Tag: Printemps Marseillais

  • Le Printemps marseillais en rempart au RN

    Le Printemps marseillais en rempart au RN

    Le décor final est planté. À quelques heures de la date limite de dépôt des candidatures, l’insoumis Sébastien Delogu, qui avait promis de dégager Benoît Payan, le maire (DVG) sortant de l’hôtel de ville, a acté son échec. Arrivé en quatrième position du 1er tour des municipales dimanche, le député des quartiers nord a annoncé, mardi matin, son retrait de la course à la mairie centrale face « au risque » de victoire du Rassemblement national. Une annonce reçue avec froideur par Benoît Payan alors que la veille, une foule de partisans insoumis et de militants antifascistes était venue réclamer, avec force et dégradation, une fusion des listes aux fenêtres de son QG. La porte est restée close.

    Pari manqué

    La conclusion d’une campagne houleuse et arrogante dans laquelle l’insoumis, qui s’était promis de faire revenir aux urnes les habitants des quartiers populaires, n’a pas réussi son pari. Non seulement le taux de participation dans ces secteurs trop longtemps méprisés n’a pas connu l’engouement espéré, mais il n’a surtout pas réussi à rassembler. Dans une ville qui a placé Jean-Luc Mélenchon en tête du 1er tour de la présidentielle 2022 avec 31,12% des suffrages (108 423 voix), lui a plafonné à moins de 12%, réunissant péniblement 33 808 électeurs.

    Le 2nd tour se jouera donc dans une triangulaire avec un seul candidat désormais à gauche, Benoît Payan, crédité de 36,69% des suffrages dimanche, mais talonné de près (35,02%) par le candidat de l’extrême droite, Franck Allisio (RN). Jamais l’extrême droite n’a été aussi haute à Marseille. Une progression en partie liée à la dégringolade de sa concurrente Martine Vassal, présidente de la Métropole et du Département, représentante d’une droite républicaine locale quasi disqualifiée et qui jouera gros, dimanche prochain, à Marseille. Le retrait insoumis, qui libère un couloir au Printemps marseillais, a immédiatement fait réagir le président du RN, Jordan Bardella, qui a exhorté son homologue des Républicains, Bruno Retailleau, à « prendre (ses) responsabilités en obtenant le retrait » de Martine Vassal, ignorant que celle-ci n’a plus sa carte aux Républicains.

    Un retrait dans les 13-14

    Reste à savoir comment réagiront les électeurs de la France insoumise. Sébastien Delogu n’a pas été des plus clair, appelant « toutes celles et ceux qui ont accordé leur voix à ne pas abandonner la lutte antifasciste et notre programme politique ». Dans son esprit d’abord le soutien aux candidats insoumis restés en lice dans quatre des cinq secteurs où ils avaient franchi la barre des 10%. Des secteurs, les 1-7, les 2-3, les 4-5 et les 15-16, où la gauche apparaît majoritaire.

    Dans ce dernier (8e secteur), une voix s’est élevée, celle du collectif Ibrahim Ali, pour tirer la sonnette d’alarme (lire encadré) et éviter un scénario qui, en 2014, dans les 13e et 14e arrondissements voisins, avait vu l’extrême droite arriver au pouvoir. Une mémoire à vif qui a en partie conduit au retrait de Mohamed Bensaada (LFI) , quatrième (13,1%) dimanche, dans ce 7e secteur justement.

    Une triangulaire y opposera donc Sandrine D’Angio (RN), Tina Biard-Sansonetti, candidate du Printemps marseillais, et Marion Bareille, la maire (DVD) sortante, élue en 2020 après le retrait de la gauche. Arrivée derrière Mohamed Bensaada, elle se maintient malgré le risque de l’extrême droite. La valeur du déshonneur… Mais devant la défaite annoncée, à droite, toute place semble bonne à gratter pour s’accrocher à la Métropole. Dans le reste des secteurs, les seconds tours restent inchangés.

    Sébastien Delogu balaie la demande de retrait des 15-16 du collectif Ibrahim Ali

    Face au risque de voir l’extrême droite arriver au pouvoir, le collectif Ibrahim Ali a appelé, mardi, au retrait de la liste de la France insoumise dans les 15e et 16e arrondissements de Marseille. La candidate LFI, Rabyata Boinaheri, est arrivée en 3e position (23,28%) dimanche, derrière le candidat du RN (29,22%) et Samia Ghali, la cheffe de file (DVG) du Printemps marseillais (36,96%). « Ibrahim est mort ici dans ce secteur sous les balles des colleurs d’affiches du FN. Nous avons une obligation morale de toujours lutter pour sa mémoire et pour les générations futures. Ici, seul le Printemps marseillais est en capacité de l’emporter, il doit avoir toute notre force », justifient les proches du jeune marseillais assassiné en 1995 sur l’avenue des Aygalades. Une proposition rapidement balayée d’un revers de la main par Sébastien Delogu, soucieux de faire « accéder au pouvoir dans les quartiers Nord de Marseille la première femme noire » et « faire dégager Samia Ghali ». Un vrai programme…

    Réactions

    Martine Vassal, candidate de la droite et du centre

    « Benoît Payan choisit LFI. Marseille en danger. Accord secret, arrangements entre amis… Le masque tombe. Pour sauver sa place, Benoît Payan s’aligne sur les plus radicaux. Nous ne nous soumettons pas. Nous tenons. Pour Marseille, désormais, nous sommes la seule voie face aux extrêmes ! »

    Franck Allisio, candidat RN

    « [C’est une] alliance tacite entre Benoît Payan et Sébastien Delogu. Il n’y a que les plus naïfs qui y ont cru, comme ceux qui ont cru que Madame Rubirola allait être maire de Marseille. Eh bien ! Ils refont le coup ! Le vrai maire de Marseille, ce ne sera pas Monsieur Payan, mais Monsieur Mélenchon »

    Valérie Boyer, sénatrice LR

    « Ne vous leurrez pas, voter Benoît Payan et Yannick Ohanessian, c’est voter pour LFI. Une autre voix existe, celle de Martine Vassal et Sylvain Souvestre »

    Pierre Huguet, adjoint au maire et candidat Printemps marseillais dans les 9-10

    « Face au danger du RN, Sébastien Delogu a pris ses responsabilités en se retirant. Dans les 9e et 10e, où le RN est arrivé en tête, Laure-Agnès Caradec (LR) doit en faire autant. Se maintenir, c’est prendre le risque assumé de faire gagner l’extrême droite. »

  • Après un long silence, Martine Vassal se maintient, comme elle l’avait promis

    Après un long silence, Martine Vassal se maintient, comme elle l’avait promis

    Il aura fallu la nuit et plus d’une demi-journée pour qu’enfin, Martine Vassal sorte d’un silence assourdissant. Le temps de digérer son score de 12,41%, sa liste étant arrivée loin derrière le Printemps marseillais du maire sortant Benoît Payan (36,69%) et le RN Franck Allisio (35,02%) mais un poil devant l’insoumis Sébastien Delogu (11,94%).

    « Je prends acte de ce résultat qui nous place en troisième position. Je veux l’affirmer avec clarté : nos courants doivent continuer à être représentés », assène-t-elle dans un long communiqué. « Entre la gauche de Monsieur Payan, l’extrême droite du RN et l’extrême gauche LFI, il existe à Marseille un courant de pensée profondément républicain, attaché à l’ordre, à la responsabilité, à l’équilibre et au respect de toutes les sensibilités de notre ville » qu’elle compte bien incarner. Elle met en avant « une équipe rajeunie, renouvelée et compétente, qui représente ces courants de pensée » qui « devra, demain, représenter une opposition claire et constructive au conseil municipal ». Pour Martine Vassal, « il serait impensable de priver les Marseillais de cette représentation au second tour ». Et de se poser en « véritable alternative à la gestion actuelle de la ville doit s’incarner dans un projet sérieux, expérimenté et capable de rassembler largement ».

    Des conséquences

    sur la Métropole

    La candidate de la droite et du centre revient sur son avenir au sein de la Métropole, qu’elle préside depuis 2018 et sur laquelle « cette élection aura également des conséquences majeures ». La Métropole « est une institution essentielle, composée d’une assemblée de maires qui travaillent ensemble pour les transports, l’économie, l’aménagement et l’avenir de notre territoire » rappelle-t-elle, « les électeurs qui nous ont fait confiance ne doivent pas être punis une seconde fois, en voyant cette Métropole basculer également à gauche ! Car nos courants sont les seuls à pouvoir maintenir une majorité à la Métropole ».

    Plus tôt dans la journée, Christophe Madrolle, au nom des « écologistes raisonnables » estimait lui aussi indispensable le maintien de Martine Vassal, qu’il qualifie d’« acte de résistance républicaine face à la montée des extrêmes ». « Une ville comme Marseille ne peut pas se résumer à un jeu de ping-pong institutionnel entre la gauche et l’extrême droite, les Marseillais ont besoin d’équilibre de pluralisme et de dialogue », insistait-il. Dans un communiqué, le référent Marseille de l’UDI, Frédéric Guelle, inquiet de la progression du Rassemblement national et de « la perspective de le voir accéder aux responsabilités », saluait l’engagement de Martine Vassal, porteuse d’une « alternative républicaine » et réclamait lui aussi son maintien.

  • Les insoumis veulent encore croire à la fusion à gauche

    Les insoumis veulent encore croire à la fusion à gauche

    Après avoir déjà émaillé la campagne du premier tour, les appels à se désister ou à fusionner entre les deux listes de gauche face au risque RN prennent cette fois une tournure concrète. Dès le dimanche soir, au moment où tombaient les premiers résultats, Sébastien Delogu a ainsi adressé un texto au maire (DVG) sortant de Marseille pour le féliciter de son score et prendre attache en vue d’une fusion, avant d’échanger avec un membre de son entourage. Avec une fin de non-recevoir. « C’est une position irresponsable qui pourrait donner les clés de Marseille au Rassemblement national », déplorait immédiatement dans la nuit le député LFI.

    Alors quand pour abréger le débat Benoît Payan déposait dès ce lundi midi sa liste en préfecture pour le second tour, le parlementaire s’empressait d’appeler ses électeurs à aller manifester le soir même devant la mairie. « Nous appelons le peuple de Marseille à faire entendre sa voix pour créer les conditions d’un rassemblement et battre définitivement l’extrême droite », lançait-il. Message entendu par environ un millier de manifestants selon la préfecture de police qui se sont rassemblés devant l’hôtel de ville, en l’absence du candidat. « C’est un appel citoyen pour dénoncer l’attitude irresponsable du maire de Marseille, défendait sur place l’adjoint en dissidence Sébastien Barles (Vaï!). 80% du peuple de gauche souhaite l’union, le RN est aux portes du pouvoir, il y a nécessité ! » En ligne de mire, l’espoir d’un retrait de la liste déposée le midi même pour en présenter une nouvelle fusionnée avant la date butoir ce mardi soir. Un espoir d’autant moins probable quand le rassemblement est parti en cortège pour rallier la permanence de campagne du Printemps marseillais, dégradant au passage ses murs, avec des slogans et des pancartes ciblant directement Benoît Payan. Au même moment se tenait une réunion de la coordination de campagne pour trancher sur la décision à prendre. « Si Martine Vassal s’était retirée, nous aurions dû le faire, mais son maintien change tout », confiait un cadre de Vaï. Le choix final n’avait pas encore été diffusé à l’heure où nous écrivons ces lignes.

  • Benoît Payan dépose sa liste sans les insoumis

    Benoît Payan dépose sa liste sans les insoumis

    Après quarante minutes dans le huis clos de la préfecture de région ce lundi midi, Benoît Payan pouvait annoncer à la presse qu’il avait déposé sa liste pour le second tour « dans les formes, telle que nous l’avions déposée au premier tour, dans les huit secteurs et à la mairie centrale ». Au lendemain d’un premier tour qui donne le maire (DVG) sortant de Marseille talonné par le Rassemblement national avec seulement 4 746 voix d’avance (36,70% contre 35,02%), celui-ci n’a pas voulu faire durer le suspense et a immédiatement fermé la porte à une fusion avec la liste menée par le député LFI Sébastien Delogu.

    Campagne brutalisée

    « Moi je n’appelle pas les gens à se retirer, je veux que les choses soient claires, insiste Benoît Payan. Chacun prend ses responsabilités, chacun est devant son destin. Certains auraient pu sortir par le haut en disant je me retire, et c’est grâce à moi que le Rassemblement national ne va pas gagner. Je ne leur ferai pas le plaisir de leur demander quoi que ce soit. »

    Il tourne ainsi le dos aux voix à gauche qui appelaient à la fusion des deux listes, à l’image du député (l’Après) Hendrik Davi qui estimait dans la matinée que « c’est absolument indispensable si nous ne voulons prendre aucun risque d’une victoire du RN », appelant à un rassemblement dans la soirée devant l’hôtel de ville. Une possibilité qui avait servi d’argument à la droite dans la campagne pour dissuader les électeurs centristes de porter leurs voix sur le maire sortant.

    « Il ne peut pas y avoir de magouille, le combat contre le Rassemblement national ne se monnaie pas, argumentait Benoît Payan avant d’entrer en préfecture. Il m’est arrivé dans ma vie d’être dans cette situation : à trois reprises, je me suis désisté. » Une décision qui a l’avantage d’éviter de diviser une majorité qui pourrait ne tenir qu’à quelques sièges, mais qui vient solder aussi une campagne de premier tour « brutalisée », dans laquelle le candidat insoumis a joué la carte du dégagisme en ciblant particulièrement la municipalité, qualifiée de « système clientélaire corrompu ». « Sébastien Delogu disait que son ambition c’est que Benoît Payan ne soit plus maire, il est devant ses propres contradictions », souffle l’édile à la fin de sa conférence de presse. Une stratégie perdante : le parlementaire n’a réalisé qu’à peine plus d’un tiers des voix de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Alors si Benoît Payan ne l’appelle pas à se retirer, il n’hésite pas à affirmer qu’il l’aurait fait à sa place, et met la pression : « S’il se maintient, il a tout perdu. » « ça c’est sûr », acquiesce largement Samia Ghali (DVG), menaçant ouvertement de se présenter contre lui pour les législatives. « Pendant six mois nous avons été le seul adversaire, chacun doit prendre ses responsabilités », soupire l’adjointe sortante (PCF) Audrey Garino. « Nous sommes à un moment charnière de l’histoire et de notre ville, et de notre pays, le message qu’enverra Marseille aura des résonances bien plus larges », s’inquiète-t-elle.

    « Cette ville doit rester fraternelle »

    « Il faut aussi aller chercher les abstentionnistes, beaucoup ne sont pas allés voter, pointe la première adjointe (EELV) Michèle Rubirola. Il faut leur dire que le RN ce n’est pas n’importe quoi, avec le RN il n’y a plus de subventions aux associations, qui sont le ciment de notre ville. »

    « Dimanche prochain nous allons montrer que cette ville doit rester fraternelle et qu’elle appartient à tous ses enfants », promet pour sa part Benoît Payan.

    « À trois reprises, je me suis désisté »

  • À Marseille, Martine Vassal, à la peine, confirme les sondages

    À Marseille, Martine Vassal, à la peine, confirme les sondages

    Une permanence fermée aux médias. Voilà qui donnait déjà le ton ce dimanche du côté de la candidate de la droite et du centre Martine Vassal. Restait à savoir quelle était l’étendue de la catastrophe. Les premières estimations tombent, la créditant de 11 à 13% des voix. Mais de commentaires point. Toute la soirée, la candidate aura joué au chat et à la souris avec la presse rassemblée devant sa permanence du 42, cours Pierre Puget (6e), rideau tiré, lumières éteintes. La prise de parole prévue pour 22h30 est reportée d’une heure.

    Une de ses co-listières, Sandra Blanchard, avocate en droit public, finit par débarquer en voiture, chargée de sacs de courses. « On est allé acheter à manger pour les militants », répond-t-elle, un peu embarrassée, à la foule de micros qui se dressent devant elle. « On n’a pas encore les résultats, dès qu’on en saura plus, on vous tiendra au courant, je ne sais pas quand elle va arriver », promet-elle. Quand on lui demande si elle a prévu les mouchoirs, elle convient qu’elle est déçue. « Mais c’est le jeu démocratique, parfois on gagne, parfois on perd, les Marseillais ont décidé, évidemment qu’on aurait voulu faire beaucoup plus ». Et de se dire surtout « déçue qu’il y ait autant de Marseillais qui ont voté pour le Rassemblement national, pour le reste… »

    Un second tour décisif

    Même si elle n’a eu de cesse de le marteler, « le sondage qui va compter, ce sera le résultat du 15 mars au soir », au cours de la campagne, de projections en projections, la liste de Martine Vassal a lentement dégringolé. Elle n’aura rien lâché, jusqu’à son dernier meeting ce mercredi. « Ne vous laissez pas voler cette élection, on va gagner » exhortait-elle alors sur la scène du Florida Palace. Mais les électeurs ont tranché, réalisant le pire des scénarios.

    Reste à savoir quelle attitude elle va désormais adopter pour le deuxième tour. « Même satellisée sur la lune, je ne me retirerai pas » avait-elle promis lors d’un dernier débat avant le vote sur le plateau de nos confrères de La Provence. Une quadrangulaire permettrait d’éviter le naufrage total et d’éviter la fuite vers l’extrême droite.

    Pour mémoire, au second tour des municipales de 2020, Martine Vassal avait déjà vu lui échapper le 4e secteur (6e et 8e arrondissements), fief de la droite depuis 25 ans, au profit de la candidate du Printemps marseillais, Olivia Fortin, réunissant 39,16 % contre 41,78% pour l’actuelle maire de secteur. Elle avait dû affronter au 1er tour la liste dissidente de Bruno Gilles (DVD) avant de finalement faire alliance au second. Et la droite avait été mise hors-jeu par le Printemps marseillais dans une large partie de la ville.

    Une certitude désormais : Martine Vassal va devoir batailler pour conserver la tête de la métropole Aix-Marseille-Provence où elle a pris la suite de son mentor, Jean-Claude Gaudin en 2018. Au mieux, Martine Vassal peut espérer une dizaine d’élus et si elle se dépasse. Ce qui risque d’être un peu léger pour peser dans l’hémicycle du Palais du Pharo. À l’heure où nous écrivons ces lignes, c’est finalement le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano qui devait s’exprimer, sans certitude.

  • À Marseille, Didier Jau appelle à continuer le travail engagé

    À Marseille, Didier Jau appelle à continuer le travail engagé

    Est-ce que vous êtes Jauuuuuu ? » Ambiance au théâtre des Chartreux (4e) plein à craquer ce jeudi 12 mars. Avec pour commencer un avertissement. « Les choix que nous allons faire sont essentiels » alerte Anne Vial, adjointe d’arrondissements sortante, déléguée au sport, la santé et à l’égalité des droits. Elle insiste : « L’extrême droite raciste, antisémite, xénophobe, anti-féministe est à nos portes, les ingénieurs du chaos sont à la manœuvre et notre liste porte la résistance. »

    Elle aussi sortante, adjointe au maire de Marseille en charge de la valorisation du patrimoine, Perrine Prigent (PM) enchaîne. « Six ans c’est court et c’est long, ça marche quand la gauche est unie, le deuxième mandat c’est aller plus vite, plus loin », pose-t-elle, estimant que « les 4-5 c’est le reflet de ce que peut être Marseille ».

    Sur scène défilent les colistiers issus de collectif ou encartés au sein de Génération.s, du PCF ou du PS, pour une présentation du programme quartier par quartier avec des zooms de Beausoleil aux Chutes Lavie et son fameux portail de la discorde, en passant par Chave et Baille, sans oublier un détour par le programme pour la jeunesse et l’éducation, parce que « l’avenir ce sont nos enfants », un peu de santé publique au passage, beaucoup de réaménagement de places, d’espaces publics, de modes de mobilités apaisés entre vélos, voitures et trottinettes… De quoi préparer le terrain à « Didier », galvanisé. « Dimanche l’objectif est clair, il s’agit de relever le défi de défendre la Marseille qu’on aime, de diversité, de solidarité, d’entraide, antiraciste, antifasciste », insiste le maire EELV sortant.

    « On ne vous vend pas

    du rêve »

    Plus important pour lui encore, il faut « préserver nos libertés individuelles » quand elles sont mises à mal. Ce qui se passe dans l’Amérique de Trump ne tardera pas à « arriver chez nous » prévient le candidat. Et de remettre sur la table, les valeurs du Printemps marseillais. « On ne vous vend pas du rêve, le chantier a commencé il y a 6 ans, c’est toute une démarche que nous défendons, la reconstruction du lien démocratique qui nous lie à toute la population, c’est fini les réseaux ! », assure-t-il. Il martèle : « Nous avons dit ce que nous allions faire et on a fait ce qu’on a dit. » Parce qu’il reste trois jours jusqu’à dimanche, « y a-t-il encore une place au doute ? », interroge le candidat du Printemps marseillais, insistant lourdement sur l’utilité d’un seul bulletin de « presque » toute la gauche unie. Il assène : « Nous sommes au pied du mur. »

  • À Marseille, Ruffin appelle à ne pas rompre le fil rouge

    À Marseille, Ruffin appelle à ne pas rompre le fil rouge

    Rencontre avec des policiers nationaux et municipaux, entretien avec le prix Albert-Londres, Philippe Pujol, visite d’un atelier de réinsertion à la Belle de Mai, apéro-pétanque dans les 13-14 avec la candidate du Printemps marseillais, porte-à-porte… la journée, dense, s’est achevée par une réunion publique avec le maire des 4-5, Didier Jau (EELV).

    Dans l’après-midi, François Ruffin a visité les ateliers de l’usine Fil Rouge à la Capelette (10e). Pilier du textile écoresponsable, cette entreprise d’insertion de l’ESS est placée en redressement judiciaire. 200 emplois et une production 100% française sont en jeu. « Du made in Marseille », insiste Benoît Payan, à ses côtés. À cinq jours du 1er tour des municipales, le message est politique.

    « Notre pays aujourd’hui ne tient pas par le haut, il ne tient pas par l’Élysée ou l’Assemblée, il tient par le bas : les entreprises, les associations et les élus locaux. Voilà ce qui le fait tenir debout », assène le député, rappelant avoir toujours « cherché à rassembler » la gauche depuis sa première élection en 2017.

    « Un seul bulletin, celui de la gauche rassemblée »

    « Mon rôle est le même aujourd’hui, il n’y a qu’un bulletin qui permet de faire barrage au Rassemblement national ici, c’est le bulletin de Benoît Payan et de la gauche rassemblée », enchaîne Ruffin soulignant malgré les enjeux locaux, la valeur nationale du scrutin marseillais : « On est devant l’entreprise Fil Rouge et je veux que ce fil rouge de l’histoire de Marseille et de l’histoire de la France ne se rompe pas, qu’il se poursuive en un fil républicain, de gauche qui fait des choses pour les gens et pas contre. »

    « Cette ville est à la croisée des chemins », embraye le maire de Marseille. « Je me bats face à des adversaires qui pour l’un, est l’héritier d’un parti fondé par des nostalgiques de Pétain, pour l’autre, c’est Pétain, travail, famille, patrie, et pour un troisième, ne sait pas qui est Pétain… Les Marseillais ne méritent pas ça. » Et d’appeler les « apprentis sorciers » qui « n’ont qu’en tête de préparer la présidentielle » à prendre leurs responsabilités.

    Lui ne fera « pas tambouille politique », le combat contre l’extrême droite « ne se monnaye pas », argue-t-il, fermant encore la porte aux insoumis. « Les Marseillaises et les Marseillais parleront dimanche, et le peuple souverain aura toute sa voix, rien que sa voix. Dès dimanche on doit être rassemblés derrière le Printemps marseillais. On ne s’amuse pas dans un 1er tour, à chaque fois qu’on s’est amusé dans l’histoire, on a pleuré après. La conséquence sera immédiate. Si le Rassemblement national est en tête, nous serons devant le gouffre. »

  • Ruffin à Marseille pour soutenir Benoît Payan

    Ruffin à Marseille pour soutenir Benoît Payan

    Dans la ligne droite des municipales, François Rufin vient afficher son soutien à Benoît Payan, le maire (DVG), candidat à sa succession avec la liste « Pour Marseille » du Printemps marseillais. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le député et président du mouvement Debout ! avait annoncé sa venue. Il insistait sur la nécessité de lutter contre le narcotrafic et rappelait que la mairie a « comblé les manquements de la République » en doublant les effectifs de la police municipale. Une rencontre avec des policiers municipaux est d’ailleurs au menu de sa visite. « Il doit aussi rencontrer la police nationale et va s’entretenir avec le maire de Marseille », indique Hervé Street, coordinateur départemental de Debout !. Une visite à l’usine Fil rouge, l’entreprise de confection made in France de la Capelette qui emploie une centaine de salariés placée en redressement judiciaire, est prévue aussi.

    La réunion publique aura lieu (20h) au Butcher’s, 49 boulevard d’Arras (4e). Environ 150 personnes sont attendues. « Il y aura du monde », assure Hervé Street. François Ruffin participera à un porte-à-porte rue Albe, à deux pas du siège social de 13 Habitat, et rencontrera Tina Biard-Sansonetti, candidate (PS) du Printemps marseillais dans les 13-14. Sophie Camard, la maire GRS des 1-7, et Didier Jau, le maire (EELV) des 4-5, sont annoncés.

  • Jean-Luc Mélenchon exhorte Marseille à résister face au RN

    Jean-Luc Mélenchon exhorte Marseille à résister face au RN

    C’est un Jean-Luc Mélenchon comme à la maison qui a investi, ce samedi, la scène de la Cartonnerie, à la Friche Belle de Mai (3e) pour le meeting de Sébastien Delogu, candidat insoumis à la Ville de Marseille. Un soutien de poids pour un « enfant du peuple de Marseille » qui a su rassembler, sur une liste, « des insoumis et des écolos », insiste le leader de LFI.

    « Benoît Payan, inventeur de la pochette-surprise »

    Fort des « immenses meetings de 2012 et 2017 » sur les plages du Prado et au Vieux-Port, de la présence de 2 500 personnes ce samedi, selon les organisateurs, Jean-Luc Mélenchon est venu « participer à la démonstration de force » face à la menace de l’extrême droite. « Marseille ne sera pas emportée par la vague brune », assène-t-il, et « cela sera empêché par et grâce à nous ». Il revient sur la place de la ville dans son parcours politique et celui des insoumis : « Marseille qui m’élit, fait de moi le premier président de la gauche radicale depuis des décennies, Marseille qui a élu au premier tour Manuel Bompard et Sébastien Delogu ! »

    Et de s’en prendre au maire sortant, Benoît Payan (DVG), candidat à sa succession, qui selon lui fait partie de ces « personnages dérisoires, comparables d’une ville à l’autre », sans « un projet sans une idée, armés de mépris ». « Quand je viens ici pour préparer mon discours, je demande “qu’est-ce qu’il a fait ?” On me répond “rien” », ironise Jean-Luc Mélenchon. Il en remet une louche « sur les milliards du Grand Marseille qui devait se déverser ici », puis fait dans la blague : « Cet homme est l’inventeur de la pochette municipale surprise. Vous prenez la pochette, y a marqué dessus pochette Rubirola, vous ouvrez, coucou Payan ! »

    Après une longue digression sur la géopolitique internationale, il revient sur la menace d’une extrême droite violente face à la « division de la gauche, (….) un désastre », s’indigne-t-il, fustigeant le PS qui « met tout le monde en grand danger », en ostracisant les insoumis. Pour barrer la route au RN, il ne faut pas se désister, estime-t-il, rappelant la promesse de Benoît Payan de le faire si Sébastien Delogu arrive en tête. Il prône « un accord de fusion technique » comme un « front anti-fasciste ». Et si LFI venait à arriver derrière le Printemps marseillais ? C’est ce qui est demandé plus tard au député Manuel Bompard, Sébastien Delogu le laissant répondre aux questions de la presse. « Nous ferons la même chose, nous l’avons toujours dit », affirme-t-il.

  • À Marseille, Jean-Luc Mélenchon appelle à résister à la « vague brune »

    À Marseille, Jean-Luc Mélenchon appelle à résister à la « vague brune »

    La salle de spectacle de la Friche Belle de Mai a fait le plein, ce samedi 7 mars, pour le meeting de Sébastien Delogu, candidat insoumis à la Ville de Marseille, avec en guest-star le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon. Plus de 2 500 personnes selon l’organisation étaient au rendez-vous.

    Logement, jeunesse, santé, écoles… La tête de liste à la mairie centrale a ouvert le bal, égrenant les grandes lignes de son programme sans oublier d’insister sur le courage du combat des Insoumis, rendant hommage « aux personnes emprisonnés, frappées, éborgnées, mortes pour défendre nos idées et l’intérêt général. » Il promet : « Chaque élu insoumis fera renaître l’espoir d’un avenir meilleur dans cette ville » quand « Marseille se meurt ».

    L’heure est bien vite venue d’accueillir son médiatique patron : « Jean-Luc, tu es chez toi ! » Ce dont ce dernier convient volontiers, avec les « immenses meetings de 2012 et 2017 » sur les plages du Prado. « Marseille c’est un refrain dans ma vie », pose le chef de file de LFI. Il est venu « participer à la démonstration de force » car « Marseille ne sera pas emportée par la vague brune ».

    Jean-Luc Mélenchon harangue un public conquis : « Nous sommes des enfants du peuple, nous venons d’en bas », « vous voterez par enthousiasme pour un programme, nous ne sommes pas du bétail électoral », estime-t-il, soulignant les mérites de Sébastien Delogu qui a su rassembler.

    « Nous ne sommes pas des antisémites »

    Il revient sur la récente polémique qu’il a déclenché dans des meetings précédents , ironisant que la prononciation du pédo-criminel Jeffrey Epstein. « Je me vois insulté chaque jour quotidiennement. Ils me traitent d’antisémite. Nous ne le sommes pas. Nous ne sommes pas des anti-racistes à géométrie variable », balance-t-il.

    Et de s’en prendre au candidat du Printemps marseillais et maire sortant, Benoît Payan (DVG), dont il souligne l’inaction. « Quand je demande les milliards [du plan Marseille en grand], qu’est-ce qu’il en a fait ? On me répond rien », raconte Jean-Luc Mélenchon. Pour lui, « cet homme est l’inventeur de la liste municipale pochette surprise. Y marqué pochette Rubirola, vous l’ouvrez et coucou, y a Payan », se marre-t-il.

    De la Chine au Liban

    S’en suit une longue leçon de géopolitique dans un contexte où « l’ordre du monde est en train de s’écrouler. » Il pointe « l’autoritarisme de Trump, signe de l’échec de son autorité », se considère un peu devin, LFI ayant compris avant les autres que « l’ère qui s’ouvre sera celle où la puissance centrale sera celle de la Chine, ce sera le pôle de stabilité du monde. C’est pourquoi la France ne doit pas être alignée sur les États-Unis d’Amérique. »

    Venu « parler de paix », Jean-Luc Mélenchon dénonce le génocide en Palestine, prône le retrait de l’Otan, dénonce une guerre illégale qui a embrasé le Moyen Orient. « L’annexion du Sud Liban est une vieille idée de monsieur Netanyahou », balance-t-il, appelant au « désarmement nucléaire général. » Pour lui, la guerre est « un désastre humain, économique, écologique. Cessez le feu, vous n’avez pas le droit de tirer. »

    Plus inquiétant : « Istres, c’est à côté, c’est une cible dorénavant puisque les avions américains s’y ravitaillent. La seule décision d’avoir accepté que les avions se posent donne ce résultat », s’indigne le leader des insoumis, qui appelle à « construire un front du refus avec les nations qui ne veulent pas la guerre ».

    L’extrême droite, des violents et des voyous

    Autre ennemi : l’extrême droite. « Et voilà le RN et ses brebis galeuses, une brebis même galeuse ce n’est pas dangereux voyons, mais ce sont des néonazis, des sexistes, des racistes. Un sur dix des candidats du RN est un ou une voyou », pointe Jean-Luc Mélenchon.

    Dans ce contexte, la « division de la gauche est un désastre » s’indigne-t-il s’en prenant au Parti socialiste qui « met tout le monde en grand danger », en ostracisant les Insoumis. Pour barrer la route au RN, il ne faut pas se désister, estime-t-il. Et de proposer, si Sébastien Delogu arrive en tête, un accord de fusion technique comme un « front anti-fasciste. « Halte au feu, arrêtez de nous tirer dessus, envoie-t-il. Vous vous mettez dans la main de la droite. »

    S’adressant « aux classes moyennes de Marseille », il leur demande : « C’est le moment de nous aider. Nous avons un enfant du peuple de Marseille à notre tête. »

    Et d’insister sur l’importance de la deuxième ville de France dans un scrutin qu’il estime préalable à la présidentielle : « Ce que nous sommes en train de comparer, c’est la grande confrontation de 2027, Marseille doit résister à la vague brune, car c’est de là, alors, que partira la victoire. »