Ce centre technique régional et national de 600 m² dispose d’installations expérimentales de pointe, dédiées à la recherche sur des thématiques clés : aquaculture innovante, sécurité alimentaire, bioremédiation, solutions fondées sur la nature, restauration écologique et conservation d’espèces menacées. Ce nouvel outil a vocation à favoriser les échanges entre acteurs académiques, scientifiques et privés, à soutenir les activités de recherche, de surveillance et d’innovation sur le littoral, et à sensibiliser les décideurs politiques en promouvant les bonnes pratiques. Catherine Chabaud se rendra par ailleurs sur l’Île de Port-Cros vendredi pour une nouvelle séquence liée à la protection du littoral et de la biodiversité méditerranéenne.
Tag: sciences
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![[Biodiversité] L’étau se resserre sur le lièvre variable alpin](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/f2ba79c5154e4dd886e8d25a29ed3d26.jpg)
[Biodiversité] L’étau se resserre sur le lièvre variable alpin
Difficile d’apercevoir le lièvre variable dans les Alpes : il vit plutôt la nuit et c’est un roi du camouflage avec un pelage qui blanchit en hiver. Cela pourrait être encore plus difficile demain tant le réchauffement climatique le pousse vers les sommets, le cantonnant à des « îlots dans le ciel » (« sky islands », en anglais) desquels il peine à s’échapper. Sans compter qu’il entre en compétition avec le lièvre d’Europe, qui peuple d’ordinaire les plaines mais tend à monter en altitude. C’est ce que révèle une étude publiée dans Global Change Biology. « C’était attendu mais notre modèle offre une vision à grande échelle de la connectivité génétique des deux espèces sur les Alpes françaises », résume Jérémy Larroque, ancien chercheur au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier, aujourd’hui à l’Université de Lyon, et premier auteur de l’étude.
Des analyses ADN sur des échantillons prélevés sur des individus chassés et des crottes ramassées sur le terrain permettent de dire où se trouvent les lièvres variables et les lièvres d’Europe et où ils sont capables de passer ou pas. Il montre aussi la compétition entre les deux qui ne peuvent parfois pas coexister. « Nous savions que cela existait car en Scandinavie, quand le lièvre d’Europe a été introduit au XIXe siècle, il a repoussé le lièvre variable vers le nord », souligne Jérôme Letty, chargé de recherche à l’Office français de la biodiversité, à Pérols, et coauteur de l’étude. La même chose se produit dans les Alpes, mais vers les sommets.
Corridors
Le lièvre variable pourrait-il disparaître de nos montagnes ? « Si le réchauffement climatique se poursuit, c’est une possibilité, estime Jérôme Letty. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est sans doute passé dans les Pyrénées. » Le lièvre variable y était présent lors de la dernière glaciation, au Paléolithique, avant de disparaître. « Les Alpes sont aujourd’hui la limite la plus au sud de son aire de répartition. C’est là qu’il est le plus exposé », ajoute le chercheur. De plus, l’isolement des populations en altitude renforce le risque de consanguinité et menace la pérennité de l’espèce.
Pour l’heure, le modèle identifie des corridors à protéger à moyenne altitude afin que le lièvre variable puisse continuer à se disperser. « Nous pourrions imaginer y limiter le développement humain, glisse Jérémy Larroque. Mais la montagne reste un lieu avec des contraintes liées à l’urbanisation et au tourisme. » Les chercheurs mentionnent aussi les lâchers de lièvres d’Europe pour la chasse récréative qui pourraient favoriser l’expansion de l’espèce, au détriment du lièvre variable. « Il n’y a aucune réglementation à ce sujet en France », écrivent les auteurs. Quant à la hausse des températures qui pousse le lièvre variable en altitude, la solution pour y remédier est bien connue : limiter les émissions de gaz à effet de serre.
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![[Passerelle interculturelle] Un mois en orbite : l’équipage de Shenzhou-23 poursuit ses expériences scientifiques et sa vie quotidienne dans l’espace](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/06520790a7cae4f650c951ad22c9f246.jpg)
[Passerelle interculturelle] Un mois en orbite : l’équipage de Shenzhou-23 poursuit ses expériences scientifiques et sa vie quotidienne dans l’espace
Le vaisseau habité Shenzhou-23 a été lancé le 24 mai 2026, depuis le Centre de lancement de satellites de Jiuquan. Il s’est ensuite amarré avec succès au module central Tianhe de la Station spatiale chinoise, le 25 mai. Les astronautes Zhu Yangzhu, Zhang Zhiyuan et Lai Ka-ying sont entrés dans la station spatiale, où ils ont rejoint l’équipage de Shenzhou-21.
La mission Shenzhou-23 est la septième mission habitée de la phase d’application et de développement de la Station spatiale chinoise. Elle est aussi la 40e mission de lancement depuis le début du programme spatial habité chinois, ainsi que le 23e vol d’un vaisseau Shenzhou.
Cette mission montre que la Station spatiale chinoise est entrée dans une phase d’utilisation plus régulière et plus stable. L’équipage mène des expériences dans plusieurs domaines, comme les sciences de la vie, la médecine spatiale, la physique en microgravité et les nouvelles technologies spatiales. Pendant cette mission, un astronaute doit aussi rester environ un an en orbite. Cette expérience permettra d’accumuler des connaissances pour les futurs séjours longs dans l’espace et pour les futures missions d’exploration plus lointaines.
Au cours de la semaine passée, les trois astronautes ont réalisé plusieurs tâches scientifiques et techniques en orbite. Leur travail montre aussi comment la recherche scientifique et la vie quotidienne peuvent se combiner dans l’espace. Dans la cuisine spatiale, les astronautes ont placé des morceaux de citrouille dans le four de la station. Ils ont ensuite goûté cette nourriture chaude et sucrée. Ce moment simple leur a apporté un goût familier de la vie sur Terre, dans leur maison en orbite.
Dans le domaine de la médecine spatiale, l’équipage a utilisé un appareil d’échographie pour faire des examens croisés. Les astronautes ont examiné le cou, le poignet et l’abdomen les uns des autres. Les données collectées serviront à mieux comprendre la circulation du sang, son évolution dans le temps et dans l’espace, ainsi que les changements de certains groupes musculaires sensibles. L’équipage a également travaillé avec le robot intelligent Xiaohang. Les astronautes ont réalisé des tests d’interaction tactile avec ce robot. Ces essais aideront à améliorer les futurs systèmes de planification des mouvements des robots à bord de la station. Xiaohang est en orbite depuis plus d’un an et a déjà travaillé avec quatre équipages différents. Il continue ainsi à accumuler de l’expérience dans l’environnement spatial.
De Shenzhou-1 à Shenzhou-23, le programme spatial habité chinois est passé d’une phase de vérification technologique à une phase de présence humaine régulière en orbite. Aujourd’hui, la Station spatiale chinoise fonctionne comme un laboratoire spatial national. La mission Shenzhou-23 illustre cette nouvelle étape : il ne s’agit plus seulement de construire la station, mais aussi de bien l’utiliser pour la recherche scientifique, la santé des astronautes et le développement des futures technologies spatiales.
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![[Entretien] Andrea Pasini, CNRS : « Il y a un intérêt grandissant des biologistes autour de “Trichoplax” »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/cd1b50f33c0b38e3d72a26b52d8bf1e0.jpg)
[Entretien] Andrea Pasini, CNRS : « Il y a un intérêt grandissant des biologistes autour de “Trichoplax” »
La Marseillaise : Vous avez étudié le déplacement
de « Trichoplax », cet animal marin multicellulaire très simple. Est-ce un organisme classique sur lequel les biologistes aiment travailler ?Andrea Pasini : Non, pas du tout. Il a été, et reste, peu étudié. Découvert en 1883, il est tombé dans l’oubli jusqu’aux années 1970 quand un zoologiste allemand s’est rendu compte que, avec d’autres organismes semblables, ils composaient une famille d’animaux plats : les placozoaires. Depuis les années 1980, il y a un intérêt grandissant des biologistes autour de ces animaux.
Pourquoi ?
A.P. : D’un point de vue évolutif, ils pourraient nous renseigner sur la transition qui s’est produite pour passer d’organismes composés d’une seule cellule vers ceux composés de plusieurs cellules. Ils pourraient ressembler aux premiers animaux multicellulaires apparus à la surface de la Terre au cours de l’évolution. Ensuite, ils peuvent nous renseigner sur les conditions minimales nécessaires pour la survie d’un animal. Car il s’agit d’êtres multicellulaires, mais dépourvus de muscles, d’organes, de systèmes nerveux, digestif ou reproducteur. Et pourtant, ils arrivent à survivre dans des environnements parfois complexes et agressifs.
D’où viennent ceux que vous étudiez ?
A.P. : Nous les avons prélevés dans un magasin d’aquariophilie du centre de Marseille. Dans un aquarium d’eau de mer avec des coraux et des algues tropicales, il y avait des petits organismes sur la vitre. Il s’agissait de Trichoplax. Depuis six ans, nous cultivons cette même souche au laboratoire.
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![[Sciences] Sans muscles ni neurones, cet animal « crêpe » s’enfuit face au danger](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/79c58875088e527f6520455c78493219.jpg)
[Sciences] Sans muscles ni neurones, cet animal « crêpe » s’enfuit face au danger
Découvert à la fin du XIXe siècle, Trichoplax reste méconnu. Cet animal aquatique est minuscule, plat et simple : un tapis de cellules qui se déplace grâce à des cils vibrant sous sa face inférieure. Il peut ainsi ramper au fond de la mer, où il vit, et réagir à des agressions extérieures –quand on le pique par exemple. Pourtant, il n’a ni muscles ni neurones ! Comment fait-il ? « C’était une énigme depuis plus d’un siècle, pointe Andrea Pasini, chercheur CNRS à l’Institut de biologie du développement de Marseille. Nous cherchons la réponse depuis cinq ans et nous avons enfin compris. » Avec son doctorant Marvin Leria et son collègue Raphaël Clément, il montre dans un article paru dans Current Biology que les cils sur sa face inférieure se réorientent rapidement et de manière coordonnée pour prendre la fuite.
Ce mode de déplacement grâce à des cils est connu chez d’autres animaux. Mais les cils prennent généralement une certaine orientation au cours du développement et il est difficile d’en changer. « C’est parfois possible chez certains animaux mais cela prend du temps : des dizaines de minutes voire des jours », insiste le chercheur. Chez Trichoplax, quelques secondes suffisent. « C’est unique, ajoute-t-il. Cela montre à quel point les tissus épithéliaux sont plastiques et peuvent faire des choses que nous ne soupçonnions pas. »
Calcium
C’est un des buts derrière l’étude de cet étrange animal : comprendre comment les tissus épithéliaux -ces ensembles de cellules qui forment la peau, recouvrent certains organes, tapissent les veines… -ont pu évoluer et s’adapter à des environnements extrêmes. « Les organismes modèles généralement étudiés en biologie– souris, ver, mouche…- ne couvrent qu’une petite partie du monde animal, précise Andrea Pasini, spécialiste des tissus épithéliaux. Trichoplax est intéressant car il est composé presque essentiellement de cellules épithéliales. Il peut donc mieux nous renseigner sur certaines de leurs spécificités. »
Pour tenter d’expliquer comment les cils changent brutalement d’orientation, les chercheurs se sont penchés sur le calcium. « Il est connu pour être impliqué dans des réactions cellulaires rapides », souligne Andrea Pasini. En plongeant Trichoplax dans une eau dépourvue de calcium ou en empêchant cet élément d’entrer dans les cellules, le petit animal ne parvient plus à se déplacer normalement. « Le calcium a donc un rôle important, poursuit le chercheur. Toute la question est maintenant de savoir où et comment il agit précisément. » Y répondre fera l’objet de futures recherches.
Cette capacité à interagir avec l’environnement sans aucun neurone interroge : « Soit nous sommes face à une forme très simple de système nerveux, soit face à une sorte de système nerveux alternatif, ce qui serait encore plus intéressant, souligne Andrea Pasini. Mais tout cela reste à éclaircir. »
REPÈRES
Épithéliums
Il s’agit de tissus formés de cellules juxtaposées. Tous les animaux en ont. Ils peuvent former des revêtements (comme la peau, les contours des organes) ou sécréter des substances essentielles à l’organisme (comme celles produites par les glandes).
Placozoaires
Ces animaux plats de 1 à 3 millimètres n’ont ni bouche, ni tube digestif, ni système nerveux, ni organes et n’ont pas une forme symétrique. Leurs cellules sont capables de se réorganiser pour que l’organisme change de forme.
« T. adhaerens »
Trichoplax adhaerens a longtemps été le seul représentant du groupe des placozoaires -jusqu’à la découverte d’autres espèces plus récemment. Il vit sur des supports (coraux, rochers) au fond de la mer, dans des eaux tropicales ou tempérées, et se nourrit d’algues, bactéries et autres micro-organismes grâce à un système de digestion externe.
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Les politiques d’accessibilité et d’inclusion en débat à Martigues
L’enjeu, « c’est le vivre-ensemble » pour cette participante à la conférence donnée par la sociologue Sylviane Feuilladieu ce vendredi matin à la salle Dufy. C’est à l’invitation de l’Association pour la promotion et l’organisation d’un réseau de santé ouest étang de Berre (Aporsoeb) que l’enseignante-chercheuse à Aix-Marseille université est venue ouvrir le colloque d’une journée organisée par l’association autour du handicap et de « l’accueil de la différence de chaque enfant ».
Outre le vivre-ensemble, l’enjeu est aussi d’ouvrir la réflexion des professionnels de santé, du social, de l’éducation et parents invités sur l’accessibilité réelle aux handicapés, au-delà de la simple compensation, et particulièrement en milieu scolaire. « Une situation inclusive peut être inégale, excluante, ségrégative ou non légitimisante » explique la chercheuse, mettant en situation : « si un élève handicapé est en classe avec son accompagnant [AESH, Ndlr] il est inclus avec les autres, et on rend les supports accessibles » pour compenser le handicap. Mais il y a un écueil : « Les interactions ne changent pas, la reconnaissance de l’institution non plus », affirme la sociologue.
« La justice sociale c’est agir sur un système »Sylviane Feuilladieu pousse plus loin l’idée d’inclusion « de masse » des handicapés pour une « démocratisation » de l’inclusion, en considérant « les inégalités sociales d’accès et de participation » des concernés. Plus que l’égalité, ou l’équité, la sociologue en vient au terme de « justice sociale, soit agir sur la manière dont fonctionne le système » pour l’adapter à tous. « Travailler les pratiques inclusives, c’est faire une place à chacun en reconfigurant l’espace social » estime-t-elle, parlant d’« un travail collectif » pour éviter « de ne penser qu’à l’inclusion qui maintient dans l’inégalité d’accès et de participation », et permettre de renforcer « le vouloir agir et le pouvoir d’agir ».
Mais cette vision suscite le débat. « Certains handicaps sont facilement compensables, mais on ne peut pas inclure tout le monde », estime Michel Roussel, de l’association la Chrysalide qui offre des services d’accompagnement. « Pour les autistes lourds ou les polyhandicapés, c’est un peu des foutaises pour nous, faut pas être des Bisounours », ose-t-il. « La sociologie démontre qu’il faut se donner les moyens de cette ambition », rétorque la chercheuse, indiquant qu’il y a certes « des écarts à la norme plus ou moins conséquents » mais que les sciences du langage étudient l’inclusion des personnes non-oralisantes, et d’autres « sur l’insertion professionnelle des travailleurs en Esat vers le milieu ordinaire ». Claire Burger, participante, considère qu’« on ne peut pas demander à des neurodivergents de penser comme nous, les neurotypiques ». « Ces personnes pensent différemment. C’est un fonctionnement qui n’est pas majoritaire mais qu’on handicape car ils ne rentrent pas dans la norme » précise-t-elle, en aparté.
Créer cette rencontre est l’objectif de l’Aporsoeb. « Ce colloque permet de prendre du recul pour revenir au travail avec une position différente », indique la coordinatrice Maïté Robin.
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L’archéologie ouvre ses portes en grand
Le musée de préhistoire de Quinson se prépare aux journées européennes de l’archéologie ce week-end, et mise sur la protection des découvertes, trop souvent négligées et pillées par les randonneurs.
L’exposition permanente du musée retrace 400 000 années d’occupation humaine, en commençant par le paléolithique, puis le néolithique et l’âge des métaux. On y retrouve notamment des objets en pierre et des matières osseuses trouvés dans la grotte de la Baume Bonne, l’un des sites les plus connus des gorges du Verdon. Des visites y sont d’ailleurs proposées dans le cadre des journées européennes de l’archéologie, ce samedi et ce dimanche, mais sont déjà complètes.
Le parcours de visite raconte ensuite de manière chronologique le passage à l’économie de production, à la sédentarité, aux villages et aux maisons au néolithique.
Cette année, la thématique des journées européennes de l’archéologie est l’âge du fer. Des panneaux ludiques prêtés par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont été installés à la fin du parcours de visite de l’exposition permanente à cette occasion. « Cela permet de casser les clichés, d’enrichir les connaissances de manière ludique, et de mettre en avant ces peuples qui n’avaient pas l’écriture, et dont l’histoire a donc souvent été racontée par d’autres, par leurs ennemis, ce qui ne leur rendait pas toujours hommage », se réjouit Chimène Honnorat, médiatrice culturelle et scientifique. Pour les journées européennes de l’archéologie, des espaces vides ont également été mobilisés pour faire deviner aux visiteurs les plantes et les viandes consommées à cette époque, ou encore quel os appartient à quel animal. Des mini métiers à tisser sont aussi installés ce week-end pour que les visiteurs puissent s’essayer à fabriquer un morceau de tissu.
Depuis 2024, l’exposition temporaire « Sors de ta réserve » est proposée en partenariat avec la réserve naturelle géologique de Haute Provence, à l’occasion de ses 40 ans. L’accent est mis sur la préservation de la géologie. « On se bat pour que les gens marquent leurs découvertes avec des coordonnées GPS et les signalent, pour que les choses soient faites correctement », insiste Ludivine Franceschi, responsable du développement des publics. « Les pillages de fossiles sont monnaie courante. Beaucoup de sites doivent être protégés avec du béton autour. Des fossiles sont arrachés à coups de pioche. Il suffit d’un orage pour que des vestiges soient visibles en surface », regrette-t-elle. « Aux États-Unis, on a le droit de payer pour récupérer des fossiles dans la nature. Les législations sont très différentes d’un pays à l’autre. Cela va prendre du temps pour faire changer les mentalités », avance-t-elle.
Des archéologues
en tyrolienneLe plésiosaure, grand reptile marin prédateur du Mésozoïque, découvert à Tartonne, est exposé pour la dernière fois au public au musée de Quinson. Il sera ensuite réservé aux chercheurs, pour éviter que les vibrations et les changements de température et d’humidité n’altèrent sa conservation.
Le musée a été créé pour conserver les découvertes réalisées lors des fouilles de sauvetage du Verdon, au moment des travaux des barrages EDF. Les archéologues ont alors dû faire du rafting et de la tyrolienne pour accéder aux lieux de fouilles.
L’exposition permanente, inchangée depuis l’inauguration du musée en 2001, doit être totalement refaite dans les prochaines années. Le musée élargira ainsi ses collections avec de nouveaux fonds. « Il faut aller chercher ailleurs pour montrer la diversité. Là, il n’y a que des objets en pierre exposés, alors qu’à l’époque, il y avait beaucoup d’objets en matières osseuses. Ce n’est pas du tout représentatif de cette période », avance Ludivine Franceschi. « Idéalement, il faudrait changer la muséographie tous les dix ans pour faire avec le renouvellement des connaissances et les découvertes », explique-t-elle. Le nouveau parcours de visite devrait être plus interactif, afin que les visiteurs soient plus actifs et impliqués.
DES RENDEZ-VOUS DANS LA RÉGION
BOUCHES-DU-RHÔNE
Saint-Rémy-de-Provence. Le site de Glanum propose un atelier pour découvrir les différentes sous-disciplines de l’archéologie. Le public pourra également manipuler de véritables vestiges pour reconstituer l’histoire du site. Dimanche 14 juin, de 9h45 à 12h30. Tarifs : enfants 6 euros, adultes 12 euros.
Marseille. Le Palais Longchamp invite le public à se glisser dans la peau d’un archéo-anthropologue pour s’initier aux chantiers de fouilles de sépultures et découvrir les rites funéraires du Paléolithique à l’âge du Bronze. Samedi 13 et dimanche 14 juin. Gratuit.
VAR
Giens. Les médiateurs du Parc national de Port-Cros proposent une visite guidée pour explorer le sanctuaire d’Aristée sur la presqu’île de Giens. La visite se poursuit avec une randonnée jusqu’au fort du Pradeau, pour présenter l’histoire de la rade de Hyères. Dimanche 14 juin, de 10h30 à 14h30. Gratuit.
Toulon. Le Centre archéologique du Var ouvre exceptionnellement ses portes pour une activité consacrée aux vêtements gaulois. Les participants pourront apprendre les techniques de tissage et expérimenter la fabrication textile sur un métier à tisser, inspiré des modèles utilisés à l’époque. Dimanche 14 juin 2026 de 11h à 12h30. Gratuit.
VAUCLUSE
Entraigues-sur-la-Sorgue. Le chantier archéologique préventif de la Zac du Plan ouvre exceptionnellement ses portes au public. Les responsables des fouilles du site présenteront les découvertes en cours, les méthodes d’intervention des archéologues et l’histoire du territoire. Samedi 13 juin, à partir de 10h. Gratuit.
Vaison-la-Romaine. Sur la colline du site antique de Puymin, une visite guidée convie les participants à parcourir les vestiges des anciennes domus, notamment ceux de la Maison à l’Apollon lauré et de la Maison à la Tonnelle, avant de rejoindre le théâtre antique. Samedi 13 et dimanche 14 juin, de 14h à 15h30. Gratuit.
HAUTES-ALPES
Saint-Véran. Au départ de l’esplanade Sainte-Luce, une randonnée de 9 km invite le public à découvrir le patrimoine archéologique local aux côtés d’un géologue et d’un guide conférencier. Les participants exploreront notamment l’ancienne mine de cuivre de Clausis, exploitée dès l’âge du Bronze. Samedi 13 juin, de 9h à 17h. Gratuit.
Gap. Le muséum départemental des Hautes-Alpes propose un voyage dans l’Antiquité à Gap (ex-Vappincum). La troupe Pax Augusta, spécialisée dans la reconstitution, vient y faire revivre la civilisation gallo-romaine et ses coutumes grâce à des installations immersives. Samedi 13 et dimanche 14 juin, de 14h à 17h45. Gratuit.
ALPES-DE-HAUTES-PROVENCE
Sisteron. Au Musée gallo-romain, les visiteurs ont 25 minutes pour retrouver un bijou antique en résolvant une série d’énigmes. Pensé comme un escape game, cet atelier aborde les méthodes de la recherche en anthropologie et l’étude du corps humain. Samedi 13 juin, de 10h à 12h et de 14h à 17h30. Gratuit.
Reillanne. Le prieuré de Carluc propose une conférence animée par un archéologue, suivie d’un apéritif romain antique. Pour l’occasion, la chapelle de Carluc sera exceptionnellement ouverte et le public pourra la visiter. Samedi 13 juin, de 11h30 à 12h. Gratuit.
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Cécile Albert, chercheuse au CNRS : « Avec BioValidR, nous aiderons à choisir où restaurer les habitats naturels »
La Marseillaise : Début 2026, vous avez décroché une bourse du Conseil européen de la recherche pour mener le projet BioValidR. De quoi s’agit-il ?
Cécile Albert : C’est une suite du projet Scaled qui s’achève cette année. Nous avons montré à quel point le nombre d’habitats et leur accessibilité étaient importants pour la biodiversité à différentes échelles, mais dans des conditions assez simples. Nous testerons la même chose dans des conditions plus proches du réel pour aboutir à des résultats plus concrets permettant d’aider à bien choisir où restaurer les habitats naturels. Pour cela, nous adopterons une approche inédite : tester des aménagements avec des modèles vivants sur une maquette inspirée d’un vrai territoire.
Lequel ?
C.A. : Celui de Plaine Commune Grand Paris (Seine-Saint-Denis). Le paysage sera construit en se calquant sur la carte du territoire, en mettant les zones favorables là où eux ont des parcs ou des zones boisées et les zones défavorables là où eux ont des autoroutes, des lignes ferroviaires… Nous pourrons tester différentes stratégies d’aménagement et évaluer comment cela modifie la dynamique des populations de collemboles qui évolueront dans ces maquettes.
Il y a une demande de la part de ce territoire ?
C.A. : Oui et cela ne vient pas de nulle part. C’est aussi la suite d’un autre projet (FAR) qui est en cours et qui vise à créer des scénarios de renaturation du territoire avec les habitants dans une démarche à la fois scientifique et artistique. Nous utiliserons ces scénarios pour les tester dans BioValidR.
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Plus d’habitats ou de connectivité ? Vers la fin d’une controverse en écologie
Folsomia candida aime vivre au milieu des feuilles d’arbres en décomposition. Et pour cause, ce petit arthropode se nourrit des champignons qui y poussent. À l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (Marseille), Cécile Albert en a placés dans des petits récipients avec tout ce qu’il leur faut. Avec sa doctorante, la chercheuse CNRS voulait observer s’ils parvenaient à atteindre d’autres petites poches d’habitat favorable à quelques centimètres. Mais pour cela, il leur fallait arpenter un milieu plus ou moins hostile : du tissu bien lisse où il est facile de se déplacer, de la toile de cerf-volant avec de l’électricité statique ou encore de la feutrine avec des fibres dans tous les sens. « L’accessibilité des habitats favorables -qui dépend de la distance à parcourir et de la perméabilité du milieu- est un facteur clé de la survie des populations », résume la chercheuse, dernière autrice d’un article paru dans Ecography.
L’étude s’inscrit dans le projet européen Scaled qui vise à clore une controverse en écologie sur l’impact de la fragmentation des habitats sur la biodiversité. « Deux camps s’affrontent », assure Cécile Albert. Pour favoriser la biodiversité, certains pensent que seule la quantité d’habitats naturels compte, qu’il faut en restaurer et ne pas en perdre. D’autres pensent que les pertes en quantité peuvent être compensées en connectant mieux les habitats fragmentés qui subsistent.
Visions différentes
« Nos résultats indiquent que les deux importent », souligne Cécile Albert. Car si l’expérience en laboratoire montre que l’accessibilité des habitats favorise la survie des populations, une autre expérience à plus grande échelle a montré autre chose. Il s’agissait d’observer des araignées et autres scarabées dans la plaine de la Crau (Bouches-du-Rhône). L’arrangement spatial de l’habitat n’a eu aucun effet. « Mais la quantité jouait un rôle important », pointe la chercheuse. Une dernière partie du projet sur l’écureuil roux tend à montrer qu’il existe probablement une interaction entre quantité d’habitats et fragmentation. Les résultats sont en cours d’analyse.
« La vraie question ne serait donc pas de savoir ce qui est le plus important mais dans quelles conditions favoriser l’un ou l’autre », résume la chercheuse pour qui la controverse viendrait du point de départ et de la vision de chacun des camps. « Ceux qui donnent de l’importance à la connectivité ont une approche théorique qui se focalise sur les flux d’individus entre habitats, pointe-t-elle. Ceux qui pensent avant tout à la quantité d’habitats viennent de l’écologie des paysages et ont une approche plus empirique. La notion d’accessibilité des habitats pourrait faire le pont entre les deux points de vue. » Le projet Scaled prend fin cette année. Et peut-être avec lui une controverse qui dure depuis les années 1970.
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![[Entretien] Maëva Orliac : « La carnivorie peut être vue comme le marqueur de ce qu’est un cétacé »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/05/e5710104736169a2502a8d3ce8194247.jpg)
[Entretien] Maëva Orliac : « La carnivorie peut être vue comme le marqueur de ce qu’est un cétacé »
La Marseillaise : Que nous apprend la mandibule fossile de « Kalakocetus aurorae », cette espèce primitive de cétacé tout juste découverte ?
Maëva Orliac : C’est intéressant pour définir ce qu’est un cétacé. Kalakocetus aurorae valide ce que proposaient les spécialistes : que le passage d’une alimentation herbivore à carnivore peut être considéré comme le marqueur de ce que sont ces animaux. À partir du moment où ce groupe est devenu carnivore, on parle de cétacés. Leurs espèces sœurs –les Raoellidae– sont restées des herbivores.
Comment les définissait-on avant ?
M.O. : Pendant longtemps, les cétacés étaient définis par leur région auditive. L’os de leur oreille ressemble à un coquillage. C’est dû à l’adaptation au milieu aquatique de ces animaux dont les ancêtres vivaient sur terre. Mais cette particularité de l’oreille a été retrouvée chez les Raoellidae. Donc cela ne fonctionnait plus.
Quelle est la place des baleines à fanons
dans l’histoire évolutive des cétacés ?M.O. : Elles appartiennent au groupe des « mysticètes » qui apparaissent il y a environ 36 millions d’années, soit 12 millions d’années après Kalakocetus aurorae. Les premiers représentants avaient des dents et des fanons. Petit à petit, ils ont perdu leurs dents à la faveur des fanons. Il s’agit de lames de kératine, comme des cheveux, qui filtrent l’eau pour récupérer le plancton composé d’algues et d’animaux comme le krill. C’est une autre histoire évolutive par rapport à celle des dauphins ou des orques qui ont des dents acérées et ne consomment que de la viande.
