Tag: Printemps Marseillais

  • [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Marseille, la gestion RN sous vigilance accrue dans les 9-10

    [Ces villes face à l’emprise de l’extrême droite] À Marseille, la gestion RN sous vigilance accrue dans les 9-10

    Dans les locaux de la rue Augustin-Aubert (9e), Karim Lali, directeur général et cofondateur de l’Association de promotion de l’ingénierie socio-éducative – qui gère notamment cinq centres de loisirs dans le 9e arrondissement – ne se dit pas inquiet. « Je suis dans l’associatif depuis 35 ans. Je suis incollable, je connais par cœur les compétences de chaque collectivité. Je serai intransigeant », assure-t-il, confiant.

    Présent sur la liste du Printemps marseillais (PM) pour la mairie des 9-10, il siégera parmi les neuf conseillers d’opposition face à la nouvelle majorité de secteur dirigée par Éléonore Bez (RN), élue dimanche avec un peu plus de 50% des suffrages exprimés. « Si la Ville était tombée aux mains de l’extrême droite, je mettais la clé sous la porte en 3 ans. Mais, au niveau du secteur, leurs compétences sont réduites, souligne-t-il. Je suis curieux de voir ce qu’ils vont faire, car ils ont basé toute la campagne sur la sécurité, qui n’est pas du tout de leur ressort. »

    Des points qui inquiètent

    Gestion des équipements sportifs de proximité, des centres aérés municipaux ou encore des maisons de quartier : même limitées, les compétences d’une mairie de secteur peuvent peser sur la vie quotidienne d’un quartier. « Il y a bien sûr quelques points d’inquiétudes, note Sophie Guérard (PM), elle aussi élue d’opposition. Vont-ils trier les enfants à l’entrée des centres aérés, comme avec leur projet de trier des gens sur la plage [Franck Allisio (RN) proposait dans son programme de filtrer l’accès aux plages et aux parcs, Ndlr] ? L’utilisation des gymnases sera-t-elle réservée à certaines associations, en fonction de leur activité ? Nous serons extrêmement attentifs. »

    Au cœur de la Cayolle (9e), quartier prioritaire au pied des calanques, Ouahiba Sadou Hambli, présidente de l’association Parents, espère que l’arrivée du RN n’affectera pas le bon vivre ensemble. « Depuis 17 ans que notre structure existe, nous essayons de favoriser le lien social dans notre quartier, en valorisant la culture, en accompagnant les habitants et en facilitant les relations entre les familles et les institutions, détaille la maman de 57 ans. On lutte quotidiennement contre la haine, la division, pour montrer qu’ensemble, on peut faire de très belles choses. J’espère que le RN n’abîmera pas ce travail, en montant les gens les uns contre les autres. »

    Olivier Rioult retourne à l’Assemblée

    Après avoir remporté, dimanche, l’élection dans les 11e et 12e arrondissements, le délégué du RN à Marseille, Olivier Rioult, va aussi pouvoir faire son retour à l’Assemblée nationale. Après avoir échoué aux législatives en 2024, il avait en effet été embauché comme collaborateur par la députée Monique Griseti. S’il s’était retiré le temps de la campagne, il est depuis mardi enregistré de nouveau sur le site de l’Assemblée. Va-t-il cumuler avec la mairie de secteur ? Sollicité, il n’a pas donné suite.

    Y.S.

  • [Infographie] Une majorité confortable pour Benoît Payan

    [Infographie] Une majorité confortable pour Benoît Payan

    Forte de 54,34% des suffrages, la nouvelle majorité du Printemps marseillais s’assure une avance confortable avec 73 élus sur les désormais 111 sièges du conseil municipal, version réforme de la loi PLM, soit 10 de plus qu’en 2020. Pour mémoire il y a 6 ans, en pleine crise sanitaire, il avait fallu ferrailler dur pour que l’écologiste Michèle Rubirola prenne la tête de la Ville, avec le soutien de Samia Ghali (DVG) qui briguait elle aussi le poste dans un premier temps.

    Devenue finalement maire adjointe, cette dernière a désormais intégré le Printemps marseillais et fait partie des piliers sur lesquels s’appuie le Printemps nouvelle mouture. Tout comme Pierre Huguet (G.s), ex-adjoint à l’Éducation, Éric Méry, ex-adjoint à l’Urbanisme, le député PS Laurent Lhardit, les socialistes Joël Canicave, ex-adjoint aux Finances, Anthony Krehmeier, maire des 2-3 réélu, ou encore Yannick Ohanessian ex-adjoint en charge de la Tranquillité publique. Jusqu’alors en charge du Logement, Patrick Amico (GRS), bien que 71e sur la liste, est aussi de retour.

    On retrouve également les communistes, Audrey Garino, Jean-Marc Coppola, Nathalie Tessier, respectivement en charge de la Solidarité, la Culture et le Droit des femmes dans la mandature écoulée. Rangs du PCF qui se trouvent renforcés avec Anthony Gonçalves, oncologue et chef de file du parti pour ces municipales, Mohamed Itrisso, militant des quartiers nord et cofondateur du collectif SOS Comores et Ibrahim Mze, responsable du collectif fédéral du logement du PCF 13.

    Troisième de la liste, le militant écologiste, Amine Kessaci, devenu symbole national de la lutte contre le narcotrafic après l’assassinat de deux de ses frères, va également peser dans l’hémicycle.

    Une opposition RN

    Il y a aussi les petits « nouveaux » qui ne le sont pas vraiment, ayant déjà fait leurs preuves dans les secteurs ou à la métropole, comme Emilia Sinsoilliez, ex-première adjointe au maire des 2-3, Enda Amraoui, présidente du collectif pour une société plus inclusive, « Plus jamais sans nous » et ex-adjointe à la mairie des 4-5, Juliette Masson, ex-déléguée aux Écoles dans les 6-8 ou Jean-Marc Signes, ex-conseiller métropolitain écologiste, élu dans les 11-12. Côté société civile, Karim Touche, directeur général de la Ligue de l’enseignement 13 ou Yahya Güngörmez, représentant du Conseil démocratique kurde à Marseille font leur entrée.

    En face l’extrême droite. Franck Allisio, ayant totalisé 40,29% des voix, se pose en leader d’une opposition passée de 9 à 34 élus. Cumul des mandats oblige, il devra sans nul doute démissionner de la Région. Il s’appuiera sur des historiques comme Jean-Marc Graffeo, responsable départemental de Reconquête !, la députée RN Gisèle Lelouis ou Eléonore Bez, conseillère régionale. Il pourra compter sur une ribambelle d’ex-élus de secteur, Sophie Arrighi, Thibaut Charpentier, Jessy Nakache, ou Gérard Audibert. Figure aussi Jean-Baptiste Rivoallan, ancien président du groupe de la droite marseillaise à la métropole.

    Droite marseillaise atomisée avec 4 élus seulement dont Martine Vassal (DVD), présidente du Département, son bras droit Romain Simmarano (Ren.), Fabienne Bendayan, ex-présidente du Crif Marseille et Stéphane Pichon, président du Conseil régional de l’ordre des pharmaciens.

  • Franck Allisio et le RN largement défaits

    Franck Allisio et le RN largement défaits

    La vague brune n’a pas submergé les remparts républicains de la cité phocéenne.

    Franck Allisio, qui conduisait la liste du Rassemblement National pour la mairie de Marseille, arrive deuxième autour de 40% des suffrages exprimés, selon les estimations disponibles à l’heure où nous écrivons ces lignes. « La réalité s’impose, Benoît Payan sera maire et je serai le leader de l’opposition », annonce-t-il en milieu de soirée, avec le sourire de façade de circonstance. Le retard de l’extrême droite dans le scrutin est tel qu’il n’attend pas le dépouillement total des bureaux. Et a déjà une excuse toute trouvée pour justifier sa défaite : « S’il y a un naufrage, c’est celui de Vassal et Muselier, par leur maintien, ils ont brisé la dynamique de changement pour notre ville ». Autour de lui, pas d’effusion de joie ni de mines déconfites, les militants restent de marbre et tentent de voir le verre à moitié plein. « Nous remportons deux à trois mairies de secteurs à l’heure où je vous parle, soit l’équivalent de 400 000 Marseillais », vante le leader de l’extrême droite marseillaise.

    Le RN devient l’opposition principale

    Il évoque là le passage de deux secteurs dans les mains du RN : « Victoire dans les mairies des 9e et 10e arrondissements avec Eléonore Bez, victoire dans les mairies du 11e et 12e arrondissements ». D’autant que les militants attendent encore les résultats pour les 13e et 14e arrondissements. Secteur où Sandrine d’Angio, ancienne maire de 2016 à 2020 avait réalisé 39,8% au premier tour. De quoi illustrer l’arrivée en force du RN au conseil municipal de la Ville comme première force d’opposition au Printemps Marseillais, et dans les conseils d’arrondissements. « C’est un résultat sans précédent, jamais depuis 1983 un candidat de la droite ou du camp national n’avait réuni autant de suffrages à Marseille », développe Franck Allisio. Avant de se rassurer comme il peut : « Rien ne sera plus jamais comme avant. […] Il y aura d’autres échéances. Bientôt nous serons victorieux ».

  • Marseille fait front derrière le Printemps

    Marseille fait front derrière le Printemps

    Après la pluie vient toujours le beau temps avait lancé Benoît Payan, le 26 janvier, lors de la pluvieuse inauguration de son QG de campagne sur la Canebière. Deux mois plus tard, la pluie était encore de la partie à Marseille, mais qu’importe. Le Printemps s’annonce. Un printemps pluvieux, mais un printemps heureux.

    Le risque de voir la deuxième ville de France tomber dans l’escarcelle du Rassemblement national a été écarté. Alors que de nombreux bureaux restaient à dépouiller, les premières estimations sorties des urnes ont levé tout suspense en donnant Benoît Payan largement en tête. Entre 54 et 56% selon les instituts. Il devance le candidat de l’extrême droite, Franck Allisio, crédité pour sa part de 39 à 41% des suffrages.

    « Une victoire claire »

    Un score qui devrait permettre à la majorité sortante du Printemps marseillais de renforcer sa présence au conseil municipal avec aux alentours de 75 élus dans l’hémicycle de Bargemon. Le RN en aurait, lui, une trentaine. Crédité de 5 à 6%, Martine Vassal (DVD), la présidente de la Métropole et du Département, aurait elle autour de 5 sièges. Sous la barre des 5%, elle n’en aura aucun… Le conseil municipal d’installation aura lieu samedi prochain.

    Au cours de la soirée, à l’annonce des premiers résultats consolidés, les visages se sont décrispés au local de campagne du maire (DVG) sortant. Ils s’étaient déjà détendus dans la journée en voyant que le mauvais temps n’avait pas empêché les électeurs de se rendre aux urnes.

    Cette participation, annoncée en légère hausse au fil de la journée, promettait une soirée joyeuse. La tendance s’est confirmée. À midi, la participation était de 22,7%, trois points de plus que la semaine précédente (19,15%). À 18h, elle était de 50,4%, toujours trois points plus haute. Finalement, elle a atteint les 56% à la clôture. Quatre points de plus que le 15 mars.

    En fin de matinée, Benoît Payan s’était rendu dans son bureau de vote, à l’école Saccoman de Pont de Vivaux (10e) pour glisser dans l’urne, face aux caméras, son bulletin et celui de Pierre Huguet, candidat (G.s) du Printemps marseillais dans les 9-10. Après un petit tour des bureaux de vote, il a filé dans son local rejoindre sa direction de campagne pour suivre la participation et les résultats jusqu’au soir. Il est apparu une première fois devant les journalistes aux alentours de 22h dans le sous-sol du local surchauffé par une nuée de journalistes. Il est revenu quelques minutes plus tard pour une première prise de parole.

    « Je veux remercier sincèrement et du fond du cœur les Marseillaises et les Marseillais, qui se sont rendus nombreux aux urnes. Ils viennent de nous donner une victoire nette, claire. Ils viennent d’adresser un message de paix, de concorde et de rassemblement, a réagi Benoît Payan. Ce soir, c’est l’unité et le rassemblement qui l’ont emporté face à celles et ceux qui voulaient nous diviser ».

    Dimanche dernier, au premier tour, sur 283 074 suffrages exprimés, Benoît Payan était arrivé en tête avec 36,69% (103 883 voix), talonné de très près par Franck Allisio, crédité de 35,02% (99 137 voix). La progression de ce dernier entre les deux tours est faible. Plus loin, Martine Vassal (DVD) devançait d’une courte tête avec 12,41% (35 131 voix) le député (LFI) des quartiers Nord de Marseille, Sébastien Delogu, à 11,94 % (33 808 voix). L’analyse détaillée des chiffres bureau par bureau permettra de voir si le retrait de Sébastien Delogu a bénéficié au Printemps marseillais et si les voix de certains électeurs du centre se sont reportées sur le Printemps marseillais. Mais tout laisse à penser que oui.

    Malgré les demandes insistantes des insoumis, allant jusqu’à organiser, lundi dernier, une manifestation devant le QG de campagne du Printemps marseillais pour demander une fusion des listes sur fond de front antifasciste, le maire de Marseille n’a pas cédé. Fidèle à la ligne édictée depuis son entrée en campagne, il a refusé la main tendue qui l’a cogné fort durant plusieurs mois. Un pari gagnant sans doute. Sur ce scrutin en tout cas.

    Sans effrayer l’électorat centriste rebuté par la campagne outrageusement droitière de la droite républicaine marseillaise, le retrait de Sébastien Delogu dans l’entre-deux tours lui a offert une réserve de voix non négligeable sur sa gauche. Martine Vassal, elle, a continué son interminable chute. Une position qui au passage, quel que soit le score final, signait la fin de sa présidence à la Métropole. Elle a d’ailleurs annoncé en milieu de soirée qu’elle ne s’y représenterait pas.

    « L’union et la concorde »

    Dans le sillage de cette campagne ratée, le grand remplacement de la droite par son extrême s’est poursuivi. Car si la menace du RN a été écartée sur la mairie centrale, Benoît Payan et son équipe ont désormais sept ans pour poursuivre leur transformation de Marseille et faire reculer l’extrême droite. La digue a tenu, cette fois encore, mais le mal est profond. « Je mesure l’ampleur de la tâche et l’honneur qui m’est fait ce soir, je mesure la responsabilité qui, dans la situation actuelle du pays, est la mienne ici et la nôtre à Marseille », ne cachait d’ailleurs pas Benoît Payan, face aux caméras. « Notre devoir est de nous rassembler, nous les femmes et les hommes de progrès, nous les humanistes, et de refuser sans cesse les voix qui portent et poussent à la division ».

    En fin de soirée, à l’heure où nous bouclions, deux des trois mairies de secteurs que la droite avait conservées en 2020 étaient données au RN : celles des 9-10 et celle des 11-12. Dans la troisième, la mairie du 7e secteur (13e et 14e arrondissements), le Printemps marseillais restait à la lutte. « Je veux dire aux Marseillaises et aux Marseillais que je suis fier d’eux, que ce soir ils nous honorent, ils m’honorent et que je donnerai tout ce que j’ai, que je me montrerais digne de leur confiance, et que les sept ans qui viennent seront pour moi ce chemin qu’ils nous ont indiqué ce soir, le chemin du rassemblement et de l’union, de la concorde. Nous nous sommes adressés aux avec un programme d’une clarté absolue : rassembler, protéger et préparer l’avenir. Et les Marseillais y ont adhéré dans des proportions, importantes, ce soir ce n’est pas une petite victoire ! », conclut Benoît Payan.

    Réactions

    Renaud Muselier, président de la Région Sud

    « Pas de raz-de-marée des extrêmes » se félicite dans un communiqué Renaud Muselier (Ren.). À Marseille, « Benoît Payan reste maire, et la métropole restera vraisemblablement dans notre sensibilité politique. Il n’y a pas de bouleversement majeur et le RN n’a pas pris la ville » analyse-t-il, remerciant au passage « Martine Vassal pour son combat courageux, contre toutes les tempêtes dans ce scrutin difficile. » À Toulon, « l’union autour de Josée Massi a permis de l’emporter au second tour » se félicitant que « la vague RN annoncée depuis des mois n’a pas eu lieu. » En Avignon, « la victoire d’Olivier Galzi est une bonne nouvelle » se réjouit le président de la Région.

    Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise

    « La France insoumise permet des victoires populaires et fait avancer la gauche quand les diviseurs du PS et de Place Publique la font reculer » a commenté le député de Marseille et coordinateur de LFI. Et de se projeter sur la présidentielle : « J’appelle le peuple de France à nous rejoindre pour mener cette bataille. L’année prochaine, la nouvelle France peut balayer les politiques de malheur de la macronie. »

    Sébastien Barles, collectif Vaï

    Le fondateur du collectif écologiste Vaï Marseille et tête de liste insoumise dans les 1-7, Sébastien Barles, s’est réjouit que le RN échoue à prendre Marseille. « Face à la haine et à la peur, nous opposerons toujours la justice sociale et la solidarité » promet-il.

    Pascaline Lécorché, cheffe de file Place publique Marseille

    « On ne peut que se réjouir, face au RN, les Marseillais ont tranché. Je salue le geste de Sébastien Delogu. J’avais appelé à ce désistement républicain. »

  • Petit chelem en vue dans les secteurs pour le Printemps marseillais

    Petit chelem en vue dans les secteurs pour le Printemps marseillais

    Interrogé au moment de sa candidature sur les secteurs que visait le Printemps marseillais, le maire (DVG) sortant Benoît Payan assurait : « Tous. » Mais l’effondrement de la droite et la percée du RN rebattent les cartes. « Dans les 9-10 et les 11-12, le RN est en capacité d’emporter quatre arrondissements », reconnaît-il désormais, en soulignant aussi l’enjeu « fort » des 13e et 14e. De quoi confirmer ce qu’annonçait à l’automne dernier le candidat de l’extrême droite Franck Allisio, déclarant que sa priorité était « les Marseillais du 9e au 13e arrondissement».

    1er secteur

    1er et 7e arrondissements

    Avec le maintien de Sébastien Barles pour le second tour, les équilibres politiques issus des urnes au soir du dimanche 15 mars ont de bonne chance d’être maintenus. Dans cette quadrangulaire, la maire sortante Sophie Camard (GRS) possède une très large avance avec 43,2% des voix, le double de Clémence Parodi candidate pour le RN (21,6%) qui la suit. Derrière, l’écologiste dissident Sébastien Barles sous les couleurs de LFI (18,6%) et le porte-parole (Ren.) de Martine Vassal, Romain Simmaran (13,9%) complètent l’affiche.

    2e secteur

    2e et 3e arrondissements

    Après avoir emporté ce secteur en 2014 en s’alliant à Lisette Narducci, la candidate de la droite Solange Biaggi (LR) n’a pas réussi à passer la barre des 10% pour se maintenir. C’est donc une triangulaire qui oppose le maire sortant Anthony Krehmeier (39,5%) au candidat LFI Alladine Abdallah Salim (27,6%) et à la responsable du RNJ Marie Bermejo (18,38%). Sans grosses réserves de voix, seul un changement dans la participation (59,8% d’abstention au premier tour) pourrait bousculer l’ordre d’arrivée.

    3e secteur

    4e et 5e arrondissements

    Après avoir arraché le secteur à la droite en 2020, le Printemps marseillais confirme son implantation dans le secteur : avec 38,9% des voix, le maire sortant Didier Jau (EELV) obtient presque deux fois de plus de suffrages que l’ancien responsable Reconquête dans la Drôme, Thomas Battesti (20,2%) pour cette quadrangulaire. L’ancien maire Bruno Gilles (Hor.) n’arrive que 3e (16,9%), à moins de 100 voix devant la candidate LFI Léa Bijaoui (16,6%) qui peut espérer le report des voix de Révolution permanente (7,3%). La scission du NPA, qui dit comprendre ceux qui feront le choix d’un vote RN, a apporté un soutien « critique et sans illusion » aux insoumis.

    4e secteur

    6e et 8e arrondissements

    Dans ce secteur où la participation est la plus élevée de toute la ville la maire sortante (MadMars) Olivia Fortin confirme son ancrage avec 36,6% des suffrages, faisant même progresser l’ensemble des voix de gauche. Elle peut compter sur les reports de voix de LFI qui reste juste en dessous la barre des 10%, de quoi lui offrir un boulevard de cette triangulaire qui l’oppose au co-responsable de l’UDR Jean-Baptiste Rivoallan (32,2%), parmi les premiers ralliés au RN, et à la présidente LR du groupe d’opposition Catherine Pila qui résiste mais reste derrière avec 17,6% des voix.

    5e secteur

    9e et 10e arrondissements

    La droite vacille sérieusement dans son secteur d’élection, déjà passé à l’extrême droite lors des dernières législatives. La présidente de LR 13 Laure-Agnès Caradec n’y obtient que 16,5% des voix, mais se maintient. Si Eléonore Bez est loin en tête (44,9%), le candidat du Printemps marseillais Pierre Huguet (28,77%) peut compter sur un report des voix de LFI (8,1%) et surtout sur le soutien de l’ancien maire (Ren.) Lionel Royer-Perreaut, bien implanté sur le secteur, pour jouer la surprise.

    6e secteur

    11e et 12e arrondissements

    Dans son fief, le maire sortant (LR) Sylvain Souvestre réalise le meilleur score de la droite (23,47%), insuffisant cependant pour devancer le candidat Yannick Ohanessian (PS) (26,67%), encore moins pour menacer le délégué du RN pour Marseille Olivier Rioult loin devant (43,81%). À gauche, les 6% de LFI n’apportent que peu de réserves de voix.

    7e secteur

    13e et 14e arrondissements

    C’est dans ce secteur que se joue la plus grande bataille. D’abord par le symbole : il est le seul à avoir été dirigé par le FN, et la gauche s’était désistée en 2020 pour permettre à la droite de battre l’extrême droite. Ensuite par les enjeux : le plus grand secteur de la ville par la population illustre aussi les difficultés de Marseille en matière de logements et de transports. L’ex-maire FN Sandrine d’Angio est loin devant (39,8%) mais la candidate du Printemps marseillais Tina Biard-Sansonetti (26,4%) peut compter sur les reports de voix de l’insoumis Mohammed Bensaada (13,1%) qui s’est retiré, ainsi que de Nora Preziosi (5,6%). La maire sortante (DVD) Marion Bareille (12,1%) s’est maintenue. Reste l’inconnue de la participation.

    8e secteur

    15e et 16e arrondissements

    Dans le secteur où le candidat LFI Sébastien Delogu avait été élu dès le premier tour aux législatives grâce à l’union de la gauche, sa candidate Rabyata Boinaheri n’arrive qu’en 3e position avec 23,8% des voix. Dans son fief, Samia Ghali est bien en tête (37%), suivie par le RN (29,2%), quand la droite fait son plus bas score (5,2%). Reste à savoir comment pèsera la participation, la plus faible au premier tour de la toute la ville (38,6%).

  • « L’extrême droite n’a rien à voir avec le judaïsme »

    « L’extrême droite n’a rien à voir avec le judaïsme »

    Marseille n’est pas une ville comme une autre », c’est ainsi que Nicolas Vidal-Naquet débute son texte intitulé « Un juif avec Benoît Payan », et publié à quelques jours du second tour des municipales. 105e sur la liste de Benoît Payan, Nicolas Vidal-Naquet rappelle que l’histoire de Marseille est basée sur l’immigration.

    « Outre toutes les « communautés » issues du monde entier, il y a la deuxième “communauté” Juive de France », poursuit-il.

    Petit-fils de Margot et Lucien Vidal-Naquet déportés et assassinés à Auschwitz-Birkenau, il est l’auteur du roman Un secret d’Auschwitz publié en juin 2025 aux éditions Z4éditions. Il y raconte son histoire familiale marquée par la déportation de ses grands-parents paternels depuis Marseille par les nazis.

    Origines du RN

    Dans son texte, il rappelle les origines du parti d’extrême droite, le Rassemblement national : « Aujourd’hui, sur la liste du candidat d’extrême droite, se trouve un avocat qui se revendique comme juif. De nombreux juifs font campagne en sous-main ou ouvertement pour cette liste, notamment soi-disant car seul, en France, le parti d’extrême droite RN aurait soutenu l’État d’Israël après le 7 octobre. Cependant, ils ont probablement oublié, au mieux, que le RN est le successeur légal, juridique et en pensée du FN qui fut fondé avec Le Pen père par les Waffen-SS Léon Gaultier et Pierre Bousquet membres de la division Charlemagne de la Waffen-SS ainsi que par François Brigneau (de son vrai nom Emmanuel Allot) membre de la Milice française et Roland Gaucher vichyssois et militant d’extrême droite. »

    Nicolas Vidal-Naquet affirme que le « RN porte ce fardeau d’avoir été soutenu et d’être encore soutenu par des personnes aux idées similaires et il en reste le porte-drapeau. Ce n’est pas parce que son président, avec la petite fille de Le Pen, est allé à Yad Vashem qu’il se serait repenti comme le laissent entendre de nombreux juifs à Marseille ».

    Et de conclure : « En tant que Juif, membre de la liste de Benoît Payan, je ne peux imaginer que la mémoire de la Shoah ait été mise au rebut et remplacée par les horreurs des massacres du 7/10 par ceux des Juifs qui ont et vont voter pour l’extrême droite. L’extrême droite qui exclut, qui divise, qui attise la haine entre les personnes, n’a rien à voir avec le judaïsme. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » est-il écrit dans la Torah. Seule aujourd’hui la liste de Benoît Payan peut permettre d’apaiser la plus belle ville de France. »

    « Le RN est
    le successeur légal du front national »

  • Marseille à la croisée des chemins

    Marseille à la croisée des chemins

    Devant la préfecture de région ce lundi midi, au moment de déposer sa liste pour le second tour (notre édition du 17/03), le maire sortant (DVG) Benoît Payan l’affirmait d’emblée : « Nous entrons cette semaine dans le plus grand combat que cette ville n’ait jamais connu face au Rassemblement national. » Malgré le maintien de la candidate de la droite Martine Vassal, qui n’a obtenu que 12,4% des suffrages exprimés, la triangulaire du second tour ressemble furieusement au duel entre la majorité sortante du Printemps marseillais et l’extrême droite, avec seulement 4 746 voix d’écart entre le candidat du Printemps marseillais (36,67% des voix exprimées) et le député RN Franck Allisio (35,02%).

    Annoncé dès le début de la campagne par Benoît Payan, dénoncé à la fois par la droite et les insoumis qui jugeaient que le maire ne désignait l’extrême droite comme principal ennemi que pour éclipser les autres concurrents, ce quasi-duel s’est renforcé après le désistement de Sébastien Delogu, jusqu’à être symbolisé par l’éviction de la candidate de la droite du débat télévisé d’entre-deux tours. Celle-ci a saisi l’Arcom (Autorité de régulation des télécommunications), dénonçant la pression du candidat RN.

    Garder un ancrage

    Lui qui dénonçait un « système clientélaire corrompu », Sébastien Delogu a finalement reconnu mardi midi que le RN était « les premiers corrompus », se désistant pour faire barrage face au refus net d’une fusion du Printemps marseillais. « Marseille ne doit jamais tomber dans les mains de ces gens-là », insistait-il face à la menace d’une victoire de l’extrême droite au terme d’une quadrangulaire hasardeuse. Loin des succès engrangés dans d’autres villes, l’enjeu pour les insoumis sera de trouver un premier ancrage dans les conseils d’arrondissements où ils se maintiennent.

    « Triste et déçue du résultat », Martine Vassal avait elle dès le départ annoncé se maintenir même « satellisée sur la Lune ». « J’ai plus de 35 000 personnes qui se sont déplacées pour voter pour nous, il était logique de les représenter au deuxième tour », défendait-elle encore ce jeudi soir sur France 2. Après la dégringolade du premier tour, reste à savoir à quel point ce dernier socle électoral se maintiendra, et sur combien d’élus la droite pourra compter pour espérer se reconstruire. Si certains dans son camp appelaient à son retrait, ce maintien permet de ne pas laisser le monopole de l’opposition municipale au RN, cela d’autant plus que beaucoup craignaient que ses voix ne profitent davantage à Franck Allisio qu’au maire sortant dans l’hypothèse d’un vrai duel. De quoi comprendre les cris d’orfraie du candidat d’extrême droite qui parlait d’« accord de la honte » après le retrait de LFI. Malgré cela, le maire sortant conteste être favorisé par cette triangulaire, face à la crainte d’une démobilisation de son électorat. « Le danger du RN n’est absolument pas écarté », assurait-il dans nos colonnes ce vendredi.

    Poids de l’abstention

    « Chaque voix va compter, ça va se compter à quelques centaines de voix », assure lui aussi le député RN de Marignane. C’est que les inconnues persistent, malgré les rapports de force issus du premier tour. Échaudé par le refus d’une fusion à gauche, une partie de l’électorat insoumis risque de s’abstenir, tandis que l’extrême droite est portée par le plus haut score qu’elle réalise dans un scrutin municipal à Marseille. Franck Allisio, qui voulait attribuer les logements sociaux en fonction de la nationalité et veut chasser les jeunes de certaines plages pendant un an avec un « pass anti-racailles » promet désormais qu’il a « avec ces Marseillais de droite sincère les mêmes valeurs », afin d’aspirer l’électorat restant à droite.

    Particulièrement faible au premier tour, la participation reste aussi un paramètre clé, avec une réserve de voix surtout dans les quartiers populaires. D’autant plus que le vote à Marseille pourrait envoyer un message pour la prochaine présidentielle. « Si l’esprit de libération des Marseillais dimanche peut inspirer l’ensemble des Français dans un an, tant mieux », assumait jeudi soir le candidat RN, quand Benoît Payan dénonçait cette volonté « d’exhiber un trophée » si Marseille tombe.

    Avec des attaques directes sur les politiques de solidarité, de santé, de culture, de vie associative, sur le service public, si l’extrême droite met la main sur la municipalité, comme elle l’a fait dans les villes qu’elle dirige dans le Sud Est, les politiques qui seront menées par les communes auront des répercussions directes dans le quotidien de leurs habitants.

    « Marseille ne peut pas se compter comme un trophée mais doit rester une ville fraternelle. »

  • [Tribune] Pour que Marseille rayonne : non à l’extrémisme

    [Tribune] Pour que Marseille rayonne : non à l’extrémisme

    Nous ne voulons pas qu’elle soit marquée, pour les années qui viennent, par le stigmate de l’extrémisme, de la division, de l’exclusion. Dans les rues du centre-ville, dans nos quartiers, dans nos noyaux villageois comme sur les plages, nous ne voulons pas d’un tri entre les uns et les autres, entre les couleurs de peau, les origines, les religions.

    Nous connaissons l’effet délétère de l’extrémisme sur l’attractivité d’un territoire : depuis l’élection de Donald Trump, les États-Unis anticipent une chute de 25% du tourisme et des pertes allant jusqu’à 15 milliards de dollars.

    À Marseille, la vitalité de nos commerces doit prendre appui sur le rayonnement de notre ville en France, en Europe et dans le Monde. Cela passe par de grands événements populaires, par des services publics efficaces et solidaires, par une politique municipale apaisée.

    En conscience, fidèles à nos valeurs et soucieux de l’image de Marseille, dimanche, nous ferons donc barrage à l’extrémisme en choisissant la liste du Printemps marseillais, qui est aujourd’hui la seule en mesure de s’imposer dans cette élection décisive pour l’avenir de notre ville.

    Signataires :

    1 Amaury Lapinte / Marché des argonautes

    2 Pierre Da Silva / Marché des argonautes

    3 Aurélien Lecour / Ginger phœnix

    4 Tony van hua / Ginger phœnix

    5 Hugues M benda

    6 Mathilde Godart

    7 Hazem El moukaddem / Président des commerçants de la Plaine

    8 Sandra Hassaine / Marché noir

    9 Fred Dravet / Coutellerie Dravet

    10 Michel Zerabi / Le Square

    11 Charlotte Crousillat / Carlotta with, Pompe

    12 Aude Emery / La laiterie marseillaise

    13 Cédric Rubini / Casa Rubini focacceria

    14 Pierre Breuvart / Brasserie sociale la Camaraderie

    15 Boris / Brasserie sociale la Camaraderie

    16 Dorian de Blasis / Optique République

    17 Alice Rafa / Dunes concept store

    18 Laurence Mallaret / artisane

    19 Alexandre Puig / PampaCruz

    20 Anaïs Labate / Absolupro

    21 Sébastien Jaudeau / Tripletta

    22 Dienaba Ba / Tripletta

    23 Marion Penicaud / Eclectic wines

    24 Samantha Grenouiller / Alma Réal

    25 François Ghirardi / Franklin

    26 Maxime Agostini / Cave Agostini

    27 Hedi Hassaine / Bamboche

    28 Thomas Tarek / Mina

    29 William Gebara / Fofoca

    30 Cathy di Meglio / Freedom

    31 Mathieu Bovis / Francette

    32 Maeva Hocini / Bistrot Baya

    33 Laura Nicol / Michou Marseille

    34 Isabelle Valero / oZ le salon

    35 Lilie Ribeiro / Lily dry cut

    36 Éloïse Bridge / Joy coiffure

    37 Mohamed Bouslama / Potager de Saint-Barnabé

    38 Marine Crousnillon / La Fabriquerie

    39 Géraldine Cabarrot / L’ébénisterie

    40 Jean-Claude Hermitte / commerçant 13009

    41 Michel Lecour / Librairie, édition et production coopérative Ubik

    42 Rémi Lonclas / gérant de bar

    43 Jean Hoang / Nguyen hoang

    44 Claire Guerin / Boisson soif

    45 Anne-Sophie Baudouin / Zinzin épicerie café cantine

    46 Serje Banna / Mouné

    47 Yamina Lassal / Baguelerie marseillaise

    48 Nacera Legarrec / Centre formation couture

    49 Raouf Marref / La rose de Tunis

    50 Yassine Guedadi / Chez Yassine

    51 Guillaume Miard / Pas vu pas pris tatoo shop

    52 Odile Lecour / Archipel 49

    53 Johakim Chiarenza / Mio Panino

    54 Lena Cardo / Le réfectoire – 13 solidaire

    55 Stéphanie Borelli / chef de cuisine

    56 Yann Djeddou / Café de la muse

    57 Lenny Dos Santos / Cave Fondère

    58 Louella Coll et Yohan / Bol

    59 Emmanuel Jean / Natto du Dragon

    60 Sandra Malka / Grande pharmacie Saint-Barnabé

  • Le RN menace encore de s’emparer de Marseille

    Le RN menace encore de s’emparer de Marseille

    Ce dimanche soir à la Palmeraie Borély, une demi-heure après la publication des premiers résultats du premier tour des municipales à Marseille, le candidat du RN Franck Allisio se gargarisait déjà : « Dimanche prochain, je serai votre maire. »

    Improbable encore à l’automne, cette possibilité s’est renforcée au fil de la campagne. Tandis que le RN affichait un visage policé, la droite marseillaise se perdait entre gages à l’électorat d’extrême droite et coups de barre au centre. Jusqu’au croisement des courbes sondagières dès le début du mois de novembre, puis le décrochage final.

    Pas en pole position

    À l’issue du premier tour, le candidat RN a ainsi quelque 99 137 voix, soit 35,02% des suffrages exprimés, seulement 4 746 bulletins de moins que le maire (DVG) Benoît Payan (36,67%). « Nous avons aujourd’hui fait un choix historique », se vantait donc dimanche soir Franck Allisio, qui a réalisé le meilleur résultat de l’extrême droite dans un scrutin municipal à Marseille. Il réalise notamment une percée dans les quartiers Sud et Est de Marseille, en particulier dans les quartiers les plus aisés (jusqu’à 43,8 points de plus qu’en 2020 pour le bureau de vote de l’école des plages du Prado). De quoi remplacer la droite dans ses bastions traditionnels. Il n’y a guère que dans les quartiers populaires du 14e arrondissement que l’ex-maire FN du secteur, Sandrine D’Angio, fait moins bien que son oncle Stéphane Ravier en 2020.

    S’il n’arrive pas à se placer en pole position pour le second tour, la marche pour que le RN prenne le dessus dans une ville où il a fait couler le sang apparaît dangereusement fine. D’autant plus face à la menace de deux gauches « irréconciliables » et la perspective d’une quadrangulaire plus que hasardeuse.

    Quelle abstention ?

    Le retrait annoncé mardi matin du candidat LFI Sébastien Delogu, « responsable pour un million » comme il le présentait, desserre un peu l’étau. Avec ce désistement, le parlementaire qui avait rassemblé 11,94% des suffrages libère une réserve de 33 000 voix à gauche, sous la pression imposée par le camp de Benoît Payan. Qui a beaucoup moins poussé la candidate de la droite au désistement républicain. Car le second tour est loin d’être une simple question d’additions, et les états-majors ont bien en tête les notices des sondages. L’enquête d’opinion réalisée par Elabe entre les 9 et 16 février estimait ainsi qu’environ 20% des électeurs de Sébastien Delogu pourraient s’abstenir s’il n’était pas présent au second tour, d’autant plus face au rejet partagé dans la manifestation lundi soir qui réclamait la fusion des deux listes de gauche à Marseille. Mais surtout, en cas de duel au second tour, 42% des électeurs de Martine Vassal se tourneraient vers l’extrême droite, et 25% vers le maire sortant, le reste s’abstenant.

    De quoi comprendre la vive réaction du candidat du RN face à une triangulaire qui apparaissait comme le scénario le plus sûr pour éviter sa victoire. Ce mardi, Franck Allisio s’est empressé de dénoncer « les accords de la honte », avant d’appeler lors d’une conférence de presse mercredi, devant des médias sélectionnés, à une « union sacrée » avec la « droite humaniste qui ne nous a pas encore rejoints ».

    Reste à savoir ce que peuvent valoir les prédictions d’un sondeur un mois plus tard, avec l’inconnue de la participation au second tour, de la solidité du socle électoral restant à droite, de l’élan pris surtout par le RN en une semaine, après avoir réalisé un score historique. Et de la solidité d’un front républicain sans cesse convoqué. « Le danger du RN n’est absolument pas écarté », insiste encore ce vendredi dans nos colonnes le maire (DVG) sortant Benoît Payan. Et le résultat risque de n’être certain qu’une fois les derniers bulletins dépouillés, et les potentiels recours épuisés.

    Ces secteurs où le RN est en tête

    Dans les 9e-10e

    Après avoir remporté lors des législatives de 2024 la circonscription, l’extrême droite est arrivée largement en tête du premier tour, avec l’élue régionale (RN) Éléonore Bez (44,9% des voix) qui possède une avance de plus de 7 200 voix sur le candidat du Printemps marseillais, Pierre Huguet (28,77%). La marche peut paraître haute face à celle qui a déjà été candidate plusieurs fois sur le secteur. À droite, la présidente des LR 13 Laure-Agnès Caradec (16,5% au premier tour) s’est maintenue. À gauche, il n’y a qu’une réserve de 3 600 voix avec les 8,1% réalisés par la candidate LFI Myriam Meghraoui. Reste que le soutien de l’ex-maire (Ren.) de secteur Lionel Royer-Perreaut, fortement implanté, peut jouer. De même que la participation.

    Dans les 11e-12e

    À l’Est, le premier secrétaire du Parti socialiste dans les Bouches-du-Rhône Yannick Ohanessian (26,7% des voix au premier tour) a un retard de 8 000 voix à rattraper sur le nouveau délégué du RN pour la ville de Marseille, Olivier Rioult (43,8%). Un retard considérable à rattraper dans le fief de la très droitière sénatrice LR Valérie Boyer, à cheval sur deux circonscriptions législatives remportées par l’extrême droite en 2024. Arrivée en tête en 2020 avant de remporter la mairie de secteur, la droite menée par Sylvain Souvestre ne finit qu’en troisième position, avec 23,5% des voix, et se maintient pour le second tour quand les insoumis y ont réalisé leur plus faible score. Les nombreux élus ralliés au RN avaient senti le vent tourner.

    Dans les 13e-14e

    Le secteur est le seul de Marseille à avoir été dirigé par le FN, de 2014 à 2020, avec à la clé la fermeture de services publics et affaires en justice. Dans le fief de son oncle Stéphane Ravier (ex-RN), l’ex-maire Sandrine D’Angio reste en tête, avec 39,8% des voix, quelque 5 300 voix derrière la candidate (DVG) du Printemps marseillais Tina Biard-Sansonetti (26,42%) qui a labouré le terrain ces dernières années. Des voix que peut apporter le retrait du militant insoumis Mohammed Bensaada (13,1%) comme le score de Nora Preziosi (5,6%). La maire sortant (DVD) Marion Bareille, arrivée en 4e position (12,1%) ne l’avait emporté en 2020 que grâce au retrait du candidat PCF Jérémy Bacchi. Elle n’a pas rendu la pareille.

    Royer-Perreaut soutient Huguet dans les 9-10

    L’ancien maire et député (Ren.) des 9-10 Lionel Royer-Perreaut a annoncé, ce jeudi qu’il voterait « à titre personnel » pour le candidat du Printemps marseillais dans le secteur, Pierre Huguet (G.s) pour le second tour des municipales. Alors que la candidate du RN, Éléonore Bez, a obtenu au premier tour 44,9% des voix, loin devant l’union de la gauche (28,8%) et la droite (16,5%), « je ne voterai ni pour les extrêmes, ni pour les battues d’avance », détaille-t-il, face à « un choix important que je sais crucial pour le secteur ». « Point de soutien à un parti, mais à un homme compétent, travailleur, affable, dont j’estime qu’il a les qualités requises pour défendre les dossiers très techniques de mobilité, de développement urbain », précise l’ancien député.

  • [Entretien exclusif] Benoît Payan : « Le RN c’est le parti de l’anti-Marseille »

    [Entretien exclusif] Benoît Payan : « Le RN c’est le parti de l’anti-Marseille »

    La Marseillaise : Quelle est votre analyse des rapports de force à la veille du second tour ?

    Benoît Payan : J’ai pris acte de la décision de Sébastien Delogu. Elle est courageuse, elle est responsable. Même si elle est venue sur le tard, elle est venue. Ce qui n’est pas le cas de Madame Vassal, alors que nous nous sommes historiquement toujours retirés quand le RN était en situation de gagner. Le danger du RN n’est absolument pas écarté. On est dans une triangulaire où chaque voix va compter. Je veux battre en brèche l’affirmation seulement laquelle je serais avantagé dans cette configuration. C’est faux. Je veux battre en brèche cette affirmation qui est justement portée par mes adversaires qui veulent démobiliser l’électorat de gauche, écologiste, humaniste, toutes celles et tous ceux qui refuse de voir notre ville tomber dans un système ségrégationniste. On a vingt-sept siècles d’histoire qui nous regarde, on est devant notre destin, confronté à une réalité qui peut nous rattraper dimanche.

    La configuration du second tour ne semble pourtant pas convenir au candidat d’extrême droite.

    B.P. : Lundi, Franck Allisio a fendu le masque de responsabilité qu’il a porté durant toute la campagne pour nous faire croire qu’il était le représentant d’une droite classique et qui avait dupé une partie des Marseillais. Lundi, j’ai vu le visage des enfants de Jean-Marie Le Pen, j’ai vu la haine, il est redevenu lui-même. Ça m’a fait froid dans le dos. Les résultats de dimanche, le retrait de Sébastien Delogu qui l’a apparemment rendu fou, le maintien de Martine Vassal qui l’a, semble-t-il, fait sortir de ses gonds, ont révélé le visage de l’extrême droite : la haine, la violence, la brutalisation du débat public. Il est revenu sur la « submersion migratoire », après avoir délaissé le vocable des héritiers de Vichy durant la campagne. Il s’était retenu trop longtemps. Chassez le naturel, il revient au galop.

    On vous a dépeint comme intransigeant, inflexible à l’égard de la tête de liste insoumise, pour autant il vous faudra ses électeurs pour l’emporter, qu’avez-vous à leur dire ?

    B.P. : D’abord je ne confonds pas les électeurs et les dirigeants. Je ne partage pas leurs méthodes. Je ne me suis jamais soumis à Jean-Luc Mélenchon, je pense que je suis sa bête noire mais ça m’est égal. J’ai un profond respect pour des électeurs qui veulent de la radicalité. Je respecte ceux qui ont cette sensibilité.

    Les rapports de forces de second tour sont très contrastés selon les secteurs. Certains d’entre eux vous inquiètent-ils plus que d’autres ? Allez-vous vous y impliquer ce vendredi ?

    B.P. : D’abord, je veux dire que Mohamed Bensaada [tête de liste LFI dans les 13-14 Ndlr.] qui était qualifié a montré quel militant il était. Les 13-14 portent encore les stigmates des six années du RN et de leur doublure cascade. L’enjeu y est fort. Mais il est fort partout. Dans les 9-10 et les 11-12, le RN est en capacité d’emporter 4 arrondissements à Marseille. Je me bats de toutes mes forces pour empêcher cela. On sait ce qu’est le RN. La suppression des subventions à la culture, le sport qui se dégrade avec l’abandon des stades et des gymnases, les associations qui aident aux devoirs, à la cohésion sociale, sont systématiquement la cible des foudres de l’extrême droite. On a vu les dégâts dans les 13-14. Comme la ville tout entière, aucun secteur ne mérite d’avoir à sa tête une femme ou un homme qui trie les gens en fonction de leur religion, de leur couleur de peau, de leur orientation politique ou sexuelle. Il faut rappeler ce qu’est le RN : c’est le parti le plus condamné de France pour racisme, antisémitisme, xénophobie, homophobie… C’est le parti de la haine de l’autre. C’est le parti de la haine de ce qu’est la République. C’est le parti de l’anti-Marseille. Tout dans l’ADN de Marseille est l’inverse du Rassemblement national. Je le dis aux habitants de cette ville et notamment ceux des quartiers populaires : « Vous avez une arme la plus pacifique qui puisse exister, c’est le bulletin de vote. Montrez-leur que nous sommes les plus nombreux, n’abandonnez pas vos quartiers à ces gens qui n’iraient pas voter. Dites à vos voisins, vos proches, qu’il faut voter. L’abstention profite au RN. »

    Envisagez-vous une ville où vous seriez maire avec un ou plusieurs secteurs dirigés par le RN ? Comment cela pourrait fonctionner ?

    B.P. : Ça serait forcément beaucoup plus compliqué qu’avec un maire républicain, écologiste, communiste ou de gauche radicale. Ça va être terrible parce que ces gens-là ne travaillent pas pour l’intérêt de la population. Ils ne travaillent que pour l’intérêt du clan Le Pen. Ils veulent faire de nos villes des laboratoires de leur politique de ségrégation et d’outrance. Ce sont des dogmatiques. La préférence nationale, qu’est-ce que ça veut dire en fait ? On n’en a pas assez goûté ? On n’a plus de mémoire ? On a fêté les 80 ans de la Libération et on a tout oublié ? Moi je n’oublie rien.

    Des observateurs considèrent que la poussée du RN a été favorisée par la réforme du mode de scrutin à laquelle vous étiez favorable. Y voyez-vous un lien ?

    B.P. : Non, les observateurs, s’ils observaient ne diraient pas ce genre de bêtises. Il suffit de regarder le score de Mme Vassal au premier tour de 2020 et au premier tour de 2026. 100% des voix qu’elle a perdu sont parties sur l’extrême droite. C’est la conséquence directe de ce que je dis depuis trois ans : à force de singer le Rassemblement national, il vous remplace. Gramsci avait raison. Il faut sans cesse mener la bataille culturelle. Quand on perd son âme, on se perd politiquement. Quand culturellement on devient minoritaire, immédiatement cela se traduit sur le plan politique. Quand j’ai voulu aider les associations qui font du lien social, les enfants de Gaza ou SOS Méditerranée, les mots de la droite étaient ceux de l’extrême droite. Quand Mme Vassal a dit qu’elle était l’original et que le Front national était la copie, les gens ne s’y sont pas trompés. Quand elle a dit qu’elle était d’accord avec les valeurs du RN sur l’immigration et la sécurité mais que sur l’économie il est trop à gauche, elle n’a pas mesuré qu’elle était en train d’acter la disparition de la droite républicaine à Marseille. Personne ne peut s’en réjouir. Je combats la droite républicaine, c’est mon adversaire, je n’en partage pas les valeurs mais dans droite républicaine, il y a République. Dans RN ce n’est pas le cas. Quand on a un Bruno Retailleau qui dit que l’état de droit, c’est finalement accessoire, c’est aussi un pas vers le RN.

    L’abstention est préoccupante à Marseille surtout dans une municipale où l’on sait que les citoyens ont un rapport étroit avec leur maire. Est-ce que ça vous a surpris ? Pensez-vous la contrecarrer au second tour ?

    B.P. : Ce n’est jamais bon l’abstention, c’est toujours un mauvais signal pour la démocratie. Je veux me battre contre ça. D’ailleurs quand on regarde où il y a l’abstention, c’est là où les gens ont été pendant des années et des années, à l’abandon. Je ne sais pas construire un commissariat, une école, un service public, une maison de quartier avec un tweet. Je fais les choses avec la réalité, avec le temps administratif. J’ai passé une campagne où tous mes adversaires rasaient gratis or je sais toutes les difficultés, la patience nécessaire. Quand on regarde l’abstention, il y a des chiffres en trompe-l’œil et j’espère que La Marseillaise aura l’occasion de faire une grande enquête sur le sujet, on voit qu’en effet les chiffres de la participation sont en baisse mais pas tant que ça pour des raisons compliquées mais qui méritent d’être regardées.

    Quel message adressez-vous aux abstentionnistes ?

    B.P. : On joue notre histoire. Nous les Marseillais, on est un peuple, on a l’occasion de dire que cette ville, on peut la rendre encore plus solidaire, encore plus belle, encore plus fraternelle. Cette ville leur appartient. Le travail que je mène avec mon équipe, avec tous ces militants extraordinaires, c’est pour eux. Je suis fier des Marseillais, je leur dis allez voter, cette ville c’est celle où vos enfants vont grandir, où vous allez vieillir. Ce n’est pas pareil quand la ville est dirigée par le RN ou par une grande coalition de gauche. On s’occupe des personnes âgées isolées en leur portant des repas chauds plutôt que de ne leur proposer que des lotos. On s’est occupé des plus précaires pour les sortir de la rue, des femmes battues… Il n’y a pas d’autres villes en France et c’est ma fierté, d’avoir, avec Audrey Garino, signé un plan pauvreté. Vous vous rendez compte ce que c’est pour une ville d’avoir à faire un plan pauvreté alors qu’ailleurs, ce sont des départements qui le font. Cela montre à quel point, nous les Marseillais, avons été laissés-pour-compte par notre Métropole, notre Département, notre Région. On s’est battu pour que le logement social soit digne, pour la création d’une Société publique locale d’aménagement d’intérêt national, aucune autre ville que nous n’a construit autant d’écoles en six ans… N’en déplaisent à mes détracteurs, je comprends que ça les ennuie, mais personne depuis 1945 n’aura, en un mandat, construit 27 écoles et au moment où je vous parle, 50 autres sont en train d’être lancées. Aucune ville en France n’aura fait manger gratuitement 10 000 gamins à la cantine, ne propose le kit scolaire à 80 000 enfants d’une valeur de 80 euros et qui va passer à 150 euros, ne travaille sur le petit déjeuner gratuit pour 15 000 gamins ! On n’a pas tout réussi parce que nous ne sommes que des femmes et des hommes mais à côté de ceux pour qui seule la carte de visite compte ou qui veulent une cocarde plus grosse que le pare-brise, nous sommes fiers de ce que nous avons fait avec humilité, force et aussi douceur.

    Martine Vassal vous accuse d’avoir fait monter le RN pour orchestrer un duel.
    Que lui répondez-vous
     ?

    B.P. : Nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes.

    Dans le nouveau mandat que vous briguez, qu’est-ce qui pourrait faire reculer l’extrême droite ?

    B.P. : La volonté farouche d’expliquer aux gens de ne pas avoir peur. Le Front national fait son lit sur la peur. Tout dans le monde est en train de favoriser cela. La droite et la gauche qui perdent leur boussole, des débats nationaux qui nous font honte, une actualité internationale terrible, une Europe incapable de nous protéger, des États-Unis qui deviennent, d’un pays allié, un pays rapace, la Russie qui fait la guerre aux portes de l’Europe, les conflits au Moyen-Orient qui ont exacerbé nos différences, monté les communautés les unes contre les autres… Les drames que l’on a pu vivre, les attaques terroristes du 7 octobre, les massacres perpétrés à Gaza, la guerre en Iran, en Amérique du Sud… Les dirigeants de notre monde ne se hissent pas à la hauteur de l’histoire, ne comprennent pas qu’après la Seconde Guerre Mondiale, nous avons fait le serment, nous les démocrates, d’avoir une ligne de conduite dictée par le droit et des institutions internationales qui étaient des cadres desquels il ne faudrait jamais sortir. Aujourd’hui quelqu’un qui dit que la Terre est plate a la même parole que celui qui dit que la Terre est ronde… Il faut qu’une génération se lève pour dire stop.

    Qu’est-ce qu’il manque aux gens tentés par l’extrême droite ? Un État-providence. Un État qui amène du service public. Quand on parle de sécurité, bien sûr qu’il faut des policiers. Je n’ai pas honte de dire que j’ai doublé ma police municipale et que je vais recommencer, ni que j’ai triplé ma police la nuit, que je mets des caméras devant les écoles, que j’ai créé une brigade équestre… Mais il faut que la République soit là. Il faut La Poste, France Travail, la Sécurité sociale… Il faut aussi augmenter le pouvoir d’achat.

    Une municipalité le peut-elle ?

    B.P. : Le maire n’augmente pas les salaires mais je peux faire des choses. Je vous l’ai dit pour la rentrée scolaire, les cantines, les petits-déjeuners dans les écoles. Je vais faire une mutuelle municipale pour que les gens puissent se soigner. Aujourd’hui pour beaucoup c’est soit je remplis le frigo, soit je me soigne. Voilà dans quel monde on vit ! Plus personne à gauche ne pose les conditions d’un grand débat national sur la répartition des richesses. Je ne suis pas quelqu’un qui dit « il y a les méchants et les gentils », mais quand on fait République ensemble, ceux qui gagnent de l’argent, créent des emplois doivent être respectés, la contrepartie c’est qu’on paye des impôts. Ces impôts servent à faire vivre une société, créer des postes de fonctionnaires pour le service public qui est le patrimoine de ceux qui n’en n’ont pas.

    En glissant dans l’urne dimanche, on choisit aussi ses conseillers métropolitains. C’est un enjeu important pour quelqu’un qui a désigné la Métropole comme une entrave à sa politique ?

    B.P. : Ça a été plus que ça. La Métropole a été un outil pour taxer les Marseillais et financer avec leur argent des réalisations magnifiques pour les autres communes. Tant mieux pour elles mais je n’accepte pas cette injustice. Je n’accepte pas que les Marseillais soient ceux qui payent le plus d’impôts pour le service public le plus minable. On nous a reproché de nous renvoyer la balle mais mon rôle était de défendre les Marseillais contre une Métropole qui n’a pas mis l’argent pour qu’on puisse avoir des transports dignes, une ville propre, des routes refaites, un espace public apaisé. Promenez-vous à Cassis, Gemenos, à La Ciotat, à Venelles et vous verrez de quoi est capable la Métropole avec l’argent des Marseillais. Si nous l’emportons dimanche. Ça c’est terminé. Plus rien ne se fera sans Marseille parce que la loi PLM change tout. Je dis aux Marseillais que le bulletin qu’ils ont dans la main permettra de vivre dans une ville plus belle, plus propre, où le développement se fait en accord avec la nature. Tout ça c’est la Métropole. Est-ce qu’ils veulent sur la question de l’eau, avoir des m3 gratuits ? Veulent-ils le tunnel à 1 euro le passage ? Ce tunnel à 12,50 euros, c’est honteux d’avoir laissé des entreprises privées se gaver comme ça sur le dos des Marseillais. Ça aussi c’est du pouvoir d’achat. J’ai été cherché des centaines de millions d’euros à Paris avec des gens qui ne pensaient pas comme moi, je suis capable d’aller négocier ça. Quand on est maire de Marseille, on doit se battre pour protéger, rassembler et préparer l’avenir. Ce n’est pas un slogan, c’est notre viatique. Comment peut-on dire comme M. Allisio qu’on veut être le maire du 9e au 13e arrondissement ? C’est un crachat à la figure des Marseillais. Moi je suis maire de tous les Marseillais, qu’ils votent pour moi ou contre moi. Il a eu l’honneur d’entrer au conseil municipal de Marseille en 2020, la première chose qu’il fait c’est qu’il se carapate à Marignane pour se faire élire député et qu’il démissionne. Il revient pour dire « élisez-moi maire » ! Parlant de notre débat il a dit que dans un OM-PSG on ne rajoute pas Le Havre, méprisant Mme Vassal, mais contre lui, c’est pas l’OM, même pas le PSG, c’est le FC Marignane.

    Martine Vassal dit que ses amis maires continuent de lui faire confiance. Peut-elle rester présidente ?

    B.P. : Il y a les mots qu’on dit pendant les élections et puis il y a la réalité. Je pense que Mme Vassal va devoir faire avec la réalité.

    Est-il possible de faire changer le centre de gravité de la Métropole ?

    B.P. : Il a déjà changé naturellement.

    Avez-vous un candidat ?

    B.P. : Ce sera celui ou celle qui respecte les Marseillaises et les Marseillais.