Tag: PCF

  • Marseille appelle l’État à agir face au crack

    Marseille appelle l’État à agir face au crack

    « La responsabilité de l’État doit être pointée », insiste l’adjoint (PCF) à la santé, Anthony Gonçalves. Trois ans après les premières alertes médiatiques sur l’arrivée du crack à Marseille, riverains et associations ont multiplié les interpellations auprès des autorités, au fil de l’été, face à l’explosion de sa consommation. Une situation qui s’est encore aggravée avec la fermeture temporaire depuis le mois de mai du Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues (Caarud) Sleep’in.

    La droite marseillaise n’a pas tardé à se joindre aux alertes. Dans un courrier adressé à l’adjoint à la santé ce lundi, le conseiller départemental (DVD) Sylvain Di Giovanni, l’élu d’opposition (Ren.) Romain Simmarano et la secrétaire générale (Ren.) du mouvement Une génération pour Marseille Sandra Blanchard réclament la mise en place « dans les plus brefs délais possibles » d’une halte soins addictions en milieu hospitalier, couplée à un soutien renforcé aux associations de terrain. « Les Marseillais, comme les malades, ne peuvent plus attendre », écrivent les signataires. Tout en refusant la moindre implantation en centre-ville, dans la droite ligne de la pétition lancée pendant les municipales contre « la salle de shoot voulue par la gauche » (notre édition du 21 février).

    Nouvelles places dédiées

    « La lutte contre les trafics de stupéfiants, le maintien de l’ordre et de la sécurité publique, la politique pénale et une grande partie de la politique sanitaire en matière d’addictions relèvent de l’État », réplique l’adjoint communiste à travers un courrier publié ce mardi. Mais il partage les alertes : le maire (DVG) Benoît Payan avait déjà interpellé le Premier ministre, le 28 mai dernier, pour réclamer un plan d’action interministériel, tandis que la maire (GRS) Sophie Camard des 1-7 a écrit à la ministre de la Santé le 17 juillet. Sans réponse.

    « Nous n’avons pas renoncé à l’objectif d’une halte soins addictions, même si ce n’est pas le seul élément et qu’elle n’est pas suffisante à elle seule », réaffirme Anthony Gonçalves auprès de La Marseillaise. Si les échanges ont repris avec les diverses autorités, sans écarter les pistes d’une implantation en milieu hospitalier, près des lieux de consommation ou associant les Caarud, « il faut un portage politique, sanitaire, un financement et une impulsion de l’État », rappelle l’adjoint à la santé, l’expérimentation restant soumise à un feu vert du ministère. « Mais même si nous sommes au-delà des compétences régaliennes de la Ville, nous essayons d’apporter des solutions », insiste l’élu communiste. Un budget de 160 000 euros est consacré à la réduction des risques et des addictions, les actions de ramassage ont permis de retirer 5 000 seringues de la rue au premier semestre – autant qu’en 2025 – et 40 000 euros ont été débloqués pour mettre à disposition du matériel supplémentaire pour la réduction des risques.

    La municipalité va également prendre en charge, à parité avec l’Agence régionale de santé, le poste de coordinateur du dispositif Tempo mis en place au début de l’année par les associations de terrain pour agir collectivement et mieux documenter cette crise sanitaire, sous l’égide de Médecins du monde.

    La municipalité soutient également l’ouverture de deux nouveaux centres d’hébergements dans les jours à venir avec l’associ ation Habitat alternatif social (HAS), l’un de 17 places à Belsunce (1er arr.), et un autre de 10 chambres individuelles pour les femmes, dans un bâtiment municipal du 9e arrondissement. « Cela préfigure une réponse plus globale et plus coordonnée d’une échelle nouvelle, défend Anthony Gonçalves. Pour peu que l’État mobilise les moyens nécessaires. »

  • [Entretien] Naïma Senanedj, PCF : « Une grande solidarité se manifeste pour Cuba »

    [Entretien] Naïma Senanedj, PCF : « Une grande solidarité se manifeste pour Cuba »

    La Marseillaise : Quel est l’objet de votre visite à Cuba ?

    Naïma Senanedj : Notre délégation [composée de Naïma Senanedj et de Leila Moussavian membre du secteur International du PCF, ndlr] a participé à la 24e Rencontre des partis communistes et ouvriers où le but était de renouer les liens entre la quarantaine d’organisations politiques présentes. Nous avons réaffirmé notre solidarité avec Cuba mais aussi avec des pays tels que la Palestine, et échangé sur les façons dont, ensemble, on pouvait œuvrer à porter haut et fort des revendications comme la levée du blocus, qui, aujourd’hui, étrangle Cuba et son peuple. Nos discussions ont également tenu sur l’exigence d’un cessez-le-feu immédiat en Palestine et à la reconnaissance de l’État palestinien, à côté de l’État d’Israël. Nous voulons faire respecter la charte des Nations Unies et le droit international dans ces pays-là, qui ne sont pas du tout respectés par les États-Unis en premier lieu, qui imposent leur loi surtout en Amérique latine. Nous travaillons tous ensemble à ces points-là, mais aussi sur un rapport qui vise à la construction de la paix dans le monde.

    Avez-vous ressenti sur place les effets du durcissement des sanctions américaines sur l’île ?

    N.S. : Il y a une réalité, on ne peut pas la nier, c’est que la situation est de plus en plus compliquée. J’ai eu l’occasion de participer au 1er mai à Cuba en 2024. En deux ans, j’ai vu que la situation devenait de plus en plus difficile. Le prix de l’essence a augmenté, il y a des pénuries, les stations sont fermées, on sent ces difficultés-là. Quand on va dans un restaurant, de nombreux produits sont barrés de la carte, parce qu’ils proviennent de l’importation. La notion alimentaire est centrale, quand les containers sont bloqués, quand il n’y a plus d’essence qui rentre dans le pays, la situation devient difficile et pour produire localement et pour toutes les importations qui pourraient se faire. En me promenant, j’ai constaté que dans des quartiers que j’avais traversés il y a deux ans, des commerces ont fermé, de même que l’intégralité de rues, autrefois, commerçantes. Mais pour autant, je ne vois pas le désarroi dans le regard des Cubains. Ils savent d’où vient le problème.

    Comment les Cubains vivent les menaces proférées par l’administration Trump ?

    N.S. : Ça reste quand même une menace réelle, on l’a senti dans les discours. Il y a toujours la crainte de voir ce qui s’est passé au Venezuela avec la capture de Maduro, se dérouler ici. Mais tout le monde continue à vivre.

    Face à cette situation, comment s’organise la solidarité internationale ?

    N.S. : Dans les Bouches-du-Rhône, on a lancé une campagne de solidarité avec Cuba, dans le cadre de la campagne nationale pour faire partir des containers de médicaments et de produits médicaux. Pour ma part, j’ai déjà vidé un carton à la Fédération pour le mettre dans ma valise pour l’amener à Cuba. Les Belges aussi sont arrivés avec des valises de médicaments. La délégation chinoise a apporté des panneaux photovoltaïques. Personne n’est venu les mains vides. Tout le monde s’est rendu à Cuba en amenant du matériel nécessaire aux Cubains. Il y a une grande solidarité qui se manifeste.

    Comment ces échanges vous inspirent en tant que militante communiste ?

    N.S. : Ces rencontres se tiennent à l’occasion des 100 ans de la naissance de Fidel Castro. Nous avons plusieurs journées d’atelier et de travail pour échanger à la fois sur l’héritage et sur l’avenir. Nous sommes inspirés par l’évolution de Cuba avec ses réflexions montantes sur la souveraineté des peuples, la paix, l’internationalisme, la solidarité entre les nations, la justice sociale, la construction d’un monde plus juste. Mais aussi sur la santé, l’éducation, la jeunesse et le féminisme. Être à Cuba aujourd’hui, être à La Havane, ce n’est pas seulement regarder l’histoire, c’est aussi participer au développement du monde que nous voulons construire. C’est fort de sens. Nous apportons des témoignages de solidarité avec le peuple cubain. Et, eux, nous montrent leur résistance et leur résilience aux attaques qu’ils peuvent subir depuis plus de 60 ans. Durant ces six décennies, ils ont quand même réussi à faire évoluer un système de santé que beaucoup de monde envie, que ce soit dans la recherche ou dans l’application des soins. Pour tous les peuples rassemblés, ça va être une force de participer ensemble à des débats pour construire un monde meilleur dans chacun de nos pays respectifs.

    La situation à Cuba est proche de la crise humanitaire. Mercredi, dans un communiqué, des experts des droits humains des Nations Unies ont alerté sur « les conséquences humanitaires [qui] sont déjà en train de prendre les proportions d’une crise majeure », estimant que « le gouvernement des États-Unis doit mettre un terme à toutes ses menaces et actions hostiles envers la souveraineté de Cuba ». Face à cela, les peuples solidaires s’organisent pour aider l’île. C’est ce qu’ils ont démontré lors de la 24e Rencontre internationale des partis communistes et ouvriers (RIPCO) à La Havane, cette semaine.

  • La difficile union de la gauche dans le Gard

    La difficile union de la gauche dans le Gard

    Il y aura donc bien trois listes à gauche pour les prochaines élections sénatoriales dans le Gard. Si cette désunion avait déjà permis à la droite de remporter le troisième siège il y a six ans, le scénario pourrait se répéter en septembre. Car le sénateur sortant Denis Bouad n’a pu unir que les socialistes, les communistes et les radicaux. Son ancienne alliée Carole Bergeri a reçu le soutien de Place publique et les insoumis ont choisi Jean-Baptiste Thibaut, adjoint au maire du Vigan pour mener une liste.

    Si la constitution de cette liste côté insoumis a été longue à être officialisée, le mouvement a annoncé sa candidature le 31 juillet dernier. Derrière Baptiste Thibaut, la liste est constituée de Marie-Pierre Vaselli (conseillère municipale de Sauveterre), Xavier Ségura (conseiller municipal de Montaren), Audrey Bonnet (militante alésienne) et Christophe Clément (conseiller municipal de Sommière). Si cette liste n’a que peu de chances d’engranger les voix tant LFI est peu représentée parmi les élus du territoire, elle souhaite « porter le programme de rupture du Nouveau front populaire » et détaillera « le programme à la rentrée ».

    Écolos et Unitaires restent en retrait

    La France insoumise dans le Gard avait pourtant l’occasion d’ouvrir sa liste à d’autres formations. Des discussions ont eu lieu avec les Unitaires Gard (L’Après, Debout, Génération.s) mais LFI a finalement refusé sous prétexte que tous les accords devaient se passer au niveau national. « Par manque d’ouverture, notre bord politique se retrouve coincé entre une démarche solitaire de la France insoumise, un regroupement du traditionnel duo gardois PS/PCF et potentiellement, une troisième liste isolée », écrivent-ils.

    Des échanges ont également animé les dernières semaines avec Carole Bergeri et Denis Bouad mais aucun accord n’a pu être trouvé. « Les unitaires ne peuvent soutenir une liste basée uniquement sur des calculs arithmétiques, qui ne reflète pas l’union de la gauche, qui ne porte pas les convictions environnementales fortes nécessaires pour faire face aux enjeux majeurs de notre temps », ajoutent-ils.

    Une position partagée par les Écologistes qui étaient en négociation pour obtenir une place sur la liste de Denis Bouad. Mais le socialiste a finalement refusé car les profils des candidats proposés (qui n’étaient pas des grands électeurs et qui avaient perdu les élections municipales d’après lui) ne lui convenaient pas. Dans un communiqué, les Écologistes du Gard affirment de leur côté qu’ils n’ont pas souhaité figurer sur cette liste « en raison de l’abstention de Denis Bouad lors du vote de la loi urgence agricole au Sénat ».

    « Cette liste a été présentée en conférence de presse sans que les Écologistes du Gard ne soient informés ni invités. Nous déplorons de telles pratiques, et qui plus est, s’ajoutent à une composition de la liste qui nous paraît déséquilibrée et peu représentative de la diversité de notre territoire et de ses enjeux », précisent-ils, tout en ajoutant que si un accord national est signé entre le PS, le PCF et les Écologistes, ils le respecteront. « Nous nous félicitons de la présence de Cathy Chaulet en position éligible sur cette liste », ont-ils tout de même reconnu.

    Mais dans la situation actuelle, ni les Écologistes, ni les Unitaires Gard ne donneront de consigne de vote. Une division qui pourrait donc coûter très cher en septembre.

  • [Memoire ouvrière] Lucien Molino. Le mouvement de grève s’élargit

    [Memoire ouvrière] Lucien Molino. Le mouvement de grève s’élargit

    Le moment était venu de passer à une action d’envergure et demandait que tous les travailleurs soient consultés sur cette action. Cette question souleva une déclaration solennelle de Léon Jouhaux : « Ce n’est pas sur le débat lui-même que je veux parler, déclara-t-il, je veux simplement souligner une déclaration consécutive à la décision que vous avez prise hier. » Il ajouta, soucieux de ne pas diviser le CCN : « Je refuse de souscrire à une décision qui en faisant dépendre l’activité syndicale d’autres assemblées que les assemblées régulières risque de briser l’unité ouvrière. »

    Benoît Frachon lui répondit que : « Dans la résolution et le manifeste votés, il a été indiqué que les ouvriers seraient appelés à connaître les propositions que nous faisons pour eux, qu’ils seraient appelés à donner leur avis sur ces propositions et que le prochain comité confédéral du 19 décembre, organisme régulier des organisations syndicales, prendraient des décisions ; par conséquent, je préférerais que Jouhaux me dise au lieu de parler de décision anti-statutaire : nous ne voulons pas que l’on occulte les ouvriers, cela serait plus clair et plus net. »

    Défendre l’unité

    Tout au long de ces débats, on sentait les efforts des scissionnistes pour préparer la scission en se servant du plan Marshall dans un objectif anticommuniste et anti-soviétique. À Marseille, Le Provençal n’était pas en reste. Dans son numéro du 14 novembre, un placard non signé proclamait « Travailleurs, prenez garde ! Attention aux grèves politiques ; avant toute décision, exigez : 1° le vote à bulletin secret / 2° le dépouillement et l’affichage du résultat. » Les socialistes marseillais affirmaient ainsi leur opposition au développement des grèves et aux revendications ouvrières. Pourtant, le 14 novembre, la grève s’élargissait après consultation des travailleurs.

    Ainsi, l’assemblée générale des marins qui avait décidé la reprise du travail reconsidérait sa décision et se joignait à la grève.

    Il est vrai que le syndicat des officiers observait à l’égard des marins en grève une neutralité bienveillante afin de ne pas porter préjudice à leurs actions. Cette prise de position leur valut une violente « Lettre ouverte » de Jean Fraissinet dans Le Méridional qui déclara : « En décidant d’adopter à l’égard d’un tel mouvement une “attitude bienveillante” les dirigeants des syndicats d’officiers, qu’il nous soit permis de l’observer, ne peut faire preuve que d’hypocrisie, de lâcheté et de candeur. » La continuation de la grève des marins paralysa totalement le trafic du port. Le conseil syndical des dockers élargi au comité de grève décida à bulletin secret, 64 voix contre une : qu’aucun débarquement de marchandises n’aurait lieu. La fédération algérienne des commerçants, alarmée par la prise de position des dockers, demanda par télégramme au préfet d’intervenir.

    à suivre la semaine prochaine…

  • En mémoire d’Hiroshima et de Nagasaki

    En mémoire d’Hiroshima et de Nagasaki

    « Les hibakushas nous ont laissés face à une responsabilité historique implacable », déclare Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix 13 ce jeudi soir devant le monument des mobiles (1er). À sa droite sont accrochées des photographies des victimes des bombardements atomiques sur les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. En ce 81e anniversaire, le pacifiste lance devant ses soutiens la campagne de son organisation pour l’abolition des armes nucléaires : « dénoncer la bombe, c’est dénoncer un système qui hiérarchise les humanités en méprisant le vivant », lance-t-il. L’objectif est d’interpeller le gouvernement et les élus locaux, notamment les maires, pour pousser la France à ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian).

    En haut de la Canebière, le secrétaire général de l’UD CGT 13, Marc Pietrosino appelle le « camp progressiste » à la mobilisation : « la lutte pour la paix, c’est la lutte des classes ». Il note par ailleurs, qu’au moment où des usines ferment, notamment Fibre Excellence à Tarascon, les travailleurs sont redirigés vers les entreprises de l’armement, à Istres ou à Toulon… « Il n’y a pas de fatalité, continuons à nous battre », pousse le dirigeant syndical.

    Peu à peu, l’armée s’immisce partout, au travail, à l’école. « Au lieu de financer des emplois utiles et durables pour la santé, l’éducation et la transition écologique, l’État instrumentalise la précarité pour alimenter les spéculateurs et les profiteurs de guerre », fustige Coralie Hernandez, responsable fédérale de la commission solidarité internationale et paix au sein du PCF 13. Et alors que le Conseil constitutionnel a validé dans la journée la dernière loi de programmation militaire portant à 436 milliards d’euros pour le budget des armées d’ici à 2030, la communiste note que « sur 12 Canadairs, seuls 5 sont en marche ». La maison brûle et l’État prépare les armes.

  • Le spectre de l’expulsion plane sur les Roms de La Valentine

    Le spectre de l’expulsion plane sur les Roms de La Valentine

    Pour le moment « rien n’a bougé » mais message aurait été passé aux travailleurs sociaux que l’expulsion était définitivement prévue pour le mois d’août, assure Laurent Sapin, riverain du camp de fortune où se sont installés depuis un peu moins de deux ans au moins 250 personnes, route de la Valentine (11e). Avec des militants LFI, le conseiller d’arrondissements PCF, Michel Provost, des associatifs, il s’était mobilisé fin juillet pour alerter sur leur situation précaire.

    L’urgence est telle que l’avocat des familles, Maître Borie a déposé un référé suspension, une date a été fixée au 24 août nous indique-t-il ce jeudi 6 août. La veille, il avait indiqué au préfet des Bouches-du-Rhône dans un courriel avoir fait appel de l’ordonnance d’expulsion du 24 décembre 2025, la Cour d’Appel d’Aix en Provence ayant également fixé une audience au 23 février 2027. Pour l’avocat, il s’agit là d’« une expulsion rapide, pour laquelle il n’y a pas eu de contradictoire », et donc « déloyale ».

    Il ajoute aussi d’autres éléments « nouveaux » à son argumentaire. Objectant pour commencer que le propriétaire du terrain, Retail Prodev, une filiale du groupe Frey, ne l’est pas entièrement. La Métropole en ayant acheté une partie, 57 000 mètres carrés, le long de l’Huveaune, pour réaliser une voie verte, indique la délibération votée en octobre 2024. Soit avant la décision préfectorale.

    Une crise humanitaire

    Maître Borie pointe également l’absence de délais et de trêve lors de l’ordonnance d’expulsion. Il rappelle la « grave crise de l’hébergement d’urgence à Marseille » revenant sur la lettre commune envoyée au préfet par les associations du SIAO, plateforme qui gère notamment le 115. Ces dernières refusant de répondre aux injonctions du représentant de l’État qui appelle à réduire drastiquement le nombre de places hôtelières et donc à remettre des personnes à la rue.

    « Une éviction des habitants créerait une crise humanitaire sans précédent et des troubles à l’ordre public plus grave qu’une violation momentanée du droit de propriété », estime maître Borie qui estime que « les occupants, Prodev et la préfecture ont tout intérêt à conclure un protocole d’accord tripartite ou une convention d’occupation précaire pour prévoir une sortie du site à une date certaine ». Un protocole qui permettrait entre autres « d’éviter les surcoûts, de réaliser un diagnostic social des occupants, de les responsabiliser » et aussi de « valoriser l’image de Prodev comme acteur responsable ».

    En attendant, les soutiens aux familles ont promis d’être vigilants.

  • La grève chez Haribo prend de l’ampleur

    La grève chez Haribo prend de l’ampleur

    Devant l’usine d’Haribo à Marseille, l’odeur du barbecue du piquet de grève a remplacé les émanations sucrées qui sortent habituellement du site, ce jeudi.

    Il faut dire qu’il fallait donner de la force aux plusieurs dizaines de personnes présentes pour une mobilisation de soutien aux salariés dès 9 heures du matin et jusqu’en début d’après-midi. « Aujourd’hui, on finit la 6e semaine de grève, demain on attaque la septième. Il y a des salariés qui ont plus de 60 heures de grève ! », campe Jean-Pierre Martins, élu CGT du site. Autour de lui, on retrouve les chasubles rouges estampillées CGT du port de Marseille, de la Centrale de Gardanne, de La Poste et des militants venus d’Istres ou d’Aubagne… Et pour cause : Le dialogue social entre grévistes et direction est toujours au point mort d’où le besoin urgent de solidarité envers les grévistes qui tiennent la durée. « Rien n’a bougé. La direction renvoie toujours au 28 septembre et essaie de mettre un peu la pression dans l’usine pour qu’on arrête la grève », explique le syndicaliste. Avant de dénoncer : « Il y a un problème, cette situation est dingue : notre mouvement est historique et ce qu’on demande, ce n’est pas exubérant. Au fond, je pense qu’ils espèrent que le mouvement s’essouffle ». Une position d’autant plus dénoncée que le confiseur n’est pas vraiment en difficulté financière : « En 2020, Haribo faisait 12 millions d’euros de bénéfice net, et en 2025, c’était 32 millions… », décompte l’élu CGT. Au milieu des chapiteaux où sont installées boissons et caisse de soutien, il y a aussi moult représentants de partis politiques progressistes venus apporter leur pierre à l’édifice, tels que des militants de la France Insoumise, l’élu marseillais Hervé Street (Debout !) ou encore Charles Hoareau pour l’ANC. Preuve que la lutte des grévistes reçoit un soutien quasi unanime dans la cité phocéenne.

    Marseille-Uzès

    même combat

    « Nous sommes en soutien avec les travailleurs qui luttent. Les salariés demandent une augmentation de salaire, ils ne demandent pas la lune mais un juste retour pour leur travail. Ils ne demandent pas la charité, leurs revendications sont légitimes », développe, pour le PCF, Ibrahim Mze, le conseiller municipal à la Ville de Marseille. Il rejoint l’analyse : « Haribo engrange des bénéfices, son activité est plus que rentable, c’est normal que ses salariés demandent une augmentation… La position de la direction est indigne ! ».

    Le soutien reçu par les grévistes dépasse même le département puisqu’une délégation de leurs homologues de l’usine d’Uzès, dans le Gard, a fait le déplacement. « On a fait 12 jours de grève, en lançant le mouvement en même temps qu’à Marseille mais ça s’est essoufflé. Du coup, on fait une journée de grève chaque semaine pour venir soutenir les Marseillais », relate Guillaume Brante, délégué syndical central CGT. Ce dernier est pour le moins remonté contre sa direction : « Qu’ils ne nous parlent pas de dialogue social ! Il y en a pas. On n’a jamais vu ça chez Haribo : avant il y avait un esprit familial, maintenant ce n’est que le pognon ! ». En tout cas, pour l’heure et grâce à l’intelligence collective, les grévistes tiennent bon dans cette grève marathon.

  • La Camargue perd son label de parc régional

    La Camargue perd son label de parc régional

    La perte du label de Parc naturel régional (PNR) du PNR de Camargue, faute de reconduction avant février 2026, a fait l’objet d’une lettre ouverte adressée à Anne Claudius-Petit, présidente du syndicat mixte gestionnaire et conseillère régionale (Ren.) écrite lundi par le conseiller communautaire d’opposition d’Arles Nicolas Koukas (PCF).

    « Il est préoccupant que la Camargue se retrouve sans la charte fixant vision et stratégie sur 15 ans », écrit l’élu, estimant que « son renouvellement aurait dû être l’occasion de mettre sur la table l’avenir de la Camargue : le réchauffement climatique, la montée des eaux et les risques inondations, l’érosion du littoral, les risques d’incendies et la préservation de nos écosystèmes », liste-t-il.

    Sollicitée, Anne Claudius-Petit explique que « le début du travail pour la nouvelle charte a commencé début 2022 », mais que « le décès du président du Parc Rolland Chassain, les municipales de 2020, le départ du directeur, un autre avec qui ça s’est pas bien passé et la relation qui n’était pas au beau fixe avec Arles », ont reporté la révision de la charte à 2024 selon l’élue. À noter que Patrick de Carolis avait démissionné en juin 2022 en pointant la décision de la Région de reporter le vote de la charte pour lancer sa révision.

    « On a rattrapé notre retard »

    Nicolas Koukas pointe également le changement d’idée du président de Région (Ren.) Renaud Muselier sur la ligne à Très haute tension : « Il a longtemps porté ce projet avant de changer de position (…) à l’approche des élections sénatoriales », affirme-t-il.

    Anne Claudius-Petit répond que « RTE et l’État doivent trouver des solutions face au rejet massif par les Camarguais » mais considère qu’il s’agit d’un « concours de circonstances malheureux » entre les deux sujets. « La Camargue garde une grande force au-delà du juridique. Même si nous n’avons plus la charte, nous sommes protégés son caractère de réserve biosphère Unesco et son label Ramsar », détaille l’élue.

    La présidente espère présenter la nouvelle charte fin 2029. À moins que le Projet de loi portant simplification des normes applicables aux collectivités territoriales actuellement au Sénat ne raccourcisse ce délai.

  • Cinquante ans de droit aux vacances à Martigues

    Cinquante ans de droit aux vacances à Martigues

    Un peu plus de 200 kilomètres séparent Martigues de la commune d’Ancelle et pourtant, le centre de vacances La Martégale qui s’y trouve n’a jamais été loin du cœur pour des générations de martégaux qui y sont passés en classe de neige ou en colonies de vacances d’été.

    Il y a cinquante ans, les premières colonies de vacances d’été s’y déroulaient, après les premières classes de neige à l’hiver 1976 et l’inauguration le 18 janvier de la même année. Un an et demi et la modique somme de 945 millions d’anciens francs ont été nécessaires pour réaliser ce projet selon les élus de l’époque, lors d’une visite de chantier en août 1974. Cela représenterait 8 742 000 euros de 2025 selon le convertisseur Insee.

    « Ce centre a un caractère social » affirmait le maire (PCF) Paul Lombard, dans La Marseillaise du 20 janvier 1976. Et il l’a conservé. « La Ville avait un projet très précis pour les vacances » explique Joëlle Fabre, ancienne animatrice au début des années 1980 puis responsable du service vacances de la Ville. « Le but est de sortir de Martigues, de connaître d’autres horizons et de vivre la vie collective dans le partage et la camaraderie », détaille-t-elle, assurant que c’est encore le cas aujourd’hui. Un projet éducatif mené de concert avec la Fédération des œuvres laïques du Rhône (FOL 69).

    « Nous avons tenu bon »

    Il n’y a pas que le côté camp de scouts dans les séjours à Ancelle. « On y propose depuis toujours des découvertes d’activités que les enfants ne peuvent pas faire chez eux », reprend Joëlle Fabre. Par exemple, la via ferrata ou le rafting, typiques de la montagne. Chacun s’entraide en activité et dans les tâches du quotidien. « On est complètement à contre-courant de ce qu’on peut voir dans certains catalogues, avec parcs d’attractions, façon tourisme de consommation », précise celle qui programmait les activités des années durant.

    Si la journée type des colos n’a « fondamentalement pas changé » selon la retraitée, les comportements oui. « Le rapport à la colo, l’inquiétude des parents font que j’ai l’impression qu’ils ne voient plus les bénéfices d’une séparation avec l’enfant alors que ça les fait grandir », estime Joëlle Fabre. « C’est un reflet des difficultés à se projeter dans l’avenir et des angoisses de tout le monde » complète-t-elle. Mais comme souvent, Martigues donne dans la résistance. « Les colonies de vacances ont connu une forme de désaffection et beaucoup de villes y ont renoncé », rappelle Gaby Charroux, maire (PCF) de Martigues. « Mais nous avons tenu bon et continué à les proposer. Nous avons même retrouvé un certain engouement après le Covid », poursuit-il.

    Cela s’inscrit dans une certaine conception du droit aux vacances pour tous selon l’édile, « comme le droit aux congés payés », compare-t-il. « C’est un choix. Nous tenons à permettre à ceux qui sont les moins bien nantis d’exercer ce droit », reprend Gaby Charroux, « cela fait partie de l’épanouissement personnel que nous faisons commencer dès la crèche, et que l’on veut offrir comme pour la culture, le sport… pour grandir et s’épanouir comme citoyen ».

  • [Entretien] Anthony Gonçalves : « Le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie »

    [Entretien] Anthony Gonçalves : « Le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie »

    La Marseillaise : Le gouvernement a annoncé le doublement des franchises médicales et une hausse du reste à charge. Quel regard portez-vous sur ces mesures ?

    Anthony Gonçalves : Je suis profondément choqué par ces annonces. Le gouvernement considère que les gens consomment des médicaments ou ont des actes médicaux pour se faire plaisir. Il imagine qu’en augmentant ces franchises, ils vont réduire leur consommation médicale, ce qui est totalement faux. La grande majorité de ces consommations répond à des besoins réels. Ça va toucher des personnes atteintes de maladies graves qui n’ont pas choisi de l’être.

    Ces mesures permettraient, selon
    le gouvernement, de financer l’accès aux soins. Qu’en pensez-vous
     ?

    A.G. : C’est incroyable de ponctionner les malades pour favoriser l’accès aux soins. C’est l’inverse qui va se passer. Penser qu’on va freiner des dépenses de santé comme s’il s’agissait d’une consommation de confort est un calcul terrible. Les plus modestes, souvent en affection de longue durée, vont renoncer aux soins dont ils ont besoin. Les malades du cancer, avec des traitements lourds et réguliers, seront touchés de plein fouet. Au final, cela dégradera leur état de santé et coûtera encore plus cher lorsqu’il faudra les hospitaliser. C’est le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie. Il ne va pas chercher l’argent là où il se trouve. On nous parle du déficit de la Sécurité sociale, mais il est largement alimenté par les exonérations de cotisations accordées aux entreprises.

    Qui seront les plus pénalisés ?

    A.G. : Les retraités vivant avec moins de 1 500 euros par mois et atteints d’affections de longue durée, de cancer ou de maladies cardiovasculaires. Ce sont des patients qui ont besoin de consultations et de prescriptions régulières. On va aller taper dans la poche de ceux qui n’ont déjà pas beaucoup pour vivre.

    Quelles seront les conséquences de ces mesures sur le prix des mutuelles ?

    A.G. : On parle d’un transfert de charges de 1,5 à 2 milliards d’euros, donc les mutuelles vont mécaniquement augmenter leurs tarifs, alors qu’ils sont déjà un problème pour une partie de la population. D’où notre idée d’instaurer une mutuelle communale à Marseille, pour permettre aux plus modestes d’accéder à une complémentaire à un tarif plus favorable.

    Que révèlent ces annonces sur
    la gestion politique de notre système de santé
     ?

    A.G. : Depuis des années, on entend cette petite musique de la responsabilisation des malades. L’idée serait de dire que le droit à la santé est une affaire de responsabilité individuelle. C’est un retour en arrière de plus sur un droit universel, qui ne doit dépendre ni des revenus ni du niveau social. On assiste à une attaque en règle globale contre notre système de Sécurité sociale.

    Les annonces ont été faites en plein été, sans débat parlementaire.
    Que pensez-vous de la méthode
     ?

    A.G. : La méthode est aussi choquante que le fond. L’an dernier, cette proposition avait été rejetée par le Parlement. Le gouvernement revient à la charge sans passer par le débat. C’est le pari abominable du gouvernement : on fait passer les mauvais coups pendant l’été.