Tag: sécurité

  • Sur le boulevard Rabatau à Marseille, la voiture va enfin laisser une place au vélo

    Sur le boulevard Rabatau à Marseille, la voiture va enfin laisser une place au vélo

    Le boulevard Rabatau est en travaux. La Métropole Aix-Marseille-Provence a engagé la semaine passée un chantier de réaménagement entre le square Paul-Mélizan et la place du Général-Ferrié. Une opération à 2,7 millions d’euros qui doit s’achever au printemps 2027 avec l’objectif affiché de « redonner de l’espace aux mobilités douces et améliorer le cadre de vie des habitants » et sécuriser les abords de l’école Teisseire.

    Piste cyclable bidirectionnelle

    Sur près de 400 mètres, soit un peu plus de la moitié du boulevard, une voie de circulation sera supprimée pour créer une piste cyclable bidirectionnelle de trois mètres de large, séparée de la chaussée. Le projet prévoit aussi une réorganisation du stationnement, l’installation de 40 arceaux à vélos, la désimperméabilisation de certains espaces et la plantation d’arbres autour du square. La Métropole précise que les accès aux logements et aux commerces seront maintenus pendant les travaux.

    Au-delà du réaménagement de voirie, le tronçon concerné par l’opération à la particularité de s’inscrire dans la ligne cyclable n°5 dite « Nord-Est ». Destinée à relier les plages du Prado à Château-Gombert, elle est intégrée au Plan vélo de la Métropole adopté en 2019 pour structurer un réseau sécurisé à l’échelle du territoire. Or sept ans après son lancement, le déploiement du Plan vélo est toujours au ralenti et emprunter son tracé relève de l’exercice à trous.

    Il y a sept ans, la Métropole s’était engagée à doubler la part modale du vélo grâce à un investissement de 60 millions pour la création progressive d’un vaste réseau cyclable de seize grandes lignes représentant plus de 280 kilomètres, à l’horizon 2030. Huit traversent Marseille. Mais comme le note le collectif Vélos en ville qui suit l’avancement du programme avec son observatoire du Plan vélo, seuls 47 kilomètres ont à ce jour été réalisés, soit 39% du total.

    Les critiques portent moins sur l’ambition du plan que son exécution, car plusieurs tracés structurants, destinés à offrir des continuités cyclables sécurisées dans une ville pensée pour l’automobile, peinent à voir le jour. Rabatau illustre bien cette situation. Axe majeur du sud marseillais, très fréquenté et marqué par une circulation dense, il ne compte aujourd’hui qu’une « bande cyclable à hauteur de trottoir » sur 463 mètres entre le rond-point du Prado et le square Paul-Mélizan où elle se termine sèchement.

    Les travaux engagés devraient permettre de la connecter à d’autres aménagements déjà réalisés. Il sera en effet possible de rejoindre en sécurité la ligne 3 qui traverse la place du Général-Ferrié le long du nouveau tracé du tramway entre Dromel et Castellane, ouvert en 2025. Ils permettront aussi de se rapprocher de la ligne 5 dont la portion la plus aboutie a vu le jour sur le Jarret entre 2020 et 2022, avec les réaménagements des boulevards Maréchal-Juin, Sakakini, Françoise-Duparc et Jean-Moulin : une piste cyclable qui n’avait alors pas été raccordée à la place du Général-Ferrié.

  • Au Rove, trois gardes forestiers pour la saison

    Au Rove, trois gardes forestiers pour la saison

    Amandine Guigou, Hugo Mendes et Sonny Le Merrer vont à la rencontre des promeneurs, randonneurs et usagers pour les informer sur la réglementation en vigueur, rappeler les consignes de sécurité et sensibiliser chacun aux bons comportements à adopter pour préserver le massif.

  • [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    [Entretien] Amine Kessaci : « Les jeunes ont aussi besoin de vivre et de respirer »

    Figure de la lutte contre le narcotrafic, le jeune élu écologiste a commencé à mettre en pratique un projet pour la jeunesse dont il martèle que la Ville a fait une priorité.

    La Marseillaise : Quand les éducateurs vous transmettent leur rapport, que devient-il ?

    Amine Kessaci : Je le fais suivre à la fois au CLSPDR et au service prévention de la délinquance, qui ont les associations qu’on a déjà mandatées et avec qui on a démarché pour accompagner des jeunes, trouver des solutions emploi, etc. Et justement, ce que je suis en train de créer depuis mon arrivée, c’est une coordination entre les services, pour que, dès qu’on a des remontées comme celle-ci, on ait quelqu’un qui puisse justement faire le suivi, relancer, proposer des entretiens, des rendez-vous. Car j’ai constaté à mon arrivée, qu’il n’y avait pas de coordination entre les remontées terrain et le suivi de ces demandes. Jeunesse, prévention de la délinquance et CLSPDR, les trois services qui sont sous ma délégation travailleront ensemble.

    De quels moyens et budget disposez-vous pour ce faire ?

    A.K. : En tant que président du CLSPDR, le procureur de la République est le premier vice-président et peut nous donner les moyens niveau justice. On a la préfète de police qui est également vice-présidente et les structures sociales qui font les accompagnements. La Mission locale peut prendre le relais. Quand il s’agit de questions d’addictologie, on a des associations spécialisées. Marseille Habitat en tant que bailleur social peut aussi faire le lien, débloquer les situations. Ces dispositifs existaient déjà, je ne crée rien de nouveau, ce que j’apporte c’est la coordination. Niveau financier, nous sommes sous le coup des restrictions, la situation de la métropole nous met dans une situation inconfortable mais le maire l’a assuré, la jeunesse reste une priorité.

    Avez-vous des objectifs précis ?

    A.K. : Avec le maire, on s’est fixé deux lignes sur les politiques jeunesse. Premièrement, protéger les jeunes Marseillais face à l’entrée dans les narcotrafics, au mal-logement, au manque d’information, de formation, d’emploi, de dispositifs d’insertion. Le deuxième objectif, c’est de faire rêver la jeunesse, de permettre aux jeunes Marseillaises et Marseillais de pouvoir faire la fête, s’amuser. On se rend compte, qu’on est juste sur de l’action sociale, d’urgence, ce qui est important et nécessaire, mais les jeunes ont aussi besoin de respirer, de vivre. C’est quelque chose qu’on a oublié, notamment depuis le Covid. C’est pour ça aussi qu’on a lancé le dispositif « Vacances pour tous » qu’on a piloté avec Farida Benaouda [DVG, conseillère municipale déléguée en charge des vacances pour tous et des cités éducatives, Ndlr.] et Hassan Guenfici [DVG, adjoint au maire, en charge des centres sociaux et de l’éducation populaire]. La semaine dernière je me suis rendu à La Paternelle (14e), pour un départ en car des familles. Ces dernières sont meurtries, même si elles n’ont peut-être pas perdu des proches dans leur chair, elles ont en tout cas vu la guerre de la drogue de très près en 2023. Aujourd’hui elles peuvent partir, profiter d’une journée à l’extérieur grâce au dispositif « s’évader », mené avec ma collègue Anne-Sophie Sidani [PS, conseillère municipale déléguée à la politique de la ville].

    Peut-on déjà tirer un premier bilan de votre action, cinq mois après avoir été élu ?

    A.D. : Nous sommes en train de mettre en place toutes ces actions de coordination et de lancer une nouvelle dynamique au sein du CLSPDR. Sur le décrochage scolaire par exemple, on attendait que le jeune ait plusieurs centaines d’heures de décrochage scolaire pour le convoquer et pour mettre en place des dispositifs. Maintenant on agit dès le départ. Dès qu’on voit qu’il y a des jeunes qui commencent à avoir beaucoup d’heures d’absence répétées sans justification, l’Éducation nationale et le procureur de la République nous saisissent pour justement éviter aux familles les placements, les actions judiciaires. Et on réunit ces jeunes avec leurs parents, les deux parents. On met en place aussi un accompagnement social. Avec des associations qu’on mandate, qu’on finance et à qui on demande de faire le suivi avec un bilan un mois après pour voir si le jeune est retourné à l’école.

    C’est un travail de dentelle ?

    A.K. : Oui et franchement c’est nécessaire. Les jeunes ont besoin aussi de voir un jeune comme eux en face. Piloter au niveau « macro », c’est très bien et cela fait partie évidemment de mon rôle, mais la proximité ça a toujours été ma marque et je compte bien continuer.

  • La police municipale en action aux Aygalades

    La police municipale en action aux Aygalades

    À leur arrivée sur les lieux, les agents, confrontés à une épaisse fumée envahissant les parties communes, ont effectué les premières reconnaissances et relevé que plusieurs habitants étaient toujours à l’intérieur, certains bloqués par la fumée et la progression des flammes. Après avoir extrait huit personnes, ils évacueront également plusieurs animaux domestiques avant d’établir un périmètre de sécurité pour faciliter le travail des marins-pompiers. Un engagement salué par les riverains. Aucune victime n’était à déplorer ont indiqué les marins-pompiers, deux appartements étant touchés par le feu maîtrisé après la mobilisation de 27 marins et 8 engins.

  • Des CRS bien occupés assurent la sécurité sur la plage des Catalans

    Des CRS bien occupés assurent la sécurité sur la plage des Catalans

    Venue du Sud Ouest, la CRS 14 assure depuis le 14 juillet la surveillance d’une des plages les plus fréquentées de la ville, les Catalans. Les 5 policiers, maîtres-nageurs sauveteurs et Vttiste ont fort à faire, ont-ils expliqué ce mercredi 5 août à la préfète de police déléguée, Corinne Simon, venue leur rendre visite.

    Pas moins de 200 amendes forfaitaires spécifiques, des vols, des malaises et beaucoup d’incivilités, dont les enceintes à fond, le tout par 31 à 38 degrés, sept jours sur sept, de midi à 19h30, raconte le brigadier-chef Jean-François. Dans un seau, il a rassemblé un tas de matériel confisqué, destiné à la consommation de stup’, sur le mois. Quelques minutes auparavant, un homme complètement ivre et sous l’emprise de drogue a été arrêté.

    « Jusqu’à présent, il y avait deux plages surveillées par les CRS, Sormiou et La Ciotat », explique la préfète, « une demande a été faite auprès du cabinet du ministre de l’Intérieur pour avoir des effectifs supplémentaires parce qu’à chaque bilan que nous faisons en fin de saison, on s’aperçoit que la plage des Catalans est énormément fréquentée, il était important de mieux sécuriser ». Les CRS travaillent en partenariat avec la police municipale, précise Joël Canicave (PS), adjoint au maire en charge des finances. À l’ombre du mur du poste de secours, Simone, Albert, Pierrette, Corinne, Chantal, Lucie et Sabrine, qui « viennent là depuis 50 ans » sont ravis. « Cela fait du bien de les avoir, on va les regretter », déplore la bande de copines.

  • Pour l’abolition de l’arme atomique

    Pour l’abolition de l’arme atomique

    Pour que nul n’oublie l’horreur, pour que chacun soit sensibilisé au danger de l’arme nucléaire et qu’à terme, celle-ci soit abolie : les pacifistes se réunissent, comme chaque année, en mémoire d’Hiroshima et Nagasaki pour le 81e anniversaire des bombardements atomiques. Ce rassemblement, prévu à 18h au monument des Mobiles à Marseille*, sera l’occasion pour le Mouvement de la Paix 13 de lancer une grande campagne citoyenne et politique en faveur du Traité d’interdiction des armes nucléaires (Tian).

    L’organisation pacifiste veut mettre en débat la théorie de la dissuasion et la présence d’armes atomiques sur la base aérienne 125 d’Istres. « C’est un territoire interdit où les choses sont gérées sans aucune transparence et où des dangers notoires, notamment les bombes atomiques, représentent une menace pour toute la population », tempête Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix des Bouches-du-Rhône. Les militants veulent promouvoir la notion de sécurité humaine. Ce concept des Nations Unies vise à placer l’individu au centre des priorités à la différence de la sécurité nationale. Pour Michel Dolot, les décisions budgétaires du gouvernement français illustrent à eux seuls l’opposition entre ces deux notions « tous les moyens sont pour la sécurité de l’État et très peu sont dévolus à la sécurité humaine. Cela donne des polémiques qu’on voit autour du nombre de Canadairs, à côté des moyens qu’on met pour les bombes atomiques », fustige-t-il.

    « Plus d’argent dans les armes que dans la santé »

    Une indignation partagée par Yves Perrin Toinin, secrétaire adjoint de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (AMFPGN), « la loi de programmation militaire prévoit que d’ici à la fin de la décennie on ait doublé les budgets notamment ceux pour l’arme nucléaire, avec la création de nouveaux missiles, de nouvelles ogives, de nouveaux engins comme les sous-marins nucléaires, un nouveau porte-avions. Un ensemble qui fait qu’on ne va pas du tout vers le désarmement, bien au contraire », dénonce le médecin. « Cet été, par exemple, on a vu les décrets tomber, doublant les franchises médicales sur les médicaments, augmentant le reste à charge. On met beaucoup plus d’argent dans les armes que dans la santé », éructe-t-il.

    Le professionnel de santé entend, lors du rassemblement marseillais, sensibiliser les participants aux conséquences médicales de l’arme nucléaire. Les bombes larguées le 6 août 1945 sur Hiroshima et trois jours plus tard sur Nagasaki ont causé la mort de 110 000 à 210 000 personnes, sans compter les milliers ayant contracté des maladies, notamment des cancers. Selon un sondage Ifop pour le Mouvement de la Paix, La Marseillaise et l’Humanité, 80% des personnes interrogés déclarent craindre l’utilisation de l’arme nucléaire. Un sujet que les participants à cette campagne ont l’intention de pousser dans la course à la présidentielle.

    L’un de leur objectif est que la France, puissance nucléaire, ratifie le Tian : « pour qu’elle soit un exemple, avec une diplomatie souveraine, qu’elle garde une voix indépendante qui ne se plie pas à l’Otan et refuse de s’aligner sur les intérêts états-uniens », tranche Coralie Hernandez, responsable fédérale de la commission solidarité internationale et paix au sein du PCF 13. Et renchérit : « la paix, c’est un combat politique de classe qui s’articule avec la lutte anti-impérialiste et une transformation sociale ».

    *(Square Léon Blum 1er)

    80%

    des Français
    déclarent avoir peur
    des armes nucléaires
    selon un sondage Ifop réalisé pour
    le Mouvement
    de la Paix,
    La Marseillaise, l’Humanité
    en janvier dernier.

  • Roesch, du cabinet de Castex, à la sous-préfecture d’Alès

    Roesch, du cabinet de Castex, à la sous-préfecture d’Alès

    « J’ai vraiment un parcours classique », lance la jeune femme devant la presse. À seulement 33 ans, Lucie Roesch coche en effet toutes les cases de ces serviteurs de l’État, bien décidée à « être utile à mon pays ».

    Diplômée de Sciences po, puis de l’École nationale de l’administration (ENA), elle devient auditrice à la Cour des comptes, puis chargée de mission auprès de son premier président Didier Migaud. En 2020, en pleine crise Covid, elle est nommée directrice de cabinet du préfet de l’Ain. L’année suivante, elle rejoint le cabinet de Jean Castex, alors Premier ministre, où elle occupe le poste de cheffe de cabinet adjointe, notamment en charge de ses déplacements. Elle quitte ensuite Matignon en mai 2022 suite au changement de gouvernement. Elle rejoint alors le secrétariat général de la préfecture de l’Aude et devient sous-préfète de Carcassonne.

    Quatre ans plus tard, elle est donc nommée à Alès, « une région que je connais peu mais qui est très attrayante ». Après avoir échangé sur les dossiers les plus importants avec son prédécesseur, Émile Soumbo, Lucie Roesch veut multiplier les rencontres. Pour sa première semaine de fonction, elle a d’ailleurs échangé avec le maire d’Alès, le procureur et a rencontré les forces de l’ordre mardi 28 juillet. « Je veux profiter de l’été, qui est normalement une période un peu plus calme, pour aller sur le terrain », explique-t-elle. Une méthode qu’elle souhaite d’ailleurs poursuivre tout au long de sa mission : « J’ai vocation à passer peu de temps dans mon bureau. J’aime aller sur le terrain, à la rencontre de la population, des entreprises et savoir où l’État est attendu. »

    Lutte contre le narcotrafic

    Lucie Roesch débarque à Alès dans un contexte difficile alors que le maire, Christophe Rivenq, a reçu des menaces de mort signées « DZ Mafia ». « C’est un contexte particulier pour le territoire et ces menaces ont choqué la France entière. J’ai réaffirmé tout le soutien de l’État à Christophe Rivenq. Nous allons poursuivre le travail très intense déjà engagé contre le trafic de drogue. C’est évident que cette actualité va donner une coloration particulière à mes premières semaines, à mes premiers mois ici », explique-t-elle.

    Dans l’Aude, Lucie Roesch avait également été confrontée aux risques, que ce soient les inondations ou les incendies, comme celui de Ribaute qui avait détruit plus de 11 000 hectares l’an dernier. Des risques auxquels elle sera à nouveau confrontée à Alès. Si elle connaît les grands enjeux du territoire, Lucie Roesch devra tout de même attendre l’installation de Fabienne Decottignies comme nouvelle préfète du Gard le 17 août pour affiner sa feuille de route.

  • Le drame humain de Ceuta et son instrumentalisation

    Le drame humain de Ceuta et son instrumentalisation

    Les images de Ceuta sont insoutenables et les réactions politiques face à ce véritable drame humain, abjectes. Comment rester de marbre face au désespoir qui a conduit des dizaines de milliers de marocains, d’exilés subsahariens, à braver la mer, les barbelés, les armes, une mort certaine, pour tenter de rejoindre un bout d’Europe en quête d’un avenir meilleur ? Des questions restent en suspens quant aux conditions qui ont permis à plus de 60 000 personnes de franchir cette frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole.

    Rapidement, l’internationale brune a instrumentalisé ce drame pour servir son idéologie raciste et xénophobe, Giorgia Meloni en tête. La présidente d’extrême droite du Conseil italien a appelé à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen, rejointe par son homologue danoise la sociale-démocrate Mette Frederiksen, défenseure d’une politique migratoire ultra-restrictive. Et ce, alors que Ceuta n’appartient pas par dérogation à cet espace de libre circulation… La désinformation au plus haut sommet des États. Face à cela, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a demandé ce mardi la tenue d’une réunion des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne qui se tiendra en visioconférence.

    Attaqué de toutes parts, le chef de gouvernement socialiste a accusé les réseaux de traite d’être humains d’avoir organisé ces arrivées massives et renforcé la sécurité sur le territoire en déployant une barrière flottante. Sur les réseaux sociaux, les comptes qui avaient annoncé que les frontières étaient ouvertes ont mystérieusement disparu.

    72 morts selon Madrid, 11 corps récupérés par Rabat

    Dans son éditorial de ce lundi, le premier quotidien d’Espagne El País (centre gauche) titre : « Mohammed VI et ses projectiles humains », estimant que « les munitions avec lesquelles le Maroc tire sans cesse sur l’Espagne, c’est son propre peuple ». Car cet épisode n’est pas sans rappeler celui de mai 2021, où plus de 12 000 personnes avaient rejoint Ceuta en quelques jours. Un coup de pression du royaume chérifien sur Madrid, sur fond de crise diplomatique autour du Sahara occidental. Et si depuis, l’Espagne a reconnu la marocanité du territoire disputé, elle tente par ailleurs de réchauffer ses relations avec Alger. De quoi irriter la couronne ? Selon le quotidien El Español (libéral-conservateur), des sources de l’état-major de la Garde civile espagnole auraient « repéré des agents des services de renseignement marocains infiltrés parmi les milliers de migrants entrés illégalement à Ceuta ».

    Et si la quasi-totalité d’entre eux sont, depuis, retournés au Maroc, près d’un millier de mineurs sont restés dans l’enclave, selon l’ONG Save the Children. Des tombes sont érigées au sein du cimetière musulman pour y enterrer dignement ceux qui n’ont pas survécu. Ils sont 72, selon les autorités espagnoles, tandis que Rabat comptabilise 11 corps récupérés côté marocain. La liste risque de s’allonger. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) recense à ce stade « près de 130 victimes » et des dizaines de disparus. Des avis de recherche sont lancés sur son groupe Facebook, parmi lesquels figure un adolescent de 13 ans qui a fui vers Melilla. Sur les images prises sur place, on voit des parents postés aux pieds des grillages barbelés de Fnideq, ville frontalière de Ceuta. Ces derniers montrent aux passants des photos de leurs enfants dont ils sont sans nouvelles depuis des jours et qu’ils espèrent toujours vivants.

  • Des actions pour sécuriser le site de Fibre Excellence

    Des actions pour sécuriser le site de Fibre Excellence

    En direction de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, ce lundi 3 août au matin, la circulation était quasi bloquée depuis le centre-ville et à partir du pont au-dessus du Rhône, depuis Beaucaire. En cause, l’action d’une centaine d’employés de l’entreprise, placé en liquidation judiciaire, pour alerter sur les 275 licenciements directs. Mais aussi sur les dangers que peut représenter le site, classé Seveso, si rien n’est fait rapidement.

    Au lendemain de l’incendie dans un entrepôt de déchets à Gandrange, en Moselle, site également classé Seveso, l’inquiétude est palpable. L’intersyndicale CGT, CFDT et FO demande une « prise en charge intégrale et urgente de la sécurité chimique et de la protection du site ». Dès 7h30, une centaine de personnes ont ainsi bloqué la circulation de façon alternative pendant 5 minutes avant de laisser passer les véhicules les 5 minutes suivantes.

    « S’il y a le moindre problème, ça peut exploser. Ce n’est pas sécurisé », résume le délégué syndical FO, Florian Bertho. Un appel qui a fonctionné, vu qu’aux alentours de 10 heures, un rendez-vous a été trouvé avec le secrétaire général du préfet des Bouches-du-Rhône, à Marseille, dans l’après-midi, pour évoquer la problématique. Deux représentants par syndicat ont échangé avec le représentant de l’État. Un rendez-vous confirmé aux salariés lors d’une assemblée générale devant le site. « On veut des vraies réponses, pas des paroles en l’air. S’il faut remettre un bordel pour en avoir, on le fera », lance un manifestant aux représentants syndicaux. « Qu’ils viennent devant nous. Qu’ils sortent de leurs bureaux et voient un peu ce que c’est », abonde un autre. « La mobilisation marche, vu qu’en deux heures, on a pu obtenir un rendez-vous. Donc on va continuer et aller plus fort, car de la sécurité du site, on ne peut pas s’en occuper bénévolement. Le préfet doit nous apporter des réponses », répond Jean-Michel Bulinge, secrétaire général CGT Fibre Excellence Provence.

    Action attendue

    En sortie de cette réunion en préfecture, Frédéric Sanchez, secrétaire général CFDT, estime que la question de la sécurité va être traitée avec une « solution dans les deux prochains jours » après des échanges entre les mandataires et les services de l’État. Tout en ayant également abordé la question de la mutuelle, des primes supralégales et de la recherche d’un nouveau repreneur du site, quel que soit le secteur d’activité. Une nouvelle réunion se tiendra la semaine prochaine en sous-préfecture d’Arles.

    Un comité social et économique (CSE) s’était également tenu ce vendredi 31 juillet avec les mandataires et les liquidateurs. « Mais ils nous ont simplement dit qu’on aurait seulement droit au minimum », soufflent les responsables syndicaux.

    LES SALARIÉS RACONTENT LEUR POSTE DE TRAVAIL

    Floréal et Mohamed, grutiers

    « On décharge les péniches, les camions ou encore les trains. Mais on conduit aussi les tracteurs et autres véhicules. On était sous-traitants avant, mais il a été liquidé et on a été intégrés à l’entreprise en 2021. Et le deal à l’époque, c’était un peu un échange de savoir-faire entre les deux parties et on connaît parfaitement le procédé du parc à bois. Les rondins que l’on reçoit, il faut les mettre dans une chaîne qui les traite, puis dans une machine qui enlève les écorces et enfin dans une coupeuse pour avoir des copeaux à la dimension voulue. C’est ce produit qui part ensuite dans les différents procédés de traitement. Mais aujourd’hui, on se sent abandonnés et on n’a aucune nouvelle de personne. On a des crédits, des enfants qui arrivent, et retrouver du boulot alors qu’on maîtrisait notre sujet, ce n’est pas évident. »

    Louis-David, Logisiticien

    « Mon boulot était d’envoyer la matière première produite à différents clients à travers l’Europe. J’avais devant moi des blocs de papier de 250 kilos, de différentes catégories de qualité, que l’on devait expédier à droite ou à gauche selon les commandes. C’était mon rôle de décider ce qui devait aller à tel ou tel endroit. Cette matière était ensuite retravaillée. Il faut vraiment être papetier pour comprendre à quoi correspond chaque produit. Et ce n’est pas quelque chose pour lequel on se forme du jour au lendemain. Il faut un minimum de connaissances. Je suis ici depuis 11 ans, dont plus de cinq en intérim. »

  • Le feu ravive les inquiétudes autour du projet de data center aux Pennes-Mirabeau

    Le feu ravive les inquiétudes autour du projet de data center aux Pennes-Mirabeau

    « Nos vies plutôt que leurs incendies », martèlent les associations France Nature Environnement, Data For Good, le Mouvement national de lutte pour l’environnement, Le Nuage était sous nos pieds et les comités d’intérêts de quartiers des Sibylles et des Pallières, mardi, dans un communiqué.

    Ils dénoncent « un projet collé à une zone hautement inflammable, alors que 115 000 hectares de surface ont déjà brûlé depuis le début de l’année en France ». Les militants gardent en mémoire « l’incendie qui avait ravagé 2 700 hectares de la pinède en août 2016 ». Pinède située à « seulement 85 m » du projet, qui « va chauffer la colline toujours marquée des stigmates de l’incendie ».

    « Un mépris des personnes et des écosystèmes »

    « À l’heure où les incendies se multiplient et où de nombreuses personnes meurent à cause de la chaleur, la question du rôle des data centers dans le réchauffement climatique et de l’augmentation du risque d’incendie devrait être au cœur de nos préoccupations », s’insurge Annick Hordille, membre du Nuage était sous nos pieds. Les militants poursuivent : « Malgré cela, aucune étude d’impact de cette chaleur fatale sur le voisinage n’a été jointe au dossier environnemental, en violation du Code de l’environnement ». Lors du conseil municipal, le 6 juillet, le maire (DVD) des Pennes-Mirabeau, Romain Amaro, promettait de « redistribuer la chaleur fatale de l’infrastructure » aux habitants, évoquant alors une étude lancée en ce sens.

    Les collectifs indiquent avoir déposé deux recours « contre l’Autorisation préfectorale d’exploiter » le site classé PPRIF, sensible aux risques d’incendie. Philippe Chabeaudy, du CIQ des Palières, espère être entendu : « J’en appelle à la responsabilité des élus et administrations ».

    Andréa Goyard-de Castro