Tag: Occitanie

  • Vers une union des gauches et des démocrates à Béziers ?

    Vers une union des gauches et des démocrates à Béziers ?

    Pour la première fois depuis l’élection de Robert Ménard en 2014, l’extrême droite partira divisée dans la cité de Riquet. L’adepte des plateaux télés aura face à lui Julien Gabarron, député RN de la sixième circo et secrétaire départemental du RN. Un air de deuxième round puisque ce dernier a battu Emmanuelle Ménard dans la course au Palais Bourbon. Sauf qu’un récent sondage – commandé par Omar Harfouch, proche copain de Ménard – place l’édile à 61% et Gabarron à 10%.

    Un score qui inquiète le Printemps de Béziers, liste regroupant 12 partis de gauche. « On n’est pas dupe sur ce sondage. Si Ménard est donné gagnant, il a moins de voix qu’en 2020 et les forces anti-extrêmes [le Printemps de Béziers, LFI et Thierry Mathieu, Ndlr] progressent. Il y a une dynamique encourageante donc nous lançons un appel à l’union », fait valoir Thierry Antoine, tête de liste du Printemps. Les négociations sont donc ouvertes. Bien que Thierry Mathieu « respecte l’appel à l’union », le conseiller régional de la majorité de Carole Delga se veut « dans une démarche locale, humaniste, républicaine » et fixe trois priorités : sécurité, éducation, emploi. Une priorité sur la sécurité pouvant faire écho à la proposition du Printemps de mettre en place des équipes de médiation et de sécurité dans les quartiers. « Il y a des différences entre nos listes, mais c’est normal, nous en avons aussi au sein du Printemps. On peut discuter et trouver des solutions », espère Thierry Antoine. LFI a dévoilé ses premières mesures pour Béziers, au premier rang desquelles, la démocratie participative. « Nous organiserons des réunions publiques en amont des conseils municipaux pour que les citoyens nous fassent remonter leurs avis sur des propositions. Nous étudions la possibilité que des questions soient posées par les Biterrois lors des conseils », développe David Ocard, tête de liste.

    Des années pour

    un logement social

    Vient ensuite le logement, dans une ville paupérisée où plus de la moitié des enfants de moins de 11 ans vivent dans un ménage pauvre. « Le logement est un problème et surtout le logement social. Les habitants nous ont fait remonter des problèmes de plomberies, de volets cassés, de présence de rats. Et il y a des problèmes d’effectifs à l’OPH Béziers [le bailleur social, Ndlr], ce qui fait que les gens attendent plusieurs années pour un logement social », détaille Wissal El Jarrary. Sur l’union, des discussions avaient déjà été entamées avant la naissance du Printemps, selon LFI. « Nous leur avons proposé un programme de rupture avec une tête de liste LFI mais ils ont refusé. S’ils sont d’accord sur ces deux conditions, nous pouvons être ouverts à l’union », détaille Wissal El Jarrari, numéro 2 de la liste. Face à cette possibilité de faire tomber l’extrême droite, la gauche doit désormais prendre ses responsabilités.

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « Enrayer les plans de licenciements dans l’Hérault »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « Enrayer les plans de licenciements dans l’Hérault »

    La Marseillaise : Ce début d’année est marqué par le chaos international…

    Serge Ragazzacci : On a une situation globale qui est en train de dégénérer. On dénombre plus de 400 morts depuis le cessez-le-feu en Palestine. On voit bien qu’on a une situation de guerre qui continue un peu partout dans le monde autour des questions liées aux ressources, en Ukraine avec les métaux rares, au Venezuela avec le pétrole. On revient à des choses un peu basiques dans le capitalisme, avec des postures très coloniales, les menaces réaffirmées sur Cuba, le Groenland, qu’on est bien obligés de prendre au sérieux après l’enlèvement de Maduro. Il faut donc réaffirmer un message de paix et la nécessité de se mobiliser contre l’avancée de l’extrême droite dans le monde et dans notre pays. On voit malheureusement ce qu’il s’est passé aux USA, avec cette police ICE, l’assassinat de cette mère de famille, les images de chasse à l’homme, des choses qui doivent en faire rêver plusieurs chez nous.

    L’année 2025, d’un point de vue syndical, a été marquée par des luttes victorieuses, notamment sur les retraites…

    S.R. : Ce qu’on a gagné, c’est de maintenir cette question des retraites dans le paysage et de ne rien lâcher. Il y a eu des conséquences politiques et même si c’est symbolique, ce décalage existe. On peut construire dessus pour aller vers la progression. Donc c’est une bonne chose, mais surtout ce qui a marqué l’année 2025, ce sont les luttes dans les entreprises sur l’emploi, les salaires. On a constaté qu’on avait eu une activité soutenue parce qu’on s’est rendu compte qu’on avait fait beaucoup d’actions, de formations. Il n’y a pas eu de relâchement, même si, peut-être, c’est moins visible de l’extérieur car il n’y a eu de grandes manifs.

    Néanmoins, on ne dénombre
    pas moins de 483 plans de licenciements en ce début d’année, il faut amplifier la lutte
     ?

    S.R. : C’est la grande question. Ça va bientôt faire un an que la CGT publie des éléments sur les plans sociaux en cours. Il faut arriver à enrayer le processus, même si on a pu avoir quelques victoires comme le rejet du PSE d’Auchan, le projet de la nationalisation d’Arcelor Mittal. Un certain nombre de luttes sont engagées et c’est sûrement un des grands enjeux de la séquence parce que notre pays est frappé, toujours dans le contexte international, par un déficit de souveraineté. Si on maintient la destruction de notre industrie, le pays va être complètement dépendant de ses approvisionnements en matériel. On l’a découvert en grand en 2020, mais rien n’a changé depuis. C’est ce qui fait le déficit de notre balance du commerce extérieur mais aussi ce qui crée notre dette au niveau de la planète et de la couche d’ozone. On a besoin de réindustrialiser le pays, ce qui veut dire commencer par éviter les grands plans de licenciement et les fermetures d’usines.

    Nationalisation, réindustrialisation, les idées syndicales progressent dans le débat public en 2026 ?

    S.R. : Il faut qu’on arrive d’une part à les partager davantage avec les autres formations syndicales et d’autre part que ce soit repris à la hauteur nécessaire par les formations politiques. Sur un certain nombre de sujets, je trouve que la gauche reste un peu timide. On a une offensive droitière pour revenir sur un ensemble de conquêtes sociales : les 35 heures, le 1er mai, etc. De l’autre côté, on a un peu du mal à trouver une accroche pour garantir quelques points d’appui pour le monde du travail. Par exemple, une nouvelle réduction du temps de travail à 32 heures ; le CDI dans le privé et le statut dans le public redeviennent la norme parce qu’aujourd’hui il y a une forte précarité, une déréglementation. On doit retrouver un droit du travail qui protège et évite de mettre les gens en compétition non pas sur la qualité de leur travail mais sur le statut de leur contrat de travail. La question de l’augmentation des salaires et des pensions est essentielle. Il y a quand même des éléments structurants que le mouvement syndical a mis en évidence et qui doivent être repris beaucoup plus fortement dans le débat public et sans aucune retenue.

  • Occitanie : l’opposition au Mercosur ne faiblit pas

    Occitanie : l’opposition au Mercosur ne faiblit pas

    Le monde agricole gronde et les dernières annonces gouvernementales ne semblent rien arranger au feu qui couvait depuis quelque temps. Déjà empêtré dans sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie s’attaquant aux bovins, Matignon a pourtant tenté de désamorcer la colère, sans grand succès comme en témoignent les blocages et mobilisations qui se poursuivent dans tout l’Hexagone.

    À l’instar de Montpellier, où la FDSEA et les JA de l’Hérault s’étaient rassemblés devant les grilles de la préfecture héraultaise le 9 janvier pour tenter de s’opposer à la signature de l’accord entre l’Union Européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Bolivie, Paraguay et Uruguay), créant l’une des plus vastes zones de libre-échange de la planète. « Il est hors de question de dire oui au Mercosur même si certains pays ont changé d’avis. Tant qu’il y aura une lueur d’espoir chez nos adhérents, on ne les lâchera pas  », soutient Annabelle Decoursière, secrétaire générale des JA de l’Hérault. En effet, même si Emmanuel Macron semble avoir changé d’avis et s’oppose maintenant à l’accord de libre-échange, la France n’a pas suffisamment convaincu d’autres pays pour constituer une minorité de blocage, si bien que l’accord devrait être ratifié par Ursula Von der Leyen le 17 janvier. « L’Union européenne vient de découvrir son 49-3 et passe en force », soupire Morgane Bara, porte-parole de la Confédération paysanne dans l’Hérault, regrettant « le peu de lobbying exercé par la France pour avoir la minorité de blocage, pourtant facilement atteignable. »

    Le texte supprime donc les droits de douane entre les parties et ouvre notamment la voie aux importations de viande sud-américaine, dont la concurrence est jugée déloyale et les normes environnementales et sanitaires moins contraignantes. « Le libre-échange est délétère. Les clauses miroirs évoquées par Macron ne changeront pas la donne. On met en concurrence les producteurs de la planète et le moins-disant remporte la palme, tout le monde est perdant », se désole Morgane Bara.

    Direction Strasbourg

    Pour tenter de calmer les esprits, la ministre de l’Agriculture a donc annoncé onze mesures pour une enveloppe de 300 millions d’euros. Sans convaincre l’ensemble du spectre syndical agricole. « C’est de la poudre aux yeux, on saupoudre un peu d’argent, on recule sur l’environnement. Mais sans donner de réponses sur ce qui nous préoccupe vraiment : le revenu paysan », observe Morgane Bara. Des effets d’annonce dénoncés – dans une moindre mesure – par les JA. « Il faut du concret. Ces annonces ne sont qu’un pansement, qui dépend d’un budget. La latence est trop grande avec le moment où ça arrive dans la ferme. Mais on ne crachera pas dans la soupe si ça arrive », soutient Annabelle Decoursières.

    Les regards sont maintenant tournés vers Strasbourg, où le Parlement de l’UE pourrait saisir la Cour de Justice de l’UE lors d’un vote le 21 janvier, ce qui suspendrait l’accord pendant plusieurs mois.
    Louis Dupin

  • [Parcours] Robert Ménard, du gauchisme à l’extrême droite

    [Parcours] Robert Ménard, du gauchisme à l’extrême droite

    À moins de trois mois du scrutin, il est nécessaire de dresser le portrait du maire d’extrême droite de Béziers alors que la page Ménard pourrait se tourner en 2026 en dépit d’un sondage très controversé. La gauche s’est partiellement rassemblée au sein du Printemps de Béziers (PCF, PS, EELV, Place publique). Sa tête de liste Thierry Antoine (EELV) lance un appel à l’union au premier tour à LFI et Thierry Mathieu, conseiller régional de la majorité de Carole Delga. Si la droite LR apporte son soutien à Ménard, le RN présente une liste conduite par son secrétaire départemental, Julien Gabarron.

    Né à Oran, fils de pieds-noirs installés depuis un siècle, il est rapatrié en 1962 à l’âge de neuf ans pour aboutir dans un village de l’Aveyron avant de gagner le quartier de la Devèze, devenu l’un des plus chauds de Béziers depuis. Sa mère catholique et son père syndicaliste communiste devenu membre de l’OAS l’inscrivent dans un collège religieux. De quoi faire chavirer les esprits les mieux forgés.

    Il envisage un temps de poursuivre ses études au grand séminaire, avant de basculer à vingt ans dans la mouvance trotskiste de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Il y reste six ans avant de rejoindre le Ceres, le courant le plus à gauche du PS, qu’il quitte peu après l’élection de François Mitterrand en 1981. Nanti d’un CES en philosophie décroché à Montpellier, il se rêve journaliste et lance Radio Pomarède en 1978, à une époque où les radios libres sont pourchassées par le pouvoir giscardien. Au cours des poursuites judiciaires qui s’ensuivent, il trouvera un témoin de moralité : François Mitterrand. Embauché à Radio France Hérault en 1983, il quittera la station six ans plus tard.

    Et Rony Brauman découvre un « petit tyran domestique »

    C’est en 1985 que lui vient l’idée de fonder Reporter Sans Frontières avec trois de ses confrères de la presse locale et le soutien de François Mitterrand. S’y joignent Rony Brauman, figure de proue de Médecins sans frontières et Jean-Claude Guillebaud, grand reporter et prix Albert Londres. Ce qui devait être une agence de vente de reportages échoue et se mue en ONG de défense de la liberté des journalistes dans le monde. Ses deux cautions prestigieuses abandonnent quelques années après la fondation. Guillebaud en 1993 juge RSF trop proche de la presse anti-Chavez et aligné sur les États-Unis. Brauman suit en 1995 et s’en explique : « J’ai vu l’autre Ménard, le petit tyran domestique, sortir de sa chrysalide. Il a un ego exagérément enflé qui le pousse à être excessif. » Cinglant.

    Qu’importe pour Ménard, la marque RSF est lancée et son animateur avec elle. Cela lui vaut d’être appelé en 2008 par Cheikha Moza, épouse de l’émir du Qatar, à monter une structure identique à Doha. Dans un pays classé 80e pour la liberté de la presse, mais les trois millions de dollars (2,7 millions d’euros) alloués à l’organisation font oublier toute pudeur. L’aventure dure un an, jusqu’à ce que Ménard se rend compte que le pouvoir de l’émir al-Thani ne se discute pas.

    I-Télé le « remercie »

    Retour en France, il enchaîne les contrats dans les radios et télévisions avec une émission qui lui est dédiée. I-Télé (devenue CNEWS) le remercie en 2012 après avoir invité Bernard Lugan, un historien africaniste d’extrême droite qui ne fait autorité qu’auprès des militaires. En 2012, il trouve refuge auprès de Sud-Radio, moins regardante sur la nature des invités. L’année même où il est mis un terme à l’existence de la revue Médias qu’il dirige avec Emmanuelle Duverger, son épouse et dont RSF est actionnaire avec Stéphane Courbit, producteur de télévision. Tous deux jettent l’éponge après la perte par la revue de 80% de ses annonceurs après l’ouverture de ses colonnes à Jean-Marie et Marine Le Pen, Alain Soral (antisémite proclamé), Renaud Camus (théoricien du « grand remplacement »), entre autres.

    L’année 2012 est riche pour Ménard. Il rejoint le Comité consultatif de Channel 9, fondé par Bidzina Ivanichvili, oligarque géorgien totalement inféodé à Moscou. En parallèle, il lance avec son épouse le site Boulevard Voltaire, où se retrouve une brochette de collaborateurs de droite extrême, voire conspirationniste.

    Ils sont bel et bien plusieurs dans sa tête. Au premier tour de la présidentielle de 2007, il dit avoir voté Bayrou et Sarkozy au second. En 2012, c’est Dupont-Aignan au premier et Sarkozy (« en se bouchant le nez ») en finale. On note une inflexion en 2022, lorsqu’il appelle à faire bloc derrière Emmanuel Macron. Avec le secret espoir d’entrer au gouvernement ?

    Mais « l’apothéose » de sa carrière tient à la conquête de la mairie de Béziers. Une victoire à la Pyrrhus face à une UMP essoufflée et le manque de légitimité de son candidat, une gauche affaiblie qui a maintenu son candidat dans une élection triangulaire.

    Sacré maire, la veine populiste Robert Ménard se déchaîne par voie d’affiches ou de décrets plus ou moins loufoques. Les murs se couvrent d’appels à vilipender le Midi Libre ou Ginette Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette, qui a eu l’outrecuidance de fermer son magasin biterrois. La police municipale, armée, est mise à l’honneur par un pistolet semi-automatique légendé « Désormais la police municipale a un nouvel ami ». Inscrit dans une logique droitière, il abaisse les impôts de 2 millions avant de s’en mordre les doigts : « Si c’était à refaire, je baisserais moins les impôts car ça pénalise la Ville. »

    Le fichage des chiens…

    Les arrêtés municipaux se multiplient. Il en est un qui impose le fichage de l’ADN des chiens de manière à remonter la piste des déjections. Un autre interdit de pendre du linge aux fenêtres ou interdit la floraison des paraboles. Vingt ans plus tard, il y a toujours autant de linge aux fenêtres et de paraboles sur les terrasses. Il en est un aussi pour verbaliser les crachats, qui ne fait que reprendre un décret du gouvernement de Vichy du 1942. Moins folklorique, il annonce en décembre 2015 la création d’une « garde biterroise » composée d’anciens gendarmes, militaires ou pompiers, qui a pour mission de signaler les actes suspects. L’existence de cette milice de bénévoles est retoquée par le tribunal administratif, comme le sont la plupart des arrêtés précédents. Autant d’échecs qui ont un coût pour la collectivité. On chiffre à 880 000 euros (dont 320 000 pour des affaires personnelles) les honoraires payés entre 2014 et 2019 aux très droitiers avocats parisiens Gilles-William Goldnadel et Jean-Marc Florand.

    Ramené sur les bancs de l’église par son épouse, il entreprend une croisade contre « l’islamisation de la France » et le « grand remplacement », chers à Renaud Camus et son épigone Éric Zemmour, qui passe par l’interdiction d’ouverture de nouveaux kebabs dans le centre-ville, accusés de contrevenir à la tradition judéo-chrétienne. Une tradition qui vire à l’obsession lorsqu’il installe une crèche dans l’enceinte de la mairie (contraire aux lois de la République et interdite à huit reprises par le tribunal administratif).

    L’inscription de Ménard dans la ligne de son ami Zemmour trouve pourtant ses limites. Lui qui a chiffré à 69,4% le nombre d’enfants musulmans en se fondant sur les prénoms a, lors d’un dîner parisien en sa compagnie, jugé « stupide » sa proposition d’interdire les prénoms musulmans. La rupture a été consommée lorsqu’il a accordé en 2022 sa signature à Marine Le Pen plutôt qu’à Zemmour.

    De Bayrou à Le Pen, en passant par Dupont-Aignan, Sarkozy et Macron, la girouette Ménard n’a pas fini de tourner au gré des vents venus de droite ou d’extrême droite.

  • [Entretien] Serge Zaka : « J’aimerais que la société civile considère mieux les agriculteurs »

    [Entretien] Serge Zaka : « J’aimerais que la société civile considère mieux les agriculteurs »

    La Marseillaise : Pour 2026, on peut souhaiter que le climat revienne sur le devant de la scène ?

    Serge Zaka : Oui c’est ça, en 2025, on a observé de très grosses régressions en termes de réflexions climatiques et environnementales. Et une politique mondiale – qui n’est pas que française – qui va vers d’autres préoccupations que celles du changement climatique et environnemental. On est vraiment dans une politique de confrontation entre les hommes alors qu’on devrait être dans une politique d’alliance entre humains pour pouvoir répondre à des problèmes climatiques mondiaux.

    Les aspects scientifiques du changement climatique sont niés. On se retrouve face à un discours climato-sceptique qui devient très présent en Amérique, et qui fait que le message de lutte contre le changement climatique est volontairement brouillé par un discours politique. Parce que les enjeux économiques qui en découlent sont trop importants pour certains pays. Donc, on a une dégradation globale – que ce soit politique ou scientifique – de la qualité des informations qu’on a sur le climat. Cela se voit dans les entreprises et les politiques, mais il ne faut pas que ça impacte le citoyen, qui lui, continue dans cette réflexion sur le climat. Ce qui serait inquiétant en 2026, c’est de voir les citoyens embarqués dans cette politique nauséabonde au niveau climatique.

    Comment expliquer cette dichotomie entre société civile et politiques ?

    S.Z. : Si l’on prend les États-Unis en exemple, Donald Trump a pris sa population en otage. Il impose sa vision qui n’est pas scientifique. C’est un discours basé sur l’émotion et l’opinion personnelle, et il fait comme si la population avait la même réflexion que lui. On a une politisation des discours scientifiques. C’est de là que vient cette différence avec la société civile. La société civile, elle, continue à suivre les chercheurs et à les relayer. L’opinion personnelle des politiques ne correspond pas à au consensus scientifique.

    Beaucoup opposent du coup l’agriculture et le climat. Or, il est quand même possible de lier les deux. Est-il encore nécessaire de le souhaiter pour 2026 ?

    S.Z. : Oui. Et dans l’autre sens, j’aimerais que la société civile aussi considère mieux ces agriculteurs. Parce qu’il faut savoir que déjà, l’agriculteur, on le voit comme une personne qui est là pour produire à manger. D’ailleurs, les populations sont de plus en plus urbaines, et elles sont complètement déconnectées de la réalité agricole. Ma génération est la première à ne pas avoir d’aïeul dans l’agriculture. Ça se voit à ce qu’on mange, de plus en plus de plats ultra transformés, certains ne savent même plus cuisiner. La place de la cuisine dans les appartements devient de plus en plus restreinte et ça ne devient plus un élément convivial de partage. Et au final, même si en France, on s’en sort mieux que certains pays – parce qu’on a quand même notre notion de terroir, de fromage, de vin, qu’on ne retrouve pas dans les autres pays du monde – notre pays reste quand même déconnecté du monde agricole. Ce que j’aimerais, en 2026, c’est d’arriver à faire comprendre que l’agriculteur n’est pas là juste pour nous faire à manger.

    Pour s’adapter au changement climatique, on a besoin des agriculteurs. Ce sont eux qui permettent de gérer aux mieux nos campagnes. L’agriculteur a un rôle dans la gestion des sols et des arbres – deux de nos alliés pour faire face au changement climatique – mais aussi dans la gestion de l’écoulement de l’eau, etc. J’aimerais bien qu’on comprenne qu’il est aussi là pour entretenir les paysages. Et en parallèle, en politique, j’aimerais bien qu’on comprenne que l’aide à la production agricole n’a plus à être pointée vers le tonnage de production, mais soit aussi orientée aussi vers la gestion des microclimats de la campagne et des écosystèmes, pour que ces discours aient un impact positif auprès des agriculteurs.

    Et j’aimerais bien en 2026 qu’on arrête d’opposer le consommateur et l’agriculteur. On a une espèce de vision médiatique qui oppose les gens, alors qu’en réalité, il faudrait réussir à travailler ensemble pour pouvoir avancer. Le fait d’opposer les gens, ça met des barrières aux constructions importantes pour faire face au changement climatique. Donc encore une fois, il faut s’unir pour faire face aux problèmes.

    Vous qui êtes chasseur d’orage, espérez-vous en voir des jolis dans l’Hérault pour les photographier ?

    S.Z. : Bien sûr. Comme tous les ans, j’espère que la saison orageuse sera esthétique, c’est-à-dire qu’elle permette de faire de belles photos, et généralement, esthétiques et violents ne vont pas ensemble. Parce que plus c’est violent, plus il y a de pluie, et moins il y a de situations intéressantes à prendre en photo. Généralement, les orages les plus secs et les moins violents sont les plus esthétiques. Et donc souhaiter avoir des orages esthétiques, ça ne veut pas forcément dire souhaiter voir les écosystèmes détruits par la grêle, je tiens à le préciser. Donc si on pouvait avoir des orages esthétiques sans qu’ils soient violents, ça peut être intéressant parce que j’ai encore pas mal de monuments et de paysages à mettre en valeur, un peu comme le Pic Saint-Loup. Dans mes photos, je veux mettre en avant nos terroirs dans des situations orageuses qu’on n’a pas l’habitude de voir sur les cartes postales.

    Une version enrichie de cet entretien
    est à retrouver sur le site internet
    de La Marseillaise.

  • Une nouvelle ligne de bus pour Sète Agglopôle

    Une nouvelle ligne de bus pour Sète Agglopôle

    C’est un bus flambant neuf que les riverains de l’agglo de Sète ont pu apercevoir dans les rues en cette nouvelle année. Le 5 janvier, a été inaugurée la ligne A de bus reliant la gare routière de Balaruc-le-Vieux à l’arrêt Noël-Guignon, à Sète, en passant par la gare SNCF. Sa particularité ? Être un transport en commun à site propre (TCSP) 100% électrique. « Les bus auront une voie dédiée entre le canal de la Peyrade et la Pointe Courte, l’entrée de Sète [d’une distance de 1,9 km, Ndlr]. Ils sont prioritaires par rapport aux voitures pour la traversée de giratoires », détaille Eric Van de Putte, chef du service mobilités de l’agglo. Concrètement, quand un bus s’approche d’un rond-point, un radar le détecte et le feu passe automatiquement au rouge pour les voitures afin de le laisser passer. « L’été, par rapport à la voiture, le gain de temps estimé est près de 10 minutes », reprend Eric Van de Putte.

    D’autres lignes renforcées

    Un gain de temps non négligeable pour les travailleurs de toute l’agglomération. Car cette nouvelle ligne s’accompagne d’un renforcement du réseau. La fréquence des lignes desservant Montbazin, Poussan, Loupian, Mèze et Villeveyrac (20, 21, 22 et 23) est doublée. Tout comme l’offre les dimanches et jours fériés, qui se voit renforcée : chaque commune de l’agglo sera desservie par une ligne.

    Cette nouvelle ligne de bus contribue également à tendre vers l’objectif d’une neutralité carbone d’ici 2050. « Cette ligne facilite le lien nord-sud de l’agglomération. Dans les années à venir, nous compléterons ce service par la création de pistes cyclables et le développement de l’autopartage », soutient Loïc Linarès, président de Sète Agglopôle. Reste à voir si les habitants du Bassin de Thau délaisseront leur voiture.

  • Dans l’Hérault, plus de la moitié des bovins vaccinés

    Dans l’Hérault, plus de la moitié des bovins vaccinés

    S’il n’y a aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans l’Hérault, la préfecture a mis en place, dès le 19 décembre, un plan pour contenir cette maladie s’attaquant aux vaches après que des foyers se sont déclarés dans l’Aude.

    Première étape, la mise en place d’une zone réglementée dans 18 communes de l’ouest de l’Hérault comprenant 120 bovins. « 100% des vaches ont été vaccinées dans cette zone. Sur l’ensemble du département, nous en sommes à 56% [au 5 janvier, Ndlr]. Nous espérons atteindre l’objectif de vacciner 75% des bovins de 95% des cheptels à la mi-janvier », détaille Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault. Une manière d’atteindre l’immunité collective. Car le département veut devenir un « cordon sanitaire » afin de stopper la propagation de la maladie.

    Pour ce faire, les services de l’État, de la Chambre d’agriculture et des cabinets de vétérinaires se plient en quatre pour vacciner les 5 420 bovins restants sur les 12 420 que compte l’Hérault. D’autant qu’atteindre tous les troupeaux n’est pas une chose aisée. « Dans le département, la moitié des élevages compte moins de 20 bovins, parfois des élevages semi-sauvages donc très durs à atteindre  », fait valoir Yann Louguet, directeur départemental de la protection des populations.

    60 000€ débloqués

    Un travail de fourmi mais nécessaire pour éviter l’abattage. « Personne n’a envie d’abattre son troupeau, c’est un drame. Éradiquer la maladie est donc primordial », soutient Jérôme Despey, président de la Chambre d’Agriculture 34 et de la FDSEA 34. Car la stratégie sanitaire mise en place dans les pays européens repose sur trois piliers : l’abattage du troupeau si une infection est détectée ; l’interdiction de mouvements d’animaux autour de 50 km d’un foyer ; la vaccination dans les 50 km d’un foyer.

    Les services de l’État ont donc voulu rassurer les éleveurs inquiets. « Il n’y a aucune suspicion et aucun cas signalé dans l’Hérault », confirme Jérôme Despey. Un fonds de 60 000 euros a d’ailleurs été mis en place afin de prévenir de potentiels préjudices liés à l’export. Seule ombre au tableau, la prolifération de fake news. « Nous avons besoin de faire preuve de pédagogie, les réseaux sociaux nous tuent. Des fausses vidéos générées par l’IA sapent le travail des chercheurs, des épidémiologistes », soupire Aude Geiger, en charge de la filière élevage à la Chambre d’agriculture.

  • [Entretien] Katia Le Goaziou : « Cette croissance va s’essouffler à partir de 2040 avec l’effet post baby-boom »

    [Entretien] Katia Le Goaziou : « Cette croissance va s’essouffler à partir de 2040 avec l’effet post baby-boom »

    La Marseillaise : Quelles raisons à la forte croissance dans l’Hérault qui reste pauvre ? Est-elle soutenable ?

    Katia Le Goaziou : L’Hérault a le 3e plus fort taux de croissance de France. Entre 2017 et 2023 l’attractivité s’accroît comparé à 2012-2017. Le solde naturel s’érode moins vite qu’ailleurs mais l’essentiel de cette croissance est portée par des arrivées plus nombreuses que les départs (solde de +1,1%/an au lieu de +0,9%). Le dynamisme est à Montpellier et dans sa métropole, sur le littoral (intercommunalités de Sète et Béziers). On observe une forte attractivité et un solde naturel positif car la population y est plus jeune. La croissance concerne aussi des communes plus petites sur l’axe Montpellier-Nîmes, c’est un phénomène de périurbanisation. À Montpellier, l’attractivité s’explique essentiellement par la classe des 18-24 ans (12 000 arrivées pour 7 600 départs). Ce sont souvent des étudiants. Aux âges de la vie active, les populations s’installent plus dans l’agglo (St Jean-de-Védas +4,9%, Castelnau-le-Lez +4,1% qui bénéficient des axes de transport, d’effets de rattrapage sur le logement…) ou en 2e couronne en raison de la pression foncière et du ralentissement de la construction de logements (7 500 en 2017, 2 200 en 2024). Les retraités viennent plus sur le littoral vers l’Aude et les P-O.

    Cette croissance est-elle soutenable ?

    K.L.G. : Si les jeunes restent c’est qu’il y a du travail. L’emploi, tourné vers la sphère présentielle (commerces, services) et productive (industrie, recherche), est assez dynamique mais pas assez pour absorber les arrivées, d’où un chômage élevé. À l’avenir, ce ne sera plus suffisant pour compenser le différentiel naissances/décès. Avec l’effet post-baby boom, on aura un mur démographique qui fera que cette croissance va s’essouffler peu à peu à partir de 2040.

    D’où viennent les dynamiques récentes de Sète et Béziers ?

    K.L.G. : Béziers est plutôt en bonne croissance qui ralentit avec la baisse des naissances, d’où une dynamique assez stable. Cela signifie que le profil des arrivants est probablement plus âgé qu’à Montpellier. La commune est à +0,9%/an contre +1,1% sur la période précédente. Pareil sur l’agglomération où on peut noter la forte croissance de Sérignan (+3,6%/an). Sète perdait des habitants (-0,6%/an) et en gagne depuis 2017 (+0,8%) alors que le solde naturel s’est creusé depuis 2012. Le nombre de constructions reste à Sète relativement faible. Par contre le nombre de logements vacants a baissé : 2 654 en 2016, seulement 1 850 en 2022. Il y a eu un effort particulier pour résorber la vacance. Dans le sens inverse, il y a aussi une concurrence avec le marché des résidences secondaires : 21% des logements en 2022.

    Le Gard continue aussi sa croissance mais ce n’est pas trop Nîmes qui la tire…

    K.L.G. : Dans le Gard, le solde naturel est nul donc la croissance se maintient (+0,6%/an) grâce aux arrivées. Elle est notable à Alès et autour, au pays de Sommières en limite de l’Hérault grâce à l’aire d’attraction de Montpellier qui déborde vers le Gard et autour de Nîmes. La croissance de la ville centre est quasi nulle (+0,1%/an) mais celle de son agglo est plus élevée (+0,4%/an) mais ralentit avec la baisse des naissances et la hausse des décès. Des gens préfèrent habiter à proximité pour un meilleur cadre de vie. À Nîmes, il y a une forte polarisation de l’espace entre quartiers riches et très pauvres.

    Pourquoi la tendance s’est totalement inversée à Alès ?

    K.L.G. : La ville d’Alès croît beaucoup (+2,3%/an) et l’agglo (+1%/an) également. C’est beaucoup car le solde naturel est négatif. Entre 2012-2017 et 2017-2023, on a gagné 1 point en composante migratoire. C’est une zone qui va croître très fortement. Pour comprendre, ces trajectoires de Nîmes et d’Alès, il faut regarder sur une plus longue période. Il y a des effets de rattrapage sur des programmes de construction ou autres. Depuis les années 90, la population de Nîmes augmentait de façon continue et se stabilise. À Alès, la population était stable voire en légère baisse et augmente d’un seul coup fortement. Au final, depuis 1990, Nîmes a grandi de 18% et seulement Alès de 12 %. Sur long terme, ça s’équilibre. Les tendances peuvent aussi s’expliquer par certains choix d’acteurs publics locaux.

  • Dans l’Hérault, pas de plan grand froid mais plus de moyens

    Dans l’Hérault, pas de plan grand froid mais plus de moyens

    Parfois, quand je tends un café chaud à un habitué de nos maraudes, que je discute avec lui cinq minutes, je me demande si ce n’est pas notre dernière conversation parce qu’il est annoncé des températures horribles la nuit. Il faut s’accrocher face à la détresse humaine qu’on croise », soupire Céline Bouloc. La présidente de l’association Action froid à Montpellier est plus qu’inquiète en ce qui concerne les personnes dormant à la rue. Voilà maintenant plusieurs jours qu’une vague de froid s’abat sur l’Hexagone et n’épargne pas Montpellier. Preuve en est, le mercure est négatif la nuit et le ressenti peut atteindre
    -6 °C. Le drame est arrivé le 30 décembre dernier à Montpellier : un jeune homme de 29 ans est décédé à cause du froid. La vague de froid perdurant, la préfecture a décidé d’agir. « Des moyens humains, des équipements spécifiques (sacs de couchage grand froid) et des capacités d’accueil ont été mobilisés en renfort, dès le 31 décembre », fait savoir la préfecture.

    70 places débloquées

    Aussi, avec la Ville de Montpellier, un accueil de nuit a été ouvert le 4 janvier. « Dès la fin de la matinée, le Samu et le SIAO nous avaient fait remonter que les conditions étaient difficiles, les gens étaient en souffrance. Le maire a donc discuté avec la préfète l’hébergement inconditionnel est une compétence de l’État afin d’ouvrir un lieu d’hébergement exceptionnel. Nous avons donc équipé le gymnase Emmanuel-Gambardella en 1 heure avec la Croix Rouge », détaille Michel Calvo, adjoint aux solidarités de la Ville de Montpellier. Le même dispositif avait été mis en place lors de l’épisode cévenol de la fin décembre. Ainsi, 33 personnes dont une femme ont été accueillies le premier soir sur une capacité de 70 places. À l’heure où La Marseillaise mettait sous presse, la mesure était maintenue a minima jusqu’au 8 janvier.

    Mais là où le bât blesse, c’est que la préfecture n’a pas déclenché le plan grand froid – la température doit être en dessous de zéro même en journée – au grand dam des associations. Pourtant, le plan aurait permis une mobilisation générale afin de trouver des places d’hébergement supplémentaires. « Ce qui m’inquiète, c’est qu’après le 8 janvier, on ne va pas retrouver des températures de 20 degrés, qu’est-ce qu’on va faire ? Comme on n’active pas le plan grand froid, en journée, les sans-abri n’ont pas de lieu de repli. Quand il fait 2 ou 3 degrés, nous, nous avons des vêtements chauds, un foyer avec un minimum de chauffage mais ce n’est pas leur cas », poursuit Céline Bouloc. Pour maintenir la pression et tirer la sonnette d’alarme, des rassemblements quotidiens sont organisés par plusieurs associations à 18h devant les grilles de la préf.

    En ligne de mire, l’objectif est de faire bouger les lignes. « On veut vraiment une municipalité, une préfecture qui s’engagent pour ouvrir un gymnase, mettre les moyens et faire en sorte que ça puisse être pérennisé sur une semaine ou plus en fonction des besoins », soutient la présidente d’Action froid de Montpellier. Une solution pour répondre à l’urgence, avant de mettre les bouchées doubles pour pallier la situation. « Il faut absolument qu’il y ait un peu plus de moyens financiers mis au service du secteur du social. Qu’il y ait plus d’éducateurs, qu’on puisse avoir plus de temps de prise en charge. Car on croise beaucoup de jeunes qui viennent de l’aide sociale à l’enfance. Passé 18 ans, on sait qu’ils sont foutus à la porte parce qu’il n’y a pas de solution pour la suite. Ces jeunes-là se retrouvent donc dans la rue et malheureusement, il n’y a pas de structure d’hébergement qui a la capacité de prendre du temps pour les écouter, pour les réinsérer. Or leurs parcours sont chaotiques : on croise des personnes en grande fragilité psychique, des gens en situation de handicap, en fauteuil roulant », se désole Céline Bouloc.

    Un travail effectué en majeure partie par des bénévoles qui manquent de bras. Un risque que la situation empire ?

  • Des rassemblements pour soutenir le peuple vénézuélien

    Des rassemblements pour soutenir le peuple vénézuélien

    Après l’agression impérialiste des États-Unis envers le Venezuela – qui a conduit à l’enlèvement du couple Maduro et des dizaines de morts à la suite de bombardements – la scène internationale semble être revenue au siècle dernier, où dominaient l’usage de la force et les logiques guerrières. Face à cette régression, plusieurs organisations* appellent à des rassemblements** dans l’Hérault, le 10 janvier. « Nous condamnons fermement l’agression américaine. C’est une menace pour la paix au niveau mondial. Nous ne voulons pas d’une nouvelle guerre mondiale dont les conséquences seraient encore plus dévastatrices que celles que nous avons connues dans le passé du fait des arsenaux nucléaires des États », soutient Alban Desoutter, de la Libre Pensée 34.

    Les arguments mis en avant par Washington – présentant Maduro comme un narcotrafiquant – pour justifier son agression ne passent pas. « Le seul but de cette agression est une captation des richesses [le Venezuela dispose du plus grand stock de pétrole au monde, Ndlr]. Une fois de plus, ce sont les travailleurs et le peuple vénézuélien qui vont se retrouver au milieu d’une guerre qu’ils ne veulent absolument pas. Deux choses sont possibles pour la CGT : la paix et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », fait valoir Myriam Rivoire, secrétaire CGT de Montpellier. L’occasion également, lors de ces rassemblements, de réaffirmer la solidarité avec le peuple vénézuélien face à la volonté des États-Unis de mettre sous tutelle le Venezuela.

    Surtout, le comportement tyrannique de Donald Trump est dénoncé avec véhémence. « De quel droit les États-Unis se permettent de juger Maduro ? On considère Orban [le président de la Serbie] comme un dictateur. Pour autant, est-ce que ça nous donne le droit de l’enlever et de le juger sur le sol français ? », s’indigne Francis Viguié, de la Carmagnole. D’autant que Washington n’en est pas à son coup d’essai. « Si l’on compare la situation avec l’Irak en 2003, on est dans la même logique : l’invasion sans mandat des Nations unies – les États-Unis l’avaient au moins demandée – d’un pays pour s’accaparer ses ressources pétrolières. Depuis 2003, le Proche et Moyen-Orient sont profondément déstabilisés. On peut avoir les pires craintes sur l’Amérique du Sud », redoute Nicolas Cossange, secrétaire PCF de l’Hérault. Et au regard de ses dernières déclarations très atlantistes, ce n’est pas Emmanuel Macron qui fera bouger les lignes. La rue alors ?

    *Libre pensée, la Carmagnole, LDH, le Mrap, PCF, LFI, CGT, FSU, Révolution permanente, l’Après, Rencontres Marx, Jeunes communistes de France, NPA, FO, Gauche écosocialiste.

    ** à 15h à Montpellier (Place Albert-1er), à Béziers (rond point Gagarine), à Sète (place de la mairie), à Pézenas (Place de la République), à 11h à Bédarieux (devant la mairie).