Tag: Sébastien Delogu

  • Les commerçants de la rue de la République grevés par leurs loyers

    Les commerçants de la rue de la République grevés par leurs loyers

    Avec quelque 13 500 euros de loyer pour 185 mètres carrés, Alain Bétache, gérant du restaurant Chez Alain, rue de la République (2e), préfère jeter l’éponge : incapable d’assurer un montant qui représente plus de 50% de son chiffre d’affaires, il va accepter l’expulsion. Mais il n’abandonne pas pour autant « le combat » : faire en sorte que les loyers des locaux commerciaux soient encadrés, quand le sien relève « de l’emplacement et pas de la superficie » indique-t-il. Chose légale, assure son avocate, Maître Agathe Roblès, même s’il est possible de contester. « Mais la procédure, au fond, est très longue et les commerçants se font expulser avant par une procédure plus rapide, en référé », explique-t-elle.

    Un des commerçants de la rue dénonce des montants prohibitifs établis par des propriétaires « qui sont des fonds de pension et ont donc un objectif de rentabilité à remplir absolument », assure l’un d’entre eux. Tabac, pan cakes, restaurant, « c’est l’hécatombe », assure-t-il. Et de dénoncer, par la même occasion, des problèmes structurels patents, avec des caves qui prennent l’eau.

    La Ville en soutien

    « La Ville nous a soutenus immédiatement », se félicite Alain Bétache, qui se félicite aussi de la tenue de discussions avec le député marseillais Laurent Lhardit (PS). L’élu a déposé, le 14 octobre, une proposition de loi « visant à soutenir et valoriser les commerces de proximité » en encadrant le loyer des baux commerciaux. Parmi les principales mesures : supprimer la charge de la taxe foncière au locataire pour les baux commerciaux et professionnels, favoriser l’installation de commerces de proximité via la modification du Plan local d’urbanisme et permettre aux maires « d’engager une procédure visant à contraindre les propriétaires et bailleurs à remettre leurs locaux commerciaux sur le marché locatif lorsque le taux de vacance commerciale de la commune dépasse les 20% » au moyen d’une préemption « forcée ».

    Une solution nationale avec des leviers locaux que nos commerçants estiment indispensable pour arrêter l’hémorragie. Rue de Rome, rue Saint-Ferréol… La rue de la République n’est pas la seule concernée par les faillites, insiste Alain Bétache, particulièrement inquiet avec le coup d’arrêt mis aux Galeries Lafayette et un potentiel déménagement du Palais de justice.

    Les députés LFI Sébastien Delogu et Manuel Bompard se sont aussi fendus, le 8 octobre, d’une lettre à l’un des principaux bailleurs et au préfet, réclamant au premier une baisse des loyers, au second une révision et un encadrement. En France, plus de 10 000 commerces de détail et d’artisanat ont été perdus entre 2015 et 2020.

  • À gauche, une union pas gagnée des forces en lice pour les municipales

    À gauche, une union pas gagnée des forces en lice pour les municipales

    « Où est l’unité à gauche ? Si on l’a pas au 1er tour, je n’irai pas voter ! », lance, le 19 septembre au Charrel café, un homme à la chevelure blanche. Ce soir-là, le député insoumis des Bouches-du-Rhône, Sébastien Delogu, est aux côtés de la jeune Élodie Malek, et du retraité Christian Six, désignés en juillet dernier comme les chefs de file de LFI pour les municipales à Aubagne. Il s’agit de lancer de façon officielle la campagne de Changer d’ère. « La tête de liste sera désignée après que le programme soit élaboré », a précisé auparavant Christian Six, tout en assurant qu’il ne serait pas candidat. Avant les questions du public, Élodie Malek (LFI) a donné son point de vue sur l’existence pour l’heure de deux forces à gauche pour les municipales, Aubagne en commun (Écologistes, PCF, PS, Place publique, des citoyens, des membres de LFI… ) étant déjà partie en campagne depuis février dernier. « On nous dira que nous divisons la gauche, en réalité ce sont les compromis et le manque de transparence qui créent des divisions. Nous refusons de rechercher des alliances à tout prix. Nous ne gagnerons pas cette ville en faisant des compromissions », a-t-elle déclaré.

    Une histoire de portes

    Un peu plus tard dans la soirée, Sébastien Delogu explique la méthode LFI et enfonce le clou : « Les chefs de file vont parler de tous les sujets, transports, hôpital (…), établir un programme, et ensuite nous irons voir les forces de gauche pour dire voilà ce qu’on défend, on ne veut pas y déroger. » Si LFI consent à négocier, dans l’entrebâillement de la porte, Jean-Pierre Squillari, joint hier par téléphone, rappelle sa ligne de conduite : « Depuis qu’on a créé le Printemps des Aubagnais, puis Aubagne en commun, nous avons dit que la porte était ouverte à toutes les forces de gauche et les écologistes. Si LFI nous contacte, nous répondrons et puis on discutera. » Il ajoute : « L’union fait la force. La désunion amoindrit la force. » Le militant NPA Hugues Alexis, qui fut trésorier du NPA 13 de 2012 à 2015 et assiste aux réunions à la fois à Changer d’ère et Aubagne en commun, tient lui ce discours : « Personne ne veut dire que la porte est fermée, mais l’impression que ça donne est que personne ne veut vraiment faire un pas vers l’autre… »

  • Les insoumis lancent en solo leur campagne des municipales

    Les insoumis lancent en solo leur campagne des municipales

    Pour les prochaines échéances, on a besoin de rassembler les gens dans une politique de rupture, et surtout dans les quartiers populaires. Elodie Malek et Christian Six font un travail remarquable à Aubagne. Quoi qu’il arrive, je serai à vos côtés pour faire avancer LFI », s’enthousiasme Sébastien Delogu, le député (LFI) des Bouches-du-Rhône. Il est venu apporter son soutien aux deux chefs de file désignés par LFI pour conduire la campagne des municipales sur Aubagne. Au Charrel café, près de 70 personnes assistent à la réunion. « Nous avons tous un rôle à jouer dans cette élection pour reprendre en mains la gestion de la commune », lance Elodie Malek. Autodidacte en graphisme et communication, la jeune maman est au chômage. Christian Six, lui est « un jeune retraité qui s’est battu toute sa vie aux côtes de la CGT ». Après qu’Elodie Malek a énoncé les neuf axes adoptés au niveau national par LFI, à défendre lors des municipales, par exemple « gérer les communs par des régies publiques » ; Christian Six commence à citer de grands thèmes plus locaux.

    Et les risques de division ?

    « Nous voulons une ville qui lutte contre le changement climatique, qui place l’humain au centre. Aubagne doit stopper la prolifération des constructions et rentabiliser les habitations actuelles. Nous voulons une ville plus sociale et solidaire, festive et culturelle. Qui accepte les différences (…) », ditil. Changer d’ère propose de permettre l’organisation de Référendums d’initiative citoyenne sur de grands sujets. Très vite, le public évoque « le risque de division à gauche ». Allusion à l’autre liste, Aubagne en commun. Un homme fait remarquer : « Si on divise les voix de gauche, ça fera la moitié chacun, c’est mathématique. » « À Aubagne, les gens votent 60% à droite et 40% à gauche. Pour moi le cumul des logos ne réglera pas le problème. Il faut redonner aux gens la confiance en la politique et les inciter à aller voter », répond Christian Six. « Les chefs de file sont là pour organiser la campagne, établir un programme, et ensuite nous irons voir les forces de gauche pour dire voilà ce qu’on défend, sur quoi on ne veut pas déroger », éclaire Sébastien Delogu. Interrogé pour savoir s’il allait se présenter aux municipales à Marseille, il nous a répondu que « l’actualité nationale ne le permet pas ». Mais a ajouté : « Ça ne saurait tarder. »