Tag: Politique

  • [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Marseille, un combat mené pour une ville habitée

    [Municipales] La marée des meublés submerge la campagne : à Marseille, un combat mené pour une ville habitée

    Face à l’explosion des meublés touristiques (12 722 locations fin 2024, avec une croissance annuelle de +23%) la Ville de Marseille poursuit sa stratégie de régulation pour freiner une « jungle spéculative » particulièrement concentrée autour du Vieux-Port et dans le centre-ville, où les locations de courte durée représentent jusqu’à 25% du parc.

    En 2022, la municipalité a d’abord imposé que toute location hors résidence principale nécessite une autorisation de changement d’usage. Depuis 2024, les propriétaires souhaitant transformer une résidence secondaire en meublé sont tenus d’appliquer une compensation sous forme de la création d’un logement de même surface dans le secteur. Enfin, depuis le 1er janvier, la limitation de la durée de location pour les résidences principales est passée de 120 à 90 jours. Encore loin des 30 jours imposés à New York.

    Pour faire respecter ces règles, la municipalité compte sur sa brigade des meublés créée en 2023 : sept agents aujourd’hui, bientôt dix, explique Patrick Amico, l’adjoint (GRS) au logement de la ville.

    Leur mission : traquer les annonces irrégulières, contrôler les logements, dresser des PV et initier les procédures administratives. Les amendes peuvent aller jusqu’à 10 000 euros pour absence d’enregistrement et 20 000 euros pour fausse déclaration. La municipalité estime que 40% des meublés pourraient être illégaux sur la ville.

    Lundi dernier, Patrick Amico et la maire (GRS) des 1er et 7e arrondissements, Sophie Camard, supervisaient une nouvelle opération d’enlèvement de boîtes à clés illégalement fixées sur l’espace public. La 6e du genre. Le rendez-vous était donné place Charles-de-Gaulle, à deux pas du Vieux-Port, sur un des périmètres les plus saturés. « On est dans le spot touristique de la ville : Panier, Plaine, cours Julien, Vieux-Port… », insiste Sophie Camard.

    Sur le circuit empruntant les rues Paradis et Lodi, une vingtaine de boîtes ont été recensées et stickées, quinze jours plus tôt. Plusieurs ont été retirées par leur propriétaire, preuve que la médiatisation produit un effet immédiat, apprécie Sophie Camard. Au final, cinq dispositifs restants seront retirés par les services municipaux.

    L’enlèvement nécessite de la préparation : repérage, photos, stickage, mobilisation de la régie et de la police municipale. « On le fait par secteur, petit à petit, mais de manière systématique », insiste Patrick Amico, pour qui l’exercice est devenu routinier.

    « Ces opérations ont permis, chaque fois, d’enlever entre 30 et plus de 40 boîtes à clés. C’est extrêmement difficile de donner un chiffre global, mais on les fait partout et on continuera à le faire », explique-t-il. Pour mesurer l’impact de ces politiques, lui se base sur un autre indicateur : « En 2023, j’avais 800 demandes de changement d’usage et en 2025, j’en ai eu moins de 100, c’est très significatif. D’autant qu’on en accepte 20% seulement. »

    Pour Sophie Camard, une des clés du succès réside dans la visibilité de ces interventions. « L’ampleur de leur médiatisation fait que cela marche. Les propriétaires commencent à comprendre », explique-t-elle. La maire de secteur veut croire à un infléchissement du phénomène : « La boîte à clés est un vecteur de communication plus large, pour dire qu’on veut réguler cette activité. À côté, il y a les procès, les réglementations plus sévères… Je pense qu’on va voir les choses se réguler. Je fais le pronostic que le pic est un peu passé », glisse-t-elle, tablant sur le fait que les effets de la réduction à 90 jours et la suppression des niches fiscales au national se feront sentir en 2026.

    « On n’a pas la capacité de tomber à zéro, mais notre objectif, c’est permettre aux habitants d’habiter le centre-ville », rappelle-t-elle. Et les boîtes à clés en sont révélatrices. « Quand on se tient dans les 90 jours de sa résidence principale, c’est légal… J’aimerais que les copros soient bien tenues, que leur règlement interne ne permette pas n’importe quoi, qu’on ne mette pas un immeuble entier en location… La boîte à clés, c’est le résultat final, c’est la porte d’entrée et de sortie de tout ça. C’est un symbole matériel qui se voit. Ce qu’on veut, juste, c’est que les choses soient bien faites et les habitants respectés. »

    Au-delà de l’espace public, la municipalité a engagé les premières assignations en justice contre quatre multipropriétaires contrôlant 33 meublés dans sept immeubles, certains en péril. Lors de l’audience du 24 novembre dernier, la Ville leur a réclamé près de 3 millions d’euros. Le délibéré est attendu le 2 février. L’objectif affiché est clair : frapper les acteurs les plus massifs pour freiner un phénomène devenu structurel.

  • À La Ciotat, l’union de la gauche ne semble pas pour demain

    À La Ciotat, l’union de la gauche ne semble pas pour demain

    « Comme nous les attendions et maintenant que sont déclarées les candidatures pour la droite d’Alexandre Doriol (DVD), pour l’extrême droite de Daniel Salenc (RN), d’Hervé Itrac, et pour la gauche celles de Martine Cuccaroni (PS) et du communiste Karim Ghendouf (La Ciotat nous rassemble)*, nous pouvons désormais nous adresser à vous pour vous proposer de créer et valider ensemble et au plus vite notre liste définitive d’union des forces de gauche en vue des élections municipales à La Ciotat en mars 2026 », écrit, dans un communiqué, le secrétaire de section du PS ciotaden, Toni Delogu.

    « C’est la dernière chance pour qu’on puisse débattre », affirme-t-il, lundi. Le rendez-vous a été fixé pour ce mercredi, à La Ciotat. L’Après, Pour que vive le NFP, Debout, la France insoumise, les Écologistes, le Parti animaliste, le PCF et Place publique ont été invités. Pour l’heure, seul José Sterenzi (NFP La Ciotat) a confirmé sa venue. La socialiste Martine Cuccaroni « se positionne toujours comme candidate » pour être tête de liste d’une union de la gauche. « Mais si une candidature issue de la société civile devait émerger, je me retirerais au profit de cette candidature », ajoute-t-elle.

    Mais pourquoi une union aboutirait-elle maintenant, alors qu’elle n’a jamais pu voir le jour depuis l’été ? « L’union de la gauche aux municipales est compromise », estime José Sterenzi. « Pour qu’il y ait un élan populaire, car aujourd’hui les gens sont déçus par les organisations, nous avons voulu recréer une unité large, appuyée sur les citoyens, autour du programme du Nouveau Front populaire (NFP). Mais chacun tire la couverture à lui », regrette-t-il. « Je me battrai jusqu’au bout pour cette union sur les bases du programme de rupture du NFP », lance-t-il. Avant d’avertir, inquiet : « Car si LFI fait sa liste, si Bernard Ougourlou-Oglou aussi, si Martine Cuccaroni pour le PS veut être tête de liste, alors que Karim Ghendouf s’est déclaré candidat vendredi, on risque d’avoir au premier tour quatre listes à gauche, ce qui est suicidaire alors que l’extrême droite est aux portes de la ville. Lors des dernières élections législatives, le RN a remporté plus de 30% des voix à La Ciotat… »

    « Les fédérations trancheront »

    « Honnêtement, l’union à gauche, moi, je n’y crois plus… Même si nous aimerions une liste unique », réagit Isabelle Mazuc, responsable du sous-groupe La Ciotat-Ceyreste pour les Écologistes. « Car La France insoumise serait pour une union sans le Parti socialiste et le PS sans LFI… Lors de ses vœux, Karim Ghendouf a appelé à l’union, mais il a déroulé un programme très marqué PCF. Son projet offre peu de possibilités pour une union. J’appelle cela plus une soumission qu’un compromis », tranche-t-elle.

    Jean-Paul Coste, représentant de LFI à La Ciotat, est clair : pour lui, l’union de la gauche peut se faire, mais sans le PS. « Que Martine Cuccaroni se présente comme tête de liste et revendique l’héritage d’Olivier Faure, 1er secrétaire du PS, lequel traite Jean-Luc Mélenchon par exemple de “salopard antisémite”, pour nous, ça ne peut pas passer », argumente-t-il. De son côté, LFI « a mis en place une procédure pour constituer une liste électorale. Deux candidats ont été désignés, Antoine Vichy et Dominique Sabatini. Nous attendons la validation départementale » .Pour Jean-Paul Coste, « il y a peut-être un risque à faire une liste de plus, mais ça peut aussi inciter plus de gens à aller voter. Rappelons-nous que, lors des dernières municipales à La Ciotat, il y a eu 60% d’abstentions, c’est énorme ! ».

    Dans ce paysage politique nébuleux, Toni Delogu rappelle : « Si certains s’entêtent dans leur choix, les fédérations, au PS, au PCF et pour les Écologistes, trancheront pour une candidature unique. » À La Ciotat, l’ex-1er secrétaire de section PS, Bernard Ougourlou-Ouglou, travaille à constituer sa liste « Pour les Ciotadens », sous l’étiquette gauche social-démocrate.

  • Procès de Yann Bompard : « Les faits ont permis l’enrichissement d’un allié politique »

    Procès de Yann Bompard : « Les faits ont permis l’enrichissement d’un allié politique »

    Le tribunal correctionnel de Marseille a reconnu, lundi, l’élu de la Ligue du Sud coupable de recel de détournement de fonds publics pour avoir occupé un emploi fictif de collaborateur parlementaire. Il a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, 40 000 euros d’amende, la confiscation de 8 000 euros sur son compte bancaire et, surtout, à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Ce qui le destitue immédiatement de ses trois mandats : maire, conseiller départemental et président de l’intercommunalité.

    « Devoir exacerbé d’exemplarité »

    « Il n’a cessé, au cours de l’enquête et de l’audience, d’affirmer qu’il avait parfaitement exercé ses missions de collaborateur parlementaire, ce qui laisse songeur quant à l’utilisation qu’il sait pouvoir faire des deniers publics », énonce le tribunal, lui rappelant qu’élu de la République, il avait « au titre de ses trois mandats électifs un devoir exacerbé d’exemplarité ». Pour le tribunal, Yann Bompard s’est inscrit dans « une relation de travail inversée, instaurant sur celle qui était non seulement son employeur, mais aussi une élue du Parlement, une forme d’autorité du fait de sa filiation et de l’ancrage politique de son père et de sa mère ». Les faits ont un « caractère lucratif » ayant permis « l’enrichissement de celui qui était au départ un allié politique » de la députée et qui était déjà rémunéré 5 800 euros mensuels pour trois mandats.

    La députée du Vaucluse, Marie-France Lorho, passée de la Ligue du Sud au Rassemblement national, écope de dix-huit mois avec sursis, 10 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, pour détournement de fonds publics et subornation de témoin ayant fait pression sur un autre collaborateur pour mentir. L’écoute diffusée au procès était édifiante : « Bah vous êtes censé dire qu’il faisait les discours, qu’il a participé aux journaux, qu’il travaillait parce que sinon, on va être dans la merde hein. » Son collaborateur faisait aussitôt remarquer : « Vous comprenez que vous me demandez de mentir ? » – « Je sais, moi aussi je vais mentir », avait répliqué la députée. « C’est chaud quand même là. Ils vont voir que vous n’avez pas d’échanges de mails, de téléphone, y a aucun discours qui peut être justifié par lui, y a rien, y a rien, aucune trace de travail de part, donc faire une fausse déclaration là-dessus heu… », s’inquiétait son collaborateur bien conscient de la vacuité du travail de M. Bompard.

    « Alors que vous êtes une représentante du peuple, et non de vos électeurs, vous avez choisi de vous positionner, puis de vous maintenir sous la coupe d’un responsable politique local. Vous avez choisi de favoriser les intérêts financiers de sa famille, et ce partant de préserver votre propre avenir politique au détriment du bien public », a lancé le tribunal à la députée, seule présente, mais qui, une fois le jugement rendu, s’est enfuie du tribunal par une porte dérobée pour ne pas affronter les micros et caméras.

    Les deux élus devront solidairement rembourser à l’Assemblée nationale partie civile la somme de 74 776 euros bruts de salaire de Yann Bompard, collaborateur parlementaire fictif.

  • Condamné, Yann Bompard n’est plus maire d’Orange

    Condamné, Yann Bompard n’est plus maire d’Orange

    Yann Bompard n’est plus maire d’Orange. Le tribunal correctionnel de Marseille a reconnu l’élu de la Ligue du Sud coupable de recel de détournement de fonds publics – l’emploi fictif de collaborateur parlementaire du 30 novembre 2021 au 11 février 2023 – et l’a condamné à 18 mois de prison avec sursis, 40.000 euros d’amende, confiscation de 8.000 euros saisis sur son compte bancaire et surtout 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui le destitue de son mandat et lui barre la voie à une candidature aux prochaines municipales. Il était absent au délibéré. Le préfet devra démettre l’élu d’extrême droite à moins qu’il ne démissionne de lui-même. « Il n’a cessé au cours de l’enquête et de l’audience d’affirmer qu’il avait parfaitement exercé ses missions de collaborateur parlementaire, ce qui laisse songeur quant à l’utilisation qu’il sait pouvoir faire des deniers publics » a dit le tribunal.

    La députée de la 4e circonscription du Vaucluse, Marie-France Lorho, passée au Rassemblement national, est condamnée elle aussi à 18 mois de prison avec sursis, 10.000 euros d’amende et à 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, comme auteure principale du délit de détournement de fonds publics et subornation de témoins pour avoir demandé à son autre collaborateur parlementaire de mentir. « Alors qu’elle est une représentante du peuple, et non de ses électeurs, Marie-France Lorho a choisi de se positionner, puis de se maintenir sous la coupe d’un responsable politique local. Elle a choisi de favoriser les intérêts financiers de la famille de ce dernier, et ce partant de préserver son propre avenir politique au détriment du bien public » a énoncé le tribunal. La députée s’est enfuie du tribunal par une porte dérobée.

    Si elle ne faisait pas appel, elle devrait toutefois former un recours devant le Conseil constitutionnel pour pouvoir achever son mandat. Les deux élus condamnés devront solidairement rembourser à l’Assemblée nationale constituée partie civile la somme de 74.776 euros bruts de salaire de collaborateur parlementaire fictif indûment versés à Yann Bompard.

    À lire demain dans La Marseillaise.

  • Magali Brunel face aux lecteurs à Toulon

    Magali Brunel face aux lecteurs à Toulon

    L’enseignante, actuellement conseillère municipale d’opposition, est interrogée sur le projet démocratique, social et solidaire dont elle est porteuse, en particulier ici sur les moyensà mettre en place pour juguler la crise du logement ou comment améliorer les dotations aux écoles afin de favoriser l’égalité des chances. Mais aussi comment promouvoir l’usage des transports en commun, faciliter les mobilités et rendre la ville plus solidaire, plus accueillante. Tout un programme.

    Alain Tournay : On ne va pas se mentir, l’école ne va bien du tout. Comment faire en sorte d’améliorer les dotations pour qu’elles soient à la hauteur des besoins ? Pareil pour la restauration scolaire qui a un train de retard, voire un tramway, alors qu’on sait que certains élèves ne font qu’un seul vrai repas par jour à Toulon ?

    Magali Brunel : Alors d’abord, sur la dotation scolaire, je pense qu’il est bon de resituer un petit peu les choses, puisque nous sommes trois élus d’opposition depuis six ans dans la municipalité actuelle. Et c’est un sujet sur lequel on s’est toujours mobilisés. À chaque budget, à chaque occasion où un sujet éducatif était sollicité, on est revenu sur la question d’un meilleur soutien pour l’école, que ce soit sur les dotations aux classes qui servent justement à acheter les fournitures et puis à développer des projets, ou les sorties scolaires et les classes transplantées, puisque ce ne sont pas les mêmes lignes budgétaires.

    Ce sont deux sujets sur lesquels on s’est beaucoup battus, André de Ubeda en particulier, puisqu’il était en charge de la commission éducation. Et on a obtenu d’ores et déjà des choses. La revalorisation des crédits de dotation a été marquante aux alentours de 40 000 euros. Et pareil pour les classes transplantées.

    Mais ce n’est pas suffisant. Il faut avoir une vision un petit peu globale de l’enjeu que c’est d’accompagner toute une génération dans de bonnes conditions matérielles. Et à Toulon, c’est sûr qu’on n’est pas au rendez-vous. Je crois qu’on est dans les plus bas des classements en termes de dotation par élève. Nous pensons que d’abord, on peut y répondre avec, dès la rentrée, une prise en compte de la nécessité d’équiper les enfants de kits scolaires gratuits. Ça se fait à Marseille aujourd’hui, et dans plusieurs autres communes de la région. Ça met tous les élèves à égalité.

    On sait que la pédagogie de projet et l’ouverture hors de l’école, c’est un des moyens de lutter contre les inégalités scolaire et sociale, parce que nos enfants, s’ils reçoivent tous le même enseignement, ils sont à l’école devant le même enseignant, ils n’ont pas le même environnement pour profiter de ces cours qui leur sont dispensés. Donc, c’est sur l’environnement, sur le projet, sur l’ouverture qu’il faut jouer.

    Concernant ensuite la cantine, c’est un sujet qui est, à mon sens, sous-évalué aujourd’hui. L’alimentation en général dans une collectivité, d’ailleurs. Nos seniors s’alimentent mal, et cela accentue leur problématique de vieillissement ; les personnes les plus démunies s’alimentent mal et ça accentue les problématiques de leur vie quotidienne ; et nos enfants, qui sont l’avenir, sont soit mal alimentés, soit s’alimentent mal parce que l’environnement n’est pas suffisamment favorable. Et cela a des conséquences sur leur développement, leur santé, leurs apprentissages. Nous pensons qu’il faut mettre le paquet sur la restauration scolaire.

    De ce point de vue là, on a également des références, avec des municipalités qui ont déjà mis des choses en place et qui ont très bien fonctionné. C’est le cas dans des petites communes comme Correns ou Mouans-Sartoux, qui font office de modèles. Mais c’est le cas aussi à Lyon, qui est quand même une collectivité plus importante que Toulon. Donc, nous, on se situe entre deux. Si on arrive à faire mieux que Correns et Mouans-Sartoux et juste en dessous de Lyon, on ne sera déjà pas si mal.

    Et on a des moyens de le faire, parce qu’à Toulon, tout ce qui est production alimentaire n’est pas mobilisé par des sous-traitants qui donnent des repas prêts à l’emploi. Nous avons des personnels qui sont des cuisiniers et des cuisinières et qui ont donc un savoir-faire.

    Il faut qu’on s’appuie sur ces savoir-faire. Et il faut qu’on réfléchisse à davantage nous appuyer aussi sur nos producteurs locaux, rentrer dans une boucle positive pour qu’eux vivent mieux et qu’ils nous permettent de mieux alimenter nos enfants.

    Salima Arrar : Que prévoyez-vous en termes de politique de santé, et concernant le devenir des cliniques privées ?

    M. B. : Le paysage qui se dessine, c’est celui d’une santé à deux vitesses qui a été encouragée par l’installation de groupes privés. Et puis, il y a l’hôpital public et tous les acteurs de la santé publique qui sont en grande souffrance, notamment du fait de resserrement des budgets nationaux. Avec des corps de métier qui sont en très grande tension.

    Pour ce qui concerne la gouvernance municipale, la priorité est de faire en sorte qu’il y ait une offre de soins pour tous les habitants de la ville. Et donc, de ce point de vue là, pour prendre l’exemple de la clinique Saint-Jean, quand il a été question de son éventuel déménagement sur La Crau par le groupe Sainte-Marguerite, notre rôle a été de mettre en évidence le véritable problème que cela pouvait créer pour ce quartier déjà en difficulté. Il est important de s’attacher à maintenir des systèmes qui fonctionnent là où ils sont implantés, à proximité des habitants. Nous avons eu des réserves sur les conditions de la reconfiguration et l’extension négociée par Madame Massi [maire de Toulon SE, Ndlr], parce que cela impacte un parc, et que nous pensons qu’il faut trouver d’autres solutions que de couper des arbres et de sacrifier de l’espace vert. Parce que c’est aussi une question de santé que les gens puissent bénéficier d’espaces verts. Mais, ceci étant, je le répète, nous soutenons un projet qui consisterait à permettre à une structure existante et qui fonctionne dans l’environnement de rester dans son lieu.

    Nous avons d’ailleurs voté il y a quelques semaines, un contrat local de santé et de santé mentale, qui est une manière pour la collectivité de coordonner l’action des acteurs locaux. C’est un outil intéressant, mais là encore, un outil qui nécessite de la concertation et de la co-réflexion réelle. Ces outils-là ont de valeur que si tout le monde est sollicité, tout le monde contribue : la médecine de ville, les différentes structures privées de santé, la structure publique et les autres acteurs de santé comme le CCAS. Donc nous, nous souhaitons faire vivre ce contrat local de santé pour qu’il soit un véritable organe de régulation, de concertation et d’amélioration de la politique de santé municipale.

    Je termine en évoquant les centres de santé qui sont des lieux où on peut aller se faire soigner, qui sont coordonnés avec l’hôpital et qui appartiennent au réseau de la santé publique. De notre point de vue, il y a un audit à mener pour clarifier où sont les besoins sur le territoire municipal. On a parlé de cliniques privées, d’hôpital public, mais il y a des zones blanches. Dans le quartier de Claret, par exemple, le dernier médecin généraliste va partir à la retraite et il n’y a personne pour le remplacer. Pour nous, il faut répondre à ces problématiques non pas simplement en termes de bâti, en mettant à disposition un local et en laissant faire ceux qui souhaiteraient y aller, mais bien identifier les besoins et faciliter l’installation de médecins qui pourraient être salariés et donc faire partie du personnel public. Cela nous permettrait de répondre aux besoins là où ils sont.

    Xavier Hardy : On est vraiment très soucieux du traitement réservé aux migrants, aux personnes à la rue ou en grande difficulté… Comment allez-vous permettre cet accompagnement social par les structures ?

    M. B. : Nous nous y étions engagés en 2020, nous n’avons pas changé d’avis : nous serons signataires de la charte de l’Anvita [Association nationale des villes et territoires accueillants, Ndlr]. Donc si Toulon en Commun est appelé à mener la municipalité nous assumerons les différents articles de cette charte. Et nous envisageons les actions de solidarité dans la durée. Parce qu’on n’est pas solidaires un jour par an au moment par exemple de la collecte de la Croix-Rouge ou la journée de ceci ou de cela.

    Pour moi, investir la mairie c’est respecter les trois mots qui caractérisent la vie publique : liberté, égalité, fraternité, sans en laisser un de côté. La fraternité se traduit notamment, il me semble que c’est un signe fort, dans la manière dont une ville traite les gens qu’elle accueille : les plus fragiles, les personnes qui ont subi des exils, des traumatismes, des accidents de vie. Nous avons à les accueillir avec humanité. Et c’est ensemble que nous devons le faire.

    Notre programme s’est bâti à la fois dans le collectif mais aussi grâce à des rencontres avec des acteurs associatifs, des acteurs de la solidarité, des personnes aussi qui ont cette expérience-là. Voir des enfants à la rue, des femmes passer des nuits dehors avec leurs petits gamins, ce n’est juste pas possible !

    Alors, comment on soutient ? D’abord en facilitant et en accompagnant le travail des associations. On a la chance sur Toulon d’avoir un tissu déjà créé qui sait travailler ensemble, et donc il faut s’appuyer sur les compétences et sur l’expertise existantes. Aider aussi à l’identification de ces structures, parce que quand on débarque à Toulon dans une situation souvent terrible, qu’on est à la recherche d’un toit et de quoi manger, il faut qu’on ait une solution rapidement identifiable, donc des cartographies qui permettent de savoir à qui s’adresser rapidement.

    Jean-Paul Jambon : Quelles propositions faites-vous
    pour remédier à la carence
    de logement social
     ?

    M. B. : Il y a en fait deux problématiques. Celle de la construction, pour commencer. Et on s’aperçoit que les leviers pour produire davantage de logements sociaux ne sont pas actionnés. La deuxième concerne le vieillissement du parc existant, qui fait qu’on met des habitants, des locataires qui paient leur loyer régulièrement, dans des situations d’indignité du logement. Ce qui rajoute des problèmes, parce que quand on vit dans un logement dégradé on veut légitimement en partir. Et donc on demande à muter, ce qui ajoute, en quelque sorte, une pièce supplémentaire dans la machine.

    Il faut traiter les deux problèmes en même temps et pas de manière différenciée. La construction du logement social, c’est un sujet, lui aussi, sur lequel depuis 6 ans, là dans le cas précis, c’est moi, on intervient en conseil municipal. Au début, c’était M. Falco qui me répondait « Mais Mme Brunel, là, il y a la mer, là, il y a la montagne, il n’y a pas un seul mètre carré de foncier disponible ». Bon, on a trouvé beaucoup de mètres carrés pour faire du logement privé et des belles résidences.

    A priori, il n’y en avait pas pour les classes populaires. Donc évidemment, ce traitement n’est pas admissible. Et ça veut dire qu’il faut mettre en face de cela une stratégie qui marque la rupture. Et pour commencer abaisser les seuils d’obligation à construire du logement social lorsque l’on construit des résidences. Ce qui va augmenter leur nombre dans un espace de mixité sociale.

    Parce que quand on fait cela, on ne construit pas une tour où on concentre des populations issues des mêmes milieux socio-économiques, mais on fait vivre ensemble des populations différentes avec des niveaux d’acceptabilité qui font que nous coexistons et nous coexistons avec harmonie. Donc en cela, on répond à la fois à un problème de logement et à un problème de mixité qui s’enchaîne sur la mixité scolaire. Enfin, vous voyez, c’est la chaîne vertueuse au lieu de rester dans une chaîne de blocage.

    Il est urgent également de rénover le parc social et d’améliorer la vie quotidienne des habitants, parce qu’on a laissé tomber les locataires, on a laissé tomber les cités. Et on a rajouté en plus des problèmes au moment de la rénovation urbaine du centre-ville, c’est-à-dire que les personnes qui vivaient dans le centre ancien depuis des années, on les a déracinées. J’ai rencontré des messieurs qui avaient toujours vécu ici dans ce centre-ville et qui ont été envoyés à la Beaucaire où ils sont perdus, parce que c’est ici qu’ils ont leur cercle.

    Ça, c’est très choquant. Il faut s’engager à ce qu’une rénovation urbaine ne soit pas une façon de sortir les habitants de leur lieu de vie, mais qu’on construise avec eux le logement pour eux et pour demain.

    Sandra Gérard : Nous avons un double problème à Toulon du fait du manque de logements mais aussi de la cherté des loyers. Ce qui oblige beaucoup de salariés à s’éloigner de Toulon, et provoque un engorgement de la circulation… Comment comptez-vous agir sur ces deux phénomènes ?

    M. B. : On est toujours sur la difficulté d’accès au logement. Le problème c’est qu’on est dans un enkystement de la situation qui a conduit, notamment après le Covid, à une augmentation des prix de l’immobilier qui n’a fait que s’accentuer. Et ça continue d’ailleurs du fait du nombre de résidences secondaires qui se multiplient sur la ville et qui ne sont pas découragées. Sans compter le développement des moyens de location de meublés touristiques type Airbnb, mais pas que, et qui bloquent du logement. Parce que c’est plus rentable de louer en succession à plein de touristes qu’à une famille qui en a besoin. Ce qu’on identifie dans les différentes analyses, c’est que, en plus, les effets de la pénurie de logement et la cherté des loyers touchent particulièrement les jeunes actifs et les familles avec enfants qui sont obligés comme vous le dites de quitter Toulon.

    Donc ça signifie qu’il faut absolument apporter des réponses parce qu’on dévitalise une ville aussi. Et il faut d’abord s’attaquer à la question des Airbnb. Il y a des solutions très simples, votées récemment. Donc on a les dispositifs, les outils.

    Dans le Pays Basque, ils ont fait ça de manière très volontariste avec des résultats qui sont évidents. Donc faisons en sorte de limiter les abus. Il ne s’agit pas d’interdire de louer 15 jours son appartement quand on est en vacances, mais bien les abus qui créent du blocage à la location de longue durée.

    Deuxième sujet, la question du prix des loyers. Il y a une façon très raisonnable de faire les choses, c’est de prévoir un encadrement. Un encadrement, ce n’est pas que tout le monde a le même loyer. Le loyer est analysé en fonction de l’offre et dans une marge de manœuvre raisonnable qui permet de valoriser éventuellement un appartement qui est plus attractif par rapport à un autre qui l’est moins, mais dans une proportion raisonnable de façon à permettre aux locataires de payer un juste prix.

    Et puis il y a une troisième solution qui est le permis de louer, qui fait que la municipalité est garante de ce qui est offert à louer aux locataires. Parce que quand vous vous retrouvez à payer 800 euros un taudis ou un endroit ultra-humide, c’est indigne. Et ça ne devrait pas être admissible par une collectivité qui a les moyens de régler cela. Le permis de louer permet de faire en quelque sorte un filtrage pour mettre à la location un logement qui peut effectivement être habité.

    Ça peut être d’ailleurs associé aux aides de la CAF. Donc ça veut dire qu’on a des leviers pour soutenir tout simplement des gens qui sont responsables dans la location qu’ils mettent à disposition. Il ne s’agit pas du tout de faire la guerre à des propriétaires ou à des organismes qui fonctionnent de manière tout à fait citoyenne, mais de se prémunir des abus et des positions de faiblesse dans lesquelles on met les locataires et les gens qui veulent accéder à la propriété.

    C’est-à-dire ?

    Libérer le parc, c’est permettre aussi un accès à la propriété plus facile aux ménages qui à force d’efforts ont pu faire en sorte de dégager des économies pour investir. Là aussi il y a des solutions qui permettent d’acheter le bâti et que le foncier reste à la propriété de la ville, et qui font qu’on peut devenir propriétaire à moindre coût.

    Et quand on s’attaque à la question du logement, on limite aussi les problématiques d’embouteillage automobile qui sont un poison pour les gens, pour les travailleurs en termes d’écologie et de bien vivre dans la ville. Néanmoins, évidemment, il faut faciliter la mobilité quand elle n’est pas contrainte.

    Et pour nous, l’un des points forts de notre programme c’est le tramway comme axe structurant l’ensemble de la métropole de la Seyne, au moins, à La Valette, et si possible plus loin encore. C’est-à-dire l’axe majeur de circulation au sein de notre territoire. Parce qu’il est beaucoup plus efficace et plus écologique. C’est la solution la plus adaptée à notre ville. Et que nous pensons que ce travail sur des investissements structurants, doit être associé avec une gratuité progressive.

    Parce que pour changer de mode de transport, toutes les études montrent dans des métropoles comparables que seulement l’offre ou seulement la tarification ne suffisent pas. C’est l’association des deux qui font qu’à un moment donné un usager, un habitant choisit de passer à une autre modalité de transport. C’est ce que nous voulons faire et nous comptons l’articuler avec les autres moyens de transport intra-urbains qui sont notamment les moyens ferroviaires. On a parlé d’un RER toulonnais mais il n’est pas encore à sa vitesse de croisière.

    Roland Biache : Est-ce que votre programme intègre a minima le maintien des volumes financiers en cours à destination
    des associations, voire a prévu
    de les faire progresser ?

    M. B. : Alors, nous d’abord, on est évidemment convaincus que le tissu associatif c’est le filet de la cohésion sociale. Et c’est souvent, concernant les associations de la solidarité, le filet de survie et le filet de sécurité de toute une série de populations précaires. Donc nous avons un regard absolument attentif à ce tissu associatif. Et ça fait partie aussi des sujets sur lesquels on est intervenu plusieurs fois en conseil municipal parce que le discours abusif de M. Falco était le maintien. On maintient les sommes telles qu’elles ont été accordées l’année précédente.

    Mais comme on peut en faire facilement le calcul, les 23 ans à la direction de cette municipalité de M. Falco, compte tenu à la fois de la hausse des recettes de la ville et de l’inflation, ont abouti à ce que les associations fassent les frais au final de budgets en baisse. Donc nous avons demandé chaque année, non pas qu’on nous parle de maintien, mais qu’on nous parle de réactualisation, au moins, au même taux, et sur lesquelles les associations peuvent s’appuyer. C’est notamment quelque chose qu’on a réussi à obtenir les deux dernières années, parce que notre argument a été entendu et que l’hypocrisie a été quand même levée.

    Nous allons aussi regarder de près l’utilisation de l’argent public, comment on s’en sert, quel est son usage, quel est le public qui en est bénéficiaire. Aller voir concrètement les effets, les résultats. C’est pourquoi la proposition d’une commission de concertation me paraît être une bonne solution, parce qu’elle permet à la fois de voir les bonnes pratiques, d’être clair sur les critères et donc qu’il n’y ait pas, en quelque sorte, de concurrence déloyale.

    On a parlé tout à l’heure des associations de logements. Voilà typiquement un sujet sur lequel on peut avoir des grosses inquiétudes quant à la transparence de leur action. Et donc il est certain que nous, à Toulon en Commun, qui avons une logique participative pour notre propre mode d’action, nous considérons que la concertation et la transparence sont la règle d’or du fonctionnement de toute action citoyenne et donc aussi celle des associations. La proposition de budgets pluriannuels me semble une bonne solution. Je pense que l’idée de se dire qu’on part sur une échelle plus longue pour permettre aux gens de travailler sereinement est une idée à explorer, c’est une réponse au stakhanovisme des dossiers à compléter qui occupent beaucoup les associations au détriment de leur travail sur le terrain et celui des agents municipaux. Et donc peut-être qu’on gagnerait à se faire confiance sur un temps donné, à être réellement attentifs aux bilans et donc à voir de près quels sont les bénéfices et ainsi faire travailler les gens sereinement.

    Je tiens également à dire que la culture n’est pas une variable d’ajustement dans un budget municipal. Pour nous, elle participe de la citoyenneté. Elle est un levier de citoyenneté et elle doit être partout.

    Focus sur les lecteurs

    Alain Tournay, enseignant (responsable syndical)

    Salima Arrar, aide-soignante (syndicaliste et membre du PCF)

    Xavier Hardy, retraité (collectif Migrants)

    Jean-Paul Jambon, retraité (Fondation pour le logement)

    Sandra Gérard, fonctionnaire de catégorie B à l’Arsenal de Toulon

    Roland Biache, retraité (militant associatif)

  • Hervé Granier défend une croissance « maîtrisée » à Gardanne

    Hervé Granier défend une croissance « maîtrisée » à Gardanne

    Période électorale oblige, le maire sortant et candidat à sa réélection, ne fera pas le bilan de ces dernières années de mandat. « Sachez que nous continuerons à nous investir jusqu’au dernier jour et jusqu’à la dernière heure de mon mandat », promettait Hervé Granier (LR), ce samedi en halle Léo Ferré. Après les hommages, l’heure aura donc été davantage au constat. Sur le plan national, entre autres. À l’échelle locale, le premier magistrat partage celui d’un territoire en croissance. Certes, « la population a évolué ces dernières années (…) nous accueillons à bras ouverts les nouveaux habitants, mais tout en respectant l’âme de notre commune », estime Hervé Granier.

    Un conflit, pour finir

    Il poursuit : « Les afflux trop importants de population dérèglent les fonctionnements et c’est pour cela que j’y suis opposé. De nouveaux habitants, de manière maîtrisée, c’est aussi faire face à la demande pour de nouveaux équipements (…) Prévoir, anticiper, équiper en parallèle notre commune et répondre aux besoins, je dis oui… car on peut très bien grandir sans le traumatisme de barres d’immeubles défigurant notre commune ». Des vœux, qui pourtant se concluront par une passe d’armes. Après cérémonie, le maire relate, sur sa page de campagne, qu’au moment ou « l’ensemble des élus » montaient sur scène pour l’hymne national, « Monsieur La Piana, candidat aux prochaines élections municipales avec ses amis de l’extrême gauche et de la France insoumise, ont décidé de descendre de la scène ». Un geste expliqué par le Collectif Citoyen Gardanne Biver, inclus dans l’union de gauche de Jean-Marc La Piana : le refus d’être sur scène aux côtés d’élus d’extrême droite : José Gonzalez (député RN) et Stéphane Ravier (sénateur RN). « N’ayant rien à partager avec ces personnages, les élus sont descendus de la scène », conclut le collectif.

  • Les vœux réjouissants et volontaristes d’André Molino à Septèmes-les-Vallons

    Les vœux réjouissants et volontaristes d’André Molino à Septèmes-les-Vallons

    C’est en présence du maire de San Damiano d’Asti, Davide Migliasso, avec qui sa commune est jumelée, que le maire de Septèmes-les-Vallons, André Molino (PCF) a présenté ses vœux, vendredi 23 janvier, aux habitants.

    À moins de sept semaines du premier tour des élections municipales, le 15 mars, le maire (qui se représente) n’a pas dressé de bilan mais, comme la loi l’y autorise a détaillé avec gourmandise « les réalisations en cours et celle de l’année écoulée », à savoir 2025.

    « Ne pas céder à

    la pression foncière »

    Sur le plan de l’habitat, André Molino a évoqué « l’opération de réhabilitation-construction des logements acquis par la commune dans les noyaux villageois », en passe d’être terminée. Ainsi que le « dernier dispositif en date, le permis de louer à Notre-Dame-Limite, aux Caillols et à Septèmes-centre ». Ajoutant : « C’est un outil simple et très utile à l’amélioration de l’habitat. »

    Dans cette commune de plus de 12 000 habitants, l’objectif d’André Molino est de « conserver une bonne qualité de vie » et de continuer « d’attirer de nouveaux habitants » mais « sans jamais céder à la pression foncière, en respectant les équilibres existants et en préservant l’intégrité de nos 1 200 hectares en zone naturelle ».

    Outre le logement, le maire de Septèmes a insisté sur l’accès à la santé. « Le travail engagé continue, en lien étroit avec nos partenaires, dont la Communauté professionnelle et territoriale de santé. » Il précise : « Nous poursuivons un double objectif : créer les conditions d’une attractivité suffisante pour maintenir nos professionnels de santé en place et susciter l’installation de nouveaux. » Il annonce l’installation d’un « nouveau médecin dans les prochaines semaines au centre médical de la Gavotte-Peyret, dans des locaux acquis par la Ville à cet effet ».

    Cultiver le bien-vivre

    Le maire de Septèmes-les-Vallons est fier d’annoncer également que « les dix parcelles des jardins familiaux de l’Oliveraie sont prêtes à être mises en culture ». Et de détailler l’objectif de ce projet lancé en 2025 : « L’idée est simple. Que des familles septémoises ne disposant pas d’espace extérieur, puissent bénéficier d’un lopin de terre pour y faire pousser leurs fruits et légumes après avoir reçu une formation adaptée. »

    André Molino a tenu à saluer l’engagement des associations dans la vie de Septèmes-les-Vallons. Faisant montre du volontarisme de sa municipalité. « Cette vitalité associative, nous l’entretenons par une politique de subventions que nous maintenons malgré les contraintes financières, par un soutien technique, et par un travail minutieux de concertation avec chaque structure. »

    De l’importance de l’action communale en ces temps difficiles.

  • Le PCF en première ligne contre l’extrême droite et ses idées

    Le PCF en première ligne contre l’extrême droite et ses idées

    Il aura fallu ouvrir les vœux communistes sur un constat : aux quatre coins du globe, révolutions, luttes pour l’indépendance et guerres éclatent, dessinant ainsi les combats à venir. Mais aussi rappeler que « cette année qui s’ouvre, est marquée par les élections municipales qui précèdent elles-mêmes l’année de l’élection présidentielle : on sait déjà qu’elles seront marquées par la croissance de l’extrême droite dans un contexte ou l’impérialisme se déchaîne, rappelle Arthur Patou, responsable départemental des Jeunes communistes. Nous baserons nos actions pour l’année 2026 sous le signe de la lutte et du rassemblement de toute la jeunesse. » De son côté, Sophie Rothon, secrétaire de section du PCF Pays d’Aix estime que les crises nationales et internationales ont une « racine commune. Le capitalisme en bout de course qui ne survit plus qu’à l’austérité, la guerre, la concurrence généralisée et la division des peuples ». Cette cérémonie de vœux, qui rassemble d’ailleurs toutes les forces de gauches et les militants de la CGT, aura été l’occasion d’annoncer qu’une large mobilisation est organisée samedi prochain, au départ de la Rotonde, à 15h sous le mot d’ordre « Pour la paix, dites non à la guerre ». « L’année 2026 commence avec plus de 60 pays en guerre », rappelle Sophie Rothon. Et de rappeler que le parti reste solidaire de la lutte du peuple Kurde du Rojava, du peuple cubain, du peuple soulevé en Iran, des Palestiniens.

    Combattre l’extrême droite

    Entre autres. Au niveau national « le terrain social » reste aussi à défendre. « Le pouvoir mène une politique de classe brutale imposée par la force. Le budget a été imposé deux fois par 49.3 par le gouvernement Lecornu, lui qui avait promis ne pas y avoir recours. C’est un grave déni démocratique, poursuit Sophie Rothon. D’un autre côté, les 211 milliards d’euros d’aide publique aux entreprises, révélées par la Commission d’enquête sénatoriale présidée par Fabien Gay [sénateur PCF, Ndlr.] ont mis le pouvoir en difficulté. On exige des sacrifices du monde du travail, de l’autre on arrose le capital à coups de milliards. C’est un choix de classe assumé que nous combattons. » Le panel de causes à défendre reste large : soutien d’une jeunesse « précarisée », mais aussi les causes féministes, antiracistes, contre l’antisémitisme, pour les personnes LGBTQIA+, aux côtés des agriculteurs dans leur combat contre les accords de libre-échange et pour la souveraineté alimentaire… Mais surtout, contre l’extrême droite et ses idées, à l’aube du scrutin municipal. « Nous continuerons de la combattre partout où elle tente d’imposer ses idées, ses réseaux, ses financements. Comme à Aix, où la Nuit du bien commun financée par Pierre Edouard Stérin a été annulée grâce à la mobilisation. Quand le monde du travail s’organise, l’extrême droite recule », poursuit la secrétaire de section. David Tessier, désigné chef de file du PCF en vue des élections municipales à Aix-en-Provence, a pris lui la parole pour rappeler « le sens de nos combats ». « Nous sommes le parti des travailleurs (…) nous sommes, à Aix, le parti de Prados [Ernest Prados, résistant communiste aixois, Ndlr.]. Nous sommes hier le parti qui défilait aux côtés de nos camarades Kurdes (…) le parti de la paix qui n’a jamais porté atteinte à la démocratie (…). Nous n’avons jamais, et ne jouerons jamais avec le danger du fascisme et de l’extrême droite, quelles que soient les circonstances », a longuement rappelé David Tessier. Le ton est donné.

  • [Entretien] « L’État favorise l’agriculture ultra-productiviste »

    [Entretien] « L’État favorise l’agriculture ultra-productiviste »

    La Marseillaise : En quoi l’écologie est-elle synonyme d’émancipation et de transformation sociale ?

    Jean-Claude Boual : Inondation massive, feux monstres non maîtrisés, pollutions diverses ou encore dégradation de la qualité du sol et de l’eau… on voit bien que le système dans lequel on vit, qui consiste à faire du profit avant toute chose, entraîne des conséquences. On a besoin d’une transformation en profondeur de tout le système, avec des citoyens qui agissent en conséquence et en conscience.

    Quel est le rôle des politiques publiques ?

    J.-C.B. : Que ce soit au niveau de l’État, de l’Union européenne, ou même mondial il n’y a pas de volonté de changer les choses. Par exemple, au niveau de l’accord de Paris signé en 2016, on voit bien que les objectifs sont déjà dépassés. On est déjà au-delà des 1,5 degré et on sait qu’en Europe, ça va plus vite que sur l’ensemble de la planète. Copernicus, programme européen pour surveiller la planète, en est déjà à 2 degrés d’augmentation. De mon point de vue, les gens ont compris que les ressources n’étaient pas infinies, qu’on ne pourra plus avoir une croissance constante comme l’exige la rotation des capitaux.

    Pourquoi affirmez-vous que les questions écologiques et sociales sont liées ?

    J.-C.B. : Si on ne règle pas les questions des inégalités, il n’y aura pas l’engagement des gens. C’est une priorité en termes de politique publique. Dans notre pays, les salaires sont très bas parce que le rapport de force depuis plusieurs décennies est plutôt favorable au capital et au patronat. L’État favorise l’agriculture ultra-productiviste. La remise en cause du Pacte Vert sous la pression d’Ursula von der Leyen est un exemple de rétropédalage. Dans notre pays, on est face à une politique d’injonction de façon à noyer la réalité. Manger moins de viande, éteindre la lumière, couper le robinet d’eau, on culpabilise les gens. Mais le problème de fond est de se demander qu’est-ce qu’on propose ? Dans la philosophie qui consiste à compenser, on retrouve l’esprit de charité. On a une catastrophe, l’État donne de l’argent et le taux de profit est préservé. Ça coûte moins cher.

    De quelle écologie parle-t-on ? JC Boual. Edition Emile communication. 15€

  • L’éducation à la culture au cœur des vœux de la municipalité

    L’éducation à la culture au cœur des vœux de la municipalité

    C’est devant un parterre de professionnels de la culture, au Musée d’histoire de Marseille, ce mardi 20 janvier, que Jean-Marc Coppola (PCF), adjoint au maire en charge de la culture, a adressé ses vœux aux acteurs de la culture. L’élu a d’abord évoqué avec enthousiasme l’accueil du Festival interconnecté de la bande dessinée, qui débutera à la fin du mois de janvier dans l’ancienne enseigne de chaussure André, sur la Canebière. Un rendez-vous proposé suite à l’annulation de l’édition 2026 du festival international d’Angoulême (lire notre édition du 2 janvier). « C’est une première pour la ville de Marseille », a souligné l’adjoint.

    « Une affaire de vie

    et de gens »

    Jean-Marc Coppola s’est aussi félicité de l’augmentation historique du nombre de visiteurs dans plusieurs institutions culturelles de la ville : « Je souligne la fréquentation record dans l’ensemble des musées municipaux de la ville et nous en sommes fiers. » En 2025, plus de 880 000 personnes ont en effet franchi les portes de ces musées, soit une augmentation de 30% par rapport à l’année précédente (lire notre édition du 2 janvier).

    Les acteurs culturels de la ville sont « indispensables », insiste Jean-Marc Coppola, qui poursuit : « Je vous remercie pour votre engagement envers la culture, la création, la transmission et le partage. » Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille et candidat aux élections municipales, a également pris la parole. « Nous entrons dans une période qui nous empêche de dire ce que nous aimerions dire, campe le candidat. La culture, c’est une affaire de vie et de gens. ». Benoît Payan a formulé un vœu « d’espoir pour cette nouvelle année ».

    Les politiques d’éducation artistique et culturelle (EAC), portées par la Ville, ont été évoquées lors de cette cérémonie. Ce dispositif a pour objectif affiché de placer la population au centre des dispositifs culturels. C’est dans cette perspective qu’en 2026, l’accent sera mis sur « le développement de la pratique artistique » ainsi que « l’éveil des sens des enfants, des crèches et des écoles », se réjouit Jean-Marc Coppola. Après le vote, en décembre, du conseil municipal actant l’acquisition par la Ville des locaux des Galeries Lafayette, cet espace devrait accueillir, dans les années à venir, « une philharmonie des enfants ».

    « Une plus grande maîtrise des outils »

    Jean-Marc Coppola a mis en avant une année de « reconquête culturelle » destinée à faire face « à la loi du plus fort qui piétine le droit (…), et aux prédateurs qui utilisent les réseaux pour bouleverser la société (…) ». L’élu a affirmé son souhait de développer l’éducation aux pratiques numériques : « Je pense qu’il faut une plus grande maîtrise de ces outils. Il faut développer l’éducation artistique et culturelle (EAC) dès le plus jeune âge, pour permettre aux enfants de maîtriser ces technologies. » La Plateforme, située dans l’ancien Dock des Suds et qui abrite actuellement l’école du numérique, a pour but de favoriser ce croisement entre technologies et propositions culturelles.

    Marseille, ville cosmopolite, « ne renoncera pas à une culture pour toutes et tous », martèle l’adjoint : « C’est l’accessibilité à tout le monde, à tous les âges, aux arts et à la culture. » Il ajoute : « C’est une invitation à la pratique artistique. Quand je parle de l’EAC, je souhaite les inviter [les spectateurs, Ndlr] à se confronter à l’autre, à la différence et à l’altérité dont on s’enrichit. »