Tag: Santé

  • La Région au chevet des lieux de santé

    La Région au chevet des lieux de santé

    « C’est à l’État de le faire, mais c’est nous qui payons », a déploré Renaud Muselier en visite à l’hôpital de Manosque, dont les collectivités financent l’extension, avec une nouvelle unité de soins palliatifs et un institut de formation. Sur les 7,9 millions d’euros du coût total, la Région finance plus d’un million, les communes de l’agglomération 1,9, le Département 500 000 euros et l’ARS 1,25 million. « Je tiens à remercier les maires, parce que c’est le seul endroit en France où on a un tour de table de ce niveau pour aider l’État à payer et soigner nos concitoyens, ça n’arrive jamais », a avancé le président de la Région.

    « Si tout va bien », l’extension devrait ouvrir « en 2029 », a expliqué Gilles Dufour, le directeur de l’hôpital. « On a reçu un avis favorable de la commission régionale d’investissement de l’agence régionale de santé en phase d’éligibilité fin 2025. Le dossier est en cours d’approfondissement. La commission régionale d’investissement doit se réunir le 17 mars pour donner ou non la validité et le top départ du projet », a-t-il précisé. « C’est un projet qui ne pourrait pas voir le jour sans le soutien indispensable et exceptionnel des collectivités territoriales », a-t-il salué.

    Une nouvelle maison de santé

    4,5 millions d’euros seront investis pour l’unité de soins palliatifs, avec 12 lits dont deux supplémentaires, et 3,3 millions pour l’institut de formation paramédicale, a détaillé le directeur de l’hôpital. Le président de la Région, le maire de Manosque, la présidente du Département et le directeur de l’hôpital ont rencontré les soignants et discuté notamment du « déficit chronique sur le fonctionnement de l’hôpital » et de « la mise en place d’une restructuration ».

    Plus tôt dans la journée, Renaud Muselier a visité le centre de soins Paul-Nalin à Forcalquier, où le maire David Gehant porte un nouveau projet de création d’une maison de santé. « Les professionnels de santé sont à l’étroit » dans le bâtiment actuel, a expliqué Dr Marjorie Hubeau. Le centre de soins Paul-Nalin, inauguré en juin 2024, a déjà permis de recruter de nouveaux médecins, indispensables dans ce département qui en manque cruellement. Dans la région, « on commence à manquer de médecins et la pyramide des âges est plus élevée que dans les autres régions, ce qui veut dire que, dans les cinq ans qui viennent, on va avoir une difficulté beaucoup plus importante », a avancé Renaud Muselier. Le président de Région s’est félicité d’être passé de 12 à 51 centres médicaux depuis le début de son mandat, dont 16 supplémentaires dans les Alpes-de-Haute-Provence.

    Le maire de Forcalquier a expliqué être en train de faire l’acquisition d’un terrain à l’entrée de la ville qui devrait permettre de réaliser la nouvelle maison de santé en 18 mois. « Sans l’aide de la Région, on est incapable de mettre en œuvre des projets comme ceux-là », a-t-il souligné. « On est les seuls en France à faire ça, ce n’est pas notre mission de payer à la place de l’État », a martelé Renaud Muselier, alors que la Région avait financé le centre de soins Paul-Nalin à hauteur de 720 000 euros.

    Renaud Muselier a également visité à Forcalquier la maison des entrepreneurs, l’un des rares centres Europe Direct situés en zone rurale, et le complexe sportif Alain-Prieur, dans lesquels la Région a également investi.

  • Les salariés du centre de santé de Manosque inquiets

    Les salariés du centre de santé de Manosque inquiets

    Les salariés du centre de santé Oxance de Manosque se sont réunis mardi avec la CGT pour discuter de leurs inquiétudes concernant une potentielle fermeture du centre, le réseau mutualiste Oxance étant en procédure de sauvegarde. « Confronté à des contraintes économiques durables, nées lors de la crise sanitaire, le groupe a engagé une démarche de sauvegarde afin de stabiliser sa situation financière, rééchelonner sa dette et se donner le temps nécessaire pour construire un plan de redressement », a indiqué Oxance.

    L’avenir d’Oxance en suspens

    Les salariés attendent de nouvelles mesures d’Oxance qui doivent être annoncées en CSE le 26 mars. La CGT a insisté sur sa volonté de préserver l’offre de soins abordable pour tous et les emplois, alors que plus de 20 000 personnes n’ont pas de médecin traitant dans le département. Certains patients viennent de Digne-les-Bains ou des Hautes-Alpes pour se soigner au centre Oxance de Manosque. « Si le centre de Manosque ferme, comment la population sera-t-elle prise en charge ? », se sont interrogés les participants à la réunion.

    Les salariés ont déploré le fait qu’Oxance « ne donne pas suite à de jeunes médecins qui veulent venir y travailler ». Avec la CGT, ils ont évoqué le besoin de soutien des collectivités aux centres de santé. Ils ont reproché au maire de Manosque de ne pas les soutenir. « La municipalité actuelle considère que contrairement à l’hôpital, la collectivité n’a pas vocation à financer directement un centre de santé privé », a répondu le cabinet du maire.

    Les syndicats prévoient des rassemblements vendredi à Marseille et mercredi à Lyon et doivent être reçus par les ARS à cette occasion. Ils ont également rédigé des pétitions.

    Rassemblement devant l’ARS de Marseille, 132 bd de Paris, le 6 mars à 11h30.

  • [Entretien] Édouard Chaulet : « Je crois que les gens vont nous dire : “continuez !” »

    [Entretien] Édouard Chaulet : « Je crois que les gens vont nous dire : “continuez !” »

    La Marseillaise : Comment se déroule la campagne ?

    Édouard Chaulet : La campagne est l’occasion d’une réflexion globale sur la commune de Barjac qui est insérée dans un pays, dans un budget national, dans des problématiques nationales de dénatalité, de vieillissement de la population, de montée des violences, de coût de la vie… Nous voyons bien dans le local qu’il y a du global. Même si nous ne sommes pas le ministère de l’Agriculture ou de la Santé, nous essayons de répondre à ces problématiques en faisant baisser de 50% les impôts pour les agriculteurs par exemple, en achetant une production en bio dès qu’il y en a une, nous avons trouvé deux docteurs, ce qui est une chance formidable. Dans les domaines qui sont de notre compétence, nous faisons pour le mieux.

    Quels ont été les projets réalisés durant ce mandat ?

    E.C. : C’est un bilan extrêmement positif. Mes opposants disent que depuis 10 ans, nous aurions fléchi. C’est faux. Nous avons créé la Maison médicale, la salle d’évolution Anne Sylvestre avec le préau et la cour, des jeux pour les enfants, renforcé le réseau d’eau, réalisé des travaux de voirie pour 100 000 euros chaque année, créé un padel tennis et réalisé de nombreux travaux au cimetière, sur le rond-point d’entrée de la ville, sur l’assainissement… Nous avons aussi accueilli un maraîcher communal qui est à la fois fournisseur, pour notre cuisine centrale, de très bons produits et éducateur, puisque les enfants s’y rendent régulièrement avec leurs enseignants. On a d’ailleurs déjà remarqué une baisse du gaspillage.

    Quelles sont les grandes lignes de votre programme pour cette campagne ?

    E.C. : Nous avons prévu la création d’un foyer-logement d’une dizaine de logements pour les personnes âgées, où il y aurait des salles communes et un animateur, budgétisé à 1,3 million d’euros. Nous avons aussi trois équipes de foot dont une féminine, donc le terrain est surpiétiné. Nous voulons y installer une pelouse synthétique. Dans les projets incontournables, il faut aussi refaire le clocher et le toit de l’église. Nous allons essayer, avec la Fondation de France et des subventions, de bien étudier la question et de le financer. Nous avons également un projet de réhabilitation du centre ancien, ainsi qu’un projet de lotissement de six lots parce qu’on a remarqué qu’il y avait un petit phénomène de gentrification à Barjac et les prix deviennent inaccessibles pour les salariés moyens ou les ouvriers. Nous voudrions donc un lotissement municipal qui soit accessible à des jeunes ménages, ouvriers ou salariés à revenus modestes. On fait aussi attention à garder l’équilibre sur les logements sociaux. Mais aujourd’hui, les projets communaux vont lentement. Avant, en trois ans, on réglait un projet. Aujourd’hui, il faut un mandat puisqu’on attend des subventions, les aides, les études… Les normes sont plus compliquées.

    Pour la première fois depuis 20 ans, vous aurez une liste en face de vous. Comment l’appréhendez-vous ?

    E.C. : Mes opposants veulent le pouvoir à Barjac pour de la parade. Ils m’attaquent sur mon âge et disent qu’ils veulent me virer. Ce n’est pas très élégant. Je suis aussi le seul du territoire à assumer une étiquette politique et ça les dérange. Ça ne gêne pas mes amis et tous les Barjacois qui me connaissent. C’est même un label d’honnêteté d’être communiste. C’est un label d’engagement pour le bien public et de fraternité. J’ai l’impression que mes opposants font la politique du bouc émissaire. À Barjac, tout est la faute de la mairie. Mais les gens nous accordent d’avoir fait du bon travail et je crois qu’ils vont nous dire : « continuez ! ».

  • Une pharmacienne bannie de la profession à Marseille

    Une pharmacienne bannie de la profession à Marseille

    Une pharmacienne marseillaise a été condamnée, lundi, à 18 mois de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et à l’interdiction définitive d’exercer pour avoir « sciemment violé les règles de bonne dispensation édictées pour sa profession ». Entre 2021 et 2022, elle a abusivement délivré des psychotropes sans ordonnance. Sa pharmacie de la Blancarde écope d’une amende de 30 000 euros.

    En août 2022, un grossiste avait signalé des ventes excessives de Rivotril, un médicament détourné de son usage par les toxicomanes et qui alimente des trafics de rue. Lors du contrôle, des inspecteurs de l’Agence régionale de santé constataient de fortes ventes de Rivotril. De 3 729 commandes en 2020, l’officine était montée à 6 524 commandes en 2021 et il était relevé 4 802 commandes sur les six premiers mois de l’année 2022.

    Le Subutex, un médicament de substitution à l’héroïne, et la Pregabaline dite la « drogue du pauvre » – connaissaient eux aussi des hausses significatives de délivrance dans cette pharmacie à l’angle du boulevard de la Blancarde et de la rue du docteur Acquaviva (4e). Annie H., 60 ans, exerçait depuis trente ans. La pharmacienne, qui était à son compte depuis 2016, disait être consciente des risques de mésusage et d’intoxication de ces médicaments, mais réfutait avoir eu conscience qu’elle pouvait avoir alimenté un trafic. Elle disait avoir manqué de vigilance, mais aussi avoir pu subir l’insistance de certains toxicomanes, que les patients envoyaient régulièrement des médicaments « à leur famille au bled ›› sans que des ordonnances ne lui soient présentées.

    En réalité, l’augmentation très significative du nombre de commandes de Rivotril, Subutex et Lyrica sur trois années allait de pair avec l’augmentation du chiffre d’affaires de la pharmacie, qui passait de 500 000 euros de 2020 à 2021 pour atteindre 700 000 euros en 2021/2022 puis redescendre après le contrôle à 520 000 euros en 2022/2023 et 490 000 euros en 2024/2025. « Cette comparaison permet de comprendre que la dispensation massive et hors tout cadre réglementaire de substances assimilées stupéfiants a eu lieu dans un but lucratif », estime la 6e chambre correctionnelle, qui rappelle à la prévenue qui feignait de l’ignorer que « ces substances sont au cœur d’importants trafics, notamment à Marseille, qui ont des conséquences sanitaires et sociales graves. »

    Partie civile, le Conseil national de l’ordre des pharmaciens, qui a définitivement exclu sa consœur le 15 décembre 2025, se voit allouer 2 000 euros de préjudice moral.

  • Jean-Pierre Squillari face aux lecteurs à Aubagne

    Jean-Pierre Squillari face aux lecteurs à Aubagne

    URBANISME

    Marc Vergès : Depuis que le maire (LR) Gérard Gazay est élu, il y a une vague de constructions de villas pour gens fortunés, alors qu’on manque de logements notamment sociaux. Comment peut-on se battre contre cette bétonisation maximum ?

    Jean-Pierre Squillari : On va arrêter tout projet de bétonisation et on va faire un moratoire. Ensuite, nous allons créer une zone agricole protégée (ZAP), au niveau du triangle de l’autoroute, et renouveler la charte agricole. Pour les constructions anarchiques en pleine colline, on va instaurer un plan de prévention de risque d’incendie de forêt (PPRIF), qui a l’avantage de maîtriser la construction. Par exemple, quelqu’un peut construire une maison dans la colline, mais il faut que le chemin soit à la bonne largeur, qu’il y ait un point d’eau… On va donc protéger les fameuses zones menacées au Grand Pin Vert, Saint-Pierre-les-Aubagne, la Louve où il y a des projets faramineux pour bâtir des maisons sans tenir compte des accès par exemple. On va regarder ça. On va aussi sanctuariser les propriétés qui appartiennent à la commune. On ne va pas vendre les bijoux de famille. Par exemple, à côté de la caserne des pompiers, il y a des terrains communaux. On va faire très attention à ce qu’ils ne soient pas bradés. Ensuite, on va prioriser la rénovation, la réhabilitation pour les constructions. Il y a 1 500 logements vacants à Aubagne. Même s’il y a des problèmes d’héritage, d’usufruit, sur les 1 500 il y a quand même de quoi faire, surtout qu’on peut aller chercher des subventions pour aider les gens qui veulent rénover ces maisons. Et puis, en plus, ça donnera un cachet à Aubagne. Nous allons également désimperméabiliser les sols. Car l’eau qui ruisselle, elle va au point le plus bas, c’est-à-dire, chez nous, l’Huveaune. Alors je le dis, je le répète, cette année, l’année prochaine, dans dix, vingt, trente ans, l’Huveaune fera des dégâts. N’oubliez pas que l’Huveaune signifie « la dévastatrice ». Or les zones inondables sont de plus en plus bâties et c’est préoccupant surtout qu’il n’y a pas grand-chose comme moyen de secours préventif. Pour conclure, notre secret, notre envie, notre désir, c’est que les futures reconstructions qu’il y aura soient faites pour que les gens vivent bien.

    CENTRE-VILLE

    Hélène Trupiano : Quels sont vos projets pour le centre-ville et pour
    la propreté ?

    Jean-Pierre Squillari : Je veux simplement que le centre-ville, qui est le quartier de tous les Aubagnais, revive. Car tout le monde se retrouve au centre-ville. Le constat, c’est que les magasins ferment les uns après les autres. Je sais, ce n’est pas qu’à Aubagne. La rue Rastègue, vous ne l’avez pas connue, avait tant d’échoppes qu’il était impossible d’y passer avec le petit véhicule des pompiers… L’animation aubagnaise était réputée, il y avait par exemple des spectacles de rue gratuits, très suivis. Il y avait un cachet et ce cachet, on va essayer de le redonner à Aubagne. Comment ? D’abord en travaillant avec les instances commerciales. Une fois par mois, il y aura une super braderie festive. Les commerces vont bénéficier de tout cela, si on fait de l’animation, des spectacles. Avant, lorsque je parlais d’Aubagne à mes collègues, ils me disaient : « C’est une ville provençale avec son cachet ». Maintenant, les gens qui habitent à sa périphérie me disent : « On ne sait plus où se garer… Les magasins, on ne sait pas où ils sont. Et ce n’est pas très propre ». C’est ce qui m’a fait m’investir pour qu’Aubagne redevienne une ville où l’on aime venir.

    Michelle Dani : Dans le programme, il est question d’une halle au cœur de ville. Comment va-t-elle
    se matérialiser
     ?

    Jean-Pierre Squillari : C’est un projet phare. D’abord, on n’a pas encore arrêté définitivement l’emplacement de la halle. Pour déterminer où on va la faire, il va falloir avoir des concertations. On ne veut pas que la décision vienne d’en haut. Cette halle va profiter aux producteurs locaux. J’ai déjà vu des commerçants prêts à occuper un local dans la halle. Elle sera ouverte toute la journée. Elle va être conçue de manière à ce qu’on puisse y faire ses achats, mais comporter aussi des espaces de distraction, de formation. Par exemple, on fera venir un cuisinier, un potier etc. Cette halle va vivre. Et les commerçants aux alentours vont en bénéficier.

    TRANSPORTS

    Bruno Fischer : Je pense qu’il faut absolument conserver la gratuité des transports et si possible, arriver à l’étendre sur l’ensemble de la Métropole. Quelle est votre position à ce sujet ?

    Jean-Pierre Squillari : Sans ambiguïté, on maintient la gratuité. Il y a un élément important, c’est la Métropole Aix-Marseille. Il faut que la Métropole change au niveau politique, car c’est d’elle que vient le danger. Alors la spécificité aubagnaise, on connaît, on nous dit « c’est pas normal que les transports soient gratuits à Aubagne et les autres paient ». Nous, on dit, c’est pas normal que les autres paient. Si la taxe transport des Bouches-du-Rhône était égale à celle de la région parisienne, on aurait la possibilité de faire un transport gratuit dans tout le département des Bouches-du-Rhône. Cette taxe est prélevée sur les entreprises de plus de 11 salariés. Au sujet du développement des transports en voie douce, nous, on ne va pas peindre sur le trottoir un vélo pour dire c’est une piste cyclable. On va faire des pistes cyclables. Au centre-ville, on va réfléchir à une semi-piétonisation, mais on va également partir de la base, voir les commerçants, voir les habitants et leur demander ce qu’il faudrait faire.

    SANTé

    Edmond Laurenti : Comment peut-on intervenir pour que le nouvel hôpital ait un plateau technique tout à fait développé
    et non pas en recul comme cela se prépare
     ?

    Jean-Pierre Squillari : Nous sommes à 100% pour l’hôpital public. Ce ne sera pas l’hôpital d’Aubagne, mais du Pays d’Aubagne. On connaît tous les problèmes qu’il y a. On ne sait pas si les terrains ont été achetés encore. On connaît des problèmes de transport, de pollution sonore… On sera très attentif à maintenir un service de qualité à l’hôpital public. En ce qui concerne le futur hôpital, on refuse que ce soit simplement un déménagement. Je m’explique : Nous sommes favorables à un nouvel hôpital mais avec des structures beaucoup plus importantes que ce qu’il a. Il ne faut pas que cela soit un déménagement mais un changement.

    SOCIAL

    Edmond Laurenti : On a fêté les 100 ans l’année dernière de la Bourse du travail. Jusqu’en 2014, nos actions de permanences juridiques et consommateurs étaient reconnues mais ce n’est plus le cas depuis l’élection de M. Gazay. Quelle sera votre action vis-à-vis de cette Bourse ?

    Jean-Pierre Squillari : Gérard Gazay a abandonné toute aide à la Bourse du travail alors que c’est un service public qu’on peut considérer comme indispensable au monde des travailleurs. Avec nous, la Bourse du travail aura beaucoup plus de facilité à travailler dans ses locaux. On est conscient du problème.

    Bruno Fischer : J’ai vu dans le programme une idée qui me paraît assez intéressante, c’est le service municipal d’inhumation. Est-ce que vous pouvez nous en parler ?

    Jean-Pierre Squillari : Pour enterrer quelqu’un, cela coûte 4 000 euros. Là, nous souhaitons agir sur le pouvoir d’achat des gens avec ce service public.

    Sécurité

    Michelle Dani : Une commune ne peut pas tout, mais est-ce qu’elle peut quelque chose pour la sécurité ?

    Jean-Pierre Squillari : Elle peut déjà agir sur le renforcement du travail de prévention. Le narcotrafic c’est quelque chose de sérieux et de constant. Dans la commune, il faut que la police municipale et la police nationale soient complémentaires. La police municipale doit être une police de proximité. Il faut que les gens des quartiers connaissent les policiers. Alors on parle des caméras. Encore faut-il qu’elles fonctionnent. Moi je voudrais savoir combien d’affaires ont été réglées avec une caméra… Le budget pour 4 caméras équivaut à un salaire de policier municipal. Le maire sortant Gérard Gazay a un projet de 200 caméras… La police nationale doit, elle se concentrer sur les trafics. C’est son boulot. Contrairement à ce que dit monsieur Gazay, l’insécurité à Aubagne n’a pas diminué. Quant au commissariat, ça fait douze ans qu’un terrain est prévu pour le faire. Il n’y a rien de fait. C’est vrai que ce n’est pas de la responsabilité de la Ville. Celle-ci met à disposition le terrain, mais le maire d’une ville de 50 000 habitants, vice-président du conseil départemental, il peut quand même un peu secouer la manche du préfet pour lui demander de faire enfin un commissariat digne d’une ville comme Aubagne… Parce que l’endroit où sont les fonctionnaires de police, c’est vraiment scandaleux.

    Bruno Fischer : Pour moi, si on offre aux jeunes la possibilité
    de pouvoir s’occuper, une partie du trafic de drogue disparaîtra. Qu’en pensez-vous
     ?

    Jean-Pierre Squillari : Cet été, j’ai visité toutes les maisons de quartier. Tous leurs responsables m’ont informé que leur budget avait diminué à peu près de 60 à 70%. Alors qu’auparavant avec un bus ils pouvaient amener 45 gamins à la mer, à la neige, maintenant c’est 6… Les anciens nous disaient qu’avec ce même bus de 45 places, ils allaient même jusqu’à Andorre… C’est terminé. Les maisons de quartier, si elles ne sont pas démolies, comme celles de l’Olivette, elles sont réduites comme peau de chagrin. Je félicite ces responsables qui font le grand écart pour pouvoir animer ces maisons, c’est extraordinaire. Et quand les jeunes sont dans une maison de quartier, ils ne sont pas dans le quartier. Donc oui, il faut occuper le terrain, et puis peut-être qu’on arrivera un petit peu à intéresser les jeunes à autre chose.

    ÉDUCATION

    Roseline Brundu : Quel est votre projet par rapport aux écoles ?

    Jean-Pierre Squillari : Les écoles d’Aubagne ont été négligées par la mairie actuelle pendant longtemps, même si depuis que l’on approche de l’échéance municipale, il y a un léger sursaut que j’ai pu constater. Un des problèmes majeurs, c’était la propreté. Pendant des mois, on nous a dit qu’il n’y avait pas de problème, que ce n’était qu’une vue de l’esprit, que nous n’étions pas vraiment honnêtes, que les voisins, justement, disaient qu’il n’y avait pas de problème de propreté. La Ville essayait de diluer le problème. Et dernièrement, la musique a changé. On nous a dit qu’effectivement, peut-être, il y a eu un problème de propreté, mais qu’on allait le résoudre en sanctionnant l’entreprise. Je ne suis pas tout à fait convaincu qu’on ait réussi à le faire. Et ça, c’est un vrai problème. Il n’y a pas de raison que les enfants aillent dans des écoles qui sont sales, pas bien nettoyées, où il n’y a pas de papier toilette dans les WC. Ce n’est pas acceptable. Il y a vraiment un chantier qu’il faut résoudre.

    Roseline Brundu : Deux problèmes se sont posés de manière importante : la chaleur et le froid. Est-ce que vous avez un plan prévisionnel, surtout sur l’isolation thermique dans
    les écoles
     ?

    Jean-Pierre Squillari : Notre programme phare, c’est un vaste programme de rénovation de toutes les écoles. Nous avons six ans pour cela. On ne va pas faire ça en un mois. Une des premières choses que les parents nous disent, c’est qu’une fois les gamins sortis de l’école, ils ne savent pas où les amener pour s’amuser. Le peu de jardins publics qui y a, ils ne sont pas aménagés, les agrès sont vétustes, ils sont dangereux. On a des projets de grands parcs urbains pour les gamins. Ça fait partie également, d’après moi, du bien-être.

    Roseline Brundu : Pour les familles qui ont des difficultés à faire manger leurs enfants à la cantine, il n’y a plus de gratuité sauf erreur de ma part, et les familles trouvent le prix du repas élevé. Quelle sera votre réponse ?

    Jean-Pierre Squillari : On a repéré le problème pour les repas. Pendant très longtemps, nous avions une cantine centrale qui faisait travailler les agriculteurs aubagnais avec les circuits courts. Pour le prix du repas qui est élevé, on va voir avec la société délégataire. C’est le problème de la délégation de service public. Vous dites que les repas ne sont plus gratuits. Cela ne plaît pas à tout le monde, mais nous allons faire une expérimentation de petit-déjeuner gratuit à l’école.

    Roseline Brundu : Pour les transports, nous avons de plus en plus de mal nous aussi à organiser une sortie avec nos élèves parce que les prix ont explosé. Nous avons une dotation de 4 euros par enfant pour prendre un bus. Proposerez-vous quelque chose à ce sujet ?

    Jean-Pierre Squillari : Vous m’avez parlé de budget pour le matériel scolaire et pédagogique, en effet. Nous avons relevé pas mal de problèmes, on les connaît et on va se donner une base de travail pour améliorer la scolarité. On est conscient du problème des écoles. On sait que c’est cela va être un chantier énorme. Je ne sais pas si dans le temps de la mandature, six ans, on arrivera à rattraper tout le retard. Je voudrais dire également que nous allons créer un service de surveillance des travaux.

    François Gomez : Je fais partie d’une troupe de théâtre et il est difficile de trouver une salle pour répéter. Je pense que c’est valable aussi pour d’autres arts, et ça manque. Prendrez-vous ce problème en compte ?

    Jean-Pierre Squillari : On va commencer par là, le soutien à l’activité et à la création culturelle. Il y a quelques années, Aubagne était citée en exemple pour sa culture. Il y avait une Maison des jeunes et de la culture qui rayonnait dans la région. Le groupe IAM a commencé à Aubagne. Aujourd’hui, il y a la Distillerie qui vivote, il y a des locaux qui étaient prévus pour de la culture et sont toujours en sommeil. Avec le théâtre du Comoedia, on va travailler avec son directeur pour avoir une programmation intéressante. On veut rendre la culture populaire. Son budget à la Ville a été réduit comme peau de chagrin. Gaëlle Rodeville, directrice de production de cinéma, organisait un festival de cinéma sur Aubagne, qui marchait du feu de dieu. Et puis elle a été mise dehors, la Ville sous Gérard Gazay lui a supprimé une subvention, il a fallu qu’elle aille ailleurs. Elle est allée à Marseille et à Marseille son festival du film casse la baraque. Aubagne s’est privée de beaucoup de personnes qui avaient du talent. La Ville s’en est séparée parce qu’elles n’étaient pas dans les idées du responsable de la culture, qui est à la botte bien entendu de monsieur le maire. Là aussi, on a déjà rassemblé des gens de la culture. Nous allons faire un rassemblement encore plus grand de manière à repartir du bon pied.

    Marc Vergès : Comment les Aubagnais vont être informés pour être associés aux décisions ?

    Jean-Pierre Squillari : Il y a des outils pour que la démocratie s’exprime. Les conseils de quartier que nous avons actuellement cela ne va pas. Le maire actuel explique que tout est beau dans le meilleur des mondes et lorsqu’on pose des questions, il répond qu’il va régler le problème. Non, les conseils de quartier sont là pour faire remonter les problèmes mais aussi les propositions. Et c’est comme cela que nous concevons la démocratie.

    Bruno Fischer : Comment voyez-vous la façon de s’opposer au danger RN qui plane sur la ville pour ces municipales ?

    Jean-Pierre Squillari : Le danger du Rassemblement national est présent et il faut entendre la colère des gens sans la mépriser. Le RN sera peut-être présent au deuxième tour. Mais avec les alliances et les mésalliances, on ne sait plus trop bien où on va. On entend un jour madame Vassal [présidente du Département et de la Métropole, candidate de la droite et du centre aux municipales à Marseille, Ndlr] qui dit « je vais faire ami ami avec le RN », puis après on voit qu’elle se fait taper sur les doigts et puis deux semaines après, elle parle pratiquement de Pétain… C’est compliqué. Sur Aubagne, Madame Mélin [elle est députée RN de la 9e circonscription, Ndlr], on ne l’entend pratiquement jamais, même en campagne électorale. Elle commence très tard sa campagne, elle n’en a pas besoin. Mais nous, on peut lui demander des comptes, ce qu’elle a fait à Paris, les lois qu’elle vote ou celles qu’elle ne vote pas.

    Le RN surfe sur la nébulosité et sur le mécontentement. Donc à nous de dénoncer et d’expliquer ce qu’est le RN et qui est Madame Mélin. On a des exemples des lois qu’elle a votées au détriment des masses laborieuses. Elle a voté aussi contre l’augmentation des budgets des communes, et des pompiers. En revanche il faut éviter de faire des surenchères artificielles. Et le jour viendra où on pourra s’expliquer et il faudra qu’elle rende des comptes. Parce qu’on sera face à face. Et nous, on lui donnera des exemples concrets.

    Bruno Fischer : Pourquoi vous êtes-vous engagé dans cette campagne ? Vous avez envie de faire carrière ?

    Jean-Pierre Squillari : Je suis né à Aubagne. Très jeune, j’ai suivi mon père dans une fameuse campagne électorale. Et puis comme j’étais sapeur-pompier, je n’avais pas le droit d’être élu à la mairie. Lorsque je suis arrivé à la retraite, j’ai pu y prétendre. À l’âge que j’avais, je pensais avoir rangé les crampons, le casque et j’ai mis les bottes bien au chaud pour me consacrer à ma famille. En discutant avec deux de mes amis comme Maurice Marsiglia et Jean-Luc Dimitri, on s’est dit qu’il était impossible de laisser tomber notre ville. On a commencé à faire quelques réunions, au début nous étions 3, puis 5, 10 , 20… On était des citoyens et puis les partis politiques nous ont écoutés, ils ont trouvé que le projet était bon. Ils ont commencé à venir avec nous puis on a agrandi le cercle. Et puis je me suis déclaré, on en est là, mais je le dis, je le répète devant les journaux, je le dirai devant tout le monde, je ne ferai qu’une seule mandature. Je n’ai pas l’ambition de devenir député, sénateur ou autre chose. Je suis ici pour ma ville, pour éviter qu’elle tombe dans le chaos et pour que l’on redore le blason d’Aubagne. Une seule mandature pour ma ville.

    A retrouver lundi prochain : Benoît Payan face aux lecteurs à Marseille

    Nos lecteurs d’Aubagne

    Michelle Dani, retraitée de l’enseignement supérieur

    François Gomez, retraité engagé dans le social

    René Profizi, retraité membre d’une troupe de théâtre

    Roseline Brundu, directrice d’école

    Edmond Laurenti, retraité de la construction militant mutualiste

    Marc Vergès, retraité éducateur spécialisé

    Bruno Fischer, retraité

    Hélène Trupiano, nouvelle habitante d’Aubagne

  • Le CHU de Montpellier va implanter une antenne à la Mosson

    Le CHU de Montpellier va implanter une antenne à la Mosson

    « Si je suis réélu, ce projet fera l’objet de l’une de nos premières délibérations », promet Michaël Delafosse. Ce dernier a inscrit dans son programme de campagne l’implantation, en lieu et place de l’ancienne tour d’Assas, récemment détruite, d’une annexe du CHU de Montpellier. Un symbole fort dans un quartier populaire, La Mosson, en pleine mutation.

    « L’accès à la santé est un enjeu majeur », insiste le maire de Montpellier, notamment pour « une population dont on sait qu’elle est plus vulnérable », mais aussi dans une perspective plus globale de rééquilibrage de l’offre de soins à l’ouest de Montpellier, « pour Juvignac, pour Saint-Georges. Demain, avec le contournement ouest et le Lien, cette partie de la ville va être très accessible », poursuit-il.

    Initialement, c’est la clinique Clémentville qui était pressentie pour être transférée sur ce vaste terrain appartenant à la Ville. « Mais ils nous ont fait faux bond », résume Michaël Delafosse, qui a alors sollicité le CHU de Montpellier. Lequel a tout de suite adhéré à ce projet d’une antenne délocalisée à La Mosson. « C’est mettre du service public au cœur d’une entreprise de rénovation urbaine, comme on va continuer à le faire avec la piscine Neptune ou la rénovation du stade », insiste l’édile.

    « Co-construire avec les habitants »

    Du côté du CHU, on planche donc désormais sur le détail du projet. « On a là un territoire montpelliérain en pleine reconfiguration. Ça nous a semblé être un endroit opportun pour faire du aller-vers sur des thématiques et un projet médical qu’on est en train de construire avec les professionnels du CHU, mais qu’on souhaite également co-construire avec les habitants, pour coller au mieux à leurs besoins », explique Anne Ferrer, directrice du CHU de Montpellier. « On sait par exemple que des demandes ont été formalisées en termes de prévention des consommations addictives ou d’aide au sevrage, en matière de santé mentale aussi. On va donc solliciter des représentants d’associations ou des habitants qui ont envie de s’exprimer sur leur quartier », poursuit-elle.

    « L’idée est de proposer une offre de soins in situ et ce faisant, de pouvoir réinsérer dans un process de soins certains profils de patients. Je suis une militante de la santé publique, je trouve que c’est un bien précieux qu’il faut défendre et savoir adapter aux publics qui peuvent en être soit éloignés, soit écartés. Comme pour la Maison des femmes, je pense qu’on va répondre à un vrai besoin », considère Anne Ferrer.

    S’il faudra un certain temps, encore, pour que ce projet d’hôpital hors les murs soit entièrement ficelé, on en connaît déjà les bases. « On sera sur un plateau technique imagerie – biologie, on va faire des consultations, de l’hôpital de jour et de la prévention. L’idée serait de pouvoir offrir un accès à toutes les disciplines du CHU sur des plages où on prendrait rendez-vous, avec également des créneaux de soins non programmés pour ceux qui en auront besoin », livre la directrice.

  • Retour de Mars Bleu, mois du dépistage du cancer colorectal

    Retour de Mars Bleu, mois du dépistage du cancer colorectal

    Tout au long du mois de mars, le centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC) met sur le devant de la scène la nécessité de se tester au cancer colorectal. Un simple geste de 10 secondes à réaliser tous les 2 ans pour les hommes et femmes de plus de 50 ans. Pour cela, il suffit de réclamer le test en pharmacie ou auprès de son médecin traitant. Depuis 2015, le dépistage est simple. Il suffit de réaliser le prélèvement soi-même, remplir la fiche d’identification et déposer l’enveloppe dans les 24 heures dans une boîte aux lettres de la Poste.

    « Si je n’avais pas été têtu, j’aurais pu éviter toutes ces complications », témoigne Barlam Dyal touché par ce cancer il y a 7 ans. Chef d’entreprise, il recevait régulièrement des lettres à ce sujet ou des messages qui lui étaient directement adressés. Marathonien, il ne se sentait pas concerné : « Je ne savais même pas ce qu’est un dépistage », résume-t-il.

    Ce n’est que 3 ans après la première invitation qu’il saute le pas… et apprend avec stupéfaction la mauvaise nouvelle. Pour autant, comme 213 habitants des Bouches-du-Rhône, tous les ans, il entame son combat contre la maladie. Il ne se résigne pas et vainc le cancer, bien que celui-ci ait changé sa vie. Une étape complexe, qu’il a fini par surmonter, grâce notamment à l’association des anciens victimes du cancer colorectal. « Dans la pratique c’est autre chose, c’est difficile de s’adapter et de comprendre qu’on est malade. La solution c’est d’en parler de dialoguer », souligne-t-il en parlant de l’organisation.

    Communication, une arme contre le cancer

    La région sud est largement en retard sur le nombre de dépistage. Seulement 27% des personnes en âge de réaliser le test le font, contre 75% pour les Hollandais d’après le professeur Seitz. Un non-recours que Barlam Dyal s’explique par le manque de sensibilisation et « la fierté masculine des hommes ». C’est pourquoi il prône la nécessité d’une éducation populaire en entreprises et à l’université.

    Au-delà du dépistage, ce cancer rarement génétique est lié à l’hygiène de vie, notamment l’alimentation. Pour l’ancien chef d’entreprise, un enseignement diététique dès le plus jeune âge pourrait limiter les causes du deuxième cancer touchant le plus de Français.

    Les acteurs de la santé se coordonnent et se forment pour « créer des habitudes chez le professionnel de santé » d’après Florance Ferrera, pour faire connaître le test au public. En complément, l’assurance maladie mène une campagne de démarchage téléphonique pour les personnes éligibles au test.

    Leur objectif est clair : faire reculer le cancer en le détectant le plus tôt possible par un test régulier.

    Dans le Var

    Afin d’informer sur le dépistage et les facteurs de prévention du cancer colorectal et de permettre des échanges avec les équipes de santé et les partenaires institutionnels tels que la CPAM du Var, La Ligue contre le cancer., etc, les professionnels du Centre Hospitalier Intercommunal organisent des stands d’information durant Mars Bleu : le 4 mars – Centre commercial Mayol à Toulon à partir de 9h ; le 9 mars – Hôpital Sainte-Musse à Toulon à partir de 9h ; le 10 mars – Six-Fours de 9h30 à 17h ; le 18 mars – Centre commercial Mayol à Toulon à partir de 9h et le 20 mars – Hôpital George Sand à La Seyne-sur-Mer à partir de 9h.

  • À Montpellier, le seul centre de santé de Figuerolles menacé

    À Montpellier, le seul centre de santé de Figuerolles menacé

    Une présence vive et chaleureuse qui dit beaucoup sur ce que représente Human Santé pour ceux qui le connaissent. Installé à Figuerolles, quartier populaire du centre-ville sans aucun médecin libéral, le centre suit 1 350 patients. Hanadi et son fils Amro en font partie depuis 2020, orientés à l’époque par une assistante sociale. « Nous sommes restés pour les salariés, les médecins, l’ambiance, la bienveillance », dit-elle. Son fils parle de leur médecin Camille comme de « quelqu’un de la famille ». Le centre propose des soins primaires en tiers payant intégral, de la médiation en santé, un accompagnement social et des ateliers de prévention. C’est une offre globale, rare dans ce type de quartier. « Tout fonctionne en autogestion au sein d’une association loi 1901, où trois patients siègent au bureau aux côtés des neuf salariés. Les décisions se prennent en réseau, avec les professionnels et les patients », résume Helena Solé, présidente de l’association et patiente, qui parle d’une « médecine holistique » intégrant santé physique, mentale et situation sociale.

    Ce modèle est menacé. Fin janvier, le gouvernement a supprimé l’enveloppe nationale dédiée au dispositif SECPa, qui finance les structures de santé coordonnée et participative. C’est 14 millions d’euros au niveau national. Pour Human Santé, la coupe est sèche : « Le SECPa représente 51 % de notre chiffre d’affaires. Sans ce dispositif, l’équilibre est impossible », alerte Helena Solé. Le ministère évoque une intégration au nouveau label « France Santé », que la présidente juge bien trop floue. « Tous les centres sont aujourd’hui à l’équilibre financier, alors on se demande pourquoi on les ferme », s’interroge-t-elle. Face à la mobilisation depuis janvier, un sursis a été arraché jusqu’en octobre 2026 mais sans garantie sur la suite.

    « La santé, c’est un droit pas un luxe »

    Pour Amro, dont le petit frère est autiste, la coordination entre soignants est essentielle. « On n’arrive pas à imaginer qu’on va devoir partir », confie-t-il. Sa mère tranche pour elle « Le tiers payant intégral, ce n’est pas la question principale. Ce qui compte, c’est le traitement médical et humain. » Une habitante du quartier résume : « Je trouve ça inadmissible qu’on lésine sur la santé. C’est un droit premier, pas un luxe. »

  • La fermeture nocturne des urgences inquiète dans les Alpes-de-Haute-Provence

    La fermeture nocturne des urgences inquiète dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Les urgences sont un service vital pour la population, en particulier dans nos zones rurales où l’accès aux soins est déjà difficile. » Une pétition, relayée sur les réseaux sociaux, rassemble plus de 7 000 signatures contre la fermeture ou la réduction des horaires d’ouverture des services d’urgence du département. Cela « met en danger la vie des habitants, allonge les temps de prise en charge et crée une inégalité flagrante d’accès aux soins », avancent les auteurs de la pétition.

    à Manosque, Digne-les-Bains et Sisteron, les urgences sont régulièrement fermées la nuit, à partir de 18h30, et les patients doivent alors passer par le 15, qui régule les appels. « Le recours au 15 est vécu par beaucoup comme une entrave voire un tri pour l’accès aux soins. Cela permet également d’accompagner des mesures d’économies, sans mettre en place de véritables solutions de fond. »

    « Beaucoup renoncent

    aux soins »

    Les 7 000 signataires demandent une ouverture des trois services d’urgences du département 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ainsi qu’un renforcement des effectifs et la fin de la « discrimination géographique ». « Notre santé ne doit pas être une variable d’ajustement budgétaire », clament aussi les auteurs de la pétition. Les hôpitaux du département manquent souvent de médecins urgentistes.

    « La fermeture des urgences est une grosse problématique dans le département depuis des années », explique Cédric Volait, responsable de la CGT Santé 04. « Il est déjà arrivé que les trois services d’urgences du département soient fermés la nuit », déplore-t-il. Il ajoute : « La population ne comprend plus rien, on ne sait pas quand c’est ouvert ou fermé, beaucoup de gens renoncent aux soins et prennent leur mal en patience. »

    « Le 15 envoie parfois les patients vers d’autres départements, à Aix ou à Pertuis, qui sont souvent saturés. Il est arrivé que des patients aillent à Aix, qui n’avait plus de place et les renvoyait vers Marseille ou Toulon », regrette Cédric Volait, qui travaille à l’hôpital de Manosque. « Depuis avril 2023, les urgences sont fermées quasiment toutes les nuits à Manosque, faute de médecins urgentistes », précise-t-il. Le syndicat demande que tous les médecins fassent des gardes, , actuellement basées sur le volontariat.

  • À Marseille, les insoumis font de la santé un enjeu majeur

    À Marseille, les insoumis font de la santé un enjeu majeur

    Marseille est une ville fracturée, l’une des plus ségréguée de France. Cela génère de fortes inégalités en matière d’accès aux soins », a souligné, vendredi, Sébastien Barles (collectif Vaï), 3e sur la liste « Marseille fière et populaire », menée par Sébastien Delogu (LFI). C’est à partir de ce constat que les insoumis assurent avoir construit le volet santé de leur programme, englobant la question de l’accès au soin, de la santé mentale et de la santé environnementale.

    Premier levier envisagé : protéger l’hôpital public en politisant la fonction de président du conseil de surveillance de l’AP-HM (Assistance publique-Hôpitaux de Marseille), assurée par le maire ou l’un ses adjoints. « Il ne s’agit pas d’un poste honorifique, mais bien d’une fonction éminemment politique, note Maxime Champion, 15e sur la liste insoumise. Ce qui implique de travailler en étroite collaboration avec les syndicats et associations de personnels et de patients, pour refuser et combattre les effets du PLFSS [projet de loi de financement de la Sécurité sociale], dont nous ne pouvons pas nier les conséquences au niveau local ».

    Soins de proximité

    Au-delà de l’hôpital public, qui demeure en dehors des compétences de la mairie, les insoumis espèrent aussi améliorer l’accès au soin par le soutien à la création d’une halte soin addiction à Belsunce (1er), plus communément appelé « salle de shoot ». Un projet récemment revenu dans les débats des municipales marseillaises, rejeté par les listes de droite et d’extrême droite et en discussion du côté du Printemps Marseillais.

    Les insoumis espèrent aussi créer des caravanes sanitaires mobiles, développer des centres de santé municipaux, mais aussi soutenir les centres de santé participative (Secpa) comme celui de Château en Santé (15e) et Mareposa (14e). « Ces structures proposent une prise en charge globale, qui considère les conditions de vie de la personne, ce qui répond parfaitement à notre conception : la santé ne se réduit pas aux soins et est corrélée à l’environnement de la personne », a mis en avant Anne-Marie Delaubier, 32e sur la liste.

    à propos de la santé mentale, Lisa Soncin, psychologue et 38e sur la liste, souligne aussi les inégalités d’accès, pointant le manque de dotations des quartiers prioritaires, où se trouve une population « plus exposée à tout ce qui peut impacter le psychique ». Un point que les colistiers de Sébastien Delogu (LFI) espèrent compenser notamment grâce à un soutien accentué aux Centres médico-psychologiques (CMP).