Piquet de grève, 8h30, rapportent les élèves sur place. Parmi les motifs de cette mobilisation, « des conditions de travail et de vie au lycée devenues difficiles à supporter », liste Chloé. Des dégradations matérielles « notamment la chaleur dans certaines salles », des temps d’attente en cantine, sont, entre autres, pointés par les lycéens, qui pourraient de nouveau bloquer l’établissement ce jeudi matin. La mobilisation doit « rester pacifique », rappellent les lycéens. Selon nos informations, le lycée Valabre, à Gardanne, devrait aussi faire partie des établissements bloqués.
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Les déchets et leur gestion font débat au conseil municipal de Fos-sur-Mer
Chaque tonne de déchets incinérée à Fos-sur-Mer reviendra à la commune sous forme de taxe à hauteur de deux euros. C’est le taux maximum autorisé par la loi que le conseil municipal de ce mercredi soir a décidé de fixer à la taxe sur les déchets incinérés à partir du 1er janvier prochain.
Les deux dernières années, ce sont près de 372 000 tonnes qui sont passées dans l’incinérateur de Fos-sur-Mer. Avec plus de 740 000 euros de retombées potentielles, le conseiller municipal d’opposition Nicolas Féraud (PCF) propose « que cette recette serve à la santé des Fosséens, pour payer en partie un centre de santé avec des médecins salariés ». « Beaucoup de Fosséens cherchent un médecin traitant, la santé n’est pas un marché mais un service public que cette taxe permettrait d’assurer », poursuit-il.
En outre, l’élu demandait si l’incinérateur industriel Solamat-Merex pouvait être concerné par cette taxe. « Nous avons étudié la question et cet incinérateur est exclu du dispositif car il ne s’agit pas de déchets ménagers », indique le maire extrême droite, soutenu par le RN, Philippe Maurizot. L’édile « ne sait pas si on a le droit » d’utiliser les recettes selon la proposition, mais affirme que « ces sous rentrent dans le budget et nous travaillons sur les problèmes de santé ».
Qui a la compétence ?L’opposant Jean Fayolle (DVC) soulève un autre versant de la gestion des déchets à Fos : « Ne coûterait-il pas moins cher d’incinérer nos déchets plutôt que de les enfouir chez les autres ? » Le maire estime que « ça coûte plus cher de les enfouir à Pierrefeu-du-Var avec le transport que de les incinérer ». Et pointe que « ce qu’on reproche aux Marseillais on le fait ailleurs, la question mérite d’être étudiée d’un point de vue moral et financier ».
Affirmant qu’il y a des réserves foncières autour de l’incinérateur, Philippe Maurizot s’inquiète du « bruit qui court d’une extension, vu que l’incinérateur est à pleine capacité, ça peut se retourner contre nous ». « Quoi qu’il en soit ça ne se fera pas sans passage par le conseil municipal ou même par référendum », assure l’édile. Mais Nathalie Hetsch (PP) y voit un écueil. « Les déchets sont une compétence métropolitaine et la Ville ne peut pas décider seule », objecte-t-elle. L’élue soulève que « nous sommes mal classés en termes de production de déchets. La collecte sélective est une chose mais il faudrait négocier le porte-à-porte dans notre ville à 90% pavillonnaire ».
À cela, Philippe Maurizot répond « apprendre que nous étions mauvais élèves, on est là depuis 6 mois donc on ne peut pas le porter ». Du reste, « la Métropole, j’y siège, et ce que fait une loi une autre peut la défaire, à nous de le porter », conclut l’édile sans plus développer. La délibération a été adoptée.
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À Montfavet, la qualité de vie des soignants menacée
Derrière leurs grandes banderoles, les salariés de l’hôpital psychiatrique de Montfavet ne se sont pas arrêtés, défilant d’abord en centre-ville avant de filer tout de suite 7 km plus loin, devant leur établissement, afin d’alerter sur leurs conditions de travail.
« Aujourd’hui, on se heurte à une dichotomie entre les directives qui nous arrivent de la direction par manque de moyens et la réalité du terrain et les besoins qu’on a pour pouvoir prendre soin dans de bonnes conditions », résume ainsi Claire Moreno, secrétaire CGT de la structure hospitalière.
Le tout en lien avec le « manque de reconnaissance » à l’égard des agents du service public de la fonction hospitalière. « En fait, on se bat pour la qualité de vie parce qu’on a tous besoin de se soigner, on a tous besoin des services publics, mais aussi de nos conditions de travail », poursuit la responsable syndicale. Tout en regrettant que si les budgets sont débloqués pour divers projets, « aujourd’hui, on nous retire des postes, on met à la porte des contractuels alors qu’on en a besoin. Et on pêche toujours sur la masse salariale alors que nous, pour prendre soin, on a besoin de moyens humains et de qualifications ».
Elle appelle à rendre le métier plus attractif pour maintenir à flot le bateau des soins psychiatriques, secteur particulièrement fragile. Elle rappelle également que nombreux sont les établissements qui sont des « passoires thermiques ».
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À Toulon, les manifestants irrités par la hausse du budget de la Défense au détriment des services publics
« Ce n’est pas possible que des milliards d’euros partent dans les poches d’entreprises qui font la guerre, et non pas dans celles des agents. De l’argent, il y en a. Ça suffit de payer pour les autres. » Reçue par le préfet du Var, mardi matin, en compagnie d’une délégation intersyndicale, Francisca Martinez, secrétaire départementale de la CGT finances publiques, brandit un symbole devant le cortège de manifestants, qui a achevé son parcours devant la préfecture : celui du budget de la Défense, rehaussé de 6,7 milliards d’euros en 2026, dans le cadre de l’augmentation de la loi de programmation militaire 2024-2030 (+36 milliards d’euros, pour atteindre 76,3 milliards d’ici 2030).
« On a d’abord besoin d’un service public de qualité »Car, dans le premier port militaire d’Europe, ce sujet résonne plus qu’ailleurs. « Quand on voit des crédits impôts recherche distribués à de grosses entreprises, à savoir 211 milliards d’euros sans surveillance, sans contrepartie, on sait les bidouillages qu’il peut y avoir. Surtout qu’on parle de Défense, mais on est le deuxième exportateur mondial d’armes. Ça montre qu’on ne produit pas pour nous », dénonce Colette Moulun, elle aussi membre de la CGT finances publiques, qui rappelle que la Direction générale des finances publiques a perdu un quart de ses postes (plus de 30 000) en 15 ans.
Il en va de même dans l’éducation, qui déplore, au niveau national, 4 500 postes d’enseignants supprimés. « Nous sommes 36 élèves par classe », illustre Donia, élève en terminale au lycée Dumont-d’Urville, à Toulon, présente mardi matin, comme plusieurs dizaines de lycéens varois, parmi les 1 600 manifestants mobilisés selon la police, 7 500 selon les organisations. D’autres métiers sont concernés, comme celui de « psychologue scolaire, par exemple », pointe Cédric Turco (SNUIPP – FSU), avec, en conséquence, « de moins en moins de places dans le circuit spécialisé et des élèves qui se retrouvent dans le général sans qu’on ait les moyens de les y inclure ». Une situation dont les élèves ont eux-mêmes conscience. « Il y a un manque d’accompagnants pour les élèves en situations de handicap », constate Donia.
La situation est comparable chez les pompiers, qui ont vu 30% des centres d’incendie nationaux fermer depuis 2000. Il n’en reste plus que 6 100, dont six sur dix fonctionnent grâce aux volontaires. Mais il y a aussi « le matériel, avec des véhicules vieillissants et régulièrement en panne », rapporte David Vaubien, adjudant-chef à La Seyne, au sortir d’un été qui a mis en lumière ces manques, à l’instar de la vétusté du bâti scolaire.
« Nos écoles sont des passoires thermiques. On travaille dans des locaux amiantés. C’est une honte pour les salariés et pour les élèves », s’indigne Cédric Turco, élu communiste à La Seyne, qui conclut sur le non-sens de cette impétueuse militarisation : « La paix ne se gagne pas par la guerre. En France, on a d’abord besoin d’avoir des services publics de qualité. »
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À Avignon, le cri d’alarme du monde culturel
Au sein du long cortège de plus de 2 000 personnes ce mardi 29 septembre, à l’occasion de la manifestation des agents du service public à Avignon, il était difficile de manquer les pancartes rappelant que la culture, elle aussi, doit « être accessible à tous ». Pourtant, elle figure souvent parmi les premiers secteurs à pâtir des restrictions budgétaires. Et dans la ville du Festival d’Avignon, où Jean Vilar défendait l’idée d’un théâtre au service de l’intérêt général et assumant des missions de service public, le symbole est fort.
« Le problème est le même que dans l’ensemble des services publics. Comme les enseignants artistiques qui sont confrontés au gel du point d’indice ou encore les attaques permanentes contre le système d’intermittence du spectacle, alors que beaucoup de collègues galèrent à boucler leurs heures », rappelle au sein du cortège Ghislain Gauthier, secrétaire général de la CGT Spectacle.
Comme chaque été ces dernières années, le syndicat a organisé des mobilisations à Avignon pendant le Festival pour alerter sur le sujet. Plusieurs personnalités politiques nationales et locales s’y sont rendues, parmi lesquelles François Ruffin (Debout !), Alexis Corbière (L’Après), Olivier Faure (PS) ou encore Jean-Luc Mélenchon (LFI). Des débats avec les candidats à la présidentielle avaient d’ailleurs été organisés par le Off sur la place de la culture dans leurs programmes. « Pour l’instant, très peu se sont emparés du sujet », regrette Ghislain Gauthier.
L’extrême droite viséeÀ ses côtés, Fabrice Durand, alto solo à l’Orchestre national Avignon Provence et membre de la Snam CGT, fulmine. « Là, la culture est une variable d’ajustement pour éponger les dettes créées par le gouvernement actuel, alors que c’est une part essentielle dans la communication et dans les relations entre les individus, notamment pour se battre contre la xénophobie et toutes les exclusions », souligne-t-il, entouré de plusieurs membres de l’orchestre.
Lors du concert d’ouverture, il y a quatre jours à la FabricA d’Avignon, une prise de parole a d’ailleurs permis d’alerter le public sur la situation. Notamment à propos de la baisse de la part du budget alloué à la culture par l’État, qui est passée du 1% symbolique à 0,7%. Une diminution qui se traduit également dans les collectivités locales. « Ici, les associations, dont les associations culturelles, ont perdu en moyenne 5% de leurs aides. Alors qu’Avignon, sans culture, n’existe pas. C’est se tirer une balle dans le pied. Non seulement c’est faire fi de tout ce qui est l’histoire, les gènes de la ville, mais c’est en même temps nier les besoins de la population et augmenter les clivages, et donc pousser au corporatisme, aux enfermements, plutôt que d’avoir un lien pour enrichir les cultures diverses qui font ce qu’est la France. Une nation qui est capable d’intégrer toutes les cultures et de relier les gens au bonheur », poursuit avec passion Fabrice Durand.
Un combat partagé par l’intersyndicale (hors FO), qui s’est exprimée en fin de manifestation sur la place du Palais des Papes. Le discours, prononcé par Alice Raimundo, secrétaire adjointe de la FSU, alerte que la « logique d’abandon est aggravée par les choix de l’extrême droite et des droites extrêmes. » « À Carpentras, Monteux ou encore Avignon, la gestion des municipalités RN ou affiliées montre ce que signifie concrètement leur politique », insiste-t-elle, en pointant les diverses suppressions de subventions aux associations décidées par les édiles lepénistes.
Pour Étienne Raoul, secrétaire départemental FO, qui s’est ensuite exprimé à part, la culture est également « essentielle ». « Le fait de précariser encore les professions dans la culture, comme on le voit pour les intermittents du spectacle mais pas que, c’est toucher à un secteur qui permet l’émancipation. C’est encore plus vrai à Avignon avec son Festival, mais pas uniquement, avec un grand nombre de musées et d’actions qui s’en retrouvent fragilisés », poursuit-il.
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Les lycéens réclament de meilleures conditions d’études et d’enseignement
« Ce n’est pas l’éducation qui coûte trop cher, c’est l’armée, c’est la guerre », n’ont cessé de scander les lycéens, mobilisés mardi pour protester contre la dégradation du service public. Selon la préfecture, près de 350 d’entre eux ont pris part au cortège et en ont occupé la tête afin de dénoncer le manque de moyens dans l’Éducation nationale.
« Si on est là aujourd’hui, c’est qu’on en a ras-le-bol que des milliards soient dépensés dans l’armée alors que nos profs sont sous-payés et nos classes surchargées. On veut des conditions décentes pour étudier », s’est indignée une étudiante au pied des Réformés (1er), avant le départ de la marche. À quelques mètres, Yasmine et Juliette expriment la même colère : « On ne peut plus faire de sorties, on est trop dans les classes, les conditions sont difficiles pour nous comme pour les profs. Macron donne des sous pour la guerre alors que nous n’avons plus de moyens. Pourtant, c’est nous le futur ! »
En mars dernier déjà, lycéens, enseignants et parents d’élèves s’étaient mobilisés pour dénoncer une baisse des moyens dans l’éducation, illustrée par la fermeture de 143 classes dans le premier et le second degré, contre 88 ouvertures, soit un solde négatif de 55 fermetures dans l’académie d’Aix-Marseille. Un choix à l’époque justifié par la baisse démographique.
Plusieurs établissements sont par ailleurs restés portes closes mardi, bloqués par les jeunes militants en colère. Parmi eux, sept lycées marseillais : Saint-Charles (1er), Montgrand (6e), Périer (8e), Rempart (7e), Jacques-Chirac (2e), Marseilleveyre (8e) et Marie-Curie (5e). Trois autres établissements ont aussi été concernés dans le reste du département, à Martigues et Miramas. L’occasion, aussi, d’exprimer une vive opposition aux répressions policières survenues lundi en Île-de-France, où 12 jeunes, 8 enseignants et 12 policiers ont été blessés. « Ici, ça se passe bien, mais ce n’est pas le cas partout à l’échelle nationale, note Eustache, élève du lycée Montgrand. Dans le 93 et le 94, les lycéens se sont fait frapper et gazer par la police. Un jeune a perdu ses dents de devant après un tir [dans le Val-d’Oise]. La répression a été immense ». Quatre lycéens ont tout de même été interpellés à Miramas, mardi, selon la préfecture.
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Ils manifestent aujourd’hui pour la fonction publique
Manon Magagnosc, hospitalièreCGT Toulon« C’est 20 ans de gel du point d’indice. Quand on nous annonce un budget avec 54 milliards d’économie… Responsable de l’UD CGT Var, je travaille à l’hôpital de Sainte-Musse. On nous demande encore de faire plus avec moins. Les gens ne font pas le lien avec l’austérité alors que les effets sont concrets, comme la fermeture des urgences. L’été quand ça brûle ou quand il y a le Covid, là on se rappelle qu’on a des fonctionnaires. Le mépris, il n’y a rien de pire. À la CGT, on dit qu’il faut un appel massif à la grève, qu’on mesure ce que c’est un jour sans eux. »
Sophien Abid, technicien territorial FOMarseille« Le point d’indice est gelé depuis bien trop longtemps. Tout a augmenté de façon exponentielle mais pas notre salaire. Le 10 du mois, beaucoup de mes collègues fonctionnaires sont à zéro sur le compte. On subit aussi le manque de moyens humains : des départs à la retraite ne sont pas remplacés, les recrutements ne sont pas réalisés… On charge toujours plus les personnels mais sans mettre les bras avec. Ça vaut aussi pour les moyens techniques : on a un service espace vert qui n’a plus de tronçonneuse pour couper des arbres ! On en est là ! On n’a plus les moyens d’assurer nos missions comme il le faudrait. »
Mélanie Saïsse, professeure des écolesCGT Educ’action Vaucluse« Jeudi dernier, notre syndicat a tenu son assemblée générale. Le bilan dressé confirme la nécessité de la mobilisation de ce mardi. Elle doit permettre de faire entendre une exigence simple : l’école publique ne peut plus reposer sur la capacité des personnels à compenser indéfiniment le manque de moyens alors que les besoins augmentent et que les personnels se sentent abandonnés par leur hiérarchie. Des élèves sans accompagnement, des enseignants qui travaillent dans des salles à 40 °C, des postes non pourvus, des personnels en souffrance, des établissements qui bricolent pour tenir. Une école qui tient uniquement parce que ses personnels la tiennent à bout de bras, ce n’est pas une école qui fonctionne. »
Christelle Brotons, agent du SdisFédération autonome des sapeurs-pompiers professionnelsDigne« Nous sommes des fonctionnaires mais un peu différents. Au Sdis 04 [Service départemental d’incendie et de secours], je fais partie des personnels administratifs, techniques et spécialisés (Pats), on a le même rythme de travail que les autres, mais s’il y a une grosse intervention, on nous rappelle. Sans Pats pas de pompiers et inversement. Nous demandons des moyens matériels et humains parce qu’il y a les incendies mais aussi le secours à la personne. Si l’État ne revoit pas sa copie sur le financement des Sdis… On continuera. »
Philippe Angelleli, agent territorial CFTCMarseille« Cela fait des années que le point d’indice n’a pas été revu, et on se rend bien compte de l’augmentation du coût de la vie, au point que les gens ne peuvent plus s’alimenter correctement sans compter les prix à la pompe, le prêt immobilier quand ils ont pu acheter. La plupart des territoriaux de Marseille sont des agents de catégorie C, au Smic. Face à des administrés en demande, dans les écoles, les crèches, les bureaux de proximité, on manque de postes. Les dossiers prennent plus de temps. Même si les agents assurent leur mission. On est en survie administrative. Il s’agit de l’avenir du service public. »
Cécile Braca, enseignante d’anglais Snes-FSUMiramas« La principale revendication, c’est la revalorisation du point d’indice, indexé sur l’inflation. On en a marre que nos salaires soient bloqués. Ça a été le cas pendant dix ans. Ils l’ont un peu débloqué pour finalement le geler de nouveau dans le budget 2027. Le métier n’est plus attractif. C’est pas un métier facile, si en plus l’Éducation nationale paye mal les enseignants en début de carrière alors qu’ils ont fait un bac+5, ça n’aide pas. Pour compenser, et parce qu’il y a des matières où c’est vraiment la pénurie, comme les maths, le français ou les lettres modernes, leur solution consiste à recruter un peu plus tôt ou à embaucher des contractuels, qui sont encore moins payés que les autres. Ce n’est pas non plus optimal pour les élèves. »
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Spectacle et culture font front commun
Des financements publics en chute libre et un étau qui se resserre autour de la liberté d’expression. » À Marseille, à Avignon comme « partout où il y a des mobilisations », indique Ghislain Gauthier, secrétaire général de la CGT spectacle, les acteurs du monde culturel et du spectacle battront le pavé.
De la lecture publique à l’audiovisuel, en passant par les écoles d’arts, les opéras, les musées ou les archives c’est un large secteur qui est soumis depuis plusieurs années à des attaques budgétaires. Et les annonces du gouvernement « sur des budgets encore en baisse dans la création et l’audiovisuel, nous font craindre le pire ». Après la crise Covid, après un été caniculaire où de nombreuses représentations ont été annulées, les emplois, notamment les plus précaires, sont à la peine et des structures mettent la clé sous la porte. « C’est sans compter les plans de licenciements invisibles dans le spectacle vivant en raison de créations qui ne se font pas », précise le syndicaliste.
Face à des financements publics à la baisse, des collectivités se désengagent. « Les difficultés sont multiples. Dans ce contexte de crise budgétaire où nous sommes le premier secteur sur lequel on rogne, nous devons aussi faire face à des programmations annulées par certaines municipalités, d’extrême droite et autres, souligne le secrétaire général CGT spectacle. C’est la liberté de création que nous devons défendre. »
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Le 29 septembre pour faire converger toutes les colères ?
Le 29 septembre ne sera pas seulement une bataille de fiches de paie. Dans le Gard et l’Hérault, comme partout dans l’Hexagone, les syndicats veulent faire de cette journée de grève un point de convergence des colères qui traversent les services publics et, au-delà, le monde du travail. Les huit organisations représentatives de la Fonction publique (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP, auxquels s’ajoute la CFTC) appellent ensemble à se mobiliser pour une journée interprofessionnelle. Une unité rare, renforcée après l’échec du rendez-vous salarial du 8 juillet et sur fond de nouvelles économies annoncées pour 2027.
Au cœur des revendications : la revalorisation du point d’indice, gelé à 4,92 euros depuis juillet 2023, la refonte des grilles, le retour de la GIPA [garantie individuelle du pouvoir d’achat], l’abrogation du jour de carence et davantage de moyens humains. Depuis juin, 862 000 agents doivent même percevoir une indemnité différentielle pour que leur traitement indiciaire atteigne le Smic. Ambiance faste. « Ce n’est plus une histoire de pouvoir d’achat, mais de pouvoir de vivre », tranche Pascale Thoirey, de la FSU du Gard. Elle décrit des enseignants qui décrochent, des AESH maintenues dans la précarité et « une perte de sens du métier » jusque chez des personnels autrefois « avec le service public chevillé au corps ». « L’État organise la précarité de ses personnels », tout simplement.
Même constat côté CFDT. Sylvia da Costa, secrétaire générale de l’UD du Gard et soignante, refuse de réduire la mobilisation à une défense corporatiste : « Le service public, c’est un bien commun. Tout le monde doit pouvoir y accéder dans de bonnes conditions. » La soignante pointe les urgences du CHU de Nîmes, où plus de 150 patients attendaient récemment une prise en charge, mais aussi les écoles et collectivités confrontées aux non-remplacements. « Sans nous, le pays ne fonctionne pas. »
Du salaire au service renduDans le Gard, FO veut justement éviter que le 29 septembre ne soit qu’une date de plus sur le calendrier syndical. Gilles Besson, secrétaire général de l’UD, préfère partir des conflits déjà ouverts : à Carrefour Supply Chain Saint-Gilles, dans l’énergie, à la Sécurité sociale ou encore chez les marins-pêcheurs. « La convergence ne se décrète pas depuis une salle de réunion », insiste-t-il. Elle doit, selon lui, se construire sur les revendications concrètes des salariés : « Une journée de grève coûte cher : pour qu’un salarié accepte de perdre une journée de salaire, il faut construire un rapport de force qui ait du sens et des perspectives. »
Pour Mathieu Guy, qui coordonne la journée pour la CGT dans l’Hérault, « le 29 septembre n’arrive pas de nulle part ». Santé, éducation, secours, action sociale : « Les besoins explosent », tandis que les syndicats redoutent de nouvelles restrictions budgétaires. La CGT oppose notamment ces économies aux 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises recensées en 2023, tandis que 54 milliards d’euros d’efforts sont annoncés pour 2027. Le sens des priorités. Derrière les salaires se joue enfin la capacité même des services publics à remplir leurs missions. « Nous ne voulons pas choisir entre de bons services publics et des agents correctement rémunérés : nous voulons les deux, parce que l’un ne va pas sans l’autre », résume Mathieu Guy. Tous ne promettent pourtant pas déjà un mouvement reconductible. Les suites dépendront du rapport de force construit sur le terrain, dans les ateliers, les hôpitaux, les écoles et dans la rue. La colère est là : reste à voir si, le 29 septembre, elle saura se transformer en rapport de force.
« L’État organise la précarité de ses personnels »
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En action pour les services publics à Istres
La réduction des horaires de la Poste est une atteinte aux plus faibles », lance Frédéric Boffi devant la quarantaine de participants au rassemblement organisé par le PCF d’Istres samedi matin.
En cause, la fermeture tous les après-midi et le mercredi matin du bureau de poste de l’avenue Aristide-Briand depuis la mi-juin. Cela « s’inscrit dans le suivi de l’activité des bureaux afin d’ajuster les services aux usages constatés », justifie la Poste auprès de La Marseillaise. Un scénario connu des contestataires. « Réduire les horaires permet à la Poste de dire que la fréquentation baisse pour se justifier, c’est une politique », assène Stella Estaque, secrétaire du syndicat CGT des activités postales dans le département. Figure de la même lutte à Martigues, Francis Fournier insiste pour « fédérer tous les gens qui ont le même souci du service public pour montrer à la Poste la résistance est partout ».
Fermeture totale en perspective ? C’est l’idée des communistes d’Istres : « On est là pour défendre la Poste et construire un comité de défense des services publics », indique Isabelle Ehlé, dans une ville qui a déjà vécu « la fermeture de la Sécu, de la CAF, du Nexus qui plaisait bien aux jeunes et où l’Afpa est en danger », résume Frédéric Boffi. En filigrane, les militants alertent sur une fermeture définitive. « Aucun autre projet d’évolution concernant les bureaux de Poste de la commune d’Istres n’est envisagé », affirme la Poste. Mais avec la multiplication des menaces, la vigilance est de mise.
