Tag: Santé

  • Une écoute téléphonique au chevet des étudiants d’Aix-Marseille

    Une écoute téléphonique au chevet des étudiants d’Aix-Marseille

    À partir de 21h et jusqu’à 2h30, deux à trois bénévoles rejoignent ce que l’équipe appelle « la brigade de nuit ». L’antenne de l’association de prévention des risques de santé mentale Nightline a ouvert il y a 8 mois à Marseille. Cette ligne d’écoute, gérée par des étudiants bénévoles formés et accompagnés, couvre les besoins de tous les étudiants de l’académie d’Aix-Marseille. Elle répond à un réel besoin, « avec un pic lors des partiels », souligne Vincent Biarneix, responsable de l’association.

    « Rendre accessibles ces outils à tous les jeunes »

    Les thématiques récurrentes sont en premier lieu les ruptures amoureuses, suivies par la solitude et l’isolement. Sur le premier trimestre 2026, l’association a reçu 600 appels. « On aimerait recruter davantage de personnes pour pouvoir faire face aux besoins », partage Yanis* le président-bénévole de l’antenne.

    Au-delà des appels, des ateliers de sensibilisation et de prévention sont organisés par les bénévoles, services civiques et salariés, soit une petite équipe de moins de 30 personnes. Ils se rendent dans les lycées, les universités et les missions locales pour « parler de santé mentale, la déstigmatiser, libérer la parole dans l’optique de rendre accessibles tous nos outils aux jeunes de France », indique Julie Pierre-François, déléguée territoriale de Nightline Aix-Marseille.

  • Grève massive au centre hospitalier d’Allauch

    Grève massive au centre hospitalier d’Allauch

    « On souhaite une direction à plein temps, on veut continuer à exister pleinement et se développer », le secrétaire général de FO du centre hospitalier d’Allauch, Antony Collu, ne cache pas son énervement, ce mardi. En cause ? Des problématiques de gouvernance à répétition selon lui. « On a subi une direction, qui était commune avec l’hôpital d’Aubagne, pendant 2 ans. Ça s’est très mal passé », entame-t-il. Avant de rentrer dans le vif du sujet : « Cette direction prend fin le 1er juin, mais on a reçu une note, la semaine dernière, nous annonçant une nouvelle direction par intérim puisque le directeur est également dirigeant du centre gérontologique de Montolivet. » De quoi illustrer, pour son organisation, le manque d’attention des autorités de santé pour l’établissement allaudien et « un manque de transparence ». D’où un mouvement de grève « massif », ce mardi. « Il y avait plus de 200 agents mobilisés, c’était inédit », poursuit Antony Collu.

    Son organisation revendique « le développement » du centre, alors qu’ils craignent des baisses de moyens potentiellement à venir du fait de cette direction « commune avec l’AP-HM ». « On redoute des suppressions de postes et des fermetures de lits. Il y a déjà eu un projet de délocalisation de notre service addictologie, on veut pas que ça se reproduise », assure le syndicaliste. Notons que plusieurs élus locaux, dont le maire Lionel De Cala (LR) ou encore l’élu d’opposition communiste Frédéric Dutoit étaient présents en soutien aux grévistes.

  • Cancer et travail de nuit : l’hôpital fait appel

    Cancer et travail de nuit : l’hôpital fait appel

    C’était une « décision de justice historique » pour Sylvie Pioli. Cette infirmière a travaillé 25 ans de nuit à l’hôpital de Martigues jusqu’à développer un cancer du sein en 2014, reconnu lié au travail de nuit par la décision du tribunal administratif de Marseille du 3 mars (notre édition du 6 mars). Mais le 30 avril, l’ancienne infirmière reçoit un courrier des ressources humaines de l’hôpital, que La Marseillaise a pu consulter, faisant état de la décision du centre hospitalier de Martigues de faire appel.

    « C’est avec une immense incompréhension que je vois cette reconnaissance contestée », indique Sylvie Pioli, jointe mercredi 20 mai. « J’ai consacré ma vie à soigner les autres pendant 35 ans jusqu’à tomber malade à mon tour. Mais ce combat dépasse mon histoire personnelle. Il concerne toutes les femmes qui travaillent de nuit dans des conditions éprouvantes », rappelle l’ex-infirmière.

    « Garantir la sécurité juridique de l’hôpital »

    Sollicité par La Marseillaise sur les raisons de cet appel, l’hôpital de Martigues n’a pas souhaité commenter la décision du tribunal administratif dans sa réponse du vendredi 22 mai. Parlant de « l’éventualité d’un appel » alors qu’il a déjà été notifié, « l’établissement n’a pas vocation à commenter ni à divulguer sa stratégie juridique. Notre rôle demeure d’appliquer les textes, d’accompagner les agents et de garantir la sécurité juridique de l’hôpital. » En même temps, l’hôpital de Martigues affirme que « la maladie est une réalité qui est prise en considération avec la plus grande attention. Toutes nos pensées vont à la professionnelle ainsi qu’à ses proches. » Un double discours assumé qui n’entame pas la « détermination » de l’infirmière « pour que toutes les femmes concernées soient enfin entendues et respectées ».

  • [Rue de la République] Anthony Gonçalves : « La mutuelle communale est une de nos toutes premières priorités »

    [Rue de la République] Anthony Gonçalves : « La mutuelle communale est une de nos toutes premières priorités »

    La responsabilité de la santé

    Didier Gesualdi : M. le professeur de médecine, j’imagine que vous vous sentez parfaitement à votre place en tant qu’adjoint à la Santé ?

    C’est un peu plus simple pour moi parce que j’ai un petit passé dans le domaine, mais je considère que la Santé, ce n’est pas la propriété des médecins et même qu’elle doit échapper au contrôle des professionnels pour devenir un sujet de la société tout entière. C’est une question générale, transversale, qui concerne les professionnels de santé, les malades, les aidants, les usagers… Évidemment, je suis à l’aise dans cette mission-là.

    Didier Gesualdi : On va rappeler que vous avez une spécialité en cancérologie de haut niveau. Ne soyez pas modeste.

    Je suis oncologue médical. Je travaille sur de nouveaux médicaments, de nouvelles stratégies pour traiter les maladies graves, mais je sais aussi combien la médecine de proximité, celle qui permet la prévention, l’éducation, le dépistage, est fondamentale car, vous savez, il y a quelque chose de mieux que de traiter un cancer, c’est de ne pas en avoir un en ayant mis en œuvre les moyens de prévention appropriés.

    Léo Purguette : Vous dites que la santé n’est pas la propriété des médecins, mais il y en a une, Michèle Rubirola, qui a fait part de ses états d’âme sur les réseaux sociaux car elle tenait à cette délégation. Vous en avez parlé ensemble ?

    Oui, on en a parlé ensemble. Je trouve que c’est une réaction humaine. Michèle Rubirola est un acteur majeur de la campagne précédente et de celle-ci. Elle a joué un rôle majeur dans le bilan qui est extrêmement positif de la mandature précédente. Qu’elle ait un peu de vague à l’âme au moment de partager cette mission, qu’elle ne va pas complètement abandonner puisqu’elle va continuer à jouer un rôle important, je le comprends. Vous savez, je ne m’estime pas propriétaire d’une quelconque délégation, je suis là pour servir, je sais que c’est aussi sa vision. On travaillera ensemble. Comment se priver du talent, de l’investissement, du relationnel qu’elle a construit depuis tant d’années au service des Marseillaises et des Marseillais ? Il n’y aura aucun problème entre elle et moi.

    La feuille de route

    Didier Gesualdi : Comment allez-vous réduire la fracture sanitaire qui existe à Marseille ? Quelle est votre feuille de route ?

    La question de la Santé a été un axe important du programme et c’est, par ailleurs, un des points sur lequel les communistes ont avancé des propositions au moment de la production collective de ce programme. C’est pour nous une thématique importante. Ce n’est sans doute pas seulement parce que je suis médecin qu’on me confie cette responsabilité. Vous avez raison, il y a de profondes inégalités d’accès aux soins. Des inégalités sociales, territoriales… C’est un enjeu très fort de les faire reculer dans cette ville comme nous souhaitons un jour pouvoir les faire reculer à l’échelle du pays. Il me paraît important de rappeler que la municipalité n’a pas tous les pouvoirs en matière de Santé. Ce n’est pas une compétence obligatoire, mais le résultat d’une politique volontariste. Il faut reconnaître que, jusqu’à la précédente mandature, on n’avait pas fait beaucoup dans l’histoire récente à Marseille en dehors de quelques éléments forts : le centre de vaccination international et une politique de prévention du VIH impulsée par Jean-François Mattei. Depuis l’arrivée du Printemps marseillais, énormément de choses se sont faites : accès aux soins, sport et santé, vaccination, l’approche globale « une santé », « one health » comme disent les Anglo-Saxons… Cette feuille de route sur laquelle vous m’interrogez, on est en train de la construire. J’ai reçu cette délégation il y a quatre semaines, on est dans une phase d’échanges, on rencontre les principaux acteurs du domaine.

    Les centres de santé

    Didier Gesualdi : Quels choix caractérisent une politique de santé de gauche ?

    Un choix de gauche, c’est par exemple de répondre aux déserts médicaux par une politique qui va favoriser les structures d’exercice collectif de la médecine. Je pense aux centres de santé, qui ont reçu le soutien affirmé de la majorité durant la précédente mandature. La bastide Massenet dans le 14e par exemple, cette structure est lancée, on doit en terminer l’accouchement, on est en train de rénover la bastide, c’est un très fort investissement de la Ville. C’est un des exemples que l’on imagine comme solution aux déserts médicaux : une médecine de proximité, sociale, avec des médecins salariés qui – évidemment – ne pratiquent pas de dépassements d’honoraires. Il y a le tiers payant, un accès à la prévention, à la médiation en santé, avec tout ce qui peut aller chercher les publics les plus éloignés de l’accès aux soins, les personnes les plus vulnérables, les plus fragiles.

    Léo Purguette : C’est duplicable dans tous les déserts médicaux urbains que sont devenus les quartiers populaires ?

    Il faut absolument le faire. Installer des centres de santé, des structures collective avec des modèles variables. Il y a le modèle où l’AP-HM déploie une équipe au contact de la population et la Ville peut aider sur le foncier ou un certain nombre d’équipements. C’est en train de se réaliser rue de Rome, nous allons le faire accoucher aussi rue de Lyon. Il peut y avoir d’autres modèles, impliquant d’autres acteurs avec la même mission.

    Les addictions

    Léo Purguette : On constate une hausse de la toxicomanie et donc la nécessité d’une réponse publique. Passe-t-elle par une halte soins addictions ? Elle n’a pas été possible pendant le premier mandat. Quelle est votre position ?

    Il y a une vraie question liée à une augmentation des consommations de plus en plus inquiétante. Ce que nous disent toutes les associations, c’est que ces consommations s’étendent et prennent un caractère particulièrement inquiétant. On voit arriver le crack. On est face à une problématique de santé publique qui doit être traitée comme telle, sans passer par des totems sémantiques comme « salle de shoot » ou je ne sais trop quoi. Nous avons besoin d’une stratégie de réduction des risques, une approche globale, coordonnée avec tous les acteurs : AP-HM, État, ARS, associations, Métropole… La peur qui est en train de monter chez les Marseillais, c’est qu’on ne fasse rien et qu’on voit se multiplier des scènes de consommation hallucinante à côté de leur lieu de vie avec des personnes en détresse. Nous sommes prêts à trouver des solutions dépassionnées.

    La mutuelle municipale

    Léo Purguette : À quelle échéance la proposition d’une mutuelle municipale, qui a été portée dans la campagne, va-t-elle être réalisée ?

    On va aller vite. C’est une des priorités du début de mandat. Vous savez, moi, je suis communiste et pour nous, le modèle, c’est la Sécurité sociale à 100%. La nécessité de mutuelles prend sa source dans l’observation de la réalité : le 100% Sécu n’existe pas.

    Léo Purguette : Ce sont d’ailleurs des Résistants communistes qui ont fondé des mutuelles dans ce département.

    On a une grande histoire dans le mouvement mutualiste, nous avons été des acteurs décisifs dans les Bouches-du-Rhône. On veut poursuivre dans cette direction. La mutuelle communale, c’est un moyen pour les personnes qui ne rentrent pas dans la couverture solidaire santé, d’être protégées. Les Marseillaises et Marseillais pourraient bénéficier de tarifs avantageux grâce à la capacité de négociation de la Ville, avec un panier de soins qui pourrait être élargi à la question de la prévention, de la santé mentale… Quelque chose de très innovant.

    Le système de santé

    Didier Gesualdi : L’hôpital public est en souffrance, les personnels ont-ils raison de dénoncer un manque de moyens après la crise Covid ?

    Bien sûr. Il y a une crise l’hôpital. Avec nos moyens, à la Ville de Marseille, nous ferons tout pour défendre l’hôpital public. C’est un élément important de l’investissement de la Ville : la rénovation des hôpitaux de Marseille. Il faut défendre les soignants. Je rencontrais, il y a peu de temps, les acteurs des hôpitaux publics psychiatriques qui sont dans une très grande détresse et qui font tenir sur leurs épaules une situation extrêmement compliquée avec des difficultés de rétention des personnels, de formation des psychiatres…

    Didier Gesualdi : Pour autant, on ne peut pas dire que le sujet soit au centre du débat public…

    On ne peut que le regretter. Évidemment, quand on voit ce qui se passe au niveau national, les annonces de mesures toujours plus austéritaires, les contraintes budgétaires déferler sur les services publics et en particulier celui de la Santé, on ne peut être qu’inquiet. Je pense qu’en effet, ce n’est pas une compétence régalienne de la Ville et donc que beaucoup se jouera dans le changement d’orientation nationale que nous souhaitons pour l’année prochaine.

    Léo Purguette : On pourrait croire que la Santé est un sujet consensuel or, vous avez récemment attaqué les députés RN sur un vote à l’Assemblée nationale. Que s’est-il passé ?

    Ce n’est pas la première fois que le RN fait croire qu’il défend les intérêts des plus défavorisés et qu’il vote l’inverse à l’Assemblée. Il y avait une proposition de loi terriblement consensuelle : un député, socialiste je crois, a proposé qu’on prenne 0,1% du chiffre d’affaires de l’industrie pharmaceutique pour aller aider les petites boîtes émergentes qui développent des projets de recherche et des molécules innovantes en matière d’oncologie pédiatrique. Les logiques commerciales de développement des médicaments défavorisent les traitements des cancers qui touchent les enfants parce que le marché est petit. On a eu la « surprise » de voir que ceux qui ont voté contre, c’étaient les députés RN, considérant sans doute qu’on taxait trop cette pauvre industrie pharmaceutique. Une preuve supplémentaire de l’hypocrisie de ce parti.

    Léo Purguette : Des chiffres inquiétants sur la santé mentale des jeunes sont régulièrement publiés. Comment prenez-vous en compte le problème ?

    Nous avons des projets en cours de repérage précoces des signes de souffrance psychologique des jeunes qui, en effet, depuis le covid, ont été perturbés dans leur développement. Il y a besoin de former les personnels à la détection précoce pour orienter rapidement vers les approches permettant de les aider.

    La vaccination

    Didier Gesualdi : Marseille et les Bouches-du-Rhône ont un taux de vaccination assez bas. Comment inverser la tendance ?

    En effet, on est un peu en retard. Il y a des raisons, il y a des freins. Quand on regarde les facteurs qui déterminent les inégalités vaccinales, on se rend compte qu’on se vaccine d’autant plus qu’on évolue dans un milieu socio-économique favorable. Pour moi, la vaccination, c’est une question de classe. Vous savez, ceux qu’on appelle les « antivax » complotistes, c’est très marginal. J’estime que l’essentiel tient à une difficulté de discussion. La vaccination passe beaucoup mieux quand on a une discussion rationnelle, avec une prise en compte des inquiétudes dans un cabinet médical. Mais, c’est vrai qu’il y a une ambiance défavorable. On a aux États-Unis un ministre anti-science et antivax. On a des adversaires importants à combattre si on veut faire avancer la prévention vaccinale.

    La question des lecteurs

    Bonjour, est-ce qu’il existe un vaccin contrel’hantavirus ?

    Non, il n’y a pas de vaccin, pas de traitement pour l’hantavirus comme pour la plupart des maladies virales. Ce n’est pas une maladie émergente que l’on ne connaît pas. C’est une souche de virus qui est déjà connue, qui a déjà donné des petits foyers épidémiques en Argentine. Elle a eu la particularité d’atterrir sur un bateau de croisière. Cela a évidemment provoqué une inquiétude sur un risque de dissémination internationale. À l’heure où nous nous parlons, les choses ont l’air d’avoir été prises en charge de manière correcte et le foyer semble circonscrit. Mais cela pose des questions : sommes-nous prêts à encaisser d’autres épisodes épidémiques, voire des pandémies ? Est-ce que notre hôpital est guéri par rapport à ce qu’il était avant le Covid ? Est-ce que notre capacité à mailler la population, à aller vers les populations éloignées des soins, a augmenté ? J’ai tendance à dire que non. On a des questions importantes qui se posent à nous en France. Et, sur le plan international, est-ce que le vent réactionnaire, anti-science, qui souffle sur les États-Unis d’Amérique n’est pas une menace extrêmement importante pour le développement de nouveaux vaccins, de nouveaux traitements ? Ils se sont retirés de l’Organisation mondiale de la Santé avec tous les problèmes que cela pose en matière de coopération. Quand un foyer épidémique surgit, il n’y a pas de frontières pour l’arrêter. Il faut que les médecins coopèrent. Avec Trump ça sera difficile.

  • Urologie : le CHU de Nîmes à la pointe

    Urologie : le CHU de Nîmes à la pointe

    À l’heure où l’hôpital public se débat trop souvent avec le manque de moyens, le CHU de Nîmes rappelle aussi ce qu’il peut produire de meilleur : du soin, de la recherche et de l’innovation au service direct des patients. Dans le domaine du cancer du rein, le service d’urologie de Carémeau vient de s’imposer comme le premier centre français en nombre de nouvelles inclusions chirurgicales dans le réseau UroCCR, référence nationale de la recherche clinique sur cette pathologie.

    En mars 2026, seize nouveaux patients ont été intégrés à ce réseau médico-scientifique, qui fédère plus de 60 centres hospitaliers, cliniques et centres de lutte contre le cancer. Derrière ce chiffre, il ne s’agit pas d’une simple performance comptable. Chaque inclusion permet d’alimenter une base nationale de données de santé, d’affiner les connaissances sur les tumeurs rénales et de faire progresser les prises en charge. « L’objectif est de transformer les données recueillies en progrès concrets pour les patients », résume le CHU de Nîmes. La recherche clinique ne reste pas cantonnée aux laboratoires : elle entre dans les blocs, les consultations et les parcours de soins.

    Membre actif du réseau UroCCR depuis 2021, le service d’urologie nîmois s’est hissé parmi les centres les plus dynamiques du pays, régulièrement classé dans le top 5 national. Cette première place vient couronner une progression continue : plus de 500 patients inclus, 13 publications scientifiques internationales et cinq études multicentriques en cours, dont deux prospectives. Deux études nationales sont actuellement ouvertes aux patients, parmi lesquelles l’évaluation d’une application connectée destinée au suivi post-opératoire après chirurgie rénale.

    Des données pour soigner mieux

    « Être le premier centre français en inclusions UroCCR témoigne de l’engagement quotidien de notre équipe. Pour nos patients, ce classement garantit une prise en charge à la pointe de l’innovation : chaque donnée recueillie affine la précision chirurgicale et prépare les traitements de demain », soulignent le Dr Alexis Fontenil, chirurgien urologue et responsable local UroCCR, et le Pr Stéphane Droupy, chef du service d’urologie.

    Cette dynamique s’appuie aussi sur des moyens techniques. L’acquisition d’un second robot chirurgical Da Vinci a permis au CHU d’accroître son activité en chirurgie mini-invasive. L’établissement entend désormais développer la chirurgie ambulatoire et la modélisation 3D des tumeurs du rein, afin d’améliorer la précision des gestes et la récupération des patients. Pour les malades du Gard et d’Occitanie, l’enjeu est concret : accéder, près de chez eux, à des prises en charge longtemps associées aux plus grands pôles hospitaliers nationaux.

    Dans un CHU qui réunit près de 7 000 professionnels, cette réussite rappelle combien l’hôpital public demeure un outil essentiel de progrès médical, à condition d’être soutenu. À Nîmes, la médecine de précision n’est pas un slogan réservé aux grands centres universitaires. Elle se construit au quotidien, avec des équipes, des patients, des données partagées et une ambition claire : mieux soigner aujourd’hui, tout en préparant les traitements de demain. Une démonstration utile, à l’heure où la défense de l’hôpital public passe aussi par la reconnaissance de sa capacité à innover.

  • L’ARS Occitanie change de tête mais garde le cap

    L’ARS Occitanie change de tête mais garde le cap

    La valse des hauts fonctionnaires a bien plus de trois temps : François Mengin Lecreulx, ancien directeur général de l’ARS Normandie, passé par le cabinet de la ministre du Travail en 2024, vient d’être nommé directeur général de l’ARS Occitanie. L’énarque a pris ses fonctions le 27 avril, succédant à Didier Jaffre, qui a été promu de son côté directeur de cabinet de la ministre déléguée chargée de l’autonomie et des personnes handicapées. Pour sa première conférence de presse tenue le 6 mai, François Mengin Lecreulx s’est montré soucieux de maintenir et renforcer une relation de proximité avec les acteurs locaux, notamment les maires ou les présidents de conseils départementaux, « les ARS étant souvent critiquées pour leur éloignement des territoires ».

    Renforcer l’offre de soins

    Le nouveau directeur a ensuite listé ses priorités, tout en veillant à s’inscrire dans la continuité de son prédécesseur, notamment en reprenant « son ambition forte de recueillir la parole citoyenne », ou en poursuivant « les démarches déjà en cours pour rapprocher l’offre ambulatoire des besoins de la population à travers le réseau France Santé ». Concernant l’offre hospitalière, le haut fonctionnaire a également réaffirmé l’urgence prioritaire de finaliser les hôpitaux de Tarbes-Lourdes, Montauban, et Millau-Saint-Affrique, sous peine de perdre les crédits du Ségur de la Santé. « L’enjeu majeur de l’hôpital, c’est l’organisation de l’offre sur le territoire, a-t-il rappelé. Il faut donc investir aussi sur l’attractivité de la ressource médicale pour les jeunes praticiens hospitaliers, notamment à travers le soutien à l’innovation. » Autrement dit, continuer à développer l’intelligence artificielle au service de l’hôpital. François Mengin Lecreulx a aussi affirmé qu’une stratégie régionale de lutte contre le cancer serait dévoilée en juin : « Un travail formidable a été engagé ces dernières années, notamment en imagerie complexe. Il faut maintenant faire vivre cette infrastructure et l’amener aux publics les plus éloignés des parcours de soins. »

  • Un atelier artistique pour les patients de l’Établissement de Psychiatrie du Var

    Un atelier artistique pour les patients de l’Établissement de Psychiatrie du Var

    Depuis lundi, dans les jardins de l’Établissement de psychiatrie du Var, on peint, danse, crée, dans le cadre d’un atelier artistique proposé par Châteauvallon et la compagnie Artmacadam. Intitulé « Invente ton Nid », ce projet porté par l’Agence régionale de santé (ARS) et la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) invite des patients en psychiatrie, âgés pour la plupart de plus de 65 ans, à « concevoir leur nid, où ils peuvent rêver et s’envoler, ce qui a du sens en ces lieux », décrit Hélène Charles, coordinatrice artistique d’Artmacadam.

    Une restitution vendredi

    Les prémices de ces ateliers remontent à février : « On est venu dans leur lieu de vie pour les introduire au sujet. On a récolté beaucoup d’informations, on les a fait parler, danser… Il était important de les libérer », évoque Hélène Charles. Depuis lundi, les participants travaillent autour de réalisations évoquant le nid. « Ça peut être des nids de mots, de mouvement… On a utilisé trois médiums : la musique, la danse, les arts plastiques. En imaginant la sécurité, l’amour d’un nid à travers le mouvement du corps, en donnant des musiques, des sons qui les apaisent… C’est un projet polymorphe », décrit l’artiste.

    Pour Michelle, l’une des patientes, c’est une renaissance : « Quand je suis rentrée à l’hôpital, j’ai cru que ma vie était finie. Je me suis réveillée il y a une semaine. J’ai vécu cela tellement fort. Avec les personnes du groupe, on ne se parlait pas. Maintenant, on fait connaissance, c’est une merveille. » « On leur apporte du rêve, un rôle et ça leur donne confiance », s’émeut Hélène Charles.

    Une restitution ouverte au public, réalisée par les membres d’Artmacadam, aura lieu vendredi à 15h dans les jardins du centre hospitalier de Pierrefeu. « Ce sera une rencontre, pas un spectacle. Ça permet d’ouvrir le monde psychiatrique par le biais de l’art et de faire tomber les préjugés. Les patients nous ont fait plein de cadeaux, on va essayer de les restituer au mieux », appuie la coordinatrice artistique.

  • [Entretien] Yannick Monnet : « Une triple peine pour les femmes victimes d’un cancer du sein »

    [Entretien] Yannick Monnet : « Une triple peine pour les femmes victimes d’un cancer du sein »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui vous a motivé à porter cette proposition de loi sur le remboursement des soins
    de support pour les patientes atteintes d’un cancer du sein ?

    Yannick Monnet : Une femme victime de cette maladie avait sollicité Fabien Roussel [secrétaire national du PCF, Ndlr] et moi-même, à deux moments différents. Elle nous avait expliqué qu’en plus de ses traitements contre le cancer, elle devait acheter des pommades et du vernis à ongles spécifiques. Ces dépenses, considérées comme soins de support, s’élèvent en moyenne 2 000 euros et ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. Tout comme les dépassements d’honoraires, les prothèses capillaires et les implants mammaires. Pourtant, ces soins ont été reconnus comme essentiels à la guérison physique, mais aussi psychologique des patientes. Nous avons rencontré des acteurs qui suivent ces femmes, comme chez moi l’association Accanthe, qui financent des espaces d’accompagnements thérapeutiques pour les victimes de cancer du sein. Elles peuvent y consulter des kinésithérapeutes, des diététiciennes, des sophrologues… Notre objectif était donc d’obtenir la prise en charge intégrale des soins liés au cancer du sein, avant la chimiothérapie, pendant et après la rémission. Malheureusement, on n’a pas obtenu tout ce qu’on voulait. Nous avons dû retirer en commission la question du dépassement d’honoraires. On a eu, en contrepartie, l’engagement de l’ancien Premier ministre, François Bayrou, qu’un rapport sera fait sur le dépassement d’honoraires. Mais il y a, tout de même, un certain nombre de progrès qui sont permis par la loi. Faut-il encore que les décrets soient écrits et appliqués.

    Justement, avez-vous connaissance d’un calendrier gouvernemental pour la publication de ces décrets ?

    Y.M. : Aucun. Aujourd’hui, on n’a toujours pas de calendrier. On est encore dans des logiques financières, ce qui n’a aucun sens. Pour les femmes qui sont victimes d’un cancer du sein, c’est la double, voire la triple peine : l’angoisse de la maladie, une vie personnelle complètement bouleversée et, parfois, une vie professionnelle mise entre parenthèses. Beaucoup de femmes divorcent ou quittent leur emploi. Et, en plus, elles doivent assumer des dépenses pour se soigner correctement. Je pense que c’est un problème de volonté politique pour ne pas dépenser trop d’argent. C’est pourquoi nous lançons une pétition. Mais c’est terrible qu’on soit obligés d’en arriver à un rapport de force. Aujourd’hui, le législatif a fait son boulot, de façon assez rapide, puisqu’on a mis peu de temps pour aboutir à cette loi, moins de deux ans. Maintenant, c’est à l’exécutif de faire le sien. Et il ne le fait pas, pour l’instant… Les réponses administratives et technocratiques que je reçois ne m’intéressent pas. C’est du prétexte. Et ça crée de faux espoirs pour ces femmes. J’ai vu des procédures accélérées. On est capable de voter des budgets pour des dispositions militaires. On n’a pas mis trois ans.

    Pensez-vous qu’il existe un déséquilibre dans la volonté d’agir en fonction des sujets ?

    Y.M. : Clairement, aujourd’hui, on cherche à faire des économies en matière de dépenses de santé. On passe son temps à vouloir réduire les dépenses. Donc il y a une volonté politique. En tout cas, il y a un risque de voir la Sécurité sociale disparaître si l’on continue à en assécher les financements. Dans le cas de cette proposition de loi, il est invraisemblable que les décrets n’aient toujours pas été publiés. Ils finiront bien par l’être, mais cela traîne des pieds. Le problème, c’est que les ministres ont une durée de vie qui était assez courte, donc, « après moi, le déluge ». Pourtant, ce n’est pas compliqué de rembourser des produits qui bénéficient aux femmes victimes d’un cancer du sein. Je me dis qu’avec cette pétition, le gouvernement ne pourra plus ignorer la nécessité de publier ces décrets.

  • Après la chute de Sibell, les chips d’Allauch en danger

    Après la chute de Sibell, les chips d’Allauch en danger

    Allez, c’est du gras. Mais on essaie d’être le plus authentique possible. Les pommes de terre et l’huile oléagineuse sont françaises », lançait Patrick Llerena, lauréat du prix de la commune, en 2022. Labellisé par deux fois « fabriqué à Allauch », le paquet de chips transparent estampillé du logo du moulin et des collines est connu et apprécié par bon nombre pour son ancrage local et son goût authentique, de l’avis de tous. Une belle histoire de reprise familiale.

    Aujourd’hui c’est l’entreprise et ses neuf salariés qui sont toujours dans l’attente d’un repreneur, deux mois après l’annonce de la liquidation. Selon nos confrères de La Provence, le maire Lionel de Cala se dit prêt « à accompagner la famille en espérant une reprise de l’activité prochaine ».

    Authentique ou chimique

    Comme un mauvais scénario dans une région où l’apéro est un véritable art de vivre, les chips Sibell, fabriquées à Aubagne, avaient elles aussi tiré le rideau en août 2022, après un redressement judiciaire laissant 149 salariés sur le carreau. L’augmentation du prix des matières premières, notamment l’huile de tournesol, avait été évoquée alors pour expliquer la faillite de l’entreprise.

    À la vue des rayons de chips chez les distributeurs, on ne peut que s’interroger. Barbecue, chèvre au piment d’Espelette, poulet braisé ou fromage du Jura : les saveurs prendront-elles le pas sur l’authentique ? Les chips d’Allauch pourront-elles résister à l’attrait des produits ultra-transformés, pourtant régulièrement pointés du doigt par les organismes de santé ?

  • Un distributeur de seringues stériles installé à l’hôpital de Gap

    Un distributeur de seringues stériles installé à l’hôpital de Gap

    Adossé à l’entrée du Centre d’information et de dépistage de l’hôpital de Gap (CeGIDD), se trouve désormais un distributeur-échangeur de seringues usagées. L’usage de l’automate est simple : on dépose une seringue usagée, on récupère un jeton que l’on insère ensuite et un kit contenant deux seringues gratuites est alors délivré. Les jetons peuvent également être obtenus dans les locaux du Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (Caarud), du Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), aux urgences de l’hôpital ou dans les pharmacies partenaires.

    Ce recours direct à un automate permet de faciliter l’accès à du matériel stérile et d’éviter ainsi l’échange ou l’abandon de seringues usagées sur la voie publique. « Ce dispositif peut sembler simple dans sa forme, mais il représente en fait un enjeu de santé publique, de dignité humaine et de responsabilité collective », explique Christel-Aurore Machado, directrice de la délégation départementale de l’Agence régionale de santé (ARS). « Ce n’est ni une incitation, ni une banalisation de l’usage de drogues. Nous savons que l’usage de seringues diminue le risque de contracter des maladies et l’usage de drogues ne s’arrête pas une fois les structures fermées. C’est un dispositif pragmatique, complété par tout un système d’accompagnement. Notre responsabilité est, au-delà des postures idéologiques, d’apporter une réponse efficace, évaluée et humaine, ce qu’est cet automate. »

    On compte aujourd’hui près de 1 500 dispositifs de ce type en France. L’accès à du matériel de soins stérile pour les usagers de drogues est un principe de la politique dite « de réduction des risques », née dans les années 1980, notamment face à l’épidémie de VIH. Une approche qui a fait ses preuves dans la diminution des contaminations et qui est désormais bien intégrée par le ministère de la Santé depuis la loi de 2004 relative à la politique de santé publique.

    Un premier pas vers

    un suivi médico-social

    L’automate permet une distribution 24h/24, lorsque les associations et les pharmacies sont fermées, et évite d’engorger les urgences. Au-delà de ce seul dispositif, l’objectif est de permettre un usage anonyme et autonome, souvent demandé par les usagers, tout en ouvrant la porte à un large éventail de prises en charge. « Il y a des personnes qui n’osent pas venir aux urgences, qui ont peur de perturber ou de se mêler au public, explique Justin Pommerole, du Caarud de Gap. Ça permet un certain anonymat pour celles et ceux qui le souhaitent, mais, en même temps, il y a un autocollant avec l’adresse du Caarud, du CSAPA, où ils peuvent trouver un accompagnement. » Ensuite, la prise en charge proposée est adaptée aux besoins de la personne, du sanitaire au social, comme l’explique Caroline Siard, chef de service du CSAPA 05 : « Une personne peut venir dans un premier temps pour prendre du matériel stérile puis ensuite être accueillie à l’hôpital et être orientée vers des structures qui proposent un suivi social, de l’ouverture de droit à de l’aide à l’accès au logement… La distribution de matériel est un premier point d’accroche. »