Tag: sécurité

  • À Marseille, les élèves sensibilisés aux dangers numériques

    À Marseille, les élèves sensibilisés aux dangers numériques

    Huit écoles élémentaires ont eu l’opportunité, du 1er au 5 juin, de participer à une semaine de rencontres dédiée à la découverte des médias audiovisuels et numériques, animée par des équipes de l’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique). Les élèves ont pu explorer les divers types de médias et ont été sensibilisés à l’usage des écrans, pour comprendre la signalétique jeunesse ou encore savoir comment réagir face à un contenu choquant. Au total, 991 élèves, du CP au CM2, ont été concernés par cette initiative portée en partenariat avec la Ville de Marseille.

    Dans une classe de CE1 de l’école Convalescents (1er), la rencontre prend tout son sens. Sur 23 élèves, 9 possèdent déjà leur propre téléphone portable. Tous ont déjà regardé des films « déconseillés » à leur âge. Une grande partie a même déjà joué à « GTA », jeu vidéo dans lequel le joueur incarne des criminels dans un univers marqué par violence et activités illégales.

    Des chiffres qui ne surprennent pas Manon Conan, cheffe du département Éducation aux médias de l’Arcom, qui dirige l’atelier : « énormément de jeunes regardent des films d’horreur et d’autres contenus très violents. Ils ont l’impression que ça ne les impacte pas. Les thématiques abordées portaient donc surtout sur la manière de se protéger lorsqu’on est exposé à ce type de contenus. » Ce constat dépasse largement cette classe. « Les réseaux sociaux sont supposés être accessibles à 13 ans – peut-être 15 demain – et aujourd’hui, 50% des enfants de 12 ans ont un compte Snapchat ou TikTok », note le président de l’Arcom, Martin Adjani, présent pour clôturer la semaine.

    Pascaline Lécorché, adjointe au maire de Marseille déléguée à l’éducation, confirme l’urgence : « Quand on discute avec le réseau de formation des professionnels de l’éducation, Canopé, ils nous disent qu’il y a une réelle demande de formation des enseignants. »

    La Ville a choisi d’agir tôt. « Depuis 2020, elle est un laboratoire innovant sur l’enseignement du numérique dans les écoles », explique Christophe Hugon, conseiller délégué aux relations avec les acteurs du numérique. Une démarche pensée sans culpabiliser les parents : « Ils sont souvent demandeurs d’outils pour que l’éducation de leurs enfants dans l’espace numérique se passe aussi bien que dans l’espace urbain. » L’Arcom envisage d’inscrire l’initiative dans la durée et de la déployer.

  • Les associations veulent des garanties sur Legré Mante

    Les associations veulent des garanties sur Legré Mante

    Une réunion pour faire un point de situation. C’est ce que proposent, ce lundi 8 juin, Union Calanque littoral, l’association Santé Littoral Sud, Fare Sud au centre social Mer et Colline, engagées depuis des années pour réduire l’exposition des habitants et des visiteurs du littoral Sud aux polluants.

    Leur recours a permis de contraindre l’État, par une décision de justice en décembre 2024, de mener à bien un vaste chantier de dépollution entre le Mont Rose et Callelongue d’ici juin 2038. Si les associations se félicitent de « l’engagement de la préfecture » et « du professionnalisme des équipes de l’Ademe (Agence pour la transition écologique) qui ont appliqué les normes en vigueur », lors des travaux menés du 1er septembre au 31 mars, elles posent la question de l’avenir de l’usine Le gré Mante.

    Un véritable serpent de mer. Fermée en 2009, l’usine de production d’acide tartrique, précédée par une activité de traitement du plomb et de soude, a laissé près de 8,5 hectares de sol pollué au plomb, à l’arsenic, au zinc ou au cadmium, avec des « seuils inacceptables dépassés », pointe dans une étude l’Institut national de veille sanitaire.

    Une lettre au préfet

    Ce qui n’a pas empêché les promoteurs de proposer de nombreux projets immobiliers, au grand dam des riverains, qui ont soulevé les conséquences de l’arrivée massive de nouveaux habitants, sans moyens de transport supplémentaires, ni équipements publics. Le dernier, déposé en août 2025, porté par le fonds d’investissement Ginkgo propriétaire du site, et le promoteur Constructa, prévoit environ 130 logements, et reste pour le moment suspendu. Ginkgo a également été condamné par la justice à dépolluer et mis en demeure par la préfecture de sécuriser le site.

    Inquiètes, les associations relèvent elles que « ces travaux de dépollution (…) n’appliquent pas les mêmes standards que sur les calanques » et de s’interroger : « La dépollution sera-t-elle conforme à la réglementation des sites et sols pollués, la seule pouvant garantir la sécurité des futurs habitants et des riverains ? » Dans une lettre adressée au préfet le 13 mai, l’association santé littoral Sud rappelle que les trois parcelles du site « qualifiées de zones concentrées » en termes de pollution « au sens de la réglementation actuelle » nécessitent des « mesures de gestion adaptées au niveau de la pollution ». Elle s’inquiète d’un plan qui prévoit « un simple recouvrement de terre de 50 cm », alerte sur les jours d’épisodes orageux méditerranéens qui peuvent faire subir au terrain « en déclivité », un « fort lessivage » entraînant des « déchets en contrebas jusqu’au village de la Madrague ». Elle se demande également comment concilier « l’extrême sensibilité d’un secteur résidentiel où vivront des familles avec une utilisation limitée des espaces communs des résidences… »

    À 18h au 16 bd de la Verrerie (8e)

  • Première journée du Défi Monte-Cristo annulée

    Première journée du Défi Monte-Cristo annulée

    Dominique Léna a toujours mis la sécurité sur un piédestal. Alors, quand les conditions météorologiques ne sont pas optimales pour débuter ce grand week-end de courses en eau libre, l’organisateur phare du Défi Monte-Cristo ne préfère pas prendre de risques : suite à des mauvaises conditions météorologiques prévues ce vendredi, l’ensemble des courses du jour ont été annulées.

    « Malheureusement, au vu des derniers bulletins météorologiques très précis auxquels nous avons accès, et après concertation avec les équipes compétentes chargées de votre sécurité en mer, nous sommes contraints d’annuler l’ensemble des épreuves prévues demain », a communiqué l’organisation aux nageurs jeudi soir via les réseaux sociaux.

    Le village du Défi est néanmoins ouvert depuis 8h ce vendredi matin. « Nous étudions actuellement différentes alternatives sportives que nous pourrions vous proposer », ajoute la direction de l’épreuve.

  • Un véhicule tout-terrain pour protéger l’environnement

    Un véhicule tout-terrain pour protéger l’environnement

    Incendies, déchets, cueillettes de champignons illégales… Un nouveau véhicule SSV tout-terrain permet aux gendarmes d’Annot d’arpenter les pistes forestières sinueuses et accidentées des communes alentour et de prévenir les infractions environnementales.

    « Cela facilite le contact avec les gens. Ils ont une approche différente qu’avec le véhicule de gendarmerie bleu, symbole d’autorité. Celui-ci éveille la curiosité », se réjouit le major Gérald Vergnes, au volant du véhicule acquis il y a deux mois. « Dès qu’on croise des gens, on s’arrête. Ils sont contents de voir qu’on vient jusqu’ici et qu’on assure la sécurité dans les endroits éloignés de la civilisation. Cela les rassure », explique-t-il. Ce mercredi, il arpente les pistes forestières accidentées pendant plusieurs heures, à travers rochers et flaques d’eau, en direction de hameaux isolés où ruines, patous et vaches en liberté peuvent être aperçus. Quand il tombe sur une voiture stationnée au milieu de la piste, il part à la recherche de ses propriétaires et scanne leur plaque d’immatriculation pour voir s’ils sont du coin. Cet après-midi, un couple de retraités italiens a bien du mal à se faire comprendre, et finit par lui tendre une carte d’autorisation de cueillette de champignons. « Ceux-là, j’ai vraiment cru qu’on allait les verbaliser ! », lance-t-il en redémarrant.

    « Ici, c’est très réputé pour les champignons. Des camions viennent et ratissent la forêt sans ménagement, faisant de gros dégâts pour cueillir des champignons et les revendre sur les marchés en Europe de l’Est ou en Italie », regrette le major de gendarmerie, installé à Annot depuis un an, après avoir exercé dans les Hautes-Alpes ou encore à Barcelonnette.

    Le seul département équipé

    « Nous sommes le seul département de France à avoir ces véhicules », financés par la Région, affirme-t-il. Quatre autres véhicules similaires sont à disposition des gendarmes de Colmars-les-Alpes, de Riez, de Banon et de Seyne. « Cela nous permet d’aller au contact de gens qu’on n’a pas l’habitude de voir. Ici, il y a beaucoup de hameaux très isolés », qu’on ne peut rejoindre que par une piste forestière caillouteuse et cabossée, explique le major de gendarmerie. « Ce ne sont pas des endroits où on avait l’habitude d’aller », souligne celui qui se rend pour la première fois dans certains hameaux à proximité d’Annot.

    Le véhicule tout-terrain sert aussi pour la recherche de personnes disparues. Il a d’ailleurs été utilisé ces derniers jours pour partir à la recherche d’un randonneur blessé porté disparu. « Ce n’est pas une compétence obligatoire. Cela montre bien que la Région est proche des citoyens et des forces de sécurité », avance Jean-Charles Borghini, conseiller régional siégeant dans la majorité de Renaud Muselier (Renaissance).

  • À Toulon, le plan de veille saisonnière est lancé

    À Toulon, le plan de veille saisonnière est lancé

    Face au vieillissement de la population et à l’intensification des épisodes caniculaires, la collectivité renforce en effet, chaque année, ses actions de prévention, de vigilance et d’accompagnement des publics fragiles : seniors isolés, personnes en situation de handicap, personnes vulnérables ou dépendantes.

    *Pour s’inscrire : Tél. 04.94.24.65.25

  • [EQDD] L’École du feu : apprendre à vivre en territoire inflammable

    [EQDD] L’École du feu : apprendre à vivre en territoire inflammable

    « On dit souvent qu’il est possible de tirer du positif de toutes les catastrophes. Je crois que l’École du feu en est un exemple concret » : Nicolas de Monsabert est un habitant de la Pelouque dans le 16e arrondissement de Marseille. Son quartier de l’Estaque a été parmi les plus touchés par l’incendie qui a ravagé une partie des quartiers Nord de la ville à l’été 2025. Le 8 juillet, le feu se déclare aux Pennes-Mirabeau, à proximité de l’autoroute A55. Il parcourt finalement 750 hectares et détruit ou dégrade quelque 90 habitations. Dont celle de Nicolas.

    De cette catastrophe naît une volonté : lutter contre l’oubli, qui souvent fait suite aux événements traumatiques, en tentant d’apprendre à mieux appréhender le feu, inhérent à l’écosystème méditerranéen. Une ambition qui devient réalité lorsque le collectif de l’incendie du 8 juillet, créé au lendemain de la catastrophe, décide, en août, de fonder un sous-groupe de travail : l’École du feu, portée par les habitants, le Bureau des guides et plusieurs experts du feu. L’initiative reçoit, en décembre un financement de la part de la Fondation de France. De quoi monter, sur deux ans, un plan de « recherche-action ».

    Apprendre, transmettre, agir

    « Évidemment, la première étape est celle de la montée en compétences », souligne Julie De Muer. Pour accompagner cet apprentissage, notamment : Jordan Szcrupak, paysagiste concepteur et, depuis 12 ans, spécialiste de l’apport du paysage sur les risques incendies. Son rôle : « Sensibiliser à la fois les habitants et les pouvoirs publics aux manières dont on peut adapter nos constructions dans les zones à fort risque incendie ».

    D’autres experts, comme Élise Boutié, anthropologue, proposent une approche moins technique et reviennent sur le rapport qu’entretiennent les sociétés avec le feu. Pour retenir toutes ces informations, des artistes, telle que Garance Maurer, qui produit depuis trois ans des travaux autour du feu, réfléchissent, toujours en collaboration avec les habitants, à des méthodes pour   accompagner la digestion collective des apprentissages ».

    Mais l’École du feu ne se veut pas que théorique, au contraire. Plusieurs « travaux pratiques » ont déjà été mis en place, comme la création d’une pépinière dans l’un des secteurs touchés par le feu. Parmi ses futures ambitions : mettre en place un « troupeau du feu », qui pourrait assurer un rôle de débroussaillage, essentiel pour limiter l’expansion d’un incendie. « C’est un vrai projet politique de vivre ensemble », apprécie Nicolas de Monsabert, très impliqué dans le groupe de travail.

    Une exposition retraçant la première année de travaux de l’École du feu se tiendra début juillet à l’Estaque.

    Margot Milhaud La Marseillaise

  • L’Occitanie surprise par les premières chaleurs

    L’Occitanie surprise par les premières chaleurs

    Coincé sur l’Hexagone depuis le week-end de Pentecôte, le « dôme de chaleur », qui agit comme un couvercle en piégeant l’air chaud venant du Maroc, n’épargne pas l’Occitanie. Jeudi 28 mai, dix départements de la région étaient en vigilance jaune canicule. Avec des pics à 37 ou 38 degrés attendus dans les prochains jours, certains pourraient basculer en vigilance orange. Des chaleurs précoces qui surprennent d’autant plus que les températures étaient en dessous des normales saisonnières jusqu’à la mi-mai. Pour l’ingénieur agronome expert en climatologie, Serge Zaka, il s’agit d’une « anomalie statistique qu’on redoutait ».

    La vague de chaleur particulièrement forte à l’ouest du pays a entraîné la vigilance canicule la plus précoce depuis la création du dispositif en 2004, suite à la canicule d’août 2003 qui avait provoqué de nombreux décès chez les personnes vulnérables et éveillé les consciences aux dangers du réchauffement climatique. Tandis que l’été 2026 n’a pas officiellement débuté en France, au moins sept personnes sont décédées de ce premier pic de chaleur. Si bien qu’une réunion de crise se tenait jeudi 28 mai à l’Élysée. Objectif : élaborer un « plan d’endurance dans la durée jusqu’en septembre ».

    Dans le Gard et l’Hérault, les autorités et collectivités (la Ville de Nîmes notamment) ont pris les devants ces derniers jours, multipliant les conseils de prévention. C’est notamment le cas dans l’éducation. Il faut dire qu’on se souvient que certaines écoles (à Nîmes, Sète, Montpellier…) avaient particulièrement souffert de la canicule en juin 2025. Sans aller jusqu’à reporter certaines épreuves du Bac pro prévues ce vendredi 29 mai*, le ministère de l’Éducation nationale s’est fendu d’un courriel. À tous les chefs d’établissement, il est conseillé de « privilégier les salles à l’ombre pour la tenue des épreuves », de « fermer les stores et rideaux des façades exposées au soleil la journée », de « s’assurer que les élèves disposent d’eau potable » et d’apporter une « vigilance particulière aux candidats présentant des pathologies ou en situation de handicap ». Aux enseignants, il est rappelé que « les activités physiques et les sorties doivent être réduites ou supprimées aux heures les plus chaudes ». Enfin, les parents sont invités à « adapter l’habillement des plus jeunes élèves, de prévoir casquettes et lunettes de soleil, et, si nécessaire, d’appliquer de la crème solaire avant l’école ».

    Les droits des salariés

    Pour les travailleurs, la canicule est aussi synonyme de difficultés voire de dangers pour la santé. Rappelons que le Code du travail impose à l’employeur de protéger la santé et la sécurité de ses salariés. S’il n’y a pas de température maximale tolérée, l’employeur a l’obligation de fournir de l’eau potable fraîche, d’assurer une ventilation/aération correcte ou salle climatisée, limiter l’exposition à la chaleur, prévoir des pauses ou espaces de repos. De son côté, le salarié peut faire des propositions (au cas par cas) : aménager les horaires pour finir plus tôt, réorganiser la charge de travail, réduire des tâches physiques, rallonger les pauses, demander du télétravail exceptionnel… En cas de « danger grave et imminent », il est même possible d’exercer son droit de retrait en ayant d’abord prévenu son employeur, le CSE ou la médecine du travail.

    De son côté, l’association Peta vient de rappeler quelques consignes qui concernent les animaux. Ne jamais les laisser enfermés dans une voiture, même quelques minutes. En extérieur, leur « laisser de l’eau et des zones ombragées ». Prendre garde aux sols brûlants, le bitume pouvant provoquer des « brûlures sur les coussinets des chiens » par exemple avec lesquels il est « déconseillé d’aller faire son jogging ».

    Enfin qui dit canicule dit risque incendie. Si aucun départ de feu n’est encore à déplorer, le patron des pompiers de l’Hérault se tient à l’affût. « La stratégie qui fonctionne c’est d’attaquer massivement tous les départs de feux pour éviter qu’ils deviennent incontrôlables », insiste Eric Florès en référence au méga feu de l’Aude en 2025. Il en profite pour rappeler que « tout apport du feu en forêt méditerranéenne est proscrit depuis le 15 mai ». Les travaux agricoles en plein soleil sont déconseillés et le jet de mégots est passible de sanctions pénales.

    * Celles du CAP auront lieu les 8-9 juin, du 11 au 18 juin pour le Bac général et technologique et enfin les 26, 29 et 30 juin pour le brevet des collèges.

  • Le phénomène Jul embarque les foules

    Le phénomène Jul embarque les foules

    Ces vendredi et samedi soirs, Jul, l’artiste le plus vendeur de France après Johnny Hallyday, enflammera le Vélodrome, après deux représentations données au Stade de France les 15 et 16 mai derniers. Les concerts proposés dans la célèbre enceinte phocéenne, en 2022 puis en 2025, avaient déjà remué la ville, des Goudes aux Aygalades.

    L’an dernier, l’intégralité des billets s’était vendue en seulement 35 minutes. Pour cette édition 2026, les stocks étaient quasiment épuisés dès la prévente, en novembre dernier. Environ 100 000 personnes seront présentes, au total, pour chanter sur les sons de l’icône de la cité phocéenne.

    Un engouement massif partagé par Enzo, 22 ans. Fan « depuis 2015 », propriétaire des « 25 albums en physique », il sera présent ce vendredi. Il s’agira de son quatrième concert de Jul. Depuis cette semaine, Marseille bat au rythme de cet événement. Des bars organisent des soirées « 100% Jul », les voitures diffusent les musiques de l’artiste à plein volume – encore plus que d’habitude -, et des passants, sur le Vieux-Port, arborent des vêtements siglés d’Or et de Platine, la marque du rappeur.

    À cette ferveur collective se mêle un autre son : celui du roulement des valises des fans venus de toute la France. Audrey, 30 ans, aide-soignante, et Tito, 19 ans, plombier, sont Nantais. Ils ont fait le déplacement en famille, loué un Airbnb, et déboursé « 170 euros chacun pour une place en pelouse ». Un budget conséquent, assumé sans hésitation : « C’est pour Jul ! »

    Elisa, 30 ans, est cheffe de projet image pour une marque de parfum parisienne. Elle vient à Marseille pour assister à un concert de Jul dès que l’occasion se présente. « Jul, c’est une icône de la ville », dit-elle simplement. Martin, 25 ans, professeur des écoles venu lui aussi de Paris, vivra son deuxième concert, ce vendredi. Après le Stade de France, l’an passé, il a choisi le Vélodrome pour une raison précise : « Les tribunes du stade sont toutes couvertes, donc niveau son, ça peut rendre quelque chose de plus impressionnant. » Luna, 25 ans, photographe et directrice artistique, est également Parisienne. Elle évoque une autre motivation : « Les fans ici sont plus impliqués, l’ambiance est meilleure et Jul est chez lui, donc il est plus à l’aise. »

    Un peu plus loin, sur le Vieux-Port, Valentin, 31 ans, vétérinaire belge, incarne une autre dimension du phénomène : celle qui traverse les frontières. « On écoute Jul partout. On vient pour l’expérience, pour le découvrir et comprendre le buzz et la mouvance autour de cet artiste. Quand je pense à Jul, je pense à Marseille. » Karine, 48 ans, est « venue du Luxembourg accompagner » ces filles adolescentes. Le concert représente aussi une « occasion de visiter la ville ».

    Marseillais

    devenu mondial

    Mélissa, étudiante en philosophie, elle, n’a pas pu se payer une place. « Il a commencé avec des albums gratuits à télécharger en MP3 et maintenant, il ne fait pas de tournées et les billets sont trop chers », juge-t-elle.

    Ce qui réunit tous ces visages si différents, c’est peut-être ce qu’exprime Alexis, Parisien de 25 ans, avec simplicité : « C’est un événement, c’est plus que de la musique. C’est aussi le personnage qui nous plaît. Il est entier, transparent et simple. Il représente tous les jeunes. On arrive tous à s’identifier à ce qu’il raconte. » Jul ne rassemble pas un public, mais des dizaines, tous horizons confondus.

    Enzo résume parfaitement ce phénomène marseillais né il y a plus de 12 ans : « Une fois que t’es tombé dans Jul, tu peux plus en sortir. Il a créé son propre style et c’est pour ça qu’on l’aime autant et qu’il vend autant. »

    L’Office de tourisme de Marseille, lui, a mesuré une hausse de 26% des nuitées lors des week-ends de concerts. Jul n’est donc pas qu’un phénomène musical : il est devenu un véritable levier touristique et économique pour sa ville.

    Police et RTM au taquet

    Préfecture de police et régie des transports s’adaptent à l’affluence pour le concert de Jul. La RTM propose un service renforcé sur les deux lignes de métro dès 16h et prévoit une fermeture temporaire de la station Périer dès 23h15, vers Gèze. Elle ne va pas desservir plusieurs arrêts des lignes de bus B1, 15/15S, 17, 22/22S, 23, 44, 45, 41 et 72. Côté police, la préfecture prévoit « un dispositif conséquent (…) dès 11h et jusque tard dans la nuit ». Avec notamment « plusieurs unités de forces mobiles » en plus des effectifs locaux, des équipes de la mission Sentinelle…

    A.B.

  • Contre les rodéos urbains, l’État met « un coup de projecteur »

    Contre les rodéos urbains, l’État met « un coup de projecteur »

    Le 8 mai dernier, Ahmed, 79 ans, perdait la vie en traversant la Rocade, fauché sur un passage piéton par un motard-chauffard en roue arrière. Un accident tragique, qui a suscité colère et émotion, lors notamment d’une marche blanche organisée par la famille d’Ahmed, une semaine après le drame. « Les rodéos tuent. Agissons maintenant ! », implorait la banderole en tête de cortège. Un message dont essayent de s’emparer les autorités. Ce mardi soir se tenait une opération anti-rodéos, à l’angle de la Rocade et de l’avenue de la Barbière, menée par la police nationale, en lien avec la préfecture et la Ville.

    « Le problème du rodéo, c’est le refus d’obtempérer, pose Emmanuel Desjars, directeur interdépartemental de la police nationale (DIPN). On essaie de les arrêter, mais à un moment, il faut s’arrêter, parce qu’il ne faut pas créer d’accident pour le motard, pour la population ou pour les policiers, pour eux, leur sécurité juridique et leur sécurité personnelle. » Ce mardi, l’opération consiste en un banal contrôle routier. « La plupart du temps, on agit discrètement parce qu’évidemment, on a assez peu de chances aujourd’hui de tomber sur quelqu’un qui fasse un rodéo juste devant nous », reconnaît le patron des policiers vauclusiens, confronté chaque soir à Avignon « à 1 ou 2 refus d’obtempérer ».

    Un appel à libérer la parole des habitants

    Au moment de démarrer le point presse, un habitant interrompt le préfet. « J’habite là et c’est la première fois que je vois un contrôle, il y a des rodéos souvent, on les voit passer, on les connaît, là c’est de la com’ », dénonce, posément, le riverain. « C’est exactement ça l’enjeu, mettre un coup de projecteur sur ce fléau alors que d’habitude on agit discrètement à des heures plus tardives », répond Thierry Suquet. Depuis le début de l’année, 20 motos ont ainsi été saisies à Avignon. L’État espère que le projet de loi Ripost, adopté ce mardi soir au Sénat, soit rapidement mis en place. Il prévoit notamment de renforcer les sanctions contre ces rodéos.

    Invité lors de la marche blanche en hommage à Ahmed, Olivier Galzi était aussi présent mardi. Des actions de sensibilisation ? Pas vraiment au goût du maire. « On est presque face à un homicide volontaire, avec un multirécidiviste qui fuit des voitures de police, ce n’est pas de la sensibilisation qu’il faut faire mais de la répression », estime le maire (DVD), pour qui ce type d’opération est « une forme de sensibilisation ». Si le levier municipal est minime (veiller à l’éclairage public, marquage au sol), Olivier Galzi appelle la population à collaborer malgré l’omerta : « Beaucoup de gens savent, ce serait intéressant qu’ils nous parlent et aident à retrouver ceux qui commettent ces délits. »

  • À Digne, le double sens cyclable supprimé sur Gassendi

    À Digne, le double sens cyclable supprimé sur Gassendi

    À compter du 1er juin, le double sens cyclable sera supprimé sur le boulevard Gassendi à Digne-les-Bains. Cette décision -très attendue et discutée pendant la campagne des municipales- fait suite « à une évaluation des conditions de circulation dans cet axe très fréquenté, où la cohabitation entre usagers s’est révélée insuffisamment sécurisée en raison de la configuration des voiries et des flux importants », précise la mairie. « L’objectif est de renforcer la sécurité et la lisibilité des déplacements pour l’ensemble des usagers, tout en poursuivant une réflexion globale sur des itinéraires cyclables mieux adaptés en centre-ville. »

    « Partager l’espace public »

    La municipalité « a fait le choix de la responsabilité afin de prévenir tout accident plus grave et garantir un partage plus serein de l’espace public. La protection des piétons, notamment des personnes âgées et des familles, demeure une priorité. » Julien Di Benedetto précise que « le rôle d’un maire est d’adapter les principes nationaux aux réalités locales de terrain. Lorsqu’une configuration urbaine devient dangereuse, la collectivité a le devoir d’agir, même si cela suppose d’adapter certains dispositifs. Nous refusons d’attendre qu’un accident dramatique se produise avant d’intervenir. »

    Pour autant, cette décision « ne remet aucunement en cause l’action en faveur des mobilités actives et douces », assure le maire.

    « Il ne s’agit pas d’opposer sécurité et vélo : il s’agit de construire des aménagements réellement adaptés et durables. Pour cela le déploiement progressif du schéma directeur cyclable se poursuivra avec des aménagements sécurisés, cohérents et adaptés aux réalités urbaines de Digne-les-Bains », insiste Julien Di Benedetto.