Tag: Service public

  • Les pros des médias en conclave à Marseille

    Les pros des médias en conclave à Marseille

    Le futur du journalisme se débat au Pharo. Plus de 1 000 professionnels des médias issus de 60 pays parmi lesquels une centaine d’intervenants seront réunis durant trois jours à l’occasion du 77e congrès de l’association mondiale des éditeurs de médias d’information (WAN-Ifra). Un événement organisé en partenariat avec CMA Media, branche médias de l’armateur CMA CGM, propriétaire de La Provence, BFM, La Tribune et du groupe M6, pour ne citer qu’eux.

    Parmi les sujets abordés à partir de lundi, l’intelligence artificielle dans les médias est l’un des principaux. Après l’avènement d’Internet puis les bouleversements provoqués par les smartphones, comment le métier peut-il faire face à ce nouveau défi que pose l’IA ? L’association organisatrice dit avoir « identifié les mesures clés que les éditeurs doivent prendre à mesure que se développe le marché du contenu généré par les entreprises spécialisées dans l’IA », qu’elle présentera aux congressistes. Et appeler à préserver la « touche humaine, ces qualités qui garantissent l’authenticité du journalisme dans un paysage dominé par l’IA ». Une ambition d’autant plus cruciale dans un monde parasité par la désinformation, exacerbée dans un contexte de montée des populismes et des guerres.

    La liberté de la presse

    plus que jamais menacée

    C’est dans ce contexte que la Plume d’or de la liberté de la presse et le prix RSF pour la liberté de la presse (lire ci-dessous) seront décernés durant l’événement. Au moment même où la liberté de la presse est à son niveau le plus bas dans le monde depuis 25 ans, selon le baromètre de RSF publié le 30 avril. En 2025, 67 journalistes ont été tués dans l’exercice ou en raison de leur métier.

    En France comme en Europe, le métier fait face à une offensive sans précédent de l’extrême droite et de ses financiers. Alors que Vincent Bolloré étend son emprise sur la presse, ses relais politiques s’activent, attaquant le service public et s’en prennent à tous les journalistes qui ne sont pas à leurs bottes ou pire encore, osent combattre leur idéologie mortifère.

    Le volet financier sera également abordé en examinant notamment l’outil imaginé par la presse régionale française : une régie publicitaire nationale unique en Europe -366- qui « misait sur la force du collectif ». Et de faire le bilan au bout de 10 ans d’existence, avant de se demander « à quoi ressemblera le paysage publicitaire en 2026 : comment les agences répartissent-elles les budgets » ou comment, là encore, l’IA bouleverse la donne avec des agents IA qui peuvent désormais identifier, planifier et vendre des espaces publicitaires de manière autonome.

    REPÈRES

    Prix de la liberté de la presse de RSF

    Ce prix est décerné chaque année depuis 1992 par Reporters sans frontières à un journaliste et à un média. Vingt-quatre journalistes, photojournalistes et médias du monde entier seront récompensés dans cinq catégories : le Prix du courage, le Prix de l’impact, le Prix de l’indépendance, le Prix Mohamed-Maïga du journalisme d’investigation africain et le Prix photo Lucas Dolega-Saif. La liste complète des nominés est disponible ici. La cérémonie dévoilant les cinq lauréats internationaux e déroulera le lundi 1er juin à 13h.

    La Plume d’or de la liberté

    Ce prix récompense l’action exceptionnelle d’une personne, d’un groupe ou d’une institution en faveur de la liberté de la presse. Depuis 1961, la Plume d’or met en lumière les gouvernements répressifs et les journalistes qui les combattent. Elle a, à plusieurs reprises, permis la libération d’éditeurs ou de journalistes emprisonnés, ou leur a offert une certaine protection contre de nouvelles persécutions. La cérémonie se déroulera lundi 1er juin à 17h et sera précédée d’un discours d’ouverture prononcé parla sous-directrice générale de l’Unesco, Mariya Gabriel.

    Rencontre au Club de la presse Marseille-Provence

    Mardi 2 juin à 10h, le président et directeur éditorial de La Marseillaise, Leo Purguette, participe à une rencontre organisée par le Club de la presse Marseille-Provence Alpes du Sud avec Louis Dreyfus, président du directoire du journal Le Monde sur le thème :« L’information de proximité, un enjeu de démocratie. »Un débat auquel participeront aussi des représentants de Marsactu et Var Matin. Inscription obligatoire par mail : contact@club-presseprovence.com

  • L’énergie du monde d’après

    L’énergie du monde d’après

    Le défi climatique à relever aujourd’hui et pour les siècles à venir comme le blocage très conjoncturel du détroit d’Ormuz… Tout plaide pour en finir avec notre dépendance aux énergies fossiles et donc pour engager les transformations nécessaires à la décarbonation de l’économie.

    Cela implique de très grands investissements pour produire la quantité nécessaire d’électricité décarbonée à travers un mix d’énergies renouvelables et d’énergie nucléaire.

    Cela suppose aussi des infrastructures répondant à ces nouveaux besoins. C’est le cas de la ligne à très haute tension qui doit alimenter les industries 2.0 du golfe de Fos.

    Elle est indispensable à la décarbonation des industries actuelles comme à l’implantation d’usines du XXIe siècle. Les critiques qui lui sont adressées parce qu’elle va traverser des paysages comme ceux de la Camargue, peuvent être atténuées si des moyens sont mis pour l’enterrer sur des segments stratégiques.

    Service public

    Tout cela ne pourra se concrétiser dans notre région comme dans le reste du pays qu’avec une intervention publique forte et planificatrice.

    Le libre-échange, le « laissez faire laissez passer » est mortifère pour les projets de réindustrialisation écologique comme l’a démontré l’abandon du projet Carbon de giga-usine de production de panneaux photovoltaïques à Fos-sur-Mer faute de protection européenne.

    Un grand service public de l’énergie tourné vers la défense de l’intérêt général et la poursuite d’objectifs écologique est l’outil sine qua none d’une politique sérieuse en la matière.

    Sous Emmanuel Macron, on en est encore loin. C’est d’abord parce que les salariés de ce pays sont tenus à distance de ces enjeux qui les concernent directement.

    Pour paraphraser un grand homme, le monde d’après devra se définir par « tout le pouvoir aux travailleurs et l’électrification du pays ».

  • La CGT se penche sur la situation sociale à Transdev

    La CGT se penche sur la situation sociale à Transdev

    La CGT Transports urbains d’Arles tire la sonnette d’alarme. Ce mercredi 20 mai, le syndicat a organisé un rassemblement sur le parking du dépôt Transdev, délégataire de service public de la communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette. Le but : se rapprocher des salariés pour prendre le pouls de la situation sociale, que Patrick Rispal, délégué national du transport urbain, qualifie de « délétère » face aux chiffres de l’absentéisme qui aurait avoisiné les 30%. « Ce n’est pas normal, il y a une raison à ça. »

    Samir Bentayeb, délégué syndical arlésien, explique : « Lors des réunions, la direction nous dit qu’elle va traquer les faux malades, mais nous, on n’est pas médecins pour savoir si les travailleurs sont malades ou pas. On veut bien essayer d’améliorer la situation, mais en aucun cas, on veut une pression. »

    La CGT dénonce également des licenciements abusifs. « Il y en a eu huit en un an, c’est leur manière de faire baisser l’absentéisme », qui serait depuis redescendu à 22%. Le délégué du personnel Ali Ben Midoune s’agace : « C’est pas rassurant, c’est pas des conditions de travail sereines, c’est là que les gens vont se mettre en arrêt. »

    En pleine négociation annuelle obligatoire, le syndicat demande aussi des hausses de salaire. « Ils nous donnent rien, pas même une revalorisation du salaire de base, alors que le Smic augmente en juin, sous prétexte qu’on est en déficit », déplore Samir Bentayeb. La CGT a distribué un questionnaire anonyme aux salariés. « Ça va suivre son cours et on va envoyer les résultats au délégué national », affirme l’élu. Patrick Rispal assure : « Comme c’est le groupe Transdev, on va alerter au niveau national et local et rester attentif au respect du dialogue social. »

  • L’extrême droite veut mettre l’audiovisuel public au pas

    L’extrême droite veut mettre l’audiovisuel public au pas

    Six mois de débats, 67 auditions, 234 personnes interrogées : la fastidieuse commission d’enquête parlementaire sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public » a débouché mardi 5 mai sur la publication par l’Assemblée nationale d’un rapport de plus de 550 pages. Son rapporteur, le député de l’Hérault Charles Henry Alloncle (UDR), y formule 69 recommandations pour une refonte profonde de l’audiovisuel français, notamment via des réductions budgétaires draconiennes, supposées aboutir à 1,12 milliard d’euros d’économies par an à l’horizon 2030.

    Parmi ces propositions, le député d’extrême droite propose notamment de supprimer France TV Slash, France 4 et la station radio Mouv’ ; de confier la tutelle de l’audiovisuel public à un nouveau secrétariat général à l’audiovisuel public placé sous l’autorité du Premier ministre ; de confier la nomination des dirigeants de l’audiovisuel public au Président de la République ; de réduire de trois quarts le budget des jeux et divertissements et d’un tiers le budget des sports de France Télévisions ; de fusionner France 2 et France 5 ainsi que France 24 et Franceinfo ou encore, de fusionner totalement les réseaux France 3 Régions et ICI (France Bleu) pour créer une chaîne unifiée de l’information et de la vie locale. Sur ce dernier point, Thierry Will, journaliste à France 3 Occitanie et délégué syndical du Syndicat National des Journalistes (SNJ) pour Montpellier, s’inquiète : « La marque commune existe déjà en Outre-mer et nos retours montrent que le rythme et les conditions de travail sont rudes. Nous sommes habitués aux réformes, mais le problème ici c’est que l’esprit du rapport est purement et simplement de réduire le périmètre de l’audiovisuel public, alors que la présence des journalistes de terrain sur le territoire est essentielle. »

    Une instruction à charge

    De fait, rarement une commission d’enquête n’avait autant suscité la critique, de l’aveu même de son président, le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), qui affirme regretter « des méthodes contestables et des dérives regrettables ». Dans une longue introduction au rapport, dans laquelle il formule ses propres recommandations, ce dernier fustige : « L’utilisation massive des réseaux sociaux par le rapporteur a accéléré la propagation de fausses informations et perturbé la sérénité des travaux et des auditions qui se sont transformés souvent en procès à charge. » Dès sa publication le 5 mai, Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions, a également réagi en dénonçant sur X (ex-Twitter) un rapport construit sur « des insinuations, des approximations et des contrevérités » et qui propose « le plus grand plan social de l’histoire culturelle française ». De son côté, Thierry Will n’est pas moins critique : « Il n’y a rien de bon dans le rapport Alloncle. Cette commission d’enquête s’est transformée en véritable foire d’empoigne, qui décrédibilise complètement le travail des députés. Je n’en attendais rien de plus, puisque cette commission fait partie d’une campagne [pour le parti ciottiste Union des Droites Républicaines, ndlr]. Cela renforce peut-être simplement chez nous une combativité qui a toujours été là. »

    Prise illégale d’intérêt

    Avant même que le rapport ne soit rendu public, le journal Le Monde révélait dans un article du 26 avril que la direction des affaires institutionnelles du groupe d’Arnaud Lagardère, contrôlé par Vincent Bolloré, avait envoyé des listes de questions à des députés. Des révélations qui ont conduit à ce que Charles Alloncle soit visé par une plainte, déposée contre X par l’association AC !! Anti-corruption, samedi 2 mai, devant le Parquet national financier pour « prise illégale d’intérêts  » et « trafic d’influence passif ». Dans cette même plainte, Lagardère News est visé pour « trafic d’influence actif ».

  • « L’extrême droite ne censure pas la culture, elle la supprime »

    « L’extrême droite ne censure pas la culture, elle la supprime »

    Fondateur du Triptyk Théâtre, et désormais adjoint aux Arts, à la Culture, et à l’Éducation populaire à Nîmes, Denis Lanoy ne sépare jamais création et politique. Dans un Gard où l’extrême droite prospère électoralement, il pose un diagnostic sans détour : « Nous avons sans doute perdu du terrain. La gauche a un peu abandonné le terrain culturel depuis la fin des années 1990. » Pour lui, ce renoncement pèse lourd. À l’heure où le RN impose ses obsessions identitaires, la gauche doit « se ressaisir » et refaire de la culture « une question centrale de son projet politique ».

    Car la culture n’est pas, à ses yeux, un supplément d’âme. « J’aime bien l’idée de la culture comme un droit », explique-t-il. Un droit qui n’a de sens que s’il vise « l’émancipation ». Et pour garantir ce droit, il faut un outil : le service public. « Sans service public, il ne peut pas y avoir de droit. Sinon, la relation entre les êtres repose sur le droit du plus fort à imposer au plus faible. » C’est précisément pour cela, estime Denis Lanoy, que l’extrême droite s’acharne contre la culture. Parce qu’elle demeure « l’endroit de mise en critique permanente », celui où se défendent le droit, l’égalité, la pensée et la liberté.

    « Plus violent

    que la censure »

    Dans la région, les exemples se multiplient : festivals annulés, expositions empêchées, subventions menacées, récits patrimoniaux verrouillés. Mais Denis Lanoy refuse presque le mot de « censure ». Trop faible, selon lui. « Censurer, ça voudrait dire qu’ils laissent faire mais qu’ils contrôlent un peu le contenu. Là, ils suppriment complètement. C’est plus violent que la censure. » L’extrême droite, poursuit-il, avance vite et fort. Elle se drape dans la légitimité des urnes pour justifier des politiques d’étouffement. « Ils disent : on a été élus pour prendre des décisions, on prend la décision de supprimer la culture. » Derrière l’apparence démocratique, Denis Lanoy voit une logique profondément antidémocratique : tarir les lieux où se fabrique la contradiction.

    Mais le RN ne se contente pas de supprimer. Il investit aussi le terrain des récits. Identité, patrimoine, roman national, histoire locale : tout devient matière à conquête idéologique. « Ils pratiquent le retournement », analyse l’élu nîmois, étonné d’entendre des élus d’extrême droite citer Gramsci ou Walter Benjamin. « Ils ont très bien lu les auteurs marxistes et ils essayent d’en tirer profit, mais pas du tout pour l’émancipation. Pour imposer un autre récit. »

    Tenir la digue

    À Nîmes, la nouvelle majorité promet des annonces en matière culturelle. Denis Lanoy reste prudent sur le détail, mais revendique une méthode : « favoriser le débat démocratique » et permettre « au plus de monde possible d’avoir accès à la culture ». Une ambition qui prolonge son combat de longue date contre la réduction de Nîmes à une simple carte postale romaine ou touristique. La ville, rappelle-t-il, est faite de « circulations, de métissages, de mémoires populaires, ouvrières, méditerranéennes. »

    Reste la question des moyens. Alors que l’État serre les collectivités à la gorge, Denis Lanoy prévient la gauche : céder sur les budgets culturels serait une faute historique. « Si nous ne tenons pas le cap de dire : coûte que coûte, on maintiendra les budgets culturels, le jour où on cède, la digue va péter et le RN s’engouffrera partout. » Dans ce combat, pas de neutralité possible : abandonner les théâtres, les bibliothèques, les festivals, les artistes et les lieux d’éducation populaire, c’est laisser le terrain libre aux récits réactionnaires, aux falsifications historiques et aux politiques de fermeture. À l’extrême droite qui rêve d’une culture triée, domestiquée ou supprimée, Denis Lanoy oppose une autre ligne : une culture vivante, populaire, conflictuelle, capable d’armer les consciences. Une culture qui ne demande pas la permission d’exister et qui défend « la richesse d’humanité de chacun ».

  • Quand la SNCF déraille, un film donne la voix aux cheminots

    Quand la SNCF déraille, un film donne la voix aux cheminots

    Le Casi des cheminots de Paca est à l’initiative de ce documentaire, réalisé en pleine ouverture du service public ferroviaire à la concurrence. Un film qui s’adresse au grand public. « Une occasion de porter un autre regard sur le monde cheminot face à ce bouleversement et de comprendre l’attachement de ces hommes et de ses femmes à leur entreprise et à leur mission de service public », présente Sébastien Gronnier, secrétaire du Casi.

    En proie à un démantèlement, la grande famille du rail se dit en souffrance. « La concurrence, la filialisation, les transferts de personnels, les horizons bouchés, les réorganisations, y compris dans des établissements qui ne sont pas soumis à des transferts, ce sont de vrais chocs pour les cheminots, a déclaré Romain Pitelet, secrétaire général adjoint de la CGT Cheminots. On en est à treize cas de suicide depuis quelques mois. » Une situation si préoccupante qu’elle a poussé les quatre syndicats de la SNCF à lancer, mercredi 6 mai dernier, un appel unitaire à la grève pour le mercredi 10 juin prochain afin d’exiger un moratoire.

    Le service public sacrifié

    à la rentabilité

    Les syndicats cheminots ont dénoncé le manque d’investissements dans l’outil ferroviaire depuis des années, de même que le découpage de la SNCF en plusieurs entités. Aujourd’hui, la vétusté des rails et des rames fait partie des arguments avancés par l’ex-Premier ministre Jean Castex, devenu PDG de la SNCF, et par Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud, pionnier de cette ouverture à la concurrence, tablant sur l’effet d’aubaine des Jeux olympiques d’hiver pour moderniser des lignes (lire notre édition du 7/05)… qui devront être rentables.

    Mais le service public échappe par définition à toute considération de rentabilité. Un moratoire serait donc l’occasion pour la population « d’avoir toutes les cartes en main pour se faire une opinion sur ce choix politique, précise le secrétaire du Casi. L’ouverture à la concurrence est une vraie bataille des idées. » L’organisation de cheminots a déjà publié une BD sur la privatisation de la SNCF, suivie d’un livre qui collecte des témoignages sur le passage au système concurrentiel. Dans la lignée, le film affiche cette visée didactique. Le grand public est la cible de ce documentaire, dont le parti pris est de focaliser sur le vécu humain et non l’aspect économique des réorganisations de la SNCF.

    On s’y écarte des prises de paroles syndicales pour se fixer sur « des témoignages de cheminots, des hommes et des femmes qui ont fait le train hier et qui le feront demain. Ce sont les mêmes, passés du public aux mains du privé, confrontés à un manque de moyens, une perte de sens. Car pour répondre à un appel d’offres, il faut baisser la facture, donc rogner sur la sécurité et les conditions de travail », résume Sébastien Gronnier. L’Angleterre en a déjà fait les frais. Ici, c’est le rapport de ces cheminots à leur travail qui est exploré, « comment ils vivent et ressentent ces bouleversements. Comment, au guichet, ce qui se faisait à deux est demandé à un seul… ». Dans la salle, le processus de libre concurrence trouve un autre éclairage : « Les gens réagissent et disent que ce schéma a conduit également à une baisse de qualité de service à La Poste ou à EDF. »

    Le documentaire continue son chemin à la rencontre du public. Draguignan était la douzième projection du film depuis le début de l’année. Sept autres suivront avant l’été et le documentaire sera disponible sur les plateformes après la période estivale.

    Prochaines séances : le 18 mai
    à Mandelieu-la-Napoule lors
    du festival Visions sociales (06),
    le 21
     mai à Tregunc (29), le 26 mai à Rouen (76) et à Chambéry (73), le 27 mai à Caen (14), le 10 juin
    à Lille (59) et le 12 juin
    à Annecy (74).

  • Le rapport qui veut détruire l’audiovisuel public

    Le rapport qui veut détruire l’audiovisuel public

    Les 551 pages ont été publiées en début de journée, mardi : le rapport sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public de Charles Alloncle est désormais consultable en ligne. Ce document fait suite à près de six mois de travaux qui auront servi de tribune au député d’extrême droite. « Disons-le clairement : ce rapport passe malheureusement à côté de l’essentiel. C’est une occasion manquée. Car la seule vraie question est celle de la vision pour l’avenir », estime dans un long post sur X le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Le président de la commission d’enquête, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus a, pour sa part, dénoncé les « contre-vérités » et les « mensonges » : « ça suffit ! », a-t-il lancé. « Je regrette que cette commission d’enquête ait été au service d’un projet politique : l’affaiblissement de l’audiovisuel public en vue de sa privatisation », insiste-t-il.

    Au fil de ses 69 recommandations, l’élu UDR (Union des droites pour la République), le parti ciottiste, s’en est pris à France Télévisions et Radio France, dénonçant ce qu’il considère comme des « biais militants », une « hostilité ciblée et assumée » à l’égard du Rassemblement national concernant certains journalistes ou encore « l’humour érigé en expression militante ».

    Dans un communiqué, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, fustige ces conclusions : « Il faut regarder le rapport pour ce qu’il est : il n’est pas seulement un document sur l’audiovisuel public, il est devenu le terrain d’un procès politique où chacun cherche à imposer sa lecture idéologique du service public. » Parmi les préconisations, le rapporteur pousse pour la réduction de trois quarts le budget des jeux télévisés et d’un tiers le budget des sports du groupe public. « En réduisant le divertissement, il porte une vision élitiste, éloignée des familles, des publics les plus populaires et en coupant d’un tiers les compétitions sportives emblématiques de France Télévisions, il rendra payant l’accès au sport pour ceux qui n’ont pas les moyens de le payer », renchérit-elle.

    « Permettre un financement pérenne »

    Charles Alloncle préconise jusqu’à un milliard d’euros d’économies, notamment par la fusion de plusieurs chaînes, dont France 2 et France 5, ainsi que celle de franceinfo et France 24. « Ce rapport aux méthodes biaisées préconise des fusions à tout va et un contrôle politique renforcé sur l’audiovisuel public. Nous devons au contraire renforcer son indépendance, permettre un financement pérenne pour des missions de service public plus ambitieuses dans des conditions de travail dignes. Préserver l’audiovisuel public c’est protéger la démocratie », fait valoir la députée Génération.s, Sophie Taillé-Poilan.

    Même son de cloche pour Ayda Hadizadeh, « il faut que l’audiovisuel public, France TV et Radio France aient de la visibilité dans leurs financements », pousse la députée PS. Si elle n’appelle pas à « revenir à la redevance » supprimée sous le premier mandat d’Emmanuel Macron, elle appelle à « créer une taxe sur la publicité sur les plateformes, qui dégage énormément de revenus sur ces plateformes-là ». C’est peu ou prou l’une des 15 recommandations issues du rapport des États généraux de l’information.

  • À Vitrolles, un premier budget de mandat sous la contrainte

    À Vitrolles, un premier budget de mandat sous la contrainte

    « C’est un budget de transition », estime l’adjoint aux finances, Didier Saura. Vitrolles a voté un budget empreint d’incertitudes, jeudi, à l’aune d’« un nouveau cycle d’investissements et de décisions qui ne dépendent pas de nous », a expliqué l’élu, évoquant « 1,4 million d’euros de contraintes nouvelles en une seule année ».

    Pour autant, la majorité du maire (PS), Loïc Gachon, parvient à présenter un budget de 123 millions d’euros, dont 92 millions consacrés au fonctionnement et 31 millions à l’investissement.

    Le rapporteur du budget insiste sur « la réalité humaine » derrière les 52 millions d’euros de masse salariale, en baisse de 1%, mais représentant 66,8% des dépenses. « Il y a des agents municipaux derrière le fonctionnement quotidien de la Ville, des services rendus aux habitants et une présence publique dans les quartiers », souligne Didier Saura, mais aussi « un effort réel de maîtrise malgré les hausses de cotisations ».

    « Des services qu’aucune autre ville ne propose »

    « On ne peut pas parler de masse salariale sans parler de service public », confirme l’adjoint, Michel Piquet (MoDem). « Lorsque La Poste a fermé le bureau du village, la Ville a ouvert une agence. Les enfants bénéficient de l’accueil du matin et du soir et la Ville a fait le choix d’un agent d’école maternelle par classe quand la réglementation ne prévoit qu’un poste par école », liste l’élu.

    Même son de cloche pour l’adjoint PCF, Malik Mersali : « Un ménage avec deux enfants, soit 50% des ménages vitrollais, bénéficie de services qu’aucune autre commune ne propose, comme les plus de 500 places de crèche, des garderies périscolaires et des activités éducatives au conservatoire.  L’adjointe Isabelle Rovarino (PS) rappelle que « c’est grâce à cette gestion rigoureuse et la volonté d’assurer un service public de qualité que Vitrolles tient le cap », dans le brouillard budgétaire de l’État.

  • À Martigues, la majorité fait le choix de la résistance budgétaire

    À Martigues, la majorité fait le choix de la résistance budgétaire

    « Notre budget est fidèle aux engagements pour lesquels nous avons été élus, ce n’était pas des intentions », lance le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, à son opposition lors du conseil municipal du 30 avril.

    La séance budgétaire a été marquée par la présentation du budget primitif 2026 par le 1er adjoint (SE), Henri Cambessédès. Le projet affiche un équilibre à 192 millions d’euros de dépenses et de recettes, dont 161 millions dédiés au fonctionnement et 30 millions à l’investissement. Parmi les évolutions notables figurent une hausse de 2% des recettes de fonctionnement par rapport à 2025, ainsi qu’une « baisse de 19,3% des compensations de l’état pour les exonérations de taxes sur les locaux industriels », a précisé l’adjoint, soit un manque à gagner d’environ un million d’euros.

    Autre point abordé : la masse salariale, en augmentation de 1,92%. Celle-ci s’explique principalement par « la hausse des cotisations retraite d’1,13 million d’euros et la tenue des élections municipales, car on mobilise les personnels pour la démocratie », rapporte l’adjoint.

    C’est sur l’investissement que l’opposition a concentré ses remarques. 23 millions d’euros sont mobilisés. Principalement pour la reconstruction du pont de Lareraille, à Carro pour plus d’1 million d’euros, pour l’extension à 600 000 euros des locaux de la piste d’athlétisme au parc Julien-Olive, et pour la poursuite du programme de mise en accessibilité à 800 000 euros. Les écoles bénéficient également d’un million d’euros, destiné aux rénovations et à la création d’îlots de fraîcheur.

    Mais Jean-Luc Di Maria (DVD) n’est pas convaincu : « Les montants sont là et les annonces sont nombreuses, mais quel est le cap ? Cela fait 37 000 euros par établissement, mais pour rénover, mettre aux normes, ou déguiser de l’entretien en investissement ? » se demande l’élu. À l’extrême droite, le double discours d’Emmanuel Fouquart (RN), lui, relève « un bon budget éloigné de l’effet ciseau », mais pointe aussi « la baisse de l’investissement net, passé de 20 millions d’euros à 15 cette année ».

    « Subir ou résister »

    La réponse est unanime. « Le budget est fidèle à notre trajectoire politique », souligne l’adjoint Gilles Picard (PCF). « La fraîcheur des écoles montre notre volonté de justice sociale et environnementale », abonde l’adjoint. Saoussen Boussahel (PS) insiste sur le fait que « ce budget est élaboré dans un cadre contraint. Entre subir ou résister, nous avons choisi le service public fort, le bouclier martégal ».

    Le maire relève « un seul point d’accord » avec son opposition. « Oui, un budget traduit une vision et des choix politiques. Derrière les chiffres, la réalité : des écoles entretenues, modernisées, comme les équipements sportifs aussi rendus accessibles, des espaces publics entretenus et un service municipal présent au quotidien. Bref, tout ce qui contribue à l’amélioration de la qualité de vie », argumente l’édile. Le budget a été adopté sans les voix de l’opposition.

  • [Rue de la République] Samia Ghali : « Je suis pour que le versement mobilité des entreprises soit revu à la hausse »

    [Rue de la République] Samia Ghali : « Je suis pour que le versement mobilité des entreprises soit revu à la hausse »

    Ce week-end, Samia Ghali (DVG), adjointe au maire de Marseille et présidente de la RTM.

    SOn élection à la présidence de la RTM

    Didier Gesualdi : Quelle est votre feuille
    de route après votre élection
    à la présidence de la RTM
     ?

    Les transports sont l’affaire de tous. Chaque Marseillais, chaque habitant de la Métropole est confronté à cette question à un moment ou un autre, pour soi-même, ses enfants, ses parents… Les transports font partie intégrante de la vie des habitants à Marseille intra-muros ou dans les autres communes de la Métropole. Ils représentent une bouffée d’oxygène au sens propre comme figuré du terme, ils permettent de mieux respirer, d’avoir moins de véhicules… Ils sont aussi un poumon du développement économique et un levier de résolution de la crise du logement. Vous ne pouvez pas construire si vous n’avez pas les infrastructures, notamment de transport, pour desservir les habitations.

    Didier Gesualdi : On a un retard à combler sur ce territoire. Comment comptez-vous y arriver ?

    Il y a le tramway vers le nord, vers la Bricarde qui va démarrer. Il y a tous les transports du quotidien aussi, avec les derniers kilomètres ou centaines de mètres qui manquent pour tel ou tel territoire qui se trouve coupé du reste du monde. Il y a aussi un gros chantier, qui m’a été signalé par les chauffeurs de bus avec qui j’ai pu parler. Ils me disent que les bus qui tombent en panne sont un problème, que leur maintenance est un vrai sacerdoce. Cela doit devenir une question centrale pour permettre au service public de fonctionner.

    Léo Purguette : Présider la RTM, c’est
    une tâche épineuse. On pourrait presque penser que c’est un cadeau empoisonné. Pourquoi l’avez-vous accepté
     ?

    D’abord, ce serait insultant pour le personnel de la RTM et les usagers de considérer que c’est un cadeau empoisonné. Après, oui, c’est un sujet éminemment complexe et difficile. Au vu de la situation financière de la Métropole, je ne vais pas vous dire que ça va aller comme sur des roulettes. Je considère que c’est un défi, j’ai pour habitude d’en relever. Le président de la Métropole et le maire de Marseille m’ont désignée pour être candidate à cette présidence, je le prends comme un compliment. Ils connaissent mon caractère, ma pugnacité. Je ne lâche rien, je vais au bout des choses. Je le prends comme une marque de reconnaissance de ma capacité à porter des sujets difficiles.

    La fracture nord-sud

    Léo Purguette : Faut-il voir un symbole dans le fait que vous êtes une élue des 15-16, un secteur qui souffre d’une desserte en transports en commun très insuffisante ?

    D’abord les 15-16, chers à mon cœur vous le savez, Jean-Marc Coppola en est le maire. C’est comme ça qu’on a souhaité travailler lui et moi, en complémentarité. C’est un territoire qui a effectivement beaucoup souffert d’un manque de transports pendant des décennies. On va essayer de rattraper tout cela. C’est important de le faire de manière collégiale et dans l’intérêt de tous les habitants. Les délégations que j’ai à la Ville de Marseille et la présidence de la RTM aideront.

    Didier Gesualdi : C’est l’acte II du Printemps marseillais. Pourquoi on devrait y croire et qu’est-ce qui va changer dans le quotidien des Marseillais ?

    Heureusement qu’on a le Printemps marseillais à la mairie et pas le Printemps de l’ombre du Rassemblement national. Excusez-moi d’être très heureuse que ce soit nous et pas le RN, quand on voit comment ses élus se sont comportés au conseil municipal de mercredi… Même sur des délibérations qui ne portent pas à débat. Ils disent être pour la sécurité et quand on finance une association comme l’Addap 13 pour faire de la prévention, ils ont voté contre, ont eu des propos diffamatoires… Je suis déjà bien contente que Marseille ne soit pas la risée et la honte de la France. Ici on résiste plus qu’ailleurs. Je ne sais pas ce qu’il se passera en 2027 mais Marseille doit être une terre de Résistance. Pour le reste, on va continuer ce qu’on a déjà entamé dans l’acte I sur les écoles, la rénovation urbaine, les équipements publics, les espaces verts… On n’a pas tout bien fait, tout fini, beaucoup reste à faire. Les Marseillais nous ont placés largement en tête, au-delà de nos espérances, pour nous y atteler.

    Marseille et la RTM

    Didier Gesualdi : La majorité marseillaise s’est longtemps plaint de ne pas avoir la main sur la RTM qui appartenait à Catherine Pila, cheffe de l’opposition. C’est un signe pour les Marseillais que vous preniez cette présidence ?

    La RTM n’appartenait pas à Mme Pila. Pas plus qu’elle ne m’appartient aujourd’hui. La RTM appartient aux habitants de la Métropole, nous sommes là pour la faire vivre et se développer. Le fait que ce soit moi qui porte cette question, personne ne peut douter de mon engagement pour les quartiers populaires de cette ville, oui c’est un signe. Par exemple, quand on dit qu’il faut renforcer les bus vers les plages, certes il faut le faire sur le Prado mais aussi à l’Estaque, à Corbières. Je considère qu’un Marseillais qui prend les transports en commun dans le Sud, dans le centre, dans l’Est ou dans le Nord de la ville doit être traité de la même manière. Je suis pour l’équité dans les transports à Marseille. On a la chance, à la RTM, d’avoir plus de 5 000 agents. Je pense qu’ils aiment vraiment leur boulot, leur boîte, c’est une chance qui n’est pas donnée à tout le monde. Ils sont dévoués à la cause des transports en commun, il faut leur donner cette fierté. J’ai eu des messages de tous les syndicats de la RTM et je les en remercie. Quand on devient présidente, c’est important d’être saluée par les syndicats qui sont conscients de la tâche qui nous attend. Ils mettent beaucoup d’espoir dans mon arrivée. C’est d’abord à eux que je veux m’adresser, au personnel et aussi aux femmes qui travaillent à la RTM. Elles ont fait le choix d’être dans des métiers exigeants, plutôt masculins, mais elles le portent tellement bien, de manière tellement élégante. Je veux leur dire qu’elles ont toute mon admiration et j’aimerais qu’il y en ait encore plus.

    Le métro fermé le soir

    Léo Purguette : Êtes-vous en capacité de nous dire aujourd’hui quand le métro va pouvoir reprendre en soirée avec des rames modernisées ?

    Je ne vais pas vous le dire aujourd’hui. On va d’abord commencer par une visite nocturne avec la presse pour que tout le monde comprenne de quoi on parle. On va regarder tout ce qu’il sera possible de faire. On m’explique qu’il y a des questions techniques liées aux travaux qui nécessitent d’interrompre le trafic mais il faut voir concrètement ce qu’il est possible de faire. Vous serez invités, vous les journalistes avec, je l’espère, le président de la Métropole et le maire de Marseille. On verra si on peut gratter une demi-heure, une heure, une heure et demie. Par ailleurs je fais faire un audit flash sur les finances mais aussi sur la partie recettes. La RTM n’est jamais allée chercher de l’argent. Il faudra sans doute qu’on aille chercher de l’argent là où il se trouve, on n’est pas plus idiots que les autres.

    Les finances de la Métropole

    Didier Gesualdi : Nicolas Isnard, le président de la Métropole, a annoncé des assises du financement des transports métropolitains en septembre. Vous avez déjà la pression ?

    Je n’ai pas de pression ! Vous savez, quand vous défendez une cause et que vous en êtes convaincu, vous n’avez pas de pression. J’ai entendu l’UPE 13 dire qu’elle était contre l’augmentation du versement mobilité… Les postures, ce n’est pas trop ma façon de fonctionner. Personne n’est propriétaire de rien, on est face à une situation qui nous dépasse tous. On peut mettre les clefs sous la porte, on dit « c’est fini il n’y a plus de transports à Marseille », et la première victime serait le monde économique. Je ne crois pas qu’il souhaite ça.

    Didier Gesualdi : L’augmentation du versement mobilité comme à Paris est une piste ?

    Entre 2% ici et 3,17% à Paris, il y a un peu de marge. Ça peut résoudre une grande partie des problèmes. Par contre, je comprends que l’UPE 13 dise « on veut des garanties sur les bus qui arrivent à l’heure, sur le développement des transports ». Mais vous savez, le projet tramway qui passe au niveau de la zone franche sur le littoral, c’était demandé par les entreprises. On va leur dire quoi ? « On ne fait pas le tramway parce que l’UPE 13 est contre le versement mobilité ?! » Je le dis : je suis pour que le versement mobilité soit revu à la hausse, il est nécessaire. Sans cela, nous ne pourrons pas continuer à assurer le minimum vital des transports pour les habitants.

    Léo Purguette : Le patronat défend ce qu’il croit être ses intérêts, mais ce n’est pas lui qui va décider. Avez-vous eu des contacts avec les représentants de l’État ? Est-il capable de prendre cette décision ?

    Je vais rencontrer le ministre des Transports ou son cabinet le plus rapidement possible. Je sais que le président de la Métropole, Nicolas Isnard, avec qui j’en ai parlé, a eu un échange très direct avec le Premier ministre notamment sur le versement mobilité. Je crois qu’aujourd’hui, il n’y a pas de porte fermée.

    Didier Gesualdi : Il a entendu sans s’engager…

    Vous savez, en politique, quand il n’y a pas de porte fermée, c’est déjà bon signe.

    Le tram des catalans

    Léo Purguette : Dans les prochains jours, des choix budgétaires devront être opérés. Le maire de Marseille a redit son opposition au tramway des Catalans. Est-ce que c’est un projet définitivement enterré ?

    Je ne fais pas de langue de bois mais je ne veux pas raconter de bêtises. Nous n’avons pas voté le budget de la Métropole, pas plus tard que mardi. Tous les projets vont être regardés et priorisés. Est-ce que le tram des Catalans est aujourd’hui une priorité ou non ? J’en discuterai avec le maire de Marseille. C’est quand même dans sa commune que ça se passe. Aujourd’hui la plupart des habitants ne veulent pas de ce tram. Moi je veux bien qu’on fasse du transport mais commençons par ceux qui le souhaitent plutôt que par ceux qui ne le veulent pas. Mais je laisserai le président de la Métropole et le maire de Marseille, en fonction du budget, dire ce qu’ils souhaitent. La RTM s’exécutera dans un sens comme dans l’autre.

    La gratuité

    Didier Gesualdi : Martine Vassal avait instauré la gratuité pour les enfants et les seniors. Il a aussi la gratuité totale du côté de l’ex-Pays d’Aubagne. Est-ce que c’est en danger dans la RTM que vous présidez ?

    Je disais que le monde économique demande des garanties, certains disent « on veut bien verser mais ce n’est pas pour que les élus en fassent de la gratuité au tout-venant ». Ça vous paraîtra bizarre, mais je peux l’entendre. Moi je suis plutôt pour une tarification sociale ce qui peut être la gratuité dans certains cas. J’entends certains seniors me dire, je gagne bien ma vie, « je peux me payer ma carte de bus, c’est indolore ». Il y a des familles de cadres, qui peuvent prendre en charge le transport de leur enfant. Après il y a eu des choix qui ont été faits dans certaines communes. Les gens qui habitent à Aix, Aubagne, La Ciotat, Martigues… viennent pour certains travailler à Marseille. Le but c’est que demain ils ne viennent plus en voiture. Toutes ces questions, il faut y réfléchir.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Christophe :

    Bonjour. Qu’en est-il du projet d’Arena sur le secteur Gèze que vous aviez annoncé précédemment ?

    Bonjour, je veux vous dire que le projet d’Arena, on est en train d’y travailler. Ça fait partie des grands projets structurants que je suis pour le maire de Marseille. Nous avons déjà ciblé un terrain qui se trouve à Capitaine Gèze. C’est un lieu stratégique au pied du tramway et du métro Capitaine Gèze. Les services sont en train d’y travailler parce que la question pour nous est de savoir si cette Arena doit être complètement publique ou alors semi-privée et semi-publique parce qu’il faut aussi le financer. Nous allons étudier toutes les pistes. Le travail commence sur ce projet d’Arena.