Tag: PCF

  • Les combats et acquis de 1936 au cœur de la fête populaire du PCF

    Les combats et acquis de 1936 au cœur de la fête populaire du PCF

    C’est sous un doux soleil de juin, dans l’accueillant parc du Grand Pavois, que s’est déroulée, dimanche, la fête populaire de la section du Parti communiste de Septèmes-les-Vallons. Au cœur des débats cette année : la commémoration des 90 ans du Front populaire, de ses origines et de ses acquis.

    « Si c’est un panthéon de l’histoire des gauches et de l’histoire en général, il s’agit d’un événement en trois dimensions, à commencer par une originale union des gauches, qui était loin d’être gagnée en 1934, et un puissant mouvement social sans précédent », a rappelé Gérard Leidet, coprésident de l’association Provence mémoire et monde ouvrier, en ouverture d’une conférence organisée entre 10h et 12h. Jean Domenichino, historien, ancien maître de conférences à l’université Aix-Marseille et auteur de plusieurs ouvrages sur 1936, a ajouté : « Le Front populaire est une réponse à deux crises : la crise économique de 1929 et une crise politique due à la multiplication de forces qui se réclament du fascisme. » Car dans les années 1930, alors que le congrès de Tours a acté, en 1920, la naissance de la SFIC (futur Parti communiste français), issue de la scission de la SFIO (ancêtre du Parti socialiste), l’heure n’est, au départ, pas vraiment à l’union. Les mêmes oppositions se retrouvent chez les syndicalistes, entre CGT et CGTU. C’est finalement en réaction à la manifestation d’extrême droite du 6 février 1934, qui tourne à l’émeute, que naîtront les prémisses d’une volonté d’unité à gauche, laquelle aboutira in fine, la création de la coalition du Front populaire.

    Porté par une vague de grèves et d’occupations d’usines, le Front populaire a permis des avancées sociales majeures, dont la reconnaissance des libertés syndicales, l’instauration de deux semaines de congés payés et de la semaine de 40 heures. « L’histoire nous rappelle que nous devons porter, dans nos combats d’aujourd’hui, cette conscience de classe du monde ouvrier », a souligné en clôture Nadia Putzolu, secrétaire de la section PCF de Septèmes.

  • [Entretien] Anthony Gonçalves : « Ces données doivent fonder nos politiques publiques »

    [Entretien] Anthony Gonçalves : « Ces données doivent fonder nos politiques publiques »

    La Marseillaise : Quels enseignements retenez-vous de cette étude ?

    Anthony Gonçalves : C’est une étude très importante. Le cancer, jusqu’à présent, était finalement considéré comme une maladie qui frappait, de façon indifférente, riche et pauvre. Ce n’est pas la sensation que les cancérologues en ont, évidemment, puisqu’on sait, nous, que les facteurs de risque ne sont pas répartis de façon équilibrée. La grande innovation de méthodologie est que ces chercheurs ont utilisé un paramètre qui est plus proche de la réalité alors qu’avant, c’était basé surtout sur la zone où on habite, ce qu’ils appellent « l’écologie ». Là, ils ont utilisé une échelle démographique permanente à l’EDP , qui a l’air d’être plus corrélée au statut social, ainsi que le SND (Système national des données de santé). En France, l’Assurance maladie couvre 90% de la population, on a donc une espèce de « mine d’or » avec des données de santé disponibles dans la base du système national qui rembourse les médicaments.

    Ces inégalités, vous les constatez sur le terrain ?

    A.G. : Il y a des choses qu’on n’anticipait pas complètement, comme le fait que la répartition des cancers soit différente selon le niveau social. On fait l’hypothèse que les plus modestes sont exposés aux carcinogènes les plus impliqués dans le cancer du poumon, comme le tabac. Inversement, le cancer du sein est classiquement plutôt associé à peu de grossesses, ou plus tardives, et on évoque le rôle de la contraception orale, qui est réelle, mais très modeste. On sait bien, quand on voit les patientes, qu’elles sont plus souvent issues d’un milieu social « plus élevé » que la population atteinte de cancers pulmonaires. Pour la prostate, l’élément mis en avant est le fait que le diagnostic de cette pathologie repose, dans un grand nombre de cas, sur le dosage du PSA (antigène prostatique spécifique), c’est quelque chose qui se développe plus facilement dans les catégories les plus aisées, qui sont plus médicalisées.

    Ce qui est plus troublant, c’est la répartition dans le pronostic. Les cancers de mauvais pronostic, ceux qui conduisent à des survies inférieures à 50%, sont beaucoup plus fréquents chez les plus modestes que chez les gens plus aisés. Cela tient en partie, aussi, au type de cancer. Le cancer du sein ou de la prostate sont des cancers qui ont de bons pronostics, les cancers du poumon beaucoup moins. Mais, même quand on exclut les cancers considérés comme plutôt socialement marqués, il reste quand même des cancers plus agressifs, plus graves, de plus mauvais pronostic chez les gens les plus modestes. Le diagnostic se fait probablement plus tardivement, parce que moins d’accès au dépistage et aux docteurs tout court. Les plus modestes se retrouvent plus souvent avec des cancers qu’on pourrait éviter, donc qui sont accessibles à la prévention.

    Quelle réponse politique apporter ?

    A.G. : Il faut renforcer les approches de prévention et les dépistages. Les cancers qu’on pourrait dépister à des stades précoces, on les retrouve à des stades métastatiques de façon disproportionnée chez les patients les plus modestes, selon cette étude. Ces données sont très importantes et doivent fonder les politiques publiques – y compris municipales – en matière de prévention de dépistage, d’accès aux soins. Quand on voit de telles inégalités dans un domaine aussi fréquent et aussi socialement marqué dans l’inconscient collectif que le cancer, une pathologie qui est connue, dans lesquelles les données sont bien décrites, connues de tous les spécialistes, il est clair que, oui, c’est une affaire politique. Il y a des questions politiques qui sont derrière l’accès aux soins, au dépistage précoce et à la prévention.

  • L’édition 2026 de la fête de Lézan annulée

    L’édition 2026 de la fête de Lézan annulée

    Après une édition 2024 record qui s’est déroulée en pleine campagne législative, la fête effrontée de Lézan avait été contrainte de réduire la voilure l’an dernier après le saccage des installations électriques. Cette année, le Parti communiste est obligé d’annuler l’événement à cause de contraintes organisationnelles. « Ce n’est pas de gaieté de cœur, je suis même triste d’avoir dû prendre cette décision », prévient Muriel Blachère, co-secrétaire du PCF dans le Gard en charge de l’organisation de la manifestation.

    Rebond en 2027

    « Entre les élections municipales qui ont demandé beaucoup d’énergie aux militants, les réunions en vue du congrès (du 3 au 5 juillet) qui demandent du temps, et des militants qui partent en vacances, on ne pouvait pas organiser la fête cette année », explique Muriel Blachère. Habituellement organisée fin juin, la fête avait en effet été décalée au 11 juillet pour tenter justement de s’adapter au calendrier. « On a pris cette décision très tardivement pour essayer de trouver une solution. On a reculé au maximum pour voir les possibilités, mais ce n’était pas possible. » Toutes les places réservées sur la plateforme HelloAsso seront remboursées.

    La fête effrontée devrait donc naturellement revenir l’an prochain. Face au vandalisme du transformateur électrique en 2025, le PCF a opté sur la location de deux groupes électrogènes pour la scène et la guinguette afin d’assurer la fête en 2027. « On voulait faire un grand événement cette année avec l’élection de Vincent (Bouget). Mais on reviendra l’année prochaine en espérant qu’il n’y aura pas le RN au pouvoir. Dans tous les cas, elle aura un sens important. Elle sera soit belle et rebelle, soit joyeuse pour fêter la défaite du RN », prévient Muriel Blachère. T.A.

  • Y aura-t-il des accords à gauche dans l’Hérault ?

    Y aura-t-il des accords à gauche dans l’Hérault ?

    La gauche héraultaise conservera-t-elle ses 3 sièges de sénateurs au Palais du Luxembourg le 27 septembre ? Bien malin qui peut le dire. Car le corps électoral a profondément été modifié avec les municipales et la division guette les uns et les autres.

    Si les jeux sont ouverts, c’est d’abord parce que deux des trois sénateurs de gauche sortants ne se représentent pas dans l’Hérault. Il s’agit des deux élus du PRG qui siègent dans le groupe RDSE. À savoir : le viticulteur Henri Cabanel et le maire de Péret, Christian Bilhac. Le premier, qui a échoué à réformer en profondeur le statut des parlementaires et leurs privilèges, estime avoir fait le tour de la politique. Le second, plus âgé, a envie de « prendre du temps » pour lui. Mais Christian Bilhac ne restera pas spectateur. Il soutiendra Florence Brutus. Déjà numéro 2 sur sa liste en 2020, la conseillère régionale des hauts cantons de l’Hérault a l’investiture du PRG. La conseillère municipale du village de Causses-et-Veyran se dit prête à ouvrir sa liste à « toute personne à gauche en capacité de rassembler, hors LFI ». « Je suis pour une liste d’union. Notre intérêt est d’ouvrir la liste au-delà du PRG. On discute avec nos partenaires. »

    Parmi eux pourraient figurer les communistes, dont la stratégie dans l’Hérault n’a pas encore été arrêtée. Discussions possibles aussi avec le partenaire historique du PS. De ce côté-là, le sénateur sortant Hussein Bourgi a annoncé sa candidature. Qui sera sur sa liste ? Dans le lanterneau, il se murmure que Julie Frêche pourrait être en seconde position, la seule des six a priori éligible. Contactée, la vice-présidente de la Métropole de Montpellier n’a ni confirmé ni infirmé. « Je ne souhaite pas encore m’exprimer sur ce sujet. »

    Il semblerait que rien ne soit facile en raison des équilibres à préserver entre l’urbain et la ruralité mais aussi avec les partenaires potentiels dont le PCF ou peut-être les Écologistes… Le 31 mai, ces derniers ont choisi leurs 6 noms d’une liste que pourrait mener l’élue municipale d’opposition à Pézenas, Agnès Gizard. Troisième sur la liste écolo, la Lunelloise Lise Florès, favorable à l’union de la gauche, se dit ouverte à des accords. À une condition : « Ne pas être des supplétifs et faire entendre de vraies propositions écologistes en réponse aux problèmes du quotidien dans les zones périurbaines et rurales. »

    Règlements de comptes ?

    Ça bouge aussi du côté du Département de l’Hérault. Le 30 mai, Audrey Imbert (sans étiquette) a officialisé sa candidature hors des formations politiques. « Doit-on laisser ces élections sénatoriales aux seuls partis politiques quand on constate aujourd’hui leur état ? », questionne l’élue du canton de Mèze, qui estime connaître son territoire en tant que conchylicultrice.

    Elle trouvera sur sa route Aurélien Manenc. Depuis le 1er juin, le maire sans étiquette de Lunas-les-Châteaux dit vouloir incarner la candidature des territoires et de la ruralité. En tant qu’édile et pompier au Sdis, il pense « être le mieux placé pour mesurer ce que vivent mes collègues maires avec la fuite des services publics, la fermeture des écoles, les problèmes de mobilité ». Sa « vision complémentaire aux candidats urbains » concurrence directement Hussein Bourgi, dont il était le numéro 3 en 2020… « Ce n’est pas un règlement de comptes, il y avait aussi des listes PRG à l’époque », répond
    A. Manenc. Reste qu’il est soutenu par le président héraultais Kléber Mesquida (DVG). Lequel, depuis son départ du PS, semble en froid avec Carole Delga à la Région et Michaël Delafosse à Montpellier…

    Enfin, LFI montera aussi une liste sur un « programme de rupture ». Elle sera soit avec des amis de la Nupes, soit Insoumise pur jus. « Au plan national, on discute avec le PCF et les Verts », glisse le co-référent héraultais Sylvain Carrière. Le député sait qu’arracher un siège serait un exploit mais pour LFI l’essentiel est ailleurs : continuer à s’implanter et préparer la course aux parrainages pour Jean-Luc Mélenchon.

    Autant de stratégies dissonantes qui pourraient jouer des tours à la gauche le 27 septembre ? Pas forcément, même si des accords sont préférables. En 2020, 14 listes dont 6 de gauche étaient en lice dans l’Hérault et la gauche avait obtenu trois sièges sur quatre.

  • [Sénatoriales] Denis Bouad : « Il faut être uni à gauche et y aller à fond »

    [Sénatoriales] Denis Bouad : « Il faut être uni à gauche et y aller à fond »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir changé d’avis et être aujourd’hui candidat aux sénatoriales ?

    Denis Bouad : J’ai 73 ans et j’ai effectivement dit que j’étais prêt à passer la main le cas échéant. Puis j’ai regardé ce qu’il se passait. J’ai vu qu’il y avait beaucoup de candidats à ma succession et qu’il allait même y avoir des candidats dissidents s’ils n’étaient pas investis par le parti. J’ai ensuite vu Carole Delga qui n’a pas apprécié que j’ai pris cette décision sans lui en parler, ce qui est vrai d’ailleurs. Elle m’a dit que j’avais fait une bêtise et qu’il fallait que je me présente. La présidente du Département (Françoise Laurent-Perrigot) m’a aussi dit que je faisais une bêtise. J’ai ensuite vu ce groupe d’élus, de toute sensibilité politique du Département et de la Région, qui me demandaient d’y retourner. C’est ce qui m’a poussé à me présenter. Il faut aussi dire que le PS avait dit que si le sortant ne se représentait pas, c’est une femme qui devait être investie. Katy Guyot était alors candidate mais il y a eu une levée de boucliers et elle s’est retirée. Il ne restait alors plus que des hommes. J’ai trouvé ça un peu cavalier donc ça m’a aussi poussé à revenir.

    Comment appréhendez-vous cette échéance ?

    D.B. : Nous sommes dans un département où il y a six députés d’extrême droite, un député européen RN et deux sénateurs de droite face à une députée européenne et un sénateur socialiste. Avec les élections municipales, on a gagné Nîmes mais on a aussi perdu beaucoup de collectivités territoriales, comme le Grau-du-Roi, Vauvert, Saint-Hilaire-de-Brethmas, Bagnols-sur-Cèze… Pour les élections sénatoriales, il va donc falloir faire une campagne en disant haut et fort que nous avons cette volonté de gauche et d’union de la gauche. Parce que dans un an, il y a l’élection présidentielle, puis il y aura une dissolution. Il y a des circonscriptions qui seront très difficiles à gagner pour la gauche. Nous avons trois ou quatre circonscriptions où nous pouvons espérer l’emporter. Pour cela, il faudra une large union parce que huit mois après les législatives, les élections départementales arrivent. Et si on prend une rouste aux élections législatives, on va reprendre une rouste aux départementales. Il faut donc que dès les sénatoriales, nous ayons un élan qui soit fort.

    Le RN peut-il remporter un siège dans le Gard ?

    D.B. : Le Rassemblement national assoit sa base partout. Au-delà de sa victoire, le RN est aussi n°2 à Nîmes et à Alès. Quel sera son score ? Je ne sais pas, mais le RN va faire un score et il risque de gagner un élu. Moi, mon combat, c’est contre l’extrême droite. Donc il faut être uni à gauche et y aller à fond.

    Où en sont les discussions avec les autres forces de gauche ?

    D.B. : Je dis depuis le début qu’il faut un socialiste en tête de liste, suivi d’une communiste derrière parce qu’ils ont gagné Nîmes. Après, il faudra peut-être mettre un socialiste en 3 et puis s’entendre avec les Radicaux et les Écologistes pour les deux places suivantes. J’ai donc discuté avec plusieurs membres du Parti Communiste qui sont plutôt favorables pour que ce soit Cathy Chaulet en deuxième position. Ça me va très bien parce qu’elle est conseillère départementale, on se connaît depuis des années et on partage la même analyse sur beaucoup de sujets.

    Quel bilan tirez-vous
    de ce mandat ?

    D.B. : Nous avons une politique macroniste depuis des années qui assomme les classes populaires. Nous sommes arrivés à 3 500 milliards de dette, c’est catastrophique. En face, on a des Républicains qui s’opposent soi-disant à ce gouvernement, mais ils votent tout ce qu’il propose. Ils nous parlent toujours des problèmes d’immigration, des problèmes de triche au RSA, de triche à la sécurité sociale. Tout ce que je combats. Quand Retailleau prend la parole, ce n’est jamais très loin de ce que dit Marine Le Pen ou Jordan Bardella.

    Comment va se dérouler votre campagne ?

    D.B. : Nous ne sommes pas encore en campagne aujourd’hui car le vote n’est que le 27 septembre. Il faut que nous soyons en ordre de marche début juillet. Nous organiserons ensuite des rencontres avec les maires pour leur expliquer notre démarche et pourquoi on en est là. Il y a 129 nouveaux maires dans le département donc ce seront eux que nous allons rencontrer en priorité.

  • [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    La Marseillaise : Le rôle du Sénat est méconnu. À quoi sert-il ?

    Julien Audemard : C’est une chambre parlementaire, une chambre haute qui ne représente pas directement les individus mais les territoires au travers de leurs élus. C’est donc une élection indirecte. Les sénateurs ont un rôle législatif même s’il est moindre et que les députés peuvent avoir le dernier mot. C’est tout de même un contre-pouvoir fort. Les sénateurs ne peuvent pas censurer le gouvernement mais ne peuvent être touchés par une dissolution.

    Comment vont être désignés

    les délégués le 5 juin ?

    J.A. : Le collège électoral qui va élire les sénateurs le 27 septembre est constitué de tous les conseillers régionaux, départementaux, des parlementaires (députés, sénateurs), des élus municipaux (maires, élus municipaux) et leurs délégués élus le 5 juin qui représentent à eux seuls 95% du corps électoral. Dans les communes de moins de 9 000 habitants, les élus municipaux vont élire entre 1 et 15 délégués en fonction de la taille de la commune. Au-delà de 9 000 habitants, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit. Et dans les villes de plus de 30 000 habitants, ils vont en plus élire des délégués supplémentaires en dehors du conseil municipal : un par tranche de 800 habitants. Il n’y a pas de restriction, il faut juste être inscrit sur les listes électorales de la commune.

    En quoi les municipales ont-elles modifié le corps électoral ?

    J.A. : Au niveau national, on a eu environ 40% de renouvellement dans les mairies. Dans l’Hérault, les rapports de force restent à peu près stables même si des communes ont basculé, la plupart du temps de la gauche vers la droite ou le centre (Grabels, Juvignac, Villeneuve…). Mais cela ne pèse pas grand-chose à côté de Montpellier. Le RN a pris Agde mais ailleurs l’extrême droite a obtenu peu d’élus. La gauche ne devrait pas s’écrouler mais restons attentifs à l’offre de gauche.

    Justement la multiplication des listes est-elle risquée à gauche ?

    J.A. : Il y a un risque d’émiettement qui va surtout concerner les petits partis. Hussein Bourgi (PS) devrait être réélu. La question se pose pour Florence Brutus (PRG) qui pourrait pâtir de cet éparpillement. Ceci étant, le mode de scrutin est spécifique dans le Gard et l’Hérault : c’est un scrutin de listes proportionnelles avec l’attribution des sièges restants à la plus forte moyenne, ce qui en général est plutôt favorable aux listes qui ont obtenu peu de voix. Il faudra (maximum) 600-650 voix pour obtenir un siège sur environ 2 000 votants dans le Gard, 2 500 dans l’Hérault.

    Dans le Gard, la progression du RN peut-elle lui faire rafler un siège ?

    J.A. : Aux municipales, le RN n’a pas gagné Nîmes mais a confirmé son ancrage dans le Gard. Il a gagné Vauvert et Bagnols-sur-Cèze en conservant Beaucaire. Ils avaient déjà les 6 députés. Ceci étant, je ne pense pas que ce sera suffisant pour avoir un sénateur. Peut-être plus dans le Tarn avec le basculement de Castres, dans le Tarn-et-Garonne (Moissac, Montauban) voire dans l’Aude avec Carcassonne. Mais obtenir le soutien des élus des petites communes ne se fait pas du jour au lendemain. Pour le PCF c’est compliqué parce que, finalement, Denis Bouad (PS) repart [lire page 7]. Et il n’y aura pas que les communistes qui vont essayer de se positionner sur sa liste. L’élection à Nîmes change toutefois la donne : il y a pour le PCF un vrai levier de pression avec le PS. Il risque d’y avoir un arbitrage entre le national et le local.

    Les maires sans étiquette rendent-ils ce scrutin imprévisible ?

    J.A. : Sans tenir compte du contexte, oui sans doute. Ceci dit, les maires soi-disant sans étiquette sont soit dans de petites communes soit proches de forces partisanes donc, en réalité, on connaît leur tendance. Les autres sont très dépendants de leur intercommunalité ou du Département. L’idée d’une fronde de leur part me paraît très hypothétique. Je verrais une relative stabilité dans l’Hérault à une incertitude près. Dans le Gard, à voir à quel point la gauche peut être dispersée et s’il peut avoir des accords locaux entre la droite et des élus RN. Le corps électoral est très politisé avec une forte dimension de vote stratégique.

    Certains parlent de rapports
    de force entre le président du Département Kléber Mesquida,

    le maire de Montpellier, Michaël Delafosse et la présidente de
    la Région Carole Delga…

    J.A. : Les motivations peuvent être multiples mais dans le cas d’Aurélien Manenc (PRG et candidat dans l’Hérault) j’ai du mal à penser que cela n’a pas de lien. Kléber Mesquida [qui n’est plus au PS] a ses propres stratégies. Au-delà des guerres de personnes, il y a eu des précédents aux législatives avec des candidats soutenus [par Carole Delga] contre ceux de la Nupes.

  • [Grands électeurs] à Marseille, la gauche renforcée se voit puissance 4 à la chambre haute

    [Grands électeurs] à Marseille, la gauche renforcée se voit puissance 4 à la chambre haute

    Au fond de l’hémicycle Bargemon, les élus marseillais se pressent devant les listes affichées, suivant du doigt les noms inscrits. Le conseil municipal devait désigner, ce vendredi, les 1 070 délégués marseillais qui voteront, le 27 septembre prochain, aux sénatoriales avec les 111 conseillers municipaux de la ville, parmi les plus de 3 600 grands électeurs des Bouches-du-Rhône (notre édition du 26/05).

    Malgré les interrogations sur une possible division des voix de l’extrême droite entre les partisans de Stéphane Ravier et ceux de Franck Allisio (RN), « je constate, avant d’ouvrir le scrutin, que trois listes ont été déposées », annonçait le maire (DVG), Benoît Payan. Et si le Printemps marseillais, en catastrophe, fait corriger au feutre noir les dernières erreurs sur sa liste, aucune surprise ne vient bousculer le dépouillement. Aux 73 élus du Printemps marseillais s’ajoutent 704 délégués supplémentaires – à commencer par l’ensemble des élus d’arrondissement menés par la benjamine Ilyana Abideli –, tandis que les 34 membres du groupe d’extrême droite peuvent compter sur 328 voix de plus, et les quatre élus de la droite sur 38 délégués supplémentaires.

    Avec ces seules voix marseillaises, la gauche sécurise deux places au Sénat, sur les huit en jeu dans le département. « Nous pouvons en faire quatre dans une liste unie », assure l’adjoint (PS) à la sécurité, Arnaud Drouot, en amont de la séance. Les communistes ont déjà désigné le sénateur sortant Jérémy Bacchi pour conduire ce rassemblement des progressistes, à l’unanimité du conseil départemental, qui s’est tenu le 27 mai dernier.

    Ravier repart

    Tandis que Marie-Arlette Carlotti doit repartir en seconde position pour le PS, la commission nationale des investitures des Écologistes a pour sa part validé, jeudi soir, un scénario pour ses sénateurs sortants, redonnant l’investiture à Guy Benarroche. Celle-ci doit encore être validée, ce samedi, par un vote du conseil fédéral. « Cela ne devrait pas être un problème, mais j’attends respectueusement la fin du processus », confirme-t-il. Une désignation qui n’a pas été un long fleuve tranquille : la consultation des militants locaux a donné trois voix d’avance à l’adjoint des 2e-3e Thomas Laffare. « Le vote local n’était que consultatif », explique le sénateur sortant, qui pointe qu’une vingtaine de personnes n’ont pas pu participer au vote électronique, essentiellement pour des raisons techniques. Le scrutin désignait aussi l’ex-membre de la tutelle Samia Lakehal pour compléter la liste. Reste à savoir qui sera en quatrième position de l’union de la gauche. « La possibilité d’un quatrième siège dépend des autres listes et de la personne », souligne Guy Benarroche, qui anticipe un éparpillement de la droite. Quand les insoumis, sans réserves de voix, auront « bien sûr » une liste, indiquait avant le conseil Sébastien Delogu.

    L’extrême droite aussi sera bien divisée. Sur BFM Marseille, jeudi soir, le sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier a confirmé qu’il mènerait bien sa propre liste. « Le devoir m’appelle », lâchait-il en ironisant sur les compliments adressés par le député RN Franck Allisio. De quoi grappiller des voix à droite, alors que les peines d’inéligibilité infligées en première instance pour prise illégale d’intérêt restent suspendues à ses appels.

    Retrouver en vidéo l’intégralité du conseil de Marseille réunit ce vendredi 5 juin pour une séance dédiée aux élections sénatoriales

  • Les communistes appelés aux urnes pour choisir leur base de discussion

    Les communistes appelés aux urnes pour choisir leur base de discussion

    Les communistes ont rendez-vous avec les urnes dans chacune de leur section jusqu’à ce dimanche.

    Objectif choisir le texte qui deviendra la base commune de discussion de l’ensemble des adhérents durant les congrès de section les 13 et 14 juin, puis départementaux les 19, 20 et 21 juin et enfin le congrès national prévu à Lille les 3, 4 et 5 juillet.

    Quatre textes sont soumis au choix des communistes. Il y a d’abord le projet de base commune adopté à 77% par le conseil national, intitulé « Un communisme de conquêtes » que le secrétaire national Fabien Roussel soutient de même que les porte-parole Léon Deffontaines ou Ian Brossat.

    Les statuts du PCF prévoient que si ce projet ne convient pas à au moins 300 adhérents répartis dans plusieurs fédérations, il est possible de présenter des textes alternatifs.

    C’est le cas de « communistes à l’offensive », un texte soutenu notamment par la députée Elsa Faucillon ou dans notre région les élus Pierre Dharréville, Jean-Marc Coppola ou Audrey Garino.

    Débat pluraliste mais pas de tendances

    Mais aussi du texte « Stratégie communiste » signé par plusieurs jeunes responsables départementaux dont Fanny Chartier, secrétaire à l’organisation de la fédération de Paris.

    Et enfin le texte « Résister et construire, une nouvelle page du communisme », signé notamment par plusieurs membres de la commission économique du PCF dont Frédéric Boccara.

    En débat entre les différentes orientations proposées : la question de la présidentielle et des législatives à venir mais aussi la notion de socialisme.

    Les textes sont disponibles en totalité et en résumé sur le site congres2026.pcf.fr

    Selon les règles de fonctionnement du PCF qui prévoient un débat pluraliste mais rejette le fonctionnement en tendances propre aux organisations social-démocrates, c’est le texte qui recueillera le plus de voix qui deviendra ensuite celui de l’ensemble des communistes.

    Seuls les adhérents à jour de leurs cotisations sont susceptibles de prendre part au vote.

    Les communistes auront ensuite la charge de l’amender pour l’améliorer et en faire un texte qui les rassemble le plus possible.

  • La Pride phocéenne, déterminée, fière et unie, est lancée

    La Pride phocéenne, déterminée, fière et unie, est lancée

    Le lancement du mois des fiertés s’est déroulé au centre de la Vieille Charité, dans la soirée de ce jeudi. « Ce n’est pas seulement un beau bâtiment historique, c’est un lieu qui porte une mémoire. Une mémoire de l’enfermement, (…) un lieu où l’on a contenu celles et ceux que l’on ne voulait pas voir. (…) Ce soir, nous venons y dire autre chose. Les corps qu’on a cachés peuvent prendre la parole, les vies qu’on a méprisées peuvent faire institution, les marges peuvent rentrer au centre sans se déguiser en respectabilité », souligne la drag-queen, Fifi du Calvaire.

    Pour célébrer la 33e Pride Marseille, un mois de festivités est au menu, avec un « gros focus sur les Prides de la région », affirme Lilian Agostini Rivière, de l’équipe de coordination Pride Marseille. Il ajoute : « C’est la deuxième année consécutive où l’on fait un mois entier d’événements culturels, militants et festifs dans tout Marseille. (…) Notre objectif est de mettre en avant le travail des associations, collectifs, commerces, artistes de la communauté et les emmener à la rencontre d’autres publics. »

    Ainsi, le comité de pilotage interassociatif et commerçants propose des animations, des activités culturelles et sportives, jusqu’au 5 juillet. Ces propositions s’articulent autour de cinq parcours et de différents thèmes : culture, sport, fête et débat. Parmi lesquels on retrouve l’exposition « Si(x) queer ! » au Solarium, la projection du documentaire L’Etincelle au Cinéma le Chambord ou encore celle du film Peau d’âne, en plein air, à l’Opéra. « On reçoit des solistes de l’Opéra de Marseille pour la deuxième année. (…) Et la fête de la musique prendra les couleurs de l’arc-en-ciel au Café la Muse », partage Lilian Agostini Rivière.

    Clôture festive

    Parmi les temps d’échanges et de débats, le public retrouvera, entre autres, les Conviviales Trans ou la marche Résistrans, le 20 juin. « On va essayer de raconter des vécus et transmettre des savoirs ».

    « À Marseille, la Pride, c’est une manifestation », confiait Fifi du Calvaire en début de soirée. Cette manifestation, c’est la Marche des fiertés, organisée le samedi 4 juillet. Le Village des associations reviendra pour lancer la journée, place Castellane, dès 12h. Au programme : des ateliers et animations avant le début de la marche, à 16h30. Après une déambulation vers le Vieux-Port, en passant par la rue de Rome puis la Canebière, un concert gratuit sera proposé devant l’Hôtel de Ville. En effet, cette année, la Pride Marseille et l’Été Marseillais s’associent pour une soirée unique. Dès 19h, le public sera convié à un show avec une dizaine d’artistes de la scène locale LGBTQIA+. Un rendez-vous présenté par deux drags légendaires, Mami Watta et Ruby on the Nail. Yelle, icône pop queer qui fête ses 20 ans de carrière, prendra ensuite le relais. Enfin, un « after pride » officielle conclura cette soirée du samedi, à La Plateforme (ex-Dock des Suds), avec cinq univers artistiques proposés à travers des DJ sets.

    Détails sur pride-marseille.com

    Le PCF d’Aix appelle à rejoindre la Marche des fiertés, samedi

    « Cofondateurs » de la Marche des fiertés, à Aix, l’antenne locale du Parti communiste appelle les Aixois à « se joindre massivement à la Marche des fiertés », ce samedi 6 juin. Celle-ci, portée par l’association Aix Vanguard, partira de la place de la Mairie, dès 14h30. « Si de nombreux progrès ont été obtenus, les LGBTphobies demeurent encore très présentes dans notre société et les droits LGBTQIA+ doivent être défendus face à la montée des projets politiques réactionnaires fondés sur l’exclusion tel que celui de l’extrême droite », rappelle le PCF.

  • La Fête populaire au Grand Pavois, c’est dimanche

    La Fête populaire au Grand Pavois, c’est dimanche

    À l’occasion des 90 ans du Front populaire la section organise une grande fête populaire le dimanche 7 juin, de 9h30 à 18h, au Parc du Grand Pavois à Septèmes. La journée débutera par un débat de 10h à 12h sur le thème : « Les 90 ans du Front populaire : quelles perspectives au regard de la situation actuelle ? » animé par Gérard Leidet, président de l’association Provence, mémoire, mouvement ouvrier (Promemo), en présence de l’historien Jean Domenichino.

    Animations et débats

    Tout au long de la fête, le public pourra découvrir des stands associatifs avec la participation notamment de l’association locale de soutien à notre journal Ensemble pour la Marseillaise, du Secours populaire, de France Cuba, du Mouvement national de lutte pour l’environnement (MNLE), de l’association corse Kallisté, du collectif La Palestine, du Mouvement de la Paix et de Fralib 1336.

    Des producteurs et apiculteurs locaux seront également présents, avec notamment le chevrier de Septèmes, une vente de brousses et d’ail.

    Il y aura aussi de quoi se réjouir les papilles sur place avec des pizzas, des grillades, des sandwiches, des crêpes, des glaces, une buvette… Plusieurs animations gratuites seront proposées aux familles : château gonflable, tours de poneys, démonstrations et initiations de breakdance avec l’association AC2N à partir de 14h.

    L’initiative se conclura par un bal populaire à partir de 16h30 avec le duo de variété composé de Marc Sintes et Zézé Briaval.

    Parc du Grand Pavois, avenue du Docteur Edouard Sauze. Entrée gratuite.