Tag: Pétanque

  • [Pétanque] Rocher, Lacroix, Doerr et Feltain soupçonnés de paris truqués

    [Pétanque] Rocher, Lacroix, Doerr et Feltain soupçonnés de paris truqués

    Leurs domiciles ont fait l’objet de perquisitions par les policiers du service central des courses et jeux de la police judiciaire, selon des informations du Parisien et de TF1. Parmi eux figurent Dylan Rocher, Henri Lacroix, Jean Feltain et David Doerr, internationaux français de pétanque. Le résultat d’une enquête ouverte pour « escroquerie en bande organisée » et « corruption active et passive dans une manifestation sportive ouverte aux paris » par le parquet de Toulon. Lors de la 7e et ultime étape des Masters de Pétanque en septembre 2025, leur équipe, tenante du titre, avait été largement battue 13-4 par l’équipe locale de Levallois, en quarts de finale. Une alerte a alors été donnée par la plateforme nationale de lutte contre la manipulation des compétitions sportives, coordonnée par l’autorité nationale des Jeux après l’observation de mises anormalement élevées.

    Le montant des gains (60 000 euros dont un tiers a finalement été bloqué
    par l’un des sites de paris qui soupçonnait une fraude) aurait bénéficié à des proches de certains joueurs de l’équipe
    de France.

  • De Saint-Bart à Marseille, l’amitié en guise de boussole

    De Saint-Bart à Marseille, l’amitié en guise de boussole

    Un bateau, deux avions et 14 heures de voyage pour venir jusqu’au parc Borély. Un long périple porté par une profonde amitié, teinté d’humour et de passion pour la pétanque, qui sont, ici, le moteur de chaque performance. Licenciés à l’Amicale bouliste de Saint-Barthélemy, au cœur des Caraïbes, Benjamin Couet et Vincent Dewez participent cette année au Mondial La Marseillaise avec leur ami varois Christophe Dicolangelo, licencié au club de Saint-Raphaël.

    Entre 80 et 100 licenciés

    « À Saint-Barth, il y a un vrai noyau de passionnés, aussi bien chez les natifs de l’île que chez les expatriés », raconte Benjamin Couet, qui a déjà eu la chance de représenter Saint-Barth’ au championnat de France. Cette petite île francophone des Caraïbes, réputée pour ses plages de sable blanc et ses boutiques de créateurs, compte entre 80 et 100 licenciés pour 9 000 habitants. Chaque année, le club local organise un Grand Prix et essaie d’attirer des champions.

    En octobre dernier, pour la 9e édition, quatre grands noms de la pétanque ont fait le voyage : Michel Loy, trois fois champion du monde, Christophe Sarrio, champion du monde triplette en 2023, Ludovic Montoro, champion d’Europe en 2023 et vainqueur du Mondial La Marseillaise 2021, et Yohan Cousin, champion de France en doublette en 2024 et vainqueur des Masters 2025.

    Jouer en métropole et participer à La Marseillaise est évidemment une immense joie pour Benjamin et Vincent. Ils apprécient la variété des terrains marseillais qui nivellent les niveaux. Car ce n’est pas l’expérience qui manque au sein de cette triplette des îles.

    Vincent Dewez a joué en club pendant plus de 20 ans et Christophe Dicolangelo a commencé il y a 5 ans, à Saint-Barth justement. Ils peuvent être à la fois tireur ou milieu. Benjamin joue à Saint-Barthélemy depuis une dizaine d’années. Il est plutôt pointeur ou milieu.

    Leur objectif est d’aller « le plus loin possible ». Les trois compères, qui ont déjà participé à La Marseillaise, mais jamais ensemble, ont conscience que dans le temple de la discipline, le niveau est élevé. « Ce serait sympathique de rencontrer un champion comme Dylan Rocher. Mais on espère que ce ne sera pas avant la finale. Le plus tard sera le mieux », sourient les amis.

  • Dernier qualif’ avant Borély pour le Handi Mondial

    Dernier qualif’ avant Borély pour le Handi Mondial

    Lancés en mai, les tournois qualificatifs de la 6e édition du Handi Mondial La Marseillaise ont déjà réuni une quarantaine d’équipes. La prochaine étape a lieu ce samedi, à Septèmes, avec une dizaine d’équipes engagées. Ces cinq étapes qualificatives programmées par l’AJCM sur le boulodrome Daillan à Arles (23 mai), en partenariat avec le club Lou Gari Trenco Taïen, à Salon-de-Provence du côté de la Boule de l’Élysée (30 mai), à Marseille sur le territoire de la Boule Vallier (20 juin), à Septèmes-les-Vallons avec l’Étoile bouliste septèmoise ont permis de livrer le nom des premiers qualifiés pour le concours final, programmé le 8 juillet, au parc Borély.

    Les Ukrainiens de retour

    On y retrouvera notamment le vainqueur de l’année dernière, Patrick Gueguen (associé à Sette et Germain), qui joue cette année avec comme équipier de Philippe Persoglio, un homme avec un handicap psychomoteur. Ils se sont qualifiés lors du qualificatif de Vallier. La finale sera retransmise en lever de rideau de la grande finale de la 65e édition, sur le stade d’honneur. D’ici là, une cinquième et dernière étape qualificative aura lieu au Parc Borély, le mardi 7 juillet, pour les participants du reste de la France et étrangers.

    À cette date, seize équipes sont engagées, dont une équipe ukrainienne, présente l’an passé au parc Borély, dans le cadre du programme de réhabilitation des soldats blessés au front mis en place par la fédération nationale de pétanque. Ils avaient participé l’an dernier au Mondial et la fédération avait reçu, à cette occasion, la Boule d’or. Ils s’engagent cette fois dans le Handi Mondial après l’organisation d’un tournoi qualificatif en Ukraine. à noter également la présence de Patrick Bosso, vainqueur en 2024, avec Christophe Borély et Eric Piacentino.

    Triplette mixte

    Les modalités du concours final évoluent. 32 équipes seront engagées. Trois parties timées (40 minutes) sont programmées le matin, suivant le format de compétition dit « swiss », elles permettront de se qualifier pour les demi-finales qui auront lieu en tout début d’après-midi. Si, en 2025, la durée de la finale avait été portée à 1h30, elle se disputera cette fois en une heure plus deux mènes.

    Pour le reste, les règles, pensées pour garantir l’inclusion et l’équité, n’évoluent pas. Chaque joueur dispose de deux boules par mène et les parties sont adaptées selon la fatigabilité. « Chaque triplette doit compter au moins une personne en situation de handicap et une personne valide. La troisième est libre », rappelle Eyvann Morival, responsable sport et santé à l’association AJC Marseille, spécialiste de l’inclusion du handicap en milieu ordinaire, qui encadre l’événement et veille à son bon déroulement.

  • L’Allemagne dans le concert des nations qui comptent

    L’Allemagne dans le concert des nations qui comptent

    La Deutscher Pétanque Verband affiche une ambition : rivaliser avec les mastodontes de la discipline à l’échelle européenne et mondiale. Et les résultats de ces dernières années sont probants. Le fruit d’un travail de formation engagé dans les catégories jeunes qui commence à se traduire chez les adultes.

    Licencié en Bavière à Munich, Ulrich Moritz, un proche du président de la Fédération allemande, a suivi de près cette évolution : « J’ai commencé à jouer aux boules en 2002 dans le seul club de Munich. Aujourd’hui, il y en a 16 dans la région ». L’homme est habitué du Mondial où il a noué des liens forts avec l’ancienne présidente du comité bouliste des Bouches-du-Rhône. Au niveau national, cette évolution s’est traduite par une croissance du nombre de joueurs : « En 2000-2010, c’était 15 000 licenciés, en Allemagne. Aujourd’hui, on doit se situer autour de 25 000. La pétanque est de plus en plus connue ici ».

    La sélection juniors

    au Mondial des jeunes

    Au-delà du nombre d’adhérents, le pays enchaîne surtout les bons résultats. L’Allemagne est devenue la première nation étrangère à inscrire son nom au palmarès du GP féminin La Marseillaise en 2021. Les hommes, ont décroché en 2025, leur première étoile européenne, après avoir battu les champions du monde italien puis l’équipe de France de Bonetto, Montoro et Doerr, en finale. En jeunes, l’Allemagne est aussi championne du monde tir de précision.

    La récompense d’une politique volontariste ayant pour but de mieux préparer les joueurs aux grandes compétitions. Pour Moritz, cela doit passer par l’apprentissage et la compréhension des styles de jeu d’autres nations. Pour cela, l’Allemagne adopte depuis près de deux décennies une politique de stages et d’échanges à l’étranger. Cette année, la sélection nationale juniors, sacrée championne du monde en 2025 participera au Mondial des jeunes…

    L’objectif est d’habituer ses joueurs au très haut niveau. « Si on veut que nos équipes fassent des progrès, il faut les faire jouer en France, dans le Sud. Depuis quelques années, une fois par an, les Fédérations française et allemande organisent une semaine de stage pour les juniors des deux nations ».

    Âgé de 19 ans, Oskar Fitz fait partie de l’équipe nationale espoir, après avoir évolué en junior de 2021 à 2024. Licencié en Bavière, il fait les beaux jours du Boule club Mechenhard. Pour lui, la pétanque est avant tout une histoire de famille. Il a commencé à quatre ans, avec son père, son grand-père et son arrière-grand-père. Champion d’Allemagne junior et espoir, il évolue désormais en senior, où il a atteint les 16es de finale.

    Ambitieux, il souhaite s’installer au plus haut niveau et a déjà joué plusieurs championnats d’Europe et du monde en jeunes. Signe de l’espoir placé en lui, il est le seul Allemand parrainé par Obut. Pour lui, La Marseillaise est une étape obligée. « Là je dois passer mon bac mais j’espère venir l’an prochain » explique-t-il même si son histoire avec Le Mondial est pour l’heure un rendez-vous manqué. La première fois, son arrière-grand-mère est décédée. L’an dernier, il était inscrit sur le concours junior mais son vol a été annulé. « On est arrivé en retard pour la première partie, on l’a perdue sur tapis vert puis on s’est dépêchés pour jouer la deuxième mais on a perdu aussi… » sourit Oskar Fitz.

    Pour Claude Azéma, ancien président de la Fédération internationale de pétanque et de jeu provençal et de la Confédération mondiale des sports de boules, cet essor est aussi dû à la qualité des infrastructures qui améliorent la réceptivité à ce sport. Le but est d’intéresser un public curieux à la recherche d’un loisir, en plus du public plus connaisseur : « L’attrait principal des clubs est d’avoir un lieu clos pour accueillir des gens tous les jours. C’est ce qui aide au développement. Il est essentiel de toucher ceux qui font de la pratique loisir, en plus de ceux qui veulent faire de la compétition ».

  • Laurent Causse : « La Marseillaise a une place à part dans le cœur des joueurs »

    Laurent Causse : « La Marseillaise a une place à part dans le cœur des joueurs »

    La Marseillaise : Vous avez été speaker sur les plus grands concours et compétitions de pétanque à travers le monde, mais jamais au Mondial La Marseillaise à pétanque. Ce sera chose faite lors de cette 65e édition, aux côtés de Vincent Baqué. Pourquoi n’aviez-vous encore jamais animé ce grand rendez-vous phocéen ?

    Laurent Causse : Je n’ai jamais animé le Mondial parce qu’il y avait déjà des personnes en place. Il y a quelques années, lorsque Michel Montana dirigeait l’épreuve, j’avais été présenté à lui par l’intermédiaire de la Fédération française de pétanque. Mais l’animation était alors assurée par un proche de l’organisation et cela n’avait pas abouti. Par la suite, Marc Alexandre a pris le relais. Comme nous nous entendons très bien, il était hors de question pour moi de démarcher une manifestation sur laquelle il officiait. Aujourd’hui, avec le changement de direction, Maryan Barthélémy m’a contacté pour animer le Mondial et j’ai accepté avec plaisir. Il y a quelques années, dans une interview, j’expliquais avoir animé la plupart des plus grandes compétitions, en France comme à l’étranger, jusqu’aux championnats du monde. La seule qui manquait à mon palmarès, c’était La Marseillaise. Aujourd’hui, la boucle est bouclée. Je n’y ai jamais travaillé, mais je connais bien l’événement. Je suis venu à plusieurs reprises comme spectateur. Je ne l’ai jamais joué, principalement pour des raisons professionnelles : il était difficile pour moi de me rendre disponible plusieurs jours de suite. En revanche, mon père disputait le Mondial chaque année et je venais régulièrement le suivre.

    Qu’est-ce qui vous impressionne le plus lorsque vous assistez à une édition de La Marseillaise ?

    L.C. : Ce qui m’a toujours marqué, c’est l’ampleur de l’organisation. Ce sera un peu moins le cas cette année, mais autrefois, le dimanche, les parties étaient réparties sur de très nombreux sites. Il fallait parfois prendre des bus pour rejoindre les terrains. C’était impressionnant. Mais ce qui m’a le plus frappé, c’est l’atmosphère du premier jour au parc Borély : cette foule immense où se côtoient champions et anonymes. C’est toute l’âme populaire de l’événement. Et puis il y avait le carré d’honneur sur le Vieux-Port. C’était quelque chose d’unique. Voir une partie de pétanque disputée sur une barge au cœur de Marseille, c’était extraordinaire. Aujourd’hui, avec les contraintes de sécurité, cela paraît difficilement envisageable, mais ce cadre reste l’un de mes plus beaux souvenirs du Mondial.

    Qu’est-ce qui fait, selon vous, le charme du Mondial ?

    L.C. : D’abord, tout le monde peut s’inscrire. C’est ce qui en fait la compétition la plus populaire au monde. Aujourd’hui, beaucoup de concours sont limités à 256 ou 512 équipes. À La Marseillaise, chacun peut tenter sa chance. Ensuite, dès la première partie, un jeune joueur peut se retrouver face à un champion du monde. C’est quelque chose de rare dans le sport et particulièrement vrai à la pétanque. C’est la magie du Mondial.

    Si vous deviez choisir un joueur pour incarner le Mondial La Marseillaise à pétanque, qui serait-il ?

    L.C. : Je dirais Marco Foyot. Il a remporté six fois La Marseillaise et a également été consultant sur l’épreuve. On l’a vu sous plusieurs facettes et son nom est indissociable de celui du Mondial. Bien sûr, il y a aussi Philippe Quintais, mais Philippe représente davantage la pétanque dans son ensemble. Quand on évoque La Marseillaise, Marco Foyot vient immédiatement à l’esprit.

    Quelle est la recette pour séduire son auditoire ?

    L.C. : Ma priorité est de faire vibrer le public en lui proposant les meilleures affiches dans les meilleures conditions possibles. Lorsqu’il existe un carré d’honneur ou un terrain central, l’objectif est d’y programmer les rencontres les plus attractives afin d’attirer le public, de satisfaire les partenaires et de mettre en valeur l’événement. De belles parties, il y en a pendant toute la compétition, mais certaines ont un pouvoir d’attraction particulier. Il faut aussi valoriser les joueurs de haut niveau. Un plateau prestigieux contribue largement au succès d’une manifestation. Cela passe notamment par la présentation de leur palmarès et de leurs performances. Le défi consiste à trouver le bon équilibre entre les attentes de l’organisateur, celles du public, des partenaires et des joueurs. Ce n’est pas toujours simple, mais c’est essentiel.

    Faut-il privilégier l’aspect informatif ou le côté divertissant pour que le public passe un bon moment ?

    L.C. : Sur ce type d’événement, nous sommes avant tout des animateurs sportifs. Notre rôle est de transmettre des informations liées à la pétanque tout en restant accessibles à tous. Dans les tribunes, il y a des passionnés, mais aussi des novices. Il est donc important de présenter les joueurs et leur palmarès. Beaucoup de spectateurs connaissent les noms de Marco Foyot, Philippe Quintais, Dylan Rocher ou Henri Lacroix sans forcément mesurer l’ampleur de leurs performances. Pendant les parties, il faut également expliquer certaines situations de jeu et certains points du règlement. Pourquoi un joueur reçoit-il un carton jaune ? Pourquoi telle décision est-elle prise ? Ce sont des éléments qui intéressent le public. Au final, il faut trouver le juste équilibre entre information et animation. S’adresser à la fois aux initiés et aux non-initiés n’est pas évident, mais c’est, selon moi, la meilleure recette.

    Est-ce que le Mondial La Marseillaise à pétanque est, selon vous, la compétition la plus prestigieuse à remporter ?

    L.C. : On me pose souvent la question : quel est le plus grand ou le plus beau concours de pétanque en France ? Ma réponse a toujours été la même et elle n’a pas changé. Pour moi, trois compétitions se détachent clairement : le Mondial La Marseillaise à pétanque, le Mondial de Millau et l’Europétanque des Alpes-Maritimes. Mais chacune possède sa propre identité et ses spécificités. C’est pour cette raison qu’il m’est impossible de les comparer ou d’affirmer que l’une est supérieure aux autres. Ces trois événements attirent les meilleurs joueurs de la planète, mais leurs formats sont totalement différents. Si l’on parle de popularité, alors oui, La Marseillaise est sans doute la référence. Avec plusieurs milliers d’équipes engagées et des participants venus de nombreux pays, c’est un événement hors-norme. C’est certainement la compétition la plus populaire du monde de la pétanque. Le Mondial de Millau était souvent considéré comme la « Mecque de la pétanque ». Il attirait moins d’équipes que La Marseillaise, mais proposait une multitude de compétitions : tête-à-tête, doublettes, triplettes, épreuves féminines… À Millau, même après une élimination précoce, les joueurs pouvaient continuer à participer à d’autres concours pendant plusieurs jours. L’expérience était totalement différente. En revanche, il est certain que La Marseillaise occupe une place à part dans le cœur des joueurs.

  • Inscriptions Mondial à pétanque : le Cambodge au départ

    Inscriptions Mondial à pétanque : le Cambodge au départ

    Le Cambodge rejoint l’Algérie, l’Allemagne, Andorre, l’Angleterre, l’Autriche, la Belgique, le Brésil, la Bulgarie, le Danemark, l’Espagne, les États-Unis, la Finlande, la Grèce, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, Madagascar, le Maroc, le Mexique, Monaco, les Pays-Bas, le Portugal, le Sénégal, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède, la Suisse, le Togo et la Tunisie au concert des nations présentes à Marseille. 4 681 équipes étaient engagées à 18h à la clôture du bureau central des inscriptions

  • Le tireur d’élite Damien Hureau vise son premier sacre à Borély

    Le tireur d’élite Damien Hureau vise son premier sacre à Borély

    Son balancier, à la fois élégant et d’une fluidité remarquable, fait de lui l’un des tireurs les plus redoutés du circuit. Damien Hureau, canonnier au palmarès parmi les plus riches de la planète pétanque, tentera de décrocher, dès dimanche, sa première victoire à la Marseillaise à l’occasion de la 65e édition du Mondial.

    « Compte tenu du nombre d’équipes engagées, du fait que le concours se dispute à Marseille et de l’histoire même de la pétanque, née ici, cette épreuve revêt forcément une dimension particulière », souligne-t-il.

    L’Angevin de 48 ans avait atteint les demi-finales dès sa première participation, en 2001, aux côtés de Jean-Luc Robert et d’un certain Philippe Quintais. « Pour tout le monde, c’est une évidence : c’est un monsieur dans tous les sens du terme », confie celui qui compte parmi les plus fidèles partenaires du « roi ». « Par son jeu, son parcours et tout ce qu’il a apporté à la pétanque. Je l’ai souvent comparé à Roger Federer dans le tennis : un joueur d’une immense classe, fluide, intelligent dans sa façon de jouer, doté d’une mentalité irréprochable et toujours respectueux, aussi bien de ses partenaires que de ses adversaires. En un mot : la classe. Et ce qualificatif lui correspond parfaitement. »

    Vingt-cinq ans après ses premiers pas au Parc Borély, le licencié du club d’Hanches (Eure-et-Loir) s’apprête à retrouver les allées marseillaises aux côtés de l’un de ses partenaires de toujours, Julien Lamour, et d’un coéquipier inattendu : l’Américain Mark Greenberg.

    « J’ai partagé tellement de choses avec Julien. Nous avons remporté quasiment toutes les grandes compétitions ensemble, à l’exception du championnat de France. Pour moi, c’est comme un petit frère », glisse Damien Hureau.

    Trio pas comme les autres

    Le troisième larron de l’équipe est bien moins connu du grand public. « Mark est originaire de Santa Monica, près de Los Angeles, où il vit toujours. Il a environ 75 ans et c’est un véritable passionné de pétanque. Nous nous sommes rencontrés lors d’un concours en Floride, il y a une quinzaine d’années. Le courant est tout de suite passé, nous avons commencé à jouer ensemble et une véritable amitié est née », raconte celui qui participe régulièrement à des compétitions en Amérique du Nord depuis plusieurs années.

    « C’est quelqu’un de très attachant, animé par une passion rare. Malgré son âge, il est complètement habité par la pétanque. Il n’avait encore jamais participé à La Marseillaise, alors que c’était un rêve pour lui. Je lui ai expliqué que ce ne serait pas facile : il y a beaucoup de marche, la chaleur, l’intensité du concours… Mais il m’a répondu que s’il ne la faisait pas cette année, il ne la ferait jamais. Avec Julien, nous avons donc décidé de l’accompagner dans cette aventure. L’objectif est simple : prendre du plaisir, aller le plus loin possible, le préserver au maximum et, surtout, lui permettre de vivre enfin cette Marseillaise dont il rêve depuis tant d’années », confie le cofondateur de la marque Valtop.

    Selon Damien Hureau, le charme du Mondial réside en partie dans la diversité des conditions de jeu selon les lieux et la proximité avec le public. « C’est toujours plaisant. On sent que les gens vivent les parties avec nous, ce qui rend l’expérience unique. On ne retrouve cela nulle part ailleurs. Dans les compétitions plus classiques, tout est beaucoup plus encadré et les spectateurs sont éloignés. À La Marseillaise, c’est différent : il faut aussi s’adapter à cette atmosphère », souligne le tireur au calme légendaire.

  • Quand les boulistes misent désormais sur leur physique

    Quand les boulistes misent désormais sur leur physique

    S’il n’a jamais été nécessaire d’avoir un physique d’athlète pour exceller à la pétanque, l’adage « un esprit sain dans un corps sain » prend aujourd’hui tout son sens. Alors que la préparation mentale s’est imposée comme un pilier de la performance, notamment au plus haut niveau, où les joueurs doivent apprendre à maîtriser les moments de forte pression, la condition physique est devenue un levier tout aussi déterminant. Endurance, stabilité, récupération ou encore prévention des blessures : autant de paramètres qui contribuent désormais à faire la différence sur les terrains.

    Cette évolution est particulièrement visible chez les membres du Collectif France, soumis à des exigences de plus en plus élevées. Pour conserver leur place parmi l’élite, certains ont profondément revu leur hygiène de vie. « J’ai dû perdre du poids. Je fais attention à mon alimentation, je fais plus de sport aussi, notamment du gainage pour être plus endurant, surtout quand on arrive dans les dernières parties d’une compétition, où on s’est rendu compte qu’on était moins performant », confiait Mickaël Bonetto à la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP), l’an dernier.

    Une transformation qui a porté ses fruits. Sacré au Mondial La Marseillaise en 2023, l’Istréen a récemment conquis le titre de champion d’Europe en tête-à-tête. En parallèle de sa préparation sportive, au cours de laquelle il s’entraîne deux à trois fois par semaine, il a arrêté de fumer, renforcé son travail musculaire et adopté une alimentation plus rigoureuse. « Je pense que c’est une bonne chose pour la pétanque. Ça montre que l’on est un vrai sport comme les autres », estimait-il, convaincu que ces changements lui permettent d’être plus performant et plus régulier tout au long des compétitions. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les écoles de pétanque sensibilisent de plus en plus les apprentis boulistes à l’importance de l’hygiène de vie et de la préparation physique dans une logique de performance globale.

    Une endurance

    à toute épreuve

    Parmi les précurseurs, Dylan Rocher suit depuis plusieurs années un programme d’entraînement bien établi. « Mon hygiène de vie, déjà, c’est zéro alcool. De temps en temps, j’aime bien, avec les copains, boire un verre de vin ou un truc comme ça, mais jamais en compétition. Je fais gaffe à ce que je mange et je me pèse tous les lundis. J’ai aussi une salle de sport à la maison, avec un vélo elliptique et un rameur. J’essaie d’en faire deux fois par semaine », expliquait le quadruple vainqueur de La Marseillaise dans un entretien accordé à L’Équipe.

    Affûté, le joueur du Fréjus International Pétanque n’hésite pas non plus à taper régulièrement dans le ballon rond au sein d’un club drômois. « Je m’impose cette condition physique, ce cardio, parce qu’il me fait du bien physiquement et me permet de penser à autre chose que la pétanque, de m’évader. […] Si tu n’es pas bien, que tu as mal aux jambes, tu perds en précision, c’est clair et net. Mais la chance qu’on a dans ce sport, c’est qu’on peut rester au haut niveau pendant trente ou quarante ans », ajoutait le canonnier varois aux treize titres de champion du monde.

    Pour durer au plus haut niveau, il est donc difficile de faire l’impasse sur l’entretien physique. L’exemple le plus marquant reste celui de Christian Fazzino. Élu joueur du siècle par la Fédération internationale en 2000, le Bourbonnais continue d’écumer les terrains à 69 ans, avec une régularité toujours impressionnante. « Quand on est jeune, on a plus ou moins une bonne condition physique, mais quand on dépasse un certain âge, il faut s’entretenir », rappelle celui qui détient le record de participations aux championnats de France (94, ex æquo avec Michel Loy). Un conseil de vieux sage à prendre au pied de la lettre.

    Le bras de Baudino ne répond plus

    La dernière étape des Masters de pétanque a mis en lumière un phénomène rare au plus haut niveau : Mayron Baudino a récemment développé un tic gestuel qui l’a même empêché de jouer sa boule. En multipliant les mouvements de bras avant de lâcher sa boule – une habitude inexistante auparavant – le Martégal semble confronté à un véritable blocage mental. Certains joueurs parviennent à le transformer en atout, à l’image de Marc Cognard, dit « Fafou ». Mais dans tous les cas, ce type de mécanisme ne peut être apprivoisé qu’au prix d’un travail psychologique de fond.

  • Aux États-Unis aussi, la passion pétanque existe

    Aux États-Unis aussi, la passion pétanque existe

    Ils viennent d’Atlanta, New York, Los Angeles et seront les représentants américains lors du 65e Mondial La Marseillaise. Au total, quatre triplettes traverseront l’Atlantique pour vivre pleinement l’événement au parc Borély. Immense pays de sport, les États-Unis développent également la pétanque depuis maintenant plusieurs années. La FPUSA, Federation of Petanque USA, est affiliée à la Fédération internationale et compte 56 clubs, d’après des chiffres datant de 2022. 2 100 membres sont répartis à travers les quelque 9 millions de km² du territoire américain. Le nombre de personnes pratiquant la pétanque est estimé à 30 000.

    Cette année, au Mondial, Damien Hureau fera notamment équipe avec un joueur américain, Mark Greenberg. Le Français, qui a plusieurs fois voyagé chez l’Oncle Sam, détaille le profil type du bouliste made in USA. « Tout comme Mark, ce sont vraiment des acharnés. Ce sont des gens qui s’entraînent toutes les semaines, qui font un maximum de compétitions malgré la grandeur du pays. C’est un sport de gens qui ont un petit peu de moyens, mais qui, par contre, sont acharnés de ce sport. Je ne vais pas dire qu’ils s’entraînent plus que nous, mais pas loin. »

    « Captivés et studieux »

    Côté tricolore, l’emblématique Dylan Rocher reste un habitué des États-Unis. Le multiple champion du monde participe souvent à l’US Open, à New York, avec pas moins de 7 victoires à son compteur. Une autre personnalité bien connue du jeu de boules se la joue formateur aux USA : Marco Foyot. Le sextuple gagnant de La Marseillaise explique : « Ils sont captivés et studieux. Ils n’ont pas forcément l’adresse innée des familles du Sud mais ils ont une rigueur incroyable. Je leur fais faire des ateliers de tir. » De quoi voir des Américains rivaliser avec les stars de la discipline ? Cela reste à confirmer.