Tag: salaires

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : la lutte pour les salaires

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : la lutte pour les salaires

    Les ouvriers avec de petits moyens avaient manifesté leur enthousiasme et fait tout leur possible pour la reprise économique de notre région, ce qui n’était pas le cas, au départ, de la Chambre de commerce et du patronat. Je me souviens que les établissements Rocca Tassy de Roux, qui avaient réalisé un bénéfice de 145 millions de francs, avaient un stand de 20 m de palissade et quelques affiches, ce qui montrait le désintérêt absolu des employeurs pour la renaissance de la France. Quant au PS, il s’opposa à notre mot d’ordre de « la renaissance de la France » et montra qui, à la tête de ce parti américain, méritait bien la caractéristique « d’aide agissante » que je dénonçais.

    Négociations sous la pression des travailleurs

    En même temps que le redressement de l’économie nationale, nous avions aussi le souci des salaires, avec notre campagne pour les 25%, pour que les travailleurs obtiennent une part plus juste des richesses créées par eux. Nous avons multiplié les interventions auprès des syndicats patronaux et des pouvoirs publics en vue d’obtenir de ceux-ci les nouvelles mesures tenant compte des avantages acquis. De fait, l’augmentation ne s’appliquait pas, aux termes des textes précités, à tous les salaires. La hiérarchie des salaires en vigueur au 1er juillet se trouvait écrasée. L’écart entre le salaire minimum et le salaire moyen était en diminution. Les syndicats patronaux s’en tenaient à l’application stricte de l’arrêté du 29 juillet. L’Union départementale multiplia ses efforts et demanda aux syndicats de manifester pour obtenir des accords maintenant les avantages acquis.

    Des négociations s’engagèrent sous la pression des travailleurs dans la métallurgie, la meunerie, l’alimentation syndicales. Le 26 août 1946, à ma demande, l’inspecteur divisionnaire organisa une réunion de tous les syndicats patronaux de l’alimentation marseillaise et des représentants de l’UD en vue d’un aménagement des salaires qui tienne compte de l’arrêté du 29 juillet.

    Devant les arguments anti-ouvriers développés par les syndicats patronaux, nous exigions l’application de l’arrêté du 29 juillet. L’inspecteur divisionnaire du travail approuvait nos demandes à un tel point que le président de la défense, qui présidait la délégation patronale, reprocha à l’inspecteur de sortir de ses attributions d’inspecteur divisionnaire et informait le président du CNPF, Monsieur Villiers, afin qu’il intervienne auprès du ministre du Travail, Ambroise Croizat. En réalité, le CNPF refusait les demandes que nous formulions, mais c’était mal connaître la combativité des travailleurs qui, par leur action en septembre, obtenaient satisfaction.

    à suivre la semaine prochaine…

  • La CGT fait front contre la hausse du prix de l’essence

    La CGT fait front contre la hausse du prix de l’essence

    « Dans les Bouches-du-Rhône, plus de la moitié des salariés travaillent hors de leur commune. Le carburant n’est pas un choix, c’est une nécessité pour vivre et travailler. Chaque hausse est donc une attaque directe contre leur pouvoir d’achat. » C’est l’alerte lancée par l’UD CGT 13 dans le cadre d’un appel à la mobilisation, ce jeudi à 18 heures, autour de la hausse des prix des carburants depuis le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran.

    « 24 milliards de profits »

    L’organisation syndicale dénonce notamment une « spéculation » pour essence, diesel et autres produits pétroliers pétrole, en lien avec ces « tensions géostratégiques ». « Dans notre département, la plateforme pétrochimique de Lavéra génère près de 5 millions d’euros supplémentaires de profits par jour depuis le début du conflit ! », prend pour exemple l’UD CGT. Avant de pointer plus globalement « 24 milliards d’euros de profits supplémentaires pour les raffineurs et distributeurs, avec, pour les grands groupes pétroliers et pétrochimiques, une explosion de leurs profits ».

    D’où le rassemblement afin de revendiquer « l’augmentation générale des salaires, l’encadrement des prix de l’énergie et la taxation des superprofits liés aux crises ». Et surtout montrer « le refus que les salariés paient pendant que d’autres s’enrichissent ». « Ce que les salariés, retraités, et précaires perdent à la pompe, les multinationales le gagnent en profits. La guerre et les crises servent de prétexte à l’enrichissement d’une minorité », martèle l’Union Départementale.

  • Dans le Var, les ambulanciers privés réclament plus de moyens

    Dans le Var, les ambulanciers privés réclament plus de moyens

    «  Nous voulons montrer à quoi ressemble une journée si on n’est pas là. » Ce mercredi, les ambulanciers privés se mobilisent sur l’ensemble du territoire national pour demander de meilleures conditions de travail. Principale revendication : une revalorisation de leurs tarifs par le gouvernement, pour suivre l’inflation « qui touche notre matériel embarqué, l’oxygène, l’essence bien sûr, mais aussi les salaires », justifie Johan Cabrita, directeur général de Var Assistance, principal transporteur sanitaire du département, pour qui « il est inadmissible que nos salariés, qui ont des responsabilités lourdes, la vie des gens entre leurs mains, soient payés au Smic. Mais nous n’avons pas les moyens de les augmenter ».

    Ces tarifs restent bloqués à 150 euros le déplacement dans un rayon de 20 km, quand « ceux des pompiers, qui étaient à 124 euros en 2020, sont à 217 euros aujourd’hui », pointe Johan Cabrita. « On voudrait être revalorisés à 250 euros, ou au minimum au niveau des pompiers. Pourquoi n’aurait-on pas la même évolution qu’eux ? », s’interroge-t-il.

    « 33% de défaillances

    en plus depuis 2024 »

    Mais il ne s’agit pas des seules doléances des ambulanciers. Dans le viseur également, « des temps d’inactivité toujours plus importants dans les prises en charge hospitalières », à cause des actes administratifs délégués par les hôpitaux, qui n’ont plus le temps, faute de moyens, de les réaliser. « On perd 15 à 30 minutes alors que cela ne fait pas partie de nos prérogatives, et que la prise en charge totale du patient, du transport à la dépose, ne devrait prendre que 15 minutes en théorie », déplore l’ambulancier.

    Autre manque à gagner pour son entreprise, les factures non réglées par les hôpitaux : « Le GHT 83 (Groupement hospitalier de territoire du Var) nous doit plus d’1 million, cela fait un an que l’hôpital de Brignoles ne nous paye plus. On est obligé de prendre des crédits en trésorerie. » Et si Var Assistance et ses plus de 50 ans d’existence ont la « chance » d’être suivis par les banques, ce n’est pas forcément le cas de plus petites structures. « Il y a eu 33% de défaillances en plus depuis 2024, et les difficultés commencent à peine », met en garde Johan Cabrita.

    Ce mercredi, il ne s’agira pas pour les ambulanciers de « pénaliser les patients », qui seront pris en charge, surtout dans les cas d’urgence, vers les hôpitaux. Mais les sorties d’hôpitaux ne seront pas assurées avant 20h. « Une grosse majorité des entreprises varoises participent, sauf celles qui sont déjà en défaillance, pour qui c’est compliqué de se mobiliser », affirme le directeur général de Var Assistance, qui espère être reçu par l’ARS et le préfet, mais aussi par la Caisse nationale d’assurance maladie pour discuter d’une hausse des tarifs et d’un éventuel fonds d’indemnisation face aux aléas subis par les transporteurs sanitaires.

  • À Sanofi, des salaires erronés depuis trois mois

    À Sanofi, des salaires erronés depuis trois mois

    Des salaires de seulement quelques centaines d’euros, pas de salaire ou même des salaires négatifs. Depuis le 1er janvier, de nombreux salariés du groupe Sanofi subissent des erreurs et d’importantes coupes dans leur paie. Sur le site de Sisteron, la CGT constate « jusqu’à 25 ou 30% d’écart de salaire ». Certains salariés ont dû abandonner leur projet immobilier, leur crédit, ou ont fini à l’hôpital ou en arrêt maladie à cause du stress généré par ces dysfonctionnements.

    Ces erreurs importantes sont dues à l’externalisation pratiquée par le groupe Sanofi, qui a mandaté le prestataire américain ADP (Automatic Data Processing) pour gérer les salaires de ses travailleurs. « C’est la catastrophe, depuis trois mois, les erreurs s’accumulent et il n’y a pas de régularisation derrière », déplore Ludovic Veyret, délégué syndical CGT sur le site de Sisteron. Tous les mois, les salariés doivent passer des heures à éplucher et tenter de déchiffrer leur fiche de paie en quête des erreurs de salaire, de plus en plus complexes à comprendre. « On n’a pas les compétences pour vérifier nos fiches de paie, on demande des mesures, un cabinet de comptable sur site et une régularisation des salaires manquants dans les plus brefs délais », insiste le délégué syndical.

    Un droit d’alerte

    Parfois, des heures de travail ou des périodes de congé ne sont pas prises en compte dans le calcul des salaires. La CGT du site a déclenché un droit d’alerte « pour atteinte aux droits des salariés ». « Normalement, l’employeur est obligé de mener une enquête dans les plus brefs délais pour savoir quelle mesure il peut mettre en place pour faire cesser cette atteinte aux droits des salariés », explique Ludovic Veyret. Mais dans ce cas-là, « Sanofi nous a répondu qu’ils ne souhaitaient pas poursuivre la procédure. On leur a écrit que c’était un manquement au Code du travail et à leurs obligations », selon la CGT. Le syndicat compte saisir les prud’hommes, réclamer des dommages et intérêts pour compenser le préjudice subi et déposer un référé au tribunal, ainsi qu’un « droit d’alerte collectif ».

    « Aujourd’hui, on est coincés. C’est aberrant d’en être à ce point-là. On se demande comment on va trouver des nouvelles molécules si on n’arrive même pas à payer les salariés », lance Ludovic Veyret. « Il y a une perte de confiance totale », résume le syndicaliste. La CGT du site de Sisteron est plutôt réticente à appeler à la grève, qui causerait une perte de salaire supplémentaire, mais reste déterminée à faire entendre la voix des travailleurs de Sanofi et pense organiser une manifestation dans la semaine à venir. « Se mettre en grève, c’est perdre de l’argent pour réclamer son dû », regrette Ludovic Veyret.

    « Je ne comprends pas que l’entreprise, le directeur du site, ne puissent pas prendre de mesures. On fait quand même un bénéfice de 9 milliards d’euros à l’année. Sanofi a les moyens de prendre un cabinet de comptable s’ils n’ont pas les ressources en interne pour vérifier et régulariser les salaires », lance le délégué. 2 400 salariés pourraient être concernés. Mais la CGT estime qu’ils sont plus nombreux à être touchés.

    Contactée par La Marseillaise, la direction n’a pu être jointe. « Dès l’identification de ces situations, un dispositif de suivi renforcé a été activé avec ADP » et « les cas individuels font l’objet d’un traitement prioritaire », assure cependant à l’AFP Sanofi, qui précise qu’« une phase de stabilisation d’environ quatre mois est en cours afin de garantir la fiabilité durable du processus de paie ».

    Selon le syndicat, des salariés en arrêt maladie ou en préretraite n’ont touché aucun salaire pendant deux mois, sur le site de Sisteron. Lorsque les travailleurs rencontrent ces problèmes de salaires, les représentants du personnel tentent de se tourner vers le service RH, mais « il n’y a plus personne sur site, seulement la DRH et un CDD ».

    « Une perte
    de confiance totale »

    Ludovic Veyret, syndicaliste

  • Les femmes toujours lésées sur les salaires dans la région

    Les femmes toujours lésées sur les salaires dans la région

    L’étude réalisée par l’Insee sur les écarts de salaires entre les femmes et les hommes dans le secteur privé, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, confirme la présence du plafond de verre pour les femmes. Réalisée à partir de données de 2024, l’étude, présentée ce jeudi en partenariat avec le préfet de région, met en lumière des inégalités toujours marquées, malgré une légère amélioration ces dernières années.

    Entre 2018 et 2024, l’écart de salaire a diminué de 3,5 points. En moyenne, les femmes continuent de percevoir des revenus inférieurs à ceux des hommes dans la région. Même à temps de travail équivalent, l’écart reste significatif, preuve que les inégalités ne s’expliquent pas uniquement par la durée de travail. « Ces différences s’expliquent en partie par la place occupée par les femmes dans le monde professionnel. Moins présentes dans les postes les plus rémunérateurs, elles restent sous-représentées dans les plus hauts niveaux de salaire, ce qui contribue directement à creuser les écarts », détaille l’Insee.

    Différences selon les territoires

    Tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne. Les écarts sont particulièrement marqués dans certains territoires, atteignant plus de 15% dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes, contre 6,1% dans les Hautes-Alpes. « Ces différences s’expliquent notamment par la structure des emplois et la concentration de métiers plus rémunérateurs », ajoute l’Institut.

    Les femmes restent moins bien rémunérées dans presque toutes les catégories socioprofessionnelles. L’écart est particulièrement marqué chez les cadres (-14,9%) et les ouvriers (-14,7%), tandis qu’il est beaucoup plus limité chez les employés (-2,5%).

    Les inégalités s’accentuent au fil de la carrière. Chez les jeunes de moins de 30 ans, l’écart est relativement faible : les femmes gagnent environ 5% de moins que les hommes, et ce dans presque toutes les catégories. Seule exception chez les employés, où l’écart tombe à seulement -1,1%, toujours chez les moins de 30 ans.

    Avec l’âge, l’écart se creuse fortement. Entre 30 et 49 ans, puis à partir de 50 ans, les femmes se retrouvent de plus en plus loin derrière les hommes en termes de salaire. « Cela montre des trajectoires professionnelles différentes entre femmes et hommes. » Face à ce constat, la préfecture insiste sur la nécessité d’agir : « L’importance est de porter des politiques publiques ambitieuses pour faire face à ces données. » Avec l’objectif de réduire durablement les inégalités salariales.

    En chiffres

    20,2%

    C’est l’écart moyen de salaires entre les femmes et les hommes dans le secteur privé, en Paca. Cet écart prend en compte toutes les situations, notamment les temps partiels, situation de travail assez fréquente chez les femmes dans la région. Il donne ainsi une vision globale des inégalités salariales.

    13,8%

    À temps de travail égal, l’écart existe toujours : les femmes gagnent encore moins que les hommes. Cet écart de 13,8% exclut les différences liées au temps partiel et permet de comparer des situations similaires. Il met en évidence des écarts de rémunération qui subsistent entre les salariés hommes et femmes.

    21%

    Les femmes ne représentent que 21% des 1% des salariés les mieux payés. Elles sont donc très minoritaires parmi les postes les plus rémunérateurs. Elles sont également sous-représentées parmi les 10% les mieux rémunérés, où elles constituent 29% des effectifs. Les femmes représentent 43% des salariés du privé.

  • À Avignon, l’action sociale dénonce le manque de moyens

    À Avignon, l’action sociale dénonce le manque de moyens

    « À bac +3, une éducatrice spécialisée n’est qu’à quelques dizaines d’euros au-dessus du Smic. » Devant la préfecture de Vaucluse ce mardi 10 mars, entourée d’une trentaine de manifestants, Christine Sebe, animatrice CGT de l’action sociale en Vaucluse, illustre les difficultés du secteur en termes de salaires et de conditions de travail.

    Sous un ciel grisonnant, elle regrette le rejet de la proposition de loi de la sénatrice Annie Le Houerou (groupe socialiste écologiste et républicain) en janvier, ainsi que le refus du patronat de renégocier les salaires. « Ils renvoient ça à la présidentielle. C’est pour cela que l’on voulait marquer ce temps », insiste-t-elle.

    Risque de suppression de postes

    La situation se ressent notamment dans deux établissements vauclusiens. À l’hôpital de Montfavet, une mobilisation cet été « qui a porté ses fruits », confie Ludovic Laffont, élu CGT. « Mais le déficit est toujours là. Donc il y a le risque d’une suppression d’éducateurs, des agents qui sont là depuis des années », ajoute-t-il. Et il pointe comme responsable la création de nouvelles structures comme une nouvelle unité résidentielle « alors qu’il n’y a pas les moyens », poursuit-il. De son côté, Patrice Durand, élu CGT, évoque la situation de l’Institut médico-éducatif du château Mérignargues. Ce lieu accueille des enfants et adolescents en situation de handicap. Mais le responsable syndical regrette que, par manque de moyens, ils se retrouvent « séparés de la pédopsychiatrie alors qu’on se retrouve avec des cas lourds ». « Alors qu’on est à 500 mètres de l’hôpital, on doit appeler le Samu pour intervenir. Il faut jumeler, d’une façon ou d’une autre, avec la pédopsychiatrie », insiste-t-il.

  • La grande colère des salariés du médico-social

    La grande colère des salariés du médico-social

    Alors que des négociations à Tours sont en cours ces 10 et 11 mars à l’occasion de la « Mêlée » de Nexem, le principal syndicat patronal, les quatre organisations syndicales représentatives (CGT, CFDT, FO et Sud) ont appelé les salariés de la branche associative sanitaire, sociale et médico-sociale (Bass) à se mobiliser pour réclamer de meilleures conditions de travail et de rémunération à leurs employeurs.

    Des salaires pour sortir la tête de l’eau

    Devant le siège social de l’Agence régionale pour l’intégration (ARI), l’un des plus gros employeurs du médico-social de la région Paca avec 1 500 salariés et plus de 50 établissements, Didier Zika ne décolère pas : « Chaque année, l’ARI réalise un excédent budgétaire grâce aux postes non pourvus. » L’éducateur spécialisé, en poste depuis 13 ans dans une des structures spécialisées de l’ARI et délégué syndical, déplore l’absence de réponse de la direction sur le sujet des salaires alors même « que les conditions de travail se dégradent d’année en année et qu’on a un turn-over énorme, avec des salariés exposés plus qu’ailleurs aux risques psychosociaux ». Ces départs en cascade, ce n’est pas la preuve d’un « secteur en crise d’attractivité », mais plutôt « d’un dysfonctionnement et d’un mal-être de tous les travailleurs de la Bass », renchérit Bernard Cresta, délégué syndical CGT Araimc. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le financement du secteur s’est réduit de 20% en 25 ans, tandis que les salaires réels de la branche ont reculé, écrasés par l’inflation, jusqu’à s’aligner sur le Smic.

    Le sens au travail

    Un ras-le-bol partagé par Sandrine et Haroune, éducateurs spécialisés à l’institut médico-éducatif Les écureuils, géré par l’association Fouque. Les deux témoignent de la difficulté à se projeter dans un métier « dont les conditions de travail finissent par rendre maltraitants ». Christian Barbe, instituteur spécialisé et délégué syndical dans le même IME, raconte que « le recours systématique à l’intérim » est « un problème pour l’accompagnement des enfants, qui ont besoin de repères ». Une autre mobilisation a eu lieu devant le siège social de l’Unapei mardi après-midi, avec les mêmes mots d’ordre.

  • Les salariés du groupe Cosquer Méditerranée en grève

    Les salariés du groupe Cosquer Méditerranée en grève

    Ils sont une dizaine de salariés, en ce dimanche matin, à s’être réunis devant le site Cosquer Méditerranée à Marseille. Alors que le lieu s’apprête à ouvrir ses portes pour l’une des journées les plus animées de la semaine, l’effectif, dont une partie est en grève à l’appel de la CGT Cosquer, sera amputé de moitié. Le mouvement, est soutenu par l’Union locale CGT Saint-Lazare Joliette.

    Anaïs Reymond, syndiquée CGT, travaille depuis mai 2022 pour la Grotte Cosquer (exploitée par la société Kléber Rossillon). La mobilisation doit permettre de « défendre nos conditions de travail, évoquer les soucis de sécurité sur site, parler de la problématique du sous-effectif, de la pression constante depuis l’arrivée de la nouvelle directrice, le manque d’équipement [talkies-walkies, audioguides, casques…], d’hygiène – on est envahis par les cafards les visiteurs aussi peuvent les apercevoir – et les négociations annuelles obligatoires (NAO) sont insuffisantes », égrène Anaïs Reymond. Les travailleurs via leur syndicat revendiquent une augmentation de salaire pour tous les salariés payés au Smic, une prime pour les dimanches et jours fériés travaillés, une prime polyvalence et une prime d’ancienneté. Des exigences restées lettre morte.

    Une grève reconductible ?

    « On a l’impression de ne pas être écoutés, de ne pas être considérés », témoigne Nicolas Martinez, syndiqué CGT. « Le dialogue [avec la direction, Ndlr] est tendu avec l’ensemble des salariés », ajoute Anaïs Reymond. À la liste des revendications, s’ajoute un « climat de pression et de surveillance constante », qui serait instauré par des caméras de vidéosurveillance, utilisées pour épier les faits et gestes des employés, toujours selon les grévistes. Mais aussi le licenciement récent d’une collègue, considéré comme « abusif » par le syndicat CGT. Selon eux, cette salariée, en poste depuis moins d’un an, aurait été licenciée pour ne pas s’être présentée à un événement de galette des rois « événement non obligatoire », et pour un « geste maladroit » précise Anaïs Reymond. Elle n’aurait pas saisi les prud’hommes à ce stade. « On a beaucoup de soucis au sein de l’organisme et une charge mentale au travail, ajoute Shayma, qui travaille depuis plus d’un an sur le site. Le salaire ne suffit pas, on a des visiteurs toute la journée, on a la pression. C’est désordonné. On a fait remonter ces problèmes à la direction mais ça n’a pas abouti. »

    Parmi les problématiques internes soulevées par les salariés en grève, les soucis de sous-effectif et du « turn-over » sont régulièrement évoqués. Pour rappel, en mars dernier, les salariés du service d’accueil et de billetterie du groupe Cosquer Méditerranée étaient déjà en grève pour des raisons similaires. À ce jour, les grévistes estiment que la grève pourrait être reconduite, dans le cas où les revendications des salariés ne seraient pas entendues.

    Sollicitée, la direction du groupe Cosquer Méditerranée n’a pas pu nous répondre, à l’heure ou nous écrivons ces lignes.

  • À Eurenco, la direction pointe l’impact de la mobilisation

    À Eurenco, la direction pointe l’impact de la mobilisation

    Depuis le 20 janvier, chaque mercredi, plus d’une centaine de salariés du poudrier Eurenco (tout comme sur l’autre site Eurenco à Bergerac, en Dordogne), à Sorgues, se mettent en grève et se mobilisent devant le site pour de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires. Mais ce mercredi 18 février, la mobilisation s’est exportée aussi à quelques centaines de mètres de là, à Villa Park, où la direction a organisé un comité social et économique central (CSEC) extraordinaire.

    Pour aborder les revendications des syndicats ? « Non. Ils ont exposé la situation économique de l’entreprise à la fin janvier et ont expliqué l’impact de la grève. Mais n’ont proposé ni solutions ni rendez-vous. Une simple discussion sur la vie d’entreprise », confie Jérémy Caillé, secrétaire général CGT Eurenco. Une quarantaine d’employés s’étaient ainsi déplacés devant le siège « pour faire entendre leurs voix au directeur général qui, courageusement, ne s’est pas présenté devant eux », regrette le syndicat dans un post sur les réseaux sociaux. D’après Jérémy Caillé, tous les ateliers de fabrication étaient à l’arrêt de ce mardi 17 février à 20 heures jusqu’à ce jeudi 19 février à 4 heures du matin.

    Économies

    La CGT et FO demandent une revalorisation générale des salaires de 130 euros bruts pour chaque employé, la revalorisation de la prime d’ancienneté, une prise en charge plus importante de la mutuelle et de la prévoyance par l’entreprise, ainsi que la transformation des contrats d’intérim en CDI. « Mais au lieu de ça, on nous a fait comprendre qu’il faudra faire des économies sur certains services, avec les conséquences que cela peut avoir », assure le responsable syndical. La direction du site aurait évoqué des pertes de commandes et des retards de livraison pour certains clients.

  • Le transporteur CAT à l’arrêt pour de meilleurs salaires à Miramas

    Le transporteur CAT à l’arrêt pour de meilleurs salaires à Miramas

    Plus aucun poids lourd ne passe à l’entrée du dépôt CAT de Miramas. Depuis lundi, l’entreprise de transport d’automobiles vit un mouvement social national dans le contexte des négociations annuelles obligatoires. Le long de la route parallèle à la D10, les camions se succèdent en ligne, eux qui relient normalement les usines Stellantis, Ford ou Mercedes aux concessions, entreprises de location et exportateurs.

    En cause, un dialogue social compliqué. Lundi, Cédric Lopez, délégué national CGT originaire de Miramas, expliquait que « les négociations n’ont rien donné » parlant de « propositions indécentes de la direction », soit 0,8% d’augmentation générale des salaires. Les revendications de l’intersyndicale CGT et FO, en face, sont de 4 % d’augmentation, la réouverture de négociations sur l’intéressement et la mise en place d’une prime évènements climatiques de 2,50 euros par jour. Mardi, le mouvement de grève reconduit chez Cat à Miramas a mobilisé une trentaine de salariés sur la soixantaine que compte le site, selon l’intersyndicale. Mais le ton monte. « La direction est bloquée sur ses positions et a refusé de discuter du cahier revendicatif des salariés », dénonce Jérémy Zucchelli, secrétaire de l’union locale CGT de Miramas.

    « Peur des actionnaires »

    Le refus de négocier sur la base des propositions syndicales n’est pas étonnant selon le responsable CGT. « Ils ont peur de dire aux salariés qu’ils refusent 4% d’augmentation car ça voudrait dire autant en moins pour les actionnaires », tance Jérémy Zucchelli. Le responsable pointe « 63 millions d’euros de bénéfices sur deux ans » en 2024 et 2025. Dans ce contexte, « ce n’est pas la direction qui décide quand les salariés doivent arrêter de faire grève. Une négociation Implique que chacun examine les propositions de l’autre », juge-t-il.

    Sur le piquet de grève, Virginie Tilmont, réceptionnaire depuis 23 ans, fait part de ses raisons d’être en grève. « Je travaille avec des chauffeurs étrangers. Heureusement que je parle espagnol, anglais et roumain », explique-t-elle. Avec ses collègues, elle souhaite « une reconnaissance quand on met ses compétences à profit au travail ». Son rôle est pivot : « Je suis toujours dehors, au début de la chaîne », déterminant les réserves sur un chargement et la suite du processus logistique. « Je ne demande pas grand-chose, mais on me répond que je suis pas traductrice », regrette la réceptionnaire.

    Mardi soir, le mouvement devrait être reconduit, à moins d’un accord entre les autres organisations syndicales et la direction. Contactée, l’entreprise Cat n’a pas répondu à nos sollicitations dans nos délais.