Après les propos du procureur d’Alès le mois dernier, ouvrant la porte à un classement sans suite s’il manquait d’éléments, le pessimisme avait gagné les victimes de l’attaque du Prolé. Elles s’étaient d’ailleurs donné un an avant d’envisager de poursuivre directement les suspects identifiés par la justice et reconnus par les victimes lors d’une confrontation qui s’était déroulée fin février. Mais finalement, la nouvelle est intervenue par un message envoyé par le procureur aux trois avocats des victimes : les trois suspects passeront bien devant le tribunal correctionnel au cours d’une audience prévue le 6 octobre.
« C’est une bonne nouvelle parce qu’on pouvait craindre un classement sans suite au regard de ce qu’annonçait le procureur de la République », explique Sophie Mazas, l’une des trois avocates qui souhaite désormais obtenir des condamnations à la hauteur de la gravité des faits : « Nous sommes sur une procédure à juge unique, ce qui est étonnant lorsqu’on a deux circonstances aggravantes que sont la préméditation et le motif politique. Cela veut dire que la victime a moins de 8 jours d’ITT. Nous, nous demandons une audience collégiale qui est plus solennelle, où il y a un temps d’évaluation des préjudices des victimes qui est plus long. Nous ferons tout pour obtenir une réponse pénale à la hauteur de la gravité des faits. »
L’annonce du procès a également rassuré les représentants du Parti communiste français. « C’est une excellente nouvelle. Il a fallu du temps mais on se réjouit que le procureur poursuive les suspects car il y a un faisceau d’indices important. Cela aurait été incompréhensible que ce soit classé sans suite, d’autant plus que le Bloc montpelliérain a été interdit et dans l’arrêté ministériel qui le dissout, il y avait aussi comme justification l’attaque du Prolé. Cette dissolution était une première victoire, cette audience en est une seconde mais maintenant on attend la condamnation », explique Giovanni Di Francesco, secrétaire de la section communiste d’Alès, qui a porté plainte au nom du PCF.
Cette information est tombée quelques jours avant le début des festivités de la feria, qui a débuté le 13 mai. Pour éviter d’éventuelles représailles et surtout pour rassurer la population invitée à venir festoyer au Prolé pendant la feria, le bar alésien a prévu de renforcer sa sécurité. « La feria sera une victoire sur les violences de l’extrême droite. On est en pleine date anniversaire. Nous avons pris des mesures renforcées pour tranquilliser les gens. Ce sera donc un lieu de fête encore plus important que les années précédentes, où la fraternité et la solidarité vont s’exprimer encore plus fort », affirme Giovanni Di Francesco.
En effet, des membres des sections communistes de tous les départements voisins ont prévu de venir au Prolé marquer leur soutien. « C’est important qu’il y ait une ambiance de fête au Prolé pour montrer que l’extrême droite ne peut pas nous empêcher de faire la fête ou de mener nos autres actions habituelles. Pour cela, nous pouvons compter sur le soutien de militants communistes qui ont l’habitude de sécuriser des événements comme la Fête de l’Huma par exemple », explique Cécile Alphon-Laire.
Après la feria, le PCF a prévu d’organiser une conférence-débat début juin au Prolé sur l’extrême droite et à la rentrée, en septembre, un forum sur le même sujet devrait aussi se tenir. Un rassemblement est également déjà prévu le matin de l’audience, le 6 octobre, devant le tribunal d’Alès.





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