Tag: résistance

  • Léon Landini, le dernier FTP-MOI est mort à 99 ans

    Léon Landini, le dernier FTP-MOI est mort à 99 ans

    C’était le dernier des Francs-tireurs et partisans de la main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) : Léon Landini est décédé dimanche, jour international de la paix, à 99 ans.

    Il y a un peu plus d’un an, il était au Panthéon pour accompagner son camarade Missak.

    Fils d’immigrés italiens qui avaient fui le fascisme en 1921, Léon est né en 1926 au Muy près de Saint-Raphaël. Il adhère au PCF à 16 ans. Le 12 octobre 1942, il participe au sabotage de la voie ferrée qui relie Saint-Raphaël à Cannes, provoquant le déraillement d’un train de marchandises allemand. Au sein de son groupe FTP-MOI, il prend part également au sabotage d’une mine de bauxite à Brignoles le 26 février 1943, puis à l’attaque d’un baraquement de l’armée italienne à Fréjus-Plage le 4 mars de la même année. Après le dépôt infructueux d’une bombe à l’Hôtel Bellevue de Saint-Raphaël, il est envoyé dans la Creuse pour y rejoindre le maquis FTP.

    Son action dans la résistance se poursuit jusqu’à Lyon où, de mai à juillet 1944, il participe à des attaques contre des soldats allemands, à des destructions de véhicules militaires, des déraillements, ainsi qu’à la mise hors service d’usines travaillant pour l’occupant. Arrêté le 25 juillet 1944, il est torturé par les miliciens français sous l’autorité de la Gestapo lyonnaise au sein de la prison Montluc : boîte crânienne enfoncée, vertèbres cervicales abîmées, testicules écrasés. Le 24 août 1944, à la suite de l’insurrection de Villeurbanne, déclenchée notamment par le Bataillon Carmagnole-Liberté ils se libèrent obligeant les gardiens allemands à déguerpir.

    Selon son témoignage après la Libération, il traîna d’hôpitaux en hôpitaux jusqu’en février 1946, date à laquelle, il fut réformé, démobilisé et renvoyé dans ses foyers. Léon Landini est grand mutilé de guerre à 100%. Cependant, il fut délégué de la Creuse au congrès des JC en 1945.

    Il revint à Saint-Raphaël et devint exploitant forestier avant de s’installer à Paris en 1963 et de travailler dans la restauration collective. Domicilié à Bagneux, il a été élevé au grade de chevalier (1992) puis officier (1998) de la Légion d’honneur et préside depuis 1967, l’Amicale FTP-MOI des bataillons Carmagnole-Liberté. Longtemps engagé au PCF, il fut ensuite président du PRCF.

    Signe de l’importance de son engagement, la ministre démissionnaire chargée de la Mémoire et des Anciens combattants s’est jointe aux nombreux hommages : « Résistant des FTP-MOI, Léon Landini nous a quittés. Engagé dans la résistance contre les nazis dès ses 16 ans, il a été arrêté, torturé et a survécu. Après la guerre, il a été un passeur de mémoire notamment au sein de l’Amicale des anciens FTP-MOI de Carmagnole-Liberté, qu’il présidait. Ses précieux témoignages nous rappellent le prix de la Liberté et la nécessité de la défendre. J’adresse mes sincères condoléances à sa famille et à ses proches. »

    Le décès de Léon Landini, internationaliste convaincu, a fait réagir également l’ambassadeur de Cuba en France, qui a rappelé qu’en tant qu’« exemple de résistance et de courage, le gouvernement cubain lui avait décerné la médaille de l’amitié ».

    Dans notre région, où il a marqué de son empreinte la Résistance notamment à Saint-Raphaël, la fédération PCF du Var et la section Var Est se sont inclinées devant sa mémoire.

    « Officier de la Légion d’honneur, médaillé de la Résistance, grand mutilé de guerre… Léon Landini fait partie de ces militants qui n’ont jamais plié qui ont combattu toute leur vie pour libérer la France du nazisme, pour l’idéal communiste, pour une société bâtie sur l’émancipation des hommes et des femmes », salue le communiqué des communistes varois. Et de souligner que rappeler ses actions exemplaires est indispensable, « au moment où des esprits révisionnistes malsains tentent de faire disparaître la mémoire de ces grands résistants y compris en enlevant la plaque commémorative où figurent les noms de Roger et Léon Landini sur le front de mer à Saint-Raphaël ».

    La Marseillaise s’associe aux hommages rendus et adresse ses condoléances à tous ses proches.

    Fabien Roussel

    Secrétaire national du PCF

    Léon Landini, dernier des FTP-MOI vient de nous quitter. Nous nous étions retrouvés au Pantheon, autour de Manouchian. Ensemble, ils symbolisaient la résistance communiste et l’internationalisme.

    Assan Lakehoul

    Secrétaire général du Mouvement des Jeunes communistes

    Léon Landini, résistant communiste FTP-MOI, est mort. La France perd un combattant de la liberté, à l’heure où ils sont à nouveau tellement nécessaires. L’histoire se répète. Notre génération saura aussi unir dans la lutte drapeaux rouge et tricolore.

    PRCF

    Camarade Léon Landini, tu restes à jamais un exemple et un honneur pour nous tous ! Léon Landini à jamais : l’avenir appartient aux révolutionnaires, aux résistants, à ceux qui reconstruisent le parti communiste, combattent le fascisme et la guerre pour la liberté des peuples, les droits des travailleurs.

    Ian Brossat

    Porte-parole national du PCF
    et sénateur

    Résistant, engagé au sein des FTP-MOI dès l’âge de 16 ans, communiste jusqu’à son dernier souffle, il fut une grande et belle figure de la classe ouvrière. Hommage à lui et à tous ses camarades de combat.

    Marie-Hélène Amiable,

    Maire PCF de Bagneux

    C’est avec une grande émotion que j’ai appris le décès de Léon Landini, à presque 100 ans. Avec lui disparaît l’un des plus illustres Balnéolais, l’un des derniers représentants des FTP-MOI, ces résistants communistes et étrangers au courage inouï qui ont combattu l’occupant nazi.

    Jean-Luc Mélenchon

    Fondateur de la France insoumise

    Léon Landini est décédé. Une douleur pour tous ceux qui le connaissaient. Un ami, un modèle est parti. On va suivre l’exemple. Et ne jamais oublier la leçon : quelles que soient les circonstances, toujours savoir que la seule bataille perdue d’avance est celle qu’on ne mène pas.

    François Ruffin

    Député Debout !

    Lui et ses camarades ont tenu bon dans les pires moments de notre histoire. À notre tour de ne pas baisser les bras.

    Gilles Perret

    Réalisateur

    J’apprends avec tristesse le décès du copain, résistant FTP-MOI, Léon Landini qui dans mon film Les Jours Heureux symbolisait la lutte armée qui permit au programme du CNR d’être signé puis largement adopté à la Libération. Un militant qu’on croyait immortel ! Salut Léon !

  • « Les soldats ont fait la guerre en la maudissant »

    « Les soldats ont fait la guerre en la maudissant »

    La Marseillaise : Que s’est-il passé à la Courtine en 1917 ?

    Jean-Yves Le Naour : C’est un événement un peu exceptionnel, une sorte de prolongement de la révolution russe en pleine Creuse. En 1914, la France a moins d’hommes que l’Allemagne et demande donc au tsar russe des hommes contre des fusils. La Russie envoie donc 40 000 hommes, bien que la France en ait voulu 500 000. Ces hommes se sont bien comportés mais lorsque la révolution russe survient en février 1917, ils n’ont qu’une envie, rejoindre la Russie pour participer au partage des terres. Ils n’ont plus du tout envie de faire la guerre. Ils commencent alors à s’organiser en soviet et à questionner l’autorité. On les retire donc du front et on les met dans une caserne au centre de la France, à la Courtine, en Creuse. On les oublie un peu, mais ils s’organisent et prennent le contrôle de leur caserne. Pour les soumettre, la France va les encercler et les bombarder, faisant une dizaine de morts en septembre 1917. Quand ils se sont rendus, ils ont été envoyés dans un bagne en Algérie.

    Y a-t-il eu d’autres mutineries de cette ampleur lors de la Grande Guerre ?

    J.-Y.L.N. : Il y a eu des Tunisiens qui ont refusé d’obéir en décembre 1914, parce qu’ils sont épuisés. C’est l’hiver, il fait froid, ils pataugent dans l’eau, ils ne dorment pas. Quand on leur a demandé d’attaquer, ils n’ont pas pu. Il y a donc eu plusieurs fusillés, pour l’exemple, mais peut-on parler de mutinerie ? Je ne sais pas. Il y a aussi les mutineries de 1917 des poilus qui sont très documentées.

    Quels sens ont ces mutineries ?

    J.-Y.L.N. : Il y a le désir de paix. Mais pour les Français, le désir de paix est inatteignable, en dehors d’un renversement de l’ordre politique. Ils se replient donc vers des revendications acceptables : comme davantage de permissions. Les Français ne veulent pas la défaite de la France. Lénine lui, prône le défaitisme révolutionnaire, qu’il a théorisé. Mais ce défaitisme révolutionnaire n’est pas porté par les socialistes français. Ils veulent sortir de la guerre, mais pas au prix de la défaite de leur pays. Ils sont donc coincés. Les soldats français ont fait la guerre tout en la maudissant, mais ils l’ont faite. À gauche, on a consenti à la guerre en imaginant que c’était la dernière et qu’on allait tuer la guerre en renversant les trônes, les Kaisers, les Césars, l’impérialisme. Mais on s’est aperçus, trop tard, que c’était la guerre elle-même, la barbarie. Ces mutineries elles disent une part de résistance à cela.

  • Un collège au nom de notre co-fondateur, Jean De Bernardy

    Un collège au nom de notre co-fondateur, Jean De Bernardy

    Un immense drapeau tricolore sur le mur d’enceinte, un, deux et trois ! Il s’ouvre comme un rideau de théâtre pour découvrir le nouveau nom du collège Longchamp écrit en grandes lettres : Jean De Bernardy. Dans la cour, à l’entrée des élèves, un totem dévoilé par Martine Vassal (DVD), présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, et Mehdi Tani, principal de l’établissement, retrace son parcours. Co-fondateur du journal La Marseillaise, résistant FTPF, militant communiste, syndicaliste CGT, il fut typographe, journaliste dans la clandestinité avant de mourir au combat à Saint-Antonin-sur-Bayon.

    Réunis pour l’occasion, les élèves entonnent en chœur « La Marseillaise » puis l’orchestre du collège joue « Le Chant des partisans ». Un vif moment d’émotion, en présence de lecteurs de notre journal, de représentants d’associations d’anciens combattants, du sénateur Jérémy Bacchi (PCF) et de Pascal Lefebvre (Filpac CGT).

    Mémoire à transmettre

    « Ce nom rappelle aux générations actuelle et futures, l’action héroïque de ce personnage entré dans l’histoire », indique M. Tani, le principal du collège.

    « Cet homme a donné sa vie pour qu’aujourd’hui, nous puissions avoir notre liberté. Je suis très fière que des enfants de la République puissent lui rendre hommage », poursuit Martine Vassal.

    Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise, s’adressant à eux, insiste : « Cette mémoire de la Seconde Guerre mondiale, de la Résistance et de la déportation, à laquelle nous sommes tant attachés à La Marseillaise, est désormais entre vos mains. Quant aux portes de notre journal, elles vous sont ouvertes, je vous invite à assister à nos conférences de rédaction et à visiter nos locaux, arrachés à un journal qui a collaboré avec les nazis et leurs complices de Vichy ».