L’adage dit : « Une finale ça ne se joue pas, ça se gagne. » Mais pour l’emporter, il faut déjà jouer. Et le faire le mieux possible. Ce samedi à 18h, Provence Rugby découvre un monde nouveau. Un rendez-vous en terre inconnue pour des Aixois atteignant pour la première fois de tels sommets. Une altitude pareille ne les affecte pas plus que ça, puisque leur adversaire endosse avec aisance le costume de favori. Cet adversaire, Vannes, a survolé la saison régulière avec 116 points au compteur, soit 21 de plus que son dauphin, Colomiers. Un mastodonte fait pour remonter en Top 14, deux ans seulement après sa première accession.
Cette situation sied parfaitement aux Provençaux. « La bonne chose, c’est qu’on n’était pas favoris contre Brive, on n’était pas favoris contre Colomiers et on ne sera pas encore favoris face à Vannes. Continuer à dire qu’on est outsiders, ça nous va très, très bien. On est des outsiders ambitieux », déclare Philippe Saint-André. Une approche qui apporte de la sérénité à des joueurs qui ne sont pas tombés dans l’euphorie suite à leur victoire à Colomiers. Apparus en conférence de presse d’après-match, vendredi dernier, le héros de la demi-finale Charly Gambini et Arthur Coville se sont montrés calmes, posés, déjà focus sur l’objectif du club : la montée. « On ne va pas sortir en boîte de nuit ce soir [vendredi dernier, Ndlr]. On a un énorme match qui nous attend samedi. Le match que tout le monde veut jouer, le match pour lequel on s’entraîne. On va jouer Vannes qui est ultra-favori, qui a été dominant toute la saison. C’est pour ça que ce soir, on n’est pas non plus ultra-festif, parce qu’on sait que le chemin n’est pas fini », détaille le frère du navigateur breton Thomas Coville.
Avant cette finale, les joueurs de Provence Rugby ont pu découvrir leur terrain de jeu. Ce vendredi après-midi, l’entraînement du capitaine s’est déroulé au stade Ernest-Wallon, antre habituel du Stade Toulousain. L’occasion de prendre de premières marques, le pouls de cette enceinte emblématique du rugby tricolore.
En dehors de tout ce qui a été évoqué précédemment, l’autre avantage de Vannes porte sur sa connaissance de la finale de Pro D2. Pas plus tard qu’il y a deux ans, le RCV s’était imposé 16 à 9 face à Grenoble. Un match ultra-défensif, permettant aux hommes du Morbihan de faire monter leur club dans l’élite pour la première fois. Après le Top 14 en Bretagne, le Top 14 en Provence ? « La phase finale, c’est un championnat différent. La logique voudrait que ce soit Vannes, mais, sur un match, tout est possible », argumentait Léo Drouet, ce vendredi.
Philippe Saint-André l’a largement mis en valeur, semaine après semaine, la série de victoires des Provençaux a apporté un tas de confiance à ses joueurs. Ces derniers en sont à sept succès consécutifs et ont affronté tous types d’adversaires depuis deux mois. À commencer par Vannes. Une rencontre absolument renversante où Provence fut mené 0-24 à la pause avant de s’imposer 34-31. Une soirée qui avait des airs de phases finales. « On est dans une bonne dynamique, on a engrangé de la confiance donc on tente et réussit plus de choses », disait Romain Latterrade.
Provence Rugby a rendez-vous avec son histoire. Le club d’Aix-en-Provence est maintenant à 80 minutes d’aller chercher le bouclier le plus prestigieux de son histoire. Et de faire son entrée parmi les 14 meilleures équipes de France.
Finale de Pro D2
Stade Ernest-Wallon, Toulouse (18h)
Arbitre : Benoît Rousselet
VANNES : Bouthier – Benmegal, Taccola, Boudehent, Surano – Lafage, Ruru – Kalamafoni, Gorrissen, Augry – Desjeux, Marks – Medrano, Beziat, Vunipola
PROVENCE : Vareiro – Cellio-Zwiler, Bituniyata, Finau, Drouet – Muntz, Coville – Jalagonia, Gambini, Tuisue – Rodda, Zafra – Francis, Latterrade, Wegrzyn









