Tag: Politique

  • [Entretien] Gérard Noiriel : « Les conservateurs utilisent l’histoire à des fins politiques »

    [Entretien] Gérard Noiriel : « Les conservateurs utilisent l’histoire à des fins politiques »

    La Marseillaise : Vous tenez
    à Marseille une conférence théâtralisée sur l’histoire du racisme, que vous organisez depuis une dizaine d’année. Pourquoi est-il encore important de rappeler l’histoire de cette idéologie
     ?

    Gérard Noiriel : Car ce sont des questions qui sont des enjeux civiques pour la société française d’aujourd’hui. C’est important parce que ça fait longtemps que je travaille sur les questions [de racisme et d’immigration] et j’ai le sentiment que nos recherches n’atteignent pas un grand public. J’ai créé cette association d’éducation populaire pour aller à la rencontre des gens qui ne lisent pas nos livres et pour rappeler l’histoire du racisme, ses discours de haine et aussi d’attirer l’attention sur les changements.

    Quels changements ?

    G.N. : Le racisme a évolué, ne serait-ce que parce qu’il y a eu des mobilisations antiracistes qui ont mené à des changements et depuis 1972 une loi qui condamne le racisme. Je ne dis pas ça pour minimiser le racisme actuel, mais pour caractériser ses nouvelles formes. Ce que j’ai aussi montré dans mes travaux, c’est qu’à chaque époque, les dominants, les réactionnaires, les conservateurs savent exploiter les failles du corps d’en face. Ils font des concessions quand ils ne peuvent pas faire autrement, pour reprendre l’initiative. C’est par exemple ce qu’ils ont fait avec le racisme anti-blanc. C’est une forme de réappropriation du thème humaniste de la lutte contre le racisme à des fins réactionnaires et il faut le prendre en compte.

    Pourquoi faire une conférence théâtralisée ?

    G.N. : Quand j’ai commencé ma thèse sur l’histoire de l’immigration, le Front national de Jean-Marie Le Pen était à moins de 5%. Aujourd’hui, le rassemblement national à exploser. Je ne peux pas me dire que je n’ai pas une responsabilité là-dedans, c’est donc ce qui m’a amené à travailler avec des artistes, avec des comédiens, qui eux savent mobiliser le langage des émotions pour convaincre des publics qui ne seront jamais convaincus par des arguments rationnels. C’est un modèle d’action contre le racisme qui n’est pas dans une logique de leçon de morale.

    Pourquoi ?

    G.N. : J’attire l’attention sur ce que j’appelle le racisme de l’intelligence. Les élites, parfois par bon sentiment, se croient souvent supérieures aux classes populaires parce qu’ils ont fait des études et peuvent stigmatiser des comportements populaires. L’extrême droite utilise alors cela en disant « regardez ces antiracistes qui méprisent le peuple ». Je pense que si l’on veut lutter plus efficacement contre le racisme, il faut éviter de donner des armes aux populistes. Surtout que le rapport de force n’est plus en notre faveur, avec Donald Trump aux États-Unis ou en France avec la montée des populistes de l’extrême droite. Il faut donc essayer de prendre du recul pour mieux comprendre les mutations actuelles, et trouver des réponses qui soient plus adaptées.

    Vous présenterez également mercredi à la librairie Maupetit votre nouveau livre, « Le Peuple français, Histoire et polémiques ». Qu’est ce qui a motivé l’écriture de ce livre ?

    G.N. : Je voulais m’intéresser à qui parle au nom du peuple et pourquoi le peuple ne peut jamais parler à la première personne. Je m’intéresse surtout au rapport entre le présent et le passé. On est dans des sociétés où ce qu’on appelle la mémoire joue un rôle de plus en plus important. La mémoire, c’est l’exploitation du passé à des fins partisanes. C’est-à-dire qu’on va juger pour réhabiliter des gens qu’on veut défendre ou accuser ceux qu’on estime être coupables. C’est pour ça que dans ce livre il y a dix chapitres où à chaque fois j’ai une phrase d’exergue qui montre comment les conservateurs utilisent l’histoire à des fins politiques. C’est un usage mémoriel de l’histoire. À partir de là, je rétablis ce qui nous apparaît comme étant la vérité historique.

    Vous avez un exemple ?

    G.N. : Dans le premier chapitre, je parle d’une formule de Macron [« les gens qui ne sont rien », Ndlr.] qui caractérise le mépris à l’égard des classes populaires. Je montre comment ça s’inscrit dans une très longue histoire du mépris des élites pour les milieux populaires et c’est cela qui nourrit le populisme. Et je montre que la domination des élites sur le peuple s’inscrit dans la longue durée. Je prends des exemples dans la Grèce antique. Les formes changent, mais ce mépris à l’égard du peuple reste.

    Entretien réalisé par Eva Janus

    Conférence théâtralisée sur le racisme, mardi 6 janvier à 17h30
    à L’Alcazar

    Présentation de Le peuple Français, histoire et polémique, mercredi 7 janvier à 17h
    à la librairie Maupetit.

    Le peuple français, aux éditions Taillandier. 21,90 €

  • [Passerelle interculturelle] Pour 2026, Xi Jinping appelle à la paix et à la coopération

    [Passerelle interculturelle] Pour 2026, Xi Jinping appelle à la paix et à la coopération

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

    Selon le dirigeant chinois qui a prononcé ses vœux à la veille de 2026, face à une incertitude accrue en 2025, la Chine a privilégié le dialogue et poursuivi une coopération internationale mutuellement bénéfique, agissant comme une ancre de stabilité pour le monde et reflétant les pas fermes et constants de la nation sur la scène internationale.

    Une ouverture sur le monde

    En 2025, la Chine a promu la réforme de la gouvernance mondiale par des actions concrètes, obtenant des résultats tangibles. Dans son message du nouvel an 2026, M. Xi a affirmé qu’au cours de l’année écoulée, la Chine avait continué à s’ouvrir largement au monde. « Pour mieux lutter contre le changement climatique, la Chine a annoncé de nouvelles contributions déterminées au niveau national », a déclaré M. Xi, ajoutant qu’après les trois initiatives sur le développement, la sécurité et la civilisation, il avait avancé l’Initiative pour la gouvernance mondiale dans le but de promouvoir un système de gouvernance mondiale plus juste et plus équitable. « La Chine se tient toujours du bon côté de l’histoire », a affirmé M. Xi.

    Des opportunités partagées

    Dans son message du Nouvel An 2026, M. Xi a également déclaré que la Chine avait profondément intégré la science et la technologie à l’industrie, donnant naissance à une série continue de nouvelles innovations. De nombreux grands modèles d’IA se livrent à une course vers l’excellence, et des avancées ont été réalisées dans la recherche et le développement de puces électroniques chinoises. « Tout cela a fait de la Chine l’une des économies dont les capacités d’innovation progressent le plus rapidementLa sonde Tianwen-2 a entamé son voyage à la poursuite des étoiles pour explorer les astéroïdes et les comètes. La construction du projet hydroélectrique sur le cours inférieur du Yarlung Zangbo a été lancée. Le premier porte-avions chinois doté d’un système de catapulte électromagnétique a été officiellement mis en service. Des robots humanoïdes ont fait montre de leur maîtrise des arts martiaux et des drones ont présenté de magnifiques spectacles de feux d’artifice », a précisé M. Xi.

    En ouvrant grand ses bras au monde, la Chine entend avancer avec le monde vers un avenir de paix, de développement et de coopération gagnant-gagnant.

  • [Grand entretien] Robert Rossi : « Je ne retrouve plus ma gauche »

    [Grand entretien] Robert Rossi : « Je ne retrouve plus ma gauche »

    Robert Rossi : C’est l’histoire d’un macho, un tombeur d’origine italienne, qui est arrivé à Marseille à l’adolescence et qui s’est lié d’amitié avec un futur musicien. Ils ont tout deux dépassé la soixantaine. L’un enchaîne les petits boulots, tandis que l’autre est sûr de lui avec un métier qui consiste à tomber les femmes. Tous les deux sont diamétralement opposés. Le musicien est très respectueux des femmes, il a une éthique politique, artistique et il porte d’ailleurs un regard très critique sur son ami. Tandis que le héros est tout le contraire. Ce qui est intéressant dans ce bouquin, c’est que l’on confronte les attitudes, les idées et les positionnements dans la vie.

    De quoi ou de qui vous êtes-vous inspiré pour écrire ce livre ?

    R.R. : Pour l’essentiel, ce sont des personnes que j’ai réellement connues. Ce qui m’a plu, c’est que tout en dénonçant le masculinisme, c’est quand même le sujet du bouquin, on est dans la faconde italo-marseillaise avec des passages complètement abracadabrants. Il y a quand même des passages que j’ai trouvés truculents, que j’ai connus et que j’ai essayé de placer à l’intérieur. C’est beaucoup d’expériences personnelles et j’ai utilisé les caractères ou attitudes de plusieurs personnes pour n’en créer qu’un, le personnage principal, avec des anecdotes qui sont pour la grande majorité réelles.

    Pourquoi c’était important pour vous de dénoncer ce masculinisme ?

    R.R. : ça faisait un moment que le sujet me trottait dans la tête et ce qui m’a décidé, ce sont ces passages truculents marseillo-marseillais dont je parlais et à la fois ce phénomène qui est de plus en plus dénoncé. Malgré les dénonciations et mouvements féministes, je trouve, d’un point de vue personnel, qu’il est en mauvaise posture. Je ne sais pas si les jeunes générations sont si évoluées que ça, j’entendais sur France Inter qu’un sondage montrait que les jeunes sont encore plus masculinistes que leurs aînés… J’ai l’impression qu’avec la politique générale, le masculinisme est encore au goût du jour. ça ne va pas en s’arrangeant. Sans oublier ces jeunes qui apprennent ce que sont les relations amoureuses sur les sites pornos, ça ne présage rien de très intéressant, c’est même plutôt dramatique…

    Pourquoi Gino, personnage principal, est-il d’origine italienne ? Est-ce pour jouer sur le cliché de l’Italien, marseillais dragueur avec humour ?

    R.R. : Oui, bien évidemment, mais il est bien plus que dragueur, c’est le tombeur par excellence qui sait comment s’y prendre pour arriver à ses fins. Mais, au-delà de ça, ce qui m’intéressait, étant d’origine italienne et en y allant souvent, c’est que j’ai observé qu’en France, il y a toute une campagne d’extrême droite qui dit que si on avait pas Macron, mais plutôt une femme comme Giorgia Meloni, une femme qui en a, le pays irait beaucoup mieux. Alors que moi, ce que je vois là-bas, c’est le contraire, par exemple maintenant pour se faire avorter en Italie, il faut aller à l’étranger. La loi existe toujours, mais les médecins qui la pratique sont très rares avec la remontée du catholicisme… Quand j’étais ado, je pensais que ce pays allait évoluer, mais au final, c’est un pays qui était fasciste et qui est redevenu fasciste. Je me demande finalement si ce n’est pas dans son ADN…

    Au-delà de la politique italienne, quel regard portez-vous sur la politique en France, mais aussi au niveau local avec l’arrivée imminente des municipales ?

    R.R. : Comme sur le territoire national, je sens une poussée RN gigantesque. Je le vois par exemple sur les réseaux sociaux. Même si je n’ai que Facebook et des amis qui sont carrément de gauche, mon mur est envahi de liens d’extrême droite, alors que l’algorithme ne devrait pas me présenter ça. Ça veut donc dire qu’ils y vont fort, qu’ils nous envahissent et le truc qui me fascine aussi, c’est que je ne pensais pas qu’on puisse aujourd’hui encore avoir autant le culte de la personnalité. Je ne pensais pas non plus que les gens seraient à ce point perméables à toutes ces idées horribles. Évidemment, mes parents m’ont parlé de la guerre, de la résistance ou de la lutte sociale, mais qui maintenant va parler de tout ça aux jeunes ? Personne. On leur parle de choses tout à fait différentes et ça fonctionne malheureusement. Je suis toujours assez pessimiste, mais j’essaie tout de même de voir ça avec le second degré, au moins dans le rapport artistique et littéraire.

    Vous avez toujours été proche de « La Marseillaise » et avez participé à
    de nombreux événements avec Quartier Nord. Ce lien avec le journal et son histoire est important pour vous
     ?

    R.R. : Je trouve aujourd’hui que c’est quasiment fondamental parce qu’honnêtement, je suis comme beaucoup de gens, je ne retrouve plus ma gauche. Il y a la gauche que certains ont nommé à juste titre de droite complexée et de l’autre les insanités et alliances que je répugne de l’extrême gauche, d’ailleurs, je ne sais pas si on peut vraiment l’appeler ainsi parce que pour moi, quand on est allié aux Frères Musulmans, c’est la pire des choses qui soit. Il y a plein de choses sur lesquelles je suis en désaccord avec le Parti communiste, mais pour moi, c’est le socle, c’est ce qu’il faut défendre bec et ongles.

  • Un rassemblement de soutien au Venezuela ce samedi soir à Marseille

    Un rassemblement de soutien au Venezuela ce samedi soir à Marseille

    Le président américain, Donald Trump, a annoncé, ce samedi 3 janvier, que les forces américaines avaient « capturé » et « exfiltré » le président vénézuélien, Nicolas Maduro, après avoir lancé une « attaque de grande envergure » contre le pays sud-américain.

    Le gouvernement du Venezuela dénonce ce samedi une « très grave agression militaire » des Américains.

    C’est dans ce cadre qu’un appel au rassemblement, à Marseille, a été lancé par plusieurs associations, syndicats dont la CGT et mouvements politiques, dont le PCF, en soutient au Venezuela et à son peuple après l’attaque menée par les Etats-Unis.

    Rendez-vous est donné à 18h30 place Félix-Barret, devant le préfecture.

  • Dominique Bucchini, figure majeure de la vie politique corse, s’est éteint

    Dominique Bucchini, figure majeure de la vie politique corse, s’est éteint

    L’émotion est vive. Dominique Bucchini est décédé ce vendredi 2 janvier. Cette figure du PCF local a notamment été président de l’Assemblée de Corse de 2010 à 2015 et maire de Sartène pendant 23 ans.

    Né le 23 janvier 1943 à Sartène, en Corse-du-Sud, Dominique Antoine Bucchini grandit dans le quartier populaire de Borgo, marqué par une culture politique où le souvenir de la Résistance est encore très vif. Fils de Jean‑Simon Bucchini, convoyeur devenu cafetier, et de Catherine Andréani, tous deux sympathisants communistes — sa mère en particulier — il forge dès l’enfance une conscience sociale nourrie par la parole des anciens.

    Son voisin, l’ancien maire résistant Joseph‑Pascal Tramoni, lui transmet une injonction fondatrice : « N’oublie jamais qui nous sommes et d’où nous venons ». Très tôt engagé, Dominique Bucchini adhère aux Jeunesses communistes en 1959 et diffuse le quotidien La Marseillaise dans sa ville. Après un baccalauréat philosophie en 1961, il entame des études à Aix‑en‑Provence avant de s’orienter vers l’École normale d’instituteurs. Les places en Corse étant réservées en priorité aux rapatriés d’Algérie, il est affecté en Vendée, où il devient instituteur en 1964. Il y enseigne trois ans, s’investit dans la défense de l’école laïque, organise des actions sociales et se distingue comme footballeur dans plusieurs clubs locaux.

    Engagement et fidélité aux valeurs communistes

    En 1967, il part effectuer son service militaire sous la forme d’une coopération au Sénégal, à Thiès, où il enseigne l’histoire‑géographie et le français. Il y entraîne également une équipe de football composée d’élèves, engagée en deuxième division sénégalaise. Une inspection favorable lui ouvre la perspective d’une promotion au grade de PEGC. Rentré en France, il reprend l’enseignement à Montreuil puis au lycée agricole de Sartène.

    Son engagement politique s’intensifie : il adhère au Parti communiste en 1972, et débute une carrière élective marquante. Bucchini devient maire de Sartène en 1977, charge qu’il occupera jusqu’en 2001. Il est également député européen de 1981 à 1984, conseiller général de 1988 à 2001, puis conseiller territorial de 1982 à 2017. Son influence culmine lorsqu’il préside l’Assemblée de Corse entre 2010 et 2015, consolidant son rôle central dans la vie politique insulaire.

    Militant opiniâtre, profondément attaché à la justice sociale et à la mémoire résistante, Dominique Bucchini demeure une figure emblématique du communisme corse, marqué par une fidélité constante à ses origines populaires et à l’idéal collectif transmis dès son enfance.

    Des hommages appuyés

    Les hommages se multiplient depuis l’annonce de sa disparition. Le porte-parole du Parti communiste français, Ian Brossat, déclare sur ses réseaux sociaux : « L’amour de la Corse, la révolte contre les injustices : deux fils rouges que Dominique Bucchini aura tissés tout au long de sa vie. Hommage à l’ancien maire et président de l’Assemblée de Corse, au grand communiste, à l’homme remarquable qu’il fut jusqu’au dernier souffle. »

    Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, confie : « Président de l’Assemblée de Corse, maire de Sartène, sa ville qu’il aimait tant, militant infatigable au service de ses convictions communistes, homme de dialogue et de paix imprégné de culture corse et universelle, Dominique Bucchini est, et restera une figure majeure de l’histoire contemporaine de l’île. Il est parti mais nous conservons de lui son sourire, son regard empreint de détermination et de bonté, et les conseils en forme de proverbe dont il savait illustrer ses discours et ses propos : “À chì pesa a petra, à chì trova l’anguilla…” ».

    Marie Antoinette Maupertuis, présidente de l’Assemblée de Corse, déclare : « Bienveillant à mon égard depuis mon élection, je retiens son engagement pionnier en matière de lutte contre la violence et sa prise de position en faveur de la co-officialité de la langue corse. Je salue avec respect l’homme au franc parler, l’inlassable militant, l’élu devenu une des figures politiques emblématiques de notre île. »

    L’association Kallisté salue la mémoire de Dominique Bucchini, « grande figure de la vie politique et démocratique corse, qui vient de nous quitter. »

  • Une allocution courte et sans relief pour Emmanuel Macron

    Une allocution courte et sans relief pour Emmanuel Macron

    A l’issue d’une année politique désastreuse dont il a été le chef d’orchestre, le président de la République a adressé pour la neuvième et avant-dernière fois ses traditionnels vœux à la nation, ce 31 décembre 2025.

    Emmanuel Macron a assuré qu’il irait jusqu’au bout de son mandat et resterait « jusqu’à la dernière seconde au travail », alors que des voix se sont élevées jusqu’au sein du camp présidentiel pour réclamer une présidentielle anticipée. « Je serai jusqu’à la dernière seconde au travail, tâchant chaque jour d’être à la hauteur du mandat que vous m’avez confié », a déclaré le président.

    L’année 2026 « peut être et sera une année utile », a ajouté le chef de l’Etat, qui a promis de « veiller tout particulièrement à ce que plusieurs grands chantiers puissent aboutir » avant la fin de son second quinquennat.

    Il a évoqué « les premiers pas du service national pour l’engagement (des) jeunes », sur la base du volontariat à partir de septembre. Il a aussi promis de « protéger (les) enfants et (les) adolescents des réseaux sociaux et des écrans », via un projet de loi pour interdire les téléphones portables au lycée et l’accès aux réseaux sociaux avant 15 ans. Enfin, Emmanuel Macron s’est engagé à aller « au bout du travail législatif sur la question de la fin de vie », promise lors de sa réélection à l’Elysée en 2022. Le texte, voté à l’Assemblée nationale, doit encore être examiné au Sénat à partir du 20 janvier.

    Emmanuel Macron a aussi indiqué, lors de ses voeux aux Français mercredi soir, qu’il fera tout pour que la présidentielle de 2027 se déroule « à l’abri de toute ingérence étrangère » : « Je ferai tout pour que l’élection présidentielle se déroule le plus sereinement possible, en particulier à l’abri de toute ingérence étrangère ».

    Par ailleurs, toujours au sujet de la situation internationale, où « nous assistons au retour des empires et à la remise en cause de l’ordre international », Emmanuel Macron a souligné la défense de « notre indépendance et de nos libertés », plaidant pour l’accélération de « l’Europe de la défense ».

  • Gilles Collomb, candidat dans les pas du maire sortant de Belcodène

    Gilles Collomb, candidat dans les pas du maire sortant de Belcodène

    « Je suis du terroir », revendique Gilles Collomb. Ce retraité de fraîche date -il a fait valoir ses droits à la retraite pour carrière longue cet été-, marié, trois enfants d’une famille recomposée, né en 1964, indique avoir « a grandi entre Gréasque et Belcodène ».

    Du côté de son père, les Collomb sont Belcodénois depuis le XVIIe siècle. Une grande partie des consuls de la commune sous l’Ancien Régime, puis des maires après la Révolution française, portaient d’ailleurs ce nom. Quant à son grand-père maternel, il était « communiste, Résistant et mineur », campe celui qui dit avoir « de l’empathie pour le social ». Gilles Collomb est toujours trésorier départemental du syndicat Unsa Bouches-du-Rhône et conseiller prud’homal depuis 2018.

    Maire de cette commune d’environ 2 000 habitants depuis 1995 et auparavant conseiller municipal depuis 1989, Patrick Pin a choisi de ne pas briguer un nouveau mandat. Il explique : « J’ai 69 ans. C’était le bon moment pour que je passe la main et pour qu’il y ait une suite logique à la politique menée jusqu’à présent à Belcodène. » Dans une lettre envoyée en août aux habitants du village, il écrit : « Mon ami et conseiller municipal Gilles Collomb, dont je loue l’intégrité et les compétences, conduira cette liste pour laquelle je vous demande une nouvelle fois votre confiance. »

    Sous le slogan « Poursuivons l’élan pour Belcodène », Gilles Collomb, dans une commune « qui attire beaucoup de jeunes cadres avec enfants », veut poursuivre une politique en faveur de la jeunesse, de l’école et des équipements sportifs. Il continuera notamment à préempter des maisons du village pour y créer des logements sociaux destinés aux jeunes couples ou personnes âgées souhaitant rester à Belcodène.

    Il sait déjà qu’il affrontera, pour ce scrutin, la cheffe de l’opposition, Claudia Cuordifede, qui avait obtenu 40% des voix aux municipales de 2020, contre 59% pour Patrick Pin.

  • [Entretien] Éric Remen : « On veut créer une régie municipale de la forêt »

    [Entretien] Éric Remen : « On veut créer une régie municipale de la forêt »

    Cet homme de gauche âgé de de 62 ans, installé à Cuges-les-Pins, près de 6 000 habitants, sera en lice notamment face au maire Bernard Destrost (DVD), qui brigue un 3e mandat.

    La Marseillaise : Pourquoi êtes-vous candidat ?

    Éric Remen : On a monté une liste qui regroupe essentiellement des gens qui s’investissent déjà dans le village. Nos deux priorités étaient d’avoir des gens qui faisaient un peu abstraction de la notion de parti politique et qui avaient vraiment envie de changer les choses. On a désigné la tête de liste de façon démocratique. Moi, je suis plutôt, on va dire, un humaniste internationaliste.

    Quel bilan dressez-vous de l’action du maire de Cuges ?

    E.R. : Je ne veux pas trop entrer dans ce débat-là.

    Quels sont les grands axes
    de votre campagne?

    E.R. : Notre grande priorité, ce sera de développer ce que la nature nous a offert. Cuges-les-Pins est en grande partie couverte par de la forêt et des terrains non constructibles, grâce d’ailleurs à la préfecture, puisqu’on a une zone agricole protégée à laquelle on ne peut pas toucher. On veut développer l’agriculture et la sylviculture. On va proposer aux agriculteurs et aux propriétaires de forêts et de bois un véritable partenariat. Et c’est pour ça que, dans notre document, on parle de régie municipale ou de coopérative municipale. Sur un autre sujet, on veut également avoir un centre-ville qui ressemble à un centre-ville.

    C’est-à-dire ?

    E.R. : Aujourd’hui, on n’a pas de réel centre-ville, ni de centre de vie d’ailleurs. Mais on a la chance d’avoir une ancienne école qui est plus ou moins désaffectée. Notre idée est d’y organiser le marché le samedi matin et d’en faire un moment festif. Il y aura un bar éphémère en collaboration avec les deux bars du village. On veut mettre à disposition un local pour les producteurs cugeois et que la mairie prenne en charge le loyer. L’idée serait aussi d’installer dans cette ex-école les associations. On voudrait créer un lieu pour les jeunes. Et un logement d’accueil temporaire pour les cas les plus compliqués. Aujourd’hui, il y a quand même des gens qui dorment dans leur voiture dans la plaine de Cuges. C’est inacceptable. Le logement est très cher dans le village. Et on a un manque réel de logement social.

    En construirez-vous ?

    E.R. : On n’a pas le choix, parce qu’aujourd’hui, la commune paye une amende de plus de 200 000 euros pour carence. Mais il faut commencer par les bases. La municipalité a créé du logement, pas seulement social, mais pas les infrastructures qui vont avec. Il y a aujourd’hui une carence en transports et en infrastructures sportives notamment.

  • Le centre-ville pour enjeu de la campagne des municipales à Martigues

    Le centre-ville pour enjeu de la campagne des municipales à Martigues

    Il y a comme a un air d’entre-deux-tours en ce dimanche d’entre-deux-fêtes. À la traditionnelle table du PCF sur le marché de Jonquières, La Marseillaise du week-end est disposée pour la vente solidaire habituelle. Les embrassades s’échangent tout comme les chocolats, offerts par une militante. Mais les retrouvailles fraternelles laissent rapidement place à la politique.

    Car les communistes de Martigues sont à pied d’œuvre pour défendre la politique de leur maire-candidat Gaby Charroux au regard du commerce et plus largement du centre-ville. Leur tract du jour fait état d’une « multi-crise » du commerce de proximité : « baisse du pouvoir d’achat des ménages, concurrence des zones commerciales, explosion du commerce en ligne ».

    Cette habitante du quartier de l’Île l’a remarqué. « Le centre-ville et l’Île sont très bien, mais le commerce périclite. Beaucoup ont tiré le rideau rue Lamartine, ça fait peur », estime Claude Brémond. Mais l’enseignante retraitée nuance car « il n’y a pas qu’à Martigues, à Noël on était à Castelnaudary c’était pareil ». Sur l’argumentaire de la majorité, la Martégale depuis 1989 lit entre autres que « la municipalité a acheté 12 locaux commerciaux en centre-ville pour installer des artisans d’art », dans des locaux rénovés car récupérés « souvent en état désastreux ».

    Une Ville « locomotive »

    du commerce

    Claude Brémond approuve la démarche, avec réserve : « Est-ce que les artisans arrivent à vivre ? » après action de la Ville. Questionnée, l’élue de l’Île Marceline Zéphir (PCF), présente, indique que « c’est une des raisons pour lesquelles nous avions à cœur de déplacer l’office de tourisme au centre », sur l’Île. Saoussen Boussahel (PS) abonde : « Office de tourisme… et des loisirs ! Ça ne sert pas que pour les touristes et de nombreuses activités gratuites sont organisées. »

    Pierre Delareux, arrivé de Marseille depuis trois semaines, parle de « bonnes idées ». Mais l’ingénieur prévient : « Attention à la gentrification et à la désertification », prenant le quartier du Panier en exemple, dans lequel « on se balade mais on ne vit pas ». « À l’Île, on a des restaurants et un marchand de glace. Il faut les garder », estime-t-il. Le néo martégal souligne pour ce faire « les nombreuses activités et fêtes qui rendent le centre-ville vivant ». Les jeux en bois et gonflables pour enfants disposés dans le centre ces jours-ci en sont un exemple. Pour Marceline Zéphir, la Ville doit d’être « la locomotive » des commerces, qui attirent des clients pour eux et pour les autres. Le tract qu’elle distribue indique 4 000 places de parking gratuites, que le nombre de locaux vacants est « stable » depuis 2015 pendant que « 150 commerces ont ouvert depuis le début du mandat ».

    La mise en place d’un guichet unique pour l’installation des commerçants est l’une des propositions de la majorité pour le prochain.

  • Le mouvement Marseille Populaire s’active

    Le mouvement Marseille Populaire s’active

    « Nous sommes là où le politique passe sans s’arrêter. » Devant plusieurs dizaines de personnes réunies à la salle Magallon dans le 15e arrondissement de Marseille, ce dimanche, Farid Soilihi, président de Marseille Populaire, vient délivrer un message à quelques mois des élections municipales : « Personne ne parlera pour nous ! ». Un tour de chauffe, alors que ce mouvement qui « s’est construit quartier par quartier » prépare un meeting le 11 janvier prochain au Parc Chanot. « Le Rassemblement national progresse, l’abstention est une norme. Si nous restons passifs, si les mêmes logiques perdurent, nous serons responsables de ce basculement », martèle l’ancien candidat aux législatives de 2012 et condamné pour fausses accusations à l’encontre de l’ex-député socialiste Patrick Mennucci.

    « Au-delà des partis »

    Sophia Bouchoucha, membre du mouvement, insiste sur l’aspect « au-delà des partis politiques » de Marseille Populaire, lesquels sont jugés « hermétiques ». Elle prend l’exemple de la France Insoumise : « Certains ont pu avoir l’impression que c’était le parti du peuple mais ceux qui sont avec Sébastien Delogu pour ces élections ne viennent quasiment tous que de LFI. » À l’inverse, son mouvement joue la carte « des citoyens lambda d’horizons différents qui s’unissent pour Marseille » sur fond de « défense des quartiers ». Les membres mettent d’ailleurs en avant les communautés dont ils sont issus (comoriennes, ivoiriennes, asiatiques etc.) afin qu’elles soient « mieux représentées ».

    Concrètement, le mouvement ne se positionne pas encore clairement sur sa présence via une liste aux élections municipales ou par secteur. Notons enfin la présence de Sami Benfers (GRS), actuel conseiller municipal délégué aux taxis à la mairie de Marseille.