Tag: Printemps Marseillais

  • Le Printemps marseillais solide dans ses orientations

    Le Printemps marseillais solide dans ses orientations

    Une heure et trente minutes. Les 18 rapports, essentiellement « techniques », au menu vendredi du conseil municipal de Marseille ont été traités avec une rare rapidité. Le signe d’une gouvernance désormais maîtrisée par le Printemps marseillais qui entame ce deuxième mandat avec une majorité renforcée ?

    La conséquence surtout d’une pâle opposition. « Pour la première fois, les conseillers RN n’ont pas prononcé le mot immigration », fait remarquer Canicave (PS) à l’issue de la séance. « On a un peu senti leur tropisme sur la sécurité et ils se relanceront sur ces choses-là, mais il faut qu’ils apprennent surtout ce qu’est la gestion d’une ville. » Une inconsistance qui leur sera renvoyée tout au long de la séance.

    Titillé par le maire de Marseille lorsqu’elle s’abstient sur les rapports accordant dotations en équipement (tablettes), moyens, indemnités, et mise à disposition de véhicules à des membres du conseil municipal – « Vous proposez qu’on reprenne les chauffeurs aux maires de secteurs ? Je n’ai aucun problème », tance Benoît Payan -, l’extrême droite joue d’abord la polémique sur le rapport 11. Présenté par une Nathalie Tessier (PCF), « furieusement féministe », il porte sur l’égalité femmes/hommes à la ville.

    Éléonore Bez, la maire (RN) des 9-10, juge bon de faire l’amalgame avec le recadrage d’Anne-Marie Grégori, la doyenne de l’hémicycle, qui avait interpellé « la gauche », lors du conseil d’installation, le 28 mars. Filmée par un élu à sa droite, la séquence est destinée aux réseaux sociaux. Benoît Payan pointe, lui, un relativisme mal venu : « On ne peut pas comparer les assassinats quotidiens, les blessures, les viols, les coups et les violences, à ce qui s’est passé. (…) Je crois que même une femme doit respecter la loi et il se trouve que sous la présidence du doyen d’âge, il n’y a pas de débat politique.»

    Sur le débat du rapport d’orientation budgétaire, Franck Alisio, président du groupe Marseille en ordre, choisit d’interroger « le sens des priorités » de la majorité. Le député (RN) de Marignane va « droit au but » et surtout pas bien loin, pressé de rejoindre la plénière du Conseil régional où son recours sur les municipales, lui permet de cumuler mandats et indemnités.

    Il réclame pêle-mêle, une règle d’or budgétaire, la garantie du financement par l’État du plan école ou le Prado Carénage à 1 euro. Pour briller, Antoine Baudino, assistant parlementaire de Stéphane Ravier (REC), lance lui une avalanche de chiffres picorés dans le ROB dont l’incohérence laisse circonspect.

    « Vous vous êtes arrêtés sur des sujets picrocholins (…) mais vous aurez le temps de comprendre comment fonctionnent des budgets », répond Benoît Payan rappelant que 83% du budget d’investissement a été dépensé, que la ville est la seule collectivité à s’être désendettée et que sa note financière a augmenté, sans soutien de la Région et du Département.

    « Une opportunité unique »

    À côté d’eux, les trois élus (Martine Vassal était absente) de la droite républicaine qui gère ces collectivités, s’efforcent de porter par Romain Simmarano (Ren.), une opposition « claire mais utile », celle d’un « courant de pensée » qui « même si il est très minoritaire à l’échelle de la ville, représente une voix singulière ». Après avoir rappelé la nécessité d’objectifs chiffrés sur les fonds européens, le directeur de cabinet de Renaud Muselier, acte un changement de paradigme : « Il y a une opportunité unique qui doit nous permettre d’être utiles aux Marseillais en mettant au passé ce qui appartient au passé. »

    « Nous allons devoir nous serrer les coudes fortement dans nos collectivités », abonde le maire de Marseille, conscient de la nécessité de faire vivre le courant de pensée de la famille gaulliste mais rappelant que « la politique c’est un peu comme l’amour : il y a les mots et les preuves ».

    « Le seul point d’optimisme aujourd’hui, c’est que localement, les choses semblent un peu se déverrouiller », observe Joël Canicave, au regard d’une situation nationale et internationale qui tend les finances des collectivités locales. « Les propos de M. Simmarano sur la Région et ce qui s’est passé à la Métropole a du sens. Il restera à travailler avec le Département. Quand une ville représente 42% d’un département et reçoit 2% de l’aide aux communes, il y a un dysfonctionnement majeur », conclut l’adjoint aux finances.

    REPÈRES

    « Le nouveau Pierre Robin est arrivé ! »

    Anthony Krehmeier à la cantonade, après l’intervention de l’élu d’extrême droite Antoine Baudino. Un hommage à l’ex-conseiller LR, spécialisé dans les lignes comptables et des virgules. « C’est beaucoup d’honneur. M. Robin ne confondait pas investissement et fonctionnement, le niveau n’est pas le même », amende le maire au pupitre.

    Règlement

    Une commission chargée de rédiger le nouveau règlement intérieur du conseil municipal a été désignée. Elle se réunira en avril et mai et le texte entrera en vigueur en juin. Siégeront : Drouot, Garino, Huguet, Roller, Kessaci, Rossi, Richerolle, Lécorché, Rioult, Rivoallan et Baudino, ainsi qu’un élu de la droite républicaine.

    5

    Les commissions permanentes du conseil municipal de Marseille vont passer de quatre composées de 25 membres, à cinq constituées de 22 membres pour cette nouvelle mandature, du fait de l’augmentation du nombre de conseillers municipaux. Ils étaient 101 élus en 2020, ils sont désormais 111 sous l’effet de la réforme de la loi Paris-Lyon-Marseille.

  • Les orientations budgétaires du Printemps marseillais en débat

    Les orientations budgétaires du Printemps marseillais en débat

    Comme le rappelle le rapport d’orientation budgétaire, le contexte est contraint, marqué par un ralentissement économique, une inflation contenue mais persistante, et des marges de manœuvre financières réduites pour les collectivités locales. Pour la Ville, les « incidences budgétaires négatives » des Lois de finances 2026 sont estimées à 10,8 millions, en fonctionnement et en investissement. Mais la municipalité entend maintenir une trajectoire financière prudente, avec un encours de dette stabilisé à 1,5 milliard et une capacité de désendettement de 12 ans.

    346 millions d’investissement en 2026

    Le ROB veut afficher une trajectoire plus solide qu’en 2025. Les dépenses sont contenues à 1,39 milliard d’euros, grâce à un pilotage resserré des charges et aux effets des plans de sobriété, notamment énergétique. Les recettes réelles de fonctionnement sont évaluées à 1,52 milliard contre près de 1,49 milliard en 2025, dont 58% issues de la fiscalité locale. Une hausse qui repose essentiellement sur la revalorisation nationale des bases fiscales, le Printemps marseillais ayant fait le choix de maintenir des taux stables sur la taxe foncière.

    « Le rapport est assez complet et les orientations assez claires, il n’y a rien de profondément choquant », observe Romain Simmarano (Ren) qui a participé à la commission animée par Joël Canicave, adjoint (PS) aux finances, le seul dont la délégation est arrêtée. « Rassuré de lire » qu’il n’y a pas de hausse de la fiscalité prévue, l’élu de droite regarde lui les fonds européens.

    « Le renfort de ces fonds dont il est fait quelques mentions, mérite d’être encore précisé dans le cadre du budget prévisionnel que nous aurons à voter », juge le directeur de cabinet de Renaud Muselier, président (REN) d’une région auto désignée « championne » toute catégorie dans ce domaine.

    « Sans jugement de valeur et de manière constructive et déterminée, il faut décupler nos efforts pour aller chercher les crédits. Très modestement mais avec la conviction que ça peut aider les Marseillais, les projets de nos associations, de nos entreprises, de nos infrastructures, j’essaierai d’apporter un regard nouveau », reprend l’élu qui ne manquera pas de faire « des propositions de structuration des équipes municipales, et plus politiques sur les appels à projets sur lesquels la ville pourrait se positionner. »

    Pour la majorité, le différentiel dépense – recette permet d’améliorer l’épargne brute qui passerait de 110 millions en 2025 à 128 millions. Un autofinancement autorisant la montée en puissance de l’investissement au cœur des priorités municipales avec près de 346 millions programmés en 2026, et un plan pluriannuel d’investissement 2024-2029 de 1,9 milliard.

    Les axes majeurs concernent la transition écologique (rénovation énergétique des bâtiments, réseaux de chaleur et de froid, désimperméabilisation et végétalisation), l’éducation, avec la poursuite du plan écoles et l’adaptation des établissements, et la modernisation des équipements sportifs et culturels. Le ROB insiste aussi sur les enjeux sociaux et d’inclusion : lutte contre l’habitat indigne, développement de l’accessibilité universelle, soutien à la petite enfance et aux publics vulnérables. Et en parallèle, la poursuite de la modernisation de l’administration avec la montée en compétences de ses agents.

  • [Maj] À Marseille, Olivia Fortin reconduite pour un « nouvel élan » dans le 4e secteur

    [Maj] À Marseille, Olivia Fortin reconduite pour un « nouvel élan » dans le 4e secteur

    « C’est avec une détermination joyeuse que j’ouvre ce nouveau mandat », assure Olivia Fortin devant le conseil d’arrondissement réuni en séance en plein air, sur le parvis de la mairie, à la Villa Bagatelle.

    L’élue du Printemps marseillais, qui avait recueilli 51,51% au 2d tour, a été largement reconduite à la tête du 4e secteur, qui regroupe les 6e et 8e arrondissements, grâce aux 32 voix de son groupe, obtenues à la majorité absolue. L’élection s’est déroulée sous la présidence intérimaire de Micheline Abours (PCF), doyenne de l’assemblée et 10e adjointe, accompagnée d’Espérance Laggiard comme secrétaire. Le maire de Marseille Benoît Payan (DVG) et son adjoint (EELV), Amine Kessaci, étaient présents, accompagnés du sénateur (EELV) Guy Benarroche.

    L’opposition fait figuration

    Huit élus de l’extrême droite (UDR), emmenés par Jean‑Baptiste Rivoallan au nom de Franck Allisio (RN), sont dans l’opposition. Deux élus divers droite, conduits par Catherine Pila pour la liste « Marseille je t’aime » de Martine Vassal, complètent l’assemblée dans l’opposition. Les deux têtes de listes étaient d’ailleurs absentes de ce premier conseil. Aucune autre candidature n’a été présentée face à celle du Printemps marseillais, et aucune prise de parole n’est intervenue.

    Cela n’a donc pas empêché Olivia Fortin de faire élire les 16 adjoints d’arrondissements proposés par le Printemps marseillais, soit le maximum autorisé. La maire présente une équipe décidée à « fédérer et cultiver du lien », une force « à partir de laquelle construire un projet de transition écologique, économique et sociale », en partenariat avec « la Métropole au service de tous », et dans un « nouvel élan construit ensemble » pour ce deuxième mandat. « La fraternité est exigeante car elle n’est jamais acquise, elle mérite qu’on se batte pour elle », conclut Olivia Fortin. Les embrassades ayant ponctué la remise des écharpes en témoignent.

    Les adjoints

    Jean-Marc Pantalacci-Bonnaffous, 1er adjoint ; Anna Sinsoilliez, 2e adjointe ; Cyprien Vincent, 3e adjoint ; Bania Medjbar, 4e adjointe ; Pierre-Emmanuel Vidal, 5e adjoint ; Marie-Hélène Amsalem, 6e adjointe ; Anthony Canali, 7e adjoint ; Dominique Morand, 8e adjointe ; Eliott Perenchio, 9e adjoint ; Micheline Abours, 10e adjointe ; Christophe Monnier, 11e adjoint ; Pauline Rossell, 12e adjointe ; Zacharie Bruyas, 13e adjoint ; Dona Richard, 14e adjointe ; Laurent Benac, 15e adjoint ; Camille Langlais, 16e adjointe.

  • [Maj] À Marseille, installation festive pour Tina Biard-Sansonetti dans les 13-14 arrondissements

    [Maj] À Marseille, installation festive pour Tina Biard-Sansonetti dans les 13-14 arrondissements

    C’est en extérieur, sur l’impressionnante terrasse de la bastide Saint-Joseph, qui accueille la mairie des 13e et 14e arrondissements, que s’est tenu le conseil d’installation du secteur le plus peuplé de Marseille. L’heure était à la fête : la mairie, dirigée par l’extrême droite entre 2014 et 2020, puis par la droite de 2020 à 2026, compte désormais 41 élus du Printemps marseillais sur 53 sièges.

    C’est donc sans difficulté que Tina Biard-Sansonetti, tête de liste du PM dans le secteur, a été élue maire des 13-14, dimanche. Sur 51 votes exprimés, elle obtient 39 voix et reçoit une salve d’applaudissements de la part d’un public venu en nombre. « Dans ce secteur, comme ailleurs, certains ont cherché à opposer, à diviser, à dresser les habitants les uns contre les autres, les quartiers les uns contre les autres, a-t-elle rappelé, émue. Nous, nous avons fait un autre choix, celui de rassembler, de tenir bon sur nos valeurs et de ne jamais céder à ce qui abîme notre République. Parce que nous méritons mieux, nous méritons d’être unis, solidaires et fiers de ce que nous sommes collectivement. »

    La liste d’adjoints proposée par le Printemps marseillais, seule candidate, a elle aussi été élue dès le premier tour, obtenant 40 voix sur 51.

    Foule de soutiens

    Scrutée par une foule ne sachant plus ou s’asseoir, la séance s’est déroulée au rythme d’un public plus qu’enthousiaste, scandant le nom des élus au moment de leur appel. Parmi ces soutiens figuraient Benoît Payan, maire de Marseille (DVG), ainsi qu’Amine Kessaci (EELV), désormais adjoint du maire. Sous protection policière depuis l’assassinat de son frère Mehdi, tué par des narcotrafiquants, le jeune élu a été chaleureusement applaudi dès son arrivée.

    Du côté de l’opposition, la soirée fut évidemment moins joyeuse. Sur les 12 sièges non occupés par le Printemps marseillais, 11 sont désormais détenus par le Rassemblement national, qui avait recueilli 42,56% des suffrages au second tour des municipales, contre 50,89% pour la majorité actuelle. Reste une maigre place pour Marion Bareille, maire sortante (DVD), candidate de la liste soutenue par Martine Vassal, qui avait obtenu 6,55% au 2nd tour.

    Les adjoints

    Ahmed Taoré, 1er adjoint ; Monique Cordier, 2e adjointe ; Archad Utsahoi, 3e adjoint ; Haouria Hadj-Chikh, 4e adjointe ; Antoine Cortez, 5e adjoint ; Malory Honde, 6e adjointe ; Yohann Soler, 7e adjoint ; Nawelle Benmahrouz, 8e adjointe ; Azdine Hammache, 9e adjoint ; Marion Honde-Amar, 10e adjointe ; Frédéric Pinatel, 11e adjoint, Lynda Kherbache, 12e adjointe ; Mouataz Mahmoud, 13e adjoint ; Malika Doghmane, 14e adjointe ; David Emain, 15e adjoint ; Morgane Dutertre Altese, 16e adjoint ; Mohamed Arouel, 17e adjoint ; Nouria Sirat, 18e adjointe ; Ali Makkaoui, 19e adjoint, Ilyana Abidelli, 20e adjointe

  • [Maj] Anthony Krehmeier rempile dans le 2e secteur à Marseille

    [Maj] Anthony Krehmeier rempile dans le 2e secteur à Marseille

    Jour de fête, dimanche, à la mairie du deuxième secteur, située sur l’esplanade de la Major où, face à l’affluence, des salles annexes ont été mises à disposition pour suivre la retransmission de l’élection du maire.

    Dans le public du conseil, beaucoup d’habitants, de militants, mais aussi des visages de l’ancien monde de ce fief socialiste comme Eugène Caselli ou Sylvie Andrieux, venus assister à la réélection d’Anthony Krehmeier (PS), qui fait son entrée dans le conseil d’arrondissement en compagnie du maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). Après avoir remporté le secteur au second tour des élections municipales avec 49,76% des suffrages exprimés, le Printemps marseillais peut ainsi se targuer de 24 élus dans cette mairie de secteur, tandis que LFI et le RN comptent respectivement 4 et 2 sièges. 15h passées, le dépouillement commence, égrenant le nom d’Anthony Krehmeier à l’envi.

    Le voilà élu maire de secteur avec 20 suffrages, tandis qu’Alladine Abdallah Salim, qui siège pour LFI, en récolte 4. Trois bulletins nuls ou blancs sont aussi recensés. Les vivats de la foule s’expriment dans la salle du conseil et il est donc l’heure pour Benoît Payan de remettre l’écharpe de maire de secteur à Anthony Krehmeier. Celui-ci remercie d’emblée l’édile « pour son amitié indéfectible », ainsi que sa famille et « les habitants venus nombreux pour ouvrir ce nouveau chapitre ». « Marseille a montré qu’elle resterait une et indivisible », réaffirme-t-il, avant de faire part de sa volonté de « rétablir l’égalité entre le Nord et le Sud de la ville. Aujourd’hui, une nouvelle étape commence », amorce l’élu. Il espère ainsi « faire tomber les frontières invisibles qui fracturent la ville » depuis son secteur, en « retrouvant » notamment « l’accès à la mer », ou encore avec « la démolition du viaduc de Plombières ».

    Les adjoints

    Emilia Sinsoilliez, 1ère adjointe ; Maurice Attia, 2e adjoint ; Anne Pfister, 3e adjointe ; Gérard Azibi, 4e adjoint ; Soraya Larguem, 5e adjointe ; Thomas Laffare, 6e adjoint ; Chaela Medjou, 7e adjointe ; Hamza Aftis, 8e adjointe ; Lila Chassagne, 9e adjointe ; Aurélien Petitjean-Levonian, 10e adjointe.

  • [Maj] À Marseille, Sophie Camard mise sur le « trait d’union » dans le 1er secteur

    [Maj] À Marseille, Sophie Camard mise sur le « trait d’union » dans le 1er secteur

    Avec 19 des 25 sièges du conseil d’arrondissements occupés par des élus du Printemps marseillais (PM), la séance d’installation ne laissait guère de place au suspense, dimanche. C’est donc bien Sophie Camard (GRS), candidate à sa réélection à la tête des 1-7, qui a été élue maire du secteur, avec 19 voix.

    « Dans mon discours d’investiture que j’ai retrouvé, prononcé le 12 juillet 2020, j’avais dit les mots suivants : “Je serai maire pour ceux qui ont voté, mais aussi pour ceux qui n’ont pas voté, parce que je voudrais les convaincre que la démocratie en vaut la peine”. Je n’en changerai pas une virgule », a-t-elle déclaré, émue. Au cœur de son propos : la volonté de constituer un trait d’union entre les 1er et 7e arrondissements : « Le premier secteur est à l’image des grandes inégalités de notre peuple. Cette situation justifie le débat politique. Mais pas de fractionner notre société. 6 678 voix dans le 1er, 7 451 dans le 7e. Un résultat très équilibré. Je prends ce message des électeurs comme un trait d’union pacifique et rassembleur. » Sur l’ensemble du secteur, Sophie Camard avait obtenu 47,45% des suffrages au second tour. Les neuf adjoints de la liste « Pour Marseille », exclusivement composée de représentants du Printemps marseillais , ont également été élus avec 19 voix, contre cinq votes nuls et un vote blanc.

    Six élus d’opposition

    Deux autres candidates briguaient la tête de la mairie de secteur, ce dimanche : Clémence Parodi (RN) et Charlotte Deweerdt (LFI). L’élue d’extrême droite a obtenu trois voix, total correspondant aux trois sièges remportés après avoir obtenu 25,38% au second tour. La candidate insoumise n’a recueilli que deux voix : les 18,02% obtenus par sa liste ne lui avaient en effet permis d’obtenir que deux sièges, le sien et celui de son colistier Aurélien Bourneuf (LFI). Pour rappel, Sébastien Barles (ex-EELV) a démissionné de son mandat de conseiller.

    Romain Simmarano (DVD), qui portait pour le secteur la liste « Marseille je t’aime » de Martine Vassal (DVD), est le seul élu de la droite traditionnelle au sein de ce conseil d’arrondissements. Il avait obtenu 9,15% des suffrages au second tour.

    Les adjoints

    Julien Soret, 1er adjoint ; Leïla Becard, 2e adjointe ; Christian Pellicani, 3e adjoint ; Monique Rolbert, 4e adjointe ; Karim Boussalem, 5e adjoint ; Virginie Roche, 6e adjointe ; Frédéric Guilledoux, 7e adjoint ; Romane Massip, 8e adjointe ; Aurélien Lecour, 9e adjoint.

  • Dans les 15-16, le Printemps marseillais cherche son maire

    Dans les 15-16, le Printemps marseillais cherche son maire

    Le dimanche pascal s’annonce chargé aux quatre coins de Marseille. Deux semaines après le 2d tour des municipales, une semaine après l’élection de Benoît Payan (DVG) à la mairie centrale, les 303 conseillers d’arrondissements des huit mairies de secteur vont à leur tour élire leur maire. Des votes pour la plupart sans surprise, la prime majoritaire de 50% pour la liste en tête, écrasant les oppositions.

    À gauche, parmi les maires sortant de la majorité du Printemps marseillais (PM), Sophie Camard (GRS), 19 sièges sur les 25 des 1er et 7e arrondissements, Anthony Krehmeier (PS), 21 sièges sur les 27 dans les 2-3, Didier Jau (EELV), 24 élus sur les 33 des 4-5, et Olivia Fortin (Mad Mars), 32 élus sur les 42 du conseil d’arrondissements des 6-8, seront reconduits. L’incertitude concerne les 15-16.

    Dans ce secteur, terre d’élection de Sébastien Delogu (LFI), Samia Ghali, tête de liste (DVG) du Printemps marseillais, a largement remporté au second tour (46,07%, 25 sièges) la triangulaire qui l’opposait au candidat d’extrême droite, Thibaut Charpentier (RN, 32,30%, 5 sièges) et à l’insoumise Rabyata Boinaheri (21,62%, 3 sièges).

    Sauf que, comme en 2020 dans un contexte certes différent, Samia Ghali a intégré samedi, l’exécutif municipal : 4e adjointe au maire de Marseille, elle dispose à nouveau du titre spécifique de maire-adjointe et un rutilant portefeuille de délégations devrait suivre. Une situation qui ne l’autorise pas à mener l’exécutif du secteur. Qui prendra sa place, rue de Lyon ? Beaucoup de bruits circulent même si pour l’heure, « Samia Ghali reste la maire », rappelle son entourage.

    Boulainseur, Mze,

    Coppola ou Jibrayel ?

    En 2020, Nadia Boulainseur (DVG) avait relevé le défi avec beaucoup d’à-propos. Six ans plus tard, les choses semblent pourtant moins évidentes. Contactée, celle qui apparaissait en 3e position sur la liste du PM sur le secteur, n’a pas répondu à notre sollicitation. Sur Facebook, un compte à tendance insoumise a même lancé un appel à venir soutenir la « boss lady » devant la mairie, dimanche.

    Derrière elle, les choix ne sont pas légion. Une situation qui rappelle celle des 6-8 en 2020, lorsqu’il s’était agi de trouver un remplaçant à Olivia Fortin qui avait consacré le début de son mandat à la réforme de l’administration municipale. Sur les huit premiers de la liste, trois ont accompagné Samia Ghali dans l’exécutif municipal : Hedi Ramdane, Josette Furace et Hanifa Taguelmint. Restent les communistes Jean-Marc Coppola et Ibrahim Mze, et le socialiste Sébastien Jibrayel.

    Adjoint à la culture de 2020 à 2026, le premier assure se destiner à d’autres ambitions en mairie centrale. Ibrahim Mze, fait, lui, ses premiers pas au conseil municipal. Et Sébastien Jibrayel, ex-adjoint aux sports, ne fait pas l’unanimité au Printemps marseillais depuis sa condamnation pour « violences en réunion » en 2025. Sa présence sur la liste avait d’ailleurs fait des remous. « C’est en interne », observe une membre de la liste, « mais ce n’est pas le plus important. La mairie de secteur est un outil à disposition de la mairie centrale, donc peu importe, ce qui compte c’est que la personne agisse en proximité et dans l’intérêt des habitants du secteur ».

    Dans le VIIe secteur voisin, à la mairie de Saint-Joseph, les choses sont plus claires. Après un mandat avec Stéphane Ravier et sa nièce (RN), puis six années de gestion de droite, la gauche revient aux commandes des 13-14 et aligne enfin le secteur sur la mairie centrale. Une situation qui n’était plus arrivée depuis 1986. Tina Biard-Sansonetti (DVG), dans ce secteur le plus peuplé de la ville disposera de 41 sièges sur les 53 du conseil d’arrondissements.

  • Un nouveau Printemps se dessine pour Marseille

    Un nouveau Printemps se dessine pour Marseille

    L’émotion était sincère. Caricaturé en maire non élu ces cinq dernières années, Benoît Payan a retrouvé samedi son fauteuil de maire (DVG) de Marseille. Il était seul en lice. Un vote sans suspense et à l’unisson de la solide majorité du Printemps marseillais (73 sièges), une semaine après la victoire dans les urnes face au Rassemblement national.

    « Le maire de Marseille, le mieux élu de la Ve République », se plaisait-il à rappeler après une séance sans fausse note, suivie en tribune par le député- candidat insoumis, Sébastien Delogu. Sous ses yeux, l’extrême droite (34 sièges) a fait bonne figure dans ce conseil d’installation très formel. Tout juste l’élue (RN) des 9-10, Anne-Marie Gregori, a-t-elle été remise sur les rails lorsque son discours inaugural, autorisé par son statut de doyenne, a pris une tournure politique. La menace d’un « rappel au règlement » ramènera sa parole à la raison.

    Quinze nouveaux adjoints

    « Ils se présentent à des élections, ont des élus, on verra s’ils se comportent de manière républicaine », analysait Benoît Payan sans vouloir faire de « procès d’intention », après la séance. « Évidemment s’il y a des dérapages racistes, xénophobes, antisémites, homophobes ou sexistes, je les sanctionnerais et j’enverrais au procureur de la République ceux qui, même si la liberté d’expression est pleine et entière, dépassent le cadre de la loi. » Le RN dont une autre élue, Marie Bermejo, a officié comme secrétaire de séance en tant que benjamine de l’hémicycle, constituera la principale opposition ces sept prochaines années.

    Un « marathon », soufflait Romain Simmarano, le porte-parole (Ren.) de campagne de Martine Vassal, avant de faire ses premiers pas au conseil municipal. Malgré le soutien de ses proches, le directeur de cabinet de Renaud Muselier, est apparu bien seul pour représenter la droite républicaine (4 sièges), en l’absence de deux élus. D’autant que Martine Vassal, la présidente (DVD) du Département, s’est vite éclipsée. Quel sera son champ d’expression ? « Sur le temps de parole on verra », répond le maire, « mais j’ai suffisamment souffert qu’on me dise que je n’avais pas droit à la parole dans l’opposition, pour ne pas reproduire ce que j’ai condamné. Ce n’est pas ma conception de la démocratie. »

    Installés dans l’hémicycle par ordre alphabétique, les conseillers municipaux ont aussi désigné les adjoints au maire. Un exécutif élu à l’unanimité des voix du Printemps marseillais. Ils seront 33 mais leur délégation n’est pas encore arrêtée. Des changements apparaissent toutefois par rapport au précédent.

    « La mandature qui vient est la continuité du travail engagé depuis six ans sur la base d’une équipe renouvelée », note la 5e adjointe Audrey Garino (PCF). « On partait de pas grand-chose, on a beaucoup réparé, maintenant on va pouvoir déployer nos politiques publiques avec encore plus de force. » Quinze nouveaux adjoints font leur apparition dont Amine Kessaci (4e). Sous escorte, il a fait des débuts émouvants à Bargemon, officiant comme secrétaire de séance lors du vote des adjoints.

    Nouvelle organisation

    « On mesure la responsabilité et l’honneur. Le premier mandat a permis de poser les bases, celui-ci doit être un tremplin et cette écharpe un levier pour accélérer cette transformation de Marseille », poursuit Pascaline Lecorché (PP). Avec Hanifa Taguelmint, elle fait partie des deux autres entrants parmi les dix premiers adjoints. « C’est un moment lourd de sens, la campagne a été intense, on a vu une ville fracturée et on a sept ans pour la recoudre. Je mesure le travail et la charge qui nous attendent », a réagi la militante antiraciste assise samedi juste à côté de l’extrême droite.

    La présence de Samia Ghali, en 3e position, avec son titre de maire adjointe, indique qu’elle laissera comme en 2020 les rênes de la mairie des 15-16. À qui ? « Suspense », répond son entourage. Parmi les adjoints sortants encore élus, figure Lisette Narducci (DVG) chargée jusque-là des anciens combattants, Patrick Amico (GRS) qui était au logement, ou Jean-Marc Coppola (PCF) qui avait la culture.

    « Ce résultat nous oblige peut-être encore plus fortement. Il faut qu’on garde le cap de la dignité et de l’intérêt général. Je sais que les acteurs culturels comptaient sur moi, j’ai pris beaucoup de plaisir avec des femmes et des hommes extraordinaires mais ce n’est pas un abandon, je serai utile autrement », explique celui qui prendra la direction du groupe PCF dans l’hémicycle. Un autre rôle qui dessine une nouvelle organisation de la majorité.

    Mais les yeux sont déjà tournés vers le conseil métropolitain (7 ou 8 avril). « Je veux une Métropole à la hauteur des attentes, qui redeviennent enfin un outil au service de notre ville », a martelé Benoît Payan dans son discours, promettant de « dépasser les clivages et les blocages, pour dialoguer et convaincre
    de cette absolue nécessité
     ».

    « Marseille a besoin d’être rassemblée
    et protégée, qu’on répare ses fractures
    et prépare
    son avenir. »

  • À Marseille, la bataille idéologique contre l’extrême droite est lancée

    À Marseille, la bataille idéologique contre l’extrême droite est lancée

    Si la vague brune n’a pas submergé la mairie centrale, Marseille s’est réveillée le 22 mars avec deux secteurs passés sous contrôle du Rassemblement national. Plus de 250 000 habitants des 9e, 10e, 11e et 12e arrondissements vivent désormais sous l’autorité d’un maire de secteur d’extrême droite. Leur installation en conseil d’arrondissement est prévue le 5 avril.

    Un basculement qui rappelle 2014 et l’arrivée de Stéphane Ravier (RN) à la tête de la mairie de Saint-Joseph dans les 13e et 14e arrondissements. Le « dictateur nord phocéen » avait profité de la désunion de la gauche et s’était servi de cette élection comme marchepied vers le Sénat. Bilan : six années de mandat marquées par les crises et la conflictualité.

    « Le plus choquant, là où on a senti leur idéologie d’extrême droite, c’est dans l’attaque contre la programmation de l’espace culturel Busserine. Ils ont interdit aux professionnels de faire leur travail. C’est un domaine dans lequel l’ancienne municipalité ne s’était jamais immiscée », observe Stéphane Mari, alors conseiller d’arrondissement d’opposition dans les 13-14, et premier adjoint au maire (PS) Garo Hovsepian sous les mandats précédents.

    « Servir l’intérêt général »

    Douze ans plus tard, les chefs de file du Printemps marseillais battus le 22 mars misent sur une opposition présente, structurée, vigilante et offensive pour contrecarrer les plans de l’extrême droite. Dans les 11-12, où il a recueilli 36,9% des voix, Yannick Ohanessian (PS) promet une large mobilisation collective face à la majorité d’Olivier Rioult : « On est huit élus en mairie mais la résistance va au-delà. Des centaines de militants et sympathisants veulent s’inscrire dans la démarche et être présents sur le secteur, dans les noyaux villageois comme les quartiers populaires, afin de travailler avec ceux qui souhaitent que le changement initié par le Printemps marseillais se poursuive. Je serai la vigie des 17 500 femmes et hommes qui nous ont fait confiance.»

    Dans le secteur voisin, Pierre Huguet entend, lui aussi, mener la bataille « sur le terrain, en direction des habitants ». Avec 40,95% des voix, sa liste d’union de la gauche, des écologistes et des citoyens réalise l’un des meilleurs scores de gauche depuis des décennies. Même si cela n’a pas suffi pour barrer la route de la Maison Blanche à Éléonore Bez (RN), il insiste sur la nécessité d’une opposition « déterminée » pour protéger les habitants « des politiques d’extrême droite qui pourraient y être développées ». Dans son viseur, « les politiques discriminatoires qui consistent à trier les habitants ». Le « pass anti-racailles » pour les plages marseillaises par Franck Allisio (RN) résonne encore dans les têtes.

    Les équipements publics constituent l’un des lieux possibles de dérives : « S’ils voulaient le faire pour les plages, ils peuvent le faire pour des équipements de la mairie de secteur, on peut au moins le supposer. Donc on va être extrêmement vigilants. Les gymnases rattachés aux écoles, les maisons de quartier doivent servir l’intérêt général et être utiles aux habitants », prévient ce dernier.

    Les 13-14 ont, là aussi, servi de cas d’école, se rappelle Stéphane Mari, qui évoque une « casse du service public » organisée. « Une mairie de secteur gère peu d’équipements mais confronté à du vandalisme, l’ancien maire de secteur n’a jamais cédé : la théorie du carreau cassé ! On le remplace et on rouvre dès le lendemain », raconte-t-il. « Le RN a profité d’actes de vandalisme, certes réels mais comme il y en a dans toutes les villes, pour les fermer. Ici une piscine, là le centre d’animation des Oliviers… Ce n’était pas innocent : ils n’ont pas fermé dans les noyaux villageois mais dans les quartiers populaires. »

    « Ministère de la parole »

    Une stratégie que redoute évidemment Pierre Huguet, qui rappelle l’état de délabrement des équipements publics laissé par l’équipe RN en 2020 lorsque le Printemps marseillais a récupéré la mairie centrale : « On a trouvé des équipements de mairie de secteur dans un état catastrophique. Ils n’étaient plus entretenus et, à la fin, ils voulaient juste les fermer. »

    Pour lui comme pour Yannick Ohanessian, l’enjeu dépasse l’arène institutionnelle : il s’agit de maintenir une présence sur le terrain, auprès des associations, dans les écoles, les comités de quartier. « C’est important d’être le porte-parole des revendications des populations du secteur, pas seulement des quartiers populaires. Il faut suivre tous les dossiers, parce qu’il peut y avoir des choses à défendre partout », observe Samy Johsua.

    Une bataille de terrain autant que d’idées. Un combat qui, pour ce conseiller d’arrondissement Front de gauche des 13-14 de 2014 à 2020, n’a qu’une règle : ne pas céder un bout de terrain. « L’idée était de ne rien laisser passer sur les questions idéologiques, les services publics, le racisme ou les sujets de sécurité. Il faut batailler et le faire savoir, ça a son effet », explique-t-il. « Il faut mener la bataille idéologique partout, surtout si ceux qui arrivent se présentent davantage comme des gestionnaires. Il ne faut rien laisser passer parce que ça imprime. »

    « Leurs valeurs sont l’antithèse de celles que l’on défend », reprend Yannick Ohanessian. « Olivier Rioult assume d’être au Rassemblement national, il assume son histoire, son héritage, et en cela il est aux antipodes de ce que l’on porte. » « Je n’admets pas que l’on dise que l’extrême droite est policée. L’extrême droite reste l’extrême droite », insiste Pierre Huguet.

    « En 2014, le RN distribuait des tracts pour mettre en scène ses votes. Avec une mairie centrale de gauche, les tensions risquent d’être plus fortes, il faudra expliquer clairement les positions défendues », reprend Samy Joshua. « Ils ont fait campagne sur la sécurité, un domaine où ils n’ont pas de prise en mairie de secteur. Mais ils vont avoir, comme l’ont toujours les maires de secteur, le ministère de la parole : des communiqués, des grandes déclarations pour expliquer que la mairie centrale n’a pas donné suite, que l’État n’a pas envoyé assez de policiers nationaux pour répondre aux enjeux du secteur. Mais cela a ses limites », conclut Stéphane Mari.

  • Un 3e tour sans suspense pour le Printemps marseillais

    Un 3e tour sans suspense pour le Printemps marseillais

    Le conseil municipal d’installation qui se tient ce samedi (9h15) à l’Hôtel de ville de Marseille s’annonce plus serein que cet interminable samedi 4 juillet 2020, lorsqu’il y a six ans, le Printemps marseillais avait repris la mairie à la droite après 25 années de gestion Gaudin. Michèle Rubirola sa cheffe de file ne disposait alors que de 42 sièges, loin de la majorité absolue dans un hémicycle comptant 101 élus.

    La candidature au 1er tour de Samia Ghali et le retrait à droite de celle de Lionel Royer-Perreaut, avaient semé le doute même si le départ fracassant de Stéphane Ravier et des neuf élus RN avait ramené la majorité à 47 voix. Au 1er tour de scrutin, Rubirola avait obtenu 42 soutiens, contre 41 pour Guy Teissier (LR), tandis que Samia Ghali recueillait huit voix. Après deux heures d’interruption et de tractations, Michèle Rubirola, finalement soutenue par les ghalistes, avait été élue maire avec 51 voix… Elle devenait la première femme à occuper cette fonction mais passera la main quelques mois plus tard à Benoît Payan.

    Composition de l’exécutif

    Aujourd’hui, réforme de la loi PLM oblige, l’hémicycle compte 111 conseillers municipaux et le Printemps marseillais peut s’appuyer sur une base solide de 73 sièges. À l’autre bout de l’hémicycle, le RN dispose de 34 élus. La droite républicaine n’a plus que quatre représentants. Ils ne seront d’ailleurs que deux samedi. Shabbat oblige, Fabienne Bendayan (3e sur la liste de Martine Vassal) ne sera pas présente. Stéphane Pichon (4e) ne sera pas là non plus. Le président de l’Ordre des Pharmaciens de la Région est en déplacement. Un voyage prévu depuis un an et demi.

    Comme le veut l’exercice, c’est le jeune écologiste Amine Kessaci, le benjamin (22 ans) de l’assemblée qui devrait procéder à l’appel. Benoît Payan, le maire sortant, cédera alors la présidence au doyen de l’hémicycle : la députée d’extrême droite, Gisèle Lelouis (RN), âgée de 74 ans. C’est elle qui déclarera la séance d’installation ouverte et la présidera jusqu’à l’élection du maire dont elle proclamera les résultats. Le vote, un scrutin uninominal, pouvant aller jusqu’à 3 tours, se fait à bulletin secret.

    Outre l’élection du maire qui ne souffrira d’aucun suspense, l’élection des adjoints sera l’autre gros morceau du jour. La loi autorise jusqu’à un tiers d’adjoints. Sur la dernière mandature, l’exécutif en comptait 30. Ils pourraient être jusqu’à 36 cette fois. Leur nombre sera voté en séance. Avec des interrogations : Michèle Rubriola restera-t-elle 1ere adjointe ? Samia Ghali conservera-t-elle le rang spécifique de maire-adjointe ? Les délégations, elles, seront attribuées plus tard par un arrêté signé du maire. « Ça viendra dans un second temps en fonction sans doute de l’évolution de l’exécutif métropolitain », glisse-t-on dans la majorité. Sa date n’est pas encore fixée mais le conseil métropolitain devrait se tenir après le long week-end pascal, les 7 ou 8 avril.

    Autre question en suspens : l’organisation de la majorité municipale au sein de l’hémicycle. Sera-t-elle formée d’un seul ou plusieurs groupes, comme c’est le cas dans l’opposition au conseil départemental ? Les choses devraient se décanter d’ici la prochaine séance.

    La droite, elle, a priori n’en aura pas. « À ce stade du règlement intérieur, il ne semble pas possible de composer un groupe. Nous venons de vivre une lourde défaite, nous sommes restés unis et soudés mais nous n’avons que quatre élus », note Romain Simmarano (Ren.). « C’est au maire de Marseille qui a été légitimé par cette élection, de déterminer comment il entend faire vivre la démocratie. Mais nous ferons entendre la voix de nos sensibilités à l’intérieur autant que ce sera possible comme à l’extérieur. »