Tag: sécurité

  • Face à l’ONU, Trump déroule son argumentaire nationaliste

    Face à l’ONU, Trump déroule son argumentaire nationaliste

    Enlisé dans son conflit avec Téhéran, très impopulaire auprès des Américains, Donald Trump a certes menacé l’Iran, mais ajouté : « Je crois que nous passerons un accord juste après les élections » législatives prévues aux États-Unis en novembre.

    Sur une autre guerre qu’il avait promis de régler rapidement, le conflit entre la Russie et l’Ukraine, le président américain a – encore une fois – assuré qu’un accord serait trouvé « plus tôt qu’on ne le pense ». « Quand d’autres parlent de paix, je fais la paix. Quand d’autres ignorent les menaces, j’y fais face. (…) Quand d’autres ont promis la force, je l’ai utilisée pour faire de l’Amérique le plus puissant pays du monde », a assuré le républicain de 80 ans, en chute dans les sondages à cause d’un mécontentement général sur son bilan, notamment économique. Donald Trump, de manière inhabituelle, a suivi son prompteur. Pas de nouvelle édition des attaques virulentes déclenchées l’an dernier par une panne de ce dispositif, ou un problème d’escalator qui l’avait ulcéré.

    « Super intelligence »

    C’est sur un ton relativement mesuré que le chantre de l’« Amérique d’abord » a affirmé les ambitions géopolitiques américaines, en menaçant d’utiliser la « puissance militaire » pour défendre les intérêts de Washington en Amérique du Sud, en annonçant la construction prochaine de deux bases au Groenland, ou en prédisant que le gouvernement communiste de Cuba allait « tomber ». Donald Trump a aussi défendu sans hésitation le développement de l’intelligence artificielle, annonçant que les documents officiels américains allaient abandonner cette terminologie au profit de « super intelligence ». Il s’est aussi opposé à tout « projet mondialisé » de régulation de cette technologie, qui inquiète beaucoup ses concitoyens. Le président américain a repris ses critiques contre la gouvernance internationale, en appelant tous les États membres à se retirer de la Cour pénale internationale, et fustigeant entre autres l’Unesco.

    Donald Trump poursuivait son programme, mardi, avec une cérémonie de signature officielle de l’accord sur le Groenland, épilogue d’une saga diplomatique ayant viré par moments à la crise ouverte avec les Européens face aux revendications américaines sur ce vaste territoire arctique.

    Le président américain devait aussi avoir un tête-à-tête avec la présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez, qui gouverne sous forte pression américaine depuis la capture de Nicolás Maduro par Washington en janvier. Le milliardaire devait aussi rencontrer dans la journée le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

    à la tribune de l’ONU, la journée s’était ouverte par le dernier discours, très sombre, du secrétaire général Antonio Guterres, dont le second mandat de cinq ans arrivera à échéance en décembre. Il a accusé les géants pétroliers d’avoir traité l’atmosphère comme « une décharge à ciel ouvert ».

    À la veille d’un Conseil de sécurité sur l’intelligence artificielle, il a aussi exhorté les États-Unis et la Chine à « coopérer », quelques jours après avoir plaidé pour une « coordination mondiale ». Le chef de l’ONU a aussi remis un coup de projecteur sur la situation des Palestiniens, évoquant « le spectre d’un nettoyage ethnique » en Cisjordanie occupée où les violences de colons extrémistes israéliens se sont intensifiées ces derniers mois. Citant la guerre en Ukraine et la situation au Moyen-Orient, le Portugais de 77 ans avait récemment fait le constat amer que « chaque jour, les choses empirent un peu ». « Il n’y a aucune amélioration nulle part », avait-il insisté, lâchant même qu’il n’avait « aucun pouvoir ».

    Emmanuel Macron, qui devait prendre la parole pour la dernière fois en tant que président, mardi soir, aura lui forcément à cœur de défendre l’engagement de la France en faveur du multilatéralisme. « Le temps n’est pas venu du bilan, ni en matière nationale, ni en matière internationale », a prévenu la présidence française.

  • Il travaille « bénévolement » pour sécuriser Fibre Excellence

    Il travaille « bénévolement » pour sécuriser Fibre Excellence

    « Si l’usine redémarre avec un investissement, je remettrai avec une immense joie un pied à l’étrier, assure Nicolas, mais là je ne sais plus où je vais », regrette-t-il dans un sentiment mêlé de colère, d’injustice et de dépit dans ces jours d’incertitude. Dénonçant « l’incurie » des liquidateurs, l’État a déclaré reprendre le contrôle du site Seveso vendredi 18 septembre, mais lundi 21, la Selas Egide et associés serrait encore ses griffes sur l’usine.

    La liquidation, un choc

    Opérateur de régénération sur la chaîne d’évaporation, Nicolas fait partie des huit derniers salariés de Fibre Excellence Provence qui veillent « bénévolement et en conscience » à la sécurité du site depuis qu’ils ont décidé, avec le syndicat CGT, de le réinvestir jeudi 17 septembre, afin d’« éviter une catastrophe pour l’usine, la ville et le Rhône ». Sécurité et rigueur sont des maîtres-mots chez ce jeune quadra. Titulaire d’un BEP tourneur-fraiseur, après avoir enchaîné les boulots en intérim il s’est lancé dans un bac pro en chimie à 38 ans. Dans ce gigantesque labyrinthe de conduits et de machines, « il y a une méthodologie stricte. On se forme sur le long terme sur la chaîne de production et on est amené à toute la connaître ». Dans ce travail d’équipe en 5/8, Nicolas n’était encore affecté « qu’à un poste. Les plus anciens en gèrent plusieurs car on est amené à tourner. Et à évoluer, devenir coordinateur, chef d’orchestre d’une importante supervision ».

    « C’est un site où on se donne corps et âme pour que ça tourne, sachant que sur cette grande chaîne, il suffit d’une unité à l’arrêt pour que tout bloque », explique-t-il avec passion. Un travail d’alchimiste où il contrôle les résidus concentrés dans la chaudière qui alimente l’usine en vapeur, « car on est quasiment autonome en électricité », précise-t-il, fier de faire battre le cœur du site. Ce CDI, « c’était une super opportunité et ça m’a permis d’obtenir un prêt immobilier ». Il s’y est lancé avec toute son énergie, conscient des difficultés de l’usine car « ça fait 20 ans qu’on entend que ça va fermer, mais Fibre, c’est une survivante, l’emblème de Tarascon ». Alors quand la liquidation a été prononcée, « ça a été un choc. Pour tous. On a mis du temps à réaliser ».

    Une situation ubuesque

    Avec ses collègues, ils ont « tout surmonté, les hauts et les bas, les mois d’attente avec l’espoir d’un redémarrage pour les 270 salariés, et pour les 5 000 induits… ». Mais « l’insupportable, ça a été la condescendante affichée d’Alexis Brenac avec les salariés », un des co-mandataires judiciaires. « Son rire narquois devant les collègues inquiets, ses tentatives d’intimidations, ses menaces jusque sur nos familles, c’est ce qui m’a décidé à réinvestir l’usine jeudi ». Car ils vivent une situation « ubuesque, même l’État n’arrive pas à l’arrêter, c’est l’enfer. Avec Realtec venu pour dépecer, c’est le bras de fer chaque jour pour éviter les catastrophes, il y a eu les fuites de liqueurs noires, ils ont bousillé les enzymes de l’aérateur, dernière porte de sortie des effluents avant le Rhône, ils bloquent le droit au chômage… ». Vendredi, l’annonce du ministre délégué ressemblait à un souffle, « mais lundi, quand j’ai vu les liquidateurs sur le site, ça m’a fusillé », lâche-t-il, avouant être ce mardi, « incapable de se projeter ».

    L’Ademe, maître officiel à bord

    Jacques Witkowski, préfet des Bouches-du-Rhône, a publié ce 22 septembre deux arrêtés concernant le site de Fibre Excellence Provence. La mise en sécurité de l’usine est confiée à l’Agence de la transition écologique (Ademe) pour une durée de 24 mois qui réalisera les travaux d’office à compter du 22 septembre, aux frais de la société représentée par ses liquidateurs.

  • Toulon 4e ville française où il est le plus agréable de circuler à vélo

    Toulon 4e ville française où il est le plus agréable de circuler à vélo

    De quoi remettre en lumière l’expérimentation de la piste cyclable de l’avenue de la République à Toulon, défendue par la municipalité et les associations écologistes, mais vivement critiquée par l’opposition RN, qui lui reproche ses supposés effets négatifs sur le trafic automobile.

    À l’occasion de la Semaine européenne de la mobilité (du 16 au 22 septembre), l’ENTPE, école d’ingénieurs placée sous la tutelle du ministère de la Transition écologique, et son laboratoire Énergie et Mobilité (EMob-Lab) ont dévoilé le premier classement des 28 plus grandes villes françaises en fonction de leur facilité de circulation à vélo. Et le Port du Levant se classe à la 4e place, derrière Nîmes, Reims et Paris.

    « Une belle surprise qui met en avant le travail réalisé avec Madame la maire, se félicite Albert Tanguy, adjoint aux mobilités douces à la mairie de Toulon. Cela va dans le sens des premiers retours concernant la piste cyclable depuis la rentrée, avec 500 cyclistes par heure le matin, montrant que cela répond à un besoin. »

    Piste cyclable pérennisée

    Réalisée par le chercheur Tristan Lemoalle, doctorant à l’ENTPE, cette étude revendique une cartographie complète et reproductible de la sécurité et du confort des infrastructures cyclables en milieu urbain, en France, autrement dit de leur « cyclabilité ». L’indicateur repose sur un croisement de données ouvertes, d’enquêtes de terrain et de sondages. À partir de ces éléments, Tristan Lemoalle a développé un programme capable d’attribuer à chaque tronçon cyclable une note sur cinq. « Cette méthode se distingue par sa précision. Elle permet d’évaluer la cyclabilité à l’échelle de chaque rue et apporte ainsi un éclairage différent, mais complémentaire, au Baromètre des villes cyclables, qui mesure la satisfaction des usagers au niveau des villes », détaille le doctorant.

    Cette note se base sur plusieurs critères : le type de piste (séparée, partagée, bande cyclable…), le degré de pente, l’exposition au trafic motorisé, ainsi que l’environnement urbain autour des pistes cyclables (végétation, éclairage…). « L’idée n’est pas de pointer du doigt certaines villes », affirme le doctorant, mais d’offrir aux collectivités un outil facile d’accès pour identifier les points à améliorer sur leurs infrastructures. Celui-ci pourrait être utile à Toulon pour dresser, fin octobre, le bilan de l’expérimentation de la piste cyclable, qui sera « quoi qu’il en soit pérennisée, qu’elle soit maintenue en l’état ou de l’autre côté de l’avenue », affirme Albert Tanguy.

  • Fibre Excellence : rendez-vous entre l’État et les mandataires ce lundi à Tarascon

    Fibre Excellence : rendez-vous entre l’État et les mandataires ce lundi à Tarascon

    La Dreal et l’Ademe ont fait le tour de l’usine en compagnie d’un huissier. Une société d’échafaudage ainsi qu’une entreprise spécialisée dans le tri des produits chimiques dangereux, partenaires de Fibre Excellence et venues récupérer leur matériel, se sont vu refuser l’accès au site par Realtec, toujours présente sur place ce lundi matin.

    « Une réunion est prévue entre les représentants de l’Etat et les mandataires cet après midi », expliquent les quatre salariés restés à l’intérieur du site, toujours dans l’expectative.

    Les anciens salariés présents sur place poursuivent la surveillance et l’exploitation des installations remises en fonctionnement, à savoir le système de sécurité incendie et la station d’épuration.

    Relire : L’État reprend le contrôle de l’usine Fibre Excellence de Tarascon

  • [Passerelle interculturelle] Un gigantesque coussin gonflable en Chine

    [Passerelle interculturelle] Un gigantesque coussin gonflable en Chine

    Il ne s’agit pourtant ni d’une installation artistique ni d’un bâtiment temporaire. Cette gigantesque structure est une membrane gonflable destinée à recouvrir entièrement la fosse de fondation du futur Centre d’exposition de Baiyun.

    Avec une superficie d’environ 25 000 mètres carrés, elle constitue actuellement l’une des plus grandes installations de ce type dans le sud de la Chine. La structure mesure environ 197 mètres de long, 110 mètres de large et atteint jusqu’à 45 mètres de hauteur.

    Son principe est relativement simple : des ventilateurs injectent de l’air en permanence à l’intérieur afin de maintenir une légère surpression et de soutenir la membrane. Le chantier se retrouve ainsi enfermé dans un vaste espace indépendant, sans avoir besoin d’une lourde structure métallique.

    L’objectif est avant tout environnemental. En isolant le chantier de l’extérieur, la membrane permet de limiter fortement la dispersion des poussières et de réduire le bruit, avec une baisse pouvant atteindre environ 60 %. Elle protège également les travaux contre la pluie et certaines intempéries, ce qui permet au chantier de se poursuivre dans des conditions plus stables.

    À l’intérieur, la qualité de l’air est surveillée en permanence. Des dispositifs mesurent notamment la teneur en oxygène, le monoxyde de carbone et la concentration de poussières. Des systèmes de renouvellement de l’air et de pulvérisation d’eau sont également utilisés afin de maintenir un environnement adapté aux ouvriers et aux engins.

    La question de la sécurité a également été prise en compte. Selon les responsables du projet, cette membrane a été conçue pour résister à des vents correspondant à un typhon de niveau 14, un élément particulièrement important dans une région régulièrement exposée aux phénomènes météorologiques violents. Cette solution présente aussi un intérêt en matière de calendrier. Grâce à la protection du chantier contre les aléas climatiques et à la possibilité de travailler de manière plus continue, le projet estime pouvoir gagner jusqu’à 171 jours sur certaines phases de construction.

    Guangzhou n’est d’ailleurs pas la première ville chinoise à expérimenter cette technologie. À Jinan, dans la province du Shandong, une membrane d’environ 20 000 mètres carrés et de près de 50 mètres de hauteur a déjà été utilisée pour recouvrir un chantier. À Shenzhen, dans le quartier de Futian, des dispositifs comparables ont également été installés afin de réduire l’impact environnemental de grands travaux urbains.

    Une fois les travaux terminés, la membrane peut être démontée, transportée et, dans certains cas, réutilisée sur d’autres chantiers. Derrière ce spectaculaire « coussin gonflable » se cache donc une question très concrète à laquelle sont confrontées les grandes métropoles chinoises : comment continuer à construire et à transformer la ville tout en réduisant les nuisances pour ceux qui vivent autour des chantiers ?

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • [Entretien] Pascal Galéoté : « C’est un projet d’intérêt national vital »

    [Entretien] Pascal Galéoté : « C’est un projet d’intérêt national vital »

    La Marseillaise : Comment comprenez-vous l’opposition
    à la ligne THT ?

    Pascal Galéoté : On peut comprendre qu’il y ait des oppositions à son tracé. Ceci étant dit, on est dans une situation énergétique et environnementale compliquée, et on ne peut pas porter à la fois la nécessité d’une transition écologique et s’opposer à des projets permettant de développer de l’industrie et des activités plus respectueuses de l’environnement. Sans être à la place de celles et ceux qui s’y opposent, c’est un projet d’intérêt national vital. Ça a été dit par les responsables d’Enedis : l’alimentation électrique de tout le Sud-Est est concernée, si on veut éviter une situation de black-out dramatique, pour des secteurs d’activité comme la santé, sans parler d’industrie.

    Il y a aussi un enjeu sur l’emploi ?

    P. G. : 30 000 à 40 00 emplois directs et induits sont concernés. Le territoire n’a jamais connu d’enjeux aussi forts depuis les années 70 et l’ère de la construction des industries, des raffineries et des aciéries. On est dans cette croisée des chemins : à la fois à faire survivre et adapter l’industrie existante et nous portons des projets alternatifs, et la nécessité de maintenir et avoir une production respectueuse et adaptée. Il faut corréler tout ça. La totalité du territoire est suspendue à la mise en œuvre de ce projet. Il y a une vraie opportunité et le projet de ligne à 400 000 volts doit voir le jour et accélérer parce que des doutes peuvent exister chez les industriels et cela pourrait retarder des projets ou en remettre en cause certains. La CGT est donc favorable à une accélération même s’il peut y avoir des alternatives à sa réalisation. Mais il ne faut que ce soit des solutions utopiques.

    C’est-à-dire ?

    P. G. : L’enfouissement de la ligne, techniquement, c’est une tranchée de 25 mètres de profondeur sur 100 de large : l’impact environnemental est peut-être encore plus important qu’une ligne aérienne. Puis, il y a les questions de submersion et de marées… On n’est pas là pour qualifier ou pas le tracé ou les options mais il faut que ce projet se fasse. Ça peut monter en puissance mais il faut engager des travaux et la mise en œuvre pour une livraison d’ici 24 mois. Les travailleurs sont mobilisés sur ça. On va continuer à participer au débat public, contribuer et faire que ça aille dans le bon sens.

  • Fibre Excellence : les salariés toujours dans le flou

    Fibre Excellence : les salariés toujours dans le flou

    Après l’annonce de la reprise en main de la sécurité de l’usine de pâte à papier par l’État, les salariés restent dans le flou. Vendredi, le ministère de la Transition écologique a décidé de faire intervenir l’Ademe pour « prévenir les risques d’incendie, de déversement de produits dangereux et de pollution du Rhône » et pallier « l’incurie et les mises en danger réitérées de l’environnement » du liquidateur judiciaire au vu de la situation du site de Tarascon, classé Seveso.

    « On a vu les arrêtés préfectoraux, mais pour l’instant ce sont toujours les salariés qui s’organisent pour assurer le fonctionnement des installations depuis jeudi », déclarait ce dimanche Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT et secrétaire du CSE de l’usine. Une dizaine de travailleurs se relaient en 3/8 de manière bénévole pour protéger l’outil de travail. « Un technicien de maintenance est positionné en cas de petite panne, deux opérateurs sont à la conduite des installations sur le pompage au Rhône et la station d’épuration, et on a du personnel pour assurer la sécurité et pallier tout incident », détaille le représentant des salariés.

    D’après les informations de François Batista, secrétaire de l’Union départementale CGT en charge du dossier, l’Ademe devrait être en capacité de reprendre officiellement la main aujourd’hui ou demain matin. « Ils prendront certainement contact avec nous pour la suite des opérations, mais pour l’instant on n’a pas d’élément sur le déroulé, on ne sait pas s’ils gardent des salariés de l’usine, combien, et à quelles conditions, confie Michel Bulinge. Il y a beaucoup de points à
    éclaircir.
     »

    Le délégué syndical espère que les services de l’État « s’appuieront sur les connaissances des travailleurs de l’usine ». « C’est quand même pour ça qu’on s’est battus depuis le début en disant que le site pouvait pas être mis dans toutes les
    mains
    . »

    Le mandataire mis en demeure pour les salaires

    Si l’Ademe reprend la main sur le volet sécurité, le mandataire judiciaire reste en charge de la liquidation. Et la problématique des paiements de salaires, elle, demeure entière. « On n’a toujours pas de nouvelle de nos soldes de tout compte et de nos rémunérations », souligne Jean-Michel Bulinge. Samedi 19 septembre, le syndicat CGT a envoyé une lettre recommandée au mandataire judiciaire « avec une mise en demeure de nous fournir les documents de fin de contrat et les paiements sous huit jours », précise le délégué syndical du site, qui s’alarme de la situation de salariés se retrouvant dans l’impossibilité de recourir à leurs droits auprès de France Travail. « On a suffisamment été méprisés et licenciés comme des malpropres, je pense que le minimum c’est de nous donner ce qui nous est dû », s’agace-t-il.

  • Incendies : le débroussaillement dans la ligne de mire de l’État

    Incendies : le débroussaillement dans la ligne de mire de l’État

    Après un été hors-norme, lors duquel près de 100 000 ha d’espaces naturels et de forêts sont partis en fumée, le gouvernement veut mettre l’accent sur la prévention face aux incendies. Ce vendredi 18 septembre, le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a arpenté le plateau pédagogique dédié à la sensibilisation des publics aux Obligations légales de débroussaillement (OLD), dont le sentier ponctué de panneaux explicatifs et d’ateliers slalome dans la forêt de pins située au-dessus du centre de formation départemental des pompiers 13.

    « Neuf habitations sur dix qui ont été détruites cet été l’ont été parce qu’elles n’étaient pas ou peu débroussaillées », affirme-t-il. Ces manquements sont surtout « l’une des causes de propagation des feux ». Le responsable du service DFCI des Bouches-du-Rhône de l’Office national des forêts (ONF), Laurent Vélasco, est sans appel : « L’effort à faire sur les OLD est devant nous. Le respect de cette mesure de prévention est déjà insuffisant pour le risque actuel, donc d’autant plus pour les risques à venir. »

    De la cohérence

    et du cas par cas

    Les OLD, dont les conditions précises sont fixées par arrêté préfectoral, visent à limiter la masse combustible des incendies en créant une ceinture de sécurité aux abords des constructions, chantiers et installations de toute nature. Elles sont à réaliser par les propriétaires de terrains situés à moins de 200 mètres des bois et forêts sur une profondeur minimale de 50 mètres à partir de l’habitation, et peuvent donc s’étendre à une parcelle voisine.

    Mathieu Lefèvre reconnaît la technicité des obligations, avec des « arrêtés parfois difficiles à lire » et des « freins » qui peuvent être d’ordre financier ou « psychologique ». « C’est à tous ces enjeux que la mission parlementaire doit être capable de répondre », poursuit-il. Lancée le 12 août par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ses conclusions doivent être rendues le 21 septembre. Les sept parlementaires « commencent à formuler des propositions, le contrôleur général a été reçu », précise le ministre. « On est là sur une politique publique qu’on doit regarder dans le détail, qui ne doit pas se faire de façon planifiée verticale depuis Paris, mais massif par massif, forêt par forêt. »

    Le directeur du Sdis 13, Jean-Luc Beccari, prévient : « On pense qu’on a un dispositif assez complet et cohérent, mais il faut continuer à l’animer, à le financer. Il y a des enjeux forts en matière d’OLD, de DFCI, d’aménagement du territoire ». Et d’appeler à plus de cohérence entre les enjeux environnementaux, de biodiversité et de prévention incendie. « On sent qu’il y a un travail interministériel un peu plus poussé à mener. »

  • Dominique Simonnot loue le rôle des juges

    Dominique Simonnot loue le rôle des juges

    Le président Thierry Trottier a dressé, vendredi, un bilan d’activité spectaculaire du tribunal administratif de Marseille. En trois ans, le nombre de recours a doublé, passant de 12 000 à 21 500 requêtes pour 45 magistrats, 53 agents et 11 aides à la décision.

    « C’est un tribunal harassé que vous avez devant vous », a-t-il lancé. Plus de 20% des référés de toute l’année ont été enregistrés et traités en juillet et août. « Le dévouement, le travail de week-end ou la réduction des vacances ne sont pas extensibles à l’infini. Nous avons atteint nos limites », alerte le chef de juridiction, qui réclame des « effectifs conséquents » et salue « la mobilisation extraordinaire du personnel ».

    Ainsi, à Marseille, les référés ont « littéralement explosé » en contentieux des étrangers, avec 368% d’augmentation ! « Rien que cette semaine, nous avons enregistré 200 requêtes en référés étrangers. » En cause, le dysfonctionnement de la plateforme ANEF, la simplicité à saisir le juge avec des recours sans avocat et rédigés avec l’IA, mais surtout, lance le président en s’adressant au préfet, « le fonctionnement du service des étrangers de votre préfecture » car « ces recours émanent d’étrangers auxquels il n’est pas répondu dans les délais et surtout à qui on ne délivre pas de récépissé ou d’attestation de prolongation d’instruction de leur demande. Des personnes qui parfois perdent leur travail, leur stage ou leurs droits sociaux ».

    Thierry Trottier a aussi déploré une baisse de 35% des médiations, pointant là encore l’état avec « des refus croissants des administrations d’entrer en médiation ». « Je le regrette d’autant plus que nous avons parfois signé des conventions nous engageant mutuellement à favoriser ce mode de règlement des litiges. »

    « Des constats,

    pas des allégations »

    La rapporteure publique, Audrey Houvet, a ensuite évoqué des décisions touchant le centre de rétention du Canet, des commissariats de police et des établissements pénitentiaires, afin « d’assurer le respect en toutes circonstances des personnes privées de liberté, de leur dignité et en premier lieu de leurs besoins primaires, la soif, la faim, l’hygiène et la sécurité ».

    Invitée d’honneur de cette audience solennelle, Dominique Simonnot, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté depuis 2020 : « Vous avez rendu des décisions d’une énorme importance, pas seulement pour les détenus. Je me souviens d’un jeune autiste qui était retenu en soins sans consentement alors qu’il avait été normalement admis dans une maison spécialisée, mais faute de place, il végétait totalement dans un service de psychiatrie ».

    Alors que son mandat s’achève en octobre, Dominique Simonnot a dit le « bonheur » ressenti à des décisions des juridictions administratives après ses recommandations en urgence, sur l’infirmerie psychiatrique, de la préfecture de police de Paris et le quartier de lutte contre la criminalité organisée de Condé-sur-Sarthe. « En tant qu’autorité administrative indépendante, nos recommandations se fondent sur des constats, pas des allégations. Dans les dernières semaines qui me restent, j’essaierai de peser, de dire qu’il faut plus de magistrats administratifs, plus de moyens », a-t-elle conclu.

  • [Entretien] Alain Rouy, secrétaire national du Mouvement de la Paix : « Il faut travailler la paix du quartier à la planète »

    [Entretien] Alain Rouy, secrétaire national du Mouvement de la Paix : « Il faut travailler la paix du quartier à la planète »

    La Marseillaise : À quoi sert un événement comme le Village de la Paix ?

    Alain Rouy : Cela répond à la Journée internationale de la paix, décrétée par l’ONU il y a 25 ans. C’est un moyen de sensibiliser les populations, les pouvoirs publics. Par exemple, la question de la défense, de la paix, est occultée en France, où toute la politique de défense est entre les mains du chef de l’État. Il peut déclencher une intervention militaire sans même consulter le Parlement avant 100 jours. Dans les autres pays d’Europe, le Parlement est étroitement associé. On a appris par un discours, sur la base des sous-marins nucléaires de l’Île Longue, l’an dernier, que la France changeait de doctrine militaire nucléaire, avec une nouvelle invention, la dissuasion avancée. Personne n’a été consulté, pas même les militaires. La France ne fera désormais plus la transparence sur son armement nucléaire, certaines bombes nucléaires vont être remplacées par de plus puissantes, par l’unique volonté du chef de l’État. C’est un problème. Mais presque tous les pays sont soumis à cette hausse inconsidérée des dépenses militaires au détriment des programmes sociaux, de santé, d’enseignement, d’où l’idée d’une convergence internationale.

    Le thème de la journée est : « Investir dans la paix pour tous, partout, tous les jours ».
    Qu’est-ce que cela évoque
     ?

    A.R. : Ça incarne ce que promeut l’ONU, c’est-à-dire que l’armement est surfinancé alors que les œuvres de paix et les grands défis existentiels tels que le réchauffement climatique sont sous-financés. L’ONU a établi les objectifs du développement durable, en 2015, à la suite des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Certains ont été obtenus, notamment sur le plan de l’alphabétisation, de la santé… Mais on est loin du compte parce qu’il manque des financements. Avec moins de la moitié du budget militaire, on règle quasiment tous les problèmes des OMD et on peut commencer à s’attaquer à la transition écologique. Au lieu de ça, on prépare la mort de la planète avec l’accumulation des armes et le risque d’un conflit nucléaire.

    Comment parvient-on à se mobiliser dans un monde bouleversé par les guerres et les génocides ?

    A.R. : Comme le disent certains slogans, il faut travailler à la paix du quartier à la planète. Ça commence par la culture de paix, grand chantier lancé par l’ONU en 2000, parce que la paix s’apprend dans les comportements, dans une culture tournée vers l’autre qui doit abreuver la vie publique. Les gouvernements ont aussi un rôle à jouer. Par exemple, le traité sur l’interdiction des armes nucléaires de 2017 est venu d’une convergence de l’ONU, des ONG et d’États qui en ont été les relais diplomatiques. Mais pour que ces relais existent, il faut faire évoluer l’opinion publique.

    À un an de l’élection présidentielle, quelle devrait être, selon vous,
    la position du futur gouvernement en matière internationale
     ?

    A.R. : On craint que ces questions de défense soient occultées de la campagne. Beaucoup de candidats vont parler du pouvoir d’achat sans faire le lien avec la hausse des dépenses militaires. La France, sous Macron, a fait le choix de résoudre les problèmes par la guerre, en soutenant les dérives bellicistes de l’UE, sans proposer d’action diplomatique. On pourrait prendre la tête, en tant que puissance nucléaire, d’un mouvement de désarmement, puis aller vers une nouvelle manière d’envisager les relations internationales, à savoir la coopération, un mode de sécurité collective ou de sécurité commune, notion apparue dans les années 1980 avec le Premier ministre suédois de l’époque, Olof Palme. Celle-ci implique que je ne suis en sécurité que si mon voisin, ou mon ennemi, se sent lui-même en sécurité. Donc, nos sécurités sont interdépendantes.