Tag: Occitanie

  • L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon conciliante en cas de bonne foi

    Des défaillances (570 côté employeurs, 90 chez les indépendants en 2025) et des taux d’impayés de cotisations nettement supérieurs (respectivement 2,37% et 11,51%) à la moyenne du secteur privé (0,85% et 5,3%). Ce n’est pas un scoop : le secteur des hôtels, cafés et restaurants (HCR) n’est pas le plus zélé qui soit en matière sociale.

    L’Urssaf Languedoc-Roussillon affirme pourtant qu’elle peut être compréhensive eu égard aux difficultés récurrentes du secteur. À condition qu’il n’y ait « pas de distorsion de concurrence » et que « les parts salariales soient payées », des délais de paiement peuvent être accordés en cas de problèmes de trésorerie de 3 à 6 mois. En 2025, 3 200 délais de ce type ont été octroyés à 11,9% des entreprises du secteur HCR contre 6,5% des entreprises, tous secteurs confondus.

    En cas d’irrégularités, « le droit à l’erreur peut être demandé » par les entreprises « la première fois », assure le directeur Pierre Ramon-Baldié. Qui tempère : « Il faut être de bonne foi et fournir des éléments de preuve. » Dans ce cas, les sanctions (majorations, pénalités…) peuvent parfois être évitées. Sans quoi, les majorations s’élèvent souvent à environ 5% avec +0,2% par mois de retard.

    Turnover important

    Autre gage de bonne volonté de l’Urssaf vis-à-vis du secteur, son activité de conseil gratuit, notamment la première année de lancement d’une société. « Nous pouvons rendre visite pour conseiller et mener des actions de prévention contre les fraudes », illustre le directeur adjoint Frédéric Azemard, qui conseille aux entrepreneurs d’être plus attentifs. « Une déclaration préalable d’embauche doit être envoyée avant le début du contrat ! »

    Si, en Languedoc-Roussillon, le secteur HCR, qui emploie plus de 51 000 salariés (restauration 40 700 ; hébergement 10 700) est en « demande de sécurisation juridique », c’est qu’il croule sous les difficultés en raison notamment d’une main-d’œuvre volatile. Le turnover y est plus important qu’ailleurs avec 15 à 17% de CDD contre 10% dans le privé. Les horaires décalés et les conditions de travail souvent pénibles sont d’autres facteurs majeurs qui expliquent que les démissions (41%) et les fins de période d’essai (20% à l’initiative de l’employeur, 13% du salarié) sont des motifs de rupture de CDI surreprésentés comparés à l’ensemble du secteur privé.

    Enfin, le faible niveau de rémunération est un autre facteur majeur de la fragilité du secteur qui choisit souvent de s’adapter en recourant aux heures supplémentaires. Dans l’hébergement de la région, le salaire mensuel moyen brut plafonne à 2 220 euros dans l’hébergement et à seulement 1 874 euros dans la restauration. C’est loin du salaire moyen pratiqué dans le secteur privé (2 549 euros) et proche du salaire minimum « en raison de cotisations sociales faibles autour du Smic ».

    Si le secteur HCR de la région paye donc plutôt mal ses travailleurs, il est paradoxalement celui qui en a le plus besoin dans une région touristique. Si l’emploi salarié régresse légèrement (-0,3%) en Languedoc-Roussillon depuis un an, le secteur HCR est, lui, bien plus dynamique (+1,7%). Il n’y a qu’en Corse (9,2%) et en Sud-Paca (8,6%) que les hôtels, cafés et restaurants ont un poids supérieur dans l’emploi salarié (7,7% ici).

  • À Sète, la Saint-Louis renoue avec sa tradition

    À Sète, la Saint-Louis renoue avec sa tradition

    Comme chaque été, la ville de Sète a dévoilé le programme de cette nouvelle édition de la Saint-Louis. Joutes, concerts et spectacles vont envahir les rues et les canaux emblématiques de la ville, sous l’œil attentif de Robert Combas, invité d’honneur de cette édition. « Mon choix a été naturel », explique Hervé Marquès, maire de Sète, ravi d’accueillir cet artiste sétois à la renommée internationale. Le maire se languit d’ailleurs d’entendre les trois coups de bombe, symboles de l’ouverture de cette nouvelle édition. « Ce moment-là est frissonnant, voire bouleversant », ajoute-t-il.

    Un retour des traditions

    Après les joutes, les touristes et les Sétois pourront admirer des spectacles et des animations parfois spectaculaires. Parmi elles, la course des garçons et des filles de cafés va faire son grand retour. Elle permettra de mettre en lumière le personnel qui fait vivre les cafés et brasseries de la ville. Le Grand Prix cycliste, absent de la Saint-Louis depuis plus de 20 ans, fait également de nouveau partie de la fête. « Ça fait extrêmement plaisir à nos anciens », souligne l’édile. Les cyclistes de tous niveaux vont pouvoir s’élancer pour une course mémorable au départ de l’avenue Victor-Hugo.

    Autre point d’orgue de ces festivités : les spectacles pyromélodiques. Le premier, intitulé « Incandescence » fera virevolter des Luminéoles au rythme du show pyrotechnique. Pour la première fois, ce spectacle proposera au public de participer à l’éclairage de l’une des scènes. Le second spectacle clôturera la semaine de fête : un feu d’artifice sera tiré depuis le brise-lames, le 25 août au soir. Lors de la dernière édition, près de 300 000 personnes ont foulé les rues sétoises et profité des animations, toutes gratuites.

  • Oignons doux : parvenir à retenir et stocker l’eau

    Oignons doux : parvenir à retenir et stocker l’eau

    « La récolte a débuté il y a peu, on n’a pas de recul. Mais il y aura un impact, c’est certain. Sur le volume, le calibre et la qualité. Après, quelle sera l’étendue des pertes ou du désastre, je ne peux pas le dire », déclare Thomas Vidal, directeur général et commercial de la coopérative agricole Origine Cévennes. Située à Saint-André-de-Majencoules, dans le Gard, elle rassemble 60 producteurs d’oignons doux des Cévennes, répartis sur une douzaine de communes. « Il y a des zones plus ou moins touchées que d’autres par la problématique du manque d’eau. Mais globalement on sait qu’on aura des lots très petits, donc ça va causer des problèmes au niveau de la commercialisation », poursuit Thomas Vidal.

    « Il va falloir trouver des solutions »

    Après avoir reçu jusqu’à deux mètres d’eau de pluies tombées cet hiver, les producteurs d’oignons doux des Cévennes affrontent, depuis mi-mai, des canicules à répétition et une sécheresse intense qui a poussé la préfecture du Gard à prendre des mesures de restriction d’eau, notamment l’interdiction d’irriguer. Face à cette situation, certains exploitants ont carrément décidé d’arrêter d’arroser certaines zones pour concentrer le peu d’eau dont ils disposent sur les plants les plus prometteurs. Des choix difficiles.

    « L’oignon doux est une culture en terrasse, forcément exposée au soleil en plein sud. C’est un modèle qui existe depuis des décennies voire des centaines d’années dans les Cévennes. On est obligés de faire avec. Reste que les canicules et les sécheresses sont de plus en plus récurrentes. C’est pour ça qu’on travaille sur la sécurisation en eau des exploitations avec des projets de retenues collinaires », explique le directeur de la coopérative. « On était en sous-préfecture à ce sujet début juillet avec la DDTM, la Région, les financeurs pour essayer de trouver des solutions. Car il va falloir en trouver : la coopérative, c’est 60 producteurs, 60 familles, 20 emplois », insiste-t-il.

    « On est déjà assez vertueux, puisqu’on dispose du stockage de 24% de nos besoins sur l’ensemble des exploitations, contre une moyenne en France qui se situe en dessous de 5%. Seulement les bassins qui ont été creusés il y a 20 ou 30 ans sont aujourd’hui sous-dimensionnés. On a besoin de plus d’eau à l’hectare. Il faut revoir les volumétries. » Un exemple qui illustre la rapidité avec laquelle le dérèglement climatique bouleverse les choses. « L’hiver dernier, on a pris deux mètres d’eau en 4 mois sur la haute vallée de l’Hérault. On en aurait retenu un peu, personne ne l’aurait vu. Il faut retenir l’eau l’hiver pour l’utiliser l’été, c’est du bon sens. Les pouvoirs publics doivent donner leur accord », martèle Thomas Vidal. Emmagasiner les pluies d’hiver pour ne plus puiser dans les rivières en été. Sachant que ces retenues collinaires pourraient également servir de réserve pour alimenter les camions de pompiers lors des incendies. « On ne va pas lâcher prise. Les Cévenols sont résilients et résistants. On va y arriver. On va trouver des solutions pour faire des stockages. »

    A.G.

  • [C’est l’été] Lyudmyla Tsivka, quatre ans de guerre sans « après »

    [C’est l’été] Lyudmyla Tsivka, quatre ans de guerre sans « après »

    Pour Lyudmyla Tsivka, le temps s’est arrêté le 24 février 2022. Plus de quatre ans après le début de l’invasion russe, la présidente de SOS Montpellier-Ukraine distingue toujours deux périodes : « Il y a un avant et un pendant. Il n’y a toujours pas d’après ». Avant, elle était une mère de famille d’origine ukrainienne installée en France, assistante maternelle et étrangère au monde associatif. Puis son pays a été attaqué et elle n’a pas pu « rester à côté ».

    Les premiers jours demeurent noyés dans un brouillard. « J’étais perdue. Je ne comprenais pas ce qui arrivait à mon pays. La vie s’est arrêtée. » Depuis, l’engagement a rempli presque tout l’espace. La guerre a endurci Lyudmyla, mais elle l’a aussi privée d’une part d’elle-même. « Je ne me permets plus de vivre. J’existe, je subsiste », confie-t-elle. Les anniversaires, les fêtes ou les éclats de rire de ses proches lui rappellent qu’au même instant, en Ukraine, d’autres familles pleurent leurs morts. Elle participe, sourit parfois, puis préfère s’isoler. À la maison, ses enfants la voient rester devant son téléphone et fondre en larmes au fil des nouvelles. « C’est compliqué de leur expliquer que ce n’est pas à cause d’eux, que cela ne les concerne pas complètement, alors qu’ils ont aussi des origines ukrainiennes. » Une angoisse qu’elle refuse pourtant de transmettre aux autres.

    Transformer la douleur

    en action

    Dès les premiers jours de l’invasion, la Ville de Montpellier, l’avocate Sophie Mazas et des habitants se mobilisent. Dans l’urgence naît SOS Montpellier-Ukraine. « C’était vital. Il y avait une solidarité immense. Les gens arrivaient avec des dons, proposaient des logements. Dans toute cette douleur, cela faisait chaud au cœur. Je ne pensais pas que c’était possible. »

    L’association accueille d’abord les Ukrainiens qui fuient la guerre, à une période où aucun dispositif institutionnel n’est encore réellement organisé. Deux mois plus tard, lorsque l’État et les collectivités mettent en place des circuits plus administratifs, les bénévoles se tournent vers l’aide humanitaire, sans abandonner l’accompagnement des réfugiés installés à Montpellier. Grâce aux donateurs et aux bénévoles, 38 camions de matériel ont été envoyés en Ukraine. Aujourd’hui, l’association ne dispose plus de lieu de stockage et ne peut plus organiser des convois de la même ampleur. Elle poursuit néanmoins ses collectes pour financer des générateurs, du matériel de première nécessité ou soutenir les soldats ukrainiens accueillis en France pour leur rééducation.

    Parmi eux, Lyudmyla n’oublie pas un jeune homme de 1,89 mètre, amputé des deux jambes après l’explosion d’une mine. Des doigts sectionnés, un fauteuil roulant et une vie entière à reconstruire. « Il ne regrettait rien. Il ne se considérait même pas comme handicapé. Moi, je suis entière et je suis complètement à la ramasse », souffle-t-elle. Son optimisme, comme celui d’autres blessés âgés d’à peine 23 à 40 ans, lui interdit de baisser les bras. « Quand je les regarde, je me dis que je n’ai pas le droit de dire que je ne peux plus. Leur joie de vivre me dépasse. »

    Cette force n’efface pas l’essoufflement de la solidarité. Depuis un an et demi, les dons diminuent et l’Ukraine disparaît des conversations, malgré des attaques presque quotidiennes. Lyudmyla souffre aussi des discours qui présentent les réfugiés comme des privilégiés. Elle rappelle les familles séparées et les jeunes revenus combattre une fois majeurs : « Il ne faut pas envier cette vie-là ». Elle préfère retenir les gestes d’entraide, comme celui des pompiers ukrainiens venus soutenir leurs collègues français en Gironde. Lyudmyla dit continuer pour les enfants d’ici et de là-bas. Tant qu’il n’y aura pas d’« après », elle poursuivra son engagement.

  • À Palavas, les plaisanciers sensibilisés à la préservation du milieu marin

    À Palavas, les plaisanciers sensibilisés à la préservation du milieu marin

    « Rien par-dessus bord, tous mes déchets au port ! » : tel est le slogan de la campagne nationale de sensibilisation « Je navigue, je trie », lancée en 2011 à destination des usagers de la mer par l’association Gestes propres. Pour la troisième saison consécutive, les ports de Palavas-les-Flots, détenteurs de longue date du Pavillon bleu et labellisés « Ports propres actifs en biodiversité », sont partenaires de ce programme. Lequel, à l’initiative de la Fondation de la Mer, s’enrichit cette année d’un volet « Je protège la biodiversité ».

    Le dispositif se matérialise par la distribution, sur les pontons, d’outils concrets par les ports partenaires. « Nous distribuons des sacs-poubelles de collecte, des cendriers de poche – un seul mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau en raison des milliers de substances chimiques toxiques qu’il libère – et une fiche pratique pédagogique “SOS biodiversité“, qui recense les comportements à adopter (en matière d’hydrocarbures, d’eaux usées, d’ancrage, de déchets…) ainsi que les numéros à contacter face à un animal en détresse (raies, requins, tortues, oiseaux…) », indique Cyril Pagel-Grechi, directeur des ports de Palavas-les-Flots, qui accueillent 1 800 plaisanciers à l’année. « Cette sensibilisation a pour but de faire comprendre aux plaisanciers que quand ils sont en mer, ils doivent être vigilants à ce qu’aucun déchet humain de type plastique ou non biodégradable ne soit déversé dans le milieu marin, parce que la faune en subit les conséquences. De nombreux reportages ont montré que les animaux marins se retrouvent avec l’estomac plein de microplastiques », développe Cyril Pagel-Grechi.

    200 000 bateaux

    de plaisance chaque été en Méditerranée

    Chaque minute, en effet, entre 15 et 18 tonnes de plastique sont déversées dans l’océan, soit l’équivalent d’un camion-poubelle. « Une fois en mer, ces déchets se fragmentent progressivement sous l’effet des courants et de la chaleur en particules de plus en plus petites, affectant durablement les écosystèmes marins. Chaque geste pour contrer cette pollution compte », insiste la Fondation de la Mer, qui rappelle que « la Méditerranée, mer semi-fermée, ne représente que 0,8% de la surface des mers mais abrite 9% de la biodiversité marine mondiale. Or, ce sont près de 200 000 bateaux de plaisance qui s’y retrouvent chaque été. La pression anthropique y est donc particulièrement forte. Sensibiliser les plaisanciers de Méditerranée aux bons gestes pour protéger l’océan est ainsi particulièrement important ».

    Voilà plusieurs années déjà que les ports de Palavas sont engagés dans la protection de la biodiversité, via notamment l’installation, en mai 2024, de 37 nurseries artificielles fournies par l’entreprise héraultaise Ecocean. « Il s’agit de mini-nurseries avec des panneaux d’information pour pouvoir recevoir les scolaires, les informer avec des jeux. Le but de ces équipements est que les alevins de poissons puissent grandir en se protégeant des prédateurs, jusqu’à atteindre une taille qui leur permet de mieux se débrouiller », explique Cyril Pagel-Grechi. « Là, je viens de signer un engagement avec la start-up Lineup ocean pour déployer des dispositifs biosourcés destinés à faciliter la nidification et la reproduction des poulpes, des mini-récifs artificiels pour protéger les poissons sur une taille au-dessus de celle des nurseries et des équipements sur les pieux du port pour protéger et fournir de la nourriture aux poissons, de façon à ce que les ports deviennent des zones relais où les poissons puissent grossir avant de reprendre la mer », poursuit le directeur. En septembre 2023, les ports de Palavas ont également installé la première station-service maritime de bioéthanol au monde, « toujours dans cette démarche de protection de l’environnement et de verdissement de la plaisance ».

  • La croissance de l’aéroport de Montpellier ne fait pas l’unanimité

    La croissance de l’aéroport de Montpellier ne fait pas l’unanimité

    Ils ne se font aucune illusion. En rédigeant leur courrier à l’attention du directoire de l’aéroport de Montpellier et de ses partenaires (préfecture, collectivités), pour leur demander de renoncer à l’arrivée de Volotea en octobre, le collectif Atterrissons d’urgence n’espère pas les faire changer d’avis sur leur projet d’expansion.

    « C’est stratégique, on essaye d’en parler pour faire bouger l’opinion publique », résume Marie-Noël de Visscher, porte-parole d’Atterrissons d’urgence. Ce collectif n’en est pas à son coup d’essai. En avril, une plainte avait été déposée pour publicité mensongère relative aux trajets Montpellier-Paris. « On ne peut pas continuer à faire comme si de rien n’était. Il y a une indécente responsabilité à pousser les gens à prendre de plus en plus l’avion », moyen de transport le plus polluant.

    Dans son rapport annuel, le Haut Conseil pour le climat (HCC) publie une nouvelle recommandation qui vise l’expansion aéroportuaire. Le HCC demande que soit adopté « un moratoire sur l’augmentation des capacités des aéroports français afin de maîtriser la hausse du trafic aérien ».

    Efforts ou greenwashing ?

    Après Transavia en 2020, une base arrière de Volotea va s’installer à Montpellier à l’automne. Au-delà des destinations supplémentaires, « un avion basé à Montpellier, c’est un avion qui part plus tôt et qui rentre plus tard », prévient la militante écologiste qui assure que des riverains se plaignent déjà.

    De son côté, l’aéroport ne cache pas qu’il vise à terme les 3 millions de passagers annuels (1,8 million aujourd’hui) pour offrir à la 7e ville de France une infrastructure adaptée. Le président du directoire, Emmanuel Brehmer, fait régulièrement savoir qu’il cherche à réduire les impacts sur l’environnement. C’est la raison d’investissements pour l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toits ou l’électrification des opérations au sol qui permettent d’économiser 1 000 tonnes de CO2 par an.

    Des opérations qui s’apparentent à du greenwashing selon le collectif. « C’est mieux que rien mais vu qu’à côté vous augmentez le nombre de vols, c’est comme si vous rouliez toute l’année en SUV en vous félicitant d’éclairer votre garage en LED », illustre la porte-parole du collectif. À l’avenir, le secteur mise sur l’avion vert. « C’est presque une chimère, l’avion électrique ne pourra concerner que de petits avions », regrette Marie-Noël de Visscher. Pour elle, la seule solution est de réduire le trafic. « C’est la seule industrie au monde qui s’exonère de ses obligations pour le climat ». Et enfin taxer le kérosène sur les vols internationaux au-delà de 10%. « L’avion n’a pas à être aussi peu cher ».

  • Harcèlement de rue : les élus nîmois ouvrent l’enquête

    Harcèlement de rue : les élus nîmois ouvrent l’enquête

    « On trouve insupportable que les femmes se sentent restreintes dans leurs activités quotidiennes », lance Marianne Bernede, adjointe à la ville de Nîmes pour l’égalité et contre les discriminations. Alors, face au harcèlement de rue, un groupe d’élus principalement composé de femmes a tenu à prendre le problème à bras-le-corps. Le 27 juillet dernier, une enquête concernant ces comportements a été lancée, appelant les femmes nîmoises à témoigner. En seulement deux jours, l’enquête a atteint les 700 entrées, « ce qui n’était jamais arrivé pour une enquête sur le site de la ville », explique l’adjointe.

    Élaborée par plusieurs élus, cette enquête vise avant tout à mettre la lumière sur ce fléau. « L’idée, c’est qu’on en parle, sourit Marianne Bernede. Parce qu’avant d’être un problème de sécurité, c’est un problème de société. »

    Selon les données fournies par l’application anti harcèlement de rue, Umay, la période estivale est propice à une augmentation du nombre de ces atteintes. L’application en enregistre 30% de plus à l’approche des chaleurs de l’été, « lorsque les femmes ont l’outrecuidance de porter des petites robes légères », ironise l’élue. L’enquête vise donc également à faire le point à Nîmes, avant d’envisager de « répondre localement », ajoute-t-elle.

    Rentrer sans crainte

    Grâce aux réponses données dans le cadre du questionnaire, l’équipe municipale compte mettre en place un dispositif de raccompagnement, permettant aux femmes de ne plus avoir peur de sortir le soir.

    Des bus à horaires fixes en soirée ou encore des taxis collectifs, les modalités d’un tel dispositif ne sont pas encore fixées. La municipalité compte d’ailleurs sur les Nîmoises volontaires pour prendre part à des ateliers de réflexion autour de la question. « Nous, ce qu’on veut, c’est écouter les gens », complète l’élue.

    Après l’instauration du dispositif Angela en 2021, la Ville de Nîmes souhaite élargir la protection des femmes sur son territoire. « On veut que ça puisse aider les femmes au quotidien à se sentir plus à l’aise dans leur ville », conclut l’élue. L’enquête est disponible sur le site je-participe.nîmes.fr et se poursuit jusqu’au 27 septembre prochain.

  • Les abeilles éprouvées, la production menacée

    Les abeilles éprouvées, la production menacée

    Panique dans les ruches. « En plein soleil, il ferait 50 degrés dans une ruche si les abeilles ne maintenaient pas une température de 34-35 degrés, compatible avec le développement du couvain [les œufs et les larves, Ndlr.]. Pour y parvenir, elles vont chercher de l’eau et ventilent l’entrée et l’intérieur de la ruche par battements d’ailes », décrit Gilbert Martin, président du syndicat d’apiculture du Gard. Une activité qui les épuise et réduit le nombre d’abeilles disponibles pour le butinage. « Ça leur prend pas mal d’énergie, du coup elles puisent sur leurs réserves. J’ai des collègues qui ont commencé à nourrir, chose qu’on ne voyait jamais à cette époque. » En cas de chaleur extrême et prolongée, les colonies peuvent en effet subir un stress thermique, une surconsommation des réserves en eau et en nourriture, ainsi qu’une augmentation de la mortalité. « On essaie de mettre les ruchers à l’ombre quand c’est possible. On isole bien les toits. On les aide comme ça, mais ce n’est pas suffisant », déplore l’apiculteur nîmois.

    « J’ai des colonies où il n’y a plus de couvain »

    À cela s’ajoute la raréfaction des ressources florales, victimes de la sécheresse. « Les miellées de printemps ont marché jusqu’à début juin, et puis il y a eu la canicule du mois de mai, où les sols se sont asséchés. Rebelote au mois de juin, avec une sécheresse de surface très importante. Dans ces cas-là, les fleurs ne produisent plus de nectar. Les abeilles ne peuvent donc pas le récolter et le transformer en miel », explique Gilbert Martin. Les apiculteurs s’inquiètent notamment des conséquences de la canicule sur le tournesol et la lavande, miellées estivales majeures en France, récoltées entre juillet et août. « Chaque année, la saison commence de plus en plus tôt, mais elle s’arrête aussi de plus en plus tôt. Les miels de printemps sont corrects : la bruyère blanche a bien marché, le miel de garrigue aussi, le châtaignier… Mais pour ce qui est des miels d’été : lavande et tournesol notamment, c’est catastrophique », assure le président du syndicat d’apiculture du Gard. « Du moment qu’il n’y a plus d’apport de nectar ni de pollen, la reine arrête de pondre. Moi j’ai des colonies où il n’y a plus de couvain. Les populations vont diminuer », s’inquiète-t-il. « On va perdre un tiers de la récolte », prédit-il.

    Si l’heure n’est encore qu’aux prévisions s’agissant de la récolte 2026, « c’est sûr qu’on aura une baisse de production. L’année dernière, en France, on était à 25 000 tonnes. C’était une année relativement correcte. Là, je pense qu’on va retomber dans les 10 000 tonnes », estime Gilbert Martin.

  • La mer chauffe, les coquillages étouffent

    La mer chauffe, les coquillages étouffent

    Le 30 mai, la température de l’eau du bassin de Thau, utilisée pour la conchyliculture, a déjà atteint les 25,4°C, soit 4°C de plus que les normales de saison. Ces vagues de chaleur marines correspondent plus précisément à des périodes où « la température de surface de l’eau de mer est plus élevée, pendant plus de cinq jours, que 90% des températures à la même période de l’année, comparée aux 30 années précédentes », selon l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer).

    Pourtant, les coquillages tels que les moules ou les huîtres supportent difficilement ces hausses de température. Des seuils de résistance en mer Méditerranée ont d’ailleurs été fixés à 26°C concernant les moules et 30°C pour leurs cousines les huîtres.

    La Méditerranée, aux eaux déjà plus chaudes, n’échappe pas au réchauffement. Elle est d’ailleurs classée parmi les mers qui subissent le plus rapidement l’augmentation de leur température, après la mer Noire et la mer Baltique. Depuis 1982, sa température a augmenté d’environ 1,5 degré en moyenne.

    Mesures de température

    Dans le but de mieux comprendre les conséquences d’une telle augmentation de la température dans les bassins de conchyliculture, le réseau Ecoscopa analyse le développement de ces espèces et de leur milieu. Dans leurs huit stations de recherche, partout en France, les chercheurs étudient les huîtres creuses et relèvent la température des bassins à un rythme régulier, notamment dans le bassin de Thau.

    Grâce à ces prélèvements, les chercheurs peuvent identifier des vagues de chaleur, notamment lors de la saison estivale. Pourtant, l’hiver n’échappe pas à ces anomalies. Franck Lagarde, coordinateur du réseau Ecoscopa et chercheur à l’Ifremer, dans son antenne sétoise, les décrit même comme « de plus en plus fréquentes, intenses, précoces et tardives ». Et ce, depuis 2012.

    Les conséquences de tels pics de chaleur ? L’asphyxie des coquillages. L’augmentation de la température et la baisse des phénomènes venteux conduisent à une modification de la solubilité des gaz dans l’eau. Concrètement, l’eau est trop peu oxygénée, ce qui entraîne une surmortalité des huîtres et des moules. L’année 2018 en a été un exemple dramatique sur le bassin de Thau. Près de 4 000 tonnes de coquillages ont été perdues en deux semaines.

    Ce dérèglement de la température n’a pourtant pas systématiquement pour conséquence la mort de ces espèces. Il occasionne également un phénomène observé depuis 2025 : les coquillages pondent de manière précoce sur tout le territoire, étendant la période de reproduction de la fin mai à la fin septembre, contre mi-juillet à mi-août habituellement.

    Des espèces épuisées

    L’élargissement de la période de ponte rime aussi avec l’augmentation de la fréquence des reproductions. Problème : cela entraîne un épuisement des espèces qui ont « de plus en plus de mal à récupérer pendant l’hiver », ajoute le chercheur. Le seul point positif de ces dérèglements en Méditerranée, les huîtres creuses « grandissent mieux », selon Franck Lagarde, preuve d’une forme d’adaptation positive à leur milieu.

    Les conchyliculteurs tentent donc de mettre en place des mesures permettant de limiter les dégâts. Améliorer la détection des anoxies, déplacer les élevages en mer ou encore faire usage de systèmes de rafraîchissement.

    Le changement, nécessaire à la poursuite de telles exploitations, peut même être effectué au niveau commercial. « Les huîtres au printemps sont de meilleure qualité qu’en automne », déclare Franck Lagarde. De quoi faire réfléchir sur les habitudes de consommation des Occitans, exposés régulièrement à des anomalies de température.

  • Claude Viallat exposé à La Grande-Motte

    Claude Viallat exposé à La Grande-Motte

    Fondateur du groupe Supports/Surfaces, figure majeure de l’abstraction et coloriste hors pair, son œuvre est immédiatement reconnaissable grâce à sa « forme » emblématique (le motif répétitif évoquant un haricot ou un osselet).

    Jusqu’au 30 août, l’espace Michèle Goalard (La Capitainerie) accueille ainsi l’exposition « Retours en boucles – Taureau / Forme », qui met en lumière des œuvres de jeunesse de Claude Viallat, rarement exposées au grand public. Elle offre un regard précieux sur les débuts de son parcours artistique et révèle les influences qui ont nourri son œuvre, profondément enracinée dans le territoire méditerranéen, la culture camarguaise et les traditions taurines. L’attraction centrale de ce parcours artistique est un ensemble exceptionnel de quatorze panneaux monumentaux en bois prêtés par la commune d’Aubais, dépeignant des scènes de courses camarguaises et de corridas. Ces panneaux figuratifs de 1963 font face aux toiles libres contemporaines du célèbre peintre nîmois.

    L.M.

    Tous les jours de 10h à 13h et de 15h à 19h.

    Entrée libre et gratuite.