Tag: Region SUD PACA

  • Les rendez-vous du 8-mai en région Paca

    Les rendez-vous du 8-mai en région Paca

    Bouches-du-Rhône

    Marseille. 11h, cérémonie commémorative à l’Arc de Triomphe, 19 place Jules-Guesde.

    Aix-en-Provence. 17h, Défilé patriotique sur le cours Mirabeau suivi par une cérémonie place du Général de Gaulle.

    Lyunes. 10h, cérémonie au monument aux morts, Espace Decastille. Allocution de Sophie Joissains, maire d’Aix.

    Les Milles. 11h45, cérémonie devant le monument aux morts, avenue Durbec.

    Martigues. 9h30, au monument aux morts de la Couronne, 10h45 à Saint-Julien-les-Martigues avec un dépôt de gerbe ; à 11h30 au monument aux morts 39/45, place du 8-Mai, 11h30 à Saint-Pierre-les-Martigues.

    Miramas. 9h, messe devant l’église Saint-Louis puis devant l’hôtel de ville, 10h, cérémonie au cimetière de Miramas-le-Vieux, 11h, départ du défilé.

    Châteauneuf-les-Martigues. 14h, bal d’époque, parc municipal François-Mitterrand avec exposition et défilé de véhicules militaires d’époque.

    Port-de-Bouc. 11h, cérémonie au monument aux morts de la Lèque.

    Entressen. 10h, cérémonie devant la mairie annexe. Départ du cortège vers le Monument aux morts.

    Istres : 10h30, cérémonie devant le Portail d’Arles, puis à 11h, devant la stèle de la Paix, esplanade Bernardin-Laugier.

    Aubagne. 9h30, rassemblement à l’entrée du cimetière des Passons,

    10h, rassemblement devant l’hôtel de ville.

    La Ciotat. 9h30, rassemblement au cimetière de Sainte-Croix à La Ciotat et à 11h, place des Héros à Ceyreste.

    Var

    Toulon. 9h40, cérémonie sur la Place d’Armes, déambulation de l’avenue Jean-Moulin à la place Gabriel-Péri, de 13h30 à 17h30 : ouverture à la visite du Fort Saint-Antoine avec exposition de véhicules et matériels militaires historiques.

    La Seyne. 9h, cérémonie au monument de la Victoire, esplanade du Souvenir Français.

    Fréjus. 9h45, cérémonie au Monument aux Morts, place Agricola.

    Hyères. 10 h, place Théodore-Lefèvre, à 10h, à Porquerolles, 12h à Giens.

    Draguignan. 8h45, cimetière Américain Rhône, 9h15, monument de la Résistance, 11h30, monument aux Morts, cour d’Honneur de l’Hôtel de Ville, 11h45, monument aux Morts, Jardin Anglès.

    Brignoles. 10h, cérémonie place Clemenceau et monument aux morts.

    Vaucluse

    Avignon. 9h, cérémonie au monument aux morts place de l’armée d’Afrique, 10h15, monument aux morts de Montfavet, 11h15, prise d’armes sur la place du Palais des Papes, 12h, monument aux morts du Rocher des Doms.

    Apt. 11h30, cérémonie au monument aux morts.

    Carpentras. 12h, cérémonie au monument de la Victoire.

    Orange. 10h cérémonie cours Pourtoules.

    Alpes-de-Haute-Provence

    Manosque. 16h, cérémonie au monument des martyrs de la résistance des Basses Alpes, boulevard Elemir-Bourges.

    Digne-les-Bains. 10h30, cérémonie au rond-point du monument aux morts.

    Sisteron. 9h15, départ du cortège depuis la mairie pour la cathédrale, 11h, rassemblements au monument de la résistance et à 11h40 au monument aux morts.

    Les Mées. 9h30, cérémonie au Monument aux morts du cimetière des Petits Camps, 11h, départ du cortège, Fontaine de la République, 11h30, cérémonie au Monument aux morts, square de la Paix.

    Oraison. 10h30, cérémonie sous la mairie.

    La Brillanne. 10h30, cérémonie devant la mairie.

    Reillanne. 11h15, cérémonie monument aux morts.

    Hautes-Alpes

    Briançon. 11h, au monument aux morts.

    Gap. 11h, au monument aux morts.

    Embrun. 11h15, messe à la Cathédrale Notre Dame du Réal, 12h30, cérémonie au monument aux morts.

  • Fraude aux prestations sociales : quand l’objectif est davantage de lutter contre les précaires plutôt que contre la précarité

    Fraude aux prestations sociales : quand l’objectif est davantage de lutter contre les précaires plutôt que contre la précarité

    La Défenseure des droits a rendu un rapport le 23 avril 2026 déplorant « l’industrialisation de la lutte contre la fraude aux prestations sociales ». Elle insiste sur la nécessité d’assurer la préservation de moyens convenables d’existence, en toutes circonstances, c’est-à-dire de ne pas compromettre la capacité des personnes à subvenir à leurs besoins essentiels.

    Automatisation de la procédure de sanction pour fraude, l’intensification des contrôles et l’usage d’algorithmes discriminatoires à l’égard des plus précaires renforcent les atteintes aux droits des allocataires. Les organismes sociaux multiplient les notifications d’indus, les décisions de sanction pour fraude et l’application de pénalités financières. Certains allocataires, notamment les plus précaires, ne connaissent pas l’étendue de leurs droits et se retrouvent du jour au lendemain privés du minimum vital, avec des indus de plusieurs milliers d’euros, sans même parfois connaître le motif de ces décisions (ressources non déclarées, séjour à l’étranger).

    La fraude est une action irrégulière qui doit être commise de manière intentionnelle. Une simple erreur dans une déclaration n’est pas constitutive d’une fraude. Cette qualification est pourtant lourde de conséquence : radiation des droits, pénalités financières, prescription de 5 ans pour recouvrir les prestations au lieu de 2 ans.

    La Défenseure des droits déplore que l’information aux usagers demeure très carencée, tant sur leurs droits à bénéficier de certaines allocations que sur leurs modalités d’actions avant, pendant et après les contrôles, ainsi que sur les suites, notamment en cas d’accusation de fraude et de pénalités financières. Procédure de contestation complexe pour un accès au droit résiduel : Le contentieux de la « fraude » aux prestations sociales est organisé de manière complexe, avec une dualité de juridiction entre le Tribunal administratif et le Pôle social du Tribunal judiciaire en fonction des prestations sociales. Il arrive ainsi que les deux ordres de juridictions doivent être saisis simultanément pour juger de la même situation. Il est également obligatoire de former un recours préalable avant toute saisine d’un juge. Ce recours administratif n’est pas pris en charge au titre de l’aide juridictionnelle, ce qui constitue un frein évident des plus précaires pour se faire accompagner d’un avocat.

    Les délais de procédure sont extrêmement contraints: 2 mois à partir de la notification d’une décision. Une simplification de la procédure et un accompagnement social des plus précaires sont requis, plutôt qu’un déploiement de l’IA au détriment des droits des usagers.

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    avocats@lamarseillaise.fr

  • La Région Sud signe avec la SNCF un nouveau contrat

    La Région Sud signe avec la SNCF un nouveau contrat

    Ce contrat entérine notamment un renouvellement des rames et des infrastructures ainsi que l’amélioration de la desserte. Aujourd’hui dégradé, le réseau des Alpes du Sud sera modernisé, notamment pour accueillir les Jeux olympiques de 2030. Un des grands objectifs de la Région.

  • [Entretien exclusif] Renaud Muselier et Jean Castex « Les JO, accélérateur de la révolution ferroviaire »

    [Entretien exclusif] Renaud Muselier et Jean Castex « Les JO, accélérateur de la révolution ferroviaire »

    La Marseillaise : Vous avez fait ensemble des annonces importantes pour le ferroviaire dans la région. Peut-on parler d’un « effet Jeux olympiques » ?

    Renaud Muselier : Il y a incontestablement un effet JO dans la région, pas simplement sur le ferroviaire. Mais nous avions commencé par le premier budget vert d’Europe, ce qui entraîne la décarbonation. Dans une région où on ne peut pas avoir de route et dans laquelle il faut des trains. La boucle est bouclée. On a fait ce qu’il fallait sur l’arc bucco-rhodanien, pour libérer, organiser, structurer Tarascon, Arles, Miramas, la Côte bleue, donc l’Ouest de Marseille. On a, sur la Métropole niçoise, réglé le problème de Nice-Breil, ce qu’on appelle le train des merveilles, mais aussi le Nice-Digne, le train des pignes. On a obtenu des moyens pour la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur qui est le premier maillon de l’arc méditerranéen entre l’Italie et l’Espagne, financé par l’Europe. Dans le cadre de l’application des règles européennes transcrites dans le droit français, nous avons fait des appels à concurrence. Quel est l’accélérateur de la révolution ferroviaire ? Oui, c’est l’effet Jeux. Il permet d’obtenir plus vite les livraisons, l’organisation d’une structuration qui a été anticipée depuis longtemps.

    Jean Castex : Les JO d’hiver c’est le bébé de Renaud Muselier, mais permettez-moi de rappeler qu’avant d’être Premier ministre, j’ai été délégué interministériel aux Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Cela me permet de dire que des Jeux réussis, ce sont ceux qui laissent un héritage sur le territoire sur lequel ils sont organisés. Je ne peux que me réjouir, avec ma casquette de président de la SNCF, qu’Alpes 2030 aura un héritage ferroviaire majeur. La ligne des Alpes sur laquelle nous nous trouvions, mardi, avec le président Muselier, en est l’illustration. La force de la région, c’est d’avoir su drainer une partie des financements olympiques sur un objet ferroviaire qui va rester bien au-delà de l’échéance de 2030. L’ambition est là. Bravo la région ! Après, il faut réaliser. L’avantage des Jeux, je l’ai mesuré à Paris, c’est qu’il y a une échéance. On ne peut pas dire au monde entier qu’on n’est pas prêt et que, finalement, on va les faire en 2032. On sait faire. On a fait des lois olympiques pour accélérer les procédures. C’est aussi une vertu des Jeux de nous apprendre à travailler autrement pour rendre possible ce qui d’ordinaire est impossible ou, du moins, très difficile.

    Quel impact de cet héritage ferroviaire sur la vie quotidienne de la population ?

    Jean Castex : La ligne des Alpes, mais ce n’est pas la seule, a un taux de régularité qui peut être amélioré. C’est ça que regardent nos concitoyens. Le cumul de l’ouverture à la concurrence lot n° 3 et des travaux olympiques va nous permettre d’agir sur tous les registres avec des impacts concrets pour nos concitoyens. Augmentation de l’offre ferroviaire à terme de 30%, ça veut dire par exemple un train par heure à heure de pointe. Dans les causes des retards, aujourd’hui, il y a la vétusté de l’infrastructure. À l’issue des 340 millions d’euros qu’on va engager sur la ligne Marseille-Briançon, tout cela va changer. La région va, par ailleurs, commander de nouvelles rames, certains retards étant liés à des pannes sur des rames anciennes. On va construire également un atelier de maintenance à Briançon. Bravo la région ! On comprend bien que rapprocher la maintenance de la ligne accroît la performance. Des pannes, il peut y en avoir, c’est inévitable. La question c’est : dans quel délai on peut les réparer.

    Donc, vous considérez que ce ne sont pas seulement des investissements pour transporter une masse de touristes durant les 15 jours des Jeux ?

    Renaud Muselier : Je pense d’abord aux citoyens de la région qui sont entre les trois grandes métropoles voire quatre avec Avignon, plus les bassins de vie enclavés dans nos terres. Je commence par là. Par exemple, au-delà de l’augmentation des trains dont a parlé le président Castex, on diminue le prix du billet de 20% pour les abonnés. Parallèlement, il augmente de 20%pour le ticket unique. Donc, celui qui vient en vacances, il prend le train et il paye beaucoup plus cher. C’est le seul moyen que l’on a pour désengorger, décarboner, fluidifier, organiser, structurer en refaisant la totalité de nos gares. On nous avait accusés, au début du mandat, de vouloir fermer des gares. On n’en ferme aucune. Au contraire ! On crée des pôles multimodaux partout avec le train, les cars Zou! qui ont été augmentés et décarbonés, les parkings, les prises de recharge, les vélos…

    Jean Castex : La force des Jeux et du président Muselier, c’est d’avoir réussi à attirer des financements extérieurs à la région. Nous avons posé, ensemble, le premier cube du Pôle d’échange multimodal de la gare de Briançon. C’est un projet ambitieux de 20 millions d’euros qui sera financé par la Solidéo [Société de livraison des ouvrages olympiques Ndlr]. Ce ne sont pas des fonds régionaux, pas des fonds SNCF.

    Il est aussi question, avec votre déplacement, Jean Castex, d’ouverture à la concurrence. Et puis… finalement, c’est l’opérateur historique qui l’emporte ? Cela n’aurait‑il pas été plus simple d’avancer sans en passer par là ?

    Renaud Muselier : On augmente de 30% le niveau de service. La concurrence a quelque chose de bon, c’est qu’en sortant du monopole, tout le monde se retrousse les manches. Que le meilleur gagne. Dans les lots ouverts, il y en a quand même un qui a été gagné par un concurrent. Nous avons été les premiers en France à ouvrir la concurrence, il a fallu que la SNCF s’adapte.

    Jean Castex : Évidemment, c’est un challenge pour la SNCF, mais on aime bien être challengé. Ne croyons pas que le service public soit incompatible avec l’amélioration de la performance, à l’adaptation à des attentes nouvelles… Le monde bouge. Mais, vous vous en doutez bien, c’est un challenge quand vous êtes en monopole depuis quand même 1937. Je le dis : l’objectif stratégique de la SNCF est de se succéder à elle-même. Elle est mise en concurrence, c’est la loi. Les autorités organisatrices des transports sont exigeantes, M. Muselier l’a rappelé. Nous devons faire des offres qui sont performantes sans nous renier, sans casser le jouet. On reste la SNCF ! On a des valeurs de service public auxquelles je suis parfaitement attaché, mais les modalités évoluent. Cela suppose un processus d’accompagnement du changement, par le dialogue social. Qu’est-ce qui résout l’équation ? L’accroissement de l’offre. C’est-à-dire qu’on nous donne des moyens, que l’on peut investir… Si on restait à offre constante, sans aucun moyen d’évoluer à l’investissement, on pourrait se dire « tout ça pour ça ». Non ! Ce n’est pas comme ça. On est heureux de garder ce service, on veut gagner tous les lots, même si on ne les gagne pas tous, c’est la loi du genre. Le point commun avec l’autorité organisatrice des transports, c’est que l’on est satisfait quand nos voyageurs, nos usagers, le sont aussi.

    Votre prédécesseur à la tête de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, avait quand même reconnu qu’il avait un doute sur l’efficience économique de la concurrence. Est-ce que vous partagez ce doute ?

    Jean Castex : Aucun système n’est jamais parfait, bien entendu. J’ai d’ailleurs appelé de mes vœux la constitution d’un observatoire neutre. Vous le savez, le TGV est lui aussi ouvert à la concurrence. Il y a des dessertes qui sont très rentables et d’autres qui sont déficitaires. C’est comme ça, parce que le TGV va partout et je tiens à ce que ça continue. Il n’y a pas besoin d’être docteur en gestion. Si les aimables concurrents ne vont que sur les sections rentables pour laisser à la SNCF les dessertes non rentables ça ne fonctionne pas. Pour moi, oui à l’ouverture à la concurrence, mais avec des obligations et des règles du jeu qui sont les mêmes pour tous. L’aménagement du territoire, c’est la péréquation. Les élus politiques des territoires le savent et ont ce souci.

    Renaud Muselier : Oui, d’ailleurs, nous-mêmes en tant qu’autorité organisatrice des transports, on a intégré cette exigence. On a toujours fait des lots équilibrés. On sait bien quels sont les territoires sur lesquels il y a beaucoup de monde et les autres.

    Jean Castex : Sur les TGV, c’est une activité « librement organisée », il n’y a pas d’autorité organisatrice des transports comme pour les TER avec les Régions. Mais attention, on est sur du service à la Nation ! Le train c’est un atout de développement du territoire.

    C’est le cas aussi pour les trains de nuit, vous reconnaissez cette logique ?

    Renaud Muselier : La desserte de Marseille ou Nice, ce n’est pas la même chose que la desserte de Briançon. Quand on arrive sur Briançon, on voit bien que tout le matériel est obsolète. C’est un peu compliqué aussi parce que, si nous nous avons fait des efforts, on se connecte à un autre réseau sur une autre région qui ne fait pas forcément les mêmes efforts en termes d’électrification. Donc, si on veut être prêt pour 2030, le train de nuit a une importance capitale pour circuler entre la capitale et les Hautes-Alpes. On a la nécessité de commander les locomotives et les rames, d’ici la fin de l’année. On a un allié qui est le ministre des Transports.

    Jean Castex : Tout à fait. Vous avez devant vous le Premier ministre qui a relancé les trains de nuit, rouvert le Paris-Nice, mais aussi le Paris-Tarbes ou le Paris-Aurillac. Je crois au train de nuit, les faits me donnent raison parce que ça marche. Je me suis rendu lundi soir – pas un week-end – à Briançon par train de nuit. Il était quasiment plein. Le Paris-Nice fonctionne très bien. Sur ce type de train, qu’on appelle intercités, c’est l’État l’autorité organisatrice des transports. Ils vont aussi être mis en concurrence. Ce serait un crève-cœur que ce ne soit plus la SNCF qui les exploite. Sur Paris-Briançon en particulier, je vais remercier les Jeux et M. Muselier : Les voies vont être refaites de Veynes à Briançon. Ensuite, il y a la section entre Veynes et Valence qui mériterait sans doute le même effort d’investissement. Mais le vrai sujet sur cette ligne, c’est le matériel roulant. Depuis Paris-Austerlitz jusqu’à Valence, le train roule avec une locomotive électrique, puis à 4h du matin, on met une locomotive diesel jusqu’à Briançon. Ces locomotives sont fragiles et en nombre limité. Elles expliquent beaucoup d’annulations, de problèmes, dont je suis parfaitement conscient. Nous attendons le résultat des appels d’offres lancés par l’État pour des locomotives bimodes, neuves, qui permettraient de ne pas en changer sur la longueur du trajet, économisant un temps précieux.

    Renaud Muselier : Ces locomotives seront livrées prioritairement chez nous, parce qu’on a les Jeux !

    M. Castex, vous avez rencontré à Marseille les organisations syndicales, qui redoutent un scénario semblable à celui vécu à France télécom, avec les bouleversements liés à la concurrence. Que répondez-vous ?

    Jean Castex : Je suis à l’écoute et je comprends les inquiétudes. C’est normal que les processus de changement inquiètent. Mon devoir, c’est d’écouter, de comprendre, mais aussi de trouver les voies et moyens pour rassurer. Tout ce que l’on vient de se dire montre qu’il n’y a, en aucun cas, un abandon du service public ferroviaire ou de la SNCF puisque ceux qui ont la capacité de choisir, nous choisissent. On investit de plus en plus dans le ferroviaire, on a de plus en plus de voyageurs. Effectivement, il faut prévenir les risques psychosociaux. Chaque agent doit être traité avec l’attention qu’il mérite. Ne doutez pas de ma détermination sur le sujet. La réussite pour nos usagers ne peut pas se faire sans réussite pour nos agents.

    Avez-vous quantifié l’effet de ces grands chantiers ferroviaires sur l’économie régionale, sur l’emploi ?

    Renaud Muselier : Dans la globalité des Jeux, après avoir fait notre rencontre « meet the buyers » sur les appels d’offres avec les entreprises, on peut estimer à la louche que c’est 4 milliards d’euros investis pour les Jeux. Ce qui fait 2,1 milliards pour la Région Sud, dont 700 millions pour le pôle de Briançon, 700 pour le pôle Alpes-Maritimes et 700 qui vont arriver sur le reste de la région. C’est un effet de levier économique très important, sans compter l’héritage.

  • Un concours pour encourager les projets solidaires

    Un concours pour encourager les projets solidaires

    Depuis 2015, l’ESS France récompense chaque année les actions des entreprises et associations qui répondent aux enjeux quotidiens auxquels est confronté le pays. « Insertion, maladie, violences faites aux femmes… Le prix est décerné aux projets qui servent l’intérêt commun », explique Denis Philippe, président de la Chambre régionale des entreprises de l’ESS Paca.

    Après sélection des meilleurs dossiers, la structure lauréate du prix national se verra remettre une récompense de 5 000 euros et bénéficiera de la création d’une vidéo de promotion. Un dispositif national qui incite les structures à « organiser leur modèle économique sans perdre de vue le sens de leurs actions », précise le président. Une démarche « qui s’inscrit dans les valeurs affichées à long terme par la chambre de l’ESS, déjà à l’époque, porteuse de projets comme les tickets-restaurants et les services civiques », poursuit-il.

    Savoir s’adapter

    Initiatrice du projet, la Cress Paca en profite pour lancer son concours régional, financé par la Région Sud. Un programme que Denis Philippe estime « capital » en temps de crise : « C’est une opportunité pour nos acteurs de l’innovation de résister, savoir se réinventer face aux nouveaux besoins du territoire comme la transition écologique. » Favoriser un modèle d’entrepreneuriat plus inclusif et résilient, qui prend en compte les changements sociaux et environnementaux, est l’une des priorités du président. « Nous sommes encore en pleine organisation, mais ouvrirons dans quelques jours notre saison d’appel à projets pour le concours régional. Nous attendons avec hâte les projets innovants qui sauront répondre aux problématiques locales », conclut le président.

  • [Lecture] Victor Hugo disait que le Diable était la nuit de Dieu

    [Lecture] Victor Hugo disait que le Diable était la nuit de Dieu

    Il y a cent ans, le Diable naissait sous le soleil noir (oxymore nervalien), surgi de la plume de Georges Bernanos, qu’obsède la lutte d’un saint contre l’esprit du Mal. Bernanos, en lequel l’un de ses contemporains voyait, suite aux convulsions de la guerre, un romancier capable de faire résonner, tel un coup frappé sur l’airain, la déchirante angoisse d’un abbé aux prises avec le Malin. C’est ce dernier qui fait son grand retour dans les nouvelles que nous vous présentons aujourd’hui, mais pour parvenir à ses fins, il a choisi d’apparaître, là où on ne l’attend pas. Son qualificatif de « Malin » n’est-il pas synonyme de rusé, d’habile, d’ingénieux ? Il peut donc se trouver dans une boîte apparemment vide, et piéger les plus méfiants des mortels.

    N’oublions pas que Jésus de Nazareth, en personne, a failli se laisser tenter, avant de demander à Satan de se retirer. Ne vous croyez surtout pas protégés, quel que soit le pays que vous habitez, car, réfugié apatride depuis que Dieu l’a déchu de sa nationalité céleste, le Diable possède le don d’ubiquité, l’art du « trans », et colonise, à lui seul, les esprits, même ceux qui se croyaient à l’abri de l’Enfer… Nous ne pouvons pas, à notre grand regret, donner à chacun des neuf auteurs la part d’éloges qu’ils méritent, mais tous ont réussi le coup de force de ne jamais faire tomber les lecteurs dans l’ennui. À leur qualité d’écrivain, s’ajoute leur foisonnante imagination. Et à leur 20/20 s’ajoute la mention 666, nombre biblique de la Bête…

    Séguier, 20 euros

  • [Travailleur de demain] Luis Araujo Da Costa, cador du codage

    [Travailleur de demain] Luis Araujo Da Costa, cador du codage

    Un attrait pour la machine né bien avant l’âge de coder. Luis Araujo Da Costa, vice champion de France des WorldSkills 2025 dans la catégorie « Solutions logicielles en entreprise », dit hériter son goût pour l’informatique de sa plus tendre enfance, déjà magnat des écrans en classe de primaire. « Petit, quand je rentrais de l’école, j’allais sur l’ordinateur de ma mère puis je me mettais à bidouiller des trucs. Ça m’amusait », raconte le jeune homme, comme une évidence. Et le passage au collège n’aura pas eu raison de cette passion précoce. « On a commencé à utiliser Scratch [langage de programmation graphique à but éducatif, utilisable sur le logiciel du même nom, Ndlr] en classe. J’y ai passé des heures, peut-être 10 par semaine en dehors des cours, dès la primaire puis j’ai continué au collège, se souvient-il. C’est là que j’ai commencé à apprendre à créer des sites web, ce genre de truc, ça me plaisait. » Comme un hobby donc, qu’il traîne jusque sur les bancs de l’Université Côte d’Azur, où il suit désormais une licence 3 MIAGE (Méthodes informatiques appliquées à la gestion des entreprises). Ce qui lui plaît dans l’informatique : mettre sa créativité au service de la résolution de problème. « On est constamment confronté à de nouvelles problématiques et nous avons tous notre façon de les résoudre, s’enthousiasme-t-il. Chacun peut venir avec son idée et c’est vraiment quelque chose que j’apprécie. Tester les différentes options, voir ce qui marche le mieux, c’est ce que j’aime le plus. »

    Viser la lune

    Passé par un BTS, qu’il qualifie de « petite erreur de parcours », Luis espère obtenir un ticket pour entrer l’an prochain à l’Ensimag, école d’ingénieur à Grenoble spécialisée dans l’informatique et les mathématiques appliquées. « En général, le parcours classique c’est plutôt d’aller en classe préparatoire puis de passer les concours pour entrer en École, détaille-t-il. Mais certaines permettent de rentrer avec un bac +2. J’ai choisi le BTS, conseillé par mes parents, car ça permettait de directement travailler si jamais je ne voulais pas poursuivre. Malheureusement, j’ai voulu continuer et l’école m’a refusé l’an dernier ». Le jeune informaticien retente donc sa chance cette année, l’occasion, peut être, de se sentir un peu plus « challenger ». Car que ce soit au lycée, dans sa spécialité NSI qu’il a jugé « un peu trop simple », ou lors de son BTS au cours duquel « il a toujours été premier », Luis a souvent constaté qu’il « était bon en informatique », sans jamais savoir « à quel point ». « C’est aussi pour ça que j’ai voulu tenter ma chance aux WorldSkills, pour voir ce que je valais au-delà de ma classe. Participer à une compétition des métiers au niveau national me permettait d’avoir un vrai point de comparaison », retrace-t-il. Exigeant, il ne souhaite pas se contenter de la deuxième place obtenue en octobre. « Ça s’est joué à vraiment pas grand-chose et je dois Reconnaître que les résultats m’ont un peu déçu », se désole-t-il. Pas question d’en rester là donc. Luis tentera sa chance aux WorldSkills mondiaux, organisés à Shanghai dans cinq mois. « Cette fois je compte vraiment bien me préparer, pour être sûr de pouvoir donner le meilleur de moi-même », promet-il. Verdict en septembre.

  • [Cadmium] Les agriculteurs défendent des normes plus strictes

    [Cadmium] Les agriculteurs défendent des normes plus strictes

    Près de la moitié (47,6%) de la population française est contaminée par le cadmium, métal lourd toxique pour la santé. C’est l’une des accablantes conclusions d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), publié le 25 mars dernier. En cause, notamment, le taux de cadmium autorisé dans les engrais français, établi à 90mg/kg, contre 60mg/kg dans l’Union européenne. Face à ce constat, Romain Blanchard, président de la FDSEA 13, plaide pour que les normes européennes et françaises s’alignent. « Je ne trouve pas normal qu’on soit les seuls à avoir un seuil supérieur. Ce que je demande depuis longtemps, c’est qu’on nous impose les mêmes règles lorsqu’on est dans le même marché », insiste le viticulteur et céréalier, installé au nord d’Aix-en-Provence. Il ajoute : « Je ne suis pas médecin ni biologiste. Si les gens dont c’est le métier disent qu’il y a de la toxicité en bout de chaîne, il faut faire en sorte qu’il n’y ait plus de toxicité. Mon job c’est de nourrir les gens, pas de les envoyer à l’hôpital. »

    Yannick Becker, porte-parole de la Confédération paysanne pour la région Paca, tient lui une position plus radicale. « C’est une preuve de plus de la non-soutenabilité de l’agriculture française, un symptôme de plus à prendre en compte, s’indigne-il. Il faut sortir du modèle économique dans lequel nous sommes et qui pousse les agriculteurs à utiliser ce genre d’engrais. Nous devons réfléchir à produire en quantité nécessaire pour nourrir les Français, pas pour contrer la concurrence européenne et internationale. »

  • La longue et très actuelle histoire du 1er-Mai

    La longue et très actuelle histoire du 1er-Mai

    S’attaquer au 1er-Mai, seul jour férié et chômé du calendrier, c’est piétiner l’Histoire de France. Si le gouvernement de Sébastien Lecornu a fait mine de reculer en ne soutenant pas la proposition de loi d’Ensemble pour la République (groupe macroniste de l’Assemblée nationale), il a décidé de le satisfaire en partie en rompant avec le respect de la Journée internationale des travailleurs et ce dès ce 1er-Mai et en préparant un projet de loi autorisant les artisans boulangers et fleuristes à faire travailler « leurs » salariés le 1er-Mai 2027. Le tout sur la base du « volontariat », dont on sait ce qu’il pèse dans un rapport de subordination, c’est-à-dire rien. La décision n’est pas anecdotique. C’est une brèche ouverte. Pour mesurer la gravité de ce geste politique du macronisme finissant, mais surtout pour replacer le 1er-Mai dans l’histoire des conquêtes sociales, un bref retour historique est d’intérêt public.

    Au cœur de la matrice du 1er-Mai figure une revendication aussi vitale que centrale : la journée de huit heures de travail à une époque, le XIXe siècle, où les 12 heures quotidiennes sont la norme minimale, six jours sur sept. Dès 1880, « le journal L’Egalité publie un programme élaboré à Londres par Karl Marx, Friedrich Engels, Paul Lafargue et Jules Guesde. La réduction légale de la journée de travail à huit heures y figure comme l’une des principales revendications de son volet économique » relate l’Institut d’Histoire Sociale (IHS), rattaché au syndicat CGT. C’est lors des célébrations du centenaire de la Révolution française, en 1889, que « l’idée d’un mouvement national à date fixe prend corps ».

    En juillet 1889, le IIe Congrès international socialiste réunit à Paris 377 délégués venus du monde entier. Ils votent le 20 juillet une résolution qui marque la naissance officielle du 1er-Mai. Ce texte appelle les travailleurs à organiser « une grande manifestation internationale à date fixe de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail ». L’IHS complète : « Au cours des débats, la date retenue fut fixée au 1er mai, en référence à la décision, prise en 1888 par lAmerican Federation of Labor lors de son congrès de Saint-Louis, de faire du 1er mai 1890 un temps fort de lutte pour la journée de huit heures. » En France, le deuxième 1er-Mai, en 1891, demeure dans la mémoire collective : à Fourmies, dans le nord, l’armée tire sur la foule qui revendique la journée de huit heures. Même revendication le 1er-Mai 1906, où la CGT fait de la journée de huit heures le cœur de manifestations grandioses mais aussi meurtrières notamment à Paris. Une année marquée par la pire catastrophe minière à Courrières (Pas-de-Calais) qui fit 2 000 morts.

    Il faudra attendre 1919 pour conquérir les huit heures. La montée du fascisme puis du nazisme accélère l’histoire avec la construction du Front populaire. Le 1er mai 1936 annonce les grandes grèves et les accords de Matignon de juin avec la semaine de 40 heures, les congés payés… Des conquêtes que l’État collaborationniste dirigé par Pétain veut détruire en instaurant « la Fête du travail » en 1941. Après la Victoire sur le nazisme, le 1er-Mai retrouve figure humaine et, en 1947, le ministre communiste du Travail Ambroise Croizat le rend férié, obligatoire, chômé et payé. C’est toujours le cas en dépit de l’offensive des droites et de l’extrême droite en 2026. La guerre d’Algérie est un prétexte pour interdire, à Paris, les défilés du 1er-Mai de 1954 à 1967 ! La CGT décide en 1967 « de reconquérir les rues de Paris en lançant un appel à manifester de la République à Bastille ».

    Parmi les autres grands 1er-Mai figure 2002. Un marée humaine anti Jean-Marie Le Pen (FN), qualifié pour le second tour de la présidentielle. Vingt-quatre ans plus tard, le mouvement social est plus que jamais antifasciste alors que l’extrême droite toque aux portes de l’Élysée à moins d’un an du scrutin.

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille à 10h30 au Vieux-Port. Martigues à 10h, place Jean-Jaurès. Aix-en-Provence à 10h30, place de la Rotonde. La Ciotat à 10h30 à l’Union locale. Tarascon à partir de 10h30 à la gare. Salon-de-Provence à 10h, devant la mairie. Port-de-Bouc à 10h, parking des Sardinades. Port-Saint-Louis à 10h à la Bourse du Travail. Arles à 10h30, place de la République. Toulon à 10h30 à la Bourse du travail. Draguignan à 10h30 à la Bourse du travail. Saint-Raphaël à 10h30 au rond-point Kennedy. Avignon à 10h30, cours Jean-Jaurès, puis cortège vers le Palais des Papes. Digne-les-Bains à 10h30, place Général-de-Gaulle. Manosque à 11h place Rossini. Gap à 10h place de la République. Briançon à 10h30, esplanade de la mairie.

    PAROLES DE SYNDICALISTES

    Sabrina Manca, Secrétaire de l’Union départementale CGT Bouches-du-Rhône

    « Ce 1er-Mai est l’occasion de rappeler l’héritage des luttes ouvrières. Il ne faut pas oublier d’où il vient, que c’est un des seuls jours fériés, chômés et payés ! Ce n’est pas une fête, c’est un moment de lutte pour les droits des travailleurs, c’est une bataille qui a été menée par nos anciens. Il y a eu des morts pour nos droits. On continuera à se battre pour garder ce jour non travaillé, on ne le lâchera pas, d’autant que le gouvernement a voulu passer une mesure de travail pour le 1er-Mai. La mobilisation les a fait reculer, mais on sait qu’ils n’ont pas oublié et qu’ils reviendront à la charge en 2027. Si on perd le 1er-Mai, les travailleurs auront beaucoup perdu. »

    Propos recueillis par Amaury Baqué

    Patrick Vaniscotte, Membre du bureau départemental CGT Vaucluse

    « Le 1er-Mai est un symbole important pour les travailleurs. Et aujourd’hui, il est directement attaqué, en voulant imposer le travail à plus d’un million de personnes. On ne laissera personne supprimer cette journée de lutte. Une journée de mobilisation pour les salaires, la justice sociale, la défense des services publics, mais aussi la paix et la solidarité entre les peuples. Car ce sont les travailleurs et les civils qui trinquent. Sans oublier de rappeler la totale opposition aux valeurs et aux principes de l’extrême droite. On voit une partie de la droite aller dans ce sens, comme le montre le rapport de Charles Alloncle (UDR) contre l’audiovisuel public. Il faut refuser cette extrême droitisation de la vie politique. »

    Propos recueillis par Mack Salman

    Stéphane Martins de Araujo, Secrétaire général CGT ArcelorMittal Fos-sur-mer Bouches-du-Rhône

    « Le gouvernement attaque tous nos conquis sociaux et casse le monde du travail, tout ça pour rentrer de l’argent dans les caisses de l’État et le dilapider en aides aux entreprises. Heureusement que les camarades se sont levés avec certains élus pour faire reculer le gouvernement sur le 1er-Mai. Un peu comme les miniers, les métallos ont travaillé longtemps dans des conditions pas possibles avec des salariés qui venaient au travail et n’allaient pas au bout de leur vie. Ils se sont mobilisés pour qu’on aille mieux. On continue ces luttes pour améliorer la sécurité et la santé au travail. On se battra comme nos aînés pour travailler pour gagner notre vie et pas pour la perdre. »

    Propos recueillis par Antonin Maja

    Sylvain Moretti, Secrétaire départemental de la CGT Alpes-de-Haute-Provence

    « Le 1er-Mai appartient aux travailleurs, il est donc hors de question de se le faire voler par la droite et l’extrême droite ! Les mobilisations de demain ont pour objectif d’affirmer que le 1er-Mai restera pour tous et toutes une journée fériée chômée et payée ! Dans le même temps, la volonté de la CGT 04 est aussi de faire de cette mobilisation très attendue dans un contexte où le prix des carburants explose et pénalisent fortement celles et ceux qui tous les jours utilisent leur véhicule pour aller travailler, le point de départ d’un processus pour le blocage des prix du carburant et des augmentations de salaire. Les travailleurs n’ont pas à choisir entre conduire et manger ! »

    Propos recueillis par Lisa Défossez

    Pascal Maestracci, Secrétaire régional de la CGT construction bois et ameublement Paca

    « Ce 1er-Mai sera plus revendicatif que jamais puisque Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République à l’Assemblée nationale, a tenté de faire passer une loi sur ce jour chômé, le plus symbolique pour les travailleurs. Ce gouvernement a déjà essayé de nous enlever deux jours fériés. Nous continuerons sans relâche à défendre nos droits, à lutter contre cette volonté d’exploitation des classes laborieuses par les plus riches. Nous restons vigilants sur la déréglementation insidieuse du Code du travail. Elle n’est jamais favorable au salarié. On l’a vu sur Plan-de-Campagne : au début, c’était le dimanche sur la base du volontariat, et au final, c’est devenu un jour normal. On ne lâchera jamais le 1er-Mai. »

    Propos recueillis par Myriam Guillaume

    Richard Roméo-Giberti, Secrétaire de l’Union départementale CGT Var

    « C’est une journée pour les droits des travailleurs, et ce jour-là dans le monde entier les gens manifestent de manière coordonnée. Et dans une période où le pouvoir d’achat est attaqué, la crise des énergies grève le portefeuille de tout le monde, le gouvernement et ses alliés, la droite et l’extrême droite, ont secoué l’épouvantail du 1er-Mai et ont ouvert des brèches pour que puissent travailler des salariés. C’est conforme à leur grand projet qui est d’entamer toujours davantage les droits acquis des travailleurs. Lorsqu’ils vont s’attaquer à la cinquième semaine de congés payés j’espère que tout le monde ne trouvera pas ça normal. Alors, manifestons et soyons nombreux ! »

    Propos recueillis par Thierry Turpin

    Alain Tournay, Secrétaire départemental de la FSU Var

    « Ce 1er-Mai est un peu particulier, puisque le gouvernement, aidé par la droite la plus dure et l’extrême droite, voulait nous le voler. Aujourd’hui, grâce à la mobilisation, on a gagné le droit de continuer à avoir ce jour férié. Mais rien n’est joué, puisque de toute façon, ils vont réaborder ça l’an prochain. On veut rappeler que le 1er-Mai, ce n’est pas juste une tradition, c’est une journée de lutte. C’est pour ça qu’on veut un 1er-Mai le plus unitaire et le plus populaire possible. »

    Propos recueillis par T.T.

    Guillaume Pascal, Secrétaire général UD CFDT Bouches-du-Rhône

    « Le 1er-Mai est une journée internationale, fêtée dans 180 pays dans le monde, ce n’est pas une exception française. Aujourd’hui, il est attaqué, fragilisé. Et à force de dérogations : juste pour les fleuristes, juste pour les boulangers, juste ceux qui veulent, ça finit par juste tout le monde ! Ça a commencé avec Sarkozy et le travail du dimanche, ensuite les ordonnances Macron ont grignoté, jusqu’où va-t-on aller ? C’est encore un mépris des syndicats et des travailleurs. » A.B.

    Franck Balliot, Co-secrétaire général FSU Bouches-du-Rhône

    « On est dans une crise profonde du néolibéralisme, il y a une fuite avant du capitalisme. On le voit avec la position du gouvernement qui demande à ses agents du ministère du travail de ne pas sanctionner certaines entreprises lors des contrôles du travail à ce 1er-Mai, donc il leur demande de ne pas appliquer la loi. À côté de ça, les dépenses militaires augmentent, notre slogan pour ce 1er-Mai est donc de «financer les salaires, pas la guerre». »

    Propos recueillis par A.B.

    Etienne Raoul, Secrétaire général Force ouvrière Vaucluse

    « C’est une journée historique, 120 ans après les manifestations pour la journée de huit heures. La journée des travailleurs, ce n’est pas une journée de fête. Il faut rappeler que le budget de la défense dépasse celui de l’Éducation nationale, ce qui est inacceptable. On demande le maintien inconditionnel du caractère férié et chômé du 1er-Mai. Le volontariat le 1er-Mai, ça n’existe pas. Et on continuera à combattre les gouvernements, quels qu’ils soient. »

    Propos recueillis par M.S.

    Alexandra Pourroy, Représentante syndicale CGT poste et télécommunications (FATP) Hautes-Alpes

    « Le gouvernement a essayé de supprimer le 1er-Mai très récemment, et il y a encore des discussions en cours là-dessus dans certains secteurs, ça en fait donc un symbole particulier cette année. On le voit, sans cesse, les droits des travailleurs reculent, ceux des travailleuses je n’en parle même pas… Mais nous tenons à montrer qu’il y a toujours des gens qui veillent sur ces acquis sociaux et qui sont prêts à se mobiliser. »

    Propos recueillis par Ange Fabre

    Sylvain Bartet, Secrétaire départemental FSU Vaucluse

    « Cette journée n’a aucun équivalent, ni en termes symboliques, ni en termes pratiques. S’y attaquer est une offensive idéologique, presque une bataille culturelle. Et ce, de la part des députés macronistes, de droite et d’extrême droite. Ce qui est à nouveau la preuve de l’imposture sociale de l’extrême droite. Car ils sont contre le modèle social, la protection sociale, les droits sociaux. D’autant que cette journée arrive dans une situation très grave d’un point de vue économique, du fait des nombreux conflits. »

    Propos recueillis par M.S.

  • Les Provençaux, mauvais élèves de la vaccination

    Les Provençaux, mauvais élèves de la vaccination

    « Nous voulons rappeler à toute la population de Provence-Alpes-Côte d’Azur que la vaccination est l’une des plus grandes avancées en termes de santé publique. » Alors que la semaine européenne de la vaccination a débuté lundi, le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) de Paca, Yann Bubian, a rappelé ce mardi lors d’une conférence de presse l’importance des campagnes de vaccination.

    Dans la région, comme dans le reste du territoire, la confiance envers la vaccination est élevée avec 78% des 18-79 ans qui se déclarent très ou plutôt favorables aux vaccins, contre 80% en France. Pourtant, les Provençaux se vaccinent moins que le reste des Français, notamment contre le papillomavirus ou la rougeole. En Paca, moins deux filles sur cinq de 15 ans sont vaccinées contre trois sur cinq au niveau national, par exemple. « Alors que notre région est l’une des mieux desservies en termes de professionnels de santé, nous sommes l’une des pires en termes de couverture vaccinale », se désole le directeur général de l’ARS Paca. La région a toutefois connu des améliorations sur la vaccination contre la bronchiolite chez les nourrissons et la grippe chez les adultes.

    Hésitation vaccinale

    Des retards pour la région s’expliqueraient en partie
    par l’hésitation vaccinale. « Certaines personnes ont envie de se vacciner, mais ne sont pas sûres. Il faut donc un moment avec des professionnels de la santé qui les rassurent », explique Olivier Reilhes, directeur de la santé publique et environnementale à l’ARS Paca.

    Des hésitations en partie dues à la circulation de fausses informations au sujet des vaccins. Face à ces réticences, l’ARS souhaite mieux former les professionnels de santé, avec le développement d’un pacte anti désinformation. Cet outil permettra aux soignants de connaître les différentes théories qui existent pour mieux y répondre. La vaccination est également rendue difficile par l’éloignement de certaines populations du système de santé. Face à cette réalité, l’ARS mène donc des initiatives d’aller vers, où ce sont les acteurs de la santé qui vont à la rencontre des populations et non l’inverse.

    Des campagnes de vaccinations ont également été déployées dans plus de 400 collèges de la région, afin d’augmenter la couverture vaccinale contre le papillomavirus notamment, responsable de certains cancers. « Bien que les résultats restent en deçà de nos attentes, ces initiatives ont permis d’augmenter le nombre de filles et de garçons vaccinés », insiste Lauriane Ramalli, épidémiologiste chez Santé publique France. « Il faut donc que l’on continue à mobiliser pour faire mieux », conclut Olivier Reilhes.