Tag: pollution

  • Legré Mante : la consultation du public est lancée

    Legré Mante : la consultation du public est lancée

    La consultation du public sur le permis de construire au 195, avenue de Montredon (8e), sur les friches industrielles polluées Legré Mante, est ouverte depuis lundi et pour 30 jours.

    Les 25 premières expressions par voie électronique sont divisées. « Pourquoi faut-il construire 140 logements, générer de nouveaux déplacements et augmenter encore la pression sur un quartier déjà saturé pour rendre possible la réhabilitation d’un site dont la pollution est connue depuis des années ? », interroge une adhérente de Santé Littoral Sud. « Ce projet traîne depuis des années et il est vraiment temps qu’il puisse enfin voir le jour. Au-delà des logements, c’est tout un quartier qui va pouvoir être réaménagé », estime au contraire Sandrine.

    En juillet 2024, le tribunal administratif a annulé les deux permis délivrés en raison de l’information très lacunaire du dossier d’enquête publique, mais surtout pour non-respect de la loi Littoral : 300 logements représentaient une densification excessive en bord de mer. En juin 2013, les permis d’Océanis Promotion avaient connu le même sort judiciaire.

    Le nouveau projet propose 139 logements collectifs, dont 30% sociaux dans les bâtiments existants dépollués et réhabilités, une villa individuelle ainsi que 400 m² de surfaces commerciales. La société de construction-vente LGM Madrague (Constructa et Ginkgo) ambitionne « de faire renaître cette friche industrielle et permettre aux riverains de se la réapproprier » avec l’agence d’architecte Kern +associés et le paysagiste Marc Richier. « Ce site d’exception sera rendu aux habitants, à la nature, aux futures générations, avec la volonté de valoriser son architecture industrielle historique et de l’inscrire comme un témoignage précieux du passé marseillais. »

  • [Entretien] Sophie Binet : « Se mobiliser partout, se syndiquer »

    [Entretien] Sophie Binet : « Se mobiliser partout, se syndiquer »

    Stratégie industrielle, salaires, carburants, manifestation du 29 septembre… La rentrée impose de nombreux sujets.

    La Marseillaise : à Tarascon, vous êtes venue « constater » les dégâts environnementaux et sociaux et soutenir les salariés dans leur combat mais vous insistez aussi sur la « catastrophe industrielle » ?

    Sophie Binet : Cette usine produit 40% de la pâte à papier française. L’arrêter, c’est se mettre en situation de dépendance et augmenter encore nos importations. Il n’y a pas une personne qui habite dans notre pays qui n’utilise pas du papier au moins 50 fois par jour. Papier, carton, emballage, mouchoir, protection périodique, protection pour les personnes âgées, etc. On a besoin de pâte à papier en France et on sait qu’à l’avenir, on en aura besoin encore plus parce que l’objectif, c’est de mettre fin aux emballages plastiques et de les remplacer par des emballages recyclables comme le papier. C’est quand même grave qu’à chaque fois, on se retrouve avec un gouvernement et un patronat amnésiques. On ne laissera pas faire une catastrophe industrielle comme celle-là.

    Amnésiques ?

    S.B. : Le Covid, c’était il y a 5 ans. La France s’est réveillée avec la gueule de bois en se rendant compte que notre pays, ancienne grande nation industrielle, était incapable de fabriquer des masques. En fermant cette usine, est-ce qu’on veut se réveiller demain en se rendant compte que la France n’est même plus capable d’être autonome en matière de papier ? Le papier, c’est une ressource indispensable pour notre quotidien. Là, ce qu’on est en train d’organiser en France et en Europe, c’est une dépendance totale à l’Asie. Depuis 30 ans, la moitié des usines européennes de papier ont fermé. Ici, cette usine est en parfait état de marche. C’est un actif stratégique, précieux, indispensable pour notre souveraineté industrielle. Il faut agir.

    Que demandez-vous à l’état ?

    S.B. : Nous avons une demande simple à l’état et à la Région : mettre immédiatement le site sous protection. Pour permettre aux anciens salariés de stopper la pollution qui est en cours et de mettre en place toutes les procédures de sécurité pour qu’il n’y ait pas de danger environnemental et pour nous donner le temps de construire un projet industriel pour cette usine.

    Cela veut dire racheter les actifs immédiatement. ça tombe bien, ils vont être vendus par le liquidateur, un véritable charognard. Nous dénonçons depuis le début le fait que la fermeture du site coûte plus cher à l’état que s’il avait mis les moyens pour garantir la continuité du site. Pourquoi ? Parce que le liquidateur l’a déjà dit : sa stratégie est de ne rien faire pour forcer les services de l’état, l’Ademe, la Dreal, etc., à venir faire la mise en sécurité, parce qu’évidemment, ça ne va pas pouvoir rester longtemps comme ça. Le tout aux frais du contribuable.

    C’est toujours la même chose : on a des patrons rapaces qui polluent et qui partent comme ils sont venus, sans dépolluer les sites. Et derrière, c’est vous et nous, les contribuables, qui sommes appelés à la rescousse, parce que l’État n’a aucune stratégie industrielle. Ce qui était demandé par Matthieu Pigasse, pour solvabiliser le projet de reprise des deux usines de Tarascon et de Saint-Gaudens, c’était un effort de 10 à 15 millions d’euros par an. Là, avec toute la dépollution qu’il y a à faire, ce sont des centaines de millions d’euros qui sont en jeu. C’est donc un énorme gâchis d’argent public. Et je ne parle pas de l’impact social et du coût des licenciements pour l’assurance-chômage et pour la collectivité des suppressions d’emplois…

    Vous demandez aussi une réforme des tribunaux de commerce ?

    S.B. : Ce qui se passe à Tarascon démontre à quel point les tribunaux de commerce ne peuvent plus être laissés en l’état. On a affaire à un liquidateur qui se croit tout permis, qui se comporte comme un cow-boy, qui vient narguer les salariés en Porsche, à qui il explique qu’il va se permettre de ne plus leur payer leur salaire. Ce n’est plus possible de laisser les tribunaux de commerce, les liquidateurs judiciaires, faire la pluie et le beau temps et se comporter comme des vautours et des rapaces, en dépeçant notre outil industriel et en traitant les salariés de la sorte. Nous demandons une réforme des tribunaux de commerce pour que les salariés et les collectivités territoriales soient autour de la table, pour qu’on arrête d’envoyer nos usines à la casse et au ferrailleur, comme c’est le cas actuellement.

    Les prix des carburants sont au centre du mouvement des pêcheurs, mais aussi des préoccupations de nombreux salariés. Que faut-il faire ?

    S.B. : Les pêcheurs n’en peuvent plus de ces prix qui explosent et de ces salaires qui baissent. Il n’y a effectivement pas qu’eux qui ont des difficultés. C’est la rentrée du déclassement pour les travailleurs et les travailleuses, des millions de personnes pour qui la fin du mois, c’est aujourd’hui, c’est-à-dire à la mi-septembre, qui n’ont déjà plus d’argent sur leur compte en banque et qui sont obligés de choisir entre remplir leur frigo et faire leur plein.

    J’ai interpellé, mercredi, le Premier ministre en lui demandant d’organiser une table ronde immédiate. Il faut répondre à l’ensemble des travailleurs, il faut bloquer les prix des carburants immédiatement. C’est simple et ça ne coûte rien à l’État. Il faut bloquer les prix des matières premières et surtout des produits alimentaires pour que chacune et chacun puisse s’alimenter. Et, enfin, il faut augmenter les salaires en commençant par augmenter le Smic et indexer l’ensemble des salaires sur l’inflation.

    Les Gilets jaunes appellent à un rassemblement, samedi, à Marseille. Comment analysez-vous ce « retour » ?

    S.B. : Nous appelons les salariés à se mobiliser partout pour exiger des augmentations de salaire et un blocage des prix. Le 29 septembre prochain, c’est une grande journée de grève et de manifestation pour les salaires et les services publics. Nous appelons les fonctionnaires à être au rendez-vous, mais plus largement, cette question concerne l’ensemble des salariés.

    Il faut que cette journée soit la plus forte possible et tant qu’il n’y a pas de réponse à nos revendications, oui, il faut se mobiliser partout, se syndiquer, créer des syndicats dans toutes les entreprises.

  • [Maj] Sophie Binet et la CGT portent un projet pour Fibre Excellence

    [Maj] Sophie Binet et la CGT portent un projet pour Fibre Excellence

    Sophie Binet était « prête à revenir autant de fois qu’il le faudra » pour défendre la Bourse du travail à Arles, affirmait-elle en mars 2023. Aujourd’hui se joue le deuxième round. La secrétaire générale de la CGT se rend ce jeudi, à Tarascon puis à Arles, en soutien aux travailleurs en lutte de Fibre Excellence, mais aussi aux combats menés contre des maires d’extrême droite et de droite pour préserver les Bourses du travail et l’implantation de la CGT dans ces deux communes du pays d’Arles.

    Pour les 270 salariés licenciés et les nombreux emplois induits menacés, l’enjeu principal de cette visite est la présentation d’un projet alternatif de reprise industrielle du site de Fibre Excellence. Ce projet se fera « avec de faibles moyens pour faciliter l’investissement », annonce François Batista, de l’Union départementale CGT. Pour rappel, l’outil industriel est dimensionné pour « faire vivre des milliers d’emplois dans la filière bois », dans le département, selon le responsable syndical (notre édition du 15/09). À la bataille de l’emploi s’ajoute celle de la mise en sécurité du site. Depuis la liquidation judiciaire de l’entreprise de pâte à papier, prononcée fin juillet dernier, les situations à risque s’enchaînent sous la gestion du liquidateur Realtec.

    Coupures d’électricité, arrêt de la station d’épuration, risques de pollution du Rhône : autant de problèmes dénoncés par la CGT, qui font l’objet d’un bras de fer juridique entre l’État et le liquidateur. Mardi, ce dernier a d’ailleurs réagi aux inquiétudes concernant d’éventuels rejets d’eaux polluées en affirmant qu’« aucune analyse contradictoire (…) n’a été produite pour étayer l’affirmation d’un tel rejet polluant », contredisant ainsi les alertes lancées par la CGT du site.

    Soutien aux Bourses

    du travail

    L’autre grand dossier concerne le maintien de la CGT au sein de la Bourse du travail d’Arles, siège de l’union locale depuis 126 ans. Après trois années de bataille politique et judiciaire, et malgré deux propositions de médiation du tribunal refusées par le maire (Horizons) Patrick de Carolis, l’UL CGT, menacée d’expulsion manu militari, occupe la Bourse du travail depuis début septembre.

    Dans la même veine, le maire d’extrême droite de Tarascon, Alexandre Ducouret (RN), a décidé de chasser FO et la CGT de la maison des syndicats, où les deux organisations étaient installées depuis 2014. Une décision politique, alors que l’édile fustige la CGT qui « fait de la politique », indique La Provence du 23 juillet. La confédération a demandé un moratoire au ministère du Travail sur ces questions.

    « Les Unions locales, les Bourses du travail sont là pour faire en sorte que les travailleurs et travailleuses ne se retrouvent pas seuls, pour organiser la solidarité dans les luttes », affirmait Sophie Binet en mars 2025. La situation de Fibre Excellence n’en est-elle pas la meilleure démonstration ?

    *Depuis Tarascon à 12h30 et en fin d’après midi

  • Bonbonnes de protoxyde d’azote : une facture écologique qui explose

    Bonbonnes de protoxyde d’azote : une facture écologique qui explose

    Elles s’alignent au pied des poubelles, roulent dans les caniveaux ou s’échouent sur les parkings : les bonbonnes de protoxyde d’azote sont devenues un déchet ordinaire par leur présence, mais hors-norme par leur traitement. À Nîmes, 9 600 avaient déjà été ramassées depuis janvier à la mi-mai. « On en ramasse tous les jours », résume Jamel Meuchmache, du pôle propreté urbaine. Au centre de valorisation, quelque 20 000 bouteilles restaient stockées.

    Le problème tient d’abord à ce qu’elles contiennent encore. Sous pression, le gaz interdit leur traitement avec les déchets classiques. Jetées dans une poubelle, les bonbonnes peuvent finir dans un incinérateur et exploser sous l’effet de la chaleur. Au centre de valorisation énergétique de Nîmes, environ 500 explosions par an ont été recensées. En 2025, les réparations liées à ces incidents ont coûté près de 350 000 euros. Pour limiter les risques, un scanner à rayons X, facturé 300 000 euros, a été installé cet été.

    Qui doit payer ?

    Une fois récupérées, reste à les stocker, les transporter, les dégazer puis séparer leurs matériaux. À Nîmes, le traitement représente 215 000 euros par an, soit près d’un tiers du budget consacré aux déchets ramassés sur la voie publique. « Il faudrait que l’État nous aide », réclame François Séguy, adjoint à la propreté. À Béziers, l’Agglo dit payer environ 25 euros par bonbonne : une centaine ont été récupérées en deux mois au printemps.

    La facture est d’autant plus lourde que le protoxyde résiduel ne peut pas simplement être relâché : ce puissant gaz à effet de serre réchauffe l’atmosphère près de 300 fois plus que le CO2. Dans le Vaucluse, Suez teste depuis juillet un procédé qui l’extrait puis le décompose en diazote et oxygène, avant d’envoyer les matériaux vers les filières de recyclage. Une piste encore pilote, là où les collectivités réclament une réponse nationale.

    La loi du 18 août 2026 interdira la vente aux particuliers dès février 2027. Reste à savoir qui paiera le traitement des bonbonnes déjà en circulation. Plusieurs élus réclament leur intégration à une filière de responsabilité élargie du producteur. Autrement dit, faire remonter la facture vers ceux qui mettent ces contenants sur le marché, plutôt que de la laisser aux contribuables et aux agents qui les ramassent.

  • Les apéros scientifiques de l’Osu Pythéas débattent santé à Marseille chez Zoumaï

    Les apéros scientifiques de l’Osu Pythéas débattent santé à Marseille chez Zoumaï

    Organisés par l’institut OSU Pythéas, les apéros Hyperbar de la brasserie Zoumaï (6e) à Marseille, reprennent leur rythme mensuel. Ce 16 septembre de 19h à 21h, le thème abordé est une seule santé (One Health). Le concept repose sur une idée simple : la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont profondément interdépendantes. Les crises récentes – pandémie de Covid-19, émergence de nouvelles maladies, pollution de l’air et de l’eau, perte de biodiversité ou encore multiplication des événements climatiques extrêmes – rappellent que les frontières longtemps établies entre santé et environnement sont aujourd’hui largement dépassées.

    Vulgariser la science

    Face à un public de curieux attablés devant un verre, les trois intervenants de cette soirée sont Anthony Gonçalves, adjoint (PCF) au maire de Marseille et délégué à la santé, Zoé Le Monnoyer, chargée de mission « une seule santé » à l’Agence régionale de biodiversité environnement (Arbe) Région Sud et Thierry Tatoni, professeur en écologie AMU à l’Imbe et membre de l’Académie des sciences, lettre et arts de Marseille. À travers des échanges durant toute la soirée, Pression Hyperbar ouvre le débat sur cette question : « la véritable prise en compte de notre santé ne nécessite-t-elle pas de prendre soin du vivant dans son ensemble ? » Grâce à des projections, tableaux et photos à l’appui, chaque intervenant micro en main présente de façon la plus didactique possible la problématique, et tente d’impulser des pistes de réflexion et d’action au sens le plus large possible. Les questions sont ensuite ouvertes dans la salle. Les 21 heures passées, la soirée continue à battre son plein de façon informelle.

    Zoumaï, 7 cours Gouffé (6e)

  • Double relaxe dans une pollution accidentelle

    Double relaxe dans une pollution accidentelle

    Le capitaine d’un navire d’excursion dans les calanques répondait mardi avec son employeur d’un rejet d’hydrocarbure dans les eaux du Vieux-Port. L’incident s’était produit le 29 août 2025 à 6h du matin lors du remplissage des réservoirs du Green Calanques.

    Lors du remplissage de 4 600 litres de gasoil, une petite quantité de carburant avait refoulé du réservoir tribord. Une heure et demie plus tard, les agents de propreté signalaient à la capitainerie du port la présence d’une épaisse nappe d’hydrocarbure. Les marins-pompiers déployaient des boudins et des buvards absorbants.

    La procureure Marie-Aude Fichet a fustigé la « nonchalance » de la société Croisières Marseille Calanques. « On ne peut pas traiter par le mépris ce genre de pollution. » Elle requérait pour le capitaine absent et sa société une amende de 5 000 euros dont moitié avec sursis et l’affichage du jugement.

    « C’est une avarie, pas un rejet illicite »

    « Je ne peux pas entendre que nous soyons nonchalants », proteste à la barre un dirigeant de la société. D’expliquer qu’il procède à deux remplissages hebdomadaires en pleine saison avec un camion-citerne dont les pompes à haute pression injectent cinq litres de carburant à la seconde. Le phénomène d’émulsions qui se développe avec les fortes chaleurs dans les réservoirs expliquerait ce refoulement.

    « C’est vraiment un accident, on s’en excuse auprès des Marseillais, mais mon capitaine n’a pas fait d’erreur. 3 secondes pour fermer la vanne et c’est déjà 15 litres. Nous mettons tout en œuvre pour que cela ne se produise pas. Nous laissons toujours une marge pour ne pas remplir à bloc les réservoirs. Nous équipons nos navires d’un kit antipollution. On a une vraie volonté écologique. D’ailleurs le Green Calanques est hybride depuis 2024, moitié électrique, moitié gasoil. C’est pour nous un investissement de plus de 800 000 euros de fonds propres. » « C’est une avarie, pas un rejet illicite » a plaidé la défense soulignant que « le risque zéro n’existe pas ». « C’est exceptionnel ce qui s’est passé. Le temps de dire “stop, fermez la vanne”, c’est 3 secondes et déjà 15 litres. »

    La 6e chambre correctionnelle présidée par Lola Vandermaesen a parfaitement entendu les explications. « Vous êtes relaxés tous les deux. Le délit n’est pas caractérisé faute d’élément intentionnel. Il n’y a pas eu de volonté de polluer. »

  • À Briançon, LFI organise une réunion publique contre les JOP 2030

    À Briançon, LFI organise une réunion publique contre les JOP 2030

    « Les Jeux sont-ils compatibles avec la montagne ? », a interrogé, devant une soixantaine de personnes, Capucine Mounal, conseillère municipale d’opposition à Briançon et membre de LFI. Vendredi, le mouvement politique a tenu une réunion publique, à Briançon, pour dénoncer l’organisation des JOP 2030 dans les Alpes. « Face au changement climatique, continuer à aménager comme hier est une faute. La montagne n’est pas une marchandise, c’est notre responsabilité. »

    Un CIO tout-puissant

    La juriste et cofondatrice du collectif citoyen JOP 2030, Delphine Larat, a déroulé « la mécanique olympique », qui permettrait au Comité international olympique d’« imposer ses conditions » sur les plans financier et politique. « Comment avoir des JO compatibles avec l’environnement lorsque les principaux partenaires, comme Coca-Cola ou la banque JPMorgan Chase, font partie des plus gros pollueurs ? », a-t-elle dénoncé.

    « Ces Jeux sont un déni démocratique, un saccage environnemental et un gâchis d’argent public », a complété le député insoumis de la Savoie, Jean-François Coulomme, qui qualifie la loi pour l’organisation des JO de « dérogation à notre socle de droits ».

    Dans le Briançonnais, les inquiétudes concernent la vente du Fort-des-Têtes à la société de livraison des ouvrages olympiques (Solidéo) et le déboisement du Bois du Prarial à Montgenèvre. Les partisans des JO assurent de leur côté que l’événement valorisera le territoire et améliorera les infrastructures, tout en dynamisant l’économie locale.

    Agathe Di Lenardo

  • La mise en sécurité de Fibre Excellence toujours pas assurée

    La mise en sécurité de Fibre Excellence toujours pas assurée

    Les ex-salariés de l’usine à papier liquidée dénoncent « un débit permanent de 2 m3 d’effluents dans le réseau pluvial » depuis que les administrateurs judiciaires sont aux manettes de l’usine à papier. Le premier geste de l’entreprise mandatée avait été de couper l’électricité par économie d’énergie. Même s’il reconnaît qu’on « ne stoppe pas un site Seveso en appuyant sur un interrupteur », Realtec se révèle incapable de remettre en fonctionnement la station d’épuration. La partie n’est pas finie.

    « Ce week-end, on a relevé un pic de conductivité très inquiétant, note Jean-Michel Bulinge, délégué CGT du site. Il est compatible avec une arrivée ponctuelle d’eau chargée et soulève de sérieuses interrogations quant à une éventuelle pollution du Rhône. » Sur site, les salariés licenciés restent disponibles, bien que Realtec ait fait savoir devant le tribunal administratif de Marseille qu’il n’était pas question de les réembaucher pour procéder à la mise en sécurité des installations. Pour rappel, Realtec contestait l’arrêté de réquisition au nom de la très libérale liberté d’entreprendre. « Je fais ce que je veux », avait rétorqué la société au juge des référés, au mépris des principes de la République comme des règles exigées sur un site Seveso et dans une période où la protection de l’environnement crie urgence. Après quatre arrêtés ignorés, le préfet de région a fini par taper au portefeuille.

    Le 4 septembre, Jacques Witkowski a pris un « arrêté de réquisition de SELAS EGIDE, représentée par Maître Alix Brenac, et SELARL BDR&associés, représentée par Maître Marc-Antoine Rey, en tant que liquidateurs de la société Fibre Excellence Provence, les enjoignant notamment de procéder au redémarrage de la pomperie au Rhône qui alimente les poteaux incendie, les sprinklers et les couronnes d’arrosage » et au « redémarrage de la station d’épuration », indique la préfecture. En vain. Le préfet « a signalé cette situation au procureur de la République et a repris un arrêté, le 9 septembre, qui prescrit des mesures d’urgence afin de rétablir un niveau de sécurité incendie du site suffisant et qui demande le redémarrage de la station d’épuration pour protéger le Rhône d’éventuels effluents », précisent les services de l’état. Le préfet a « demandé au juge administratif de prononcer une astreinte de 50 000 euros par jour de retard d’exécution de son arrêté prescrivant les mesures d’urgence pour la mise en sécurité de ce site classé Seveso ».

    Lundi 14 septembre, rien n’a bougé sur l’usine. « Cette situation est d’autant plus dure qu’on a le sentiment d’être entendus mais que personne n’est en mesure de les arrêter dans leur volonté de détruire l’outil industriel au plus vite », lance, stupéfait, l’ex-technicien. « Il existe une solution. On a un projet pour repartir avec de faibles moyens », assure François Batista, secrétaire de l’UD CGT 13.

    Sophie Binet à l’usine

    Avec l’idée de travailler sur la revalorisation de déchets et éventuellement de fabriquer de la pâte à papier à partir de cartons recyclés. « Mais les liquidateurs ont l’air pressés de détruire cet outil, craint le responsable syndical. « Un outil qui, avec le savoir-faire des salariés, permettrait de faire vivre des milliers d’emplois dans la filière bois du département. »

    Une vidéo publiée par la CGT a été partagée par la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et la militante pour le climat Camille Etienne. Elles exigeaient : « L’État doit immédiatement mettre le site sous protection. » Avec Carole Delga, présidente socialiste de la Région Occitanie, Sophie Binet avait volé au secours de Fibre Excellence à Saint-Gaudens. C’est maintenant sur celui de Tarascon que la secrétaire générale de la Confédération prévoit de se rendre le 17 septembre, convaincue que les deux sites sont à relever pour conserver la filière, l’emploi et la production industrielle.

  • La requête des liquidateurs de Fibre Excellence déboutée

    La requête des liquidateurs de Fibre Excellence déboutée

    Après avoir ignoré quatre arrêtés pris en urgence et deux réquisitions, c’est à une attaque des institutions et des salariés, que l’avocat des liquidateurs judiciaires s’est attelé devant le juge des référés liberté. En face les représentants des services de la préfecture et le chef du service prévention des risques à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Paca n’ont eu qu’à aligner les faits.

    « Arrêter une usine c’est compliqué, il ne s’agit pas juste d’appuyer sur un bouton », a assuré sans ciller l’avocat de Realtec, qui montrait pourtant un empressement exceptionnel à vouloir couper l’électricité, le jour où les contrats des salariés de Fibre Excellence ont pris fin. Un des liquidateurs, Alix Brenac, avait déjà mis la pression pour couper les fours de la fonderie SAM dans l’Aveyron pour les mêmes raisons d’économies d’énergie. « On a retrouvé le site plus pollué après sa liquidation », a souligné Romain Delmon, secrétaire général de la préfecture.

    Bénie l’eau de la Ville !

    Pour la partie demanderesse, c’est « la vétusté des tuyaux » et « l’usage anarchique du réseau » qui a conduit à un diagnostic préconisant « d’utiliser des moyens externes et ça fonctionne très bien ». Là encore, dès les premiers jours, des incidents ont été signalés par les ex-ouvriers sur le site qui alertent contre le risque d’incendie et de pollution. Il en voulait pour preuve « on a remis en place la défense incendie », « il suffit de se connecter sur le réseau d’eau municipal » car « la station dépuration ne sert à rien ». Le maire et la population apprécieront.

    Les ex-salariés ont aussi apprécié : « je ne connais pas leurs compétences, je ne sais pas s’ils vont obéir aux instructions, je ne vais pas les payer 7 500 euros brut en CDI », a estimé Me Galardo. « Vous en avez quand même embauché quelques-uns… » a objecté le juge. « Oui. Mais je fais ce que je veux ». C’est ainsi en effet que les liquidateurs ont procédé tout au long de cette opération de fermeture du site Séveso. Ce qui a poussé le préfet Jacques Witkowski à prendre autant de mesures. Avant de quitter la barre, Me Galardo s’entêtait encore : « Je vais déposer deux plaintes en pénal contre le préfet ».

    L’UD CGT 13 et la CGT Fibre Excellence Provence qui ont relevé des rejets de près de 400 m3 d’eau contaminée dans le Rhône ont demandé que des analyses soient réalisées en urgence. Du côté de l’UD FO 13, on s’aligne sur la nationalisation temporaire proposée par la présidente de région Occitanie Carole Delga pour préserver l’emploi et la filière.

  • L’Amérique face au défi de la mémoire du 11-Septembre

    L’Amérique face au défi de la mémoire du 11-Septembre

    Donald Trump se recueillera au Pentagone plutôt qu’à New York, où l’attaque contre les tours jumelles du World Trade Center a fait le plus grand nombre de victimes parmi les 2 977 recensées ce jour-là. Selon le New York Times, le président a renoncé à se rendre sur le site de « Ground Zero », notamment parce qu’il lui était impossible d’y faire un discours, seules les familles des victimes étant autorisées à s’exprimer pendant cette cérémonie. Une histoire « inventée » par le journal, selon lui.

    Son vice-président JD Vance et ses quatre prédécesseurs encore en vie devraient tous se retrouver à New York : les démocrates Joe Biden, Barack Obama et Bill Clinton, ainsi que le républicain George W. Bush, qui présidait le pays au moment des attentats.

    Désormais, on dénombre environ « 100 millions d’Américains qui n’étaient pas encore nés ou trop jeunes pour avoir un souvenir » des événements, souligne Beth Hillman, présidente du Musée-Mémorial du 11-Septembre. Après avoir insisté sur le devoir de mémoire, son institution dirige désormais ses efforts sur la transmission et la pédagogie, avec des témoins formés à intervenir. « Même pour ceux qui n’étaient pas là, mais qui étaient en vie à l’époque, il est beaucoup plus facile de comprendre l’ampleur de ce qui s’est produit. Pour la génération suivante, c’est plus compliqué », témoigne auprès de l’AFP Logan Miller, 32 ans, qui a perdu un oncle et un grand-père des suites des attentats. Il fait partie des volontaires qui racontent leur expérience, que ce soit au musée (2,4 millions de visiteurs par an), ou à travers des modules vidéo. Les jeunes « sont plus curieux » et « posent davantage de questions » que leurs aînés, qui parfois n’osent pas le bousculer de peur de le heurter, constate-t-il.

    Comme chaque année, dès 8h40 (peu avant l’impact du premier avion sur l’une des tours), les familles des victimes liront ce vendredi depuis « Ground Zero » la liste des noms de leurs proches. D’autres cérémonies auront lieu à New York. Le soir, deux faisceaux lumineux seront projetés depuis le bas de Manhattan, reproduisant symboliquement les Twin Towers.

    Révélations sur la toxicité

    Le 11 septembre 2001, deux avions détournés par des pirates de l’air ont percuté les deux tours du World Trade Center, un troisième a éventré le Pentagone et un quatrième, qui semblait viser le Capitole ou la Maison Blanche, s’est écrasé dans une zone boisée de Shanksville, en Pennsylvanie, après une contre-attaque des passagers. L’actuel maire de New York Zohran Mamdani a annoncé, mardi, la publication de dizaines de milliers de documents révélant, selon lui, des dissimulations de la ville sur la toxicité de l’air après les attaques : « Ces documents montrent ce que la ville savait de la présence d’air toxique autour de “Ground Zero”, à quel moment elle en a eu connaissance et comment elle a agi pour limiter sa responsabilité juridique. » En plus des 2 977 personnes décédées aux États-Unis le jour des attaques, principalement à New York, plus de 9 400 autres sont mortes des suites de maladies liées à leur exposition aux attentats, selon le programme fédéral destiné à assurer le suivi médical.

    Par ailleurs, une pétition lancée par des familles de victimes réclame l’exclusion des cérémonies du nouveau maire. Cette pétition réclame l’absence du premier maire musulman de la ville au motif que ce dernier entretiendrait l’ambiguïté avec l’islamisme. Zohran Mamdani dit vouloir « se concentrer sur les familles ».

    Le procès du cerveau présumé de ces attaques, Khalid Cheikh Mohammed, l’un des principaux lieutenants du dirigeant d’Al-Qaïda Oussama ben Laden, a été récemment fixé au mois de juin 2028 à Guantanamo, où il est détenu depuis 20 ans.

    Des pompiers provençaux à New York

    Les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône indiquent que les jeunes pompiers de Sénas participent aux cérémonies après avoir rencontré et échangé avec les pompiers du Fire Department City of New York. De son côté, la sapeur-pompier volontaire arlésienne Julie Janczewski rendra hommage aux victimes en réalisant le tour de Manhattan à la nage, tout en collectant des fonds pour l’Œuvre des Pupilles.

    S.D.