Tag: pollution

  • Piste cyclable à Toulon : qui cherche à faire dérailler l’intérêt général?

    Piste cyclable à Toulon : qui cherche à faire dérailler l’intérêt général?

    « Après plus de vingt ans, nous avons enfin obtenu ce que nous réclamions : une traversée cyclable sécurisée du centre-ville sur l’avenue de la République », explique très enthousiaste le président de Toulon Var Déplacement (TVD) Daan Wynen, en notant que « Toulon vit actuellement un moment particulier et positif ». Un avis partagé par l’ensemble du monde associatif qui milite pour une diminution de la part de l’automobile dans la ville, donc de la pollution et des embouteillages.

    Une immense satisfaction quelque peu ternie par ce qui ressemble à une véritable campagne de dénigrement visant à faire capoter le projet en phase de test cet été. À voir le nombre de commentaires sur les réseaux sociaux on peut en effet s’interroger sur qui est à la manœuvre pour attiser les mécontentements et jouer la carte de la division. Pour les observateurs éclairés, il va sans dire que l’attaque semble être menée en sous-marin par l’opposition municipale RN.

    Éperdument climatosceptique, l’extrême droite n’a en effet que mépris pour la transition écologique comme le démontrent ses élus dans leurs interventions en séances publiques. Ainsi la création de cette voie réservée très attendue a largement été décriée prétextant que ce n’était pas le bon endroit, pas le bon moment. Bref, que le mieux était de tout laisser en l’état. C’est-à-dire sans véritable solution.

    Pour le président de TVD, les réactions des internautes sont complètement « déconnectées de la réalité et souvent inacceptables dans leur tonalité ».

    Stop au vélo bashing

    Parmi ces milliers de commentaires, poursuit-il, se retrouvent mêlés mauvaise foi, hostilité pure et simple envers les cyclistes, mensonges et idées reçues. Mais aucun des arguments ne résiste à un examen approfondi, souligne le représentant associatif qui reste persuadé que c’est en créant les conditions du changement qu’il peut advenir. Ainsi, permettre une pratique sécurisée du vélo en milieu urbain permet non seulement de répondre aux droits des usagers actuels, mais aussi d’attirer de nouveaux adeptes de ce mode de déplacement vertueux, bon pour la planète, la santé et l’intérêt général.

    D’autant que c’est aussi une façon de lutter contre les embouteillages avec un meilleur report modal.

    Qu’en est-il justement des bouchons déplorés sur l’avenue de la République ? La circulation devient en effet difficile aux heures d’embarquement des ferries. Mais il faut avoir la mémoire courte pour ne pas se souvenir qu’il en était de même l’été dernier, comme les précédents. Compliqué donc d’en rendre responsable la perte d’une voie de circulation au profit d’une piste cyclable bidirectionnelle.

    Tout cela pour souligner le courage politique de la maire de Toulon Josée Massi (SE). Courage qui a tant manqué à son prédécesseur Hubert Falco, abandonnant le projet tramway après l’avoir fait voter à l’unanimité par crainte d’être vilipendé.

  • La posidonie au cœur d’une campagne de prévention

    La posidonie au cœur d’une campagne de prévention

    Lison, cheveux blonds attachés, t-shirt vert clair, se penche par-dessus la bouée du zodiac pour ramasser un sac plastique. « Hier, on en a ramassé plusieurs, quand j’ai ouvert le bidon pour les jeter, l’odeur était horrible », raconte Lola. Elles sont toutes les deux salariées de l’association Naturoscope depuis 5 ans, l’une des 17 structures ambassadrices de la campagne Écogeste Méditerranée, qui se déploie sur tout le littoral méditerranéen, financée par l’Agence de l’Eau et la mairie de Marseille. Dans ce cadre, chaque été, plusieurs fois par semaine, Lola et Lison partent en mer pour sensibiliser les plaisanciers aux bons gestes écologiques à adopter en mer pour protéger la posidonie et la biodiversité marine. En moyenne, elles accostent une dizaine de bateaux par jour.

    La plante à fleurs

    de la Méditerranée

    Lola a repéré un bateau dans une calanque de l’archipel du Frioul avec six jeunes écoutant de la musique. Lison tente : « Bonjour, vous connaissez la campagne Écogeste ? », alors que Lola rapproche l’embarcation. Les jeunes répondent par la négative. Lison prend son questionnaire sur les pratiques écologiques : « Vous faites attention lorsque vous ancrez le bateau ? » ; « Euh oui, il faut planter dans le sable », répond Kassim, capitaine du bateau, encore en pleine baignade. Lison insiste car il s’agit de protéger la posidonie, une plante à fleurs sous-marine protégée au niveau national et international. Elle se déracine lorsque les bateaux ancrent aux endroits où elle pousse et quand le fond est raclé par l’ancre. Or, la posidonie protège plus de 400 espèces de plantes et 1 000 espèces animales. Elle est fragile à cause de sa lente repousse. Un garçon du groupe répond : « On n’ancrera pas à ces endroits parce que j’ai peur des algues, croyez-moi ! »

    « Et comment vous gérez les nuisances sonores ? », poursuit Lison, en prenant des notes dans son carnet. Les animaux marins sont sensibles aux bruits ; les ondes sonores se propagent environ cinq fois plus vite qu’à la surface. Le bruit peut poser problème aux animaux marins pour interagir, les paniquer ou causer des blessures. Un garçon aux longs cheveux blonds, avec des lunettes de soleil sur le nez, rigole. « En vrai, on ne met pas la musique trop fort, l’enceinte ne pousse pas trop », dit-il. Lison et Lola qui ont entendu la musique en arrivant, hochent la tête.

    Pensez au savon

    de Marseille

    Dans une autre calanque de l’archipel, un voilier de 15 mètres a posé son ancre. Les deux plaisanciers irlandais arrivent d’Espagne et vivent sur leur bateau depuis janvier 2026. David balbutie quelques mots en français. « Ola, ça va être compliqué, on a un questionnaire en anglais ? », dit Lola en interpellant Louison. « Est-ce que vous donnez de la nourriture aux poissons ? », teste-t-elle en anglais, accompagnée de gestes pour se faire comprendre. « Non, on fait attention, on sait que c’est pas bon pour eux », assure David dans un français sommaire. Les poissons sont une attraction dans les calanques. « Les nourrir permet de les attirer, mais cela menace l’équilibre des espèces, explique Lola. L’Oblade a une façon de se nourrir opportuniste. Elle va manger tout ce que donne le plaisancier, et elle se reproduit très vite, au détriment des autres espèces », décrit-elle, pour exemple. « Et vous faites comment pour les douches ? », poursuit Lola. « Vous utilisez quoi comme savon ? », ajoute Lison. « Il certifié écologique en Australie », répond David. Pour diminuer la pollution en mer, les deux salariées recommandent d’utiliser des savons et des produits certifiés par des labels verts. « Ok, on ne connaît pas ça… Mais n’hésitez pas le savon de Marseille c’est super ! », répond Lison en rigolant. En repartant, Lola sourit, « ils étaient super eux, ils connaissaient tout ».

    Gabrielle Cartellier

  • Un rideau à bulles pour lutter contre la pollution dans le port de Saint-Tropez

    Un rideau à bulles pour lutter contre la pollution dans le port de Saint-Tropez

    Doté de 734 places de mouillage, le port de Saint-Tropez accueille chaque année plusieurs milliers de bateaux. Parmi eux, de nombreux yachts émettant des centaines voire des milliers de tonnes de CO2 par an. Titulaire des certifications internationales « Ports propres » et « Ports propres en biodiversité », remises aux ports de plaisance qui agissent pour réduire leurs impacts carbone et sur la biodiversité, le port de Saint-Tropez continue de s’engager en ce sens avec la mise en place d’un rideau à bulles sous-marin, au niveau de la station de carburant du Phare Vert.

    Un outil polyvalent

    Cette innovation unique pour un port français, nommée « InvisiBubble » agit comme un mur d’endiguement empêchant les particules d’hydrocarbures de se propager en dehors du périmètre sécurisé par le rideau. Elle est déployée par The Searial Cleaners (filiale de Wearth Group), expert de la lutte contre les pollutions marines. « Cela contribue à sensibiliser les plaisanciers à l’importance vitale de protéger la mer et son environnement. Nous sommes fiers que Saint-Tropez soit la première ville en France à mettre en place cette solution pour confiner les hydrocarbures », se réjouit Pascal Bonnet, directeur du port de Saint-Tropez.

    Le principe : au fond de la mer, plusieurs tuyaux sont reliés à un compresseur d’air. Ce dernier génère un flux d’air, envoyé dans le tuyau percé qui laisse passer les bulles qui s’échappent, créant ainsi un rideau de bulles, du fond de l’eau jusqu’à la surface, pour éviter que les fuites d’hydrocarbures ne se propagent à l’ensemble du port. Dès qu’un usager en constate une, il peut actionner le rideau à bulles à l’aide d’un bouton pour stopper la propagation. Celui-ci s’active et crée un courant interne au sein de la zone délimitée par les tuyaux qui vient concentrer les nappes d’hydrocarbures, ceci facilitant le pompage. Particulièrement adapté dans un port où l’incendie d’un yacht, en juillet 2025, avait provoqué la fuite de 18 000 litres de carburant dans l’eau.

    Adapté à tous les milieux (ports, fleuves, lacs, étangs…), le dispositif n’a aucun impact sur l’environnement. Il agit sur tous les déchets du fond jusqu’à la surface de l’eau – comme c’est le cas dans le canal de l’Ourcq à Paris depuis 2024, pour collecter les déchets flottants – et permet d’augmenter les niveaux d’oxygène dans l’eau, en préservant l’équilibre de l’écosystème environnant. Cette solution génère ainsi un gain de temps important, ne nécessite pas de ressources humaines ou matérielles, et consomme très peu d’électricité.

  • [Entretien] Loukas Benard, CGT Forêt : « L’enjeu du siècle, c’est de transmettre une forêt résistante et adaptée »

    [Entretien] Loukas Benard, CGT Forêt : « L’enjeu du siècle, c’est de transmettre une forêt résistante et adaptée »

    La Marseillaise : Quelles sont les difficultés de l’ONF en ce moment ?

    Loukas Benard : Depuis les années 1986, on a perdu la moitié de nos emplois. Plus récemment, en 2016, on était encore 9 300 à l’ONF. Aujourd’hui, on n’est plus que 8 200. Et sur ces 8 200 personnes, il y en a en réalité 500 emplois de type apprentissage. Donc on est plutôt de l’ordre de 7 600 personnels à l’ONF. En revanche, sur le financement de la défense des forêts contre les incendies, c’est une mission d’intérêt général qui nous est confiée. Et le volet DFCI (Défense de la forêt française contre les incendies) a été rehaussé. À l’heure actuelle, on va dire qu’on est à peu près à 33 millions d’euros, donc on a une DFCI qui a quasiment triplé en sept ans.

    Pourquoi ne pas embaucher de nouveaux forestiers avec ce budget ?

    L.B. : Malgré ce budget, on ne peut pas embaucher plus de personnels parce qu’on a un plafond d’emplois. On est un établissement public, donc c’est l’État qui va nous dire le nombre de postes autorisés à l’ONF.

    Dans ce contexte de multiplication des incendies en France, quelles sont les conséquences de ce manque de moyens humains ?

    L.B. : La problématique que l’ONF rencontre, c’est la superposition des missions. Il nous manque des bras, on est à l’os. Il y a des nouvelles missions qui arrivent avec le changement climatique parce qu’on doit protéger les forêts contre les incendies et on doit reconstituer les peuplements qui subissent le changement climatique. D’une certaine manière, on doit aussi réapprendre notre métier. En fait, on se retrouve dans un cercle vicieux où on perd notre capacité à transmettre une forêt aux générations futures parce qu’on essaye d’empêcher la forêt actuelle de cramer. Notre travail se gère sur le long terme et là on est dans une logique de court terme.

    Combien de postes supplémentaires demandez-vous ?

    L.B. : À la CGT Forêt, on demande à retrouver un minimum de 9 300 emplois pérennes au total à l’ONF, soit 1 200 effectifs supplémentaires sur le prochain contrat qui courra jusqu’en 2031. Ce qu’on demande, c’est de la visibilité. C’est que tout soit décidé dans le contrat quinquennal et que les éléments soient donnés sur le long terme. Mais malheureusement, les propositions de loi de finances peuvent affecter le contrat et le budget de l’ONF.

    Quelles missions pourriez-vous renforcer avec plus de moyens ?

    L.B. : Les moyens humains nous permettraient vraiment d’adapter la sylviculture, notre gestion, mais aussi d’être plus présents sur les massifs pour pouvoir réduire encore un peu ce risque de DFCI. On va entretenir les infrastructures de DFCI qui permettent aux pompiers d’accéder aux massifs, c’est-à-dire les pistes et les routes forestières, les citernes qui permettent de stocker de l’eau en forêt, les barrières qui permettent de fermer les massifs et contrôler l’afflux des gens quand il y a des périodes d’interdiction. On va aussi faire des patrouilles purement de prévention, où on va dire aux gens d’avoir un comportement responsable et où on va surveiller les massifs. Il y a d’autres types de patrouilles qui sont des patrouilles d’intervention sur les petits feux, avec des 4×4 et des cuves de 400 litres. Et quand il y a des plus gros feux, le rôle de l’ONF, c’est aussi de guider les secours en leur disant : « Là, ce sont des peuplements qui sont assez inflammables », ou bien « le vent va dans cette direction ».

    Quel est l’enjeu actuel de l’ONF ?

    L.B. : L’enjeu du siècle c’est de transmettre une forêt qui soit résistante, résiliente et adaptée aux changements climatiques. On a vraiment un intérêt à avoir une forêt qui stocke du carbone, qui permet de fixer l’eau, et de réduire la pollution.

  • Ces fumées polluantes qui touchent la région Sud Paca

    Ces fumées polluantes qui touchent la région Sud Paca

    « Bien que les concentrations polluantes dans l’air aient diminué ce lundi 27 juillet, cette situation devrait perdurer jusqu’à mercredi, où une modification de l’orientation des vents et une reprise de la canicule sont annoncées ». Dans un communiqué, l’association de surveillance de qualité de l’air dans la région, AtmoSud, alerte sur l’impact des fumées de l’incendie de Gironde dans notre atmosphère, car si les effets « ne devraient plus être directs, la présence de polluants “dilués” devrait persister », prévient-elle.

    Alors que dans le Sud Ouest, 2,5 millions de masques FFP2 vont être distribués et que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande de se mettre à l’abri, AtmoSud fait le point sur ce que nous respirons depuis le 19 juillet, date à laquelle les feux varois se sont déclenchés, sans oublier les feux des Hautes-Alpes, entre Freissinières et L’Argentière-la-Bessée, où les flammes restent activent dans la montagne (lire en page 5).

    AtmoSud a mesuré les impacts locaux de ces incendies via des capteurs éloignés de ces zones. Le 25 juillet à Manosque, des pointes horaires jusqu’à 109 microgrammes par mètre cube de particules fines PM10 (air dégradé), et 94% de particules « black carbon » (carbone suie) – liées à la combustion du bois – ont été relevées. Les champs de vent ayant rabattu les panaches du Var sur la vallée de la Durance. Sur Briançon, le 22 juillet, les microcapteurs ont également mesuré d’importantes pointes de particules PM10 (plus de 200 microgrammes par m3).

    Les feux de forêt sans précédent qui ravagent la Gironde depuis le 22 juillet s’ajoutent au facteur de dégradation de la qualité de l’air. Après une première incursion le 24 juillet, l’entrée sur le territoire de ce panache de fumée, annoncée par la plateforme nationale Prev’Air, a été confirmée dimanche en fin d’après-midi par les stations de mesure AtmoSud. Des niveaux élevés de particules fines (PM10) ont été relevés sur la trajectoire du panache.

    Des remontées

    venues d’Espagne

    Des remontées issues des incendies en Espagne ont également concerné les Alpes-Maritimes. AtmoPaca concluant que « la région Sud est actuellement le réceptacle de polluants atmosphériques qui proviennent de feux de forêts plus ou moins lointains – illustrant que ces polluants de l’air circulent sur plusieurs centaines, voir des milliers de kilomètres », appelant à la « plus grande vigilance » qui reste « de mise ».

    Au-delà de la population, il y a aussi le cas des premiers concernés, les pompiers. « L’appareil respiratoire isolant (ARI) reste le seul équipement protégeant contre l’intégralité des polluants gazeux », explique la CFDT des Sdis, mais « avec ses 14 à 16 kg, il est impraticable sur plusieurs heures en milieu naturel : il reste au camion. Les masques de fuite et demi-masques de cabine ne servent qu’au repli. La cagoule devient donc, par défaut, l’unique barrière ». Une cagoule qui a subi des modifications, mais qui ont un coût : 70 euros en moyenne contre 20 euros, ne permettant pas à tous les Sdis de s’équiper. Et là encore, plus chaudes et plus lourdes à porter, elles seraient moins respirables.

  • À La Ciotat, des détritus échangés contre des « créations uniques »

    À La Ciotat, des détritus échangés contre des « créations uniques »

    « Chaque sac de déchets ramassé sur la plage donne droit à une pièce de monnaie sauvage ». L’association Sauvage Méditerranée, engagée dans la revalorisation de déchets sauvages, a officialisé le lancement de leur nouveau dispositif à La Ciotat, ce 23 juillet. L’occasion de présenter les différentes boutiques partenaires du projet.

    Un engagement à l’année

    Depuis 2018, Sauvage Méditerranée recycle plastique, filets de pêche ou même voiles de bateau, en bijoux, sacs ou tableaux. Des « créations uniques et écoconçues », précise la structure dans un communiqué. Ces créations sont proposées sur une boutique en ligne. Les bénéfices sont en partie reversés à des associations de protection de l’environnement. Jusqu’au 9 août, les déchets ramassés sur la plage deviennent donc monnaie d’échange : chaque pièce de monnaie équivaut à un bon d’achat de 5 euros dans la boutique éphémère de l’association, baptisée Quel Pot !, à La Ciotat.

    Chez Sauvage, la « consommation responsable et éthique » ne s’estompe pas après l’été. Confectionnée à Aix-en-Provence à partir de déchets préalablement ramassés dans la nature, cette « monnaie sauvage » continuera d’être distribuée toute l’année aux bénévoles des associations Les Dynamos, Alternatiba et l’Atelier Bleu, afin de « découvrir d’autres associations qui œuvrent pour la transition écologique et sociale à La Ciotat ». À ce jour, plus de 50 commerces acceptent cette monnaie entre Marseille, La Ciotat et Toulon. « Une manière de revenir vers nos commerces de proximité », juge l’association.

    Andréa Goyard-de Castro

  • [Entretien] Serge Perottino : « La gestion des déchets est notre combat permanent »

    [Entretien] Serge Perottino : « La gestion des déchets est notre combat permanent »

    La Marseillaise : En pleine campagne de sensibilisation, quel constat faites-vous concernant les déchets dans la Métropole ?

    Serge Perottino : On produit près de 600 kg de déchets par habitant et par an, bien au-dessus de la moyenne nationale. On est aussi le pire élève en matière de tri, où on accumule un énorme retard sur les autres régions. D’où tout ce travail de sensibilisation pour forcer et inciter les gens à trier. Pourtant, moins on trie, plus le coût de la gestion des déchets augmente. Chacun doit comprendre une chose : celui qui pollue fait payer tout le monde. C’est un travail de pédagogie de longue haleine, mais il n’y a pas de raison que nous n’arrivions pas à faire aussi bien que d’autres régions.

    Quel volume de travail représente la collecte des déchets au quotidien ?

    S.P. : 4 200 agents sont mobilisés sur tout le territoire de la Métropole. C’est le plus gros service collecte de France. Ils font un travail remarquable, malgré tout ce qui peut être dit sur eux. Ils ramassent le matin, le soir et même la nuit. Le travail est fait, mais il y a toujours plus de déchets. On a les moyens, le matériel et la stratégie, mais on s’aperçoit que les gens ne jouent pas le jeu.

    Cette campagne de sensibilisation n’est pas la première menée par
    la Métropole. Observez-vous une évolution au fil des années
     ?

    S.P. : On commence à voir des résultats. Les slogans des campagnes sont volontairement choisis pour attirer l’attention et marquer les esprits. Il faut avoir en tête que, quand on jette un mégot dans un caniveau à Cadolive, tôt ou tard, il arrive sur la plage du Prado à Marseille. Quand on dit « l’été passe, les déchets restent », les gens comprennent que le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne crée pas. On a aussi simplifié le système de tri : systématiquement, des poubelles jaunes sont mises à côté des poubelles d’ordures ménagères. On a également fait un travail sur la collecte du carton en mettant à disposition des sites spécialement dédiés. Il n’y a pas de solution phare qui va tout révolutionner. La gestion des déchets est notre combat permanent, car il faut toujours faire une piqûre de rappel. Il n’y a pas si longtemps qu’on fait tout ce travail de communication en termes de gestion des déchets, donc ce n’est pas encore tout à fait rentré dans les mœurs.

    Les touristes sont-ils aussi un public à sensibiliser ?

    S.P. : Pas forcément. Ceux qui viennent des autres régions de France sont plus disciplinés en termes de collecte et de tri. Même chose pour ceux venant de l’étranger. Les pays anglo-saxons sont à 100 kg par an de gestion de déchets, contre 200 kg sur les meilleures régions françaises.

    Comment convaincre que jeter un simple mégot ou un sac plastique n’est pas un geste anodin ?

    S.P. : En rappelant les faits : un mégot met trois ans à se décomposer et pollue 500 litres d’eau. Pour un sac plastique, il faut attendre 450 ans. C’est sans compter tous les sinistres que causent les déchets une fois dans l’eau. La nature absorbe, mais pendant qu’elle absorbe du plastique, elle ne fait pas pousser d’arbre.

  • Des missions éco-gestes menées sur tous les fronts

    Des missions éco-gestes menées sur tous les fronts

    Joue à trier tes déchets », indique une bannière. Ce mardi, une quarantaine d’enfants âgés de 7 à 12 ans ont troqué la baignade contre le tri sélectif, sur la plage de Corbières. Le mot d’ordre, « apprendre à protéger l’environnement de façon ludique », souligne Hedi Ramdane, adjoint au maire de Marseille, délégué à la propreté. Le dispositif est mis en place par la Ville, en collaboration avec les centres d’animation municipaux des 2e-3e et 15e-16e arrondissements.

    « Je viens souvent à la plage, c’est la deuxième fois que je fais un atelier sur le tri des déchets », explique Malik, 10 ans, habitué aux animations proposées à Corbières. Une familiarité qui n’est pas un hasard. « L’idée, c’est de sensibiliser les Marseillaises et les Marseillais dès le plus jeune âge », insiste l’adjoint au maire, convaincu que le message se propage dans l’entourage de la jeunesse. L’élu précise : « Moi, j’ai commencé à trier quand mes enfants me l’ont dit. Lorsqu’ils sont sensibilisés, ils sensibilisent leurs parents, leurs grands frères, leurs grandes sœurs, peut-être même leurs grands-parents ! »

    Sensibiliser

    tout en s’amusant

    Au programme de cet après-midi, un escape game en plein air, dédié au tri et à la lutte contre l’abandon des déchets. Une mystérieuse poubelle est verrouillée, accompagnée d’un « guide du tri » qui liste les différents déchets du quotidien. « Emballage de yaourt, sac-poubelle, mégot… », lisent les enfants à la recherche d’indices pour résoudre les énigmes et ainsi ouvrir la poubelle. « Avez-vous vu des déchets quelque part sur la poubelle ? », demande l’animatrice Claudia, qui tente de les mettre sur la bonne piste. Les sept jeunes participants réfléchissent ensemble dans le but de retrouver le trajet des déchets jetés en mer, en reliant les continents par les océans. « On a appris plein de choses ! Trier, c’est bon pour la santé, parce que quand on pollue l’océan, le plastique se retrouve dans ce qu’on mange », racontent Mehdi et Adam, 11 et 10 ans.

    À l’ombre sous la tonnelle, un autre atelier consiste à placer des magnets à l’effigie des déchets du quotidien sur les poubelles correspondantes. « Les enfants vont avoir un moyen mnémotechnique de retenir dans quelle poubelle mettre leurs déchets », explique l’adjoint délégué à la propreté. « Dans la poubelle jaune, il y a les emballages et le carton, dans la verte, il y a le verre, et dans la noire, il y a le reste », se rappelle Saïda, 12 ans, après l’activité.

    En fin d’après-midi, une boîte à goûter à l’effigie de la Ville de Marseille est distribuée aux enfants pour encourager « les pratiques de goûter zéro déchets ». « Quand je vais revenir à la plage, je vais l’utiliser », s’enthousiasme Mehdi.

    « Il n’y a rien de mieux que de miser sur la jeunesse »

    Lancé le 2 mai, le dispositif s’appuie sur les services propreté de la Ville et sur l’entreprise Citeo, engagée dans le tri et le recyclage des déchets. Hedi Ramdane annonce « 95 opérations au cours de l’été, sur 17 sites ». « On souhaite s’adresser à toute la population marseillaise, dans toutes les plages et tous les parcs. Les 5 000 Marseillais sensibilisés, aujourd’hui, parleront peut-être à 5 000 autres », projette l’élu.

    Une fois les jeux terminés, les enfants se dépêchent de retourner dans l’eau. L’opération est réussie aux yeux de Malik, 10 ans, qui affirme vouloir « faire passer le message » à sa famille et ses amis. À ses côtés, Maïssa, 12 ans, résume avec sagesse : « Si tu aimes la nature, tu auras besoin de la nature ; trier, c’est quelque chose à faire pour tout le monde. »

    Andréa Goyard-de Castro

    TEMPS DE DÉCOMPOSITION

    De 3 mois à 1 an

    En ce qui concerne les déchets organiques, les mouchoirs, le papier toilette et les tickets de métro, s’ils ne sont pas recouverts de plastique.

    De 3 à 5 ans

    Pour les chewing-gums et les mégots. Un seul mégot pollue 500 litres d’eau, même décomposé : ses substances persistent dans l’océan.

    Plus de 100 ans

    Au sujet des canettes en aluminium, sacs en plastique, pneus en caoutchouc, serviettes hygiéniques, filets de pêche, piles au mercure…

    4 000 ans

    Pour une seule bouteille en verre, en raison de sa composition en polymères résistants à la décomposition sous-marine.

  • Des déchets stockés à l’air libre prennent feu au centre Suez d’Istres

    Des déchets stockés à l’air libre prennent feu au centre Suez d’Istres

    Le centre de tri de Suez, implanté au sein de l’éco-pôle Tubé Nord à Istres, a été touché par un incendie mercredi soir, peu avant 23 heures. Selon le Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13), des déchets organiques stockés à l’air libre dans l’enceinte du site ont pris feu.

    L’action rapide et « conjointe des Pompiers 13 et des moyens du site a permis de contenir le sinistre à environ 600 mètres cubes », d’après le Sdis, soit un volume légèrement inférieur à celui cumulé d’une dizaine de conteneurs maritimes standards. Jointe jeudi soir, la préfecture parle quant à elle de 3 mètres cubes brûlés, équivalent à un petit véhicule utilitaire.

    Les services de l’État se sont rendus, jeudi après-midi, sur le site de Suez Istres suite à l’incendie. « Au regard des premières constations réalisées par les inspecteurs, il apparaît qu’il n’y a aucune trace de pollution des milieux », note la préfecture.

    Suez recyclage et valorisation Istres avait été mise en demeure en avril dernier par la préfecture des Bouches-du-Rhône. « Sur les deux mises en demeure dont l’exploitant a fait l’objet, en avril 2026, pour des travaux sur l’enrobé et le forage, l’exploitant ayant répondu à la première mise en demeure, une visite de récolement est en cours pour la seconde. à ce jour, aucune non-conformité n’a été constaté », concluent les services de l’État.

    Du combustible CSR

    avait pris feu en 2020

    Ce site de Suez a connu un incendie il y a six ans. La zone de confection de Combustible solide de récupération (CSR) à partir de déchets s’était embrasée : 5 000 m² de déchets et de machineries avaient pris feu en juillet 2020. Un arrêté préfectoral en avait ordonné l’arrêt en raison de « l’accumulation de déchets métalliques ayant entraîné échauffement puis incendie » par les convoyeurs, avant une propagation du feu entre les ateliers.

    À noter que le CSR est le produit au centre du projet de « chaufferie » porté par Suez sur le même site, fortement contesté par la Ville d’Istres et des associations locales, qui le considèrent comme un incinérateur. Sollicité, Suez n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Une décharge à ciel ouvert évacuée par la mairie de Ventabren

    Une décharge à ciel ouvert évacuée par la mairie de Ventabren

    Rapidement alertée par les riverains, la municipalité indique avoir réagi dans les plus brefs délais pour faire disparaître ce dépotoir. « Nous continuerons à défendre les intérêts des habitants avec détermination et dans un esprit de responsabilité », a-t-elle déclaré.