Tag: PCF

  • Hommage à Victor Jara : le PCF contre-attaque à Béziers

    Hommage à Victor Jara : le PCF contre-attaque à Béziers

    Mais quelle mouche a donc piqué Robert Ménard ? En annonçant, via les réseaux sociaux de la Ville de Béziers et dans le Journal du Biterrois, canard municipal, qu’un hommage serait rendu à Victor Jara, chanteur et militant communiste chilien assassiné sous la dictature de Pinochet, l’édile d’extrême droite en a laissé plus d’un pantois.

    Le 27 mai, la Ville s’apprête donc à inaugurer une statue du Chilien, place du 14-Juillet, dans le cadre de la journée nationale de la Résistance. Le maire est coutumier du fait : chaque année, un buste est inauguré : en 2025, Laure Moulin, la sœur de Jean Moulin ainsi qu’un autre de la journaliste russe Anna Politkovskaïa, en 2023, celui du soldat israélien Aner Shapiro, etc. Mais cette année, au vu des valeurs prônées par Victor Jara, que tout oppose à Robert Ménard, ce choix a de quoi surprendre.

    À commencer par la section biterroise du PCF, qui a annoncé organiser son propre hommage, le même jour, à 12h30
    – les forces progressistes, associations, syndicats sont conviés par les communistes. « Quand nous avons appris la nouvelle, nous avons été surpris. Il n’y a rien de mentionné sur son passé de communiste. Cela nous a paru un peu fort de café et il y a peut-être une tentative de réécrire l’Histoire », fait valoir Jean-Marc Biau, secrétaire de la section PCF de Béziers et conseiller de la Région Occitanie. En effet, l’hommage est destiné à « honorer la mémoire et l’engagement du poète et chanteur chilien Victor Jara, assassiné en 1973 sous la dictature [de Pinochet] », peut-on lire sur les réseaux sociaux de la Ville. Sauf que Victor Jara, certes chanteur, est avant tout un militant communiste.

    Torturé par l’extrême droite

    Véritable chantre de la révolution chilienne, ce dernier défendait des valeurs de solidarité, de partage des terres et dénonçait la répression militaire. « Il était également directeur de théâtre, il a dirigé plusieurs pièces où il mettait en scène le peuple », reprend Jean-Marc Biau. Autant de valeurs prônées du fait de son engagement politique. C’est d’ailleurs cet engagement qui lui a valu d’être sauvagement assassiné et torturé par les hommes de Pinochet, ses doigts avaient été brisés. Sauf que tout cet engagement disparaît comme par magie quand on lit la présentation faite par la Ville dans le Journal du Biterrois. Seul est mentionné le fait que Victor Jara est « révolté contre l’injustice. » « Quels sont les objectifs de Robert Ménard ? », s’inquiète Jean-Marc Biau. En tentant de dépolitiser un pan entier de l’Histoire, Robert Ménard veut gommer les véritables valeurs portées par la gauche, opposées aux siennes. D’où l’importance, pour les communistes, de mener ce genre d’hommage.

  • [Sénatoriales] Dans le Var, la gauche veut essayer de limiter le RN à un siège

    [Sénatoriales] Dans le Var, la gauche veut essayer de limiter le RN à un siège

    L’état actuel des forces progressistes dans les municipalités varoises ne laisse que peu de place à l’espoir. En 2020, l’ex-socialiste André Guiol avait raflé l’un des quatre sièges (avant de quitter le PS dans la foulée) avec une liste centriste, soutenue par LREM, alors que le reste de la gauche (PCF, Écologistes) s’était dispersé.

    Il ne pourra pas en être de même en septembre, au vu du faible nombre de grands électeurs dont elle disposera. « Même si on aura peut-être une réserve de voix dans le centre-Var et le haut-Var », lance Pierre Daspre, secrétaire départemental du PCF, qui espère également que la maire de Toulon Josée Massi, et d’autres grandes municipalités, « au nom de la démocratie », favoriseront la nomination des délégués de gauche. Tout le monde en convient : il faudra se rassembler, ne serait-ce que pour éviter que le RN (qui pourrait une nouvelle fois s’allier à l’UDR), à l’appétit aiguisé par ses conquêtes aux municipales, et dont la liste sera menée par Franck Giletti, son délégué départemental, ne prenne deux sièges.

    Mais avec quelles modalités ? Chacun prendra le temps de se réunir en famille, avant de commencer à échanger avec les autres formations d’ici le 5 juin. « Il y aura des discussions au niveau national pour désigner la tête de liste », prévoit Pierre Daspre. Pour Jean-Pierre Luquand, responsable des Écologistes varois « peu importe qui ce sera. Il faut l’union autour d’une personnalité qui rassemble ».

    Union jusqu’au

    centre-gauche ?

    Dès lors, pour Jacques Blandin, secrétaire de section du Parti socialiste, ce rassemblement « devrait être le plus large possible ». Jusqu’au centre gauche ? « Je dirais volontiers que nécessité fait loi. Les LR vont récupérer deux sièges. Je ne vois pas comment le RN pourrait ne pas en avoir au moins un. Il faut donc essayer d’en prendre un, avec une liste de barrage, plus large qu’une simple alliance avec le PCF et les Écologistes. »

    S’il souhaite, dans l’idéal, rester dans un « périmètre de gauche », Jean-Pierre Luquand pourrait s’y résoudre lui aussi, « mais à condition d’avoir une place pour la gauche, reconnue, et active dans la campagne ». Dans cette optique anti-RN, se ranger derrière LR serait-il envisageable ? « On n’est pas là que pour faire barrage, on espère gagner », veut croire Jacques Blandin.

    Côté LR, c’est la sortante Françoise Dumont qui mènera la liste, tandis que ses deux confrères Michel Bonnus et Jean Bacci ne se représentent pas. Elle devra faire face à la concurrence d’un futur ex-Républicain, en la personne du conseiller départemental Marc Lauriol. Il partira sans étiquette, mais non sans ambition, sa cote de popularité auprès des élus demeurant importante eu égard à la proximité liée à sa fonction.

    Enfin, au centre, André Guiol passe aussi la main. Jean-Pierre Colin, conseiller régional, ex-colistier de Nathalie Bicais à la Seyne, et un temps candidat aux municipales, tentera de rafler un siège malgré une conjoncture qui ne lui est pas plus favorable qu’à la gauche.

  • [Sénatoriales] Dans les Bouches-du Rhône, des unions mises à l’épreuve

    [Sénatoriales] Dans les Bouches-du Rhône, des unions mises à l’épreuve

    « Cette fois, le scrutin se prête moins aux manœuvres qu’en 2020 », sourit-on dans les états-majors. À quatre mois des sénatoriales, les candidats multiplient les visites sur le terrain à la rencontre des élus du territoire, et de ces 3 600 grands électeurs du département des Bouches-du-Rhône qui auront à élire huit sénateurs, le 27 septembre prochain, alors que les regards se tournent déjà vers la présidentielle. Six ans en arrière, chaque camp était parti divisé. L’union de la gauche faisait face aux guérinistes, les Républicains et Renaissance faisaient bande à part. Mais le contexte politique a drastiquement changé, et les lignes de force ont bougé sur le territoire : en retrait dans le département, la gauche peut compter sur sa progression à Marseille, qui pèse pour un tiers des voix, tout comme l’extrême droite qui a aussi mis la main sur plusieurs municipalités.

    Reste à savoir si cette progression, moins importante que ce qu’escomptait le camp lepéniste, suffira à ouvrir les portes du palais du Luxembourg au RN. « Nous espérons bien faire deux sièges », avance son délégué départemental Franck Allisio, quand bien même il ne comptabilise que 400 grands électeurs dans son camp. Ce qui n’assure qu’une seule place au Sénat. « Systématiquement, les listes RN ont dépassé le nombre de grands électeurs du RN », argumente-t-il. Le parti d’extrême droite a ainsi misé sur une tête de liste confiée à une transfuge de la droite, la vice-présidente du conseil départemental Marie-Pierre Callet, pour grappiller ces voix (notre édition du 19/05). Un choix dans lequel beaucoup voient la main du vice-président du RN Sébastien Chenu, et dont s’est désolidarisé le député Romain Baubry. Mais il faudra composer avec une autre liste à l’extrême droite emmenée par le sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier, qui risque de diviser les voix et coûter un deuxième siège. « Ça a toujours été convenu comme ça », assure Franck Allisio pour écarter tout soupçon de trahison après l’accord des municipales. Au-delà de ses proches élus à Marseille, le sénateur sortant avait déjà grappillé plus de 200 voix hors de son camp lors du dernier scrutin. De quoi réduire les marges de manœuvre à droite.

    Celle-ci compte pourtant bien réaliser « 3,75 sièges », calculait Renaud Muselier. « Il y a un rapport de force très majoritairement à droite », souligne la très droitière sénatrice LR sortante Valérie Boyer. Candidate à sa réélection en attendant la commission d’investiture de son parti début juin, elle assume l’union avec le président (Ren.) de Région, qui s’est déclaré début avril pour conduire une liste d’union. « Je prêche pour l’entente, c’est dans l’intérêt commun », défend aussi Valérie Boyer, en assumant qu’« une liste, ça représente des courants divers ». Mais tandis que la sénatrice UDI Brigitte Devesa annonçait ne pas vouloir descendre sous la quatrième place, elle avertit : « Le courant centriste est très faible. C’est bien d’avoir des grandes ambitions, mais il faut faire des sièges. » « Il n’y a aucune décision prise, Renaud Muselier avance et travaille avec Gérard Larcher et les élus locaux », explique son directeur de cabinet Romain Simmarano. Avec l’annonce vendredi du retrait de la course de la ministre déléguée Sabrina Roubache, officiellement pour se concentrer sur son action gouvernementale (notre édition du 23/05), « le jeu s’éclaircit un peu » estime-t-il.

    L’éclaircissement ne devrait pas tarder à gauche aussi. « L’idée, c’est d’avoir une union la plus large possible, dans la mouture de ce qui s’est fait la dernière fois », avance-t-on dans l’entourage du maire de Marseille. « Nous avons décidé de partir sur une liste commune, avec la même configuration et les mêmes candidats qu’en 2020 », complète le sénateur (EELV) Guy Benarroche. Les communistes doivent ainsi avaliser leur stratégie cette semaine, Marie-Arlette Carlotti tient la corde au PS. Mais chez les écologistes, ils sont quatre candidats face au sénateur sortant, dont l’adjoint des 2-3 Thomas Laffare et l’ancienne responsable de la tutelle des Écologistes Paca, Samia Lakehal. Élue suite à la condamnation de Jean-Noël Guérini qui avait conduit sa propre liste en 2020, Mireille Jouve (DVG) a de son côté entamé une tournée des élus du territoire. Au risque de diviser les voix à gauche, alors qu’à la tête de la municipalité marseillaise un veto est mis contre sa présence sur une liste d’union.

    Le 27 septembre prochain, quelque 63 départements – dont les six départements de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur – auront à renouveler 178 sièges au Sénat, la moitié de l’hémicycle. Au total, 87 000 grands électeurs devront élire leurs représentants, au nombre de 22 dans la région : un dans les Alpes-de-Haute-Provence ainsi que dans les Hautes-Alpes, élu au scrutin majoritaire, trois en Vaucluse, quatre dans le Var, cinq dans les Alpes-Maritimes et huit dans les Bouches-du-Rhône, élus au scrutin proportionnel. Un vote obligatoire, sous peine d’une amende de 100 euros. Première étape, les conseils municipaux éliront leurs délégués le 5 juin prochain, représentant seulement une partie des élus dans les communes de moins de 9 000 habitants, l’ensemble du conseil jusqu’à 30 000 habitants, et des citoyens supplémentaires au-delà, auxquels s’ajoutent les élus départementaux, régionaux et les parlementaires. Les listes devront être déposées du 7 au 11 septembre, avant le vote du 27 septembre.

  • Les Amis de La Marseillaise impriment aussi en Vaucluse

    Les Amis de La Marseillaise impriment aussi en Vaucluse

    « Adhérez, souscrivez, nous avons besoin de vous ! », scande Léo Purguette, président et directeur éditorial du journal, en remerciant André Castelli. L’ex-conseiller municipal et départemental PCF est en effet le coordinateur du comité. « On lance l’opération aujourd’hui en recueillant des contacts pour ensuite réunir rapidement des premières personnes afin d’élaborer un plan de travail pour faire connaître et soutenir le journal », fait valoir André Castelli, qui réfléchit à une première initiative lors du Festival d’Avignon. Après le retour de notre titre en Vaucluse il y a bientôt quatre ans, en septembre 2022, « beaucoup de choses nous poussent à soutenir encore plus le journal », estime l’ancien élu. « On est entré dans une phase terrible avec l’extrême droite et le fascisme qui veulent s’emparer de tous les réseaux de communication, La Marseillaise sera un outil de rempart face à cette volonté du capital et pour appréhender la riposte », développe André Castelli.

  • Le numérique, un impact tout sauf neutre pour le débat démocratique

    Le numérique, un impact tout sauf neutre pour le débat démocratique

    Impossible d’y échapper. Que ce soit les réseaux sociaux, la vidéosurveillance ou encore l’accès dématérialisé aux services publics, le numérique a bouleversé notre quotidien. « Un adulte passe en moyenne 32 heures par semaine devant un écran », campe Alexandre Basquin, sénateur PCF du Nord et participant au débat, aux côtés de Pierre-Yves Cadalen (député LFI du Finistère), Thomas Dossus (sénateur écologiste du Rhône) et Patrick Blanès (secrétaire fédéral du PS de Vaucluse). « Les plateformes numériques créent des contenus clivants et émotionnels, le débat est polarisé et une partie de l’espace démocratique est aujourd’hui structurée par des entreprises privées », rappelle, en introduction, Sabrina Royer, animatrice du débat.

    Pendant 1h30, les propos ont fait le procès du numérique, du moins l’usage généralisé qui en est fait sans réel garde-fou. « Sans les réseaux sociaux, on n’aurait pas battu Aulas à Lyon », souligne quand même Thomas Dossus quand Patrick Blanès relève leur « utilité pour structurer certains mouvements ». « Oui, mais par exemple, Facebook a banni toute référence à la Palestine », nuance Alexandre Basquin, rétif aux réseaux sociaux. « Je dois être l’un des seuls parlementaires à ne pas y être car on cherche plus à convaincre à l’extérieur que la personne face à soi, c’est mortifère car il faut être excessif pour être viral », déplore le sénateur nordiste.

    Manière d’aborder les logiques d’algorithmes qui confortent chacun dans ses biais tout en clivant encore plus les contenus. « On zappe d’une info à l’autre, c’est l’économie de l’attention », resitue Patrick Blanès, alarmé aussi par l’irruption de l’intelligence artificielle, « qui pourrait bientôt rendre des décisions de justice ». « Mais ce capitalisme de l’attention doit avoir ses limites et être régulé au niveau européen », plaide Thomas Dossus, pour qui « les grandes plateformes doivent être tenues pour responsables ». Si le sujet n’a pas été abordé, on a vu des récents déferlements de haine et de racisme en ligne sur des pages Facebook de nos confrères. Le tout avec un sentiment d’impunité. Au début du mois, 16 familles ont aussi porté plainte contre TikTok pour abus de faiblesse, accusant le réseau social de pousser des jeunes au suicide.

    Instaurer une vraie régulation publique

    À l’instar des « règles déontologiques pour la presse créées au XIXe siècle », le sénateur écologiste souhaite « un modèle de contrôle public » vis-à-vis des plateformes numériques et « le risque de bulle de désinformation ». Pierre-Yves Cadalen milite, lui, pour la mise en place d’un « pôle public du numérique » pour sortir les médias des « concentrations capitalistiques ». Car derrière les Gafam (acronyme des géants du numérique), « il y a un projet politique de technofascisme, des nouveaux réactionnaires qui veulent abolir la démocratie et supprimer les libertés individuelles », estime le député insoumis. Une idée de pôle public qui ne séduit pas Thomas Dossus, « pas fan car si la gauche peut en faire un outil d’émancipation, je crains que ce ne soit pas le cas si la droite est au pouvoir ».

    Brièvement abordée aussi, l’impact sur la jeunesse, fortement « informée » par les réseaux sociaux, et l’omniprésence dans le cercle scolaire. « Il faut dénumériser nos écoles », conclut Thomas Dossus.

  • Le progrès en étendard à la fête de « La Marseillaise » à Avignon

    Le progrès en étendard à la fête de « La Marseillaise » à Avignon

    Sous les grands arbres couverts de lierre du parc des Libertés de l’île de la Barthelasse, à Avignon, les températures en hausse n’ont pas calmé les ardeurs de plusieurs centaines de personnes qui se sont réunies ce dimanche 24 mai à l’occasion de la Fête de La Marseillaise.

    Une occasion annuelle de se réunir, d’échanger, de débattre, de s’informer mais aussi, bien sûr, de faire la Fête. Une journée qui s’est lancée autour de 9 heures avec l’arrivée des militants des différentes organisations politiques et associatives. Café et huile de coude au menu pour mettre en place les stands. Très vite, ce fut déjà l’heure du repas autour d’un verre d’eau, de bière ou de vin selon les goûts. Et de trinquer avec quelques membres du Club de la presse de Vaucluse et sa nouvelle présidente Dominique Ghidoni, sous les ajustements acoustiques du groupe Reno Bistan qui a laissé entendre quelques extraits des chansons jouées au concert de clôture de 17 heures. Une belle conclusion, entre paroles en français ou en italien, pour chanter Monde de droite ou encore Una torta de riso, pendant que les quelques bambins venus avec leurs parents profitaient du château gonflable disposé pour l’occasion. Sans oublier, à l’heure de la digestion, la pièce Emballages, écrite par André Benedetto et jouée par la compagnie la Parole Rouge, critique acerbe du capitalisme mêlant humour et discours militant. Le tout sans oublier l’engagement anti-extrême droite de notre journal fondé dans la Résistance. « L’échéance de l’année prochaine va être très importante pour nous tous, pour le monde du travail, pour les progressistes, pour les Français, pour tous ceux qui vivent dans notre pays », rappelle Léo Purguette, président et directeur de publication de La Marseillaise, appelant à « relever la tête, être offensif » comme tente de l’être notre titre.

    L’occasion d’échanger

    Si les derniers mois ont été marqués par les élections municipales, la Fête était aussi l’occasion de se retrouver. « Je viens depuis trente ou quarante ans et c’est l’occasion de montrer nos actions » glisse Françoise Godefroy, vice-présidente de France Cuba en Vaucluse.

    Un moment aussi pour les différents partis de gauche présents d’échanger dans un cadre plus détendu. « Une journée agréable où on se retrouve sur l’essentiel », pointe Pascal Clemençon, secrétaire fédéral du PS en Vaucluse. « L’unité se fait lors de fêtes », ajoute Méliades Bey de l’Après. « On reste dans un moment de l’année où on peut échanger de manière informelle avec des camarades de diverses sensibilités des échéances passées et à venir pour lutter localement au-delà des quelques différences » ajoute l’insoumis Sylvain Nandan.

    « Si nous sommes ici, ce n’est pas seulement pour partager un moment festif. C’est aussi parce que notre époque exige de l’engagement, en particulier dans notre département. Contre l’extrême droite, contre la casse sociale, pour l’hôpital, pour la santé, pour l’éducation, pour le monde du travail, pour l’égalité, pour la dignité, pour l’écologie, pour le droit des femmes et de toutes les personnes discriminées, pour la solidarité internationale et pour la paix », a lancée en fin de journée Delphine Jordan (PCF).

    La fête continue… Rendez-vous le 27 juin à La Bâtie-Neuve pour la première Fête de La Marseillaise des Alpes !

  • À Toulon, le plaisir d’être ensemble avec « La Marseillaise »

    À Toulon, le plaisir d’être ensemble avec « La Marseillaise »

    Il est 9h30, au Terminus du Mourillon. Sur le parking, les militants sont à pied d’œuvre depuis tôt ce matin et fignolent les derniers arrangements sur les stands pour être prêts à recevoir le public. La très attendue Fête de La Marseillaise va bientôt s’ouvrir au public.

    Dans l’allée, Pierre Barbagelata des Amis de La Marseillaise s’active dans ce qui commence à ressembler à une ruche de bénévoles.

    Amaryllis (PCF) confie que « malgré le stress des inévitables petits soucis de dernière minute, c’est excitant parce qu’on sait que ça va être une belle journée, les camarades se sont beaucoup investis pour ça ». Et de poursuivre : « Ça fait plaisir de se retrouver ensemble. » Un sentiment partagé, on va s’en rendre compte tout au long de la journée, par l’ensemble des participants, malgré la cagne déjà assommante.

    « Avoir une presse d’opinion c’est essentiel, c’est vital pour faire passer des idées qui malheureusement dans l’ensemble quasiment des médias, qui est de plus entre les mains de l’extrême droite ou de ses amis, ne passent pas », ajoute-t-elle.

    L’heure est à présent à l’inauguration. L’occasion pour le président de La Marseillaise, Léo Purguette, de dire à quel point il était reconnaissant et « heureux de partager ce moment avec les Amis de La Marseillaise et les militants communistes qui ont été les chevilles ouvrières de l’organisation de cette Fête ».

    Et de rappeler aussi « que La Marseillaise reste d’une extrême fragilité et que son existence et son développement sont un combat permanent ».

    « Je veux vous dire mon plaisir d’être ici, au bord de l’eau, dans ce territoire où n’a pas déferlé la vague brune annoncée et je pense que La Marseillaise y a joué un rôle décisif. Je m’en félicite donc. Vive La Marseillaise et vive la résistance ! »

    Le secrétaire de la fédération du PCF, Pierre Daspre, s’est félicité que la maire de Toulon Josée Massi ait accordé de nouveau le droit de tenir la Fête sur la plage du Mourillon, en rappelant que la gauche n’est pas pour rien dans sa réélection en faisant barrage à l’extrême droite avec « un esprit de responsabilité ».

    Sur le stand d’Amnesty international, Dominique précise : « La Fête de La Marseillaise c’est un moment important où chacun avec ses différences défend les droits humains qui sont malmenés à l’international comme en France, notamment ceux des personnes qui sont le moins favorisées, je pense par exemple aux migrants, je pense aux personnes qui sont en grande précarité. »

    Et de conclure : « Avec La Marseillaise nous nous rencontrons sur beaucoup d’idées, on partage des valeurs et on se retrouve beaucoup dans ce qui y est écrit à longueur d’articles. »

    Sur scène, le groupe engagé Chichi et Banane entame à présent son récital poétique et satyrique.

    « C’est un journal qui permet de faire connaître nos luttes et nos revendications à une large population », affirme plus loin Zoé Desmoulins (SUD).

    À ses côtés, le secrétaire général de la FSU, Alain Tournay, ajoute : « On est content aussi de participer à la Fête de ce journal qui a été créé pendant la Résistance, ce journal qui relaie toutes les luttes sociales. »

    « Soyons des utopistes »

    De l’autre côté, le conseiller municipal d’opposition de La Seyne, Cédric Turco (PCF), a rappelé « l’importance d’être là en tant qu’élu sur le stand des services publics ». « Parce qu’on est persuadé qu’il faut réduire les inégalités en France et dans le monde et pour ça on a besoin d’un service public de qualité partout et pour tous », explique-t-il.

    Il est 16h, place maintenant au débat portant sur la paix avec Vincent Boulet (PCF) dirigeant du Parti de la gauche européenne et Richard Roméo-Giberti, secrétaire général de l’Union départementale CGT.

    « Le syndicalisme s’honore quand il sert à remplir l’objectif qui est le nôtre, c’est-à-dire transformer la société. Et c’est bien la première condition pour transformer le monde », a expliqué le patron de la CGT varoise. Et de poursuivre : « Soyons des utopistes. Il me semble que tous les combats que nous avons gagnés, d’abord ont été portés par des minorités utopistes et donc continuons à parler de paix et des conditions de la paix, c’est-à-dire de maîtriser nos outils de défense au service des populations. »

    Bref, encore une belle journée de Fête et de lutte joyeuse, en attendant de se revoir bientôt sur le pavé.

  • [Entretien] Bastien Bonnargent : « Il y a un sentiment de déclassement chez les jeunes »

    [Entretien] Bastien Bonnargent : « Il y a un sentiment de déclassement chez les jeunes »

    La Marseillaise : Vous avez été élu ce dimanche à la tête du MJCF. Quel est votre parcours ?

    Bastien Bonnargent : J’ai adhéré à la JC en 2016, dans le département dans lequel j’ai grandi, les Hautes-Pyrénées. Mais comme beaucoup de jeunes des Hautes-Pyrénées, j’ai déménagé très vite pour faire des études d’histoire dans la métropole toulousaine, où j’ai pris mes premières responsabilités jusqu’à devenir secrétaire fédéral. En 2024, je suis ensuite rentré à la coordination nationale de la JC. Et désormais, c’est un nouveau mandat qui s’ouvre.

    Quelles sont les priorités
    de ce mandat ?

    B.Bo. : C’est toute une équipe de direction nationale qui est renouvelée. Nos priorités, pour les mois et années à venir, c’est de continuer le travail de renforcement engagé pour construire une organisation qui s’adresse à toute la jeunesse, dans sa diversité. Nous nous fixons comme objectif de nous implanter au maximum dans les lieux de formation professionnelle, dans les lieux d’emploi, pour toucher un public moins politisé que dans les lycées généraux ou les grands pôles universitaires, et qui pourtant constituent les futures forces vives du pays. Nous avons engagé depuis l’année dernière une campagne pour la création d’emplois pour nous adresser à eux sur les conditions de stage, d’apprentissage, leur orientation. Nous voulons les impliquer au maximum pour faire émerger des responsables qui viennent de ces milieux.

    C’est presque à rebours des autres organisations de jeunesse qui ciblent plus les universités
    et les quartiers populaires ?

    B.Bo. : Nous voulons développer une conscience de classe, nous adresser à tout le monde. Nous militons bien sûr dans les facs, les résidences étudiantes, mais nous voulons éviter de nous adresser à un petit cercle déjà convaincu. Les jeunes dans les milieux professionnels sont pour beaucoup confrontés aux effets les plus immédiats du capitalisme, ils subissent la casse de la formation, la baisse du salaire des apprentis, les conditions de stage de plus en plus difficiles. On le voit avec le nombre de jeunes morts au travail qui augmente de manière fulgurante. Et ces lieux de formation ou d’emploi sont le plus souvent dans les quartiers populaires.

    La présidentielle est un moment de politisation pour une jeunesse qui a surtout connu Emmanuel Macron au pouvoir. Vous l’abordez comment ?

    B.Bo. : Nous n’avons pas encore de position arrêtée, mais il ne faut pas avoir peur de ce que nous sommes, des communistes, et de revendiquer ce que nous portons au quotidien sur la création d’emplois, contre l’impérialisme. Nous devons être les plus offensifs possible. Nous sommes dans un moment où il y a énormément de résignation, il y a un sentiment de déclassement très fort chez les jeunes. C’est dans les endroits où nous militons, les CFA, les lycées professionnels, que le Rassemblement national s’implante alors nous devons pousser pour créer de la conscience de classe et transformer la colère sociale des jeunes en levier de transformation sociale.

  • [Entretien] Vincent Boulet (PCF) : « Redonner à la France une voix indépendante pour la paix et le droit international »

    [Entretien] Vincent Boulet (PCF) : « Redonner à la France une voix indépendante pour la paix et le droit international »

    La Marseillaise : Quel message avez-vous envie de porter aujourd’hui ?

    Vincent Boulet : Je veux parler de paix. Parce qu’elle est, aujourd’hui, comme le disait Jean Jaurès, « la mère de toutes les batailles ». Elle permet de lutter contre la domination impérialiste et les concurrences capitalistes qui provoquent les guerres, de poser la question de l’émancipation démocratique et sociale, car il n’y a pas de paix sans progrès social ni de progrès social sans paix. Et puis, ça permet d’aborder le positionnement de la France dans les crises internationales. En perdant les outils de sa politique d’indépendance, la France est devenue inaudible et vassale de l’Otan et des États-Unis. Donc la question, c’est comment redonner à la France une voix indépendante pour la paix et le droit international.

    Comment fait-on pour peser
    sur cette question avec une gauche affaiblie, en France et en Europe ?

    V.B. : Au PCF, nous pensons que la question est de savoir sur quelle base on reconstruit une gauche à l’offensive sur les questions sociales et sur celle de la république que nous voulons. Est-ce qu’on veut un État désindustrialisé, sans vision ni poids sur les questions internationales, ou en position de peser ? Ça fait longtemps que les communistes disent que l’Otan n’est pas un outil pour la sécurité mais un outil de guerre et d’ingérence et on le voit aujourd’hui avec les injonctions à porter les dépenses militaires à 5% du PIB ou les menaces de Trump contre ses membres. Donc nous militons pour la sortie de l’Otan, ce qu’avait fait le général de Gaulle en sortant du commandement intégré en 1966 et nous posons aussi l’exigence d’un autre ordre de sécurité collective en Europe sur la base de l’esprit de la conférence d’Helsinki de 1975. Ce sont des sujets que nous portons, notamment via des événements comme la Fête de La Marseillaise.

    Sous-entendez-vous la création d’une Europe de la défense ?

    V.B. : Non, car elle serait soumise à l’Otan. L’UE a renforcé sa vassalisation envers l’Otan et les États-Unis, et après plus de quatre ans de guerre en Ukraine et plus d’un million de morts à nos frontières, elle a été incapable de prendre la moindre initiative diplomatique et pire, provoque des tensions. Donc une Europe de la défense ne peut pas exister et encore moins une armée européenne. Ce que nous voulons, c’est une Europe de la sécurité collective, impliquant que la sécurité d’un peuple ne peut pas être assurée contre celle du peuple d’à côté. C’est le principe de l’indivisibilité de la sécurité. Et les peuples européens de l’Atlantique à l’Oural ont des intérêts communs à la paix et à la sécurité.

    En termes de souveraineté, la hausse de 36 milliards d’euros de la loi de programmation militaire
    ne va-t-elle pas dans ce sens ?

    V.B. : Non, elle ne répond pas à ces enjeux-là car elle reste, là aussi, dans une logique de soumission à l’Otan et de renforcement de la militarisation. La défense nationale doit retrouver son indépendance en sortant de l’Otan, en rebâtissant un pôle public industriel de défense, et au service d’objectifs politiques de paix. Mais on n’oppose pas les choix souverains des peuples à la nécessité des coopérations. Au contraire, l’un ne va pas sans l’autre. C’est justement en reconquérant des outils de souveraineté que la France pourra rebâtir des politiques de coopération selon ses intérêts, mais aussi les intérêts communs à l’ensemble des peuples.

    Un débat sur la paix au programme de l’après-midi

    Quelle défense nationale ? Pour ou contre le nouveau porte-avions ? Quel rôlede la France dans le concert des nations ? Quel chemin pour atteindre la paix ?Vincent Boulet (PCF) a croisé son point de vue avec celui de Richard Roméo-Giberti (UD CGT 83). Un débat de haute tenue salué par l’assistance. Photos M.E.H.

  • Bastien Bonnargent élu secrétaire général des Jeunes communistes

    Bastien Bonnargent élu secrétaire général des Jeunes communistes

    Âgé de 26 ans et préparant le concours pour devenir enseignant en lycée professionnel après des études d’histoire, le Toulousain Bastien Bonnargent a été élu ce dimanche secrétaire général du Mouvement des jeunes communistes de France, à l’occasion de son assemblée nationale des animateurs. Il succède à Assan Lakehoul, resté pendant trois ans à la tête de l’organisation, à l’occasion d’un renouvellement plus large au sein de la direction nationale.

    «Nos priorités dans les mois et années à venir, c’est de continuer le travail de renforcement engagé et de réussir à nous implanter au maximum dans les lieux de formation professionnelle, d’emploi, pour toucher un public moins politisé», explique celui qui avait adhéré en 2016 dans son département natal des Hautes-Pyrénées, s’inscrivant dans la continuité de son prédécesseur. A l’occasion de son dernier congrès il y a un an, le mouvement a ainsi lancé une campagne sur la question de la création d’emplois.

    Faire face au RN

    «Il y a un fortement de déclassement très fort chez les jeunes, nous constatons au quotidien que c’est dans les endroits dans lesquels nous militons que le Rassemblement national trouve son terreau, dans les lieux où les jeunes sont les plus précaires», alerte Bastien Bonnargent, pointant la multiplication des accidents du travail chez les jeunes, notamment sur leurs lieux de stage.

    Et si le MJCF, fort de 15 000 contacts dans plus de 70 départements, n’a pas encore arrêté sa stratégie pour la présidentielle à venir, «nous avons pour ambition d’être le plus offensif possible dans la période», insiste le fan du Toulouse Football club. «Il faut pousser partout pour créer de la conscience de classe et transformer la colère des jeunes en levier de transformation sociale», défend-il.