Tag: pollution

  • L’association Surfrider a ramassé des kilos de déchets

    L’association Surfrider a ramassé des kilos de déchets

    Quand on aime la nature, plus que quiconque, on tient à la préserver. Surfrider, association fondée en 1990 par des surfeurs amoureux de l’océan, en a fait son credo. Engagée dans la lutte contre la pollution par les déchets (particulièrement plastiques), la préservation des écosystèmes aquatiques, et la gestion des risques côtiers face au changement climatique, elle s’emploie à travers différents moyens d’action (science participative, lobbying, art, éducation, etc.), mais aussi la participation citoyenne.

    Projet Retrace ! : une collecte à but scientifique

    C’est à ce titre que Surfrider a lancé le projet « Retrace ! », qui vise à fédérer des acteurs locaux (associations, structures éducatives, citoyens, etc.) autour de campagnes de ramassage de déchets. Derrière l’objectif de dépollution d’espaces naturels, celui de retracer la provenance des déchets, analysés et catégorisés puis intégrés dans une base de données, les transformant ainsi en informations stratégiques pour comprendre les mécanismes des pollutions et les localiser. Cela, pour pouvoir « alimenter nos plaidoyers politiques et exiger des actions concrètes pour préserver nos océans », soutient l’association.

    Samedi, environ 120 personnes ont ainsi participé à deux collectes organisées au mont Faron (en partenariat avec l’association des Chercheurs en herbe) et à la plage de la Gorguette à Sanary. Des dizaines de kilos de déchets ont été ramassés. Certains (mégots, canettes, bouchons) seront par ailleurs recyclés et revalorisés par des associations partenaires. De nouvelles actions se tiendront bientôt dans le département, notamment le 2 mai à la Seyne et le 30 mai près de l’Eygoutier, dans le quartier de la Rode à Toulon.

  • 4 000 ans d’histoire de viticulture française dans une poignée de pépins

    4 000 ans d’histoire de viticulture française dans une poignée de pépins

    Dans les années 1990 à Marseille, des archéologues mènent des fouilles sur la rive nord du Vieux-Port. Ils y découvrent des pépins de raisin particulièrement bien conservés. Leur âge ? Environ 2 600 ans. Soit la date à laquelle remonte l’arrivée de la viticulture en France via Marseille, sous l’influence des Grecs, selon les écrits historiques et l’archéologie. « Nous connaissions beaucoup de choses sur la production du vin et les échanges, mais très peu sur la nature des vignes utilisées, précise Laurent Bouby, ingénieur de recherche CNRS à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier. Nous avons maintenant des outils paléogénomiques puissants ». Et les réponses commencent à tomber, notamment grâce à l’ADN ancien contenu dans ces pépins marseillais et d’autres découverts sur des sites archéologiques français. « Cela permet de retracer l’arbre généalogique de la vigne en France et l’origine des cépages actuels », résume le chercheur, coauteur d’une étude parue dans Nature Communications.

    L’étude confirme des éléments connus. Par exemple que les plus vieux pépins découverts en France, à Nîmes et âgés de 4 000 ans, sont bien issus de plantes sauvages. « Des populations similaires à celles que nous connaissons aujourd’hui », précise Laurent Bouby. Les habitants utilisaient et consommaient les baies. « Nous ne savons pas s’ils la cultivaient », nuance-t-il. La culture arrive avec l’introduction de vignes domestiques, il y a 2 600 ans à Marseille. « Cela marque vraiment le début de la viticulture », souligne le chercheur. Et l’étude montre que ces premières vignes domestiques ont des liens de parenté avec des cépages d’aujourd’hui.

    Clonage

    Comme cela avait déjà été observé en Italie, il y a eu des croisements entre vignes sauvages et domestiques. « Cela a été un moteur important pour l’évolution de la vigne cultivée au cours de sa diffusion en Méditerranée et en Europe », résume Laurent Bouby. Peut-être pour faire émerger des variétés adaptées à certaines conditions écologiques et climatiques. Et ainsi permettre à la viticulture de se répandre vers le nord de la France, dès le Ier siècle de notre ère, jusqu’à Valenciennes.

    Enfin, l’étude montre la maîtrise des techniques de clonage et de greffe, probablement dès l’arrivée de la vigne domestique, il y a 2 600 ans. « C’est important pour reproduire des individus à l’identique, souligne Laurent Bouby. Nous nous doutions que ces techniques étaient maîtrisées car les textes antiques en parlent. Nous l’attestons ici avec la paléogénomique ».

    À quoi ressemblaient ces vignes ? Étaient-elles précoces ou tardives ? Les baies étaient-elles blanches ou noires ? Grosses ou petites ? « Ce sont les questions qui nous occupent maintenant », glisse Laurent Bouby. L’ADN ancien contenu dans les pépins a encore des choses à dire quant aux pratiques et aux choix des premiers viticulteurs en France.

  • Le plastique s’invite au Bar des sciences à Montpellier

    Le plastique s’invite au Bar des sciences à Montpellier

    Informer pour mieux lutter contre la propagation des microplastiques : c’est le principe de la prochaine conférence de l’Université de Montpellier proposée dans le cadre du Bar des sciences. Cet échange sera l’occasion de discuter avec les professionnels et de répondre aux questions sur les gestes du quotidien permettant de limiter leur diffusion. Ouverte à tous, la rencontre se veut accessible et pédagogique, afin de donner à chacun les clés pour mieux comprendre et agir face à cet enjeu majeur.

    Pour animer le débat, Sylvain Catrouillet, Xavier Coussin et Laura Arsenie, chercheurs et experts en chimie et spécialistes des microplastiques, animeront la séance. Une tâche d’utilité publique comme l’explique Xavier Coussin, chercheur à l’Inrae et au laboratoire Marbec de Palavas-les-Flots : « Ce que l’on veut avant tout avec cette rencontre, c’est sensibiliser le grand public sur le sujet des microplastiques. Il s’agit de petits bouts de plastique de 5 millimètres ou moins. On en trouve partout et ils sont uniquement d’origine anthropique. »

    Un danger pour les êtres vivants

    Une prolifération liée aux activités humaines, qui représente un réel danger pour les êtres vivants et l’Homme, témoigne le chercheur : « Les microplastiques impactent tout le monde. On les retrouve dans la nature, chez les animaux, les poissons et même chez nous, les êtres humains. » Une présence dans les organismes qui a un coût, explique Xavier Coussin : « Dans la majorité des cas, les particules sont inhalées par les individus. Le principal risque avec cette exposition chez l’Homme va être la dérégulation de la flore intestinale. C’est un problème important car ça peut créer des troubles et des complications pour les personnes concernées. »

    Au-delà des risques sanitaires, les chercheurs insistent également sur les conséquences environnementales à long terme. Les microplastiques s’accumulent dans les sols et les océans, perturbant aussi durablement les écosystèmes. Les océans et la faune marine sont les plus touchés par ces contaminations. Selon les chiffres du ministère de la transition écologique, chaque année dans le monde près de 400 millions de tonnes de plastiques et microplastiques sont relâchées dans les océans. Si les milieux aquatiques semblent les plus touchés, les sols ne sont pas épargnés. En France toujours selon l’organisme gouvernemental, trois quarts d’entre eux seraient contaminés par la présence de microplastiques.

  • [Tribune] Abeilles et pollinisateurs : un enjeu majeur pour la région Paca

    [Tribune] Abeilles et pollinisateurs : un enjeu majeur pour la région Paca

    Le 7 avril 2026, la France accueillera à Lyon un sommet « One Health* », consacré à l’interdépendance entre santé humaine, animale et environnementale. Ce rendez-vous d’action ne peut ignorer un enjeu majeur pour notre territoire méditerranéen : la protection des pollinisateurs.

    La région Provence-Alpes-Côte d’Azur occupe une place majeure dans l’apiculture française. Elle accueille plusieurs milliers d’apiculteurs, professionnels et amateurs, et se caractérise par une forte diversité florale à l’origine de productions de miels reconnues. L’agriculture régionale – arboriculture fruitière, cultures maraîchères, semences, plantes à parfum, aromatiques et médicinales (lavande, thym, romarin…) – dépend largement de la pollinisation animale.

    Les abeilles domestiques, les bourdons d’élevage et les pollinisateurs sauvages assurent la reproduction de nombreuses plantes cultivées et sauvages. À l’échelle mondiale, 60 à 80% des cultures dépendent au moins partiellement de la pollinisation animale, représentant environ 35% de la production alimentaire. La pollinisation conditionne également la biodiversité végétale et, indirectement, la biodiversité animale.

    Pourtant, les constats scientifiques sont préoccupants. Ce service écosystémique** essentiel est aujourd’hui fragilisé. En Europe, les populations d’insectes déclinent fortement. En Paca comme ailleurs, certaines zones agricoles voient leurs paysages se simplifier, les ressources florales se raréfier et l’exposition aux pesticides persister. Le changement climatique accentue encore ces pressions, avec des étés plus chauds et plus secs.

    Notre région illustre aussi un paradoxe bien connu : des milieux naturels (garrigues, maquis, forêts…) en apparence riches peuvent manquer de ressources sur la durée. Après des floraisons printanières intenses mais brèves, les périodes estivales peuvent devenir critiques pour les pollinisateurs, soumis à un véritable stress alimentaire voire hydrique.

    Les abeilles sont également de précieuses sentinelles de l’environnement. En butinant, elles révèlent la présence de polluants dans leur environnement, faisant de la ruche un outil de surveillance à la fois agricole, écologique et sanitaire. Les informations données par les analyses des produits de la ruche sont essentielles dans le cadre d’une politique de santé publique efficace.

    Aujourd’hui, le diagnostic scientifique est posé. L’enjeu est maintenant d’agir. Cela suppose de mieux accompagner la santé des colonies, de faire évoluer les pratiques agricoles, de restaurer des paysages riches en ressources florales tout au long de l’année et d’intégrer pleinement tous les pollinisateurs dans les politiques publiques.

    Cela implique des choix concrets mais aussi concertés entre les collectivités locales – communes, intercommunalités, départements et Région – en matière d’aménagement, de gestion des espaces publics et de soutien aux apiculteurs et agriculteurs, afin de faire des pollinisateurs une priorité territoriale et non une variable d’ajustement.

    En Paca, la protection des pollinisateurs n’est pas une question secondaire. Elle conditionne la résilience de nos territoires, l’avenir de notre agriculture et, à terme, notre propre santé. Les solutions existent. Il appartient désormais aux décideurs de les mettre en œuvre.

    *Une Seule Santé

    ** Un service écosystémique désigne l’ensemble des bénéfices que les êtres humains et autres êtres vivants tirent des écosystèmes, directement ou indirectement.

  • Le Tour de France esquive les canicules mais pour combien de temps ?

    Le Tour de France esquive les canicules mais pour combien de temps ?

    Ivana Cvijanovic n’en croyait pas ses yeux. « Comment était-ce possible ? », s’amuse encore la chercheuse de l’Institut de recherche pour le développement au laboratoire Espace-Dev de Montpellier. Depuis cinquante ans, le Tour de France masculin a esquivé toutes les vagues de chaleur les plus extrêmes ayant frappé l’Hexagone. « Les coureurs arrivaient parfois dans une ville deux jours après un pic record », poursuit la climatologue qui a étudié les données climatiques sur le parcours de la célèbre course cycliste depuis 1974 et publie ses résultats dans Scientific Reports.

    L’idée était d’évaluer la dégradation des conditions sur le parcours. « De plus en plus de cyclistes disent souffrir de la chaleur », souligne Ivana Cvijanovic. Au-delà d’un certain seuil, le corps humain peine à réguler la chaleur et l’effort intense n’est pas conseillé. Mais cela ne dépend pas uniquement du thermomètre : « Une température très élevée dans un air sec est moins problématique qu’une température plus basse dans un air humide », précise la chercheuse. Raison pour laquelle nombre d’organisations sportives utilisent l’indicateur Wet-Bulb Globe Temperature (WBGT) qui prend en compte la température ambiante, l’humidité de l’air, le vent et les radiations du soleil. L’Union cycliste internationale considère qu’un WBGT supérieur à 28°C présente un « risque élevé ».

    Flexibilité

    Depuis 1974, les périodes et les lieux confrontés à ce seuil de 28°C s’étendent. Le Sud-Ouest de la France, autour de Bordeaux et Toulouse, est particulièrement exposé avec des valeurs de WBGT supérieures à 30°C parfois enregistrées dans l’après-midi. Tout comme les environs de Nîmes. Une zone à risque émerge également dans le centre de la France, incluant Paris.

    La bonne étoile qui a suivi le Tour de France jusqu’à présent pourrait donc ne pas l’accompagner éternellement. « L’organisation et les cyclistes pourraient être confrontés à des situations difficiles à l’avenir, souligne Ivana Cvijanovic. À moins qu’ils ne puissent être flexibles. » Par exemple en décalant les départs vers les heures plus favorables de la matinée ou en privilégiant les régions les moins à risque lors de la définition du parcours. « Les zones de montagne sont épargnées par des valeurs élevées de WBGT », note-t-elle.

    En attendant, Ivana Cvijanovic souhaite étudier l’effet de la chaleur extrême sur le corps humain lors d’un effort intense et prolongé. « Il subsiste des zones d’ombre », souligne la chercheuse. Et l’intérêt n’est pas purement sportif : « Cela aide à comprendre l’effet de la chaleur sur la population générale, notamment les personnes les plus vulnérables [voir interview, Ndlr] », précise-t-elle. Raison pour laquelle elle convoite les données physiologiques anonymisées des cyclistes. « Mais tout cela est très confidentiel, regrette-t-elle. Nous serions ravis qu’une équipe accepte de collaborer. »

  • [Astronomie] Feux d’artifice étoilés à 12 milliards d’années-lumière

    [Astronomie] Feux d’artifice étoilés à 12 milliards d’années-lumière

    Il faut savoir que ce sont des galaxies : sur l’image très pixélisée, quelques points blancs sur un fond bleu. A priori, rien d’impressionnant. Et pourtant : « Ce sont des galaxies déjà très massives dans un Univers très jeune –un milliard d’années– et dans lesquelles nous observons une flambée de formation d’étoiles », commente Guilaine Lagache, astronome au Laboratoire d’astrophysique de Marseille. Les étoiles s’y forment à un rythme mille fois plus élevé que dans notre galaxie. Tellement vite qu’en quelques dizaines de millions d’années –un claquement de doigts à l’échelle des 13,7 milliards d’années de l’Univers-, elles n’auraient plus de quoi former des étoiles et deviendraient des galaxies en fin de vie. « C’est vertigineux », insiste la première autrice d’un des deux articles parus dans Astronomy & Astrophysics sur ces travaux. « Nous n’avions jamais rien observé de tel. Nous pensions que ces galaxies massives apparaissaient plus tard. Nous les observons là dans l’Univers jeune. Ce n’était pas prévu par les modèles. »

    Ces huit galaxies ont été observées à 12 milliards d’années-lumière, dans une zone peu contaminée, ni par la lumière et la poussière de notre galaxie, ni par notre système solaire.

    Origine de la poussière

    « C’est dans ces zones très sombres que nous cherchons des galaxies lointaines de l’Univers jeune », explique Guilaine Lagache. Cet endroit, le « champ profond GOODS-North », est étudié depuis les années 1990. « Mais c’est la première fois que nous l’observons avec des ondes millimétriques à la limite de confusion », poursuit-elle. Une limite ultime de sensibilité atteinte grâce à la caméra Nika2 installée sur un télescope de l’Institut de radioastronomie millimétrique (Iram) en Espagne.

    Cette précision ultime dans les ondes millimétriques renseigne sur le taux de formation d’étoiles de ces galaxies. En temps normal, celui-ci est déduit grâce à la lumière émise dans les longueurs d’onde du visible et celle émise par la poussière chauffée de la galaxie qui rayonne dans des longueurs d’onde millimétriques. Or ces huit galaxies ont la particularité d’être très poussiéreuses : « Dans le visible, on ne les voit pas, assure Guilaine Lagache. Elles sont complètement dominées par le rayonnement émis par la poussière. »

    La présence d’autant de poussière dans un Univers si jeune étonne. « Nous ne savons pas trop quand la poussière est apparue », admet Guilaine Lagache. Car il en faut pour former efficacement des étoiles. Mais elle se forme essentiellement par l’explosion d’étoiles en fin de vie. « Les premières générations d’étoiles seraient donc parvenues à se former sans poussière », avance la chercheuse. Puis elles auraient fourni celle nécessaire pour former les suivantes. « C’est encore une question ouverte », admet-elle. Et c’est pour y répondre que les astronomes scrutent l’Univers le plus jeune possible.

  • Les communes face au défi de la voiture

    Les communes face au défi de la voiture

    Au rayon des sujets épidermiques, le stationnement figure en tête de gondole. Tarif prohibitif en surface ou en parking souterrain, galère pour trouver la seule place disponible du quartier quand les communes en réduisent sans cesse le nombre dans les rues… Ce sujet du quotidien soulève en creux des problématiques bien plus vastes quand il s’agit, de fait, de questionner la place de la voiture en ville. Le stationnement devient ainsi un levier de poids dans les politiques d’aménagement de la ville.

    D’abord parce que l’automobile reste « un objet de clivages et de polarisation », note une en quête menée par Roole et l’Institut Bona Fidé auprès de 1 500 Français et plus de 500 maires, rendue publique le 12 février. Pas moins de 70% des sondés et 63% des maires considérant que la voiture sera un enjeu « important » des élections municipales.

    Si plus de 70% des personnes interrogées et des maires considèrent que les politiques de réduction de la voiture en ville « constituent des leviers efficaces pour réduire la pollution de l’air, les nuisances sonores et favoriser la promotion des mobilités douces », que 55% approuvent cette politique dans les grandes métropoles, c’est tout l’inverse dans les villes moyennes et petites. Et ce qui peut être considéré comme positif pour les autres ne l’est pas forcément pour soi. Testée à l’échelle de la vie quotidienne, la volonté de réduire la place de l’auto en ville est considérée comme négative par 57% des personnes interrogées. Ces dernières pointant notamment l’absence de mode de transports et de déplacement alternatifs. Un sondé sur deux estimant que, là où il habite, il n’y a pas assez de transports en commun et de pistes cyclables, que ce soit à la campagne (87%), dans les villes moyennes (75%) ou les grandes villes (53%).

    Penser global

    « Pour que les gens lâchent leur voiture, il n’y a pas d’autre solution qu’une offre importante, de qualité, confortable… », rappelait dans nos colonnes Florence Sautejeau, déléguée générale de l’UTPF (Union des transports publics ferroviaires), les transports s’avérant être un sujet phare pour 94% des personnes interrogées par l’UTPF en Paca.

    Opposés « largement à toutes les mesures de restriction du stationnement », les sondés réclament aussi des mesures d’accompagnement pour se passer de leur voiture. Des mesures « incitatives » plutôt que « punitives ». On se souvient, par exemple, de la tentative de mise en place des ZFE (Zone à faibles émissions) dans les grandes villes de la région. Une mesure jugée discriminatoire par certains, qui pointent la relégation des classes populaires en périphérie, ces dernières n’ayant d’autre choix que la voiture pour se déplacer. Effective à Marseille pour les véhicules munis de vignettes Crit’Air 3 et davantage, mais uniquement en cas de pic de pollution sous peine d’amende, minimaliste dans le Grand Avignon car elle ne concerne que les poids lourds, reportée à Toulon… Le gouvernement a repoussé le vote définitif sur cette mesure sine die, faute de majorité assurée à l’Assemblée nationale.

    Reléguer la voiture aux abords des villes reviendrait aussi à tuer le petit commerce pour bon nombre des sondés. Une préoccupation qu’ils placent, pour 60% d’entre eux, devant celle de la pollution de l’air. Les maires suivent leurs administrés : 68% estiment que ne plus permettre l’accès au cœur de ville en voiture est dangereux pour l’attractivité commerciale… Une idée reçue. Le Cerema, établissement public pour la transition écologique et la cohésion des territoires, qui a analysé les déplacements des ménages, a établi que 74% des clients des commerces de centre-ville dans les grandes agglomérations s’y rendent à pied, à vélo ou en transports en commun. Mieux, la création de parkings relais judicieusement placés pouvant même faciliter la vie des habitants, estime le Cerema, qui cite l’exemple du P+R Krypton à Aix-en-Provence, avec 900 places et une mini-gare routière de 12 quais.

    « Pour les élus, il s’agit donc d’être en mesure de faire bouger les lignes pour créer davantage d’espaces publics de proximité dans leurs centres, et de déplacer du stationnement plutôt que d’en créer », notent, dans un article du Cerema, Nicolas Pelé, responsable d’études foncier et territoire, et Sylvain Michelon, chef du groupe aménagement urbain. Aménagement du territoire, mobilité, cadre de vie, lutte contre la pollution… Réfléchir à la place du stationnement, c’est finalement « changer de système de pensée », résume le Cerema.

    En chiffres

    1,5

    euro de l’heure à Marseille,

    1 euro dans le centre d’Avignon, 3,8 euros de l’heure à La Ciotat après deux heures gratuites… Les tarifs varient du simple au double dans les grandes villes de Paca.

    8, 3

    millions d’euros. C’est ce qu’ont rapporté, en 2024, les forfaits de post-stationnement (FPS), en clair les PV, à la Ville de Marseille. Depuis 2018, ce sont les communes qui décident du montant du FPS.

    15

    fois plus cher… Selon les professionnels du secteur, le prix d’une place de parking en surface était de 2 000 euros en 2025, hors acquisition du terrain, contre 30 000 euros en parking souterrain.

  • Terres rares : comment gagner en autonomie par rapport à la Chine

    Terres rares : comment gagner en autonomie par rapport à la Chine

    Une trentaine de chercheurs et chercheuses ont épluché pas moins de 4 100 publications scientifiques pour établir l’état des connaissances sur les défis et les opportunités d’une utilisation responsable des terres rares. L’objectif ? « Éclairer le débat public et la décision sur ce sujet sociétal important », résume Clément Levard, physico-chimiste et directeur de recherche CNRS au Centre de recherche et d’enseignement en géosciences de l’environnement (Aix-en-Provence), qui a copiloté un rapport récemment publié. « Cela s’inscrit dans une volonté de gagner en autonomie par rapport à la Chine pour renforcer notre souveraineté. »

    Car ces terres rares tant convoitées par l’industrie proviennent aujourd’hui majoritairement de Chine. Si les ressources sont plutôt distribuées sur la planète, les infrastructures pour les traiter, les séparer et les raffiner sont à 90% en Chine. « Cela crée des tensions dans un contexte géopolitique complexe », constate Clément Levard. Notamment lorsque le pays réduit ses exportations suite à un différend avec le Japon en 2010, ou plus récemment lors de l’épisode des droits de douane imposés par Donald Trump.

    Trois leviers

    Les scientifiques exposent trois leviers pour être plus souverains : la réduction de l’usage des terres rares, leur recyclage et l’extraction autrement. « Il existe un potentiel important de réduction par la substitution ou la sobriété d’usage mais la réflexion sur les usages est trop peu développée, regrette Clément Levard. En prioriser certains et faire autrement pour d’autres pourrait être un gros levier. » Quant au recyclage, seul 1% des terres rares sont recyclées. Pour plusieurs raisons : des objets dispersés difficiles à collecter, la rentabilité du recyclage et l’absence de traçabilité de la présence de terres rares dans les objets. « Mais il n’y a pas d’obstacle technologique, insiste le chercheur. Nous savons faire. » Enfin, il y a des terres rares dans certains déchets industriels et miniers -boues rouges, cendres de charbon ou résidus d’extraction de phosphates. « L’Europe a des stocks importants, assure-t-il. Mais aller y chercher des terres rares est encore peu rentable. »

    Et les ressources primaires ? « Il est raisonnable de penser qu’en consommer moins et mieux les recycler ne suffira pas à répondre à la demande croissante », admet Clément Levard. L’Europe peut nouer des partenariats avec des pays qui en ont –comme le Brésil– ou se pencher sur ses propres ressources : en Norvège, en Suède et au Groenland. « Mais ouvrir des mines prend des années et est souvent décrié par les populations locales », nuance le chercheur. La France a potentiellement des ressources dans ses fonds marins. « Mais les stocks sont incertains, ajoute-t-il. Et cette extraction pourrait avoir d’énormes impacts environnementaux irréversibles. » Raison pour laquelle la solution n’est pas privilégiée.

  • Des relevés participatifs pour observer la pollution du golfe

    Des relevés participatifs pour observer la pollution du golfe

    À peine un pied posé sur la plage des Combattants, Brigitte, les yeux rivés sur le sol, s’exclame : « Eh ben, y a de quoi faire ! » La retraitée fosséenne participe à des collectes de déchets depuis des années. Elle a commencé avec son club de vélo, en 2021. C’est par le biais de son ami Daniel Moutet, président de l’Association de défense et de protection du littoral et du golfe de Fos, qu’elle a connu l’Institut éco-citoyen pour la connaissance des pollutions, l’organisme qui encadre le ramassage ce mardi matin. L’objectif de ce protocole participatif : quantifier et caractériser les microplastiques dans les sédiments du pourtour de l’étang de Berre et du golfe de Fos.

    Ce n’est pas la première fois que les scientifiques, accompagnés d’habitants volontaires à l’acquisition de données environnementales, prélèvent les macroplastiques sur cette petite plage qui fait face aux usines des bassins ouest du Grand port maritime. Audrey Souloumiac, responsable de l’Observatoire citoyen de l’environnement de l’Institut, précise : « On était déjà venus l’an dernier. Ce n’était pas la plage la plus polluée, on avait surtout récupéré du verre, contrairement à la plage du Cavaou, à proximité des terminaux méthaniers, qui est interdite au public et qui est jonchée de plastiques qui arrivent de la mer. »

    Aux Combattants, l’Institut éco-citoyen mène aussi des relevés de diversité marine en palmes, masque et tuba depuis 2017. « On note toute la faune et la flore qu’on observe. Ça nous a notamment permis de voir qu’il y avait eu un effondrement de la flore au moment de l’accident de Kem One en juillet 2020. Aujourd’hui, on est quasiment revenu au niveau d’avant. »

    Un partenariat à venir

    Ces relevés de diversité marine permettent aussi d’observer « des modifications au niveau des espèces », affirme Audrey Souloumiac. « Avant, il y avait des gorgones. Depuis quelques années elles sont complètement mortes à cause de la chaleur. Elles ont un rôle de filtrage donc c’est assez
    important.
     »

    L’institut éco-citoyen veut désormais aller plus loin sur cette plage. « On a pris contact avec le club de plongée de Port-de-Bouc pour mettre en place un protocole de relevé de macrodéchets sous-marins », révèle la responsable de l’Observatoire citoyen de l’environnement.

  • Du mieux dans la qualité de l’air, selon une étude d’Atmosud

    Du mieux dans la qualité de l’air, selon une étude d’Atmosud

    La qualité de l’air s’améliore. C’est la conclusion de l’étude Scenarii 2, menée par Atmosud dans le cadre d’un comité de pilotage rapproché avec l’Agence régionale de santé, la Dreal et Santé publique France pour évaluer l’efficacité des actions mises en œuvre au cours de la dernière décennie pour réduire le risque sanitaire d’exposition pour la population des 66 communes du pourtour de l’étang de Berre. « C’est un rebond du travail conduit il y a une dizaine d’années avec Scenarii 1, développe Dominique Robin, directeur d’Atmosud. Il a été mené dans le cadre du Plan santé environnement. »

    Au total, trente composés venant de différentes sources (industrie, transport routier, maritime, aérien, chauffage…) sont analysés dans ce deuxième volet, sur les 72 inventoriés par Atmosud. Parmi eux, quatre polluants réglementés présentent un risque sanitaire pour 100% de la population : l’ozone, le dioxyde d’azote, et les particules fines PM10 et PM2.5. En cause : une exposition dépassant les seuils (comme pour l’ensemble de la région).

    Un excès de risque

    Néanmoins, un excès de risque supplémentaire est identifié sur la zone dû à un cumul des expositions à des polluants cancérigènes, mutagènes et/ou reprotoxiques (CMR). En cause, des polluants principalement émis par l’industrie comme l’oxyde d’éthylène, le 1,2- dichloroéthane, le cobalt et le chlorure de vinyle monomère.

    « Dans un scénario d’exposition dit réaliste, ce qui correspond à trente ans d’exposition, environ 400 personnes sont exposées à un excès de risque cumulé, soit moins de 0,1% de la population », explique Edwige Révélat, directrice scientifique et technique à Atmosud. Dans le scénario majorant (70 ans d’exposition), 28 000 habitants sont concernés, soit 4,5% de la population, principalement à Port-de-Bouc, Martigues et Berre-l’Étang.

    Edwige Révélat note tout de même « une tendance à la baisse et à la stabilité des concentrations ». Si l’exposition aux particules fines et le dioxyde d’azote (des polluants multi-source) continue de dépasser les seuils, elle diminue tout de même de 30% entre Scenarii 1 et Scenarii 2. D’autres composés présentent une diminution de leur concentration, comme le benzène (30%), ou le 1,2 DCE, ou dichlorure d’éthylène (de -10 à -50%).

    Une conclusion qui n’a pas manqué de faire bondir les représentants des associations environnementales du secteur, à l’instar de Daniel Moutet, de l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos : « À aucun moment Fos-sur-Mer n’est cité, je ne comprends pas pourquoi elle ne fait pas partie des villes polluées. On est sous les vents de Lavéra et l’été sous les vents d’ouest qui nous amènent la pollution des usines. Ces résultats sont impossibles, sauf à travers le lissage des données que vous faites. » Yves Bidet, pilote du réseau climat énergie de FNE13, souligne : « Il y a des personnes qui viennent travailler dans la zone sans y habiter, l’étude ne les prend pas en compte. » Alain Collomb, médecin sur la zone, s’inquiète quant à lui des « effets cocktails » des polluants qui peuvent se « potentialiser », une donnée non considérée. Son collègue Patrick Courtin, docteur spécialisé en santé environnementale, pointe quant à lui l’absence des perturbateurs endocriniens, « qui ne sont pas pris comme des risques ».

    Ces limites, les instigateurs de Scenarii 2 en sont conscients. Cécile Morciano, responsable du service santé environnement de la délégation des Bouches-du-Rhône pour l’ARS, explique : « Ce n’est pas une étude qui permet de prédire l’apparition de maladie, on est sur du calcul théorique de risque sanitaire. »