Tag: Politique

  • [Entretien] Éric Berton : « C’est le rôle de l’université de redonner le goût du vote »

    [Entretien] Éric Berton : « C’est le rôle de l’université de redonner le goût du vote »

    « Droit au but mais aussi droit de vote. » « Dégun le fera à ta place. » « Pour savoir si t’es inscrit sur les listes, c’est tarpin simple. En vrai. » Lancée en novembre, la campagne d’AMU se veut percutante. Où elle endosse un rôle dont on peut se demander s’il relève d’une université. Explications.

    La Marseillaise : Pourquoi avoir lancé cette démarche qui est a priori une première en France ?

    Éric Berton : Aix-Marseille Université (AMU) considère que sa mission ne s’arrête pas aux portes des amphithéâtres. AMU est, et a toujours été, une université socialement engagée. Nous avons fait le choix de lancer une grande campagne de sensibilisation sur l’importance du vote tout en proposant des outils concrets pour accompagner les étudiants dans leurs démarches d’inscription sur les listes électorales.

    Nous estimons que c’est précisément le rôle de l’université de redonner le goût du vote à nos étudiants et de les replacer, ainsi que leurs problématiques, au sein du débat démocratique. L’université est un lieu de savoirs et d’émancipation, elle a également vocation à construire les citoyens de demain. En sensibilisant les étudiants aux fondamentaux de notre démocratie, elle est pleinement dans son rôle.

    La temporalité de cette campagne est très simple : l’échelon municipal est le plus concret, celui qui régit le quotidien. Il nous a semblé naturel de lancer cette campagne à l’aune de cette échéance électorale, parce que cette élection est déterminante pour la jeunesse et donc pour les étudiants d’Aix-Marseille Université. C’est une fierté pour notre université que de mener ce combat pour la démocratie.

    Comment s’articule la campagne ?

    E.B. : Elle a commencé à l’automne, à travers une grande campagne d’affichage, accompagnée d’un site internet explicatif des enjeux liés aux municipales et des démarches pour s’inscrire sur les listes. Nous avons par la suite lancé une grande enquête auprès des étudiants, conjointement avec la Fondation Jean Jaurès et l’Ifop, afin de mieux comprendre leurs engagements, leurs valeurs, et leurs attentes en matière de politiques publiques municipales. Les résultats de cette enquête seront rendus publics dans les prochains jours et feront l’objet d’un affichage sur nos campus et sur les abribus dans nos villes d’Aix et de Marseille.

    Sur la partie sondage Ifop/Fondation Jean Jaurès, ne craignez-vous pas d’être taxé de « parti pris » dans la mesure où cette fondation a été créée par un ancien Premier ministre socialiste ?

    E.B. : Pour garantir l’indépendance de l’enquête, nous avons confié sa réalisation à l’Ifop, institut de référence en études d’opinion, en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès, think tank reconnu pour son expertise sur les enjeux de jeunesse. Deux entités reconnues pour le sérieux de leur travail, la rigueur de leurs méthodes et la qualité de leurs enquêtes.

    Sur les débats organisés à partir du 11 février avec les candidats aux municipales, cela va-t-il se faire avec toutes les têtes de liste ? Y compris le RN ? Si oui pourquoi ?

    E.B. : Les invitations à l’attention des candidats ont été envoyées et nous attendons de connaître leur réponse pour communiquer sur le dispositif et le format définitif de ce temps d’échange.

    Avez-vous déjà tiré des enseignements de cette campagne ?

    E.B. : Cette campagne est extrêmement utile, à la fois pour informer les jeunes sur leurs droits et leurs devoirs civiques, évidemment, mais aussi pour mieux comprendre leurs attentes et leurs aspirations.

    Nous avons voulu cette enquête pour que les candidats ne puissent plus ignorer l’état réel de notre jeunesse et qu’ils puissent formuler des propositions en phase avec les besoins exprimés. Nous avions des intuitions sur l’engagement de notre jeunesse. Les premiers résultats dépassent certaines de nos attentes, d’autres risqueront de bousculer un peu certaines idées reçues et des représentations parfois caricaturales. Et c’est tant mieux ! Objectiver, chercher, oser, se dépasser, telle est ma vision de l’université, au service de nos jeunesses.

    Repères

    Des jeunes plus engagés au niveau associatif

    Environ 42% des étudiants d’AMU (Aix-Marseille universités) seraient engagés dans des associations universitaires. Un chiffre à mettre en regard des 72% d’abstention relevés chez les jeunes de 18 à 34 ans, lors des précédentes élections municipales en 2020 selon une estimation de l’institut de sondage Ipsos-Sopra Steria. Un chiffre à replacer aussi dans un contexte d’épidémie de Covid.

    Faire de la jeunesse une priorité au niveau local

    C’est ce que demande dans une longue note publiée en novembre, le conseil d’orientation des politiques de jeunesse, une commission administrative consultative placée auprès du Premier ministre. Parmi les propositions, améliorer le rapport avec la police, garantir l’accès à la culture ou aux sports…

    35%

    des 18-24 ans se disaient intéressés par les municipales en 2020 selon une étude de l’Observatoire du Comportement Électoral des Jeunes, menée par l’Anacej (association nationale citoyenneté enfance jeunesse).

    16

    ans et pouvoir voter… Un droit qui s’inscrit dans la Convention internationale des droits de l’enfant, pour participer à la vie démocratique de leur pays rappelle l’Unicef, pour qui « les jeunes ont une voix ! » Et d’exhorter les pouvoirs publics à abaisser l’âge du vote à 16 ans pour les municipales.

  • Inscription sur les listes électorales : à Marseille, des quartiers aux urnes, remobiliser

    Inscription sur les listes électorales : à Marseille, des quartiers aux urnes, remobiliser

    « Élections municipales 2026, ce qu’il faut savoir. » Cité Bourrely, Kader Benayed, représentant syndical à l’hôpital psychiatrique Edouard-Toulouse et porte-parole du collectif KGBS (Kalliste, Granière, Bourrely, Solidarité) jette un œil sceptique sur l’affiche scotchée sur la porte vitrée du centre social : « C’est bien, mais les gens ne les lisent pas. » La salariée de l’accueil défend : « Nous faisons de la sensibilisation auprès de tous nos adhérents, tout en reconnaissant : on manque de moyens pour aller vers. »

    Dans ces quartiers où 44% de la population vit sous le seuil de pauvreté, où les abstentions sont records chez les jeunes et où le RN fait de gros scores, le collectif veut remobiliser. « Je le vois avec mes élèves, ils sont totalement éloignés de la politique, témoigne Salim Siouani, enseignant en lycée, nous voulons toucher tous les publics. » KGBS s’est lancé dans cette campagne avec le même état d’esprit qui a présidé à la création du collectif, il y a près d’un an : « Redonner aux habitants de ces quartiers le pouvoir de décider de ce qui est bon pour eux, d’être un interlocuteur des politiques, et inversement, faire que les politiques agissent pour la population », explique Zamir Nahouza, professeur en lycée pro.

    « Votez Pierrette, Paulette ou Jacquette, mais votez ! » Lancé avec le sourire, leur slogan fait mouche au porte-à-porte. Leur force, c’est d’avoir grandi dans ces cités du 15e arrondissement, d’y avoir des amis et des proches. Et leur bras de fer avec la Métropole pour la remise en service des bus jusqu’à la Savine a conforté cette confiance. Ils placardent les affichettes dans les halls, grimpent les étages, frappent aux portes. Qui s’ouvrent souvent. « Pour les maires ? Oui je vais voter… mais je n’ai jamais été inscrite », avoue Cynthia, 35 ans, locataire « depuis toujours. Mais je voudrais partir, pour l’avenir de mon fils. Il y a beaucoup de choses à changer ici ». Kader lui tend un A4 pour les démarches d’inscription sur les listes. « Je vote quel nom ? Je ne connais pas les candidats », interroge-t-elle. Habitué, il hausse les épaules : « C’est à toi de choisir, il y a des programmes. »

    Le « qui fait quoi ? »

    Plus bas dans l’escalier, Houaria, femme de ménage et mère de quatre enfants, 42 ans, rentre du travail. « Avec mon mari nous votons toujours. Jamais RN, affirme-t-elle à Zamir, la priorité ça reste des solutions pour les jeunes qui traînent, l’emploi, la formation. » Si elle se dit « heureuse des travaux sur l’école, plus sécurisée », elle ne savait pas que cette compétence relève du maire. Le « Qui fait quoi ? » de KGBS servira de guide. Alors que les trois hommes se dirigent vers un autre immeuble, Cynthia leur crie sa victoire par la fenêtre : « Kader, je l’ai fait ! Je suis inscrite ! ». Un locataire qui aimerait voir sur un programme « bien vivre ensemble et dans la dignité », s’étonne de n’avoir trouvé dans sa boîte « que Delogu ». Kader relève : « Il y a des quartiers où les partis ont du mal à entrer. Nous avons appris qu’un membre de notre collectif est engagé personnellement avec LFI sur les 15-16. Nous serons attentifs à ce que ce ne soit pas au nom de KGBS. » Salim appuie : « C’est parce que nous ne sommes pas partisans que nous bénéficions de ce degré de confiance. »

    D’autres portes s’entrebâillent. Une mère isolée qui a emménagé il y a six mois, après un hébergement en foyer, essuie des larmes. « Très inquiète » pour un de ses fils, de 11 ans, qui « a changé de comportement ici ». Noyée dans des urgences familiales, elle accepte pourtant la fiche informative. « Je vote avec ça ? ». Kader lui décrit le processus.

    10 000 inscrits de plus

    Certaines portes restent fermées. Une retraitée, auxiliaire de puériculture en réanimation, qui a « rempilé parce qu’on ne peut pas vivre avec 800 euros », laisse échapper sa colère en poussant avec difficulté une chaise roulante : « Et ces travaux ! Ma mère n’accède plus à rien… Non, j’irai pas voter, ils sont tous nuls ! ». Le collectif écoute, entend, et explique. « Ne laissez personne choisir à votre place. Il ne suffit pas de contester, de dénoncer, il faut agir, s’organiser pour peser. Votez ! », ont-ils plaidé depuis deux mois auprès de « plus d’un millier de personnes », à la Solidarité, aux Aygalades, à la Granière, à Kalliste et aux Bourrely.

    Aller vers. C’est aussi ce qu’a entrepris la Ville depuis 2020 avec la mairie mobile. Un bus équipé d’un bureau municipal sillonne les quartiers pour pallier la perte de service public de proximité. Et son équipe carbure contre l’abstention. « nous sommes très sollicités depuis janvier, indique un agent. Informations, inscriptions, faciliter les démarches administratives, tout commence par là ». À bord vendredi 29 janvier, adjointe au maire en charge de l’état civil, Sophie Roques annonce « 10 000 inscrits de plus sur les listes. Avec 551 000 inscrits, il faudra 55 000 voix aux candidats pour se maintenir au second tour ».

  • À Cavaillon, « L’élan citoyen » mise sur la démocratie locale

    À Cavaillon, « L’élan citoyen » mise sur la démocratie locale

    Devant sympathisants et membres du collectif, la tête de liste a rappelé que cette équipe « rassemble des femmes et des hommes de bonne volonté, majoritairement issus de la société civile ». Patrick Blanès a souligné que la plupart des membres vivent leur première expérience électorale. Le programme, dévoilé le 12 février, mettra l’accent sur « l’humain, la santé, la transition écologique, l’éducation, l’emploi et l’attractivité du territoire ». Culture, sport et vie festive font aussi partie des priorités. Une charte des candidats accompagnera ce programme, avec l’engagement de renforcer la démocratie locale : « Une municipalité qui décide avec les citoyens, pas à leur place », a insisté Patrick Blanès.

  • Roger Martin, un grand homme de la littérature, s’en est allé

    Roger Martin, un grand homme de la littérature, s’en est allé

    Il était une figure locale du Parti communiste français et du monde littéraire. Roger Martin, homme passionné et engagé, est décédé jeudi 29 janvier à l’âge de 75 ans, après avoir été percuté par une voiture dans la ville où il vivait.

    Né d’un père professeur et d’une mère institutrice, Roger Martin avait quatre frères et sœurs. Très tôt, à l’adolescence, il adhère aux Jeunesses communistes d’Aix-en-Provence. Une ferveur qui ne le quittera jamais puisque dès 1977, il devient adjoint au maire communiste de Mont-Saint-Martin et le restera jusqu’en 1992.

    Militantisme et antifascisme chevillés au corps

    Antifasciste de la première heure, Roger Martin s’est employé, durant des années, à contrer la montée du Front national (puis du Rassemblement national) lors des différentes campagnes électorales, qu’elles soient nationales ou locales. à Pernes-les-Fontaines, mais aussi à Carpentras en 2014, où il s’était engagé pour faire barrage à la Ligue du Sud et au FN. Il fait également partie des fondateurs du réseau Ras’l’front et publia le roman Main basse sur Orange, Une ville à l’heure Lepéniste.

    Mais, au-delà de son militantisme chevillé au corps, Roger Martin était un professeur de Français et écrivain passionné. Reçu au Capes de lettres modernes en 1973, titulaire d’une licence d’anglais, il devient professeur de lettres en 1974, en Lorraine, puis il exerce, à partir de 1992, à Pernes-les-Fontaines dans le Vaucluse, au collège Charles-Doche, où une plaque à son nom a été installée de son vivant. Tout au long de sa carrière, et jusqu’à sa retraite, il exerça également des responsabilités syndicales au Snes, auquel il resta syndiqué.

    Il publia de nombreux ouvrages à la portée nationale et internationale, sur des sujets historiques tirés de faits réels et tous poignants comme les camps de concentration, l’Amérique fasciste ou le Ku Klux Klan, entre autres.

    Une chronique sur les romans noirs

    Il a également créé une série BD, AmeriKKKa, dont il a été le scénariste aux côtés du dessinateur Nicolas Otéro. Celle-ci présente des faits authentiques et actuels mettant en scène Ku Klux Klan et néonazis. Neuf volumes ont paru, dont le dernier, Cauchemar californien, explore l’univers violent de bandes de motards néonazis impliqués dans le trafic de drogue, la traite d’enfants et la pornographie, thèmes qui, tout au long de sa vie, l’ont profondément interpellé.

    En 2008, il publie un roman noir ambitieux, Jusqu’à ce que mort s’ensuive, dans lequel il révèle des faits totalement inconnus de la Seconde Guerre mondiale et l’existence d’un cimetière clandestin américain, en Picardie, qu’il appelle le « Cimetière des hommes perdus ».

    Plus récemment, et depuis plusieurs années, cet auteur prolifique, aussi passionné que passionnant, contribuait très régulièrement à notre supplément magazine week-end avec sa chronique « Le coin du polar », dans laquelle il donnait à lire et à voir des thrillers qui avaient retenu son attention.

    L’ensemble des équipes de La Marseillaise présente ses condoléances à sa famille.

    Réactions

    Fédération PCF de Vaucluse

    « Roger était un homme debout, aux convictions affirmées, membre de notre direction départementale. Il était un militant communiste engagé, un ancien professeur de lettres et un écrivain de roman noir. Antifasciste de la première heure, il était un des signataires de “l’Appel des 250”, qui a vu la fondation du réseau Ras l’front. »

    Pierre Dharréville, ancien député PCF

    « Immense tristesse en apprenant la disparition brutale de Roger Martin. Roger était un militant courageux et tenace. Dans ses textes, il déployait une langue vivante et tranchante. Il sut aussi marier ses mots à l’image, à travers la bande dessinée. Il a mis des mots sur les plaies du monde et de l’humanité. Il nous a aidés à vivre et à lutter et l’écho de son œuvre continuera de résonner. Roger va terriblement nous manquer. »

    Serge de Carli, maire de Mont-Saint-Martin

    « Roger Martin, un ami, un camarade, un professeur de français au collège Anatole-France, un élu, adjoint au maire à la culture, initiateur de la fête de la vieille Église, un écrivain, romancier, un combattant infatigable contre les forces du fascisme… »

  • Le maire de Berre-l’Étang Mario Martinet célèbre « les talents » de toute une ville

    Le maire de Berre-l’Étang Mario Martinet célèbre « les talents » de toute une ville

    Entouré de nombreuses personnalités locales et accompagné par les artistes du Forum culturel, « fil rouge » de la cérémonie, l’édile (DVG) a placé son discours sous le signe de la solidarité, de la mémoire et de l’engagement citoyen.

    Après avoir salué l’implication « de l’équipe qui l’entoure », le maire a souligné : « Une ville va bien, une ville avance, quand chacun de ses habitants se sent utile, respecté et reconnu. » L’élu a salué tour à tour les nouveau-nés (124 en 2025), les familles endeuillées, les nouveaux habitants et surtout les aînés, « passeurs de mémoire », mis en lumière dans un clip projeté pour l’occasion. Deux figures locales, Luc Soubrié et Aldo Petrica, ont été élevées au rang de citoyens d’honneur pour leur rôle dans la préservation des traditions provençales et nautiques.

    La cérémonie a largement rendu hommage aux forces vives de la commune : éducateurs, enseignants, animateurs, soignants, entrepreneurs, commerçants, agriculteurs, forces de sécurité et bénévoles. Les organisateurs du Téléthon ont été récompensés pour une mobilisation exemplaire ayant permis de collecter 27 000 euros.

    La jeunesse berroise a également été applaudie à travers un clip dédié et plusieurs prestations artistiques, soulignant « une belle promesse pour l’avenir ». Concluant sur un appel renouvelé à la fraternité, Mario Martinet, candidat à succession, a rappelé que « chaque habitant est un talent » et a invité la population à construire ensemble une année 2026 placée sous le signe du partage avec « confiance, solidarité et humanité ».

  • Les policiers manifestent à Marseille pour réclamer des moyens et « du respect »

    Les policiers manifestent à Marseille pour réclamer des moyens et « du respect »

    « C’est inédit, c’est une marche citoyenne », assure Sébastien Greneron, secrétaire départemental Alliance 13, qui dénonce une police « à bout de souffle ». Sous l’Ombrière, les agents ont commencé à se rassembler, ce samedi 31 janvier, à l’appel du syndicat, dans le cadre d’un mouvement national. Manque de moyens humains, de respect, commissariats insalubres « avec des cafards et dont les plafonds s’écroulent », véhicules qui ont plus de 200 000 kilomètres au compteur… « On en a marre », s’indigne le responsable syndical.

    À Marseille, « on fait la une des journaux tous les jours avec le narcotrafic et le développement de la violence », recontextualise-t-il. Et d’évoquer le manque d’effectifs dans la filière judiciaire, « 20 millions de plaintes en souffrance ». Il appelle aussi à un « choc d’autorité » tout en affirmant que « chez Alliance, on ne fait pas de politique politicienne ».

    En attendant, élus et candidats aux municipales de droite et d’extrême droite n’ont pas manqué de tenir la banderole. Du conseiller régional et candidat Franck Allisio aux députés José Gonzales et Monique Grisetti pour le RN, à Martine Vassal (DVD) présidente de la Métropole, du Département et candidate à la Ville de Marseille, sa directrice de campagne, Laure-Agnès Caradec (LR), les maires LR des 11-12 et 13-14, Sylvain Souvestre, Marion Bareille ou encore Catherine Pila, référente de sa campagne pour les 6-8. Même si cette dernière assure que sa présence n’est pas un soutien de « circonstance ». Munie d’un drapeau, on retrouve aussi Nora Preziosi, ancienne alliée de Martine Vassal, de la liste « citoyenne » d’Erwan Davoux…

  • Le Dr Salem veut ranimer Aubagne avec deux plans clés

    Le Dr Salem veut ranimer Aubagne avec deux plans clés

    « Pour moi, la politique n’est pas un besoin, c’est un choix », a assuré le Dr Mohammed Salem, 67 ans. « Aubagnais de cœur depuis trente-cinq ans », le chirurgien, chef de service de la chirurgie à l’hôpital d’Aubagne, adjoint au maire (LR) Gérard Gazay de 2014 à 2016, a esquissé l’élu qu’il souhaite devenir : « Un maire humain, à l’écoute, un maire de terrain, sans langue de bois ». Alors qu’il voit « dépérir » le centre-ville depuis une dizaine d’années, il veut « redynamiser Aubagne ». Le candidat a annoncé : « Notre priorité sera le centre-ville.

    « Chaque projet sera chiffré »

    Peu avant, il a souligné : « Rappelons une vérité que certains préfèrent oublier : la dette d’Aubagne est une dette d’avant 2014 ». C’est-à-dire lorsque la municipalité était à gauche. Il a lancé : « Nous refusons le populisme. Chaque projet que nous porterons sera chiffré, financé, assumé ».

    Pour ranimer le centre-ville d’Aubagne, le Dr Salem veut construire, sur l’Esplanade de Gaulle, « le village des Halles ». Un projet « qui est le fruit de plusieurs mois de travail, d’échanges, de visites de terrain ». à l’intérieur, « nous avons construit une offre équilibrée, pensée pour compléter l’existant, pas pour le concurrencer ». Le coût : 1,8 million d’euros. Ces Halles seront « un moteur. C’est un effet domino positif pour l’ensemble du centre-ville », a-t-il plaidé. Conçu « comme un lieu qui rassemble toutes les générations », le Site du Bras d’Or sera réhabilité, pour un coût de 10 millions d’euros (60% de subventions, 30% de partenaires privés, 10% d’autofinancement). « Le Bras d’or de demain sera un lieu multimodal : on y trouvera du sport, de la culture, du numérique, de l’emploi et du lien intergénérationnel », a tracé le chirurgien. Ces projets seront explicités lors de son meeting du 3 mars prochain, a-t-il annoncé.

  • À Roquevaire, le candidat Eric Bouillé veut maîtriser l’urbanisme

    À Roquevaire, le candidat Eric Bouillé veut maîtriser l’urbanisme

    « Notre ADN est la concertation forte avec les habitants », campe Eric Bouillé, 62 ans. Roquevairois depuis quarante-quatre ans, il est conseiller municipal d’opposition depuis 2020 (il a également été élu de 1995 à 2008). « Auto-entrepreneur dans les métiers de la piscine », il estime avoir, avec Lyne Fricker, Claire Navarro et Zahra Bouchaala, « tenu la dragée haute à la majorité municipale ». C’est-à-dire au maire sortant (DVG) Yves Mesnard. Ce dernier, élu depuis 2008, a choisi de passer le flambeau à Hélène Spinelli, sa première adjointe, candidate aux municipales.

    28 000 véhicules par jour

    Lancé dans la campagne dès avril 2025, Eric Bouillé, classé au centre en 2020, a diffusé des questionnaires et animé des réunions de quartier « pour élaborer un programme qui corresponde vraiment aux besoins de la commune ».

    En tête des préoccupations exprimées par les habitants, l’urbanisme. « La commune a été largement modifiée, avec une construction d’immeubles très dense, sans aucun schéma d’aménagement, ni consultation de la population ». Surtout depuis 2020, souligne-t-il. Dans ces logements bâtis le long de l’avenue principale, les habitants doivent composer avec les 28 000 véhicules qui traversent chaque jour la ville. Ils subissent un trafic intense et une pollution importante. Résultat, « dès que les gens peuvent partir, ils s’en vont », lance Eric Bouillé. Aussi, élu maire, il veut « stopper les projets immobiliers non concertés ».

    Dans un entretien récent à La Marseillaise (notre édition du 28/01), Yves Mesnard rappelait toutefois être tenu par la loi Solidarité renouvellement urbain (SRU), qui impose la construction de logements, notamment sociaux. « Les Roquevairois en ont bénéficié », insistait-il.

    En matière de qualité de vie, la liste souhaite par ailleurs créer des places de parking, pour notamment défendre le commerce du centre-ville « en perte de vitesse par défaut de stationnement ». « Mieux vivre à Roquevaire » prévoit d’instaurer « des cheminements sécurisés entre les hameaux et le centre de Roquevaire ».

    En matière de sécurité, Eric Bouillé entend faire passer la police municipale de deux à quatre policiers, mettre en place « une brigade dédiée aux incivilités et aux déchets » et enfin « le redéploiement réel de la vidéoprotection ». « Une grande partie des caméras installées ne fonctionnent pas », estime-t-il. Une réunion publique de la liste est prévue le 4 mars à 18h30 salle Raymond -Reynaud, avenue Clemenceau.

  • À Aix-en-Provence, Philippe Klein inaugure son local de campagne

    À Aix-en-Provence, Philippe Klein inaugure son local de campagne

    L’ancien bâtonnier et conseiller municipal d’opposition. Ce rendez-vous s’est tenu devant « plus de 150 personnes », indique l’ancien bâtonnier et conseiller municipal d’opposition. « La porte reste grande ouverte : n’hésitez pas à passer nous voir pour échanger, débattre et partager vos idées autour d’Aix-en-Provence », précise le candidat.

    Philippe Klein, dans sa communication de campagne, rappelle sa volonté de « rassembler largement au-delà des appartenances partisanes (…) autour d’un projet municipal fondé sur la responsabilité, le respect et l’intérêt général pour rendre à Aix-en-Provence son élégance ».

  • Les jeunes communistes marseillais à bloc contre le RN

    Les jeunes communistes marseillais à bloc contre le RN

    « La jeunesse communiste est prête à organiser la riposte contre la droite et le fascisme représenté par Franck Alisio et sa liste du RN », affirme Romane Massip lors des vœux des jeunesses communistes (JC), samedi soir, à Marseille.

    Devant les jeunes militants réunis dans le local du PCF du 3e arrondissement, la secrétaire départementale du Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF 13), candidate du Printemps marseillais aux élections municipales dans les 1er et 7e arrondissements, inscrit l’organisation dans « le soutien à la liste d’union des forces de gauche qu’est le Printemps marseillais, aux côtés du Parti communiste ». Une liste conduite par le maire sortant Benoît Payan (DVG).

    Romane Massip cite, parmi les actions de la majorité sortante en faveur de la jeunesse, le « soutien aux associations de solidarité, des repas offerts au Crous, l’accès aux soins ainsi que l’accès gratuit à la culture et au sport ». Elle considère que c’est « dans cette alliance que se tiennent les espoirs des jeunesses », aux côtés des jeunes socialistes, écologistes, de Place Publique et de Génération.s.

    « Une vision de classe »

    La jeune dirigeante n’est pas la seule candidate issue du mouvement de jeunesse. Chloé Aurin, doctorante marseillaise en astronomie, est également candidate dans le 11e pour la même liste. « C’est un acte militant, mais je ne serai probablement pas élue, confie-t-elle. Les élections font partie du travail politique, mais le militantisme n’existe pas uniquement pendant les élections ». La militante précise toutefois : « Je me bats pour une politique de gauche, les questions de jeunesse sont à traiter, mais non prioritaires sur l’ensemble de la population. »

    Les sujets sont nombreux. Pour Arthur Patou, militant JC et PCF à Aix, « il y a besoin de logements adaptés pour les jeunes, étudiants, diplômés comme travailleurs ». Il cite en exemple « la préemption des logements du centre-ville à Jouques, , destinée à les rénover et à les proposer à loyer modéré aux jeunes », dans un contexte de « turnover majeur prétexte à la mauvaise qualité » du secteur. Comme sa camarade doctorante, Arthur Pacou « porte une vision de classe pour la jeunesse » qu’il estime exclusive à son mouvement.

    Comme mesure phare, Romane Massip défend aussi « une mutuelle municipale orientée vers la jeunesse et les étudiants, l’offre privée étant inaccessible, car trop chère ». Elle conclut : « Le Printemps marseillais est une solution d’avenir. »