Tag: sécurité

  • Le marché solidaire de Port-de-Bouc devient un filet de sécurité alimentaire

    Le marché solidaire de Port-de-Bouc devient un filet de sécurité alimentaire

    À 10 heures, le petit marché est déjà vide. « Les adhérents sont venus tôt pour être sûrs de repartir avec des légumes », explique Nadia, facilitatrice de lien social au sein du centre social Nelson Mandela. Il faut dire que l’offre est imbattable : disposés sur l’unique étal, des produits issus de l’agriculture biologique attendent les habitants, pour un prix bradé à – 50%.

    Graine de soleil anime cette distribution mensuelle dans le quartier de Tassy. Chaque 1er jeudi du mois, l’association s’installe également aux Amarantes. Hector Lepage, qui a récemment rejoint les rangs de la structure, détaille : « On a une exploitation de 4 hectares à Châteauneuf-les-Martigues. On y accueille 30 à 35 personnes en insertion professionnelle, avec des contrats allant de 6 mois à deux ans, pour les aider à retrouver un emploi par le biais du maraîchage. (…) À côté de ça, on est agrémenté “structure d’aide alimentaire“, donc on peut vendre nos fruits et légumes à un prix solidaire pour permettre une meilleure accessibilité alimentaire aux habitants des quartiers défavorisés ».

    La qualité à un prix accessible

    Le sujet est loin d’être anecdotique. Face à la hausse persistante du coût de la vie, l’alimentation s’impose comme la première variable d’ajustement budgétaire des ménages modestes. La 2e édition du baromètre national réalisé par Ipsos bva pour l’Association nationale des épiceries solidaires (Andès) révèle que 54% des travailleurs pauvres restreignent leur quantité de nourriture. 70% déclarent s’alimenter essentiellement de féculents, tandis que 68% disent ne pas manger pas suffisamment de fruits et légumes frais.

    À Tassy, fléché quartier prioritaire de la politique de la Ville, les travailleurs sociaux voient la précarité grimper en flèche. « Avec l’augmentation de l’essence, du prix de l’énergie, l’inflation… la situation s’empire, affirme Nadia. Nos adhérents ont de petits revenus, on a beaucoup de familles nombreuses, de mamans solos. » Pour tenter d’enrayer cette spirale, Graine de soleil multiplie les marchés solidaires. « On en anime plus de 90 par an, notre production a explosé de 30% en deux ans pour être capable de suivre », témoigne Hector Lepage. « Les habitants demandent à avoir des produits de qualité à un prix accessible. Ils peuvent trouver des légumes moins chers à Lidl mais ils préfèrent avoir du bio et du local. »

    En fin de matinée, un retraité sort de son immeuble et traverse le City stade pour remplir son panier. « Il y a des marchés à Port-de-Bouc, mais ils proposent très peu de bio, confie-t-il. Puis il faut descendre en centre-ville. » D’où l’importance, pour Nadia, de faire de l’ultra proximité.

  • Fibre Excellence sous protection des salariés

    Fibre Excellence sous protection des salariés

    « Il y a une ouvrière avec nous, qui élève seule ses deux enfants et n’est plus en mesure de payer son loyer », explique Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT du site à un des administrateurs judiciaires, au téléphone. Ce dernier vient d’annoncer aux salariés qu’ils ne seront pas en mesure de payer leurs indemnités et qu’il leur faudra attendre le 5 octobre pour pouvoir prétendre à leurs droits au chômage.

    Un peu plus tôt dans la matinée, les salariés ont constaté que des ordinateurs étaient chargés dans les conteneurs, devant l’usine. La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, s’est rendue sur le site. Elle a effectué une visite de l’usine avec une délégation de représentants syndicaux CGT et FO ainsi que des médias. Le constat est sans appel : « Là, le débit actuel est de 1,3 m3 par heure », précise Moukhtar Kadadi, technicien électricité, devant les graphiques sur les écrans. La délégation passe en revue les cuves encore pleines de liqueurs, les 18 000 tonnes de bois qui pourrissent dans le parc. « Avec un risque d’incendie énorme, car s’il pleut, les copeaux fermentent et ça devient très inflammable », souligne Nicolas, dont le grand-père, le père et l’oncle ont tous travaillé à l’usine. « Sans compter les 270 licenciements, c’est une catastrophe pour Tarascon et pour toute la région », déplore-t-il.

    Dans les locaux de la maintenance, les placards ont été éventrés et les ordinateurs ont disparu des bureaux. « C’est un véritable scandale, on est sur un cocktail Molotov et rien n’est fait en termes de sécurité. Ce sont des méthodes de voyous, s’indigne Sophie Binet. Notre colère est immense car cette catastrophe environnementale, économique et sociale était annoncée. Le gouvernement n’a rien anticipé. » Sur le site, Marc Pietrosino, secrétaire de l’UD CGT 13, considère : « Avec la ligne ferroviaire et le Rhône, ce site intéresse les groupes de logistique, mais dans ce cas on passe de 270 à 30 salariés. »

    L’usine occupée

    Alors que les six employés de Realtec s’activent à charger les conteneurs, la délégation revient devant les grilles. Sophie Binet s’adresse aux salariés et à leurs soutiens venus de Saint-Gaudens, de la CGT Énergie de Marseille, d’Istres et d’Avignon, leur assurant que le syndicat ne les lâchera pas : « L’État ne peut pas laisser les liquidateurs envoyer l’usine aux ferrailleurs, il faut racheter les actifs. Il y a un avenir industriel pour Tarascon. » Elle précisait, avant de rejoindre Arles : « Le liquidateur leur annonce qu’ils ne seront pas payés en septembre car il n’en a plus les moyens. Ils sont sans salaires, sans chômage. Comment vont-ils payer la rentrée de leurs enfants ? C’est une honte de les traiter comme des kleenex ! »

    « Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? », interroge un des ouvriers. Réunis sur le parking, les syndicats CGT et FO et les salariés font le point. Jean-Michel Bulinge résumait ainsi la situation : « Ils se font du pognon sur notre dos et ne nous paient pas ! Soit on reprend l’outil, soit on laisse faire. » Vers 16h, une quinzaine sont entrés dans l’usine sans intervention de la police. Ils ont remis en sécurité le site alors que les employés de Realtec avaient déclenché l’alarme incendie. Et ils comptent bien le protéger.

  • [Maj] Sophie Binet et la CGT portent un projet pour Fibre Excellence

    [Maj] Sophie Binet et la CGT portent un projet pour Fibre Excellence

    Sophie Binet était « prête à revenir autant de fois qu’il le faudra » pour défendre la Bourse du travail à Arles, affirmait-elle en mars 2023. Aujourd’hui se joue le deuxième round. La secrétaire générale de la CGT se rend ce jeudi, à Tarascon puis à Arles, en soutien aux travailleurs en lutte de Fibre Excellence, mais aussi aux combats menés contre des maires d’extrême droite et de droite pour préserver les Bourses du travail et l’implantation de la CGT dans ces deux communes du pays d’Arles.

    Pour les 270 salariés licenciés et les nombreux emplois induits menacés, l’enjeu principal de cette visite est la présentation d’un projet alternatif de reprise industrielle du site de Fibre Excellence. Ce projet se fera « avec de faibles moyens pour faciliter l’investissement », annonce François Batista, de l’Union départementale CGT. Pour rappel, l’outil industriel est dimensionné pour « faire vivre des milliers d’emplois dans la filière bois », dans le département, selon le responsable syndical (notre édition du 15/09). À la bataille de l’emploi s’ajoute celle de la mise en sécurité du site. Depuis la liquidation judiciaire de l’entreprise de pâte à papier, prononcée fin juillet dernier, les situations à risque s’enchaînent sous la gestion du liquidateur Realtec.

    Coupures d’électricité, arrêt de la station d’épuration, risques de pollution du Rhône : autant de problèmes dénoncés par la CGT, qui font l’objet d’un bras de fer juridique entre l’État et le liquidateur. Mardi, ce dernier a d’ailleurs réagi aux inquiétudes concernant d’éventuels rejets d’eaux polluées en affirmant qu’« aucune analyse contradictoire (…) n’a été produite pour étayer l’affirmation d’un tel rejet polluant », contredisant ainsi les alertes lancées par la CGT du site.

    Soutien aux Bourses

    du travail

    L’autre grand dossier concerne le maintien de la CGT au sein de la Bourse du travail d’Arles, siège de l’union locale depuis 126 ans. Après trois années de bataille politique et judiciaire, et malgré deux propositions de médiation du tribunal refusées par le maire (Horizons) Patrick de Carolis, l’UL CGT, menacée d’expulsion manu militari, occupe la Bourse du travail depuis début septembre.

    Dans la même veine, le maire d’extrême droite de Tarascon, Alexandre Ducouret (RN), a décidé de chasser FO et la CGT de la maison des syndicats, où les deux organisations étaient installées depuis 2014. Une décision politique, alors que l’édile fustige la CGT qui « fait de la politique », indique La Provence du 23 juillet. La confédération a demandé un moratoire au ministère du Travail sur ces questions.

    « Les Unions locales, les Bourses du travail sont là pour faire en sorte que les travailleurs et travailleuses ne se retrouvent pas seuls, pour organiser la solidarité dans les luttes », affirmait Sophie Binet en mars 2025. La situation de Fibre Excellence n’en est-elle pas la meilleure démonstration ?

    *Depuis Tarascon à 12h30 et en fin d’après midi

  • Jean-Luc Queyla, un pompier pour éteindre le feu chez Tecelys

    Jean-Luc Queyla, un pompier pour éteindre le feu chez Tecelys

    Jean-Luc Queyla est l’actuel adjoint avignonnais chargé de la sécurité et des risques majeurs, mais fut aussi lieutenant-colonel des sapeurs-pompiers et chef de la caserne d’Avignon.

    Seul candidat, il succède à Joël Guin dans la délicate mission de remettre de l’ordre au sein de la SPL, dans le viseur de la justice depuis juillet et l’ouverture d’une enquête préliminaire visant des infractions en matière de probité. Comme nous le révélions, des perquisitions simultanées ont été menées, début juillet, aux sièges du Grand Avignon, de Tecelys, mais aussi du domicile de Joël Guin. Jean-Luc Queyla aura fort à faire en s’appuyant aussi sur les recommandations de la Chambre régionale des comptes, qui a transmis son rapport provisoire sur la SPL. Déjà, l’audit commandé par le précédent exécutif avait tiqué sur le cumul de casquette entre président et directeur général, plaidant pour scinder les deux fonctions « afin de bénéficier d’une séparation claire des pouvoirs entre stratégie/surveillance (président) et opérationnel (DG) ».

  • Faire le choix de déplacements plus vertueux

    Faire le choix de déplacements plus vertueux

    Même si l’on s’est longtemps écharpés sur la question des transports publics et, plus généralement, des mobilités durables dans le Port du Levant, les collectivités, et en premier lieu Toulon et la Métropole TPM, ont décidé de faire avancer les dossiers. Et tout particulièrement celui du vélo. Avec un vrai courage politique pour imposer la présence sécurisée des utilisateurs sur la voirie de ce moyen de déplacement totalement vertueux pour la planète comme pour la santé.

    Un partage plus équitable de l’espace qui fait grincer les dents d’une toute petite partie des automobilistes jaloux de leur ancienne suprématie, et manipulés par l’extrême droite avide d’exploiter à mauvais escient toutes les colères. En témoigne le tollé, pas vraiment spontané, observé cet été sur les réseaux sociaux lors de la création de la piste cyclable de l’avenue de la République. Pourtant, cet aménagement, qui a immédiatement trouvé ses utilisateurs, n’a pas provoqué davantage de bouchons que lorsqu’il n’existait pas. Même réaction à la simple évocation de l’arrivée d’une voie réservée sur le boulevard Cunéo, avec cette fois une pseudo-consultation des habitants invités à exprimer tout le mal qu’ils pensaient de cette opportunité.

    De toute évidence, il reste encore du chemin pour bâtir une ville plus soucieuse de son environnement. Tout ce qui peut contribuer à faire évoluer les mentalités et à changer le regard porté sur ces enjeux mérite donc d’être mis en avant. Comme le « Roll’in Toulon », vendredi 18 septembre, avec une nouvelle balade nocturne en roller au départ du Palais des sports à 20h30. Ou le Village mobilité qui sera dressé samedi, place de la Liberté.

    Détails sur le site toulon.fr/agenda/semaine-europeenne-de-la-mobilite-tpm

  • Les secrets d’histoire de l’ancien Hôtel Splendide à Marseille

    Les secrets d’histoire de l’ancien Hôtel Splendide à Marseille

    Le rectorat prépare la restructuration du 31, boulevard d’Athènes, siège du centre régional de documentation pédagogique et son réseau Canopée. L’objectif est de transformer cet ancien hôtel de luxe de la fin du XIXe siècle en un espace tertiaire moderne pour des entités du rectorat. Il s’agit d’optimiser une superstructure de 150 pièces sur sept niveaux et 4 200 m² de surfaces habitables, d’améliorer les performances énergétiques et de le mettre aux normes de sécurité et d’accessibilité. Un chantier à 7 millions d’euros étalé sur 2027-2029.

    Pour cette lourde opération pilotée par l’agence d’architecture Poissonnier Ferran et afin de « favoriser une approche avisée du site dans ses aspects patrimoniaux », le rectorat, son propriétaire depuis juin 1979, a commandé une étude historique de l’immeuble qui fut d’abord le Grand Hôtel de Russie et d’Angleterre, ouvert en 1893 au pied de la nouvelle gare Saint-Charles et à côté duquel s’installera en 1912-1914 l’Hôtel Splendide qui l’a ensuite absorbé.

    L’étude réalisée par Nathalie Banel, historienne de l’architecture et de l’urbanisme, est passionnante. Ses recherches qui relèvent de l’archéologie du bâti à l’échelle d’un îlot, révèlent la densité historique de ce foncier depuis la confiscation sous la Révolution du domaine religieux des Petites Maries et son démembrement qu’elle documente. Sur la longue façade actuelle, on lit encore les vestiges d’un immeuble à trois fenêtres de 1832.

    « Sa place dans l’histoire autant que son ampleur architecturale en font un lieu d’intérêt nécessitant de porter une attention particulière à son évolution », montre la chercheuse, qui réserve de longs développements sur « cet ancien hôtel de luxe principalement connu pour avoir été le lieu de séjour et de travail de Varian Fry, journaliste américain ayant contribué à sauver plusieurs milliers de réfugiés juifs ou antinazis entre 1940 et 1941 ». « Les réfugiés commencent à défiler dans ma chambre. Je leur donne de l’argent et des conseils, et j’essaie de leur soutenir le moral jusqu’à minuit ou une heure du matin », écrit Varian Fry, qui reçoit dans sa chambre n°324 au second étage, puis dans la 307. Tournée en partie sur place, la série Transatlantique de Netflix, rend hommage à son rôle éminent et à celui de Mary Jayne Gold, pour aider plus de 2 000 réfugiés à fuir le régime nazi.

    D’autres hôtes célèbres sont évoqués comme le cinéaste Abel Gance, les écrivains Paul Valéry et André Gide. Au début de la Seconde Guerre mondiale, des spectacles y sont donnés, permettant à de nombreux musiciens repliés à Marseille dans la débâcle de survivre. Les salons du Splendide ont reçu des chanteurs d’opéra, la cantatrice Madeleine Grey et le violoniste polonais Stanislas Dymek ou encore le pianiste Eugène Reuchsel. La comédienne Eve Francis y récita son Ode à la France meurtrie, avant que les bottes nazies ne claquent en novembre 1942 dans le vestibule. L’avocat et homme politique Vincent de Moro-Giafferri s’y était réfugié, craignant la vindicte des nazis pour avoir défendu Herschel Grynszpan, ce juif allemand réfugié en France qui, en novembre 1938, avait abattu un diplomate allemand à Paris, un assassinat qui déclencha la « Nuit de Cristal » et le pogrom contre les juifs d’Allemagne.

    Dans son roman Transit paru en 1944, Anna Seghers décrit l’Hôtel Splendide, nid d’espions et de mouchards, où logent tout à la fois ceux qui volent au secours des réfugiés traqués par les nazis et des membres de la commission chargée de l’application de la convention d’armistice de juin 1940. Le 3 janvier 1943, Hélène Taich, résistante FTP-MOI y jette une bombe sur les autorités allemandes qui y logent. L’attentat sera le prétexte aux rafles et à la destruction du quartier Saint-Jean.

  • La mise en sécurité de Fibre Excellence toujours pas assurée

    La mise en sécurité de Fibre Excellence toujours pas assurée

    Les ex-salariés de l’usine à papier liquidée dénoncent « un débit permanent de 2 m3 d’effluents dans le réseau pluvial » depuis que les administrateurs judiciaires sont aux manettes de l’usine à papier. Le premier geste de l’entreprise mandatée avait été de couper l’électricité par économie d’énergie. Même s’il reconnaît qu’on « ne stoppe pas un site Seveso en appuyant sur un interrupteur », Realtec se révèle incapable de remettre en fonctionnement la station d’épuration. La partie n’est pas finie.

    « Ce week-end, on a relevé un pic de conductivité très inquiétant, note Jean-Michel Bulinge, délégué CGT du site. Il est compatible avec une arrivée ponctuelle d’eau chargée et soulève de sérieuses interrogations quant à une éventuelle pollution du Rhône. » Sur site, les salariés licenciés restent disponibles, bien que Realtec ait fait savoir devant le tribunal administratif de Marseille qu’il n’était pas question de les réembaucher pour procéder à la mise en sécurité des installations. Pour rappel, Realtec contestait l’arrêté de réquisition au nom de la très libérale liberté d’entreprendre. « Je fais ce que je veux », avait rétorqué la société au juge des référés, au mépris des principes de la République comme des règles exigées sur un site Seveso et dans une période où la protection de l’environnement crie urgence. Après quatre arrêtés ignorés, le préfet de région a fini par taper au portefeuille.

    Le 4 septembre, Jacques Witkowski a pris un « arrêté de réquisition de SELAS EGIDE, représentée par Maître Alix Brenac, et SELARL BDR&associés, représentée par Maître Marc-Antoine Rey, en tant que liquidateurs de la société Fibre Excellence Provence, les enjoignant notamment de procéder au redémarrage de la pomperie au Rhône qui alimente les poteaux incendie, les sprinklers et les couronnes d’arrosage » et au « redémarrage de la station d’épuration », indique la préfecture. En vain. Le préfet « a signalé cette situation au procureur de la République et a repris un arrêté, le 9 septembre, qui prescrit des mesures d’urgence afin de rétablir un niveau de sécurité incendie du site suffisant et qui demande le redémarrage de la station d’épuration pour protéger le Rhône d’éventuels effluents », précisent les services de l’état. Le préfet a « demandé au juge administratif de prononcer une astreinte de 50 000 euros par jour de retard d’exécution de son arrêté prescrivant les mesures d’urgence pour la mise en sécurité de ce site classé Seveso ».

    Lundi 14 septembre, rien n’a bougé sur l’usine. « Cette situation est d’autant plus dure qu’on a le sentiment d’être entendus mais que personne n’est en mesure de les arrêter dans leur volonté de détruire l’outil industriel au plus vite », lance, stupéfait, l’ex-technicien. « Il existe une solution. On a un projet pour repartir avec de faibles moyens », assure François Batista, secrétaire de l’UD CGT 13.

    Sophie Binet à l’usine

    Avec l’idée de travailler sur la revalorisation de déchets et éventuellement de fabriquer de la pâte à papier à partir de cartons recyclés. « Mais les liquidateurs ont l’air pressés de détruire cet outil, craint le responsable syndical. « Un outil qui, avec le savoir-faire des salariés, permettrait de faire vivre des milliers d’emplois dans la filière bois du département. »

    Une vidéo publiée par la CGT a été partagée par la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et la militante pour le climat Camille Etienne. Elles exigeaient : « L’État doit immédiatement mettre le site sous protection. » Avec Carole Delga, présidente socialiste de la Région Occitanie, Sophie Binet avait volé au secours de Fibre Excellence à Saint-Gaudens. C’est maintenant sur celui de Tarascon que la secrétaire générale de la Confédération prévoit de se rendre le 17 septembre, convaincue que les deux sites sont à relever pour conserver la filière, l’emploi et la production industrielle.

  • L’association d’entreprises des Chalus fait sa rentrée à Forcalquier

    L’association d’entreprises des Chalus fait sa rentrée à Forcalquier

    Les entreprises de l’association des Chalus ont mis en avant les problématiques qui leur tenaient à cœur lors de leur réunion de rentrée, vendredi. Certains adhérents ont par exemple exprimé leurs craintes concernant le projet d’extension de la zone d’activité, redoutant que des concurrents viennent s’y installer. Thomas Cherbakow, conseiller municipal de Forcalquier et vice-président de la communauté de communes en charge des finances, les a rassurés en affirmant que cela ne serait pas le cas. La directrice de la crèche s’est également inquiétée de la gestion des déchets, expliquant devoir rentrer chez elle avec sa poubelle de couches, faute de place.

    L’association d’entreprises a également décidé de travailler conjointement avec les commerçants du centre-ville pour organiser des animations ensemble. L’association a profité de cette réunion de rentrée pour présenter son nouveau bureau : Jean-Michel Grès, ferronnier et ancien candidat DVG aux municipales, président ; Thomas Evrard, directeur des opérations de la chocolaterie, secrétaire ; et Christine Anterote, gérante du garage Peugeot et ancienne présidente de l’association, trésorière. « L’objectif est de lancer une nouvelle dynamique, après la démission brutale de l’ancienne présidente qui a été suivie d’un gros flottement », explique Thomas Evrard.

    La CCI met à disposition de l’association une chargée de mission parcs d’activités, Yasmina Kara, qui les aide à s’organiser. Le prochain atelier de l’association sera sur le thème de l’autoconsommation collective, en présence d’Enedis.

  • [Tribune] La loi « permis de tuer »… vraiment ? Vraiment –

    [Tribune] La loi « permis de tuer »… vraiment ? Vraiment –

    Imaginez … Non, tout simplement : suivez le débat parlementaire en cours. Ce policier de Carcassonne, emplit de haine et de mépris des femmes, des étrangers, des pauvres, de tous ceux qu’il peut dominer, dont la caméra vidéo a révélé l’existence.

    Ce policier de Carcassonne qui, comme de très nombreux autres en France, est armé.

    Le débat existant aujourd’hui à l’Assemblée nationale sur la présomption de légitime défense ne lui donne pas le pouvoir et le droit de tirer.

    Ce droit existe depuis la loi dite « Cazeneuve » du 28 février 2017, encadré par le principe de proportion et de nécessité, qui, a conduit à « légitimer » les tirs en cas de refus d’obtempérer, au même titre que des meurtres en cours dans l’article L. 435-1 du Code de la sécurité intérieure. Le constat est sans appel : le nombre de tué a été multiplié par 5, 5 ans après la loi. (Sebastian Roché, Paul Le Derff, Simon Varaine. Homicides policiers et refus d’obtempérer. La loi a-t-elle rendu les policiers irresponsables ? Revue Esprit, 2022).

    Mais le pouvoir de le faire est contrôlé par la loi actuelle : le policier auteur de tir doit répondre de ses actes, puisque « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration », tel que le prévoit l’article 15 de la DDHC.

    Et ce contrôle est déjà difficile, notamment en l’absence d’indépendance du parquet, mais aussi de l’IGPN et l’IGGN, au regard des difficultés à obtenir le port du RIO…

    Le débat en cours devant le Sénat, saisi après que l’Assemblée nationale ait adopté le 7 juillet 2026 le principe de présomption de légalité, va donc porter sur la réalité des comptes que devrait rendre un tel policier en cas de tir.

    Si le texte indique que cette présomption peut « à tout moment être renversée par tout élément de preuve contraire » cette formule est illusoire dans un système pénal inquisitoire, dans lequel l’enquête est conduite par le parquet.

    S’il y a présomption de légalité, il n’y a pas d’acte d’enquête à mener. Et donc pas de preuve contraire pouvant être apportée.

    Cette présomption va de surcroît, tout comme en 2017 changer les pratiques et développer l’idée que cette possibilité de tir est banale chez les forces de l’ordre, comme alerte la Défenseure des droits dans son avis du 26 juin 2026, défavorable.

    Cette proposition de loi, déposée par la droite républicaine le 3 décembre 2024 révèle à la fois la méconnaissance des textes par nos élus, qui ne semblent pas connaître la procédure pénale, et le glissement généralisé vers le tout sécuritaire, dès le début du XXIe siècle.

    La course effrénée vers une sécurité fantasmée, entamée par la loi de 2001 dite « loi Vaillant » et qui prétend en faire un droit fondamental et qui entend répondre aux risques de la vie en société. Risque encadré par le droit pénal et les principes fondamentaux du droit à un recours effectifs, à la justice et du procès équitable, des droits de la défense. C’est le droit à la sûreté qui est un droit fondamental, selon la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : le droit d’être protégé contre l’arbitraire et la violence de son État.

    Droit que cette loi bafoue tout comme le droit à la vie. L’État ne peut jamais donner la mort avec une présomption de légitimité.

    Alors loi dite « permis de tuer », vraiment ? oui vraiment.

  • Édouard Philippe en campagne à Alès

    Édouard Philippe en campagne à Alès

    Après Gérald Darmanin et Gérard Larcher (LR), c’est donc Édouard Philippe (Hor.) qui s’est rendu à Alès pour soutenir son maire Christophe Rivenq (LR) après les menaces reçues cet été signées DZ Mafia. Alors que la campagne présidentielle s’accélère en cette rentrée, Alès est devenue le symbole de ces villes moyennes gangrenées par le trafic de drogue et donc le lieu idéal pour les responsables politiques pour affirmer leur combat contre le narcotrafic à peu de frais.

    L’ancien Premier ministre a donc rencontré le maire d’Alès lundi 7 septembre. Après avoir rencontré les membres de la majorité municipale, déjeuné avec des chefs d’entreprise et échangé sur les enjeux de sécurité, de justice, et la lutte contre le narcotrafic à l’hôtel municipal d’Alès, il a détaillé plusieurs mesures face à la presse.

    Édouard Philippe a par exemple proposé la mise en place d’un « état d’urgence » sur le narcotrafic qui permettrait, selon lui, de « prendre des mesures administratives, de réaliser des perquisitions, d’utiliser des moyens technologiques comme la reconnaissance faciale, d’interdire l’accès d’une zone à des trafiquants ». Le maire du Havre souhaite aussi « taper les narcotrafiquants au portefeuille » et être « beaucoup plus ferme avec les consommateurs ».

    Celui qui a reçu le soutien de Gérald Darmanin cet été, ministre de la Justice depuis 2024 et ancien ministre de l’Intérieur entre 2020 et 2024, s’inscrit donc dans la lignée du tout répressif de son allié alors que les résultats en la matière sont plus que contestables. La consommation de cocaïne a par exemple triplé en cinq ans, celle d’ecstasy/MDMA a doublé entre 2019 et 2023, les violences pour le contrôle des points de deal ont explosé et le trafic n’a cessé de s’étendre ces dernières années, touchant désormais une majorité de communes rurales. L’actuelle situation à Alès, comparable à celle également très inquiétante de Bagnols-sur-Cèze, n’en est qu’un nouvel exemple. Dans ce contexte, les remèdes du candidat Édouard Philippe semblent loin de pouvoir régler le problème.