Tag: Politique

  • [Entretien] Renaud Muselier : « Il n’y aura pas de vague brune dans notre région »

    [Entretien] Renaud Muselier : « Il n’y aura pas de vague brune dans notre région »

    La Marseillaise : Les trois principales villes de la région peuvent basculer au RN selon les derniers sondages, qu’est-ce que cela dit de la situation politique ?

    Renaud Muselier : Je ne crois pas qu’il y aura de vague brune dans la région. Partout où les candidats du bloc central sont unis, ils sont en bonne position pour gagner. Il y a eu un raz-de-marée RN aux législatives, il n’y en aura pas aux municipales. Par contre, il y a des symboles. Commençons par Nice : la situation est bien particulière. Celui qui a trahi tout le monde se débrouille pour fédérer et celui qui a plutôt un très bon bilan se retrouve touché par une forme de dégagisme alors que l’autre est là avec lui depuis le début. C’est intéressant à analyser. Nice est propre, bien organisée, il y a des caméras partout. Pour un candidat de droite on peut difficilement faire mieux. Le match n’est pas fini. En revanche, il y a une ville qu’on va vraisemblablement perdre, c’est Menton. Parce que notre camp est divisé.

    Avec un symbole : il y a un Sarkozy dans la course.

    R.M. : La ville était perdue. Le maire ne peut plus se représenter, son premier adjoint, ils sont tous empêtrés dans des histoires là bas… Il y a trois candidats de droite. La greffe ne prend pas avec le fils Sarkozy. On a tenté mais je ne vois pas comment on peut récupérer cette ville.

    À Toulon votre camp est coupé en deux. N’allez-vous pas offrir la ville au RN du fait de votre division ?

    R.M. : Je ne crois pas beaucoup aux sondages, pour autant la preuve est faite que Mme Massi, si tout le monde est avec elle, dans l’unité, au second tour, elle gagne.

    Les blessures ne sont-elles pas trop profondes pour y parvenir ?

    R.M. : On en revient à ma thèse : quand on additionne et qu’on le fait le plus longtemps possible en amont, c’est plus facile pour gagner. La seule qui est capable de gagner, je le constate dans les sondages, c’est Mme Massi. Elle met 10 points d’avance à son partenaire de jeu, M. Bonnus. Ils ont été élus ensemble toute leur vie quand même…

    Vous en avez parlé avec Michel Bonnus ? Avec Hubert Falco ?

    R.M. : Oui, j’en ai parlé à M. Falco, à M. Masson. J’en ai parlé aussi dans nos instances nationales au niveau de notre famille politique en espérant que ça ne dérape pas trop entre candidats pour faciliter l’union au second tour. Je pense que si on y arrive, on peut gagner.

    À Marseille, l’union de la droite et du centre a été faite mais la dynamique ne semble pas être du côté de la liste de Martine Vassal.

    R.M. : Le match n’est pas fini non plus. Je suis intimement convaincu que si nous ne gagnons pas, le RN ne gagnera pas non plus. Après tout, si on ne gagne pas, on n’aura pas gagné quelque chose que l’on avait pas. Ce n’est pas dramatique par rapport aux extrêmes.

    Vous dites qu’à Marseille « le match n’est pas plié ». Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

    R.M. : On voit à quelle vitesse les choses changent. J’ai suivi tous les débats, honnêtement, la meilleure c’est Martine…

    … Vous savez bien que ce n’est pas l’avis général s’agissant de celui de BFM TV avec cette polémique sur la devise de Vichy.

    R.M. : Il y a 40 secondes qui ne sont pas bonnes mais sur le reste, la meilleure c’est Martine. Et quand je vois le débat sur l’économie, la meilleure c’est Martine, sur l’immobilier, les transports, la meilleure c’est Martine. Et pourtant elle n’est pas la mieux placée dans les sondages, tant s’en faut. Et pourtant je suis très inquiet sur la Culture : l’adjoint sortant est en 37e position ! Je mets de côté M. Delogu, mais sinon celui qui est le plus mauvais en tout, c’est M. Allisio. Je parle du programme, de la compétence, je ne parle même pas de son étiquette.

    Alors comment expliquez-vous l’état du rapport des forces ? Il n’y a que des facteurs nationaux ? Pas d’autocritique ?

    R.M. : Avant de faire des analyses, on va voir les résultats. Pour Mme Vassal, ça a été une campagne difficile. Il y a des 2e et 3e couteaux qui n’existait même pas chez Gaudin et qui ont été présenté comme des champions du monde parce qu’ils sont partis chez Allisio. Il y a la réforme PLM qui pèse, j’étais contre. Et chez Renaissance, il y en a qui ont arrêté la vie politique mais qui ne font que la commenter.

    Lionel Royer-Perreaut faisait des voix.

    R.M. : Mais il a été battu. Il a arrêté. Il commente. Des amis comme ça, ça n’aide pas. Et puis vous avez aussi des courants qui pèse. Aujourd’hui il y a un courant pro-RN quelque soit les candidats. Je me permets quand même quelques rappels : M. Allisio était conseiller municipal, il a abandonné Marseille pour rester à la Région, puis il s’est fait élire député à Marignane et il a dissout le groupe RN au conseil municipal parce qu’il ne pouvait plus s’y exprimer. Il se représente ici et dans son programme, il dit des choses que nous avons fait à la Région et pour lesquelles il a voté contre. Je reste bouche bée devant autant d’incohérence, d’inconstance et d’inconsistance.

    La question de la présence de votre liste au second tour ne se pose pas pour vous ?

    R.M. : Je regarde ce qu’il se passe. Je suis avec Martine sans être directement dans le match et je constate que pour le moment la gauche n’a pas demandé notre départ mais que part l’intermédiaire du JDD de Bolloré, l’extrême droite nous dit ne nous retirer pour faire gagner Allisio. Quand les mecs d’extrême droite me disent de me retirer pour les faire gagner, je me dis qu’il faut faire attention quand même. Moi je ne veux pas d’extrêmes pour ma ville.

    Il y a une ancienne RN qui tient des propos très choquants sur la liste des 11-12 et le porte-parole de votre parti qui est accusé d’agression sexuelle. Ce n’est pas un problème pour vous ?

    R.M. : Il y a des gens condamnés sur les listes Payan et RN, quant à LFI, c’est la tête de liste qui l’est. Ce n’est pas le cas chez nous. Sur ce qui vient d’arriver à un membre de Renaissance je suis très surpris. Est-ce un fait politique ou un fait divers ? Est-ce que dans un ville gangrenée par le narcotrafic comme Marseille, un problème entre deux personnes dans une boite de nuit sans bagarre, débouche souvent sur une garde à vue trois jours après ? Cerise sur le gâteau : on découvre que celui qui a porté plainte est sur la liste de l’extrême droite… Ça sent le traquenard à plein nez.

    Il y a un scrutin dans le scrutin avec les Métropoles ? Certains s’activent déjà en coulisse y compris Nicolas Isnard élu de votre majorité. Faut-il s’attendre à un coup de Trafalgar comme vous en avez vous-même fait les frais ?

    R.M. : J’avais gagné ! J’avais permis à Gaudin de gagner et ils se sont débrouillés pour donner le pouvoir à ceux que les électeurs avaient battu. Ce n’était pas moi le sujet, c’était un déni démocratique !

    Donc si on vous suit, si Martine Vassal perd elle ne peut plus présider la Métropole ?

    R.M. : Je n’ai pas dit ça. J’invite chacun à beaucoup de calme et de modestie. Qu’est-ce qu’il va se passer à Aubagne, à Gardanne, à Martigues, à Fos ? Oh les gars un peu de prudence ! Dans tous les cas, Martine gardera le Département et on connaît la puissance technique et financière de cette institution.

    À Avignon, il y a un homme de droite, Olivier Galzi, qui s’avance sans les partis. Qu’en dites-vous ?

    R.M. : J’ai un œil bienveillant sur lui mais je trouve qu’il a fait des erreurs importantes quand même. Il n’a pas voulu parler à LR, il n’a pas voulu parler à Renaissance… L’addition ce n’est pas de repousser les autres.

    Est-ce que selon vous ça risque de lui coûter la victoire au second tour ?

    R.M. : Moi je suis issu de la droite, j’ai gagné en additionnant et en me faisant respecter de la gauche. Après, je plais ou je ne plais pas mais c’est ça ma mécanique. Si quelqu’un arrive et dit aux anciens candidats LR « je ne vous veux pas », il dit au responsable de Renaissance « toi tu es macroniste je ne te veux pas », il y a 10-15 points qui manque dès le départ. Ce n’est pas terrible pour gagner. Il a besoin de ces voix-là, il est sur les mêmes parts de marché. Les gens qui doivent voter pour vous, il ne faut pas leurs cracher dessus. Quand on fait de la politique, il faut connaître les mécanos politiques. On verra si ça marche mais je ne crois pas que ça facilite la tâche.

    Le gouvernement français s’apprête à boycotter la cérémonie des Jeux paralympiques de Milan-Cortina. Quelle est votre position ?

    R.M. : J’organise les Jeux olympiques et paralympiques avec le gouvernement français en 2030 et je serai à Cortina pour la passation de pouvoir. C’est le CIO qui décide. Je ne vois pas ce que veut dire ce boycott. Pourquoi ils n’empêchent pas nos athlètes d’y aller ? On respecte le droit international et les instances internationales. La France ne boycotte pas l’ONU parce que les Russes y sont. Ça n’empêche pas que je suis pour l’Ukraine et que je pense que la Russie est un danger majeur pour l’Europe. J’invite à la désescalade et à la mesure.

  • LFI promet 1 000 logements d’ici l’hiver à Marseille

    LFI promet 1 000 logements d’ici l’hiver à Marseille

    Aux côtés des habitants de Jean-Jaurès (14e) ou de Consolat (15e), l’ex-chef du service de sécurité des immeubles à la Ville de Marseille, Dominique Dias (Vaï !), l’assure : « La jungle dans le logement, c’est fini, pour de vrai ! » Avec ses colistiers de la liste insoumise pour les municipales à Marseille, l’ingénieur d’État présentait à la presse, ce jeudi matin, le programme de Sébastien Delogu face à une crise du logement qui s’est aggravée.

    « La première chose, c’est stop démolitions, on ne signera plus de permis de démolir », lance-t-il. Quitte à perdre les 650 millions d’euros de l’état fléchés sur la rénovation urbaine à Marseille ? « Nous dénonçons de fausses concertations auprès des habitants qui n’ont pas choisi les démolitions, il restera à convaincre l’Anru [Agence nationale pour la rénovation urbaine, Ndlr] qu’il y a un vice de forme », répond Sébastien Delogu, qui promet un rapport de force avec l’état.

    Les Insoumis promettent aussi de construire au moins 6 000 logements par an, dont la moitié en logement social, plus que les 4 500 visés par le programme local de l’habitat. Et de commencer par un « plan d’urgence » : « Mille logements d’ici l’hiver prochain. » La moitié doivent être réquisitionnés, pour d’autres, la Ville se substituerait aux propriétaires de logements en péril pour accélérer les travaux, et la lutte contre les Airbnb sera renforcée avec leur interdiction en résidence secondaire. La brigade du logement mise en place par le Printemps marseillais doit être doublée et un comité populaire du logement mis en place, avec les collectifs d’habitants, pour « évaluer les politiques publiques du logement ». Et les militants insoumis de pointer l’ensemble des bailleurs sociaux, des collectivités. Sans distinction. « à partir du moment où ils rentrent dans l’institution, ils prennent l’habit de l’institution », assume le directeur de campagne, Hedi Bounouar.

  • Les déserts médicaux : un sujet majeur pour les candidats dans les Alpes-de-Haute-Provence

    Les déserts médicaux : un sujet majeur pour les candidats dans les Alpes-de-Haute-Provence

    À Manosque, les collectivités et les maires se mobilisent pour financer l’extension de l’hôpital, avec de nouveaux lits en soins palliatifs et un institut de formation. 24 communes de l’agglomération participent et ont voté la somme allouée à l’hôpital en conseil municipal. « Il y a des débats et de l’opposition car c’est à l’État et pas à nous de payer pour la santé, mais j’explique que l’extension sera bénéfique pour soigner les habitants de notre commune », avance Laurence Depieds, maire candidate à sa réélection du petit village de Saint-Martin-de-Brômes, commune pour laquelle cet investissement représente une somme importante.

    Dans cette même ville de Manosque, le centre de santé Oxance, menacé de fermeture, est au cœur des débats pour les municipales. Le Regain Manosquin, liste d’union de la gauche menée par Patrick Rousset, veut soutenir et accompagner le centre de santé Oxance « dans son développement », recruter des médecins salariés et créer un service de garde « en lien avec l’hôpital public ». Le maire sortant, candidat à sa réélection, considère lui que « contrairement à l’hôpital, la collectivité n’a pas vocation à financer directement un centre de santé privé ».

    Des urgences souvent fermées

    La fermeture régulière des urgences agite également les candidats. Le maire de Manosque avait démissionné du conseil de surveillance de l’hôpital en juillet 2024. « Je ne peux que regretter l’inaction face à mes alertes répétées pendant plus de trois ans. Les premières fermetures des urgences de Manosque ont démarré en janvier 2022 et personne ne s’en est ému, ni révolté, aucun représentant de l’État, ni aucun élu, mis à part mon équipe municipale et moi-même », avait-il déploré. Le Regain Manosquin veut de son côté « maintenir les fonctions du maire au conseil de surveillance afin d’être force de propositions et d’impulsion de décisions visant au développement des activités du centre hospitalier ».

    À Sisteron, face à ces fermetures, la liste d’union de la gauche s’engage à « faire pression » pour rouvrir les urgences et veut recruter des médecins salariés, affirmant être déjà en contact avec des praticiens intéressés. L’équipe de Demain Sisteron ! prévoit de leur fournir des locaux et un service de secrétariat qui leur permettrait de se concentrer sur l’aspect médical.

    « J’ai voulu prendre un arrêté humoristique pour interdire les AVC, car les urgences de Sisteron sont souvent fermées, même la journée, alors il faut aller jusqu’à Digne ou Manosque, c’est compliqué », explique le maire de Bayons, petit village situé à plus d’une heure de ces deux villes. Lui-même fait partie des plus de 20 000 habitants du département sans médecin traitant. À Oraison, la candidate Isabel Gamba propose de créer une bourse pour inciter les jeunes médecins à venir y exercer…

  • [Entretien] « Les femmes ne représentent que 20% des maires de France »

    [Entretien] « Les femmes ne représentent que 20% des maires de France »

    La Marseillaise : Pour la première fois lors des élections municipales de mars 2026, la parité obligatoire sur les listes électorales s’applique même aux communes de moins de 1 000 habitants. Qu’est-ce que cela va changer ?

    Geneviève Tapié : Depuis la première loi sur la parité, le nombre de conseillères municipales a bondi. Entre 2001 et 2020, on est ainsi passé de 31,7% de femmes dans les conseils municipaux à 42,4%. Ce chiffre incluait les communes de moins de 1 000 habitants, qui sont désormais soumises à la parité également. Donc à la fin du mois de mars 2026, la part de femmes dans les conseils municipaux devrait atteindre les 48%, bien qu’avec une petite déperdition possible, parce qu’il y a eu quelques autorisations de proposer des listes incomplètes. Cependant, il faut bien comprendre que la part des femmes à la tête des exécutifs, c’est-à-dire le nombre de femmes maires, progresse de son côté bien moins rapidement. Aujourd’hui, elles ne représentent qu’environ 20% des maires de France.

    Quelle est la situation en Occitanie ?

    G. T. : L’examen des 6 317 listes candidates au premier tour des prochaines élections municipales dans les 4 446 communes d’Occitanie révèle que les femmes ne représentent toujours que 20,11% des têtes de liste pour 2026. Par ailleurs, l’Hérault est un peu au-dessus de cette moyenne, avec 23,44% de femmes en tête de liste, et le Gard n’en compte que 18,40%. Pourtant, l’Occitanie est une région avec de nombreuses femmes à des postes de commandement, puisque la présidente de Région est Carole Delga et que quatre départements sont présidés par des femmes (l’Ariège, l’Aude, le Gard et les Pyrénées-Orientales).

    Qu’est-ce qui explique que les femmes soient sous-représentées dans les mandats de maires ?

    G.T. : D’abord, c’est tout simplement parce qu’il n’y a pas assez de contraintes légales pour ces élections. Pourtant, on l’a fait pour les élections départementales, donc c’est possible de changer la loi pour instaurer la parité des maires. La deuxième raison, c’est que plus on monte dans les communes importantes et qui ont des moyens, moins il y a de femmes candidates. Ainsi, nous nous sommes rendu compte que les hommes laissent leur place principalement dans des communes dotées de peu de moyens. Sur le mandat sortant, il y avait 19% de femmes maires et 72% d’entre elles l’étaient dans des communes de moins de 1 000 habitants. Et ce manque de contraintes légales a aussi des conséquences dans les intercommunalités, parce que l’usage veut que ce soient les maires des communes qui y siègent et que ce n’est pas un scrutin au suffrage universel. C’est la raison pour laquelle le pourcentage de femmes dans les intercommunalités est honteux : il est inférieur à 30% ; le nombre de vice-présidentes est inférieur à 15% ; et le nombre de femmes présidentes est à peine au-dessus de 5%. Si elles sont rarement à la présidence des intercommunalités, c’est parce que les communes plus importantes y ont davantage de représentativité, et les femmes sont plus souvent à la tête de petites communes, qui ont donc moins de représentativité.

    Donc selon vous, la solution passe par les évolutions législatives ?

    G. T. : Oui, pour que les choses changent, il faut des lois. Notamment parce que souvent, la société est en avance sur ses élites et ses décideurs. La preuve étant que si vous leur demandez, une majorité des Français est favorable en principe à ce que les femmes soient maires. Mais même avec une opinion publique favorable, il y a toujours des résistances. Ce combat pour faire évoluer la loi se mène à plusieurs échelles, et notamment au niveau européen. Rappelons que la première loi sur l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes de 1972 était la traduction dans le droit national d’une directive européenne. Nous, à l’Observatoire régional de la parité, nous menons donc une action internationale poussée, notamment avec des femmes allemandes, parce que si la Commission européenne prend une directive sur la parité des mandats de maire, les États membres seront obligés de suivre.

    Propos recueillis par Nina Bailly

  • [Tribune] L’Union de la gauche pourquoi ?

    [Tribune] L’Union de la gauche pourquoi ?

    L’histoire ne se répète pas, paraît-il, et pourtant… Nous assistons depuis quelque temps à la montée inexorable des forces réactionnaires et fascistes en Europe et ailleurs notamment en Amérique du Nord et du Sud.

    Tout comme il y a un siècle (c’est loin et proche à la fois) ces forces avançaient en Italie, en Allemagne, en Espagne et en Europe Centrale.

    Les forces de gauche, alors dispersées, n’ont pas répondu à cette offensive par des bagarres de rue mais par la bataille des idées, l’union des progressistes débouchant sur la victoire du Front Populaire dont les mesures sociales (congés payés, hausses des salaires, temps de travail…) sont encore d’actualité, vivifiées qu’elles ont été par la victoire du Conseil national de la Résistance à majorité de gauche (Sécurité sociale, droits des travailleurs…).

    Depuis, l’offensive néolibérale du capitalisme financier a pu être ralentie par les (trop rares) victoires de l’union des gauches (retraite à 60 ans, abolition de la peine de mort, 5e semaine de congés payés, 35 heures…).

    Aujourd’hui, s’impose donc une nouvelle résistance de la part des forces de gauche à tous les niveaux et particulièrement pour les élections municipales qui sont à la base de la démocratie.

    Il faut se réjouir que cette union se concrétise dans la liste La Ciotat Nous Rassemble avec le PCF, le PS, les Verts et d’autres mouvements politiques (GRS, Génération.s, Debout ! D’autres peuvent encore nous rejoindre).

    Par Albert-Jean Morazzani, liste municipale La Ciotat Nous Rassemble, ancien élu marseillais ( Union progressiste )

  • [Tribune] Aux candidats de s’engager en solidarité avec Cuba

    [Tribune] Aux candidats de s’engager en solidarité avec Cuba

    L’Association France Cuba Marseille 13, à laquelle se joignent les associations Cuba Coopération Marseille Sud-Est, le Mouvement de la Paix13, France Amérique Latine Marseille, se permet de solliciter les candidats des listes électorales constituées en vue des élections municipales de mars 2026 (excepté le RN).

    Comme vous le savez, Cuba a commencé lundi 9 février 2026 à appliquer de nouvelles mesures d’urgence destinées à économiser le carburant pour faire face à l’étranglement énergétique imposé par le gouvernement de Donald Trump, qui s’ajoute à l’embargo infligé depuis soixante-deux ans. Ce cumul entraîne une extrême précarité énergétique.

    Les restrictions d’accès à l’énergie continuent de dégrader l’économie du pays ainsi que les conditions de vie des Cubaines et des Cubains, plongeant les habitants, les plus vulnérables dans l’insécurité physique et psychique.

    C’est pourquoi, il est aujourd’hui urgent d’agir pour mettre fin au blocus imposé par les États-Unis qui ont déployé un mur de navires de guerre autour de Cuba, pour empêcher la navigation et tout accostage. Pour rappel ce blocus affecte toutes les Caraïbes, dont nos départements français, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane.

    En conséquence, nous vous proposons en tant que futur·e premier·e édile de Marseille de prendre des engagements de campagne forts :

    1) concevoir un jumelage de notre ville portuaire avec un port cubain, par exemple celui de Mariel, proche de la capitale.

    2) engager immédiatement des actions de solidarité et de coopération pour venir en aide aux populations déjà fortement impactées par l’ouragan Mélissa.

    Dans un monde que les grandes puissances entraînent à marche forcée vers la guerre, le symbole d’un tel jumelage contribuerait à redonner à la France sa place sur l’échiquier géopolitique international. Il s’agit aussi d’inscrire cette démarche dans un héritage politique plus large, celui du « Non à la guerre » pour une culture de la paix dans le monde.

    S’opposer au blocus criminel contre Cuba, c’est aussi se faire le porte-parole des centaines de pays qui, chaque année, adoptent à l’ONU à une majorité écrasante une résolution en réclamant sa levée.

    Le groupe transpartisan d’Amitié France-Cuba de l’Assemblée Nationale s’inscrit également dans cette démarche, comme il l’a rappelé en mars 2025 en recevant l’ambassadeur de Cuba en France, Otto Vaillant Fría, pour réaffirmer son opposition au blocus et travailler au développement de nouvelles coopérations dans des secteurs d’intérêts communs. Nous vous demandons de faire vivre ce consensus mondial en faveur du droit du peuple cubain comme de tout pays, à l’autodétermination et d’affirmer ainsi une position juste et courageuse, à même de faire rayonner la France à l’international.

    Faire le choix de ce jumelage, au-delà de l’aide concrète à la population cubaine en souffrance, c’est aussi cultiver un amour partagé entre nos deux pays. Comme le disait Victor Hugo, « je ne regarde pas où est la force, je regarde où est la justice […] Cuba est majeure. Cuba n’appartient qu’à Cuba ».

    De nombreuses initiatives municipales ont lieu chaque année. Par exemple, la Ville de Bonneuil-sur-Marne a participé en 2025 à la rénovation du cinéma « Colonia » de la ville de Cienfuegos et fait des dons de matériels sportifs à des clubs de boxe cubains partenaires. Dans notre département, cette coopération s’est récemment exprimée lors de la visite de la chèvrerie municipale de Septèmes-les-Vallons par un Chef de projet de l’ambassade de Cuba en France, Justo Rodriguez.

    Un accord entre les départements du Gard et de l’Hérault concernant la gestion de l’eau dans les zones humides, a été signé en octobre 2025, ou encore, en faveur de la lutte contre les déserts médicaux, des négociations sont en cours dans les zones rurales des Cévennes ainsi qu’avec la ville d’Alès…

    Décloisonner les esprits par le partage, voilà ce qu’il y a de plus beau à opposer au blocus mortifère imposé par les États-Unis ! Là où il y a la volonté de faire changer les choses, il existe un chemin, que nous vous proposons de concevoir ensemble.

    Par les responsables des associations : Cuba Coopération Marseille Sud-Est et France Cuba Marseille 13, le Mouvement de la Paix, France Amérique Latine Marseille.

  • À Gap, la liste citoyenne de Charlotte Kuentz met en avant sa différence

    À Gap, la liste citoyenne de Charlotte Kuentz met en avant sa différence

    « Notre mouvement citoyen n’a pas d’autre ambition que le territoire et la ville de Gap, affirme Charlotte Kuentz. Historiquement, nous sommes ancrés à Gap, forts d’un score de 33% aux dernières municipales. » Selon elle, la non-affiliation partisane de sa liste lui permet de ne pas dépendre d’injonction et de stratégies nationales. « Nous mettons toute notre énergie sur des dossiers municipaux sur lesquels on travaille depuis des années, auprès des habitants. »

    Parmi ses axes de campagne, Charlotte Kuentz entend rééquilibrer un budget municipal qu’elle estime presque entièrement dédié à l’investissement au détriment du fonctionnement. Sa liste promet aussi la rénovation du stade nautique et la création d’une maison des jeunes pour accueillir les activités créatives, ce que la médiathèque actuelle, trop vétuste, ne permet pas.

    Créer une mutuelle municipale

    Autre proposition phare, elle promet la création d’une mutuelle municipale. « Elle sera accessible à tous mais que les étudiants, jeunes travailleurs ou retraités ont plus de mal à accéder à une mutuelle », détaille la tête de liste. Enfin, Ambitions pour Gap veut aménager des « rues d’enfants », c’est-à-dire végétaliser, et rendre plus conviviaux les espaces autour des écoles. « Des lieux où la socialisation se fait en priorité lorsqu’on est jeunes parents », explique Charlotte Kuentz. La liste tiendra sa dernière réunion publique le 10 mars au Tempo.

  • Pernes-les-Fontaines : la liste de gauche veut rouler en tête

    Pernes-les-Fontaines : la liste de gauche veut rouler en tête

    L’occasion pour Mario Moretti et Véronique Sabatini, seconde de liste, de développer les grandes lignes du programme autour de la solidarité, l’écologie et la démocratie participative.

    Une autre réunion publique se tient ce vendredi 6 mars (18h30, à l’Espace jeunesse- salle Marcel-Pagnol), autour de la liste et du programme. Le lendemain, samedi 7 (10h), une seconde cycloparade dans les rues de Pernes est prévue (départ et arrivée devant l’R du Cormoran, quai de Verdun).

  • À Château-Arnoux, le PS ne soutient plus l’opposition

    À Château-Arnoux, le PS ne soutient plus l’opposition

    Philippe Bertrand n’est plus le candidat socialiste à la mairie de Château-Arnoux-Saint-Auban. La fédération des Alpes-de-Haute-Provence lui a officiellement retiré son soutien ce mardi 3 mars, en raison « de la composition de sa liste », comme a indiqué le Premier secrétaire fédéral du département, Boulares Soltani. Il lui était depuis longtemps reproché de présenter à ses côtés des personnalités ayant des proximités avec la droite et l’extrême droite. L’intéressé a immédiatement réagi via un communiqué, affirmant que sa liste « est et restera sans étiquette », et se présentant comme « à la tête d’une équipe pluraliste et indépendante ».

    Colistiers problématiques

    La tête de liste de l’opposition, ancien premier adjoint de Patrick Martinelli de 2014 à 2020 à Château-Arnoux-Saint-Auban, était jusque-là officiellement investie par le PS. Pourtant, cette situation suscitait de l’incompréhension au sein de la fédération locale. « Quand on voit les personnes à qui il s’est associé sur la liste, des gens de la droite ciottiste et de l’extrême droite, ça nous mettait extrêmement mal à l’aise », assure Sylvie Lyons, secrétaire de la section PS de Digne-les-Bains. Le candidat avait également revendiqué dans les colonnes de La Provence, le soutien des sections locales de LR et du RN, soutien que la section Rassemblement national du 04 avait ensuite démenti.

    Sylvie Lyons affirme que ses alertes répétées auprès du Premier secrétaire national, Olivier Faure, et du secrétaire fédéral, Boulares Soltani, sont restées lettre morte pendant plusieurs semaines. « On ne peut que se réjouir que le Premier secrétaire fédéral ait rectifié sa position, mais Philippe Bertrand a longtemps affirmé avoir le soutien de la fédération alors qu’il n’en a jamais été question en conseil », s’interroge-t-elle. Pour elle, ce retrait a le mérite de clarifier la position de la fédération, mais à deux semaines du scrutin, il arrive bien tard.

  • Guy Benarroche soutient le Printemps Boucain

    Guy Benarroche soutient le Printemps Boucain

    Il y a un mois, Hervé Plisson, candidat à la tête du Printemps Boucain, liste de gauche et écologiste (DVG), dévoilait son programme. Ce mardi, entouré de colistiers, ce dernier a tenu a insisté sur trois points : mobilité, urbanisme, les nuisances et pollutions.

    « Ce sont les préoccupations actuelles des habitants de Bouc-Bel-Air, rapporte Hervé Plisson. Ce sont nos retours de terrains. » À ses côtés, Guy Benarroche. Le sénateur écologiste des Bouches-du-Rhône, s’est rendu sur la commune pour soutenir la campagne du Printemps Boucain. Un soutien national, dans un contexte où « les moyens d’action financiers des communes n’ont pas arrêté de se réduire, la plupart des communes n’ont plus d’autorité fiscale », contextualise Guy Benarroche. Pour autant, « la transformation des communes et leur adaptation à la fois au changement climatique et aux changements nécessaires des mobilités, d’urbanisme, de sécurité, passe avant tout par une volonté de la commune et du maire (…) À Bouc, on assiste à une gestion de la commune qui n’a ni pris en compte la réalité, ni les changements de mode de vie… Rien n’est fait pour l’organisation d’une certaine capacité à une autonomie », poursuit le sénateur. « La municipalité peut batailler pour obtenir des avancées sur des sujets », ajoute Hervé Plisson. Pour une régularité des transports locaux, par exemple, alors « que tous les matins et les soirs, c’est une heure de bouchons », précise le candidat. Et que les bus vers la zone industrielle des Milles, ne passent pas aux heures de pointe selon les colistiers. Côté nuisances et solutions, le groupe ambitionne au cours de sa campagne de « sensibiliser la population sur le fait qu’il faut arrêter toutes ces industries polluantes, les répartir ailleurs ou les remettre en question », estime Patrick Deschamps, numéro trois de la liste. Entre autres mesures…