Tag: Region SUD PACA

  • La consommation de crack et de kétamine augmente en Paca

    La consommation de crack et de kétamine augmente en Paca

    Réalisé par l’Agence régionale de santé (ARS), Addiction Méditerranée et l’observatoire français des drogues et des tendances addictives, le rapport basé sur le travail d’un réseau Sintes (Système d’identification national des toxiques et des substances) composé de 67 organismes collecteurs fin 2025, trace les tendances de consommation de drogue pour la région et Marseille.

    Les auteurs pointent notamment une « extension des usages de cocaïne sous forme basée (crack), principalement par des personnes en situation de pauvreté mais aussi par des personnes insérées. » Ils notent « une présence désormais très fréquente de la kétamine dans des contextes festifs divers, consommée par davantage de personnes, notamment de très jeunes gens (18-25 ans). » Une consommation aussi « au quotidien » par des 20-40 ans, dont de nombreuses femmes, « parfois en usage auto-thérapeutique. » Auparavant utilisé par les consommateurs en chemsex, l’usage des « cathinones » s’est développé également en « contextes festifs divers. »

    Dans la région, la résine de cannabis reste « le produit illicite le plus couramment consommé et vendu » acheminé depuis le Maroc, principal pays fournisseur. C’est de là aussi que provient « la majeure partie de l’herbe de cannabis consommée en Paca. » La cocaïne en poudre, la MDMA/ecstasy sont « très disponibles » dans la région « en zone urbaine comme rurale. » Côté protoxyde d’azote, « la mode de l’expérimentation semble passée (…) mais pour un petit nombre de personnes, des consommations se sont installées : régulières, importantes (plusieurs dizaines de ballons par jour), voire massives (une bonbonne – qui représente jusqu’à 70 ballons – ou plus à chaque session). »

  • [Entretien] François Crémieux, AP-HM : « Un outil de réponse en cas de crise sanitaire »

    [Entretien] François Crémieux, AP-HM : « Un outil de réponse en cas de crise sanitaire »

    La Marseillaise : Que va changer ce bâtiment pour l’AP-HM ?

    François Crémieux : Ce bâtiment Samu c’est l’un des premiers grands jalons de la rénovation et de la modernisation de l’assistance publique dans le cadre du plan Marseille en grand. C’est un outil technique de réponse en cas de crise sanitaire sur le département. Sur un plan strictement opérationnel, c’est un bâtiment qui était nécessaire pour installer les équipes du Samu zonal, du Smur de la Timone, du centre anti poison, des équipes du 31 14, qui est le numéro national de prévention du suicide, afin qu’elles puissent aussi travailler dans des conditions optimales.

    Une salle est dédiée aux « crises », cela concerne la crise climatique que nous vivons ?

    F.C. : On se souvient tous de la canicule de 2003 où il y avait eu un afflux de très grand nombre de patients très âgés qui avaient beaucoup souffert mais aussi beaucoup de décès. J’espère que notre pays est mieux préparé et sera mieux capable d’anticiper un risque climatique de ce type-là. À l’heure où on parle, il y a beaucoup d’appels au Samu parce que nos concitoyens ont des difficultés particulières, sont inquiets ou ont besoin de conseils. Les enjeux de crise climatique, ce sont ceux des conséquences sur la santé. C’est aussi le travail des équipes du Samu d’être capable d’y répondre.

    Vous dîtes espérer que le pays est « mieux préparé », l’AP-HM l’est-elle ?

    F.C. : Pour avoir connu la crise de 2003, il est clair que les hôpitaux, les professionnels de santé, les structures médico-sociales qui prennent en charge des personnes âgées ont considérablement évolué. Aujourd’hui, tout le monde sait ce qu’est le risque de chaleur extrême, les enjeux d’aérer la nuit pour refroidir et de se protéger du soleil la journée, mais aussi de faire attention à ne pas se déshydrater au détour d’une canicule. On a collectivement acquis une certaine expérience, malheureusement parce que le réchauffement climatique est là et qu’il va continuer à se poursuivre. Dans le Sud de la France, on était déjà relativement compétents en 2003, du côté des équipes soignantes, et on l’est aujourd’hui plus encore.

    Le Premier ministre a annoncé mardi activer le plan Orsan au niveau 2 sur 4, qu’est-ce que ça signifie ?

    F.C. : Ça dépend du niveau de gravité de la canicule dans les différentes régions, le système de santé va s’adapter, notamment pour être prêt à accueillir plus de patients d’urgence si c’était nécessaire. Aujourd’hui ce n’est pas le cas à Marseille, peut-être que ce le sera, on est capables de l’anticiper. Le sujet pour nous, à date d’aujourd’hui, c’est l’augmentation du nombre d’appels au centre 15. Ça signifie par exemple qu’on va renforcer un peu la salle de régulation pour garder un rythme de décroché qui soit très rapide. Si demain, il y a un plus grand nombre de patients qui viennent aux urgences on saura les prendre en charge. C’est faire en sorte notamment dans les structures de prise en charge de patients handicapés ou de personnes âgées, de faire très attention à elles, parce qu’on sait qu’elles sont les premières victimes potentielles de forte chaleur. Le système de santé au sens large du terme, est en train de s’organiser jour après jour, en fonction de la météo et en fonction de ce qui va se passer, pour être capable de répondre.

  • Investir aussi dans l’humain

    Investir aussi dans l’humain

    Le nouveau Samu zonal inauguré ce mardi à Marseille est une excellente nouvelle. Ces locaux sont enfin au niveau du deuxième Samu de France et de son activité impressionnante : 1 000 000 d’appels et 40 000 départs en intervention sont recensés chaque année. Des chiffres en constante augmentation.

    L’opération a été réalisée grâce à l’État qui a mis 17 millions d’euros sur la table dans le cadre du plan Marseille en grand mais aussi grâce au soutien de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur à hauteur de 6 millions d’euros même si les infrastructures de santé ne relèvent pas directement de ses compétences.

    Le résultat est un véritable coup de jeune pour le service public de santé.

    Guérir de l’austérité

    C’est un outil d’intérêt général qui couvre l’ensemble du territoire régional, en première ligne dans les situations d’urgence médicale comme nous pouvons en connaître notamment avec les fortes chaleurs qui pèsent durement sur les personnes les plus fragiles.

    Cette réalisation, aussi utile qu’elle puisse être, ne doit pas pour autant faire oublier l’importance d’investir avant tout sur l’humain.

    L’hôpital public est dans une situation d’extrême urgence de ce point de vue, et ce ne sont pas les inflexions données depuis la crise covid avec le Ségur de la Santé, qui permettront de le remettre sur pied.

    De nombreux recrutements, des hausses de rémunération demeurent prioritaires pour redresser notre système de soin. Et pour cela, l’État ne pourra pas compter sur l’appui de collectivités qu’il ponctionne d’ailleurs abondamment.

    C’est de l’austérité qu’il faut guérir.

  • Ubaye : le chantier du siècle

    Ubaye : le chantier du siècle

    « Nous sommes à près de 1 300m sur la route du Col de Larche, pas loin de la frontière italienne, pour visiter le Chantier du siècle. » Le président de la Région Sud Renaud Muselier a confirmé son soutien au chantier de sécurisation du Pas de la Rochaille porté par la présidente du Département Eliane Barreille qui est à la recherche de financements supplémentaires. Constatant « l’avancement des travaux », il a rappelé que son institution avait déjà engagé 8,5 millions en 2025 et voté 3 millions supplémentaires en 2026.

  • La Région Sud lance son plan canicule dans les gares

    La Région Sud lance son plan canicule dans les gares

    «Madame, un chapeau ou un éventail ? C’est la Région qui vous l’offre », demande éric, responsable satisfaction client, occupé à distribuer des équipements aux voyageurs sur le quai de la gare Saint-Charles. Ce lundi 22 juin, alors que Météo France a placé une large partie territoire en alerte orange canicule, la Région Sud a déclenché son plan canicule dans les trains régionaux pour informer et accompagner les usagers confrontés aux fortes chaleurs.

    Jean-Pierre Serrus, vice-président de la Région Sud en charge des transports et de la mobilité durable, est venu présenter le dispositif. « Ce plan canicule, comme son nom l’indique, est activé chaque fois qu’on est dans des conditions de canicule, explique-t-il. Nous adaptons nos dispositions selon les alertes Météo France. »

    Pour l’occasion, les agents de gare distribuent des chapeaux, des gourdes et des éventails sur les quais des trains régionaux. Des bouteilles d’eau sont également mises à disposition à bord des trains. « On a reçu tout le matériel avant même qu’on sache qu’il y avait une canicule. Dès qu’il y a de fortes chaleurs et que la Région donne son feu vert, on vient distribuer des éventails, des chapeaux et des gourdes. Des réassorts sont prévus pour avoir de quoi faire pendant la canicule », précise Éric.

    Des messages de prévention sont également diffusés sur les écrans de la gare pour rappeler les bons comportements à adopter, indique la Région. Toujours selon elle, des brumisateurs sont installés sur certains sites et huit gares régionales disposent désormais de fontaines à eau.

    Le dispositif semble bien accueilli par les voyageurs, selon Gaëlle, venue en renfort pour la distribution : « Ils ont tous le sourire, ça se voit que le dispositif est apprécié. » Jean-Louis, voyageur, confirme ce constat : « On vient d’arriver en train et on reste 48h à Marseille. Je trouve que c’est une bonne initiative de faire ça. Avec ma compagne, on n’avait qu’une gourde pour deux et maintenant, on en a une chacun ! »

    Des réponses aux fortes chaleurs

    Pour Jean-Pierre Serrus, ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large d’adaptation de la Région au changement climatique : « Nous sommes ce lundi matin aux côtés des usagers, mais cela fait dix ans que nous travaillons sur cette transition. Le plan climat repose sur deux temps d’action : d’abord l’adaptation des gares et du réseau aux températures, puis l’atténuation afin de réduire l’impact de notre activité sur le climat. »

    L’élu insiste également sur les investissements nécessaires pour améliorer le confort en cas de fortes chaleurs. « Aujourd’hui, il faut que les trains soient climatisés, que les gares soient aménagées avec des ombrières et des salons où l’on peut se rafraîchir. Évidemment, il faut que les rails et les infrastructures soient les plus résilients possibles en cas d’augmentation anormale de la température. »

    La Région poursuit le déploiement de son plan canicule en gare d’Avignon Centre, ce mardi matin.

    EN BREF

    Aubagne

    La Ville prend des mesures exceptionnelles « jusqu’au vendredi 26 juin inclus ». Si l’école est maintenue, la municipalité recommande aux parents « de récupérer leurs enfants l’après-midi ».

    Des lieux sont mobilisés pour permettre aux habitants de se rafraîchir, comme la Maison du Partage, ouverte et climatisée de 14 à 18h, et le parc Jean-Moulin, accessible jusqu’à 23h. Pour les agents, la Ville annonce le « décalage des horaires de travail et une limitation des tâches physiques ». La question du maintien de la grande braderie, le 28 juin, reste en suspens.

    Avignon

    La Ville ouvre exceptionnellement ses parcs et jardins jour et nuit jusqu’au 31 août pour offrir des espaces de fraîcheur. Les parcs de la Croix de Noves, de la Cantone et le jardin des Doms ne sont pas concernés et restent ouverts jusqu’à 22h.

    Toutes les déchetteries du Grand Avignon passent en horaires « canicule ». Celles de Caumont, de Sauveterre, de Vedène et de Velleron sont accessibles de 7h à 12h30 sur leurs jours d’ouverture. Les déchetteries de Courtine, d’Entraigues et de Montfavet ferment leurs portes à 14h.

    Bollène

    À compter de ce mardi, la Ville indique que les écoles sont ouvertes uniquement le matin, la piscine gratuite l’après-midi et la veille sanitaire auprès des publics fragiles activée.

    Les activités sportives et extrascolaires sont suspendues durant l’alerte.

    Toulon

    La Ville et le CCAS ont lancé leur dispositif de veille saisonnière le 2 juin, pour accompagner les personnes vulnérables et isolées face à la chaleur. Celui-ci prévoit des appels, SMS et interventions à domicile pour les personnes dites à risque, en cas de canicule. La démarche d’inscription s’effectue par téléphone auprès du CCAS (04.94.24.65.25), et peut être réalisée par les proches des personnes concernées.

    Draguignan

    La mairie met à disposition des habitants une salle climatisée à la Résidence autonomie de l’Îlot de l’Horloge, un établissement d’hébergement pour les personnes âgées autonomes. Elle est accessible de 12h à 21h, au 130 rue de la Juiverie.

  • Un réseau régional pour défendre une santé planétaire

    Un réseau régional pour défendre une santé planétaire

    L’environnement a un impact sur notre santé. C’est à partir de ce constat simple que l’Agence régionale biodiversité environnement (Arbe), sous l’impulsion de l’Agence régionale de santé (ARS), a lancé ce lundi le réseau régional « Une seule santé ». Une centaine de professionnels de la recherche, de la santé, de l’environnement et des collectivités se sont réunis à l’Institut méditerranéen de la ville et des territoires pour ce lancement.

    Cette approche, qui intègre l’environnement dans les réflexions autour de la santé, est apparue dans les années 2000 au sein des agences internationales, avant de s’imposer progressivement dans les politiques publiques et les collectivités. L’idée principale est que les santés humaine, animale et végétale sont interdépendantes et liées à celle des écosystèmes dans lesquels elles évoluent. Il devient donc impossible de penser la santé sans prendre en compte l’environnement dans lequel vivent les populations.

    « Ce type d’approche permet d’arrêter de travailler chacun dans son coin et de faire dialoguer des domaines qui sont parfois hermétiques les uns aux autres », s’enthousiasme Thomas Margueron, responsable santé environnement de l’ARS. Lancé en 2024, le projet est porté par l’Arbe, choisie par l’ARS. L’objectif est de créer des synergies entre les différents acteurs, notamment à travers des groupes de travail ainsi qu’un annuaire commun pour faciliter les échanges.

    Pour cette première année, trois axes de travail prioritaires ont été définis : remettre de la nature en ville, développer la prescription de nature pour les patients et renforcer la surveillance des zoonoses, ces maladies infectieuses transmises à l’homme par les animaux.

    Engager les collectivités

    L’ambition est également d’engager les collectivités dans ces démarches, « car ce sont elles qui ont les principaux leviers d’aménagement du territoire », insiste Audrey Michel, directrice de l’Arbe région Sud. Cela concerne notamment la végétalisation des villes, l’alimentation ou encore la qualité de l’air. « Notre rôle [en tant qu’agences régionales] est d’accompagner les collectivités dans leur démarche. Et d’avoir des applications concrètes de cette approche. »

    Un réseau régional d’autant plus riche que de nombreuses expérimentations existent déjà sur le territoire, comme à l’hôpital du pays salonais ou à la Ville de Marseille, qui a créé une direction dédiée à cette question. Un réseau pour réfléchir ensemble et s’inspirer des initiatives existantes.

  • Les communistes unis face aux futurs combats

    Les communistes unis face aux futurs combats

    Une légère brise rafraîchit le barnum dressé devant la Maison des communistes, dans le 15e arrondissement de Marseille, ce vendredi après-midi. « On a souvent tendance à dire que lorsque les cerveaux phosphorent, cela crée une chaleur particulière, sourit le secrétaire départemental réélu à la tête du PCF dans les Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi. Au regard de la chaleur dans la salle, vous avez bien travaillé ! »

    Pendant trois jours ce week-end, les délégués des sections du Parti communiste ont débattu sur les plus de 900 amendements destinés à enrichir le texte choisi pour leur 40e congrès, qui viendront nourrir les débats nationaux à Lille, du 3 au 5 juillet. « J’avais ouvert mon discours en disant que la vocation du congrès est de trouver une voie commune au rassemblement de tous les communistes, partage Jérémy Bacchi. Avec un texte approuvé à 97,6%, le rassemblement des communistes a été pleinement respecté. »

    Contre l’extrême droite

    À l’issue de cette conférence fédérale, le conseil départemental a aussi été renouvelé de moitié, et largement rajeuni, avec 71% de ses membres âgés de moins de 55 ans. « Ce futur conseil départemental devra être un collectif capable d’impulser des initiatives, un outil capable de renforcer notre présence dans les luttes », précise Sophie Celton, de la section de Septèmes.

    « Nous sommes la première force politique du département, aussi bien en nombre d’élus qu’en nombre d’adhérents, insiste de son côté Jérémy Bacchi. Cela implique de lourdes responsabilités : nous devons réussir collectivement à nous hisser à la hauteur des enjeux. » Et de lancer : « Nous avons une volonté forte, d’avoir un Parti communiste à l’offensive. »

    Parmi les priorités, la lutte contre l’extrême droite, « qui partout où elle arrive au pouvoir entraîne des guerres, des conflits, la montée des nationalismes, le rejet de l’autre », énumère le sénateur. Alors il veut dénoncer sa supercherie sociale, rappelant que le député RN Emmanuel Fouquart s’est ainsi refusé à soutenir la proposition communiste d’une nationalisation d’ArcelorMittal, pourtant implanté sur sa circonscription. « L’extrême droite a une visée culturelle qui est une visée identitaire, prévient aussi l’ancien député Pierre Dharréville, qui a porté cet enjeu dans le débat. Ils sont dans une logique d’atteinte à la liberté de création, ils veulent formater les esprits et instrumentaliser le geste culturel dans la bataille culturelle qui est la leur. Nous avons besoin d’être au rendez-vous de cette bataille culturelle. »

    Pour les militants, celle-ci s’entremêle avec les combats sociaux menés sur le territoire. « Sur les questions industrielles, sur le service public, nous avons intérêt à monter d’un cran, à mener des batailles d’ampleur, appelle Jérémy Bacchi. C’est au cœur de l’entreprise que nous arriverons au mieux à mener la bataille idéologique. »

    La présidentielle en vue

    Au cœur de cette bataille, c’est la défense d’un socialisme aux couleurs de la France qui a largement animé les débats. « La perspective, c’est le communisme, l’idée qu’il faut changer radicalement le rapport des hommes entre eux pour les fonder sur une culture de connaissances, d’échanges, une bataille du bonheur, défend Luc Foulquier, de la section d’Aix. Mais cela ne se fera pas comme ça, il faut toute une série de conditions, dont le passage par le socialisme, une société qui change la nature de l’état et place comme perspective la réponse aux besoins. » En prenant en compte un contexte national, une histoire de luttes.

    Au-delà des débats sur l’écologie ou la protection de l’enfance, les échanges ont aussi majoritairement défendu la légitimité d’une candidature communiste pour la présidentielle, qui doit être approuvée en septembre. « Je suis très conscient du danger que représente l’extrême droite, mais face à un danger imminent, il ne faut pas faire n’importe quoi, défend le conseiller national Anthony Gonçalves. Je ne crois pas que le ralliement sans discussion, sans contenu, à une candidature qu’on nous propose comme la seule manière de faire reculer le RN soit une hypothèse raisonnable, elle a toutes les chances de nous envoyer dans le mur. »

    Mais avant les échéances électorales, les communistes veulent continuer à faire vivre la solidarité internationale. « Nous aurons l’honneur de recevoir à notre initiative Fadwa Barghouti [avocate et femme du leader palestinien emprisonné Marwan Barghouti, Ndlr] le 2 juillet, pour poursuivre
    le rapprochement avec l’Organisation de libération de la Palestine
     », annonce Jérémy Bacchi.

    LES SECRÉTAIRES FÉDÉRAUX ÉLUS DANS NOTRE RÉGION

    Jérémy Bacchi, Bouches-du-Rhône

    Ce dimanche après-midi à la Maison des communistes des Bouches-du-Rhône, dans le 15e arrondissement de Marseille, le sénateur Jérémy Bacchi n’a pas caché son émotion au moment d’être réélu pour un troisième mandat, à la tête d’une fédération devenue la première au niveau national. « C’est le signe d’une confiance réciproque, tant mon attachement aux communistes est profond », soulignait-il en conclusion de ces trois journées de conférence fédérale, en insistant : « Vue l’ampleur de la tâche, on n’arriverait pas à tenir autant de temps si on n’aimait pas autant les communistes. »

    Après un large renouvellement de l’exécutif départemental, avec un rajeunissement des cadres du PCF, il pose d’emblée, parmi les enjeux de ce nouveau mandat, la nécessité de construire l’avenir. « Les conditions sont réunies pour faire de ce mandat, un mandat de transition, dans une fédération qui compte 2 500 militants, avec autant de jeunes cadres », pose-t-il. Pour remplir l’objectif de ce nouveau mandat, il met en avant un nécessaire travail plus collectif de la direction départementale du parti, mais aussi la nécessité de donner une visibilité plus diversifiée des représentants fédéraux dans l’expression des communistes, dans les prises de parole. « Nous arriverons à relever ce défi », assure l’ancien éducateur, qui met aussi en avant sa volonté de « donner à voir de la richesse et de la diversité » parmi les militants communistes des Bouches-du-Rhône.

    Y.S.

    Sylvie Vinceneu, Var

    À bientôt 71 ans, Sylvie Vinceneux était la seule candidate à la succession de Pierre Daspre, qui reste toutefois au conseil après ses deux mandats. Militante PCF dans les Bouches-du-Rhône depuis les années 2000, arrivée dans le département en 2021, elle était, depuis 2023, la secrétaire de la section Sud-Sainte-Baume, poste qu’elle cède à Jo Rodriguez.

    Elle devient ainsi la deuxième femme à occuper la fonction de secrétaire fédérale dans le Var, après Danielle de March (1965-1994). « Elle m’a envoyé un message pour me féliciter. Avoir nommé une femme est un symbole », se réjouit-elle. Un symbole qui se retrouve aussi au sein d’un conseil rajeuni et largement renouvelé, de manière strictement paritaire (15 hommes, 15 femmes). « Cette féminisation va permettre de mieux s’adresser aux travailleuses, qu’on a du mal à faire adhérer », espère Sylvie Vinceneux, qui compte également profiter d’un mandat marqué par les nombreuses élections (cinq en trois ans) pour « aller vers les Varois et faire connaître nos propositions ».

    L’ancienne directrice d’organismes HLM, responsable de la commission nationale logement du PCF depuis 2023, portera forcément un œil avisé sur cette question très prégnante dans le Var et « étroitement liée à celle de l’emploi ». Au rang des priorités également, la paix, « dans un département militaro-industriel », et la défense des services publics « mis en péril comme on peut le voir à l’hôpital de La Seyne et à la Poste de Saint-Maximin, par exemple ».

    Ad.B.

    David Pascal, Vaucluse

    David Pascal est depuis samedi le nouveau secrétaire fédéral du PCF en Vaucluse. À 41 ans, ce moniteur éducateur dans le médico-social, marié et père de deux enfants, vit à Entrechaux, au pied du mont Ventoux. Engagé depuis une quinzaine d’années au Parti communiste, il était jusqu’ici secrétaire de la section d’Orange et membre du conseil départemental.

    Il succède à Julien De Benito au terme d’un « congrès serein et apaisé », marqué par un travail approfondi en amont ayant permis l’adoption d’une cinquantaine d’amendements visant à « enrichir le texte sans le dénaturer ». Le nouveau conseil départemental compte 29 membres à parité. « 14 camarades y font leur entrée », souligne David Pascal, « c’est aussi un rajeunissement et panel de ce que représentent nos territoires, avec des jeunes, des vieux, des actifs, des fonctionnaires, des syndicalistes, des acteurs de la lutte féministe et associatifs ».

    L’ambition affichée : renforcer la présence du parti sur les communes notamment rurales ; travailler sur la jeunesse autour de l’Université d’Avignon ; coordonner les actions fédérales sur de grandes mobilisations donnant de la visibilité ; et poursuivre le travail unitaire à gauche avec en point d’orgue la fête de La Marseillaise. « Il faut remercier Julien qui a réussi à maintenir un PCF à la hauteur dans un département qui est le laboratoire de l’extrême droite », conclut David Pascal.

    Ch.C.

    Sophie Delfino, Hautes-Alpes

    Réélue à la tête de la fédération des Hautes-Alpes, Sophie Delfino entame ce deuxième mandat sous le signe du renforcement. « Le congrès s’est bien passé, on a beaucoup débattu », souligne la professeure des collèges, âgée de 62 ans. « On s’est focalisé sur les gestes d’orga à produire pour renforcer le parti, donc le lien avec les sympathisants, les associations et les partenaires progressistes en général. » L’ambition est de redonner au PCF toute sa place dans le paysage local, alors que l’extrême droite est à l’orée du bois.

    La fête fédérale organisée samedi à La Bâtie-Neuve, près de Gap, largement tournée vers la jeunesse, sera un premier test. « Les sections étaient en sommeil, il n’y avait plus de fête fédérale, on a remis tout ça en action et il faut maintenant aller plus loin », insiste-t-elle. Pour y arriver, Sophie Delfino s’appuiera sur un conseil départemental renouvelé et resserré. « Plus énergique, plus dans l’action et l’ouverture », espère-t-elle, avec une attention particulière portée aux jeunes, aux non-adhérents et aux acteurs progressistes. La culture et la formation populaire seront l’autre axe majeur. En parallèle, Sophie Delfino aspire à poursuivre son travail au Conseil national, notamment sur les questions culturelles et migratoires, en lien avec les réalités de son territoire. Enfin à l’approche des JO d’hiver 2030, avec l’ambition sera aussi de travailler de concert avec les fédérations voisines.

    Ch.C.

    Bertrand Perrin, Alpes-de-Haute-Provence

    Bertrand Perrin, 41 ans, a été réélu ce week-end pour un 4e mandat à la tête de la fédération des Alpes-de-Haute-Provence, dont il est secrétaire fédéral depuis 2016. « On a fait un très bon congrès, sur le fond, avec un débat en trois temps. D’abord, les questions qui traversent la société, au travers du texte de la base commune qui a été votée très largement, ensuite le fond du parti et de son travail idéologique, puis la stratégie et l’organisation de notre fédé, au regard de notre territoire très rural, très étendu et sans grand centre urbain. » Ce travail doit se concrétiser après le congrès national à Lille dans quinze jours, où six délégués se rendront.

    Le conseil départemental a été renouvelé à 50%, « avec l’entrée de pas mal de jeunes » et une représentation de chaque territoire, un défi pour ce territoire comptant « beaucoup de petits villages avec des petites sections ». La feuille de route entend poursuivre le travail en direction des salariés et renforcer l’implantation de la fédération déjà classée 6e nationale en ratio adhérents/habitants. « On va continuer d’essayer d’amplifier l’effort en direction du monde du travail mais aussi de la jeunesse, un axe de bataille difficile car on n’a pas de structure post-bac. » L’objectif est aussi de renforcer les initiatives et de s’appuyer sur la « bataille des services publics ». Enfin, la fédération entend se tourner davantage vers le monde agricole, un axe jugé prioritaire pour le mandat.

    Ch.C.

  • Un nouvel épisode de canicule démarre

    Un nouvel épisode de canicule démarre

    Des jours chauds et des nuits tropicales… Un peu épargnée jusque-là, notre région rentre à son tour dans la séquence canicule qui sévit déjà dans une bonne partie de la France. Alors que 49 départements sont placés « en vigilance rouge canicule » lundi, un record, à partir de midi, les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et du Vaucluse sont placés en vigilance orange.

    Une période de chaleur « longue, intense » avec « en début de semaine, les températures les plus chaudes jamais observées », a prévenu dès ce vendredi Sophie Voirin, permanencière à la direction de Météo France lors d’un point de situation. Dès le dimanche, « des pointes à 40 degrés dans l’intérieur de la Provence » seront atteintes précise-t-elle. Un épisode similaire à celui de juillet 2019 et août 2003 ajoute-t-elle en termes d’intensité pour les températures, aussi bien la nuit que le jour.

    Plus précisément ce sera chaud dans le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence ou les Bouches-du-Rhône, indique Paul Marquis, météorologue indépendant, qui assure des prévisions locales avec son application « La météo du 13 ». Un épisode dont la fin reste pour le moment incertaine, mais pourrait durer au moins toute la semaine. « Des modélisations voient la canicule perdurer jusqu’au 28 juin, d’autres jusqu’au 3 juillet », précise-t-il.

    « étant donné la masse d’air chaud, le dôme de chaleur qui va s’inviter à partir de ce week-end sur le pays, est un élément météorologique qui, une fois qu’il est en place, met du temps à bouger, à évoluer », confirme François Gourand, prévisionniste à Météo-France.

    Un impact sanitaire

    Cette chaleur va peser lourd sur les organismes. « La santé de la population dans son ensemble peut être affectée », alerte Sophie Voirin, rappelant qu’un numéro vert a été mis en place* par le ministère de la Santé. C’est d’ailleurs quand on prend en compte l’impact sanitaire qu’on utilise le mot canicule détaille François Gourand.

    Pour ce qui est des alertes météo, des départements classés orange pouvant passer au rouge cette semaine, « les critères se basent sur les seuils de température par département qui tiennent compte des canicules passées et leurs impacts sur la mortalité et le niveau d’acclimatation du territoire » poursuit Sophie Voirin. Provence-Alpes-Côte d’Azur a été la région la plus touchée en 2025, avec la mortalité attribuable à la chaleur la plus importante de l’hexagone, note dans son bilan publié en février 2026, Santé publique France. Soit plus de 710 décès attribuables à la hausse des températures. Concernée par 3 des 4 épisodes de canicule cette année-là, la région a vu grimper le recours aux soins d’urgence. Près de 2 800 pour canicule enregistrés pendant l’été, dont 27% pendant les épisodes météo, deux-tiers de ces passages étant suivis d’une hospitalisation poursuit l’agence nationale. Toutes les classes d’âges étaient concernées mais les personnes de 75 ans ou plus ont été les plus touchées précise-t-elle.

    Parmi les populations fragiles, on retrouve aussi les personnes à la rue. « Elles meurent de chaud, l’accès à l’eau est vital en période de canicule, plus encore pour les personnes sans abri, particulièrement exposées », alerte Médecins du Monde ce jeudi 18 juin, qui « demande une mise à l’abri immédiate » et « l’accès à un accueil et à un logement dignes ».

    Avec cette fournaise, le risque incendie sera également élevé prévient Sophie Voirin, la « météo des forêts » passant à l’orange pour la semaine, et même rouge dans le Vaucluse depuis vendredi dernier. Le taux d’humidité de 20% rendant ce département et le nord des Bouches-du-Rhône particulièrement exposés.

    Après celle déjà vécue fin mai, cette nouvelle vague de chaleur ne surprend pas. « On l’a vu venir il y a une semaine » commente Paul Marquis. « Nous nous attendons à observer des canicules de plus en plus précoces, intenses, fréquentes et tardives », analyse Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France. De là à dire que l’été sera brûlant, il n’y a qu’un pas que ce dernier se refuse à franchir. « Il n’y a pas de lien entre la canicule que nous connaissons et la suite de l’été. Les événements sont indépendants. La canicule que nous connaissons, aussi intense soit-elle, ne présage en rien de l’été qui arrive », assure le scientifique.

    Mireille Roubaud

    * Canicule info service
    au 0800.06.66.66

  • Pas un bulletin météo

    Pas un bulletin météo

    La Provence entre en épisode caniculaire. Des pointes à 40° sont annoncées, des records de températures aussi bien la nuit que le jour… Nul bulletin météo dans ces informations mais l’occasion de rappeler les impacts qu’ont ces hausses de températures liées au réchauffement climatique. Elles provoquent des décès au travail comme ce jeune couvreur de 19 ans mort d’hyperthermie dans la Drôme. La canicule tue aussi au quotidien. L’an dernier la Région Sud avait été la plus frappée par la mortalité attribuable à la chaleur. Si les plus de 75 ans sont les plus touchés, les personnes fragiles sont aussi dans la rue. La canicule est enfin synonyme de risques incendie accru ou de saturation des Urgences.

    Adaptation ?

    Les scientifiques martèlent que le dérèglement climatique va provoquer des canicules toujours plus fréquentes et intenses. On le constate déjà. Et pourtant, l’adaptation qui permettrait de dépasser les mesures improvisées dans l’urgence n’est pas au rendez-vous. Il y a bien un plan national et des ministres pour se féliciter régulièrement des progrès de la France. Mais dans les faits, le fonds vert qui permet de soutenir les collectivités territoriales pour la transition écologique a été divisé par deux entre 2024 et 2026 et est à nouveau menacé d’une coupe franche de 162,5 millions d’euros. Le Haut conseil pour le climat répète que différer les investissements entraînera une augmentation des coûts à long terme mais manifestement le gouvernement n’en a cure. Imaginer que c’est parce que ce sont les travailleurs et les plus fragiles qui en payent le coût le plus élevé serait paranoïaque ?

  • « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    « Les cheminots continuent le combat en région Sud-Paca »

    La Marseillaise : Vous sortez d’une conférence pour le secteur CGT cheminots Paca avec un changement de secrétaire général. Quelles étaient les grandes lignes des discussions entre syndiqués ?

    François Tejedor : Cette conférence se tenait dans un contexte particulier. Il y a une montée des guerres partout dans le monde mais aussi de montée l’extrême droite, là encore à un niveau international. Côté entreprise, il y a l’ouverture à la concurrence, des réorganisations et des situations dramatiques avec un nombre important de suicides depuis le début de l’année. On a une trajectoire qui est au-delà de celle de France Télécom, un service public qui a subi un éclatement. Et c’est ce qu’on vit depuis 2018 mais on constate une accélération dans ce processus d’éclatement. Cette accélération a comme conséquence ces situations dramatiques pour la famille cheminote.

    Cédric Gimenez : En effet, la question de la montée des idées d’extrême droite a fait l’objet d’un certain nombre de débats dans notre conférence. Ce n’est pas par hasard que nous l’avons tenue dans le Var puisqu’elle est particulièrement présente dans ce territoire. Quelque part, cela fait le lien avec les décisions politiques qui touchent notre entreprise avec son éclatement. Dans la région, on est en avance par rapport à d’autres. Il y avait donc un réel besoin d’analyser le niveau d’attaques, les conséquences et la riposte que cela implique. Comme nous sommes la première région a réellement faire face à l’ouverture à la concurrence, la question de notre réaction se pose. On sort rassurés des débats de cette conférence.

    Rappelons aussi le 10 juin, qui a montré qu’on était toujours en capacité de mobiliser les cheminots. Plus que ça : quels que soient les cheminots et quelle que soit l’entreprise. Dans notre conférence, il y avait d’ailleurs naturellement les camarades de Transdev et ceux de la filiale SNCF Voyageurs Sud Azur (SVSA). Cela montre qu’on est capable de s’unir autour d’un même objectif : l’unification de l’entreprise. Et pour y arriver, il faudra franchir des marches tous ensemble, en s’organisant.

    La lutte contre l’extrême droite est un sujet au cœur de l’histoire des cheminots. Quel lien faites-vous entre sa montée et les politiques libérales que vous pointez ?

    F.T. : Nous avons un Conseil régional, pour notre région Sud, qui est dirigé par la droite et l’extrême droite en réalité. À chaque assemblée où il y avait des votes sur des questions d’ouverture à la concurrence et d’éclatement de l’entreprise, c’est la majorité de droite qui portait ces orientations mais avec un accompagnement et des votes favorables de l’extrême droite pour celles-ci. L’extrême droite a soutenu toutes les propositions qui ont conduit à cette ouverture à la concurrence.

    Plus globalement, le Medef reçoit le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, il banalise ses idées. Et ce n’est pas une coïncidence que Jordan Bardella annonce que l’âge de départ à la retraite n’est pas un totem pour lui dans le même laps de temps. On voit bien qu’il sourit au patronat pour accéder au pouvoir, en attaquant les droits des travailleurs.

    C.G. : La lutte contre l’extrême droite fait partie de notre ADN, elle est inscrite dans nos statuts, c’est non-négociable. Tout ce qui sera possible de faire pour la contrer, on le fera. Ce qu’on doit faire aussi, c’est porter nos revendications qui sont reprises par certaines organisations politiques et progressistes. On doit mettre en avant les idées reprises par des partis proches de nous. On doit donc mener un double combat : combattre ces idées de front tout en portant un projet de société. Il s’agit pour nous de parler du développement du service public ferroviaire. Prenons l’exemple des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes françaises, beaucoup de choses ont été dites mais les premiers concernés, les cheminots, doivent se faire entendre.

    Ce projet de société que vous évoquez va-t-il évoluer entre le précédent mandat et le prochain ?

    C.G. : C’est un mandat qui sera dans la continuité de ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. Il n’y a pas de volonté de rupture, c’est plutôt clair. Il y a aussi une volonté de peser dans le débat public. On s’aperçoit que beaucoup de gens parlent du ferroviaire, mais sans vraiment le connaître. On ne dit pas que les cheminots ont la science infuse, mais nous sommes les premiers concernés. Encore plus car la CGT est la première organisation syndicale. Il y a aussi plusieurs enjeux pour ce mandat. Par exemple, la jeunesse où il y a une attention particulière. On a d’ailleurs un collectif jeunes cheminots Paca établi de longue date. Une des annonces phares de notre conférence était d’ailleurs une « initiative jeune » à la rentrée. Autre élément, il y a les élections professionnelles qui arrivent à la fin de l’année. Et qui dit élections professionnelles, dit positionnement de la CGT vis-à-vis d’autres organisations syndicales parfois complaisantes avec le capital ou la direction. Et je dis cela sans dénigrer ces organisations, puisque quand on est unitaire sur un sujet, on a de bons résultats. Mais sur beaucoup de sujets, la CGT est bien seule. C’est un réel enjeu.

    Vous sortez d’une grosse journée de mobilisation, le 10 juin. Elle est le résultat
    d’une colère face à toutes les problématiques que vous évoquez
     ? Quelle suite ?

    F.T. : Cela fait un moment qu’on sent de la colère. Je pense aux contrôleurs en 2022. L’entreprise a lancé une série de chantiers sur les métiers mais sans aboutir. Dernièrement, dans SNCF Voyageurs, la direction voulait remettre en cause 5 jours de RTT, ce qui est une remise en cause déguisée des 35 heures. Les Négociations annuelles obligatoires [NAO] du début d’année n’ont rien arrangé puisque l’entreprise a peu donné alors qu’on a perdu 12% du pouvoir d’achat en 10 ans ! Cette accumulation a créé une colère qui avait du mal à s’exprimer jusqu’au 10 juin. Finalement, le niveau de mobilisation est historique car de même hauteur que lors de la lutte contre la réforme des retraites. Selon les métiers et les lieux, on avait des 80 % à 90 % de grévistes. Il s’est passé quelque chose lors de ce 10 juin. C’est une alerte qui doit être entendue par la direction. Si ce n’est pas le cas, la colère sera encore plus forte.

    C.G. : Il ne faut pas résumer le 10 juin à la date en elle-même. Il y a eu toute une phase de construction en amont, on a arraché l’unité syndicale malgré des intérêts divergents sur fond d’élections professionnelles. Il y aura certainement des suites, puisque le niveau de mobilisation était aussi fort que lors de la lutte contre la réforme des retraites en 2023. Sans présager de l’avenir, on sent que la direction va devoir agir car elle a reçu une alerte très forte. D’autant qu’une table ronde est prévue, le 23 juin. On ne s’interdit rien à l’issue de celle-ci.