Tag: Politique

  • L’ancienne adjointe de Martigues Anne-Marie Sudry est candidate

    L’ancienne adjointe de Martigues Anne-Marie Sudry est candidate

    Il faudrait parfois « tuer le père », selon la théorie freudienne, ou quand la psychanalyse trouve un écho en politique. C’est en tout cas ce que laisse symboliquement entendre, ce jeudi, l’ancienne adjointe Anne-Marie Sudry, lorsqu’elle affirme que « quand on ne se reconnaît plus dans la façon de faire, il faut s’en aller ».

    L’ancienne adjointe de Gaby Charroux (PCF), adhérente de la Gauche républicaine et socialiste (GRS), « femme de gauche » et psychanalyste de métier, l’affirme : « Comme mes patients, une majorité doit se demander : “qu’est‑ce que je fais et qu’est‑ce qui m’arrive ?” Quand on voit la défaite lors des législatives, c’est gravissime, et il faut en tirer des conséquences », juge la candidate. Elle précise : « On va me dire que le RN est en face, mais ça ne me convient pas. J’ai le sentiment qu’au niveau local, on peut infléchir la tendance en écoutant la colère et les questions de la population. »

    Un programme à préciser

    La réflexion rejoint en partie celle du Collectif citoyen martégal, emmené par Frédéric Grimaud (LFI). « Si on n’y a pas adhéré, c’est parce qu’il y a des points qui ne conviennent pas », remarque Anne-Marie Sudry, qui était présente lors de la déclaration de candidature du représentant insoumis et de ses colistiers.

    Pour ce qui est du programme et de l’agenda politique, ils restent à préciser : « ça va venir. Pour l’instant, on n’en parle pas ». Elle se présente sans étiquette, estimant que « la ville n’a pas besoin de démonstration ».

  • Le sport, un bien commun

    Le sport, un bien commun

    À l’approche du scrutin municipal, une question essentielle devrait animer les débats : celle de l’accès au sport pour toutes et tous. Car l’exercice physique n’est pas seulement une activité de loisir. Il s’agit d’un fabuleux levier d’émancipation, de santé, de cohésion sociale et de citoyenneté. Dans chaque quartier, chaque village, les clubs et associations sportives tissent du lien social, offrent des espaces de confiance, de bien-être, d’expression et de solidarité. Ces structures accompagnent les plus jeunes, accueillent les plus fragiles et permettent à chacun de trouver sa place au sein de la société.

    Un choix de société

    Or, cet écosystème ne peut se développer sans un engagement fort des municipalités. Les communes sont en effet en première ligne. Elles financent une grande partie du sport de proximité, soutiennent les associations, gèrent les équipements et façonnent les conditions concrètes de pratique. Là où les budgets nationaux connaissent des tours de vis et où les associations font face à des contraintes grandissantes, l’action municipale reste décisive. Choisir de soutenir le sport associatif, c’est choisir d’investir dans l’éducation populaire, dans la santé publique, dans la vitalité démocratique de nos territoires.

    En 2026, les futurs exécutifs locaux auront la responsabilité et l’opportunité de réaffirmer que le sport demeure un bien commun. En donnant aux diverses structures les moyens d’agir, en défendant leur liberté, en coproduisant avec eux des politiques ambitieuses, les municipalités peuvent faire du sport un moteur d’émancipation durable. C’est un choix politique. Un choix de société.

  • [Grand entretien] Amine Kessaci : « Faire de Marseille, la vitrine de la lutte anti-narcotrafic »

    [Grand entretien] Amine Kessaci : « Faire de Marseille, la vitrine de la lutte anti-narcotrafic »

    La Marseillaise : Votre déclaration de candidature intervient après l’onde de choc créé par l’assassinat de votre frère Mehdi, le deuxième après Brahim, est-ce que cette décision a été longue à prendre ?

    Amine Kessaci : D’abord je suis un militant politique de longue date, depuis 2019. J’ai fait partie des jeunes avec le Printemps marseillais en 2020. J’ai fondé une association, Conscience. J’ai été candidat en 2024, aux européennes, puis aux législatives avec le Nouveau front populaire. Cet engagement ne sort pas de nulle part. Il y a une construction derrière, un engagement dans une famille politique, celle de la gauche, que je porte depuis un moment. Tout cela avant le 13 novembre. Il s’est passé ce que vous savez. Quelque chose qui m’a meurtri, qui m’a endeuillé une deuxième fois. Je ne veux pas me lamenter mais ça a rappelé la barbarie dont font preuve les narcotrafiquants. Je me suis levé à cette marche blanche avec une seule chose en tête : je ne me tairai pas. J’ai répété plusieurs fois « debout ! debout ! » Je ne peux pas me permettre après ça de rester assis. Il y a un enjeu à agir contre le narcotrafic concrètement, je suis fier et heureux que ma parole ait été entendue sur le fond. Jusque dans le programme. La décision d’être candidat n’a pas été simple. Je pensais d’un côté « je suis fatigué, je suis épuisé, je suis endeuillé » et puis j’ai vu les sondages, la campagne menée, j’ai consulté beaucoup d’acteurs de terrain. Et puis je me suis dit que je ne me voyais pas rester en retrait. Pour moi c’était évident.

    Pourquoi était-ce évident avec Benoît Payan ? Plusieurs de ses adversaires l’accusent de récupération ou d’instrumentalisation.

    A.K. : À ces personnes je dis : « attention vous êtes en train de m’insulter ». J’ai un cerveau, j’ai fait des études, je viens de publier un ouvrage. Je suis engagé depuis longtemps. J’ai une relation particulière avec le maire de Marseille, qui dépasse la politique. À ceux-là je dis : « merci de ne pas insulter l’intelligence de la jeunesse ». Bien sûr que beaucoup m’ont parlé, m’ont fait des propositions… comme si la lutte contre le narcotrafic était devenue « tendance ». Moi je porte une réponse globale, je pense qu’il faut s’unir sur cette question.

    Vous avez parlé d’une association des Villes contre le narcotrafic. En quoi, concrètement, cela consisterait ? Avez-vous déjà des réponses positives émanant d’autres villes que Marseille ?

    A.K. : Bien sûr. Et de tous bords politiques. J’ai porté la semaine dernière au Parlement européen, une résolution sur la réponse de l’Europe au narcotrafic. Elle a été signée par François-Xavier Bellamy qui est LR pour le groupe Parti populaire européen, Nora Mebarek, PS, pour le groupe des sociaux-démocrates, Grégory Allione, pour Renew-Renaissance, Marina Mesure pour LFI-The Left et je l’ai colporté avec Marie Toussaint pour les écolos. Ça montre bien que j’ai réussi à rassembler largement. Moi, c’est ce champ-là que je vois pour l’association des maires contre le narcotrafic. J’ai été candidat face au Front national dans les 13e et 14e arrondissements de Marseille lors des dernières législatives. J’ai été battu de très peu, à moins de 15 voix par bureau de vote. Donc oui, mon combat contre l’extrême droite est clair et elle n’a rien à faire dans ce projet. Concrètement à quoi servira cette association ? D’abord il ne faut pas mentir aux gens : on ne peut pas demander à des mairies de mener seules le combat contre la drogue. C’est un sujet national qui nécessite une réponse de l’État. L’Europe aussi doit jouer son rôle. Ce que je propose c’est une réponse coordonnée des maires sur l’enjeu du narcotrafic. Par exemple, comment on accompagne les jeunes vers l’emploi, comment on accompagne les familles après – malheureusement – un décès… Que fait-on de tous ces jeunes qui veulent sortir des réseaux ? Dans cette association nationale des maires, on va créer du lien pour permettre à un maire d’une petite commune du Rhône, d’interpeller celui de Bordeaux qui va lui confier un jeune qui veut sortir du trafic. Ce sera un moyen de créer des ponts, des liens, pour extraire les jeunes et les dépayser comme on dit. On souhaite systématiser des dispositifs, travailler au statut de repenti, comme en Italie. Je pense qu’on a beaucoup à reprendre des dispositifs italiens contre le crime organisé. Ils sont très en avance. J’ai eu l’occasion d’échanger à ce sujet avec Leoluca Orlando, ancien maire de Palerme ou l’écrivain et journaliste Roberto Saviano. Nous allons dans un premier temps structurer une association des maires à l’échelle nationale et mon souhait c’est qu’elle grandisse à l’échelle européenne en allant voir les Italiens, les Espagnols, les Belges… La DZ a des liens en Belgique, sème la terreur dans les rues de Bruxelles. On a besoin de cette réponse européenne.

    À l’intérieur de cette association, quel serait votre rôle ? Serez-vous le représentant de Marseille ?

    A.K. : Je n’ai pas cette ambition. Ce sera une association de maires, pour Marseille, c’est une évidence, ce sera notre maire qui nous représentera. Mon rôle, c’est de l’impulser, de la lancer, je présiderai le comité d’organisation pour mener à bien cette initiative.

    On vous connaissait homme de terrain, vous nous recevez dans un sous-sol, protégé par sept policiers. Comment allez-vous mener campagne ? Dans ces conditions aller à la rencontre des Marseillais ?

    A.K. : C’est plus compliqué qu’avant. Ça rappelle les conditions de création de La Marseillaise. C’est une forme de résistance. Depuis 2023, je n’ai raté aucune réunion d’association, de CIQ de mon secteur. J’ai sillonné tout le 13-14, on m’a vu à Château-Gombert, à Saint-Jérôme, aux Oliviers, à Frais-Vallon… Aujourd’hui, je veux dire merci à ces femmes et ces hommes qui assure ma protection, c’est important de le dire. Je ne suis pas dans une optique de vengeance ou de provocation. Je ne vais pas aller en plein deal à la Castellane et dire « venez on va se mettre en danger ». J’irai là où c’est possible, avec leur aval. L’idée est aussi de faire venir les gens à moi. J’échange beaucoup avec les responsables associatifs par téléphone, les mêmes que j’ai consulté avant de prendre ma décision sur ma candidature : des bénévoles de Conscience, des mamans de victimes, non pas pour leur demander leur aval mais leur avis sur cette forme d’engagement. J’ai été ravi des réponses que j’ai reçues. Depuis le 13 novembre, plusieurs autres jeunes ont été retrouvés morts, calcinés. La barbarie est arrivée à son paroxysme. Il y a toujours des menaces qui pèsent sur moi et j’en tiens compte mais… De quoi voulez-vous que j’aie peur ? On vient de m’arracher Mehdi, 20 ans, mort pour rien, parce qu’il était mon petit frère, on a brûlé mon grand frère Brahim quand j’avais 17 ans. Sérieusement de quoi je devrais avoir peur ?

    On vous a senti sonné lors de la marche blanche en hommage à Mehdi. Rétrospectivement comment qualifieriez-vous la réaction des Marseillais qui étaient là ?

    A.K. : De digne. Tout le monde était debout non pas pour crier, pleurer, s’apitoyer, mais pour dire : « Amine, tiens debout, on tient debout ». Pour moi, tout était flou, trouble, je me rappelle d’avoir vu ma mère, Benoît Payan, des responsables institutionnels. En revoyant les images, ces femmes, ces hommes, ces personnes âgées qui étaient là, debout, ça m’a beaucoup touché. Voir qu’il y avait des marches dans beaucoup d’autres villes de France, c’était pour moi une vague de lumière. Je voyais tout flou, tout sombre, ça m’a redonné de l’espoir.

    Qu’est-ce que ça dit de Marseille selon vous ?

    A.K. : Marseille, dans son histoire, a toujours qu’elle savait renaître de ses cendres, tenir debout face à l’impossible, aux dangers… C’est une ville qui fait naître l’espoir.

    Votre candidature n’est pas qu’un témoignage, elle s’accompagne de propositions. Quelles sont-elles concrètement ?

    A.K. : Sur les 10 mesures que nous portons contre le narcotrafic, 5 sont les miennes. Beaucoup disent de moi que je suis le Roberto Saviano français. Non, pas du tout. Moi je suis Amine Kessaci, je suis le frère de Brahim, de Mehdi, je suis responsable politique. Je viens pour apporter mes idées, au-delà des quotas et des questions partisanes. Je ne suis pas un commentateur, pas quelqu’un qui s’en tient à interpeller l’opinion dans la presse. Je l’ai toujours dit : en politique si l’on fait pour nous, sans nous, on fait contre nous. On va travailler de façon collective au sein du Printemps marseillais pour créer un dispositif d’accompagnement de familles des victimes en signant la charte du relogement. Qu’est-ce que ça dit de notre pays quand on vient retirer un logement à une maman parce que son fils est délinquant ou qu’il est tombé dans la drogue ? C’est terrible pour notre humanité, notre solidarité. Quand la République n’a pas été capable de protéger ses enfants, on va venir punir les mères ? Dans le livre que j’ai publié en septembre*, j’ai écrit une lettre à mon frère Brahim que j’ai intitulé « punir les mères pour tenir les fils ». Ça ne marche pas ! Il faut que les mamans puissent faire leur deuil, loin de là où leur enfant a été assassiné. On va me dire que les bailleurs sociaux le font déjà, si c’est le cas, alors actons-le, systématisons-le. Il faut que les bailleurs signent cette charte. On va s’y engager. De même, on s’engage avec le Printemps marseillais à doubler le nombre de policiers municipaux, avec 800 recrutements. C’est une manière de renouer avec la police de proximité que Nicolas Sarkozy a détruite. On va ouvrir dans chaque arrondissement, un commissariat de police municipale. On va se battre pour un nouveau contrat de sécurité avec l’État pour avoir plus de policiers nationaux. On va demander le retour d’une préfecture de police de plein exercice. Il y a besoin de moyens, de caméras de vidéosurveillance. Il faudra aussi faire un plaidoyer sur les moyens que la justice doit avoir. Mais j’insiste : la réponse face au narcotrafic n’est pas que sécuritaire.

    Quelles autres mesures estimez-vous nécessaire ?

    A.K. : La préoccupation en tête de la feuille de route du prochain mandat pour moi, c’est le logement. Il faut redonner de la dignité dans les quartiers populaires. Il ne fait plus de bennes à ordures que l’on traîne. On sait à quoi elles servent : à faire des barrages aux dealers. Il faut emmener l’écologie dans les quartiers en installant des poubelles fixes de tri que les dealers ne pourront plus bouger. S’ils utilisent d’autres choses pour faire des barrages, il faudra aller les arrêter. La République n’a pas à fournir le matériel aux trafiquants pour empêcher les gens de vivre. Les transports, les écoles sont des sujets fondamentaux. Nelson Mandela disait que l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. Il faut poursuivre le plan écoles, continuer cette ambition de donner le meilleur à chaque petit marseillais et petite marseillaise. Pendant un temps, je me suis trompé. Ça arrive. Je disais qu’il fallait permettre à chaque jeune de Marseille issu des quartiers, d’aller au lycée Thiers, pour avoir le meilleur niveau d’instruction. Mais en fait, il faut que tous les lycées de Marseille deviennent des lycées Thiers. On va créer les mêmes conventions avec Sciences Po. dans les différents établissements de la ville.

    Enfin, on va se positionner sur la question de la saisie des biens liés au narcotrafic. Il existe une réglementation qui permet aux collectivités de le faire. Nous le ferons. C’est cette approche globale qui permettra de faire de Marseille, la vitrine de la lutte anti-narcotrafic. On va y arriver avec de la sécurité mais aussi des stylos, des livres, des fêtes de quartiers l’été, des occupations de terrain, des jardins comme celui de la Busserine.

    Que diriez-vous à des jeunes de votre âge qui se disent « il a beaucoup de courage mais moi je ne peux rien faire » ?

    A.K. : Pas possible ! Je le dis : le simple fait de lire La Marseillaise, c’est un acte politique et d’engagement. Le fait de s’intéresser à l’actualité, de débattre sur les réseaux sociaux, ce n’est pas rien. Pour moi, la jeunesse est très politisée. Mais, c’est vrai elle n’est pas intéressée par les logiques partisanes. Ça tombe bien : le Printemps marseillais n’est pas un parti politique, c’est un espace d’engagement créé autour des partis politiques. Lors des dernières législatives qui a pris d’assaut les sièges des partis politiques pendant le Nouveau front populaire ? Qui a manifesté pour la Palestine toutes les semaines ? Les jeunes ! Il faut qu’ils s’inscrivent sur les listes électorales, c’est encore possible jusqu’au 4 février sur internet et jusqu’au 6, physiquement. Ils doivent se mobiliser les 15 et 22 mars, ils peuvent venir militer, s’impliquer. Il n’y a pas de fatalité. Rien n’est impossible, c’est à eux de décider.

    Le RN se présente comme la force qui apporte une solution à l’insécurité, au narcotrafic. Ses représentants se sont faufilés jusque dans la marche blanche en hommage à votre frère et vous, vous continuez à le combattre frontalement. Pour quelle raison ?

    A.K. : Moi, mon ennemi c’est le narcotrafic mais une chose est sûre, elle a été dite par Christiane Taubira : « pour être un parti républicain, il ne suffit pas de se présenter aux élections ». C’est ça que je pense du Rassemblement national.

  • [Entretien] José Morales : « Un service public de qualité à La Bouilladisse »

    [Entretien] José Morales : « Un service public de qualité à La Bouilladisse »

    Il dit avoir deux passions : celle de l’architecture et celle de son village, où sa famille s’est installée. Il est à la fois d’origine italienne du côté maternel, et espagnole du côté paternel.

    La Marseillaise : Pourquoi avoir décidé de briguer un nouveau mandat ?

    José Morales : Je ne crois pas aux hommes providentiels. J’ai une équipe très soudée qui voulait continuer avec moi et qui m’a poussé aussi. Une nouvelle page va s’écrire. Avec beaucoup d’enjeux en termes d’aménagement du territoire. Et je trouvais que c’était bien d’aider à participer à cette écriture.

    Vous pensez à la petite « révolution » de l’arrivée du Val’Tram, cet été, à La Bouilladisse ?

    J.M. : Oui. C’est une révolution en termes d’aménagement, de déplacement, sachant que le train desservait La Bouilladisse jusque dans les années 1970. Le Val’Tram, c’est un combat de 30 ans, et j’ai été un des initiateurs avec d’autres maires du territoire. Parce que le Val’Tram, tout le monde se l’approprie, même Monsieur Gazay [le maire (LR) d’Aubagne, Ndlr]. On avait imaginé, il y a une quinzaine d’années, un projet en site propre, plutôt un tram-train.

    Dans la mandature à venir, quels sont les grands défis à relever pour votre commune ?

    J.M. : Je me bats depuis toujours pour préserver les territoires agricoles et naturels. À La Bouilladisse, entre les zones agricoles et boisées, plus de 60% du territoire est protégé. Il s’agit évidemment d’arrêter de miter le territoire, préserver notre ressource naturelle et puis aussi faire vivre des gens. La commune compte six exploitants. Je veux continuer à préserver ces terres agricoles et boisées. Un autre enjeu pour moi est de soutenir une politique sociale, de par mon attachement à ce village, aux gens qui y habitent. À La Bouilladisse, par exemple, nous faisons payer les repas à 1 euro pour les enfants des familles en difficulté.

    Le logement est également un enjeu primordial ?

    J.M. : Dans le périurbain, les gens viennent pour le calme. Ils achètent des maisons très chères. Et la question même du logement social est devenue quelque chose d’anxiogène. En parallèle, plein de personnes qui habitent ici ont du mal à se loger. Beaucoup de jeunes qui voudraient rester ne le peuvent pas. On voit aussi des gens qui habitent des maisons, mais qui souhaiteraient avoir un logement, peut-être au centre, proche des commodités. La plupart des gens qui viennent me voir ont un problèmepour se loger. Moi, je pense qu’il faut faire du logement social, pas de grosses opérations, il faut travailler sur la mixité.

    Votre volonté de créer du logement social a été entravée ?

    J.M. : Oui. Les deux opérations, pour un total de 120 logements, portées par la municipalité et des bailleurs sociaux sont stoppées par des recours de riverains qui refusent le logement social. Mais, depuis 2020, on a quand même livré 90 logements sociaux.

    Quelles orientations prendrait un second mandat ?

    J.M. : On a à poursuivre la rénovation énergétique dans nos écoles. On a 40 km de chemin à rénover, on en a rénové presque la moitié. Il faut encore continuer, mais c’est beaucoup d’argent, ça se fait progressivement. Après, la priorité pour moi, c’est un service public de qualité. On a une crèche municipale, on produit nous-mêmes les repas dans les cantines. On a peu de moyens et on essaie de tout mettre en œuvre pour qu’on vive bien ici.

  • À Port-Saint-Louis, les vœux d’union du PCF compromis

    À Port-Saint-Louis, les vœux d’union du PCF compromis

    « Jusqu’à avant-hier, nous avons essayé de faire l’union. On s’était mis d’accord, on était presque arrivé au consensus », déplore Gaël Zaafour, secrétaire de la section de Port-Saint-Louis-du-Rhône, en marge de la cérémonie des vœux du parti.

    « Notre objectif était de construire cette union », confirme Annie Stamatiou, directrice de campagne d’Aurélie Grach, candidate (DVG) de l’union de la gauche aux municipales. « Mais c’est dans La Marseillaise qu’on apprend que, finalement, La France insoumise préfère partir seule », poursuit-elle (voir notre édition de mercredi).

    « Ils ont décidé la division de l’électorat de gauche »

    Annie Stamatiou s’interroge : « Soit le député Sébastien Delogu (LFI) nous a menti en nous parlant d’union, soit il s’est fait dépasser par sa base. » Quoi qu’il en soit, retient-elle, « ils ont décidé que l’électorat de gauche partirait divisé ».

    Gaël Zaafour insiste : « La culture du PCF est l’union des progressistes pour barrer la route à la droite et l’extrême droite. » Dans la campagne, « notre objectif principal est de faire partir le maire Martial Alvarez et sa politique macroniste ».

    Lors de ses vœux, le responsable rappelait le soutien unanime des communistes locaux à Aurélie Grach : « Ses valeurs humaines, sa proximité avec les gens, son amour de Port-Saint-Louis et de ses habitants nous ont convaincus, à l’unanimité, qu’elle était la parfaite porte-parole d’une vraie politique sociale, écologiste et fraternelle pour la ville. »

    Invitée par le PCF, Aurélie Grach, qui juge « dommage » la décision de LFI, préfère penser à « convaincre et rassembler un maximum de Saint-Louisiens ». « La porte est restée ouverte jusqu’à aujourd’hui », ajoute-t-elle. La candidate présentera sa liste le 9 février à 18h, en la salle Marcel-Pagnol.

  • À Apt, la droite a mis du temps à régler sa succession

    À Apt, la droite a mis du temps à régler sa succession

    Apt s’achemine vers un 3e maire différent en moins de cinq ans. Réélue maire en 2020, Dominique Santoni avait quitté la mairie à l’été 2021 après avoir accédé à la présidence du Département. La majorité de droite avait alors choisi Véronique Arnaud-Deloy pour poursuivre le mandat. Mais cette dernière a fait le choix de ne pas se représenter pour le scrutin du 15 mars. De quoi aiguiser des appétits dans la majorité de droite.

    Toujours très active à Apt, Dominique Santoni avait indiqué, dès juin dans nos colonnes, vouloir « donner des conseils et rester sur une liste pour soutenir le candidat qui sera le plus à même de gagner ». Il a fallu attendre la mi-janvier pour que la situation se décante : Jean Aillaud, 75 ans, premier adjoint et conseiller régional, portera les couleurs d’une majorité unie. « Cette candidature s’inscrit dans la continuité d’un travail engagé depuis dix ans », annonce la tête de liste dans un communiqué. Période où Dominique Santoni a été élue maire. La présidente du conseil départemental lui apporte un « soutien plein et entier ».

    Une dissidence très vite éteinte

    La droite mise sur un maire de transition, qui incarnerait « l’expérience, la stabilité et l’efficacité face aux incertitudes et aux défis à venir ». Un pôle de stabilité en somme, comme aime à le dire Dominique Santoni au sujet du rôle des Départements. « Les Aptésiens savent qu’ils peuvent compter sur une municipalité respectée et crédible, capable d’obtenir des financements grâce à des partenariats forts avec le Département et la Région », souligne le communiqué de candidature. Le choix de Jean Aillaud n’a toutefois rien eu d’évident. Adjointe à la sécurité, Isabelle Taillier avait annoncé sa candidature, tournée encore plus à droite, en prônant « l’union des droites » et en ne se retrouvant « plus du tout » dans la ligne de la majorité. Visiblement, les lignes ont bougé puisque moins d’un mois plus tard, Isabelle Taillier revenait au bercail après des discussions « sur la mise en cohérence de nos programmes et la réaffirmation de nos valeurs respectives ». Pour la droite, l’unité a aussi pour but « de faire barrage à la gauche », dont elle estime « les projets préjudiciables ».

    Céline Celce (Génération.s), candidate de l’union de la gauche (sauf LFI qui ne présente pas de liste) appréciera le compliment. « On se rassemble sur des valeurs humanistes, de justice sociale et de progressisme », indique celle qui était candidate Nupes puis NFP lors des deux dernières législatives et était arrivée en tête au second tour à Apt face à la candidate RN élue dans la circonscription, Catherine Rimbert. Élue d’opposition, elle porte un projet « co-construit depuis un an » et se pose « en seule liste de la gauche » bien que 95% de ses colistiers ne soient pas encartés. Car un 3e candidat, élu sur la même liste que Céline Celce en 2020, est en lice : Christophe Carminati (SE), refusant toute étiquette de droite et de gauche et d’alliance au second tour.

  • Jean-Firmin Bardisa se dévoile au Pontet

    Jean-Firmin Bardisa se dévoile au Pontet

    L’actuel élu d’opposition aspire à réoxygéner Le Pontet. « Il y a toujours une solution quand les habitants reprennent la parole », estime celui qui est à la tête d’une liste « représentative de la vraie vie », avec des gens de gauche, du centre et de droite. Parmi ses priorités, la sécurité avec une « police municipale visible, présente et respectée ». Idem sur l’argent public, où Jean-Firmin Bardisa prône « une gestion rigoureuse, claire » sans « hausse d’impôts ». Le candidat veut créer un centre municipal de santé et offrir un large soutien à la jeunesse (sport, culture, formation…).

  • [Entretien] Yves Mesnard : « J’ai doté Roquevaire d’équipements structurants »

    [Entretien] Yves Mesnard : « J’ai doté Roquevaire d’équipements structurants »

    La Marseillaise : Pourquoi ne pas vous présenter aux élections municipales?

    Yves Mesnard : Je pense qu’il ne faut pas faire le mandat ou le tour de piste de trop. Pendant ces dix-huit ans, j’ai formé des jeunes. Il est temps qu’ils prennent leurs responsabilités. J’ai estimé qu’Hélène Spinelli, ma première adjointe depuis 2020, était prête [elle est candidate aux municipales Ndlr], avec la très belle équipe qu’elle a constituée. Je souhaite que l’héritage que je leur laisse, ils le fassent fructifier.

    Comment décririez-vous cet héritage?

    Y.M. : Tout ce qui était nécessaire à Roquevaire, je l’ai réalisé. Durant ces trois mandats, plus de 60 millions d’euros ont été investis dans la commune, sans augmenter les impôts. J’ai doté Roquevaire d’équipements structurants qui faisaient défaut à la ville à mon arrivée : un stade municipal, une crèche, les casernes des pompiers et de la gendarmerie (…). Nous avons pu les financer grâce à une excellente gestion de la commune, car nous avons fait ces investissements grâce à des excédents de fonctionnement, auxquels s’ajoutaient des subventions.

    En dix-huit ans, la commune a-t-elle gagné beaucoup d’habitants?

    Y.M. : Pas tant que ça. J’avais dit, en 2008, ne pas vouloir dépasser 10 000 habitants, nous sommes moins de 9 000. En tant que commune de plus de 3 500 habitants, Roquevaire est soumise à la création de logements. J’ai construit en fonction du potentiel de terrains à bâtir. Les Roquevairois en ont bénéficié. Selon la préfecture, cependant, il manque 641 logements à Roquevaire. Nous avons 279 000 euros d’amende à payer pour 2025 ! Ce nombre de logements demandé est infaisable, car 91% du territoire de la commune est inconstructible, en raison de zones à risque d’incendie, d’inondation, d’effondrement, ou encore de zones naturelles ou agricoles. Il faut réformer la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain). Cela fait dix-huit ans que je le crie sur tous les toits.

    Que signifie être maire dix-huit ans?

    Y.M. : C’est une expérience unique. J’ai servi ma population pendant dix-huit ans. J’en suis très fier et très content.

  • Le candidat Squillari esquisse une ville d’Aubagne solidaire

    Le candidat Squillari esquisse une ville d’Aubagne solidaire

    « L’Aubagne conviviale, solidaire, attentive à tous sans discrimination, l’Aubagne que nous aimons n’a pas disparu dans la médiocrité des clientélismes et dans l’esprit de clan », assure Jean-Pierre Squillari, lors de ses vœux, face à plus de 600 personnes, mardi soir. Il poursuit : « Beaucoup, de toutes opinions, nous le disent : Aubagne n’est plus Aubagne. Par manque d’imagination pour sa ville, par incompétence et par souci unique de sa carrière politique, le maire Gérard Gazay a rendu inaudible tout ce qui faisait sa notoriété et la créativité dont elle est encore capable. Un maire-éteignoir ! »

    Après avoir rhabillé pour l’hiver Gérard Gazay (LR), candidat pour un 3e mandat, Jean-Pierre Squillari, qui a dirigé notamment le centre de secours d’Aubagne, a fait de même pour Martine Vassal, présidente (DVD) de la Métropole Aix-Marseille : « Cette Métropole technocratique et hypertrophiée doit impérativement être remise en cause, au service des habitants. Le long chapitre d’immobilisme ouvert chez nous par le duo Gazay-Vassal doit se refermer. »

    Pour opérer cette « rupture avec les années Gazay », Jean-Pierre Squillari suit, avec son équipe, trois caps : « Réparer, respirer, protéger. » Parce que, « depuis deux ans à sillonner Aubagne, on a entendu beaucoup de détresse », a témoigné Clémentine Fardoux, avant que le candidat ne prenne la parole. Il est nécessaire de « protéger ». Aubagne en commun annonce vouloir créer « un abri immédiat pour les personnes en détresse sur la voie publique ». Mais aussi « une mutuelle municipale qui sera moins chère et remboursera mieux ». De même qu’un « service public des pompes funèbres. Le prix des obsèques baissera et pas qu’un peu. »

    Cantine municipale

    La gauche veut aussi s’emparer de la question de la sécurité : « Nous avons une police municipale dont il faut changer le fonctionnement, avec prévention et répression, sans angélisme. » Sitôt l’équipe d’Aubagne en commun élue, un vaste plan écoles sera lancé. « L’entretien des établissements et la cantine scolaire reviendront en gestion municipale. Nous nous opposerons à toute tentative de remettre en cause la gratuité des bus, une menace que n’écarte pas la Métropole », réaffirme Jean-Pierre Squillari.

    « Réparer » passera aussi par « redonner à cette ville une place à toutes les cultures, car c’est un élément essentiel du vivre ensemble », a évoqué Gaëlle Rodeville. « Respirer » consistera à agir pour « une ville plus fraîche et plus saine » : ombre, fontaines… Pour rappeler le cap politique, enfin, Jean-Pierre Squillari a martelé : « Nous, nous marchons sur nos deux jambes : ni Macron ! Ni Le Pen ! Ni Gazay ! Ni Mélin ! Nous, c’est Aubagne ! »

  • [Municipales] La gauche veut réguler les milliers de locations de tourisme à Arles

    [Municipales] La gauche veut réguler les milliers de locations de tourisme à Arles

    Imaginons vouloir partir une semaine à Arles pour la première semaine d’août, du samedi 1er au 8 du mois. Ce sont 380 logements qui sont proposés par la plateforme pour un voyageur, dans tout l’espace compris entre la rue Gambetta, le Rhône et les boulevards des Lices et Émile-Combe.

    Sur l’ensemble de la ville, le moteur de recherche indique même « plus de 1 000 logements » disponibles à la réservation, juste pour soi, sans partage avec l’hôte, à des tarifs variant entre 450 euros pour un « studio cosy au pied des Arènes » et jusqu’à 1 300 euros pour ce deux-pièces avec terrasse offrant la vue sur l’hôtel de ville. Toujours pour la première semaine d’août, sont aussi disponibles ce « penthouse à vue imprenable » affiché à 2 300 euros ou ce « havre de paix avec piscine » pour plus de 8 000 euros, dans le registre de l’exclusif.

    Face à ce « phénomène Airbnb », Nicolas Koukas, tête de liste (PCF) de l’Union pour Arles aux municipales, assure être « à l’offensive sur le logement » depuis sa déclaration de candidature, en décembre. « Nous sommes fatigués de ne plus pouvoir nous loger dans le centre-ville », affirme-t-il, rappelant que l’opposition « demande depuis 6 ans de réguler strictement les locations touristiques » de ce type, « comme les villes de La Rochelle et d’Annecy ont pu le faire », précise le candidat.

    « Des quotas par quartier »

    Il y aurait 2 100 meublés de tourisme recensés par la Ville, 3 800 selon l’opposition. Dans le cadre du programme de l’Union pour Arles, Nicolas Koukas propose une politique municipale sur deux jambes. « En premier, réguler Airbnb en imposant un quota de locations touristiques par quartier et en limitant le nombre de nuitées », complété par « une police du logement contre l’insalubrité de certaines locations ». D’autre part, le candidat veut s’appuyer sur une société coopérative foncière municipale dédiée à « préempter dans les secteurs stratégiques » pour reprendre le contrôle sur le marché.

    Des affiches posées dans la rue, l’été dernier, permettent de mesurer cette attente. « Touriste, ton Airbnb augmente mon loyer », « Afin de préserver la santé mentale des riverains, merci de soulever vos valises à roulettes », « Airbnb tue nos quartiers, loyers Arles centre jusqu’à +50% en cinq ans, qui peut encore vivre ici ? », pouvait-on lire.

    Dans l’équipe du maire sortant Patrick de Carolis (HOR), Sébastien Abonneau répondait à la radio Ici, en août, qu’il ne fallait pas être « dupe des arguments de l’opposition » à l’approche des élections. Sollicitée l’été dernier pour dresser un bilan estival, la plateforme Airbnb assumait de « ne pas communiquer sur ses données car cotée en bourse américaine et que ce sont des indicateurs de bonne santé de l’entreprise ».

    Les nombreuses boîtes à clés installées au Monoprix de la place Lamartine parlent d’elles-mêmes.