Tag: Occitanie

  • [Tourisme] Le nombre de réservations impacté par le prix de l’essence

    [Tourisme] Le nombre de réservations impacté par le prix de l’essence

    Alors que la hausse du coût du carburant impacte nombre de professions, en témoignent les diverses mobilisations qui ont essaimé dans l’Hexagone ces derniers jours, qu’en est-il pour les vacanciers ?

    Dans le secteur du tourisme, certains semblent avoir pris les devants, à l’instar du camping Maïana, à La Grande-Motte, où les gérants ont mis en place une ristourne sur le carburant. Pour une semaine de réservation complète cet été, les futurs touristes pouvaient recevoir un bon d’achat d’une valeur comprise entre 30 et 80 euros.

    À l’aune de la saison estivale, d’autres dispositifs émergent pour tenter d’attirer la clientèle. « Nous avons un rôle à jouer pour maintenir le pouvoir d’achat. Chacun fait son truc. Par exemple, j’ai décidé de ne pas augmenter le prix de la restauration et de baisser celui de certaines boissons. D’autres mettent en place des bons d’achat sur le gasoil mais cela reste marginal », développe Philippe Robert, président de la Fédération de l’hôtellerie de plein air d’Occitanie et gérant du camping 4 étoiles La Méditerranée, à Vias. Tous espèrent que la guerre et l’augmentation du prix du carburant seront de courte durée et qu’ils pourront faire le plein au cœur de l’été. « Sur le début de l’année, les réservations étaient bien engagées, à un niveau similaire à 2025, une très bonne saison pour le tourisme. Mais depuis un mois et demi, il y a un ralentissement dû à la guerre. Ce qui se traduit par une baisse des réservations et un changement de comportement : les gens séjournent plus près, des établissements ont eu des annulations justifiées par le fait qu’ils se trouvaient trop loin », observe Philippe Robert. D’autres encore préfèrent partir moins longtemps. Preuve que le porte-monnaie pèse sur le choix des vacances : « On observe un regain d’activité sur le camping avec emplacements nus, l’offre la plus accessible », note Philippe Robert.

    « Un effet ciseau »

    Des tendances qui semblent se restreindre à la France. « Nous travaillons beaucoup avec des Allemands, des Hollandais : eux sont au rendez-vous. Seuls les Français pêchent, c’est étonnant », précise Philippe Robert. Néanmoins, ces réticences impactent les professionnels. « Les réservations sont bonnes pour les mois de mai et juin, mais nous avons des difficultés sur la haute saison, alors que nous sommes déjà complets en temps normal », poursuit le président de la fédération. Au point d’avoir un impact sur l’emploi ? « On reste prudent et on regarde nos dépenses car on a bien compris que tout peut arriver à tout moment. On n’a aucune visibilité contrairement aux autres années. Il y a une part de risque et on est prudent sur les embauches. »

    Le gérant de camping veut croire en sa bonne étoile en tablant notamment sur le fait que des Français, partant initialement à l’étranger, se rabattent sur l’Hexagone. « Il y a aussi un effet ciseau. On voit qu’il est compliqué de partir du fait du problème de pouvoir d’achat mais, d’un autre côté, avec ce climat anxiogène, on a besoin de s’échapper, de partir », soutient Philippe Robert.

    Toutefois, ces changements de comportement sont à l’œuvre depuis la crise sanitaire, amplifiée avec la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine. Les gens partent moins longtemps et plus près pour un tourisme plus vert. Cette nouvelle hausse à la pompe ne serait-elle pas l’accélération d’un changement inéluctable ?

  • Région Occitanie : « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

    Région Occitanie : « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

    Trente mille habitants rencontrés lors de 330 manifestations, 5 000 questionnaires remplis qui ont donné lieu à 1 500 propositions. Voilà en quelques chiffres le bilan 2025 de la première édition de l’opération « La Région à vos côtés ».

    Décriée par l’opposition (droite, RN) pour son coût (310 000 euros) et son côté communication, la seconde tournée vient de débuter. Jusqu’à mi-juillet, les élus d’Occitanie vont aller à la rencontre* des habitants sur les marchés, dans les gares, les parkings de supermarché, les universités, les salons ou dans des événements spéciaux tels que la fête de la transhumance. L’objectif est triple : leur expliquer ce que fait concrètement la Région Occitanie qui fête ses 10 ans, recueillir leurs doléances et tordre de cou à certaines idées reçues propagées notamment par l’extrême droite.

    « Nous reprenons le chemin du terrain », synthétise la présidente Carole Delga (PS). Une initiative « unique en France » d’autant plus « nécessaire » au vu du « désamour » qui grandit entre élus et citoyens. Paradoxalement, ces derniers seraient demandeurs de contact direct. « L’an passé, ils ne nous fuyaient pas et venaient nous questionner quel que soit leur âge », se souvient l’écologiste Zina Bourguet.

    20 spécialistes recrutés dans les hôpitaux

    Cet exercice de « démocratie participative » a permis de « conforter certaines de nos intuitions devenues des certitudes », résume Christian Assaf (PS). Par exemple le fait que les transports, le pouvoir d’achat ou la santé sont les priorités des habitants. Mieux sonder leurs attentes a permis d’ajouter 20 spécialistes dans 12 hôpitaux aux 150 médecins recrutés par la Région dans les maisons de santé. Plutôt agréablement surpris de la démarche, les sondés ont aussi fait part de leurs mécontentements. « Souvent les trains en retard et la paperasse administrative », observe Carole Delga. Cela a permis à la Région de développer l’application Fairtiq pour avoir tous les tarifs des trains ou d’instaurer le TER à un euro pour les clubs sportifs.

    Aller à la rencontre des citoyens permet aussi de « démonter les contrevérités de l’extrême droite qui réécrit l’Histoire », insiste Carole Delga, attachée à la décentralisation. Et de rappeler, ajoute Jérôme Monamy (PCF), que « le RN vote contre le TER à un euro » ou que la première mesure du nouveau maire RN de Carcassonne est un « arrêté anti-pauvres ».

    * Premières dates : marché de Lodève (25 avril), gare Saint-Roch à Montpellier (28 avril), marché de Méjannes-le-Clap (27 avril)
    et du Vigan (5 mai).

  • LGV : des forages autorisés, la source d’Issanka en danger ?

    LGV : des forages autorisés, la source d’Issanka en danger ?

    Le projet est toujours dans les cartons mais a déjà son lot de détracteurs. Le chantier de la future ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP), dont la phase 1 doit débuter en 2029, est sous le feu des critiques depuis qu’un arrêté préfectoral de déclaration d’utilité publique autorise des forages et sondages pour recueillir des données destinées à étudier la faisabilité du projet.

    Concrètement, le texte autorise « la réalisation de trois sondages de reconnaissance destructifs avec tubage à l’avancement d’une profondeur maximale de 80 mètres à proximité du profil géophysique ; la réalisation de deux forages carottés de 20 mètres de profondeur ; la réalisation d’une quinzaine de sondages destructifs de 1 à 1,5 m de profondeur répartis sur la zone d’affleurement ou à défaut, des fosses d’infiltration ». Sauf que cette autorisation empiète sur le périmètre de protection de la source d’Issanka, seule ressource d’eau potable de Sète, elle-même protégée par un arrêté de déclaration d’utilité publique (DUP) de 1988. « Or dans ce périmètre de protection, des règles s’appliquent. Il y a une liste d’activités interdites avec les forages. Les mêmes que l’arrêté entend autoriser pour
    le chantier
     », observe Laura Seguin, conseillère d’opposition à Sète et à l’Agglo. Dans un contexte de raréfaction de la ressource en eau, l’arrêté a de quoi poser question. « Il est important avant tout de préserver notre ressource en eau. Selon l’arrêté, il s’agirait de bien connaître, comprendre, etc. Mais on sait bien qu’il y a des risques. Ce n’est pas pour rien que ces règles existent, il y a des risques de pollution », insiste Laura Seguin. Pour preuve, l’élue met en avant un rapport d’octobre 2025 de la Commission locale de l’eau (CLE) du Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage) des bassins-versants de la lagune de Thau et de l’étang d’Ingril. Dans ce dernier, « la CLE identifie que les travaux inscrits dans le dossier sont incompatibles avec [la préservation des ressources locales en eau douce et la sécurisation de l’alimentation en eau du territoire, Ndlr]. La CLE du Sage Thau-Ingril émet donc un avis défavorable sur le dossier d’enquête préalable à l’autorisation environnementale des interventions préparatoires de la phase 1 de la LNMP », précisait à l’époque le président du CLE, Michel Garcia.

    Les élus sétois opposés

    Mais force est de constater que la préfecture ne l’entend pas de cette oreille. « L’économie générale du projet initial de la DUP du champ captant d’Issanka de 1988 n’est pas bouleversée par la réalisation des investigations à cette étape du projet. Celles-ci permettront d’améliorer la connaissance de la ressource en eau et d’assurer la préservation du captage […] Il n’y a pas lieu de modifier la délimitation du périmètre de protection rapprochée », fait valoir le service de l’État.

    Bien que la CLE n’ait qu’un avis consultatif, ce dernier est issu d’un compromis entre toutes les parties. « La CLE est chargée d’élaborer le Sage avec des orientations de gestion, notamment la protection de la ressource. Le schéma est élaboré par un parlement local de l’eau réunissant des élus, l’État, des représentants d’usagers. On voit que l’État choisit de passer outre cette orientation issue d’une démocratie locale, on le déplore », soupire Laura Seguin, qui milite pour un tracé alternatif de la LNMP.

    L’élue de Nouvelle page n’entend pas baisser les bras. Le 20 avril, en conseil municipal de Sète, elle a déposé une motion afin d’exiger le « strict respect de la déclaration d’utilité publique de 1988. » « L’enjeu de la protection de la ressource dépasse les sensibilités politiques. On peut tous s’accorder pour dire d’une seule et même voix qu’on veut préserver notre ressource », soutient-elle. Et de fait : le maire LR Hervé Marquès avait lui même formulé une motion similaire. D’un commun accord, les deux parties se sont donc entendues pour déposer une motion commune lors du conseil d’Agglo du 23 avril afin de constituer un groupe de travail sur les conséquences de la LNMP sur le périmètre de protection d’Issanka.

  • À Béziers, pas de classement Rep+ pour La Dullague et Lucie Aubrac

    À Béziers, pas de classement Rep+ pour La Dullague et Lucie Aubrac

    Voilà huit ans que dure le combat des collèges Lucie-Aubrac et la Dullague, à Béziers, pour être rattachés aux réseaux d’éducation prioritaire renforcée (Rep+), ce qui se traduit par l’octroi de moyens supplémentaires aux établissements concernés. Mais les Biterrois devront encore patienter. En effet, la demande est restée lettre morte, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, évoquant dans un courrier un délai trop long pour réformer la carte Rep +, incompatible avec le devoir de réserve pour les élections de 2026 et 2027. Il serait toutefois utile de rappeler au locataire de la rue de Grenelle que la dernière réforme de l’éducation prioritaire date de 2014, année d’élections municipales, européennes et sénatoriales…

    Un pôle annoncé

    Car les besoins sont criants. « Nous faisons partie des quartiers les plus pauvres de France. Hors éducation prioritaire, nos collèges sont les plus défavorisés de France », se désole Corentin Coko, coprésident du conseil local FCPE-La Dullague. Néanmoins, des moyens supplémentaires ont été annoncés à la rentrée prochaine. Au premier rang desquels l’ouverture d’un pôle éducatif et médico-social comprenant un assistant social, un psychologue de l’Éducation nationale ainsi qu’un infirmier. « Beaucoup de familles ont besoin d’être aidées dans des démarches médico-sociales, demander un aménagement pour les enfants, etc. Ces postes sont essentiels pour les élèves mais à voir comment ça se concrétise, s’ils arrivent à recruter », soupire un professeur de l’établissement, qui a souhaité garder l’anonymat.

    Les professeurs recevront quant à eux une prime mensuelle de 120 euros pendant 10 mois ainsi que des points bonus de mutation. « Si on a choisi de s’engager dans l’Éducation nationale, c’est pour faire en sorte que les élèves soient au cœur de notre métier mais on a l’impression qu’on nous gère plus comme une entreprise et qu’on oublie les enfants et leur réussite en nous donnant quelques sous et des points pour partir », pointe l’enseignant. De timides moyens, bien loin du classement Rep+. « On ne va pas lâcher le morceau. Le Rep+ concerne aussi les écoles primaires, dont les classes de CP et CE1 peuvent être dédoublées », indique Corentin Coko. Et ainsi permettre à des gamins d’arriver à lire et écrire correctement lors de leur arrivée dans des collèges où le taux de réussite au brevet peine à dépasser les 50%

  • LGV : le PCF veut remettre l’État sur les rails

    LGV : le PCF veut remettre l’État sur les rails

    Bordeaux-Toulouse (2033) puis Montpellier-Perpignan (2040). Maintes fois retardés, les deux projets de Ligne à grande vitesse (LGV) sont censés être sur de bons rails depuis que la clé de financement a été trouvée (40% État, 40% collectivités et 20% Europe). Et pourtant…

    Depuis quelques mois, l’État traîne à ce point des pieds que les élus régionaux des groupes communistes, républicains et citoyen (CRC) d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine ont décidé conjointement de tirer le signal d’alarme mi-avril. « Le maillon faible c’est le ministère. L’État n’est pas au rendez-vous ! », s’inquiète Jean-Luc Gibelin (PCF).

    Le vice-président régional aux transports est formel : « Tout le monde a payé ses appels de fonds réguliers sauf l’État. » Ils concernent la ligne du Grand Sud-Ouest Bordeaux-Toulouse. Et s’ils ont pour l’heure été compensés par la trésorerie de la Région, la situation inquiète. D’autant que le Conseil d’orientation des infrastructures (COI), s’il confirme l’utilité de la ligne, a fait savoir que la participation de l’État sera « difficilement mobilisable » dans le contexte budgétaire actuel et dans ce calendrier jugé « irréaliste ».

    L’hypothèse d’un PPP rejetée

    Pour ne pas avoir à payer maintenant, Bercy commence à faire entendre la petite musique d’un Partenariat public privé (PPP) qui permettrait à l’État, suppléé par une multinationale (Vinci ou autre), de ne régler sa note qu’à la fin du marché. Hors de question, prévient Jean-Luc Gibelin dans la droite ligne de la position de la présidente occitane, Carole Delga (PS). « C’est de la cavalerie ! » Selon l’élu communiste, cette « vision court-termiste » aurait deux inconvénients majeurs. Le premier serait un surcoût du projet évalué à 7 milliards d’euros dont 4,5 pour l’entreprise qui entrerait au PPP. Car « il faudrait clore les 180 marchés déjà passés sur Bordeaux-Toulouse (autour de 70-80 pour Montpellier-Perpignan) ». Le second serait un retard d’au moins 2 ans.

    En ce qui concerne la ligne Montpellier-Perpignan, dont la concertation publique vient de débuter, pas encore de mauvais signaux mais les finances rabougries de l’État peuvent laisser craindre une logique identique le moment venu. « On est très mobilisés. Il n’est pas question de laisser faire, laisser penser qu’on pourrait peut-être faire autrement », prévient Jean-Luc Gibelin.

    Mardi 21 avril, une rencontre était prévue entre Carole Delga et le Premier ministre. Elle a été reportée pour un imprévu dans l’agenda de ce dernier sans que, pour l’heure, une autre date ne soit fixée. Après avoir voté un vœu en février, le Conseil régional d’Occitanie pourrait remettre les LGV à son prochain ordre du jour le 4 juin. Histoire de maintenir la pression.

  • Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Dix jours après le débat d’orientation budgétaire (DOB) de la Ville de Montpellier, place à celui de la Métropole, ce 21 avril, pour les 102 élus communautaires. Dans un contexte budgétaire dégradé, le vice-président délégué aux Finances a annoncé la couleur. « La situation financière des collectivités n’est pas facile, ici comme ailleurs. Cela nous impose une gestion extrêmement précise et rigoureuse pour que chaque euro dépensé le soit utilement », fait valoir Renaud Calvat, également maire PS de Jacou.

    En effet, la collectivité socialiste va devoir composer avec moins de recettes de l’État, notamment via la Dotation globale de fonctionnement (DGF). « Depuis 12 ans, nous sommes la métropole qui touche la DGF par habitant la plus basse de France. Par exemple, Lille touche 167 euros tandis que nous en avons 85. Nous ne demandons pas d’être au même niveau, mais d’avoir la même moyenne nationale, ce qui nous permettrait de récupérer 20 millions d’euros », précise Renaud Calvat. Le président Michaël Delafosse ira d’ailleurs à Paris le 4 mai afin de négocier avec Bercy à ce sujet. Autre difficulté, l’augmentation des ponctions de l’État de 12,4 millions d’euros.

    Le budget prévisionnel de 2026 est donc moins ambitieux que celui de la précédente mandature. Notamment en termes de dépenses d’équipement, revues à la baisse. « Entre 2020 et 2024, le budget équipement dépassait les 400 millions d’euros. Ça, c’est fini, notamment car une grande partie des travaux a été réalisée. Nous mettrons 371 millions d’euros, ce qui permettra de financer la fin de la ligne 5, le début des bustrams, l’achat de matériel, etc. 30 millions seront investis sur l’espace public et la voirie [dans le cadre du plan de marchabilité, Ndlr] », énumère Renaud Calvat. Les recettes de fonctionnement envisagées progressent de 7% pour s’établir à 813 millions d’euros, tout comme les dépenses, qui elles, augmentent de 5% (709 millions d’euros). Des orientations qui ne convainquent pas l’opposition. « Dans ce contexte de crise, on attend des orientations pour les régies publiques de manière à garantir les services publics communaux pour couvrir les besoins essentiels de l’existence, d’engager la planification écologique en refusant notamment d’accorder des permis pour des activités polluantes », soutient Nathalie Oziol, élue LFI.

    Cruel dilemme

    Toute la question pour la majorité est de savoir comment maintenir le même niveau de services publics dans l’une des métropoles les plus intégrées de l’Hexagone, possédant notamment 15 médiathèques et autant de piscines « Nous dépensons 1 055 euros par an et par habitant alors que la moyenne des métropoles s’élève à 595 euros », poursuit Renaud Calvat. Deux pistes de réflexion sont envisagées. Tout d’abord, une baisse des investissements. « Notre trajectoire est celle d’être une Métropole qui investit 200 millions d’euros pour financer les projets », promet Michaël Delafosse. Ce qui permettra de baisser le niveau de la dette. Surtout, le socialiste prévoit d’augmenter la fiscalité foncière intercommunale, qui devrait passer de 0,16 à 5,8%. « Il y a trois choix. Soit on demande un effort aux communes, certaines seraient dans des situations compliquées, ce que nous refusons au nom de la solidarité. Soit on ferme des services publics, s’il y a des volontaires, qu’ils lèvent le doigt », développe Michaël Delafosse. Reste donc, selon le président, la hausse d’impôt intercommunal. Le vote est prévu le 28 avril.

  • Vincent Garel : « Le tourisme de proximité est devenu une vraie attente »

    Vincent Garel : « Le tourisme de proximité est devenu une vraie attente »

    La Marseillaise : Comment s’annonce la saison touristique 2026 en Occitanie ?

    Vincent Garel : On est clairement dans un contexte économique tendu, notamment avec le prix de l’essence qui pèse sur les arbitrages. Mais les premiers signaux ne sont pas mauvais : les ponts de mai sont très bien réservés, dans la continuité des bonnes saisons précédentes. En revanche, sur début juillet, on sent un peu d’attentisme, avec une stagnation, voire une légère baisse des réservations. Cela tient au contexte, bien sûr, mais aussi à une habitude qui s’installe : les réservations de dernière minute. Et parallèlement, on observe un report assez net vers septembre, qui progresse depuis plusieurs saisons.

    Le tourisme de proximité
    est-il devenu un vrai levier ?

    V.G. : Oui. Dès 2019, avant le Covid, nous avons travaillé ce tourisme de proximité. Aujourd’hui, il correspond à une vraie attente : 30% des Français cherchent à partir pas trop loin de chez eux. En Occitanie, les clientèles françaises représentent déjà près des trois quarts des nuitées. Et la région a un atout majeur : la diversité de ses territoires. On ne part plus forcément quinze jours au même endroit ; on rayonne davantage, on multiplie les courts séjours, les week-ends, les découvertes. L’offre culturelle, patrimoniale et paysagère de la région permet justement cette mobilité.

    Dans cette évolution, les transports collectifs semblent occuper une place centrale.

    V.G. : Oui, parce qu’ils répondent à la fois à la question du pouvoir d’achat et à celle de l’environnement. Quand le coût du transport individuel augmente, il faut offrir des alternatives accessibles. L’Occitanie Rail Tour, les lignes TER, les lignes d’autocar régulières et saisonnières permettent justement d’irriguer le territoire à bas coût. On a 19 lignes TER régulières et 270 lignes d’autocar régulières, auxquelles s’ajoutent des dessertes saisonnières… et on continue d’ouvrir des lignes ! C’est aussi une réponse écologique : la première externalité négative du tourisme, c’est le transport. On accompagne aussi des destinations avec le label Green Destination et on travaille sur la question du dernier kilomètre avec du vélo, des navettes ou du covoiturage.

    Le littoral reste-t-il la locomotive ?

    V.G. : Oui, le littoral reste clairement moteur sur la période estivale. Il a des attraits extraordinaires et une grande capacité d’accueil, avec les grands campings, l’hôtellerie et bien sûr l’attractivité de la Méditerranée. Mais ce qui est intéressant, c’est que les stations ne se font plus concurrence de la même manière : elles sont de plus en plus complémentaires, avec des offres différenciées. Et surtout, ce moteur littoral bénéficie aussi à l’intérieur des terres. Quelqu’un qui séjourne en station balnéaire peut aller découvrir l’arrière-pays, les villages, les sites patrimoniaux ou naturels. Les offices de tourisme proposent désormais de véritables parcours de découverte autour de leur destination.

    Quel cap faut-il donner au tourisme en Occitanie ?

    V.G. : Le tourisme est un secteur économique majeur, le deuxième pourvoyeur d’emplois en Occitanie après l’agriculture et l’agroalimentaire, avec une croissance moyenne de 4% par an depuis 25 ans. Mais il faut le développer autrement. La saison ne va plus seulement de juin à août : elle s’étend des ponts de mai jusqu’à fin septembre. Il faut mieux répartir les flux, développer les offres hors été et mieux prendre en compte les enjeux environnementaux. Et il faudra aussi, à un moment, ouvrir le débat sur les vacances scolaires, parce qu’on ne régulera pas vraiment les flux sans cela. On a des propositions, mais encore faut-il que l’État nous écoute.

  • L’été ne fait plus le printemps du tourisme en Occitanie

    L’été ne fait plus le printemps du tourisme en Occitanie

    « Réchauffement climatique, choix de consommation : les habitudes des vacanciers évoluent », constate l’Insee dans une étude menée en partenariat avec l’Agence d’attractivité et de développement de la Région Occitanie (AD’OCC) et Destination Occitanie qui charpente la stratégie touristique régionale.

    Cette étude, menée sur un temps relativement long d’un peu plus d’une décennie, de 2012 à 2024, révèle une tendance forte : « Depuis quelques années, la fréquentation touristique augmente tendanciellement moins fortement dans la région qu’au niveau national. Ainsi, entre 2012 et 2024, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques d’Occitanie progresse de 4,5% contre +11% en France métropolitaine », a calculé l’Insee. En outre, ajoutent Sophie Andrieu et François Hills, auteurs de l’étude pour l’Institut national de la statistique, cette hausse de 4,5% « n’est portée que par l’hôtellerie de plein air dont les nuitées augmentent de 19,4% alors que les nuitées diminuent dans les hôtels (-4,7%) et les autres hébergements (-12,6%) ». L’Occitanie est la cinquième des régions de France métropolitaine les plus fréquentées par les touristes en 2024 avec 55 millions de nuitées mais « Depuis 2012, le tourisme se développe au printemps et s’atténue en été », résume l’Insee qui image ce constat en chiffres : « Entre 2012 et 2024, la fréquentation touristique au printemps a augmenté de 17,7 %. »

    Pourquoi ces évolutions ? « Des facteurs multiples peuvent influer sur l’évolution de la fréquentation touristique », prévient l’Insee qui identifie cinq facteurs principaux. Le premier est le réchauffement climatique. Il « entraîne une hausse de la fréquence des canicules en été et une baisse de l’enneigement en hiver. Il peut conduire les touristes à modifier leur choix de destination ou décaler la période habituelle de leurs séjours. » Deuxième facteur, « les évolutions dans les choix de consommation peuvent avoir le même type de conséquences ».

    886 000 lits sont proposés par les plateformes internet

    Troisième facteur, le vieillissement démographique entraîne le développement du tourisme des retraités « particulièrement hors des périodes scolaires et estivaux ». Quatrième facteur, « la crise Covid a eu un fort effet sur le tourisme en 2020 et 2021 et a également entraîné des changements durables de comportement ». Cinquième facteur et non des moindres, « l’offre de logements locatifs sur les plateformes numériques, en essor depuis la décennie 2010, concurrence les hébergements collectifs traditionnels ». Les logements en location saisonnière proposés par les plateformes internet comme Airbnb, Booking ou HomeAway atteignent en 2024 « des volumes offerts proches de ceux des hébergements collectifs » et représentent en Occitanie 178 000 logements représentant environ 886 000 lits. « Ainsi, la fréquentation du locatif en plateforme se développe très nettement entre 2019 et 2024, bien que moins vite que l’offre », analyse l’Insee. L’exemple d’Airbnb est parlant : entre 2019 et 2024, la fréquentation estimée des hébergements sur cette plateforme, mesurée en nuits réservées croît de 57%.

    « L’évolution de la saisonnalité du tourisme en Occitanie est essentiellement portée par les campings », renseigne l’Insee. En Occitanie « ils représentent la moitié des nuitées annuelle, hors hébergements locatifs en plateforme et hors hébergements non marchands ». La hausse de 19% de leur fréquentation entre 2012 et 2024 « est portée par le littoral qui concentre les deux tiers de la fréquentation régionale en camping ». Elle est « particulièrement forte en début de saison estivale, entre avril et juin. Dans la région, ces trois mois concentrent 25% de la fréquentation en 2024 contre 18% en 2012 ». Les nuitées en camping augmentent aussi sensiblement en septembre, note aussi l’étude. « Ainsi, la période dite des “ailes de saison”, qui couvre les mois d’avril à juin et de septembre, pèse autant dans la fréquentation de 2024 que chacun des deux mois du cœur de l’été. » Une tendance de fond.

  • Les aides à domicile héraultaises en lutte pour sortir de la galère

    Les aides à domicile héraultaises en lutte pour sortir de la galère

    « Dimanche dernier, j’ai roulé 110 kilomètres pour cinq heures de travail. Or notre indemnité kilométrique ne rembourse que de 38 centimes par kilomètre. On paye pour aller travailler. » La colère était de mise, ce 21 avril, devant les grilles du Département de l’Hérault, à Montpellier, ainsi qu’à Béziers où une cinquantaine d’aides à domicile s’étaient mises en grève afin de défendre leurs conditions de travail dégradées.

    L’augmentation du coût de l’essence a été vécue comme la goutte d’eau qui fait déborder un vase déjà on ne peut plus rempli. Une hausse impactant de plein fouet cette profession à 90% féminine qui nécessite un usage quotidien du véhicule pour se rendre chez les bénéficiaires. « En 2022, notre indemnité kilométrique est passée de 35 à 38 centimes -dont 14 centimes pour le carburant [le reste étant pour l’amortissement, Ndlr]– mais l’essence a augmenté de 20%. Sur un trajet de 8 km, j’utilise 4 litres de gasoil. 1,12 euro sera donc pris en charge, ce qui ne représente pas la réalité de nos dépenses », soupire Christelle Fanjaud, déléguée CGT de l’association ADMR (Aide à domicile en milieu rural) Orb et Thongue.

    Une délégation reçue

    À la fin du mois, la facture est salée pour la plupart d’entre elles. « Beaucoup d’entre nous sont en temps partiel, donc payées en dessous du Smic. Certaines sont divorcées avec des enfants et touchent 700 à 900 euros par mois. Et si tu as besoin de 200 euros d’essence, tu vas manger au Secours populaire », soupire Nathalie Trepagny, aide à domicile à Présence Verte Services et déléguée syndicale CGT. « Il vaut mieux en ce moment poser un arrêt maladie que d’aller au travail, au moins on ne perd pas d’argent », estime-t-elle. D’autant que la hausse du prix du carburant n’est pas le seul caillou dans la chaussure des aides à domicile. « L’avenant 36 de notre convention collective ne tient pas compte de la réalité du terrain. Il n’y a que le temps passé dans le véhicule selon le GPS qui est pris en compte. Mais chercher une place, être dans les bouchons, tout ça, c’est du bénévolat, du travail dissimulé », s’indigne Christelle Fanjaud.

    Conséquences ? Une pénurie de recrutement liée au manque d’attractivité du métier, qui se traduit par des démissions et un turn-over important. « Les salariées sont en surcharge et peuvent se retrouver en arrêt maladie. Mais cela a aussi un impact sur les bénéficiaires. Si l’un a Alzheimer, il a besoin de repères, il n’y a pas de possibilité de turnover », observe Céline Rouig, aide à domicile à Présence Verte Services. Et pour celles qui restent, la fin de carrière se révèle bien compliquée. « On est de plus en plus fracassées. Comment voulez-vous, à 65 ans, lever quelqu’un qui est grabataire ? », fait valoir Nathalie Trepagny. Pourtant les aides à domicile sont un maillon essentiel dans la chaîne du soin. « Si nous ne sommes plus là, il manque un échelon : les infirmières, les aides-soignantes ne pourront pas travailler », note Christelle Fanjaud. « Parfois, les infirmières sont débordées, si bien que nous faisons la toilette des bénéficiaires, mais ce n’est pas notre travail », complète Nathalie Trepagny.

    Une délégation a donc été reçue par le conseil départemental -principal financeur des associations d’aides à domicile- afin de faire entendre les principales revendications : revalorisation des salaires, augmentation des indemnités kilométriques, amélioration des conditions de travail, reconnaissance réelle du métier et respect des droits et du temps de travail.

    « Nous dépendons de l’État, les financements ne sont
    pas faits au niveau des Départements. Si les besoins augmentent, pour nous Départements, c’est compliqué
     », explique Patricia Weber, vice-présidente déléguée aux solidarités. L’élue entend recevoir les responsables des structures d’aides à domicile pour prendre le pouls et un courrier du président PS Kléber Mesquida demande au ministre de prendre en considération la situation des aides à domicile. « Nous n’avons pas eu de réponses précises. On se revoit au mois de juin, donc je pense qu’il y aura une suite », espère Christelle Fanjaud.

  • Les ménages pauvres des zones rurales périphériques plus pauvres en Occitanie qu’ailleurs

    Les ménages pauvres des zones rurales périphériques plus pauvres en Occitanie qu’ailleurs

    Créé en 2022 à l’initiative des Udaf (unions départementales des associations familiales) du Gard, de l’Hérault et de la Lozère, de l’Union régionale des associations familiales (Uraf) du Languedoc-Roussillon et de la Mutualité sociale agricole (MSA) Languedoc, l’Observatoire de l’action sociale des territoires (OAST) est « un outil expérimental d’observation et de compréhension des besoins des familles, des phénomènes sociaux des territoires et de l’impact des politiques et actions qui y sont conduites. »

    Après une enquête sociologique consacrée, l’an dernier, à « l’économie de la débrouille » déployée par les familles du Gard, de l’Hérault et de la Lozère dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat généralisé, l’OAST a confié cette année à Benoît Prévost, professeur des universités en sciences économiques et directeur du centre universitaire Du Guesclin de Béziers (Université Paul-Valéry Montpellier 3), le soin de se pencher sur le niveau et les conditions de vie de ces ménages en lien avec les réseaux des Udaf et de la MSA.

    Pour ce faire, 2 137 réponses à autant de questionnaires ont été collectées. « Près de 60 % de l’échantillon qui a répondu vit dans ce que l’Insee appelle les zones rurales sous influence d’un pôle urbain. C’est-à-dire ces villages qu’on trouve autour des métropoles et des villes moyennes, qui ne sont plus de l’urbain mais qui ne sont pas du rural au sens de l’imaginaire collectif », explique Benoît Prévost, qui a procédé fin mars à une restitution des premiers résultats de cette étude avant sa publication début mai sur le site de l’OAST. « Dans ces zones rurales périphériques, on trouve à la fois des agriculteurs, des ouvriers, des employés qui vivent assez pauvrement et des cadres, des professions intermédiaires et supérieures qui ont un capital économique, social et culturel plus élevé leur permettant de profiter davantage de la qualité de vie de ces territoires  », décrit le chercheur.

    « Des gens qui travaillent »

    Intitulée « Ménages pauvres et classes modestes », l’étude conduite par Benoît Prévost « porte sur ces ménages en difficulté qui ont des niveaux de revenus parmi les plus pauvres des plus pauvres. (…) On est sur des départements [Hérault, Gard, Lozère, Ndlr.] et des communes parmi les plus pauvres de France », insiste-t-il. Les résultats de l’étude sont éloquents  : « les ménages de l’échantillon sur lequel j’ai travaillé ont des revenus qui représentent entre 60 et 70 % du niveau de vie du même type de ménages ailleurs en France », illustre le chercheur. « Et je parle de gens qui travaillent », insiste-t-il.

    Ces ménages les plus pauvres n’ont pas les mêmes caractéristiques d’un département à l’autre. « Dans l’Hérault, ça va être essentiellement des femmes employées à temps partiel, cheffes de famille monoparentales, qui ont entre 55 et 65 ans et qui ont un niveau de vie moyen de 827 euros », détaille Benoît Prévost. « Dans ces zones rurales périphériques, elles sont encore plus isolées qu’en ville », souligne-t-il. Dans le Gard, « le ménage pauvre type c’est un couple avec un à deux enfants, entre 40 et 49 ans, surtout des ouvriers et des employés, avec un niveau de vie de 1 032 euros ». En Lozère, enfin, « on va être sur des couples avec un peu plus de deux enfants, qui sont surtout des agriculteurs et qui ont un niveau de vie de 813 euros. »

    Outre la question des revenus, une partie du questionnaire portait sur les éventuelles privations (en matière d’alimentation, de santé, de loisirs, de soins…) en lien avec ces situations de précarité. « Les déclarations sont à prendre avec du recul car il n’est pas rare que les gens pauvres se privent plus qu’ils ne le disent : ce que d’autres pourraient considérer comme une privation est devenu normal pour eux. C’est ce que montre toute une partie de la recherche sur la pauvreté : il y a une intériorisation », relève le chercheur. Aussi, « une bonne partie des personnes que j’ai interrogées se disent heureuses », rapporte-t-il. Pour autant, « il reste une minorité qui ne l’est pas et une partie de l’échantillon qui dit qu’il n’a pas choisi la vie qu’il mène », insiste Benoît Prévost. « C’est là que la pauvreté, au-delà d’une question économique et sociale, est une vraie question politique  : comment peut-on admettre qu’une partie importante de la population ne puisse pas formuler des choix de vie lui permettant de s’émanciper ? »

    Autre point important de cette étude : le sentiment d’être au bout du rouleau touche aussi ce que l’Insee appelle « le halo de pauvreté », c’est-à-dire les personnes juste au-dessus du seuil de pauvreté [1 288 euros, Ndlr.], qui vivent dans la menace permanente d’y tomber. « Ces personnes déclarent parfois des situations plus difficiles que celles qui sont juste sous le seuil de pauvreté. Cela correspond à ce que les sociologues ont identifié comme la peur du déclassement, dont on sait qu’elle nourrit un ressentiment et une évolution du vote, ces territoires étant ceux où le vote RN a beaucoup augmenté. »