« On est venu leur redire qu’on se tenait à leur disposition selon leurs besoins et que nous sommes attachés à la préservation de ce site historique de notre secteur », relate Marion Honde, secrétaire de la section. Les militants ont ainsi remis un chèque de 300 euros à la CGT de l’usine. Pour rappel, les salariés d’Haribo ont réalisé plus de 7 semaines de grève cet été pour une augmentation de salaire. « Nous sommes passés à de nombreuses reprises sur le piquet de grève, nous avons écrit une lettre à la direction d’Haribo, et nous les soutenons toujours », martèle Marion Honde.
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Dans les Hautes-Alpes, une cellule de veille pour aider le secteur associatif
C’est une avancée que l’Union départementale de l’économie sociale et solidaire (Udess), attendait depuis longtemps. Alors qu’à l’échelle nationale, le monde associatif subit fermetures, licenciements, ou passage contraints au temps partiel, les données restent difficiles à comptabiliser de manière précise, tant de nombreuses associations disparaissent ou doivent licencier sans bruit, dans un secteur « habitué » à faire avec presque rien. C’était tout l’enjeu de la rencontre du 8 juin, entre les représentants de l’Udess et la sous-préfète Hélène Dargon. Dans un communiqué paru la semaine dernière, l’Udess affirme que la préfecture a acté la mise en place d’une cellule de veille départementale sur l’emploi ESS, comme proposé durant l’entrevue.
« Les structures de l’économie sociale et solidaire (associations, coopératives, mutuelles) dans notre pays et plus particulièrement dans les Hautes-Alpes, (…) rencontrent d’importantes difficultés en raison de la diminution ou du décalage dans le paiement des financements que les pouvoirs publics lui accordent », pose le communiqué. Face à cela, le secteur associatif des Hautes-Alpes a déjà mis en place des dispositifs solidaires innovants, comme un fonds de mutualisation alimenté par les structures ESS. « Mais ce n’est pas suffisant pour aider les entreprises en difficulté structurelle », alerte l’Udess. Si « de nombreux dispositifs nationaux et régionaux de soutien existent en fonction du degré de difficulté », l’Udess rappelle que « la plupart des entreprises de l’ESS ne les connaissent pas ». La cellule de veille aura donc pour but, « après repérage des situations de structures en difficultés », de leur proposer « des solutions visant à les aider à traverser la situation de tension qu’elles traversent ».
Enrayer l’abandon
du monde associatifLa dernière note d’étude du CRESS de la région Paca le rappelle : « L’ESS des Hautes-Alpes ne s’effondre pas. Mais ses bases tremblent. » Si l’ESS dans les Hautes-Alpes a vu le nombre d’emploi augmenter en 2025 (+0,8%), le nombre d’établissements employeurs recule
(-2,8%), tandis que l’augmentation des salaires (+0,1%) a été inférieure à l’inflation. Dans ce contexte, la cellule de veille départementale sera mise en place « dans les semaines à venir », affirme l’Udess. La mission de son organisation et de son fonctionnement a été confiée à Dalila Raïs, inspectrice à la Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP). La prochaine se tiendra le 7 octobre, et d’ici la mise en place formelle de la structure, les entreprises et associations de l’ESS sont invitées à faire connaître leurs difficultés à l’adresse suivante : udess05@udess05.org. -

Grève marathon pour une augmentation chez Haribo
« On demande juste 100 euros de plus, c’est un plein d’essence. Eux, ils nous proposent 18 euros, un paquet de clopes ». Ali, 25 ans « à la coulée », non syndiqué mais « remonté comme un coucou », est venu crier dans le mégaphone son « dégoût d’une direction qui fait des bénéfices de plus de 30 millions d’euros et nous balance 0,9% dans la gueule, sans négocier. On dit stop ! Pas de ronds, pas de bonbons ».
Ce mardi 11 août, les salariés étaient encore au rendez-vous devant l’usine à l’appel de l’UD CGT 13. Attendre le 28 septembre pour entrer en négociation comme l’a proposé la direction à trois têtes du site marseillais n’est pas à l’ordre du jour des grévistes. Si FO a décidé de marquer une pause, la CGT maintient la pression et « une réunion a été arrachée pour mercredi prochain, explique Sabrina Calabria, élue CGT, la direction a proposé 1,8%, mais soumis à des objectifs de production qu’on ne pourra pas atteindre. On ne peut pas accepter ». À ses côtés, Jean-Pierre Martins, 29 ans de boîte, déplore : « s’ils avaient lâché 1,8% dès les premiers jours, on n’en serait pas là. Mais on a affaire à des gestionnaires qui ne parlent pas aux ouvriers ».
Pas rose bonbon l’avenirEt, souligne Ali, « ils sont capables de perdre 1,6 million en importations d’Espagne pour alimenter le marché français ». Les grévistes sont allés manifester devant la boutique Haribo de Plan de Campagne. Ils y étaient rejoints par leurs collègues d’Uzès. La grève a fait fondre la production. « Mais les dirigeants s’entêtent par principe, car derrière il y a un projet de réduire la production sur le site historique de Marseille, en passant de 30 000 tonnes à 17 000 tonnes d’ici 2030 », précise Sofia Calabria. De quoi inquiéter sévèrement les quelque 180 salariés dont deux tiers sont intérimaires. Un plan « sans suppression d’emploi, nous a-t-on assuré, reste dubitative la syndicaliste, mais ce n’est évidemment pas viable ». Elle craint un plan social déguisé en licenciement pour faute en raison « d’une clause de mobilité jusqu’à 180 km dans le contrat des nouveaux ». Dans le 15e, les salariés d’ID Logistics en ont déjà fait les frais, à la fermeture du site, dans l’impossibilité d’accepter de déménager à plus de 100 km. Un schéma « qu’on connaît bien dans les quartiers nord », redoutent aussi trois retraités de la métallurgie, de USTM et de l’USR CGT 13. Ils rappellent que l’opération « Euroméditerranée s’est construite sur le cadavre des usines » et voient d’un œil noir « la sucrière Saint-Louis se transformer en un nouveau data center ».
La refonte de la politique de production de la direction serait motivée « par la volonté de baisser le bilan carbone car les produits bruts circulent entre Uzès et Marseille », ajoute Sofia Calabria. Or l’usine a été épinglée par la préfecture en juillet pour des rejets non conformes dans le réseau d’eaux d’assainissement communal. Quant à la conformité au droit du travail, le tribunal judiciaire de Marseille a condamné la société le 5 février 2026 pour ne pas avoir respecté les accords sur les rémunérations conclus depuis 2022 avec les organisations syndicales.
« La rémunération annuelle moyenne d’un ouvrier de production chez Haribo est supérieure de 24% à la moyenne nationale des ouvriers de production en France » objecte la direction dans un communiqué.
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À l’Imperator, la grève qui fait tomber le vernis du luxe nîmois
Dimanche 26 juillet, l’hôtel cinq étoiles Maison Albar L’Imperator, sur les quais de la Fontaine à Nîmes, n’a pas ouvert comme d’habitude, tandis que le luxe laissait voir ses coulisses. Une quinzaine de femmes de chambre, gouvernantes et équipiers ont posé leurs chariots pour rejoindre le trottoir, soutenus par la CGT. Le mouvement tombe en pleine haute saison, alors que l’établissement affiche complet à 98% et héberge le groupe The Cure, venu pour quatre concerts aux arènes dans le cadre du Festival de Nîmes. Pour le délégué syndical David Goslin, ce coup d’éclat n’a rien d’un hasard : « C’est l’un des métiers les plus ingrats de l’hôtellerie. Dans un cinq-étoiles, on voit toujours le côté brillant, mais l’arrière-boutique, c’est la mine », résume-t-il.
Le prestige sur des corps épuisésDerrière la façade cossue, les grévistes décrivent un quotidien épuisant. La direction exigerait qu’une chambre soit nettoyée en trente minutes, quand la tâche en prend réellement entre quarante-cinq et cinquante. Ikram Ouadeh, femme de chambre depuis cinq ans, s’occupe seule d’une douzaine de chambres par jour pour environ 1 400 euros net mensuels, vêtue d’un tee-shirt taché de javel faute de tenue fournie. « C’est une honte, dans un cinq-étoiles », lâche-t-elle. Diplômée infirmière au Maroc, elle dit n’avoir jamais eu de réponse à sa demande de formation en interne. Plusieurs collègues racontent des repas sautés faute de temps, une perte de poids et une fatigue qui déborde sur leur vie de famille.
Derrière les draps impeccables et les couloirs silencieux, la pénibilité s’accumule. Le syndicat CGT dénonce des semaines allant parfois au-delà des 39 heures des chariots de cent kilos à manier seules dans un escalier en colimaçon, des vestiaires mixtes contraires au Code du travail, et des livraisons de linge interrompues faute de factures réglées par la direction. Plusieurs salariées disent devoir acheter elles-mêmes produits d’entretien et papier toilette pour dépanner les étages. Fait rare, leur propre manager a rejoint le mouvement : Nicolas Viala, gouvernant général, affirme avoir vainement alerté sa hiérarchie à plusieurs reprises sur le manque de personnel.
Sur place, la conseillère municipale nîmoise Janie Arnéguy est venue soutenir les grévistes, jugeant leurs conditions de travail scandaleuses. Des clients, eux, se sont montrés attentifs aux revendications affichées sur les tracts distribués devant l’établissement. Contactée à plusieurs reprises, la direction de l’hôtel n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.
Une procédure est engagée auprès de l’Inspection du travail sur les salaires, les heures supplémentaires et la sécurité au travail. Des discussions doivent s’ouvrir dans les prochaines semaines pour tenter de sortir du conflit.
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À Châteaurenard, Attal pointe « la démence normative » française
Après la Vendée, les Yvelines, la Savoie, le Morbihan où le Finistère, avec cette douteuse sortie médiatique sur les aires d’accueil des gens du voyage, la tournée estivale de campagne de Gabriel Attal, passait jeudi par les Bouches-du-Rhône et le Marché d’intérêt national (MIN) de Chateaurenard.
à l’aube, entre deux cagettes de fruits et légumes, face aux agriculteurs, grossistes et acheteurs, le macroniste à la chemise blanche, aurait pu parler de la baisse annoncée de la production sous l’effet du dérèglement climatique. Il a choisi cette fois encore de gratter à sa droite en rappelant sa volonté de mettre fin à la « démence normative française », donnant l’exemple d’un agriculteur verbalisé car un salarié ne portait pas de chaussures de sécurité « en plein été ».
« Ne pas avoir réussi à libérer toutes les énergies, tous ceux qui ont envie de faire et de travailler, c’est peut-être l’un des échecs de ces dernières années », note celui qui entend aller plus loin dans la destruction du modèle social français en promettant de « rapprocher le salaire net du salaire brut ». Caressant les agriculteurs en leur promettant de lutter contre la concurrence déloyale, il assure que leur revenu, et plus largement les salaires et les rémunérations français, sont une des quatre grandes priorités de son projet.
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Un dialogue social chez Haribo toujours aux fraises
« On est dans la sixième semaine de grève, la tension monte. Il faut que la direction réagisse. » Ce mardi, devant les grilles de l’usine marseillaise d’Haribo, Thierry Cambola, délégué syndical FO du site, ne cache pas son agacement.
Le bras de fer se poursuit avec leur direction depuis plusieurs semaines pour une revalorisation salariale, le seul horizon qu’offrent les négociations est une rencontre au 28 septembre prochain (lire notre article du 31/07). « Le 28 septembre prochain c’est trop loin, c’est inacceptable. Ces négociations auraient pu, et dû, être finies en mars ! », commente, les dents serrées, le syndicaliste. Pas de quoi entamer la détermination des petites mains du géant de la sucrerie… Ni d’obtenir une trêve des confiseurs ou une suspension du mouvement. Devant le piquet de grève, Thierry Cambola assure que la colère des salariés est toujours vive : « On est plus d’une quinzaine de grévistes, ça tourne, et avec les personnes en congé, c’est pénalisant pour la production. L’usine tourne très peu, lundi par exemple ça n’a pas tourné. »
Une grève
qui coûte bonbonOlivier, également salarié de l’usine et syndiqué FO, confirme que la volonté est bien d’attaquer l’entreprise au portefeuille pour qu’elle revienne à la table des négociations le plus rapidement possible : « C’est de la perte pour eux, il n’y a presque pas de production, les machines démarrent tard, les camions partent à moitié vides. »
Et l’intersyndicale CGT-FO compte augmenter encore la pression avec l’appel à une mobilisation, ce jeudi, en plus du piquet de grève quotidien. Les grévistes espèrent recevoir un soutien à la hauteur de leur mouvement social. Une délégation de leurs homologues du site d’Uzès, dans le Gard, est également prévue. La CGT de l’usine gardoise appelle d’ailleurs à une grève ce jour. « Il y a une solidarité, on se bat pour Haribo France, pas que pour Marseille mais bien pour tout le monde ! », martèle Olivier. Contactée, la direction d’Haribo explique rester « pleinement engagée en faveur d’un dialogue social constructif et d’une communication directe avec nos salariés ». Mais concrètement, elle renvoie seulement vers la fameuse réunion du 28 septembre.
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Les salariés d’Haribo décidés à ne rien lâcher
« On est toujours lààà ! » Vers une sixième semaine de grève pour les salariés d’Haribo, qui occupent toujours, ce jeudi 30 juillet, le parvis de l’usine marseillaise. Pour assurer leur présence, plusieurs d’entre eux viennent même pendant leurs vacances. Une détermination sans faille après une nouvelle proposition, lundi, de la direction, jugée largement insuffisante par les organisations syndicales.
« On réclame 100 euros de plus par mois et pour le moment rien n’a bougé, explique Sofia Calabria, déléguée CGT du site. à part une pseudo-proposition de passer de 0,9% à 1,5% [d’augmentation de salaire], mais les 0,6% supplémentaires seraient conditionnés à un rattrapage de nos cinq semaines de mobilisation. Ce n’est pas acceptable ».
Car la production de bonbons pour la période d’Halloween, une des périodes de vente cruciale pour l’année, aurait dû démarrer fin juin, la grève ayant considérablement ralenti la production, estimée à 100 tonnes par jour. « Nous, on est dans l’embarras, mais ils le sont aussi, et ça, il ne faut pas l’oublier. C’est ce qui fait qu’on tient et qu’on va tenir », prévient Thierry Cambola, délégué syndical FO. Pour lui, il est pourtant urgent de « trouver un terrain d’entente », qui satisfasse l’intersyndicale.
Avec 60% de grévistes, la dynamique reste forte, même au cœur de l’été. La veille, les salariés du site d’Uzès sont venus pour un barbecue de soutien, ainsi que l’Union départementale FO et des délégations interprofessionnelles de la CGT. Comme tous les jours, Fabien Trujillo, animateur régional pour la fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT, est là. « Ce n’est pas avec quelques miettes, et encore sous conditions, qu’on va régler les problèmes, analyse-t-il. On ne fait pas plus de cinq semaines de grève par hasard. C’est le paiement de la force de travail qui pose souci chez Haribo. » Il insiste : « Des salaires à 2 100 euros [bruts], ce n’est pas non plus la panacée, quand on voit ne serait-ce que le coût du logement à Marseille ».
Un marché en croissanceSurtout, la croissance du marché français de la friandise profite au groupe allemand, avec une marge nette de 8,2% en 2024 contre 6,7% l’année précédente, pour un résultat net de 32 millions d’euros. Le montant distribué à la famille Riegel, actionnaire exclusif, reste confidentiel. « Aujourd’hui, qui permet à ces actionnaires de s’engraisser ?, interroge Fabien Trujillo. C’est quand même les salariés et leur savoir-faire. »
Les soutiens sont aussi politiques. Les élus marseillais du PCF, présents sur le site dès le 8 juillet, ont pris la plume pour réclamer la reprise des négociations. Le sénateur Jérémy Bacchi a également interpellé le préfet par courrier. On retrouve aussi Hervé Street, coordinateur régional de Debout ! Paca. « Haribo, c’est finalement pour les grands et pas les petits », ironise-t-il, prônant une obligation, « de par la loi, de redistribution des richesses des entreprises ».
Dans un long communiqué, la direction estime pour sa part que les revendications syndicales et ses propositions « étaient trop éloignées pour permettre la conclusion d’un accord. » Pour elle, « il est important de prendre en compte l’ensemble du dispositif de rémunération ». Et de sortir la calculette : des augmentations qui, en 4 ans, « ont dépassé l’inflation cumulée de 1,3 point », une « rémunération annuelle moyenne d’un ouvrier de production supérieure de 24% à la moyenne nationale », « une progression automatique de 30% du salaire au cours des trente premières années d’ancienneté ». La direction l’assure, elle reste « pleinement [engagée] en faveur d’un dialogue social constructif (…) avec [ses] salariés », mais les renvoie à une réunion prévue le 28 septembre.
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Les hospitaliers réclament une « prime canicule »
En France, près de 60% des bâtiments hospitaliers sont considérés comme vétustes. Le CHU de Montpellier ne fait pas exception, avec seulement 40% de ses services équipés en climatisation. Des températures exceptionnelles y ont été relevées depuis le début des canicules estivales, notamment en pédiatrie ou à la maternité, avec des pics jusqu’à 42 degrés dans la blanchisserie de l’hôpital. « Certains agents ont fait des heures supplémentaires et d’autres sont revenus sur leurs jours de repos pour travailler dans des conditions très difficiles, raconte Pierre Renard, infirmier et délégué syndical de la CGT au CHU de Montpellier. Nous demandons donc au gouvernement une prime exceptionnelle pour récompenser leurs efforts, un peu à la manière de celle qui avait été mise en place pendant la Covid. »
Revaloriser les salaires« Il faut financer au plus vite l’adaptation de nos infrastructures au réchauffement climatique. Cela fait déjà plus de dix ans qu’on alerte sur ce sujet au CHU de Montpellier », continue Pierre Renard. Selon lui, au-delà du financement des rénovations, le nerf de la guerre pour un hôpital public de qualité reste la rémunération des hospitaliers. Cette prime ne saurait donc se suffire à elle-même si elle ne s’accompagne pas de la revalorisation des salaires de tous les agents du service public, à commencer par ceux de la catégorie C, comme certains ouvriers et membres de l’administration. « Ce sont des agents essentiels au fonctionnement de nos établissements et pourtant, certains sont rémunérés moins que le SMIC. Seulement, s’il n’y a pas d’agent pour désinfecter le bloc, il ne peut y avoir d’opération derrière. Et rien ne sert de recevoir des clims si on continue de mépriser les agents qui les installent. »
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La direction de Haribo reste intraitable, la grève reconduite
« On lâche rien, on monte dans les bureaux ! » De bon matin devant l’usine Haribo, boulevard Capitaine-Gèze (14e), les salariés sont de nouveau mobilisés, ce lundi 20 juillet. Au cœur de leurs revendications depuis près d’un mois, des augmentations de salaire de 100 euros brut mensuels pour suivre l’inflation dans le cadre des NAO (négociations annuelles obligatoires) et être raccord avec les résultats de l’entreprise. À savoir un chiffre d’affaires établi à 388 millions d’euros, pour un résultat net de 32 millions en 2024.
Une rencontre prévue ce jour-là avec la direction a motivé les troupes. Le délégué syndical central CGT chez Haribo, Guillaume Brante, a fait le déplacement depuis Uzès dans le Gard, le deuxième site du fabricant de bonbons en France. À l’appel de l’Union départementale CGT 13, des employés CGT de la boulangerie, des retraités de La Poste ou encore des membres de l’Union locale CGT de la Joliette ont fait le déplacement en soutien. « C’est inacceptable ! », s’indignent Martine, Danielle et Corinne, retraitées des services postaux, « les bonbons ça marche à fond, il n’y a pas de raison de ne pas prendre sur les bénéfices pour payer les salaires, d’autant que Haribo a besoin des travailleurs ».
Encore une réunion
qui achoppeJuliette, vendeuse à Decathlon Bouc-Bel-Air, syndiquée CGT, n’a pas hésité non plus à faire le déplacement avant d’aller travailler. « La question du pouvoir d’achat et des salaires qui ne suivent pas, on sait bien ce que c’est », explique-t-elle. La jeune femme s’était mobilisée, début juin, pour dénoncer une situation identique, avec un employeur qui engrange les bénéfices, reversant près d’un milliard d’euros de dividendes, fin 2024, aux 1 000 membres de la famille Mulliez, propriétaire du groupe. Sa présence ici, c’est aussi « prendre la mesure de notre force collective » dont elle rendra compte à ses collègues dans la foulée.
Mais après une heure et demie de réunion, c’est la douche froide. « On nous a dit que les NAO étaient terminées, ils sont arrivés sans proposition et nous ont donné rendez-vous le 28 septembre », racontent Marc Mansano, délégué syndical CGT sur le site de Marseille, et Guillaume Brante. « On passe à la phase 3, qu’ils s’expliquent devant les salariés maintenant », exhorte Thierry Cambola, délégué syndical FO. Concrètement, les grévistes ont investi l’administration. La direction organisera finalement une réunion convoquant tous les salariés présents dans l’usine, à la cantine, sans convaincre. « On va adapter notre stratégie », promet le délégué central CGT. La reconduite de la grève sera votée à l’unanimité dans l’après-midi. Il faut dire que le moment est crucial : c’est en juillet et août qu’est lancée la production des bonbons pour Halloween.
Contactée, la direction d’Haribo n’a pu donner suite à nos sollicitations.
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À Primark, les salariés à temps partiel veulent travailler davantage
Face à une conjoncture économique difficile pour de nombreux foyers, en particulier ceux dotés de ressources limitées, il n’existe parfois qu’une seule solution : travailler davantage. Une conception très libérale du monde du travail, promue par Nicolas Sarkozy à travers son slogan de campagne pour la présidentielle 2007, qui ne traduit pas toujours une orientation politique, mais une nécessité dans la situation actuelle, avec des salaires qui ne suivent pas l’inflation.
Les salariés de Primark, à La Valette-du-Var, sont concernés. Certains d’entre eux (86 sur les 123 vendeurs de l’enseigne), employés à temps partiel (25 heures hebdomadaires maximum), souhaitent travailler davantage, mais ne se voient pas proposer d’heures supplémentaires ou complémentaires par leur direction. « Pour beaucoup, le temps partiel n’est pas un choix, mais une contrainte. Les heures complémentaires représentent un ajout indispensable pour payer un loyer, financer des études, assurer les dépenses du quotidien ou constituer une épargne pour les mois où les revenus diminuent », dénonce la CGT Primark La Valette. Parmi eux, des contrats étudiants (8 à 16 heures), qui se retrouvent « particulièrement touchés. Pendant les vacances d’été, nombre d’entre eux ne perçoivent pas de bourse et comptent sur leur emploi pour préparer leur rentrée universitaire. Aujourd’hui, cette possibilité leur est refusée, les plaçant dans une situation financière difficile ».
L’ombre de la grèveUne situiation incompréhensible pour la CGT, eu égard aux récentes embauches, dont elle se félicite cependant, mais qui « ne doivent pas se faire au détriment des salariés déjà présents qui souhaitent augmenter leur temps de travail. Embaucher est une nécessité ; permettre à ces salariés de bénéficier d’heures complémentaires, lorsque l’activité le permet, l’est tout autant ».
Alertée par les syndicats, la direction a indiqué « faire le maximum dans la mesure de [ses] possibilités économiques et organisationnelles, pour proposer des compléments d’heures lorsque les besoins de l’activité le permettent. Leur engagement (…) est reconnu, apprécié, et il constitue un élément important dans [ses] réflexions ». Des mots que la CGT considère comme « contradictoires » et « insuffisants » vis-à-vis de la situation, alors que les salariés s’étaient vus présenter la possibilité d’effectuer des heures supplémentaires lors de leur recrutement. Elle demande à la direction de « respecter les engagements affichés envers les salariés à temps partiel », sans quoi un mouvement de grève pourrait être enclenché.
