouvernement assume »

    « On nous avance sans arrêt le prétexte de la baisse démographique. Mais, en réalité, l’austérité vise l’Éducation nationale. La situation ne cesse de se dégrader », lâche Sylvain Bartet, secrétaire départemental de la FSU en Vaucluse, ce mardi 31 mars, en amont d’un rassemblement devant la direction académique de Vaucluse, à Avignon.

    Une cinquantaine de manifestants ont bravé le mistral pour répondre à l’appel national d’une intersyndicale « pour plus de moyens dans l’éducation ». À Avignon, étaient présents des membres de la FSU, de la CGT, de Solidaires et de l’Unsa. « Nous dénonçons des choix politiques, budgétaires d’abord, synonymes de dégradations des conditions de travail, de poursuite du déclassement salarial de nos professions et d’abandon des ambitions émancipatrices du service public », appuie Sylvain Barthet.

    Le bateau coule

    Dans le premier degré, 46 fermetures de classes et 13 suppressions de postes sont envisagées dans le département. Pour le second degré, un comité social d’administration (CSA) est prévu, ce jeudi 2 avril, à la direction académique de Vaucluse. Le syndicat Force ouvrière a annoncé la tenue d’une manifestation en amont de cette réunion. « On voit le bateau couler d’année en année », ajoute Xavier Cerna, co-secrétaire CGT Éduc’action 84 et enseignant au lycée de l’Arc, à Orange. Les deux responsables syndicaux insistent sur le fait que la baisse démographique, argument utilisé par la direction académique pour justifier les fermetures de classes et les suppressions de postes d’enseignants, « devrait permettre un enseignement de meilleure qualité ». « Il y a dix ans, j’avais 22 élèves par classe. J’en ai aujourd’hui plus de 30 et ça devient très compliqué », illustre le représentant de la CGT. « La départementalisation des remplaçants n’amène rien de bon et ne résoudra aucun problème », ajoute Mélanie Saïsse, autre co-secrétaire du syndicat. « On veut que le gouvernement assume qu’il s’agit de choix politiques, et qu’il privilégie, par exemple, l’armée plutôt que l’éducation », conclut Xavier Cerna.

  • [Grève dans l’éducation nationale] à Marseille, les lycéens toujours mobilisés

    [Grève dans l’éducation nationale] à Marseille, les lycéens toujours mobilisés

    En première ligne depuis le début du mouvement, lancé le 5 mars, les lycéens ne s’essoufflent pas. Déterminés à défendre la qualité de leurs enseignements et les conditions de travail de leurs professeurs, ils prendront part, ce mardi, aux mobilisations organisées dans le cadre de l’appel de l’intersyndicale (FSU, Unsa Éducation, CFDT Éducation formation et recherche publiques, CGT Educ’Action et Sud Éducation), lancé le 20 mars.

    En proie à d’importantes coupes budgétaires, impliquant notamment la suppression de 4 000 postes dans l’éducation nationale, le secteur de l’enseignement est poussé à de sérieuses restructurations à la rentrée 2026. Dans le cas des lycées, c’est d’abord le nombre d’heures d’enseignement délivré qu’on menace de réduire, avec 22 établissements publics concernés dans les Bouches-du-Rhône, dont 11 à Marseille. « Certains de mes proches vont être directement impactés par cette politique d’austérité, s’inquiète Gwendal, élève de terminale au lycée César-Baldaccini (7e) et membre du Mouvement national lycéen 13 (MNL). Des spécialités doivent être supprimées, comme humanité, littérature ou philosophie. C’est triste que les générations futures n’aient pas accès aux dispositifs que nous avons connus nous. »

    D’après un communiqué de Sud éducation, publié le 9 mars, ce sont 80 heures qui devraient être perdues au lycée Nelson-Mandela (12e), 180 heures à Jean-Perrin (10e), 146 à Marie-Curie (5e), 100 à Montgrand (6e), 80 à Diderot (13e) ou encore 77 à Saint-Charles (1er).

    Luc, entré au MNL 13 au début du mouvement et élève de première à Saint-Charles, est, lui, directement concerné par ces importantes baisses de moyens : « 77 heures (…), c’est un énorme impact sur la qualité de l’enseignement qui est donnée. Par exemple, dans les classes de spécialité, qui sont les cours les plus importants, aujourd’hui on est 25 élèves. L’année prochaine, avec ces baisses de dotations, on sera 35 par salle. » Et Gwendal d’ajouter : « Notre objectif est d’élargir le plus possible la lutte, à la fois au niveau national, pour que d’autres lycées nous rejoignent, mais aussi aux autres institutions du service public. Nous nous sommes déjà unis avec certains étudiants postbac. » Le MNL 13 annonce une série d’actions organisées sur les deux prochaines semaines, qui ne prendront pas forcément la forme de blocus.