Tag: Sébastien Delogu

  • Marseille fait front derrière le Printemps

    Marseille fait front derrière le Printemps

    Après la pluie vient toujours le beau temps avait lancé Benoît Payan, le 26 janvier, lors de la pluvieuse inauguration de son QG de campagne sur la Canebière. Deux mois plus tard, la pluie était encore de la partie à Marseille, mais qu’importe. Le Printemps s’annonce. Un printemps pluvieux, mais un printemps heureux.

    Le risque de voir la deuxième ville de France tomber dans l’escarcelle du Rassemblement national a été écarté. Alors que de nombreux bureaux restaient à dépouiller, les premières estimations sorties des urnes ont levé tout suspense en donnant Benoît Payan largement en tête. Entre 54 et 56% selon les instituts. Il devance le candidat de l’extrême droite, Franck Allisio, crédité pour sa part de 39 à 41% des suffrages.

    « Une victoire claire »

    Un score qui devrait permettre à la majorité sortante du Printemps marseillais de renforcer sa présence au conseil municipal avec aux alentours de 75 élus dans l’hémicycle de Bargemon. Le RN en aurait, lui, une trentaine. Crédité de 5 à 6%, Martine Vassal (DVD), la présidente de la Métropole et du Département, aurait elle autour de 5 sièges. Sous la barre des 5%, elle n’en aura aucun… Le conseil municipal d’installation aura lieu samedi prochain.

    Au cours de la soirée, à l’annonce des premiers résultats consolidés, les visages se sont décrispés au local de campagne du maire (DVG) sortant. Ils s’étaient déjà détendus dans la journée en voyant que le mauvais temps n’avait pas empêché les électeurs de se rendre aux urnes.

    Cette participation, annoncée en légère hausse au fil de la journée, promettait une soirée joyeuse. La tendance s’est confirmée. À midi, la participation était de 22,7%, trois points de plus que la semaine précédente (19,15%). À 18h, elle était de 50,4%, toujours trois points plus haute. Finalement, elle a atteint les 56% à la clôture. Quatre points de plus que le 15 mars.

    En fin de matinée, Benoît Payan s’était rendu dans son bureau de vote, à l’école Saccoman de Pont de Vivaux (10e) pour glisser dans l’urne, face aux caméras, son bulletin et celui de Pierre Huguet, candidat (G.s) du Printemps marseillais dans les 9-10. Après un petit tour des bureaux de vote, il a filé dans son local rejoindre sa direction de campagne pour suivre la participation et les résultats jusqu’au soir. Il est apparu une première fois devant les journalistes aux alentours de 22h dans le sous-sol du local surchauffé par une nuée de journalistes. Il est revenu quelques minutes plus tard pour une première prise de parole.

    « Je veux remercier sincèrement et du fond du cœur les Marseillaises et les Marseillais, qui se sont rendus nombreux aux urnes. Ils viennent de nous donner une victoire nette, claire. Ils viennent d’adresser un message de paix, de concorde et de rassemblement, a réagi Benoît Payan. Ce soir, c’est l’unité et le rassemblement qui l’ont emporté face à celles et ceux qui voulaient nous diviser ».

    Dimanche dernier, au premier tour, sur 283 074 suffrages exprimés, Benoît Payan était arrivé en tête avec 36,69% (103 883 voix), talonné de très près par Franck Allisio, crédité de 35,02% (99 137 voix). La progression de ce dernier entre les deux tours est faible. Plus loin, Martine Vassal (DVD) devançait d’une courte tête avec 12,41% (35 131 voix) le député (LFI) des quartiers Nord de Marseille, Sébastien Delogu, à 11,94 % (33 808 voix). L’analyse détaillée des chiffres bureau par bureau permettra de voir si le retrait de Sébastien Delogu a bénéficié au Printemps marseillais et si les voix de certains électeurs du centre se sont reportées sur le Printemps marseillais. Mais tout laisse à penser que oui.

    Malgré les demandes insistantes des insoumis, allant jusqu’à organiser, lundi dernier, une manifestation devant le QG de campagne du Printemps marseillais pour demander une fusion des listes sur fond de front antifasciste, le maire de Marseille n’a pas cédé. Fidèle à la ligne édictée depuis son entrée en campagne, il a refusé la main tendue qui l’a cogné fort durant plusieurs mois. Un pari gagnant sans doute. Sur ce scrutin en tout cas.

    Sans effrayer l’électorat centriste rebuté par la campagne outrageusement droitière de la droite républicaine marseillaise, le retrait de Sébastien Delogu dans l’entre-deux tours lui a offert une réserve de voix non négligeable sur sa gauche. Martine Vassal, elle, a continué son interminable chute. Une position qui au passage, quel que soit le score final, signait la fin de sa présidence à la Métropole. Elle a d’ailleurs annoncé en milieu de soirée qu’elle ne s’y représenterait pas.

    « L’union et la concorde »

    Dans le sillage de cette campagne ratée, le grand remplacement de la droite par son extrême s’est poursuivi. Car si la menace du RN a été écartée sur la mairie centrale, Benoît Payan et son équipe ont désormais sept ans pour poursuivre leur transformation de Marseille et faire reculer l’extrême droite. La digue a tenu, cette fois encore, mais le mal est profond. « Je mesure l’ampleur de la tâche et l’honneur qui m’est fait ce soir, je mesure la responsabilité qui, dans la situation actuelle du pays, est la mienne ici et la nôtre à Marseille », ne cachait d’ailleurs pas Benoît Payan, face aux caméras. « Notre devoir est de nous rassembler, nous les femmes et les hommes de progrès, nous les humanistes, et de refuser sans cesse les voix qui portent et poussent à la division ».

    En fin de soirée, à l’heure où nous bouclions, deux des trois mairies de secteurs que la droite avait conservées en 2020 étaient données au RN : celles des 9-10 et celle des 11-12. Dans la troisième, la mairie du 7e secteur (13e et 14e arrondissements), le Printemps marseillais restait à la lutte. « Je veux dire aux Marseillaises et aux Marseillais que je suis fier d’eux, que ce soir ils nous honorent, ils m’honorent et que je donnerai tout ce que j’ai, que je me montrerais digne de leur confiance, et que les sept ans qui viennent seront pour moi ce chemin qu’ils nous ont indiqué ce soir, le chemin du rassemblement et de l’union, de la concorde. Nous nous sommes adressés aux avec un programme d’une clarté absolue : rassembler, protéger et préparer l’avenir. Et les Marseillais y ont adhéré dans des proportions, importantes, ce soir ce n’est pas une petite victoire ! », conclut Benoît Payan.

    Réactions

    Renaud Muselier, président de la Région Sud

    « Pas de raz-de-marée des extrêmes » se félicite dans un communiqué Renaud Muselier (Ren.). À Marseille, « Benoît Payan reste maire, et la métropole restera vraisemblablement dans notre sensibilité politique. Il n’y a pas de bouleversement majeur et le RN n’a pas pris la ville » analyse-t-il, remerciant au passage « Martine Vassal pour son combat courageux, contre toutes les tempêtes dans ce scrutin difficile. » À Toulon, « l’union autour de Josée Massi a permis de l’emporter au second tour » se félicitant que « la vague RN annoncée depuis des mois n’a pas eu lieu. » En Avignon, « la victoire d’Olivier Galzi est une bonne nouvelle » se réjouit le président de la Région.

    Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise

    « La France insoumise permet des victoires populaires et fait avancer la gauche quand les diviseurs du PS et de Place Publique la font reculer » a commenté le député de Marseille et coordinateur de LFI. Et de se projeter sur la présidentielle : « J’appelle le peuple de France à nous rejoindre pour mener cette bataille. L’année prochaine, la nouvelle France peut balayer les politiques de malheur de la macronie. »

    Sébastien Barles, collectif Vaï

    Le fondateur du collectif écologiste Vaï Marseille et tête de liste insoumise dans les 1-7, Sébastien Barles, s’est réjouit que le RN échoue à prendre Marseille. « Face à la haine et à la peur, nous opposerons toujours la justice sociale et la solidarité » promet-il.

    Pascaline Lécorché, cheffe de file Place publique Marseille

    « On ne peut que se réjouir, face au RN, les Marseillais ont tranché. Je salue le geste de Sébastien Delogu. J’avais appelé à ce désistement républicain. »

  • Marseille à la croisée des chemins

    Marseille à la croisée des chemins

    Devant la préfecture de région ce lundi midi, au moment de déposer sa liste pour le second tour (notre édition du 17/03), le maire sortant (DVG) Benoît Payan l’affirmait d’emblée : « Nous entrons cette semaine dans le plus grand combat que cette ville n’ait jamais connu face au Rassemblement national. » Malgré le maintien de la candidate de la droite Martine Vassal, qui n’a obtenu que 12,4% des suffrages exprimés, la triangulaire du second tour ressemble furieusement au duel entre la majorité sortante du Printemps marseillais et l’extrême droite, avec seulement 4 746 voix d’écart entre le candidat du Printemps marseillais (36,67% des voix exprimées) et le député RN Franck Allisio (35,02%).

    Annoncé dès le début de la campagne par Benoît Payan, dénoncé à la fois par la droite et les insoumis qui jugeaient que le maire ne désignait l’extrême droite comme principal ennemi que pour éclipser les autres concurrents, ce quasi-duel s’est renforcé après le désistement de Sébastien Delogu, jusqu’à être symbolisé par l’éviction de la candidate de la droite du débat télévisé d’entre-deux tours. Celle-ci a saisi l’Arcom (Autorité de régulation des télécommunications), dénonçant la pression du candidat RN.

    Garder un ancrage

    Lui qui dénonçait un « système clientélaire corrompu », Sébastien Delogu a finalement reconnu mardi midi que le RN était « les premiers corrompus », se désistant pour faire barrage face au refus net d’une fusion du Printemps marseillais. « Marseille ne doit jamais tomber dans les mains de ces gens-là », insistait-il face à la menace d’une victoire de l’extrême droite au terme d’une quadrangulaire hasardeuse. Loin des succès engrangés dans d’autres villes, l’enjeu pour les insoumis sera de trouver un premier ancrage dans les conseils d’arrondissements où ils se maintiennent.

    « Triste et déçue du résultat », Martine Vassal avait elle dès le départ annoncé se maintenir même « satellisée sur la Lune ». « J’ai plus de 35 000 personnes qui se sont déplacées pour voter pour nous, il était logique de les représenter au deuxième tour », défendait-elle encore ce jeudi soir sur France 2. Après la dégringolade du premier tour, reste à savoir à quel point ce dernier socle électoral se maintiendra, et sur combien d’élus la droite pourra compter pour espérer se reconstruire. Si certains dans son camp appelaient à son retrait, ce maintien permet de ne pas laisser le monopole de l’opposition municipale au RN, cela d’autant plus que beaucoup craignaient que ses voix ne profitent davantage à Franck Allisio qu’au maire sortant dans l’hypothèse d’un vrai duel. De quoi comprendre les cris d’orfraie du candidat d’extrême droite qui parlait d’« accord de la honte » après le retrait de LFI. Malgré cela, le maire sortant conteste être favorisé par cette triangulaire, face à la crainte d’une démobilisation de son électorat. « Le danger du RN n’est absolument pas écarté », assurait-il dans nos colonnes ce vendredi.

    Poids de l’abstention

    « Chaque voix va compter, ça va se compter à quelques centaines de voix », assure lui aussi le député RN de Marignane. C’est que les inconnues persistent, malgré les rapports de force issus du premier tour. Échaudé par le refus d’une fusion à gauche, une partie de l’électorat insoumis risque de s’abstenir, tandis que l’extrême droite est portée par le plus haut score qu’elle réalise dans un scrutin municipal à Marseille. Franck Allisio, qui voulait attribuer les logements sociaux en fonction de la nationalité et veut chasser les jeunes de certaines plages pendant un an avec un « pass anti-racailles » promet désormais qu’il a « avec ces Marseillais de droite sincère les mêmes valeurs », afin d’aspirer l’électorat restant à droite.

    Particulièrement faible au premier tour, la participation reste aussi un paramètre clé, avec une réserve de voix surtout dans les quartiers populaires. D’autant plus que le vote à Marseille pourrait envoyer un message pour la prochaine présidentielle. « Si l’esprit de libération des Marseillais dimanche peut inspirer l’ensemble des Français dans un an, tant mieux », assumait jeudi soir le candidat RN, quand Benoît Payan dénonçait cette volonté « d’exhiber un trophée » si Marseille tombe.

    Avec des attaques directes sur les politiques de solidarité, de santé, de culture, de vie associative, sur le service public, si l’extrême droite met la main sur la municipalité, comme elle l’a fait dans les villes qu’elle dirige dans le Sud Est, les politiques qui seront menées par les communes auront des répercussions directes dans le quotidien de leurs habitants.

    « Marseille ne peut pas se compter comme un trophée mais doit rester une ville fraternelle. »

  • Sébastien Delogu balaie la demande de retrait des 15-16 du collectif Ibrahim Ali

    Sébastien Delogu balaie la demande de retrait des 15-16 du collectif Ibrahim Ali

    La candidate LFI, Rabyata Boinaheri, est arrivée en 3e position (23,28%) dimanche, derrière le candidat du RN (29,22%) et Samia Ghali, la cheffe de file (DVG) du Printemps marseillais (36,96%). « Ibrahim est mort ici dans ce secteur sous les balles des colleurs d’affiches du FN. Nous avons une obligation morale de toujours lutter pour sa mémoire et pour les générations futures. Ici, seul le Printemps marseillais est en capacité de l’emporter, il doit avoir toute notre force », justifient les proches du jeune marseillais assassiné en 1995 sur l’avenue des Aygalades. Une proposition rapidement balayée d’un revers de la main par Sébastien Delogu, soucieux de faire « accéder au pouvoir dans les quartiers Nord de Marseille la première femme noire » et « faire dégager Samia Ghali ». Un vrai programme…

    Relire la tribune « Il s’appelait Ibrahim Ali, il était Marseille »

  • Benoît Payan focalisé sur le combat contre l’extrême droite

    Benoît Payan focalisé sur le combat contre l’extrême droite

    Pour le maire sortant, candidat à sa succession avec le Printemps marseillais, la décision de Sébastien Delogu ne change pas vraiment la donne. « Je ne [l]’ai pas appelé à se retirer. Il a décidé de le faire. J’ai dit ce que j’aurais fait à sa place. Je prends acte de ce retrait, c’était la seule solution », commente Benoît Payan (DVG), niant toute entente ou contact préalable avec le candidat insoumis. « Mes adversaires politiques manient les fake news mieux que Donald Trump, je les ai vus réagir d’ailleurs avec une promptitude qui m’avait manqué, notamment de la part de Madame Vassal, ça faisait quelques jours qu’elle était particulièrement silencieuse, particulièrement atone », ironise-t-il. Et quand on lui demande ce que ça change dans sa campagne, il répond sans hésiter : « Absolument rien. Moi, ma campagne, elle s’adresse à toutes les Marseillaises et à tous les Marseillais. Il n’y a pas d’exclusive. »

    Se gardant de tout pronostic, il reste prudent. « Je pense qu’il n’y a aucune élection gagnée d’avance. Ça n’existe pas. Ça n’est pas ma conception des choses, indique-t-il. J’ai beau être maire sortant, j’ai beau être arrivé en tête, il n’y a aucune élection gagnée d’avance. » Et de se focaliser sur son ennemi, le RN.

    Un appel à voter en masse

    « L’heure est grave. Encore une fois, moi je veux rappeler aux Marseillaises et aux Marseillais que cette affaire-là, elle est pas terminée », prévient-il. Et d’appeler à la mobilisation des électeurs. « C’est dimanche qu’il faut aller voter, et c’est tous ensemble », martèle Benoît Payan : « Quel que soit notre vote, qu’on ait voté LFI, qu’on n’ait pas voté, qu’on ait voté MoDem, Horizon, UDI, qu’on soit resté à la maison, qu’on ait voté Printemps Marseillais : il faut retourner voter dimanche en masse. En masse pour dire non à celles et ceux qui veulent nous diviser. »

    Il s’inquiète d’une éventuelle victoire de l’extrême droite. « Si dimanche, le Rassemblement National devait l’emporter, qu’est-ce qu’il mettrait en avant ? Non pas ce qui nous rassemble, mais ce qui nous divise. Vous pensez que quand on est maire de Marseille, on n’est pas le maire de tous les Marseillais ? » s’emballe le candidat du Printemps marseillais.

  • Sébastien Delogu se désiste, mais LFI maintient ses listes dans 4 secteurs

    Sébastien Delogu se désiste, mais LFI maintient ses listes dans 4 secteurs

    Des larmes et des accolades à l’Afriki Djigui Theatri, ce mardi, où devant caméras et micros, le candidat insoumis, Sébastien Delogu, a annoncé son retrait. « Nous sommes face au RN le plus solide rempart. Partout dans notre pays où les Insoumis sont arrivés en tête et ont fait la démonstration de leur capacité à rassembler largement et à écouter les aspirations du peuple tout entier, pose-t-il. Mais ici, à Marseille, les socialistes sont arrivés en tête et ils ont fait la démonstration de leur irresponsabilité et de leur sectarisme. »

    Comme il n’a jamais cessé de le faire tout au long de la campagne, il dénonce l’attitude du maire sortant et candidat à sa succession avec le Printemps marseillais, Benoît Payan (DVG). « En refusant tout front antifasciste au second tour, [il] fait la démonstration éclatante que le combat contre l’extrême droite valait moins à ses yeux que la soif de pouvoir », balance Sébastien Delogu, estimant que « l’orgueil et l’égo d’un homme ne doivent pas précipiter notre ville dans l’abîme ».

    En revanche, dans les secteurs où il n’y a pas de risque RN, ce sera le maintien, le candidat appelant ses soutiens à s’engager là « où il y a quelque chose à faire ».

    L’extrême droite, « les premiers corrompus »

    En clair, dans les 1-7, avec le dissident écologiste Sébastien Barles, dans les 2-3 avec Alladine Abdallah Salim (LFI), dans les
    4-5 avec Léa Bijaoui et dans les
    15-16 avec Rabyata Boinaheri, pour « faire entrer notre programme de rupture dans les mairies d’arrondissement » espère Sébastien Delogu. De fait, mis à part dans les 13-14 avec 13,10% des suffrages, les Insoumis n’ont pas réalisé de score suffisant pour espérer peser sur le scrutin.

    Sinon, pas de consigne de vote, mais une certitude : le RN ne doit pas l’emporter. « Je veux dire aux Marseillaises et aux Marseillais que les premiers corrompus, ce sont l’extrême droite », martèle Sébastien Delogu, rappelant que « leur présidente, Marine Le Pen, est condamnée pour détournement de fonds publics. Leur candidat, Franck Allisio, est mis en cause pour détournement de biens publics. Et enfin, la candidate des 13e et 14e arrondissements de Marseille, Sandrine D’Angio, condamnée pour favoritisme durant son mandat précédent ». Une évidence : « Marseille ne doit jamais tomber dans les mains de ces gens-là. »

    Alors que Sébastien Delogu repart, refusant de répondre à la presse, Sébastien Barles en rajoute une louche. « C’est un retrait de combat », insiste-t-il. Et d’espérer avec les mairies de secteur, « créer une forme de “Parlement de Marseille fier et populaire” pour que les idées qu’on souhaitait porter comme nouvelles politiques publiques, soient portées à l’avenir à Marseille ». Sur l’extrême droite, « nos électeurs voteront en conscience, une conscience qui leur appartient », assure Léa Bijaoui, considérant avoir toutes ses chances dans son secteur, forte de 5 813 voix au premier tour, soit 16,64% des suffrages. « On a déjoué les pronostics », analyse-t-elle. Elle se félicite aussi au passage du score de Mathilde Lanté (Révolution permanente), « avec qui nous partageons pas mal d’idées ».

  • Le Printemps marseillais en rempart au RN

    Le Printemps marseillais en rempart au RN

    Le décor final est planté. À quelques heures de la date limite de dépôt des candidatures, l’insoumis Sébastien Delogu, qui avait promis de dégager Benoît Payan, le maire (DVG) sortant de l’hôtel de ville, a acté son échec. Arrivé en quatrième position du 1er tour des municipales dimanche, le député des quartiers nord a annoncé, mardi matin, son retrait de la course à la mairie centrale face « au risque » de victoire du Rassemblement national. Une annonce reçue avec froideur par Benoît Payan alors que la veille, une foule de partisans insoumis et de militants antifascistes était venue réclamer, avec force et dégradation, une fusion des listes aux fenêtres de son QG. La porte est restée close.

    Pari manqué

    La conclusion d’une campagne houleuse et arrogante dans laquelle l’insoumis, qui s’était promis de faire revenir aux urnes les habitants des quartiers populaires, n’a pas réussi son pari. Non seulement le taux de participation dans ces secteurs trop longtemps méprisés n’a pas connu l’engouement espéré, mais il n’a surtout pas réussi à rassembler. Dans une ville qui a placé Jean-Luc Mélenchon en tête du 1er tour de la présidentielle 2022 avec 31,12% des suffrages (108 423 voix), lui a plafonné à moins de 12%, réunissant péniblement 33 808 électeurs.

    Le 2nd tour se jouera donc dans une triangulaire avec un seul candidat désormais à gauche, Benoît Payan, crédité de 36,69% des suffrages dimanche, mais talonné de près (35,02%) par le candidat de l’extrême droite, Franck Allisio (RN). Jamais l’extrême droite n’a été aussi haute à Marseille. Une progression en partie liée à la dégringolade de sa concurrente Martine Vassal, présidente de la Métropole et du Département, représentante d’une droite républicaine locale quasi disqualifiée et qui jouera gros, dimanche prochain, à Marseille. Le retrait insoumis, qui libère un couloir au Printemps marseillais, a immédiatement fait réagir le président du RN, Jordan Bardella, qui a exhorté son homologue des Républicains, Bruno Retailleau, à « prendre (ses) responsabilités en obtenant le retrait » de Martine Vassal, ignorant que celle-ci n’a plus sa carte aux Républicains.

    Un retrait dans les 13-14

    Reste à savoir comment réagiront les électeurs de la France insoumise. Sébastien Delogu n’a pas été des plus clair, appelant « toutes celles et ceux qui ont accordé leur voix à ne pas abandonner la lutte antifasciste et notre programme politique ». Dans son esprit d’abord le soutien aux candidats insoumis restés en lice dans quatre des cinq secteurs où ils avaient franchi la barre des 10%. Des secteurs, les 1-7, les 2-3, les 4-5 et les 15-16, où la gauche apparaît majoritaire.

    Dans ce dernier (8e secteur), une voix s’est élevée, celle du collectif Ibrahim Ali, pour tirer la sonnette d’alarme (lire encadré) et éviter un scénario qui, en 2014, dans les 13e et 14e arrondissements voisins, avait vu l’extrême droite arriver au pouvoir. Une mémoire à vif qui a en partie conduit au retrait de Mohamed Bensaada (LFI) , quatrième (13,1%) dimanche, dans ce 7e secteur justement.

    Une triangulaire y opposera donc Sandrine D’Angio (RN), Tina Biard-Sansonetti, candidate du Printemps marseillais, et Marion Bareille, la maire (DVD) sortante, élue en 2020 après le retrait de la gauche. Arrivée derrière Mohamed Bensaada, elle se maintient malgré le risque de l’extrême droite. La valeur du déshonneur… Mais devant la défaite annoncée, à droite, toute place semble bonne à gratter pour s’accrocher à la Métropole. Dans le reste des secteurs, les seconds tours restent inchangés.

    Sébastien Delogu balaie la demande de retrait des 15-16 du collectif Ibrahim Ali

    Face au risque de voir l’extrême droite arriver au pouvoir, le collectif Ibrahim Ali a appelé, mardi, au retrait de la liste de la France insoumise dans les 15e et 16e arrondissements de Marseille. La candidate LFI, Rabyata Boinaheri, est arrivée en 3e position (23,28%) dimanche, derrière le candidat du RN (29,22%) et Samia Ghali, la cheffe de file (DVG) du Printemps marseillais (36,96%). « Ibrahim est mort ici dans ce secteur sous les balles des colleurs d’affiches du FN. Nous avons une obligation morale de toujours lutter pour sa mémoire et pour les générations futures. Ici, seul le Printemps marseillais est en capacité de l’emporter, il doit avoir toute notre force », justifient les proches du jeune marseillais assassiné en 1995 sur l’avenue des Aygalades. Une proposition rapidement balayée d’un revers de la main par Sébastien Delogu, soucieux de faire « accéder au pouvoir dans les quartiers Nord de Marseille la première femme noire » et « faire dégager Samia Ghali ». Un vrai programme…

    Réactions

    Martine Vassal, candidate de la droite et du centre

    « Benoît Payan choisit LFI. Marseille en danger. Accord secret, arrangements entre amis… Le masque tombe. Pour sauver sa place, Benoît Payan s’aligne sur les plus radicaux. Nous ne nous soumettons pas. Nous tenons. Pour Marseille, désormais, nous sommes la seule voie face aux extrêmes ! »

    Franck Allisio, candidat RN

    « [C’est une] alliance tacite entre Benoît Payan et Sébastien Delogu. Il n’y a que les plus naïfs qui y ont cru, comme ceux qui ont cru que Madame Rubirola allait être maire de Marseille. Eh bien ! Ils refont le coup ! Le vrai maire de Marseille, ce ne sera pas Monsieur Payan, mais Monsieur Mélenchon »

    Valérie Boyer, sénatrice LR

    « Ne vous leurrez pas, voter Benoît Payan et Yannick Ohanessian, c’est voter pour LFI. Une autre voix existe, celle de Martine Vassal et Sylvain Souvestre »

    Pierre Huguet, adjoint au maire et candidat Printemps marseillais dans les 9-10

    « Face au danger du RN, Sébastien Delogu a pris ses responsabilités en se retirant. Dans les 9e et 10e, où le RN est arrivé en tête, Laure-Agnès Caradec (LR) doit en faire autant. Se maintenir, c’est prendre le risque assumé de faire gagner l’extrême droite. »

  • Le collectif Ibrahim Ali réclame le retrait de LFI dans les 15-16

    Le collectif Ibrahim Ali réclame le retrait de LFI dans les 15-16

    Avec son éternel calme, Mbaé Tahamida Mohamed, alias « Soly », fondateur du « Centre culturel à usage de la rue » B Vice, établi à la Savine (15e), appelle ce mardi, avec le collectif Ibrahim Ali, au retrait de la liste de la France insoumise dans les 15e et 16e arrondissements.

    En fin de matinée, Sébastien Delogu, le candidat LFI, député du secteur, avait son retrait de la course à la mairie centrale mais le maintien de la liste de Rabyata Boinaheri. Elle est arrivée dimanche en 3e position dans les 15-16 avec 23,28% des suffrages, derrière le candidat du Rassemblement national (29,22%) et Samia Ghali, la cheffe de file (DVG) du Printemps marseillais sur le secteur (36,96%).

    « Partout où il y a un risque de voir le Rassemblement national accéder au pouvoir, nous appelons au retrait des insoumis et dans le 15-16, ce risque est très fort, c’est mon ressenti, mon analyse et celle de sa famille », explique cet inlassable gardien de la mémoire de son ami Ibrahim Ali.

    Les proches du jeune marseillais, assassiné en 1995 d’un balle dans le dos par des colleurs d’affiches du Front national ont en effet publié un communiqué allant dans ce sens et appelant à « faire barrage à l’extrême droite » : « Ibrahim est mort ici dans ce secteur sous les balles des colleurs d’affiches du FN, nous avons une obligation morale de toujours lutter pour sa mémoire et pour les générations futures. Ici, seul le Printemps Marseillais est en capacité de l’emporter, il doit avoir toute notre force », indique le texte

  • À Marseille, Sébastien Delogu se retire de la mairie centrale et des secteurs avec risque RN

    À Marseille, Sébastien Delogu se retire de la mairie centrale et des secteurs avec risque RN

    Entouré de plusieurs colistiers, Sébastien Delogu a continué de dénoncer « l’irresponsabilité» et le «pari inconséquent de Benoît Payan» qui avait déposé ses listes lundi en fin de matinée, sans accord avec LFI.

    Plus d’informations dans La Marseillaise de ce mercredi.

  • Après un long silence, Martine Vassal se maintient, comme elle l’avait promis

    Après un long silence, Martine Vassal se maintient, comme elle l’avait promis

    Il aura fallu la nuit et plus d’une demi-journée pour qu’enfin, Martine Vassal sorte d’un silence assourdissant. Le temps de digérer son score de 12,41%, sa liste étant arrivée loin derrière le Printemps marseillais du maire sortant Benoît Payan (36,69%) et le RN Franck Allisio (35,02%) mais un poil devant l’insoumis Sébastien Delogu (11,94%).

    « Je prends acte de ce résultat qui nous place en troisième position. Je veux l’affirmer avec clarté : nos courants doivent continuer à être représentés », assène-t-elle dans un long communiqué. « Entre la gauche de Monsieur Payan, l’extrême droite du RN et l’extrême gauche LFI, il existe à Marseille un courant de pensée profondément républicain, attaché à l’ordre, à la responsabilité, à l’équilibre et au respect de toutes les sensibilités de notre ville » qu’elle compte bien incarner. Elle met en avant « une équipe rajeunie, renouvelée et compétente, qui représente ces courants de pensée » qui « devra, demain, représenter une opposition claire et constructive au conseil municipal ». Pour Martine Vassal, « il serait impensable de priver les Marseillais de cette représentation au second tour ». Et de se poser en « véritable alternative à la gestion actuelle de la ville doit s’incarner dans un projet sérieux, expérimenté et capable de rassembler largement ».

    Des conséquences

    sur la Métropole

    La candidate de la droite et du centre revient sur son avenir au sein de la Métropole, qu’elle préside depuis 2018 et sur laquelle « cette élection aura également des conséquences majeures ». La Métropole « est une institution essentielle, composée d’une assemblée de maires qui travaillent ensemble pour les transports, l’économie, l’aménagement et l’avenir de notre territoire » rappelle-t-elle, « les électeurs qui nous ont fait confiance ne doivent pas être punis une seconde fois, en voyant cette Métropole basculer également à gauche ! Car nos courants sont les seuls à pouvoir maintenir une majorité à la Métropole ».

    Plus tôt dans la journée, Christophe Madrolle, au nom des « écologistes raisonnables » estimait lui aussi indispensable le maintien de Martine Vassal, qu’il qualifie d’« acte de résistance républicaine face à la montée des extrêmes ». « Une ville comme Marseille ne peut pas se résumer à un jeu de ping-pong institutionnel entre la gauche et l’extrême droite, les Marseillais ont besoin d’équilibre de pluralisme et de dialogue », insistait-il. Dans un communiqué, le référent Marseille de l’UDI, Frédéric Guelle, inquiet de la progression du Rassemblement national et de « la perspective de le voir accéder aux responsabilités », saluait l’engagement de Martine Vassal, porteuse d’une « alternative républicaine » et réclamait lui aussi son maintien.

  • Les insoumis veulent encore croire à la fusion à gauche

    Les insoumis veulent encore croire à la fusion à gauche

    Après avoir déjà émaillé la campagne du premier tour, les appels à se désister ou à fusionner entre les deux listes de gauche face au risque RN prennent cette fois une tournure concrète. Dès le dimanche soir, au moment où tombaient les premiers résultats, Sébastien Delogu a ainsi adressé un texto au maire (DVG) sortant de Marseille pour le féliciter de son score et prendre attache en vue d’une fusion, avant d’échanger avec un membre de son entourage. Avec une fin de non-recevoir. « C’est une position irresponsable qui pourrait donner les clés de Marseille au Rassemblement national », déplorait immédiatement dans la nuit le député LFI.

    Alors quand pour abréger le débat Benoît Payan déposait dès ce lundi midi sa liste en préfecture pour le second tour, le parlementaire s’empressait d’appeler ses électeurs à aller manifester le soir même devant la mairie. « Nous appelons le peuple de Marseille à faire entendre sa voix pour créer les conditions d’un rassemblement et battre définitivement l’extrême droite », lançait-il. Message entendu par environ un millier de manifestants selon la préfecture de police qui se sont rassemblés devant l’hôtel de ville, en l’absence du candidat. « C’est un appel citoyen pour dénoncer l’attitude irresponsable du maire de Marseille, défendait sur place l’adjoint en dissidence Sébastien Barles (Vaï!). 80% du peuple de gauche souhaite l’union, le RN est aux portes du pouvoir, il y a nécessité ! » En ligne de mire, l’espoir d’un retrait de la liste déposée le midi même pour en présenter une nouvelle fusionnée avant la date butoir ce mardi soir. Un espoir d’autant moins probable quand le rassemblement est parti en cortège pour rallier la permanence de campagne du Printemps marseillais, dégradant au passage ses murs, avec des slogans et des pancartes ciblant directement Benoît Payan. Au même moment se tenait une réunion de la coordination de campagne pour trancher sur la décision à prendre. « Si Martine Vassal s’était retirée, nous aurions dû le faire, mais son maintien change tout », confiait un cadre de Vaï. Le choix final n’avait pas encore été diffusé à l’heure où nous écrivons ces lignes.