Tag: résistance

  • Programme en « résistances » à la Citadelle de Marseille

    Programme en « résistances » à la Citadelle de Marseille

    Troisième saison culturelle en vue pour La Citadelle, qui a accueilli 185 000 visiteurs l’an passé, aussi bien venus « pour un coucher de soleil, une programmation culturelle ou un atelier », rappelle Mathilde Rubinstein, directrice déléguée de l’association éponyme qui a la gestion de cet espace implanté sur la partie haute du Fort Saint-Nicolas. Sa mission, depuis la signature avec la Ville en 2021 d’un bail emphytéotique de 40 ans : « Restaurer et ouvrir au public » ce fort classé Monument historique en 1969 qui fut édifié dès 1660 sur ordre de Louis XIV pour « punir les Marseillais de leur trop grande passion pour la liberté ». Rien d’anodin à ce que la saison 2026 de La Citadelle soit placée sous le signe des « Résistances », comme pourra l’illustrer dès le 16 mai l’exposition et résidence croisée entre la France et la Tunisie, « Résistances et désobéissances ». Accueilli dans le cadre de la saison Méditerranée initiée par l’Institut français, un parcours faisant « dialoguer artistes, historiens et société civile » autour de l’incarcération, en ces lieux entre 1940 et 1942 du « futur président Habib Bourguiba et de sa garde rapprochée », résume Mathilde Rubinstein. Démantelé pendant le Révolution, transformé en prison et garnison au XIXe siècle, lieu de détention d’opposants au régime de Vichy comme Jean Zay ou Simone Weil, la Citadelle est un endroit « commun à plusieurs figures de la Résistance nationale et internationale, mais aussi un lieu de convivialité qui aide à la résistance à l’isolement et au repli sur soi », place-t-elle tandis que des ouvriers de chantiers d’insertion (« 42 nationalités représentées ») s’affairent à la restauration d’un patrimoine exceptionnel. « L’aménagement du bastion Vendôme et sa transformation en salle polyvalente » ou celle du « bastion Saint-Victor pour y installer un amphithéâtre extérieur de 250 places » sont attendus à l’horizon 2030.

    Musiques et patrimoine

    La saison culturelle de la Citadelle sera lancée le 18 avril avec « Faire fort !, journée populaire et festive » où « les artistes vont faire vibrer les remparts ». Parmi les propositions, des acrobaties aériennes du Centre international des arts en mouvement, un « dancefoor spécial minots » animé par le festival Basses fréquences, ou encore un « solo de guitare augmentée » de Benjamin Dupé, « en résidence avec sa compagnie pour au moins deux ans », précise Mathilde Rubinstein. La musique occupera une place centrale dans la saison avec « une date off de Marsatac » le 2 mai, une fête de la musique à l’esprit choral, local et mondial le 21 juin, ainsi que trois soirées assurées par la salle de concert du Makeda en juillet. Le week-end d’ouverture de la saison Méditerranée, les 16 et 17 mai, sera aussi l’occasion de voir le projet porté par la fondation Camargo, « Mondes marins », pour comprendre « comment l’art peut approfondir notre compréhension des mutations qui transforment la Méditerranée et les sociétés qui en dépendent ».

  • Escale littéraire au Rojava à l’occasion du Newroz

    Escale littéraire au Rojava à l’occasion du Newroz

    Troisième et dernier rendez-vous de la 4e édition de Newroz Marseille organisée par le collectif Solidarité Kurdistan 13 et l’association Solidarité Liberté Provence pour célébrer le Nouvel an kurde. Ce samedi, dans les rotatives de La Marseillaise, cette séquence se penche sur la littérature avec une rencontre organisée à partir de 17h autour du livre Nous vous écrivons depuis la révolution : Récits de femmes internationalistes au Rojava publié en 2021 aux éditions Syllepse.

    Composé de textes de réflexion, poèmes, contes, extrait de journaux intimes, lettres, interviews… « L’ouvrage a été pensé collectivement et écrit par des femmes : internationalistes, mères, journalistes, militantes, principalement françaises, qui ont passé de quelques jours à plusieurs années au cœur de la plus jeune révolution du Moyen-Orient », résume l’éditeur. « Avec ce récit, elles invitent à découvrir le projet et la réalité des femmes du Rojava et du nord-est syrien, qui depuis 2012 travaillent minutieusement à la création de leurs structures autonomes : autodéfense armée et civile, éducation, coopératives, démocratie de base… » Pour en discuter, Sarah Marcha, Marie et Mireille Court, co-autrices du livre, et Yasmina Touaibia, docteure en Science politique.

    « Emblème

    de la résistance »

    Fête ancestrale de la culture kurde, le Newroz célèbre l’équinoxe du printemps le 21 mars. C’est un « symbole identitaire, d’unité, de diversité » et « l’emblème de la résistance », précise Annick Samouelian, présidente de Solidarité Liberté Provence qui orchestre l’événement avec le Collectif Solidarité Kurdistan 13 et le soutien de la mairie 2-3, de la Ville de Marseille… et de La Marseillaise.

    Cette manifestation permet d’attirer l’attention sur cette communauté bien implantée dans la région mais aussi sur le combat mené par ces résistants et combattants de la liberté au Moyen-Orient. La première soirée organisée en mairie des 2-3 a focalisé sur le sort réservé aux femmes dans la prison de Mardin en Turquie. La seconde étape a conduit en Iran. Direction le Rojava avec cette dernière rencontre à l’occasion de laquelle la librairie l’Ile aux mots tiendra un stand littéraire.

  • [Pour que vive La Marseillaise] Défendez votre journal

    [Pour que vive La Marseillaise] Défendez votre journal

    « La Marseillaise » maintient ses écrits, dénonce une procédure bâillon et appelle la solidarité financière pour assurer sa défense ainsi qu’à la mobilisation ce mardi 7 avril à 13h30 devant le palais de justice, place Monthyon (Marseille 13006), de toutes celles et de tous ceux qui sont attachés à la liberté de la presse comme pilier essentiel de notre démocratie.

    Associatif et syndicats nous soutiennent

    Association des Amis de La Marseillaise

    Le journal « La Marseillaise » est attaqué, défendons-le !

    Après des menaces de mort contre son président Léo Purguette, le journal est traîné en justice par ceux qui s’inspirent des idées du Rassemblement national (les mêmes que nous avons combattus durant les heures sombres de l’histoire du pays).

    C’est tout simplement la démocratie qui est attaquée. Le titre La Marseillaise est né pendant l’occupation nazie et a toujours porté le combat pour la paix, la liberté et la démocratie. C’est cela que les fascistes veulent faire tomber. Nous sommes de fervents partisans de la liberté d’expression du pluralisme de la presse pour que la liberté puisse vivre. Nous créons ce comité de soutien et appelons toutes les femmes et tous les hommes épris de justice et de démocratie à manifester leur soutien au journal La Marseillaise et à la liberté de la presse en participant à la souscription et en étant présents devant le palais de justice ce mardi.

    UD CGT 13

    Solidarité avec « La Marseillaise »

    Après l’attaque en justice de La Marseillaise par le député d’extrême droite du Gard Alexandre Allegret-Pilot, pour diffamation, un procès aura lieu ce mardi 7 avril. Répondons à l’appel de La Marseillaise pour assurer sa défense et soyons présents à la mobilisation devant le tribunal avec toutes celles et de tous ceux qui sont attachés à la liberté de la presse comme pilier essentiel de notre démocratie. L’UD CGT appelle toutes ses organisations à défendre La Marseillaise, journal de la Résistance, du monde du travail, indépendant des puissances d’argent. Rendez-vous ce mardi 7 avril à 13h30 devant le palais de justice, place Monthyon (Marseille 13006),. Soyons nombreux et visibles !

    FSU 13

    Soutien à « La Marseillaise »

    Le journal La Marseillaise et son directeur éditorial, Léo Purguette, sont attaqués en justice par un député d’extrême droite du Gard pour des écrits que le journal maintient. La FSU 13 dénonce cette procédure bâillon et apporte son plein et total soutien au journal La Marseillaise, porte-voix des salarié.es et de leurs revendications et rare journal indépendant des puissances financières. La FSU 13 appelle à la solidarité et à se joindre au rassemblement qui aura lieu ce mardi 7 avril à 13h30 devant le palais de justice, place Monthyon (Marseille 13006).

  • À Toulon, les lycéens mettent à l’honneur Micheline Maurel

    À Toulon, les lycéens mettent à l’honneur Micheline Maurel

    Engagée dans la Résistance dès le 17 juin 1940 alors qu’elle n’a que 24 ans, Micheline Maurel intègre son premier réseau dans lequel elle transporte des valises et est chargée de faire du repérage sur le littoral toulonnais occupé alors par l’armée italienne. Le 29 juin 1942, elle en intègre un second, où elle poursuit ses missions d’information et accompagne de jeunes pilotes qui doivent regagner Londres.

    Elle sera arrêtée au cours d’une mission à Amélie-les-Bains, le 18 mai 1943, puis sera déportée à Ravensbruck fin août 1943, puis à Neubrandenburg. Un camp dont elle ne sera libérée qu’en mai 1945 par l’arrivée des troupes soviétiques.

    Le poids de l’engagement

    De ce parcours d’exception les lycéens de Claret, accompagnés par leur professeur Lionel Remot, ont tiré une exposition élargie à la Résistance varoise visible jusqu’au 25 avril à la médiathèque du Pont du Las.

    Des panneaux sur lesquels entre autres on découvre l’implication de ces jeunes qui ont décidé de mettre en scène une correspondance avec l’héroïne toulonnaise disparue en juillet 2009. Des courriers dans lesquels ils saluent l’engagement de l’écrivaine et poétesse tout en s’interrogeant sur ce qu’aurait été le leur.

    « Chère Micheline Maurel, je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour ce pays : Je comprends pourquoi vous vous êtes engagés, vous avez tout donné pour survivre à cet enfer et pour cela je tiens à vous témoigner mon respect », écrit Nidal.

    Maelys exprime elle aussi toute sa reconnaissance pour la résistante qui a su laisser à travers son art des témoignages pour que jamais on n’oublie la barbarie nazie et le lâche renoncement du plus grand nombre.

    Un travail qui dans cette période troublée va bien au-delà du simple devoir de mémoire.

  • Un Festival de Pâques pour tous, entre musique et devoir citoyen

    Un Festival de Pâques pour tous, entre musique et devoir citoyen

    Un festival ou se mêlent excellence musicale, réflexion et devoir de mémoire. Créé en 2013 par le violoniste Renaud Capuçon et le directeur général du Grand Théâtre de Provence, Dominique Bluzet, la 13e édition du Festival de Pâques, après un concert d’ouverture samedi soir, a été officiellement lancé dimanche au Camp des Milles.

    Dans le cadre de Musique en Partage, une partie de la programmation vise aussi à amener la musique classique aux publics éloignés. Ce dimanche, le coup d’envoi du Festival de Pâques s’est voulu aussi réflexif avec des discussions sur musique et démocratie. Des personnalités issues de la culture, comme du monde politique, se sont retrouvées autour d’une série des tables rondes pour interroger « le rôle de l’art dans la démocratie, le lien entre mémoire, engagement spirituel responsabilité sociale et devoir de mémoire ».

    Musique, société, débats

    Salle comble, pour écouter des intervenants tels que Jacques Attali, économiste, écrivain, et conseiller politique sous François Mitterand, Bernard Foccroulle, directeur du Festival d’arts lyriques de 2007 à 2018, Delphine Horvilleur, rabbin et écrivaine, mais aussi Laurent Berger, directeur de l’Institut mutualiste pour l’environnement et la solidarité au sein du Crédit Mutuel alliance fédérale. Lorsqu’il retrace la naissance du Festival de Pâques, Dominique Bluzet rappelle qu’« on a voulu réfléchir à cette idée de comment, pendant la Renaissance italienne, puis ensuite un certain nombre de compositeurs, se sont adressés à Dieu et ont permis aux citoyens, à travers un artiste de pouvoir dialoguer avec le divin. Ce rapport entre le sacré, l’artiste et l’individu est essentiel surtout dans un lieu où les gens sont arrivés ici, vivants, en se disant qu’ils allaient mourir et se demandant ce qui allait se passer après la mort. » Sous le toit de cette ancienne tuilerie, nombreux sont les opposants politiques, intellectuels et artistes à avoir résisté par la culture, puis les citoyens Juifs, avant d’être déportés vers les camps d’extermination. « Ici, nous sommes dans un lieu qui nous rappelle notre devoir de vigilance. On sait aussi qu’ici, dans l’adversité, l’art a su incarner la résistance et l’espoir », ajoute Daniel Baal, président du CIC, partenaire fondateur. « Cette éducation de prise de conscience à la responsabilité citoyenne (…) ne serait pas complète sans ce supplément d’âme qu’apporte la culture », ajoute Alain Chouraqui, président de la Fondation du camp des Milles. « Nous touchons à l’intemporel, et c’est quelque chose qui doit, quoi qu’il arrive, nous inciter à la vigilance, à l’action, mais aussi à la confiance. » Suit un long moment de discussion entre Bernard Foccroulle et Jacques Attali. « La fonction de la musique est de donner du sens au bruit, le bruit étant une réalité ou une métaphore de la violence, et la musique en donnant du sens au bruit transforme le bruit de violence en ordre, dans le sens de pacification. C’est en cela, que la musique rend beau et sacré », décrit Jacques Attali.

    « Regarder derrière

    mais aussi le présent »

    Le sacré dans la musique, la relation à la musique et sa signification… autant d’axes pour comprendre le rôle de la musique dans nos sociétés. « À une époque ou il semblerait qu’on soit en voie d’abandonner les droits humains, y compris au sein des démocraties, que peut la musique ? », pose Alain Cabras, modérateur des débats. « Il me semble que ce lieu, aux résonances très fortes, nous oblige à regarder derrière, nous mais aussi à regarder aussi le présent et à dire avec la plus grande force, notre effroi quand à ce qu’il se passe aujourd’hui dans un très grand nombre de lieux à travers le monde, et en particulier à Gaza (…) il est important que la question des droits humains, nous la traitions de partout », prévient Bernard Foccroulle.

    « J’aurais aimé que vous dénonciez de la même façon les crimes commis par le Hamas, cela aurait été plus équilibré, on aurait pu dénoncer ce qu’il se passe au Soudan, au Myanmar… et de ne pas pointer toujours une responsabilité qui est beaucoup plus complexe que la caricature que nous lui donnons », réplique Jacques Attali.

    Pour en revenir à la musique : « Les humains, quand ils sont confrontés à la musique, ont une consommation des valeurs mais en même temps une espérance, parce que oui, l’humain est capable de faire ça », poursuit l’intellectuel.

  • Un festival du Nouvel an kurde à Marseille pour « la paix et la solidarité »

    Un festival du Nouvel an kurde à Marseille pour « la paix et la solidarité »

    L’ambiance est festive dans la salle du conseil de la mairie des 2e et 3earrondissements. Une centaine de personnes est rassemblée, ce jeudi 26 mars, pour fêter le Nouvel an kurde, appelé le Newroz. Cette soirée inaugurait la quatrième édition du Newroz Marseille, organisée par le collectif Solidarité Kurdistan 13 et l’association Solidarité Liberté Provence.

    « Nous pensons à nos sœurs et nos frères kurdes, à celles et ceux qui se battent sous les balles », amorce Anthony Krehmeier, maire réélu du 2e et 3earrondissements, en remerciant les participants pour leur présence. « Ici, nous les mettons à l’honneur », poursuit-il.

    Inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco depuis 2009, cette fête ancestrale de la culture kurde, signifie le jour nouveau et célèbre l’équinoxe du printemps le 21 mars. Annick Samouelian, présidente de Solidarité Liberté Provence, rappelle que le Newroz est un « symbole identitaire, d’unité, de diversité », et également « l’emblème de la résistance ». Sous les applaudissements chaleureux, elle lance les festivités : « Que ce Newroz soit synonyme de paix et de solidarité. »

    Moment convivial et festif

    Vêtues de robes aux broderies pailletées et colorées et de ceintures dorées à la taille, un groupe de jeunes filles dansent le Govend, une danse traditionnelle kurde. Aux retentissements des grelots attachés aux robes se mêlent les claquements de mains des participants, enthousiastes. Deux musiciens ont offert au public une performance de daf, un instrument de percussion, typique de la culture kurde. « À l’origine, c’est un instrument religieux joué exclusivement par les femmes pour saluer le lever du soleil », explique Deriz, un des percussionnistes.

    Les murs de la salle exposent les planches d’un manuscrit exceptionnel. Publié en 2016, cet ouvrage a été entièrement illustré et édité à la main depuis la prison de femmes de Mardin, en Turquie. Accompagnés de leurs traductions, ces récits poignants témoignent du quotidien des détenues, dénonçant leurs conditions de vie et les violations répétées de leurs droits. L’exposition est à découvrir jusqu’au mercredi 1er avril.

    Le festival organise d’autres événements et soirées. Une projection du film Lire Lolita à Téhéran, sorti en 2024, adapté du livre éponyme de l’écrivaine iranienne Azar Nafisi, est organisée le vendredi 3 avril, à 19h30 au cinéma Le Gyptis (3e). Une rencontre suivie d’un échange sur l’ouvrage. « Nous vous écrivons depuis la révolution – Récits de femmes internationalistes du Rojava », publié aux éditions Syllepse en 2021, se déroulera aux Rotatives de La Marseillaise (1er), le samedi 4 avril à partir de 17h. En présence de Sarah Marcha, Marie, Mireille Court, coautrices du livre et de Yasmina Touaibia, docteure en science politique. Un moment convivial avec un buffet clôturera le festival.

  • Après un long silence, Martine Vassal se maintient, comme elle l’avait promis

    Après un long silence, Martine Vassal se maintient, comme elle l’avait promis

    Il aura fallu la nuit et plus d’une demi-journée pour qu’enfin, Martine Vassal sorte d’un silence assourdissant. Le temps de digérer son score de 12,41%, sa liste étant arrivée loin derrière le Printemps marseillais du maire sortant Benoît Payan (36,69%) et le RN Franck Allisio (35,02%) mais un poil devant l’insoumis Sébastien Delogu (11,94%).

    « Je prends acte de ce résultat qui nous place en troisième position. Je veux l’affirmer avec clarté : nos courants doivent continuer à être représentés », assène-t-elle dans un long communiqué. « Entre la gauche de Monsieur Payan, l’extrême droite du RN et l’extrême gauche LFI, il existe à Marseille un courant de pensée profondément républicain, attaché à l’ordre, à la responsabilité, à l’équilibre et au respect de toutes les sensibilités de notre ville » qu’elle compte bien incarner. Elle met en avant « une équipe rajeunie, renouvelée et compétente, qui représente ces courants de pensée » qui « devra, demain, représenter une opposition claire et constructive au conseil municipal ». Pour Martine Vassal, « il serait impensable de priver les Marseillais de cette représentation au second tour ». Et de se poser en « véritable alternative à la gestion actuelle de la ville doit s’incarner dans un projet sérieux, expérimenté et capable de rassembler largement ».

    Des conséquences

    sur la Métropole

    La candidate de la droite et du centre revient sur son avenir au sein de la Métropole, qu’elle préside depuis 2018 et sur laquelle « cette élection aura également des conséquences majeures ». La Métropole « est une institution essentielle, composée d’une assemblée de maires qui travaillent ensemble pour les transports, l’économie, l’aménagement et l’avenir de notre territoire » rappelle-t-elle, « les électeurs qui nous ont fait confiance ne doivent pas être punis une seconde fois, en voyant cette Métropole basculer également à gauche ! Car nos courants sont les seuls à pouvoir maintenir une majorité à la Métropole ».

    Plus tôt dans la journée, Christophe Madrolle, au nom des « écologistes raisonnables » estimait lui aussi indispensable le maintien de Martine Vassal, qu’il qualifie d’« acte de résistance républicaine face à la montée des extrêmes ». « Une ville comme Marseille ne peut pas se résumer à un jeu de ping-pong institutionnel entre la gauche et l’extrême droite, les Marseillais ont besoin d’équilibre de pluralisme et de dialogue », insistait-il. Dans un communiqué, le référent Marseille de l’UDI, Frédéric Guelle, inquiet de la progression du Rassemblement national et de « la perspective de le voir accéder aux responsabilités », saluait l’engagement de Martine Vassal, porteuse d’une « alternative républicaine » et réclamait lui aussi son maintien.

  • À Marseille, Didier Jau appelle à continuer le travail engagé

    À Marseille, Didier Jau appelle à continuer le travail engagé

    Est-ce que vous êtes Jauuuuuu ? » Ambiance au théâtre des Chartreux (4e) plein à craquer ce jeudi 12 mars. Avec pour commencer un avertissement. « Les choix que nous allons faire sont essentiels » alerte Anne Vial, adjointe d’arrondissements sortante, déléguée au sport, la santé et à l’égalité des droits. Elle insiste : « L’extrême droite raciste, antisémite, xénophobe, anti-féministe est à nos portes, les ingénieurs du chaos sont à la manœuvre et notre liste porte la résistance. »

    Elle aussi sortante, adjointe au maire de Marseille en charge de la valorisation du patrimoine, Perrine Prigent (PM) enchaîne. « Six ans c’est court et c’est long, ça marche quand la gauche est unie, le deuxième mandat c’est aller plus vite, plus loin », pose-t-elle, estimant que « les 4-5 c’est le reflet de ce que peut être Marseille ».

    Sur scène défilent les colistiers issus de collectif ou encartés au sein de Génération.s, du PCF ou du PS, pour une présentation du programme quartier par quartier avec des zooms de Beausoleil aux Chutes Lavie et son fameux portail de la discorde, en passant par Chave et Baille, sans oublier un détour par le programme pour la jeunesse et l’éducation, parce que « l’avenir ce sont nos enfants », un peu de santé publique au passage, beaucoup de réaménagement de places, d’espaces publics, de modes de mobilités apaisés entre vélos, voitures et trottinettes… De quoi préparer le terrain à « Didier », galvanisé. « Dimanche l’objectif est clair, il s’agit de relever le défi de défendre la Marseille qu’on aime, de diversité, de solidarité, d’entraide, antiraciste, antifasciste », insiste le maire EELV sortant.

    « On ne vous vend pas

    du rêve »

    Plus important pour lui encore, il faut « préserver nos libertés individuelles » quand elles sont mises à mal. Ce qui se passe dans l’Amérique de Trump ne tardera pas à « arriver chez nous » prévient le candidat. Et de remettre sur la table, les valeurs du Printemps marseillais. « On ne vous vend pas du rêve, le chantier a commencé il y a 6 ans, c’est toute une démarche que nous défendons, la reconstruction du lien démocratique qui nous lie à toute la population, c’est fini les réseaux ! », assure-t-il. Il martèle : « Nous avons dit ce que nous allions faire et on a fait ce qu’on a dit. » Parce qu’il reste trois jours jusqu’à dimanche, « y a-t-il encore une place au doute ? », interroge le candidat du Printemps marseillais, insistant lourdement sur l’utilité d’un seul bulletin de « presque » toute la gauche unie. Il assène : « Nous sommes au pied du mur. »

  • Ukraine : quatre ans et la guerre continue…

    Ukraine : quatre ans et la guerre continue…

    Pour la présidente de l’association, Lyudmyla Tsivka, le 24 février n’a rien d’un simple repère calendaire. Elle parle d’un jour de mémoire, de douleur, mais aussi de force et d’unité. Au-delà de la commémoration, c’est un jour de sensibilisation à une guerre qui ne se joue plus seulement sur le front.

    Dans l’ouest de l’Ukraine, où vit la mère de Lyudmyla, les coupures de courant durent parfois plus de dix heures par jour. Plus de lumière, de chauffage ni d’eau chaude. Par -20°C, la température dans les appartements tombe à quelques degrés à peine. Les familles s’entassent dans une seule pièce et les nourrissons sont exposés au froid. Et ce n’est pas un dommage collatéral, selon elle. Depuis l’automne 2022, environ 40% de l’infrastructure énergétique ukrainienne a été détruite ou gravement endommagée. L’ONU estimait fin 2024 que les trois quarts des sites de production d’énergie avaient été touchés. Une seule vague de frappes peut priver jusqu’à un million de personnes d’électricité. L’objectif, selon la présidente de SOS Montpellier Ukraine, est d’épuiser la société ukrainienne en frappant ses bases vitales. « Casser la résistance citoyenne. » C’est sans compter la résilience des habitants, car des « points de survie » ont été mis en place, des lieux équipés où les habitants peuvent venir se réchauffer une ou deux heures lorsque leur logement n’est plus viable.

    20 000 enfants transportés en Russie

    Il y a également la question des enfants ukrainiens transférés vers la Russie. Kiev estime à environ 20 000 le nombre de mineurs concernés, un phénomène dénoncé par les autorités ukrainiennes et plusieurs organisations internationales comme une tentative d’effacer l’identité ukrainienne. La présidente parle d’un processus de « désukrainisation ». « L’enfant, c’est l’avenir d’un pays. » C’est dans ce contexte que l’association a lancé un appel aux dons baptisé « Urgence chaleur » pour des générateurs, stations électriques, matériels de chauffage et denrées de première nécessité via la plateforme HelloAsso*.

    Mardi 24 février, place de la Comédie, les participants sont attendus à 18h30, une bougie à la main. Un rassemblement pour honorer les victimes et rappeler, insiste Lyudmyla, qu’« il y a un agresseur et un agressé. »

    * Sur www.helloasso.com.
    Taper «
     Chaleur pour l’Ukraine »
    dans le moteur de recherche.

  • « On ne peut pas penser le monde si on ne lit pas de science-fiction »

    « On ne peut pas penser le monde si on ne lit pas de science-fiction »

    La Marseillaise : À brûle-pourpoint, que souhaitez-vous
    à vos lecteurs et aux nôtres pour 2026
     ?

    Marion Mazauric : De la paix, partout dans le monde… Un climat de paix, c’est ce que tout le monde veut.

    Nous venons de perdre Pierre Bordage, qui était un grand auteur de science-fiction du catalogue. C’était un homme extraordinaire, plein de bienveillance, dont tous les livres appelaient à se libérer de la domination, religieuse ou de pouvoir. C’était quelqu’un qui plaidait pour une humanité réconciliée avec elle-même. C’était un résistant dans un monde soumis au racisme, à la haine et à l’injustice, donc je pense à lui. J’émets des vœux de bienveillance, de justice, et de respect d’autrui.

    Il y a 25 ans, vous avez créé votre maison d’édition sur ce morceau de territoire gardois cerné par l’extrême droite. Le climat politique de ces derniers mois est de plus en plus tendu. Vous qui êtes issue d’une famille communiste, est-ce que vous êtes inquiète ?

    M.M. : Ce qui explique l’extrême droite, c’est plus de misère, d’humiliation et un avenir qui se noircit tous les jours. De grandes exploitations financières rachètent les terres, les transforment et massacrent les paysages ; on n’a plus de médecins traitants, pas de lycée, peu de culture… Et pendant ce temps, 1% des plus riches captent plus de la moitié des richesses mondiales. C’est une poudrière ! Dans les territoires les plus pauvres, les gens en ont ras le bol, et ils sont prêts à aller vers des analyses simplistes. La colère crée la violence.

    J’ai choisi un territoire qui n’est pas Paris, qui n’est pas une zone privilégiée, et j’aime ce territoire. On n’est pas dans un pays de fascistes, on est dans un pays de pauvres qui voient que tout ce qu’ils aiment est en train de disparaître…

    Les choix éditoriaux sont des choix politiques. On vous décrit souvent comme une éditrice indépendante et engagée. Est-ce que cela vous convient ?

    M.M. : En fait c’est un pléonasme. Être éditeur indépendant, c’est un travail militant à temps plein. C’est une vie, comme curé ou médecin ; ça ne s’arrête jamais. Après, Au Diable, on a des valeurs engagées contre l’obscurantisme qui menace. On fait des livres pour que chacun puisse penser et imaginer avec son libre arbitre. On est forcément des résistants, engagés contre un monde qui tend vers le contraire. Le trumpisme est un vrai fascisme. Le président américain interdit certains livres dans les bibliothèques ! C’est le modèle terminal…

    L’empire vorace d’une poignée d’oligarques, dont Vincent Bolloré, a marqué le secteur de l’édition ces dernières années. Quel regard portez-vous sur ces évolutions ?

    M.M. : En fait, les éditeurs indépendants sont indépendants du capital industriel. Vincent Bolloré et les autres sont les éditeurs du capital. On a publié assez de science-fiction pour savoir où en est Vincent Bolloré… Pour lui, un seul livre transforme les citoyens en consommateurs et en victimes consentantes. Cela vaut aussi pour ses chaînes et ses médias, qui réalisent un travail idéologique de préparation à la pensée unique et à la domination.

    Vous dites souvent combien les politiques devraient s’intéresser aux romans de science-fiction. Ont-ils déjà tout dit ?

    M.M. : On ne peut pas penser le monde d’aujourd’hui si on ne lit pas de science-fiction. C’est la littérature qui en parle le mieux et qui a anticipé ce glissement vers la dictature du plus fort. Je pense que la science-fiction des années 80 a tout écrit, y compris la dictature la plus totale à la Trump. Norman Spinrad, Octavia Butler, la Planète des singes… Beaucoup de films et de romans ont montré ce vers quoi on était en train de se diriger. Et Donald Trump le réalise de manière très claire…

    Que vous les ayez édités ou pas, quels sont les trois ouvrages que vous conseilleriez aux lecteurs pour s’armer ou pour s’évader dans les mois à venir ?

    M.M. : D’abord Octavia Butler, qui est une très grande écrivaine afro-américaine. Elle a écrit La Parabole du semeur (1993), qui est un chef-d’œuvre, mais aussi la première dystopie à avoir montré l’effondrement de l’Amérique sous la houlette d’un copain de Donald Trump, qu’elle cite d’ailleurs dans son livre. C’est un grand livre d’espoir et de résistance.

    En fantasy, je parlerai aussi de Patrick Dewdney, qui a écrit Le cycle de Syffe (2018). C’est un roman de formation extraordinaire, dans un monde en chaos. Il est purement magnifique, avec des vertus cathartiques et de résistance.

    Pour s’évader et bien comprendre le monde, je propose aussi Thomas Gunzig, que l’on publie depuis le premier jour. C’est un grand écrivain belge, drôle, avec un esprit satirique sur le monde contemporain, et en même temps il produit de vrais romans d’alarme dans une langue magnifique.

    Et puis je rajoute quand même Pierre Bordage, parce qu’il faut lire toute son œuvre. Ses romans d’aventures vous emmènent partout. Ça vous rend heureux, et c’est addictif…