Tag: pollution

  • Dans le Vaucluse, une usine d’huiles essentielles mise en demeure de dépolluer

    Dans le Vaucluse, une usine d’huiles essentielles mise en demeure de dépolluer

    Une sorte de double peine. Dans la nuit du 2 au 3 août, un violent incendie a détruit 1 300 m2 de l’entreprise Rosier-Davenne, laboratoire de production d’huiles essentielles à Châteauneuf-de-Gadagne. Depuis, le site est fermé, au moins jusqu’à la fin du mois. « Nous prenons le temps nécessaire pour remettre les choses en place dans les meilleures conditions et assurer une réouverture efficace », note dans un courriel automatique Rosier-Davenne*.

    Au-delà du sinistre, l’impact sur le milieu environnant est placé sous haute surveillance et fait l’objet d’un suivi par la Ville et différents services sanitaires et environnementaux de l’État. Dans un communiqué le 7 août, la municipalité indiquait que « selon l’ARS, les polluants détectés ne présentent pas de toxicité majeure et leurs concentrations dans l’eau de la nappe restent faibles ». Mais, la situation « nécessite une surveillance attentive », estime la Ville dans une nouvelle communication, jeudi dernier. Insistant sur le fait que « les très fortes odeurs » pouvant être perçues ne « présentent pas de toxicité », la Ville invite à ne « pas consommer l’eau provenant des forages privés dans le secteur potentiellement concerné par la pollution de la nappe ». Pollution dont les « conclusions sur son étendue » sont à ce stade encore « prématurées ».

    C’est dans cette même optique que la préfecture a pris, le 10 août, un arrêté mettant en demeure Rosier Davenne « de faire cesser toutes pollutions au milieu naturel et mettre en œuvre les mesures prescrites ». L’État s’inquiète notamment de « l’incertitude sur l’étanchéité » du bassin de rétention enterré du site, qui a récupéré une partie des eaux de l’extinction de l’incendie. Idem, ces mêmes eaux souillées se sont « déversées dans le réseau d’eaux pluviales qui se rejette dans le cours d’eau le canal du Moulin ». L’arrêté somme le labo de réaliser plusieurs mesures à court terme (une ou deux semaines) ou plus long terme (un à deux mois). L’entreprise doit, par exemple, « vider, sous une semaine, tous les effluents contenus dans le bassin de rétention » ou « réaliser le pompage des eaux polluées stagnantes dans le fossé, puis son curage » mais aussi « effectuer une étude sur l’état du bassin de rétention » et « procéder, sous deux mois, au nettoyage du site ».

    * Qui n’a pu être jointe.

  • À Marseille, le tunnel de Mourepiane menacé par la pollution

    À Marseille, le tunnel de Mourepiane menacé par la pollution

    En décidant de maintenir son activité dans les quartiers Nord de Marseille, au chemin de la Madrague-Ville (15e) l’entreprise de peinture aéronautique Satys hérite aussi du lourd passif du site. De l’ancienne activité de Protec Métaux Arenc reste en effet la lourde pollution au chrome VI, la forme la plus dangereuse du chrome, cancérigène. Un dossier suivi depuis longtemps, avec la mise en place d’un plan de gestion en février 2021. Mais si la rénovation du site et la poursuite de l’activité à permis de maintenir 120 emplois industriels, le chantier de dépollution doit désormais être adapté, alors que les objectifs fixés pour dépolluer les eaux souterraines n’ont toujours pas été atteints. Certes, des injections d’acide ascorbique ont été réalisées, à trois reprises en 2022, pour réduire la concentration en chrome VI. Mais tandis que le plan de gestion imposait une concentration de 0,1 mg/L dans les eaux de la fontaine installée dans la résidence voisine, ce sont des concentrations de 30 mg/L qui sont mesurées, « rejetées in fine dans le milieu naturel sans traitement préalable ». Avec des conséquences sur les installations voisines : « Les infiltrations d’eaux polluées dans le tunnel du Soulat en provenance du site sont susceptibles de compromettre sa remise en service à court terme, compte tenu des désordres potentiellement occasionnés sur l’ouvrage et des risques sanitaires éventuellement encourus par le personnel en charge de la maintenance », écrit la préfecture. Or, c’est ce tunnel qui permet de relier le terminal de Mourepiane, où ont été transférées les installations ferroviaires du Cannet. La préfecture demande donc à Satys de mettre à jour d’ici fin avril son plan de gestion, mais surtout de mettre en place avant ce lundi un pompage et un traitement des eaux polluées, « en vue d’épuiser le stock d’eau et de chrome mobilisable ».

  • Gare à l’air vicié à l’intérieur des voitures

    Gare à l’air vicié à l’intérieur des voitures

    « Lorsque l’on est en voiture, on est soumis à la fois à la pollution extérieure de l’air mais aussi à l’augmentation du taux de gaz carbonique qui est exhalé par les occupants », explique le président de l’association varoise ACTEnergies* Michel Pierre. L’ingénieur chimiste a fait les mesures à l’aide de l’appareil modulaire d’AtmoSud et les concentrations révélées sont sans appel. Ainsi avec la position mal nommée « recyclage d’air » actionnée, 2 personnes à bord du véhicule suffisent pour atteindre en 8 minutes seulement 2 000 ppm (parties par million) alors que le seuil d’alerte dans une salle de classe est fixé à 800. « Et il faut savoir qu’au-dessus de 2 000, cela peut provoquer des maux de tête, une baisse des performances cognitives et de la somnolence », met en garde le scientifique. Avec tous les risques que cela peut engendrer sur la route notamment en ce moment avec le ballet des vacanciers qui passent plusieurs heures au volant. L’association indique qu’elle va prendre contact avec les stations de radio autoroute pour faire passer le message de prévention.

    Plus mortifère que

    la pollution aux particules

    « C’est un petit empoisonnement », insiste Philippe Chesneau pour Toulon Var Déplacements, une des associations adhérentes d’ACTEnergies. Un phénomène qui s’amplifie encore en période de grosses chaleurs, ajoute-t-il, où l’on retarde le moment d’ouvrir les vitres et de faire entrer l’air brûlant dans l’habitacle. Et de poursuivre : « Les automobilistes ne sont pas forcément conscients de cette problématique-là ».

    Pour mémoire la fonction recyclage d’air, qui s’enclenche automatiquement sur certains véhicules récents, est destinée à protéger les passagers de la pollution aux particules fines provenant de l’extérieur. Le problème c’est que le circuit fonctionne alors en vase clos. Et que le confinement peut s’avérer plus toxique encore. Il faut donc l’utiliser sur une période de courte durée lorsque cela est vraiment nécessaire, par exemple lors de la traversée d’un tunnel. Pour l’ingénieur chimiste, l’arbitrage doit se faire en faveur du maintien du taux de dioxyde d’azote à des valeurs acceptables. D’autant que seules les grosses particules sont filtrées. Pas les plus dangereuses pour l’organisme qui sont inférieures à 6 microns. Michel Pierre conclut : « Il faut être conscient que la fonction recyclage d’air en voiture, qui est souvent activée pour améliorer l’efficacité de la climatisation, augmente le risque d’accident ». Le message d’alerte vise donc à sensibiliser conducteurs et passagers de l’effet du gaz carbonique (CO2) invisible mais qui peut avoir des effets délétères sur l’attention au volant.

    *60 Rue Pablo Picasso, 83 500, La Seyne-sur-Mer. Tel : 06.70.21.80.10

  • Le nombre d’incendies flambe dans les décharges de la région Sud

    Le nombre d’incendies flambe dans les décharges de la région Sud

    Ce samedi 14 juin 2025, ils sont 170 sapeurs-pompiers à intervenir sur l’incendie qui frappe l’entreprise Spur Environnement, filiale du groupe Veolia, à Rognac. Le feu s’est déclaré à 19h30 dans un hangar de ce site classé Seveso seuil haut, et lorsqu’il est éteint, 70% du site où étaient stockées 950 tonnes de pots de peinture, solvants et aérosols sont détruits. Cinq blessés sont à déplorer, les eaux d’extinction débordent dans l’étang de Berre : baignade, pêches et activités nautiques sont interdites pendant dix jours. L’incendie doit être déclaré comme accident majeur à la Commission européenne.

    Pour exceptionnel qu’il est, il s’inscrit dans une hausse inquiétante des feux qui touchent les installations de gestion des déchets, dans la région comme dans le reste du pays. Dans son bilan de l’inspection des installations classées publié au mois de juillet, le ministère de la Transition écologique s’inquiète de la situation dans les centres de gestion des déchets non dangereux : « Le nombre d’incendies enregistrés a augmenté de 55% depuis 2024. Il est à son plus haut niveau enregistré ».

    Failles de sécurité

    En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 32 incendies ont été déclarés au Bureau d’analyse des risques et des pollutions industrielles (Barpi) en 2025 sur l’ensemble des installations de gestion des déchets. Un record : ils sont trois fois plus nombreux qu’en 2024 (11 incendies). Parmi ces sinistres, la préfecture de région comptabilise 12 incendies dans des centres de gestion de déchets non dangereux en 2025, contre 8 l’année précédente. On y retrouve aussi des feux dans des casses automobiles, parfois suspectés d’être d’origine criminelle comme celui qui a détruit 200 véhicules hors d’usage à Vedène (Vaucluse), le 25 novembre dernier. À Cabasse dans le Var, les flammes frappent à trois reprises en trois semaines la plateforme de compostage de Valéor (groupe Pizzorno). Le 8 juillet 2025, c’est l’incendie de l’Estaque qui touche deux hangars et le bâtiment administratif du centre de tri Suez aux Pennes-Mirabeau.

    « Le constat d’augmentation de l’accidentologie dans les installations de traitement et stockage de déchets est un sujet bien identifié par le ministère en charge de la Transition écologique et suivi au niveau national comme local », assure la préfecture de région. Certes, ces accidents sont désormais mieux déclarés. Mais les services de l’État reconnaissent ne pouvoir « tirer à ce stade de conclusion de cause à effet statistiquement établie ». Les rapports publiés par le Bureau d’analyse des risques et des pollutions industrielles pointent les déchets mal triés avec des bouts de verre ou d’acier, qui peuvent provoquer des surchauffes, des batteries au lithium qui prennent feu… Mais la sécurité des sites est aussi mise en question. Touchée par un sinistre le 2 août 2025, la plateforme de compostage d’Agrosylva à Saint-Julien (Var) n’avait pas de plan de défense incendie. À Rognac, c’est le mélange accidentel de deux produits phytosanitaires qui est à l’origine du feu. Mais le rapport d’enquête publié au mois d’avril dernier pointe les défaillances en cascade qui l’ont transformé en catastrophe, avec l’absence de murs coupe-feu, la défaillance du système automatique d’extinction, l’alerte donnée seulement plusieurs heures après les premières fumées. Le site avait pourtant déjà été touché par des incendies.

    « Un programme national d’action a été déployé », explique la préfecture, décliné en quatre arrêtés ministériels en 2024 et 2025, tandis que l’inspection des installations classées réalise les contrôles sur le terrain. Avec « une attention toute particulière » en 2026 promet le bilan du ministère. À Marseille, un site de transit de déchets verts avait ainsi fermé en 2025 après une mise en demeure .

  • La croissance de l’aéroport de Montpellier ne fait pas l’unanimité

    La croissance de l’aéroport de Montpellier ne fait pas l’unanimité

    Ils ne se font aucune illusion. En rédigeant leur courrier à l’attention du directoire de l’aéroport de Montpellier et de ses partenaires (préfecture, collectivités), pour leur demander de renoncer à l’arrivée de Volotea en octobre, le collectif Atterrissons d’urgence n’espère pas les faire changer d’avis sur leur projet d’expansion.

    « C’est stratégique, on essaye d’en parler pour faire bouger l’opinion publique », résume Marie-Noël de Visscher, porte-parole d’Atterrissons d’urgence. Ce collectif n’en est pas à son coup d’essai. En avril, une plainte avait été déposée pour publicité mensongère relative aux trajets Montpellier-Paris. « On ne peut pas continuer à faire comme si de rien n’était. Il y a une indécente responsabilité à pousser les gens à prendre de plus en plus l’avion », moyen de transport le plus polluant.

    Dans son rapport annuel, le Haut Conseil pour le climat (HCC) publie une nouvelle recommandation qui vise l’expansion aéroportuaire. Le HCC demande que soit adopté « un moratoire sur l’augmentation des capacités des aéroports français afin de maîtriser la hausse du trafic aérien ».

    Efforts ou greenwashing ?

    Après Transavia en 2020, une base arrière de Volotea va s’installer à Montpellier à l’automne. Au-delà des destinations supplémentaires, « un avion basé à Montpellier, c’est un avion qui part plus tôt et qui rentre plus tard », prévient la militante écologiste qui assure que des riverains se plaignent déjà.

    De son côté, l’aéroport ne cache pas qu’il vise à terme les 3 millions de passagers annuels (1,8 million aujourd’hui) pour offrir à la 7e ville de France une infrastructure adaptée. Le président du directoire, Emmanuel Brehmer, fait régulièrement savoir qu’il cherche à réduire les impacts sur l’environnement. C’est la raison d’investissements pour l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toits ou l’électrification des opérations au sol qui permettent d’économiser 1 000 tonnes de CO2 par an.

    Des opérations qui s’apparentent à du greenwashing selon le collectif. « C’est mieux que rien mais vu qu’à côté vous augmentez le nombre de vols, c’est comme si vous rouliez toute l’année en SUV en vous félicitant d’éclairer votre garage en LED », illustre la porte-parole du collectif. À l’avenir, le secteur mise sur l’avion vert. « C’est presque une chimère, l’avion électrique ne pourra concerner que de petits avions », regrette Marie-Noël de Visscher. Pour elle, la seule solution est de réduire le trafic. « C’est la seule industrie au monde qui s’exonère de ses obligations pour le climat ». Et enfin taxer le kérosène sur les vols internationaux au-delà de 10%. « L’avion n’a pas à être aussi peu cher ».

  • Haribo dit avoir engagé « les actions nécessaires » pour ses eaux usées

    Haribo dit avoir engagé « les actions nécessaires » pour ses eaux usées

    « Haribo ne pollue en aucun cas les eaux de la ville de Marseille », se défend le fabricant de bonbons. Après la révélation dans nos colonnes (notre édition du 11 août) de la mise en demeure par les services de l’État de son site de production aux Arnavaux (14e arr.), le confiseur allemand se défend en assurant qu’elle « s’inscrit dans le cadre normal du dialogue avec les autorités compétentes et ne préjuge, à elle seule, ni de la gravité des faits allégués ni de leur bien-fondé ». Pour la direction, l’inspection a relevé « des dépassements ponctuels », et elle rappelle – comme l’indiquait La Marseillaise – que les eaux sont traitées en aval. « Il ne s’agit pas d’une situation critique », affirme le producteur de bonbons, qui a aussi diffusé sa réponse dans une note interne se plaignant d’un « article à charge ». Le rapport d’inspection des services de l’État mentionnait pourtant bien des rejets « régulièrement non conformes » et affirmait que « le prétraitement mis en place et le tri avant rejet en station d’épuration ne sont pas efficaces ou insuffisants ».

    « À la suite du rapport de la Dreal, nous avons engagé les actions nécessaires afin de poursuivre l’amélioration de la maîtrise de nos eaux de rejet », indique cependant la direction de Haribo qui explique être en dialogue avec les services de l’État « afin de suivre la mise en œuvre de ces actions et de nous assurer de leur pleine efficacité ». Elle met aussi en avant les politiques menées qui ont réduit de moitié sa consommation en eau et la valorisation de ses déchets « afin de limiter la charge de pollution dans nos eaux de rejet et en privilégiant des filières moins énergivores afin d’améliorer notre impact carbone ».

  • Grève marathon pour une augmentation chez Haribo

    Grève marathon pour une augmentation chez Haribo

    « On demande juste 100 euros de plus, c’est un plein d’essence. Eux, ils nous proposent 18 euros, un paquet de clopes ». Ali, 25 ans « à la coulée », non syndiqué mais « remonté comme un coucou », est venu crier dans le mégaphone son « dégoût d’une direction qui fait des bénéfices de plus de 30 millions d’euros et nous balance 0,9% dans la gueule, sans négocier. On dit stop ! Pas de ronds, pas de bonbons ».

    Ce mardi 11 août, les salariés étaient encore au rendez-vous devant l’usine à l’appel de l’UD CGT 13. Attendre le 28 septembre pour entrer en négociation comme l’a proposé la direction à trois têtes du site marseillais n’est pas à l’ordre du jour des grévistes. Si FO a décidé de marquer une pause, la CGT maintient la pression et « une réunion a été arrachée pour mercredi prochain, explique Sabrina Calabria, élue CGT, la direction a proposé 1,8%, mais soumis à des objectifs de production qu’on ne pourra pas atteindre. On ne peut pas accepter ». À ses côtés, Jean-Pierre Martins, 29 ans de boîte, déplore : « s’ils avaient lâché 1,8% dès les premiers jours, on n’en serait pas là. Mais on a affaire à des gestionnaires qui ne parlent pas aux ouvriers ».

    Pas rose bonbon l’avenir

    Et, souligne Ali, « ils sont capables de perdre 1,6 million en importations d’Espagne pour alimenter le marché français ». Les grévistes sont allés manifester devant la boutique Haribo de Plan de Campagne. Ils y étaient rejoints par leurs collègues d’Uzès. La grève a fait fondre la production. « Mais les dirigeants s’entêtent par principe, car derrière il y a un projet de réduire la production sur le site historique de Marseille, en passant de 30 000 tonnes à 17 000 tonnes d’ici 2030 », précise Sofia Calabria. De quoi inquiéter sévèrement les quelque 180 salariés dont deux tiers sont intérimaires. Un plan « sans suppression d’emploi, nous a-t-on assuré, reste dubitative la syndicaliste, mais ce n’est évidemment pas viable ». Elle craint un plan social déguisé en licenciement pour faute en raison « d’une clause de mobilité jusqu’à 180 km dans le contrat des nouveaux ». Dans le 15e, les salariés d’ID Logistics en ont déjà fait les frais, à la fermeture du site, dans l’impossibilité d’accepter de déménager à plus de 100 km. Un schéma « qu’on connaît bien dans les quartiers nord », redoutent aussi trois retraités de la métallurgie, de USTM et de l’USR CGT 13. Ils rappellent que l’opération « Euroméditerranée s’est construite sur le cadavre des usines » et voient d’un œil noir « la sucrière Saint-Louis se transformer en un nouveau data center ».

    La refonte de la politique de production de la direction serait motivée « par la volonté de baisser le bilan carbone car les produits bruts circulent entre Uzès et Marseille », ajoute Sofia Calabria. Or l’usine a été épinglée par la préfecture en juillet pour des rejets non conformes dans le réseau d’eaux d’assainissement communal. Quant à la conformité au droit du travail, le tribunal judiciaire de Marseille a condamné la société le 5 février 2026 pour ne pas avoir respecté les accords sur les rémunérations conclus depuis 2022 avec les organisations syndicales.

    « La rémunération annuelle moyenne d’un ouvrier de production chez Haribo est supérieure de 24% à la moyenne nationale des ouvriers de production en France » objecte la direction dans un communiqué.

  • Haribo pollue les eaux de Marseille

    Haribo pollue les eaux de Marseille

    Y a-t-il trop de Haribo dans les eaux usées de Marseille ? Tandis que les salariés du site de production des Arnavaux (14e arr.) ont entamé vendredi leur 7e semaine de grève pour de meilleurs salaires (notre édition du 07/08) et ont manifesté ce lundi à l’entrée du magasin de l’enseigne à Plan-de-Campagne, les rejets du confiseur allemand dans l’assainissement collectif marseillais sont eux dans le viseur des services de l’État. Le 10 juillet dernier, le préfet de région Jacques Witkowski a en effet mis en demeure l’entreprise de respecter dans un délai de deux semaines les valeurs limites imposées pour rejeter les eaux industrielles dans les égouts de la ville, sous peine d’une amende administrative pouvant s’élever jusqu’à 45 000 euros. S’y ajoute la prescription de réaliser une nouvelle étude ainsi que des travaux de mise en conformité de ses installations de traitement, d’ici à la mi-avril 2027.

    L’entreprise a été épinglée à l’occasion d’une inspection menée le 4 mai dernier sur le site du boulevard du Capitaine-Gèze. « À l’issue de la visite, il est constaté que les effluents aqueux du site sont régulièrement non conformes aux valeurs limites autorisées », alertent les fonctionnaires dans le rapport publié trois semaines plus tard, que La Marseillaise a pu consulter.

    Lors de l’inspection, l’industriel assurait pourtant que les eaux non conformes, et notamment celles issues du lavage des machines contenant amidon, sirops et colorants, sont stockées à part pour être traitées à l’extérieur, et que seules les eaux conformes étaient orientées vers la station d’épuration de la ville après un premier traitement. Mais selon les résultats des analyses réalisées par le confiseur lui-même, sur un an, la valeur maximale des matières solides en suspension dans les eaux rejetées dans les égouts a été dépassée sur onze semaines, dont cinq semaines avec le double de la valeur limite d’émission. Idem pour la demande chimique en oxygène, qui permet de mesurer la pollution organique : pour le seul début du mois de mars 2025, les valeurs limites quotidiennes ont été dépassées à onze reprises. « Le prétraitement mis en place et le tri avant rejet en station d’épuration ne sont pas efficaces ou insuffisants », cingle le rapport d’inspection.

    Pas d’analyse

    des micro-polluants

    Le constat est d’autant plus sévère que les analyses produites par le fabricant de bonbons sont insuffisantes pour les services de l’État. « L’inspection a constaté l’absence d’autosurveillance périodique portant sur les micropolluants et substances dangereuses dans les rejets aqueux », écrivent les agents, qui pointent aussi l’absence de mesures des émissions totales de phosphores et d’azote dans les réseaux d’assainissement.

    Surtout, ils ont constaté sur place que l’une des deux stations d’épurations « Pollux » présentes sur le site, qui devait traiter les eaux de lavage des machines, avait été supprimée, sans même que la préfecture n’en soit informée. « L’eau de lavage des machines, avec des morceaux de gélatine, des colorants, devait partir par citernes quand il y avait trop d’impuretés, parce qu’ils n’arrivaient pas à la retraiter, explique-t-on du côté de la CGT du site. Alors ils ont préféré installer des bacs de rétention d’eau avec des électrovannes pour les envoyer à des sociétés qui retraitent les eaux, cela revient moins cher pour l’entreprise. » Avec ce nouveau système, seules les eaux de nettoyage des sols devaient être traitées pour être rejetées dans les égouts. « Nous ne reversons plus la gélatine dans “Pollux” normalement, poursuit-on au sein du syndicat. Mais parfois, cela arrive encore, parce que le bac de rétention d’eau est plein… »

    Alors la préfecture a haussé le ton, et ordonnait ce 10 juillet à l’entreprise de respecter ses valeurs limites d’émission des eaux usées dans le réseau d’assainissement dans un délai de deux semaines, de réaliser des analyses des substances dangereuses dans un délai d’un mois, de réaliser les travaux de mise en conformité dans un délai maximal de neuf mois, après publication d’un rapport d’étude sur les causes des pollutions. Quant à l’industriel, sollicité, il n’a pas donné suite.

  • Ce sable rapporté sur les plages de Saint-Mandrier qui fait grincer les dents des militants

    Ce sable rapporté sur les plages de Saint-Mandrier qui fait grincer les dents des militants

    Dominique Calmet pour l’Association pour la protection de l’environnement de Saint-Mandrier (APE) poursuit inlassablement, même au cœur de l’été, sa mission de lanceur d’alerte en mettant en avant de nouvelles entorses à la légalité ou du moins des libertés prises par les élus sans études d’impact. En cause toujours les recharges de sable effectuées, cette fois « par des travaux qualifiés d’entretien », dénonce-t-il. Ce qui permet aux communes de s’exonérer des demandes d’autorisation « en laissant les herbiers de posidonie protégés en payer le prix ». Une démarche qui se serait généralisée dans le département. Sauf bien sûr sur la plage de Sainte Asile qui fait office aujourd’hui, paradoxalement, d’îlot protégé, après une longue bataille en justice remportée par l’APE.

    Depuis 2019, l’association documentait ici les recharges répétées en sable de la plage effectuées sans étude d’impact. Et le 15 mai 2025, le tribunal administratif de Marseille a annulé l’autorisation préfectorale, jugeant les incidences sur l’herbier suffisamment notables pour exiger une étude d’impact complète. Résultat concret : le rechargement massif prévu pour 2026 n’a pas eu lieu. Seule une opération de reprofilage sans apport de sable.

    Herbiers de posidonies menacés et pollution

    Ce qui n’est pas le cas selon les défenseurs de l’environnement des quatre autres plages de la commune, notamment les 15 et 16 juillet derniers. « Un communiqué municipal précisait seulement que les travaux se dérouleraient de nuit, entre 22h et 6h, pour limiter la gêne. Aucune information sur l’origine du sable apporté, ni sur le fondement juridique de l’opération, n’a été communiquée, pas plus sur le site de la mairie que lors des conseils municipaux », s’époumone l’océanographe. Et de poursuivre : « J’ai demandé à la mairie de m’envoyer une copie de l’autorisation administrative de ces travaux sans que cela soit suivi d’effet. »

    Pour le scientifique le plus grave ce sont ceux réalisés à la vieille « à moins de dix mètres du récif frangeant de posidonie qui borde la plage », une formation d’herbier particulièrement fragile, dont l’ensablement des rhizomes est déjà en cours. « Sans intervention, cet herbier risque de connaître, dans les prochaines années un déclin progressif », alerte-t-il. Avec le sable déposé qui finira immanquablement dispersé sur le banc.

    Une intervention similaire selon l’association à celle effectuée sur la plage de Sainte Asile que le tribunal administratif de Marseille a jugé illégale. Autre vrai sujet de préoccupation : la pollution par un émissaire rejetant des eaux usées provenant du terrain militaire en surplomb.

    « On a carrément des eaux d’égout qui sortent des installations de la marine et qui se jettent sur la plage de Grave-Cavalas, j’ai fait des prélèvements et les résultats sont catégoriques », précise Dominique Calmet. Et de poursuivre : « Le laboratoire d’analyse a retrouvé par exemple 2 000 entérocoques intestinaux par 100 ml, c’est énorme ! » Des résultats que la ville réfute tout aussi catégoriquement partant plutôt de « pollution psychologique » de l’association, en assurant que les eaux de baignade sont de bonne qualité. « Le maire dit que je dois faire mes prélèvements avec une bouteille souillée. Or, plus jeune, j’ai passé un certificat de bactériologie, virologie pour pouvoir travailler à l’hôpital et payer mes études, donc prélever et conserver les échantillons c’est quelque chose que je sais faire », affirme le scientifique.

    Affaire à suivre donc.

  • Des associations demandent des assises de la santé environnementale

    Des associations demandent des assises de la santé environnementale

    « Il est hors de question de remettre en cause le développement industriel, on dit juste qu’il faut des réponses environnementales », affirme Gérard Casanova, comme un préambule indispensable à son propos. Le cheminot Saint-louisien à la retraite représente dix associations environnementales du territoire industriel de Fos et de l’étang de Berre, associées dans un plaidoyer environnemental publié le 27 juillet dernier. Parmi ces acteurs, Vigueirat nature, l’Association santé environnement France (Asef), France nature environnement (FNE) ou encore l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF).

    « C’est dans des constats communs que nous nous retrouvons », explique le militant issu de l’association Au fil du Rhône et de la Fédération d’action régionale pour l’environnement (Fare). D’une part, « les différentes pollutions auxquelles nous sommes exposés, qu’elles soient de l’agriculture, industrielles ou des transports, sont présentées au public de manière segmentée », développe Gérard Casanova. « Ce saucissonnage est une vue de l’esprit que nous dénonçons, car il y a une bioaccumulation avec le temps », des polluants selon le militant.

    Dès lors, se pose la question de savoir « ce à quoi nous sommes exposés dans le détail », « mesures et analyses sont indissociables », pour le représentant. Là où le bât blesse, « la directive européenne pour la surveillance met l’accent sur les grosses villes, mais on a tendance à moins surveiller les zones industrielles », relève-t-il. Ce « saucissonnage » se révèle aussi dans les capteurs de particules : « certains captent jusqu’à 10 micromètres, d’autres entre 10 µm et 2,5 µm », mais l’un ne fait pas le travail de l’autre. « On avait un capteur 10 µm en ville, il a été remplacé par un 2,5 µm et du coup on a plus de surveillance des 10 µm », illustre-t-il.

    « Ce n’est pas adapté aux changements qui se préparent » considère Gérard Casanova, « bien que nous soyons conscients de la qualité du travail de l’observatoire public qui fait en fonction de contraintes budgétaires et réglementaires », nuance-t-il.

    « Il faut se rencontrer »

    À l’heure des grands changements industriels, notamment pour la production d’acier, le collectif d’associations passe un appel : « les nouvelles techniques de production vont apporter de nouvelles molécules. Nous avons déjà un manque de connaissance sur l’existant, il faut qu’on se rencontre », insiste Gérard Casanova.

    Le débat public de zone étant passé, le représentant affirme que « le vrai fond du débat public global était de se conformer à la loi. Ce n’est pas une amélioration du débat public », au sens de l’appropriation du grand public et du traitement complet des enjeux de chacun. La proposition n’est pas de refaire le débat public sur la même forme : « Nous proposons l’organisation d’assises pour mettre à plat les connaissances actuelles sur la santé-environnement pour établir des constats sur lesquels on se retrouve tous, État, associations, élus, syndicats ».

    « Une étude* de l’Agence nationale de sécurité sanitaire [Anses] suggère que la pollution de l’air peut provoquer des maladies neurodégénératives. D’où le besoin d’associer les médecins à la table ronde pour documenter la prévalence de ces maladies ou des cancers », conclut le représentant.