Tag: noël

  • Le Gard et l’Hérault en fête

    Le Gard et l’Hérault en fête

    Mialet (Gard)

    Quand le Père Noël se cache à la Grotte de Trabuc

    La commune cévenole, Mialet, abrite la caverne du Père Noël ! Les différents paysages souterrains de la célèbre Grotte de Trabuc sont mis en lumière par des scénographies poétiques qui invitent les visiteurs à plonger dans l’univers d’une grotte enchantée et musicale. La traversée peut se faire grâce au dispositif d’audioguide ou en toute liberté en faisant voler son imagination. En suivant le sentier des bougies, des espaces surprenants attendent les visiteurs au détour des galeries, tels que le jardin des licornes, l’observatoire du lac, les animaux de la forêt autour de la cascade, la plaine des grands rennes, la joyeuse fabrique des lutins, jusqu’à la rencontre du bonhomme en rouge. Attention, au pays du Père Noël cévenol la température est de 14 degrés.

    Du 20 au 24 et du 26 au 30 décembre. 13,40 euros, gratuit pour les moins de 5 ans.

    Montpellier (Hérault)

    La fabuleuse crèche languedocienne

    La crèche languedocienne offre une représentation la plus fidèle possible de la vie dans notre région vers la moitié du XIXe siècle, par des éléments architecturaux typiques, des métiers traditionnels, des costumes de l’époque… Avec près de 250 santons habillés sur 40 m² de décor, ce n’est pas une simple crèche, mais la représentation d’un village de la région montpelliéraine. Costumes et bâtiments sont la réplique de ceux existants à l’époque, des panneaux contigus donnent d’utiles explications sur l’architecture et le mode de vie. Rien n’est oublié : la culture de la vigne et de l’olivier, l’élevage ovin, les petits métiers d’antan, les personnages hauts en couleur de Montpellier, les danses traditionnelles (animées par des mécanismes), les joutes…

    Du 21 décembre au 2 janvier de 14h30 à 18h. Salle Pétrarque. Gratuit.

    Palavas-les-Flots (Hérault)

    Les flots enchantés, des fêtes les pieds dans le sable

    Le boulevard Joffre de Palavas-les-Flots se métamorphose jusqu’au 4 janvier. Véritable lieu magique en bord de mer, il invite petits et grands à vivre la féerie des fêtes à travers des illuminations, des spectacles poétiques (comme celui de la Compagnie Les Enjoliveurs, le 22 décembre à 17h, notre photo), des concerts, des déambulations féeriques, des manèges mais aussi des gourmandises et des produits artisanaux de qualité. Un rendez-vous incontournable pour se plonger dans l’esprit de Noël et partager la chaleur et la convivialité des fêtes de fin d’année. Toutes les déambulations ont lieu dans le village de Noël et dans la rue Saint-Roch. Tous les spectacles fixes se jouent sur la scène au milieu du village de Noël.

    Tous les jours jusqu’au 4 janvier. Gratuit. Programme complet sur le site palavaslesflots.com

    Nîmes (Gard)

    Des mythes heureux au Musée de la romanité

    Les histoires de la mythologie finissent mal, en général ? Pas toujours ! Avec Cupidon, Ariane, ou encore Apollon, pour Noël, le Musée de la romanité à Nîmes propose des visites pour découvrir des mythes à la fin heureuse garantie, tous les jours du 20 décembre au 3 janvier à 15h30.* L’occasion aussi de visiter l’exposition temporaire « Gaulois, mais Romains » autour de laquelle des ateliers sont proposés pendant les fêtes. Notamment pour les plus petits (3 à 5 ans) avec « Paupiette et les Gallo-romains »** où l’on suit les aventures d’une petite laie. Grâce aux œuvres de l’exposition, à des histoires et des activités, Paupiette raconte aux enfants et à leurs parents comment on vivait chez les Gallo-romains.

    *Du 20 décembre au 3 janvier, 15h30. Tarif enfant : 6€, adulte : 12€,, 9€ (réduit), 3€ (adhérent); Durée 1h. **Mercredis 24 et 31 décembre, 10h30. Tarif enfant : 3€ adulte : 9€, 3€ (adhérent) Offre famille (2 adultes + 2 enfants) : 21€. Durée 1h.

  • Un village de Noël pour rompre l’isolement à Marseille

    Un village de Noël pour rompre l’isolement à Marseille

    Entre décors festifs, musique et stands animés : le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) a transformé un futur site d’accueil en véritable Village de Noël. Pensé pour les personnes de plus de 75 ans, non-imposable et résident de la ville de Marseille, le centre associe distribution de colis avec la présence de travailleurs sociaux et un accompagnement numérique.

    Dès l’entrée, les bénéficiaires peuvent échanger avec des conseillers numériques, demander de l’aide pour une démarche en ligne ou l’utilisation d’un smartphone. « Les personnes viennent pour le colis et se rendent compte qu’il existe tout un panel de services », explique un agent.

    Sur place, Corinne, agente à la Ville de Marseille, observe l’effet immédiat du dispositif. « Je peux vous dire que du bien. La déco est magnifique, le personnel adorable, les gens sont contents. ». Pour elle, le colis de Noël – vin, chocolat, cassoulet, pain d’épices ou savon de Marseille – a une valeur symbolique très importante. « Quand vous avez 900 euros et que vous êtes seule, recevoir un colis offert, c’est comme un petit trésor. » Un geste simple mais qui permet de rompre la solitude et de redonner le sourire.

    Pour les organisateurs, cette quatrième édition marque un tournant. « Cette année, on a voulu un vrai village de Noël », explique Charly Demey, conseiller directeur du CCAS. Ce nouveau dispositif laisse place à un lieu vivant et convivial. « Les colis sont un prétexte pour créer du lien et repérer des situations plus complexes », souligne-t-il. Le site accueillera d’ailleurs prochainement une agence de services sociaux du CCAS, et l’opération pourrait être reconduite sur d’autres lieux l’an prochain.

    Un pari réussi

    Vice-présidente du CCAS de Marseille, l’adjointe au maire Audrey Garino (PCF) l’affirme : l’initiative a tenu toutes ces promesses. « C’est un prétexte à l’échange, un moyen pour nous d’aller vers les personnes et de lutter contre l’isolement », rappelle-t-elle, saluant le travail des équipes mobilisées. Elle souligne également qu’à Marseille, près de 50 000 personnes âgées de plus de 60 ans vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Dans une ville où la précarité touche durement les personnes âgées, cette initiative s’inscrit donc dans une démarche plus large du CCAS. De nouvelles agences doivent d’ailleurs ouvrir prochainement dans les 3e et 15e arrondissements. Autant d’actions pour répondre à une précarité souvent silencieuse et recréer du lien, bien au-delà des fêtes de fin d’année.

  • [Un brin d’histoire de Noël] Une fête de l’ère industrielle

    [Un brin d’histoire de Noël] Une fête de l’ère industrielle

    « Jésus donne dit-on aux enfants qui sont sages la nuit de la Noël des bonbons à gogo » énonce une réclame pour le « Noël de bébé » dans Le Petit Marseillais du 25 décembre 1890 qui annonce un « grand bal de famille » orchestré par l’Estudiantina provençale et surtout le « grand souper » du 31 décembre.

    Au XIXe siècle, Noël est encore d’une grande sobriété commerciale. Ce n’est pas encore la débauche mercantile de l’ère consumériste des Trente glorieuses. Mais se met en place le rituel du cadeau de Noël pour les enfants sages et surtout les étrennes qui renvoient à l’antiquité quand les Romains célébraient Strena la déesse de la santé romaine en offrant de la verveine. « Étrenne » un mot qui surgira au XIIe siècle pour signifier le cadeau du nouvel an. Il faut attendre l’essor des grands magasins et surtout leur catalogue de cadeaux pour affirmer la poupée comme le cadeau genrée destinées aux filles. Pour les garçonnets, le petit soldat de plomb forgera leur patriotisme. L’industrialisation va produire le jouet mécanique (locomotive, cheval en fer-blanc) et les animaux en peluche. Recevoir une orange ou une banane est un luxe envié. En revanche, une pomme de terre ou un morceau de charbon vexeront les indisciplinés.

    Les magasins de nouveautés se transforment. Le Printemps, les Nouvelles galeries vont commercialiser le rituel et créer la féérie des vitrines. On passe des bougies aux guirlandes électrifiées. A Paris, le Bon Marché inaugure en 1909 la première vitrine animée de Noël qui cette année là est consacrée à la découverte du pôle Nord. La magie de Noël se répand en province et avec elle l’enchantement des objets manufacturés tombés du ciel lors de la belle nuit de Noël.

    Le sapin de Noël nous vient d’Allemagne mais surtout de la perte existentielle en 1871 de l’Alsace-Lorraine. Le sapin des Vosges décoré devient aussi « un vieux patriote, un fier protestataire » (Le Petit Marseillais du 13 décembre 1894) qui représente pour les Alsaciens Lorrains « le pays d’où ils ont dû émigrer ».

  • Une journée de magie pour petits et grands

    Une journée de magie pour petits et grands

    Bouches-du-Rhône

    Gardanne. Spectacle gratuit « Alice et le miracle de l’hiver » à voir à partir de 4 ans à la Maison du peuple à 18h30. Pour réserver : 04.42.65.77.00

    Allauch. Spectacle familial gratuit à l’espace François-Mitterrand à 11h, « Le père Noël perd son costume » pour les enfants de 3 à 10 ans.

    Cassis. Exposition « Les lutins préparent Noël » aux Salles Voûtées à voir gratuitement de 10h à 13h et de 14h à 18h jusqu’au 4 janvier.

    Var

    Cogolin. Parade et déambulation du père Noël accompagné par Tic & Tac au départ du centre Maurin des Maures dès 16h.

    Sanary-sur-Mer.

    Rendez-vous sur le port

    pour le traditionnel feu

    d’artifice de Noël à partir
    de 19h.

    Le Pradet. Ateliers créatifs, spectacles jeune public et
    arrivée du père Noël à découvrir gratuitement de 15h à 17h
    à l’espace des Arts.

    Vaucluse

    Avignon. Rendez-vous place Pie, des Corps Saints, Carnot et des Carmes pour découvrir le festival des chorales avec 4 groupes de gospel entre 14h30 et 18h30.

    Carpentras. Un personnage tout de bleu vêtu vient à la rencontre du public à la chapelle du Collège pour le parer
    de maquillage et paillettes qui rappellent les merveilles des abysses entre 14h et 18h.

  • [Les illuminations font un carton] La capitale de Provence parée de lumière

    [Les illuminations font un carton] La capitale de Provence parée de lumière

    Difficile de se déplacer dans les rues de la Capitale Provençale, tant la foule était massive. « On ne va jamais réussir à arriver au Cour Mirabeau ! », souriait Jeanne, trois petits sous le bras, alors que le sapin Place de l’Hôtel de Ville venait de s’illuminer sous les yeux de centaines de spectateurs, téléphones brandis pour le premier décompte animé par Sophie Joissains, maire de la Ville et l’équipe municipale. « J’avais prévu les courbatures aux trapèzes ! Bon, les illuminations je connais je viens tous les ans. Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais attendu de venir un jour moins bondé. Mais je crois que les gosses ne me l’auraient pas pardonné… », pointe Régis, sa fille sur les épaules. Il aura fallu suivre une déambulation musicale, avant d’arriver, enfin au pied de la fontaine du Roi René, où, du haut du cours Mirabeau, où la maire s’est adressée à une foule qui n’en finissait plus. 3,2,1…. La Ville est parée de ses lumières jusqu’à la fin des festivités.

    Comme les « grandes » villes

    « Ce qui me chauffe le cœur est de vous voir aussi nombreux, a lancé Sophie Joissains, maire de la Ville, aux spectateurs en nombre. Nous traversons une période un peu compliquée en ce moment. Tout n’est pas tout à fait rose, je dirais presque que tout est morose. Mais nous abordons une belle période, qui est une parenthèse enchantée », lançait Sophie Joissains aux spectateurs. « C’est vrai, c’est nécessaire d’avoir un peu de gaieté en ces temps », souffle Michelle, en premier rang. S’il y a bien quelques protestations dans la foule : peu de places de parkings, monde dense dans ces petites rues, des ventes sur les stands à prix élevés… mais l’esprit des fêtes conquit la majorité des visiteurs. « Ce n’est pas si différent des autres années mais c’est toujours joyeux. Après tout, on ne vient pas pour le protocole, mais on vient pour l’esprit. C’est le seul moment de l’année où on peut être tentés par un peu de douceur, par un peu de gaieté », assure Gisèle. Plus loin, Romy, Olivia et Jade tentent de se frayer une petite vue sur la scène, où le concert gospel emboîte le pas aux discours. « Trop beau ! » lâchent les petites. Derrière elles, Chloé et Anne-Laure, apprécient peut-être moins le spectacle que leurs filles, mais savourent le moment crêpe chez Café Nino, « les lumières et les odeurs de chocolats » et « oui, la Ville a mis le paquet, surtout avant les élections municipales ! » De son côté, la municipalité assure avoir mis autant d’efforts dans les préparatifs que les années précédentes. « On est tombés sur le lancement par hasard, on est venus de Grenoble entre potes, s’amuse Clément. Franchement, ça vaut bien les illuminations des grandes villes ! On ne rate jamais celles de Lyon mais peut-être bien qu’on reviendra l’année prochaine : il fait moins froid et on respire un peu plus niveau monde ! » Les illuminations lancent une longue série d’animations et d’événements. La municipalité le rappelle d’ailleurs : le programme sera chargé, des divers marchés en passant par la Fontaine aux jouets. Jusqu’à la fin décembre, voire début janvier, touristes et locaux pourront retrouver la Foire aux Santons sur l’esplanade Cézanne, différents manèges sur le Cours Mirabeau, les places Général de Gaulle et Jeanne d’Arc, le marché des 13 Desserts jusqu’au Réveillon ou la Grande crèche aixoise à l’Office de Tourisme.

  • La guirlande 100% provençale, un projet phare

    La guirlande 100% provençale, un projet phare

    Un Noël sans guirlandes qui font briller le sapin du salon ou les rues de nos villes, c’est difficile à imaginer. Et désormais, depuis octobre 2025, il est possible que ces artifices lumineux soient fabriqués en France, et même au pied du Mont Ventoux, dans les ateliers de Blachère Illumination.

    Un produit technologique fabriqué pour l’heure à 2 000 exemplaires et destiné seulement à un usage professionnel, et donc qui n’est encore pas en vente aux particuliers.

    La guirlande est produite entièrement dans la capitale du Luberon et conditionné en partenariat avec un établissement et service d’aide par le travail (Esat) de la commune, ce qui, pour le fabricant, « renforce l’écosystème industriel local autour d’Apt » et « renforce le circuit court ».

    Le directeur général de la firme, Johan Hugues, clame qu’avec cette avancée, l’entreprise aptésienne démontre « qu’il est possible d’allier en France excellence industrielle, innovation et compétitivité », et ce « au service de la magie des fêtes et des besoins concrets des collectivités ». Avec la création de ce nouveau produit, le souhait de l’entreprise est de « s’inscrire plus largement dans une vision de long terme ».

    Recherche et développement

    Le cap est fixé : « L’ambition est de développer une gamme plus large » de guirlandes fabriquées dans l’Hexagone, « renforçant ainsi notre contribution à l’industrie nationale », poursuit le directeur.

    Cette guirlande 100% provençale a été conçue par l’équipe recherche et développement de Blachère. Dans un bâtiment aux vitres teintées et un peu isolé des autres, huit salariés sont à l’écoute de Benjamin Debat, responsable R&D. Celui-ci confirme qu’effectivement, le travail sur les améliorations du produit « est en cours ». La discrétion reste de mise.

    Cette nouvelle guirlande est le fruit des 50 ans d’expérience de Blachère en la matière. Avec l’impression 3D maison de certains composants, fabriqués à l’aide des machines de l’atelier print, dont la mise en place a commencé en 2016. Ou encore l’utilisation de LED à faible consommation, généralisée dès 2002 par l’entreprise.

    Ce qui « répond par ailleurs aux enjeux d’économie d’énergie, dans la droite ligne des engagements de Blachère sur ce sujet depuis plusieurs années », assure le fabricant, qui se targue de l’avoir fait tout en gardant « un prix compétitif » et en étant conforme aux normes et réglementations en vigueur.

    Détails et vidéo sur blachere-illumination.com

  • De l’emploi local et un rayonnement mondial

    De l’emploi local et un rayonnement mondial

    Paris, Londres, New York et bien sûr Apt, en passant par Marseille, Nice, Toulouse… L’entreprise vauclusienne Blachère Illumination s’est taillé une réputation et des parts de marché lumineux dans le domaine des éclairages festifs sur toute la planète. Selon l’organisation Business Research Insights, spécialiste dans le conseil aux entreprises, le marché des illuminations de Noël devrait atteindre 10 milliards d’euros contre 7,3 milliards prévus en 2026.

    Magie de Noël

    De quoi conforter Blachère dans sa quête de toujours mieux se développer.

    La magie de Noël dans nos villes doit beaucoup à son savoir-faire et sa créativité renouvelée. Ses ateliers sont installés dans la capitale des fruits confits depuis plus d’un demi-siècle et sa croissance place Blachère parmi les leaders mondiaux de ce secteur en pleine expansion.

    Fait remarquable, cette industrie cultive la haute technologie au cœur du Luberon grâce à des investissements dans des outils uniques au monde comme des imprimantes 3D colossales. Une dimension technique au service du plaisir des yeux et de l’enchantement des espaces urbains et ruraux. Blachère a su s’implanter durablement, via ses 28 filiales dans le monde et possède aujourd’hui 5 ateliers de production. Le cœur de l’entreprise est ancré en Vaucluse et permet de développer l’emploi local et maintenir cette industrie dans un département qui ne peut pas uniquement miser son avenir sur le tourisme estival et fortement besoin d’emplois. Blachère démontre que l’on peut rayonner mondialement sans renier ses origines.

  • Blachère, le roi des illuminations festives

    Blachère, le roi des illuminations festives

    Des zones « sensibles » ou « interdites d’accès » pour risque « d’espionnage industriel », on pourrait croire qu’on entre dans une base militaire ou un site nucléaire. Mais rien de tout ça à Apt : guirlandes et autres oursons et pères Noël illuminés et disséminés le long de la route dévoilent le pot aux roses. C’est l’entrée de Blachère Illumination, fleuron français et même mondial des illuminations de Noël, mais pas seulement.

    L’entreprise, fondée en 1973 par Jean-Paul Blachère en Vaucluse à Apt, capitale du Luberon, au sein de sa maison autour de laquelle s’est construit le désormais géant de l’illumination, éclaire aujourd’hui les plus belles avenues du monde. À commencer évidemment par les Champs-Élysées, véritable fierté pour tous les employés du site. Sans oublier d’autres axes et lieux phares des grandes et moins grandes villes françaises, comme la promenade des Anglais à Nice ou le Vieux-Port de Marseille. Mais aussi à l’international, avec par exemple les illuminations sur la 5e avenue de New York, du centre commercial The Palm à Dubaï ou encore du palace le Mandarin Oriental à Londres. En tout et pour tout, les illuminations issues des 28 filiales de Blachère se retrouvent dans 1 000 villes de 80 pays.

    Hiver comme été

    Et souvent, les décors sont personnalisés en créant « un projet unique, une scénographie », détaille Julie Taton, directrice artistique de l’entreprise. Les collectivités ont ainsi le choix de prendre des produits du catalogue, mais aussi de faire le choix du sur-mesure.

    Volontaire sur l’innovation, les avancées et investissements de ces dix dernières années ont également permis à Blachère Illumination d’être présent dans nos communes à d’autres périodes que celle des fêtes. Les décorations multicolores de l’Été Marseillais, qui ont enjolivé, entre autres, l’ombrière du Vieux-Port, ont par exemple été réalisées dans la capitale du Luberon.

    Des imprimantes 3D

    les plus grandes du monde

    Et précisément dans un grand local bien précis, « l’atelier print », comme on l’appelle sur place. En son sein tournent, en haute saison, soit les mois qui précèdent la période des fêtes, presque 24 heures sur 24, les sept imprimantes-robots 3D de presque 3 mètres de haut. « Des comme ça, il n’y en a que trois dans le reste du monde, et c’est tout », lance fièrement Franck Le Briquer, responsable de l’atelier print. En cette mi-décembre, seuls deux bras robotiques sont en marche en milieu de matinée. Des ornements dorés, destinés à décorer, sont réalisés à la chaîne en environ une dizaine de minutes par pièce d’un mètre de long.

    Et le tout à l’aide d’un plastique issu de bouteilles recyclées. Depuis la mise en place de ce système en 2016, plus de 4 millions de bouteilles ont été transformées en décors. Des installations « top secrètes », nous glisse-t-on, tout en nous enjoignant de ne pas les prendre en photo, par risque, comme évoqué précédemment, de copier le procédé, et donc de perdre l’avantage technologique sur la concurrence.

    Une grosse partie de l’espace occupé sert à recevoir les décors. Dans ce grand hangar, les employés, une douzaine en ce début de mois de décembre, car « ce sont les derniers à envoyer », glisse une « câbleuse », comme on les surnomme, s’activent à enrouler et dérouler des rennes et des ours polaires de dizaines de mètres de fils lumineux. « Ils sont testés et réparés un par un, à la main, avec minutie, selon des critères de réparation et de révision très pointilleux », assure-t-on du côté de la direction de Blachère Illumination. Magique !

    REPERES

    4 000 000

    de bouteilles plastiques transformées en décors

    35 000

    décors révisés chaque année au sein de l’entreprise

  • La féerie de Noël enchante le centre-ville de Marseille

    La féerie de Noël enchante le centre-ville de Marseille

    En ce premier week-end de vacances scolaires, c’est un véritable parcours d’animations, de découverte et d’émerveillement qui attend les familles, à Marseille.

    Pour ajouter de la magie et de la joie à toutes les animations et activités qui ont déjà commencé dans la ville, le Village des enfants se délocalise pour la toute première fois et sera présent, samedi et dimanche entre 10h et 19h, sur la place de l’Opéra, mais aussi sur la place Castellane avec des animations, des ateliers de Noël, des stands de maquillage ou encore des bulles enchantées pour le plaisir des plus jeunes.

    Mapping et animations

    Le tout dans un centre-ville piétonnisé pour l’occasion qui vous permettra de flâner, de profiter des décorations, mais aussi de réaliser vos derniers achats.

    Pour la découverte, c’est au départ de l’office de tourisme que vous pourrez profiter d’une balade typique et pittoresque dans les rues de la ville, vêtue de ses plus beaux habits de lumières. Entre tradition du blé, les 13 desserts ou encore la crèche et ses santons provençaux, embarquez dans une visite guidée gratuite, samedi entre 15h et 18h, qui sent bon les fêtes de fin d’année.

    Si vous êtes plutôt des aventuriers solitaires, c’est tout un parcours lumineux qui vous est proposé depuis le Vieux-Port jusqu’à la place Castellane, en passant par l’Opéra et la fontaine Félix-Barret (préfecture), où les façades des bâtiments et les fontaines seront mis en lumière et en musique dès 17h samedi et jusqu’au lendemain 22h.

    Le ciel illuminé

    Du côté de l’Hôtel de ville, un mapping émerveillera petits et grands à partir de 18h samedi, avec des projections lumineuses sur la façades et des animations musicales en préambule du grand spectacle.

    D’ailleurs, à quelques pas de là, non loin de l’Ombrière, le concert Gospel Philarmonic Experience réunira près de 40 chanteurs qui offriront aux visiteurs un récital de chorale et de musique live, où classique et gospel se rencontreront sous la baguette du chef d’orchestre Pascal Horecka samedi dès 18h30. Et, pour couronner le tout, c’est un spectacle de drones et un feu d’artifice inédit qui illumineront le ciel à 19h45.

  • [Le feuilleton] Autobiographie d’un menteur

    [Le feuilleton] Autobiographie d’un menteur

    Pierre Dharréville est journaliste et écrivain, auteur d’essais mais aussi des fictions comme En l’absence de Monsieur J ou L’enlumineur. Il est également connu pour son engagement politique en tant qu’élu communiste sur notre territoire et notamment comme député de la 13e circonscription.

    Pour ces périodes de fêtes, La Marseillaise vous propose Autobiographie d’un menteur, un texte inédit situé dans le milieu journalistique. Une fable romanesque à retrouver chaque jour de la semaine jusqu’à la fin des vacances.

    Ses costumes tirés à quatre épingles ne mentaient pas : il était l’un des éditorialistes à la mode quoiqu’il se passe. Bavard comme un patron de bistrot, il était l’homme de l’éclairage à chaud, il tirait l’épée avec prestance sur tout et n’importe quoi.

    — Alors ? De quoi s’agit-il ?, fit Patrice Quiniond qui s’impatientait.

    François Chotard venait de remercier sans crier gare l’un de ses proches conseillers — et l’une de leurs sources les plus prolixes. Pourtant, la veille encore, les deux hommes avaient passé ensemble le dimanche à la campagne et Chotard lui avait sorti le grand jeu, avec cigares artisanaux et whisky de son année de naissance. Le baiser de Judas. La veille il le faisait prince, le lendemain, il n’était plus qu’un gueux. C’était la fable du pouvoir.

    — Les tensions se multiplient, remarqua Jules Frimat.

    — Et ce n’est pas sans lien avec les bruits de remaniement ministériel à la rentrée, poursuivit Justine Paintendre.

    — Ça ne suffira pas à donner une nouvelle virginité à la majorité.

    La politique du gouvernement commençait à provoquer quelques secousses, mais le Président du Conseil semblait tenir bon.

    — Il a été bon hier, il a marqué des points, pérora Jules Frimat en hochant la tête d’un air satisfait.

    Ils échangèrent quelques impressions à leur façon sur l’état de l’opinion, qui valaient pour ce qu’ils en croyaient savoir depuis les couloirs des rédactions et des institutions. Leur petite organisation clandestine leur permettait de passer des moments privilégiés avec des personnalités qu’ils cuisinaient à l’heure du déjeuner. Mieux valait y être invité et s’y trouver en odeur de sainteté car les mousquetaires du commentaire avaient les moyens à eux seuls de donner le ton. La passion des histoires bien troussées, le sens de la performance et le goût du pronostic, voilà pourquoi les journalistes sportifs terminent souvent à la direction des journaux. En politique aussi, il fallait savoir commenter le match, décortiquer la technique et donner le vainqueur… Ainsi, ce n’était pas le hasard, n’en déplaise à Patrice Quiniond, si Jean-Michel Barnard, avait longtemps traîné dans les tribunes des stades – sans que cela, visiblement, ne lui confère pour autant le sens des réalités populaires…

    Car qu’est-ce que la politique, de toute éternité, si ce n’est l’art de la guerre ?, aurait-il pu écrire dans un éditorial de son genre. Le sport n’en est-il pas à merveille l’allégorie présentable ? Et l’arbitre est un élément du jeu, n’est-ce pas ?

    C’était la belle histoire qu’il fallait raconter, avec ses drames et ses déchéances, ses stars et ses anonymes. Il fallait du grand récit, de belles images, de jolis sons. Il fallait du bon produit, en somme.

    Michel Chanaleilles était le plus prudent et il avait sans doute raison.

    — Il y a eu quelques à-coups un peu trop brutaux, qui ont donné du grain à moudre aux conservatismes sociaux. N’oublions pas que ce sont des réformes dont le commun des mortels ne saisit pas toujours le caractère urgent et indispensable. Les impatiences inutiles du pouvoir auraient pu attenter à la stabilité du pays, qui est si indispensable à la santé des affaires.

    — Il me semble qu’on se trouve désormais en présence d’une stratégie plus intelligente et qui pourtant ne remet pas en cause le rythme des réformes structurelles, tempéra Jules Frimat. Pour le reste, c’est à nous d’éclairer l’opinion et de faire notre travail. Les médias mainstream doivent balayer devant leur porte…

    De l’avis général (celui des quatre protagonistes réunis), il fallait tenir le cap des réformes nécessaires : c’était essentiel à maintenir la compétitivité de l’économie nationale, la productivité et la croissance. Par conséquent, il ne fallait rien céder aux corporatismes de tous poils et aux « archaïsmes frileux d’une poignée d’irréductibles gaulois dépourvus de potion magique », selon la formule de Jules Frimat. Il fallait gagner le découragement définitif de tous ces communistes plus ou moins avoués. Tous avaient conscience du rôle de leurs médias dans le façonnage de l’opinion. Depuis plusieurs, décennies, peu ou prou, le pays était engagé sur les rails du libéralisme, en dépit des changements de majorité, et il fallait toujours convaincre si l’on ne voulait pas voir ce mouvement contrarié. Le G4 se vivait comme l’un des chevaux de trait, quel que soit l’attelage, de ce courant principal qui imprimait sa marque à l’opinion et surtout aux choix politiques. Il fallait avancer au bon rythme, sans précipitation, mais avec une audace raisonnable.

    Patrice Quiniond se retira à l’écart pour répondre au téléphone, gonflant ses poumons d’un air important, l’air de celui qui est un peu indispensable et qu’on appelle en urgence. Sa grand-mère lui avait pourtant répété maintes fois que les cimetières étaient remplis de deux catégories de personnes : les gens pressés et les gens indispensables. Cela lui faisait deux raisons de trop. Mais, ah les montées d’adrénaline !

    Patrice Quiniond s’installa sur une banquette en velours vert, au milieu de la salle des Fresques, ouvrit précautionneusement son calepin décati pour vérifier sa disponibilité et prit rendez-vous pour le déjeuner au Cadran.

    Dans la vieille ville de Siège, le Cadran était l’une des cantines renommées où se croisaient les gens d’importance pour régler quelques affaires agréablement. Il donnait sur la place de l’Horloge, coincé entre une banque et un hôtel à étoiles. Ses lourdes tentures pourpres, à l’entrée, lui conféraient l’apparence d’un lieu qui sait abriter les mystères. C’était une illusion.

    François Chotard était attablé au premier étage. La place s’ouvrait sur la rive droite de la Celline, qui coupait la ville en deux comme un ruban de soie tombé du ciel. Par la fenêtre, de l’autre côté du Pont d’Or, qui devait son nom à la couleur typique mais un peu surcotée de ses pierres, il apercevait les toits enchevêtrés du Parlement et la poussière grise de la ville.

    Le petit blanc des coteaux de La Redonne était agréable.

    Patrice Quiniond rangea son magnéto et son stylo, signifiant ainsi à son interlocuteur que la conversation pouvait changer de ton. Elle pouvait même commencer vraiment.

    — Vous êtes incorrigibles, vous voulez toujours tout savoir avant tout le monde… lança Chotard avec gourmandise.

    — Je suis payé pour ça, fit Quiniond.

    — C’est vrai ! s’exclama-t-il. Vous êtes payés pour me faire parler, et moi pour ne pas trop vous en dire.

    — Je ne suis pas difficile, quelques noms me suffiraient… C’est off !

    — Vous aimez ça, la confidence anonyme…

    — Vous aussi.

    — Je ne peux pas te laisser repartir bredouille, tu aurais des problèmes et tu m’en voudrais…

    — Exactement…

    L’un et l’autre se souriaient en coin dans une sorte de complicité méfiante où l’on avait tôt fait de se découvrir en oubliant que chacun devrait par la force des choses retourner à sa fonction. Quiniond se régalait insatiablement de ces conversations courtoises, à demi-mot, sur terrain instable. Il tutoyait le ciel, et le ciel lui répondait.

    — Ils parlent de Rousson aux affaires étrangères. Quand on sait qu’il se perd dans sa circonscription ça ne rassure pas… hoqueta le ministre.

    — Et toi ?

    — J’attends… fit-il en brandissant son téléphone et en souriant mystérieusement.

    Quiniond l’avait ausculté avec précaution, tandis que l’autre savourait son assiette de Saint-Jacques accompagnées de leur purée de pommes de terre à l’ail et au gingembre. Ils étaient là, tous les deux, avec leurs mimiques complices, dissertant sur l’art de la guerre et pratiquant l’art de la guéguerre. En sortant du Cadran, Quiniond appela l’attachée de presse de Rousson et le sonda sur ses intentions. La première réaction fut un silence, qu’il devina gêné. Question ou réponse, tous deux parlaient la même langue, la langue de bois : pour l’instant, son patron se consacrait à sa tâche, il avait entendu parler d’un remaniement uniquement par la presse et son seul but était d’être utile.

    — Et si on lui proposait les affaires étrangères, il ne dirait pas « non », j’imagine ?

    — Il n’a pas l’habitude de se défiler, lâcha l’attachée de presse avec un brin d’agacement, que voulait-on qu’il réponde…

    Quiniond était satisfait. Il tenait son scoop et l’on entendrait son nom dans les revues de presse du lendemain.

    La comédie du pouvoir l’amusait. Une comédie de boulevard dont il se faisait le metteur en scène goguenard, revendiquant un rôle de salubrité publique.

    Un coup de bigophone à Jean-Michel Barnard pour l’en informer et l’homme d’influence s’enferma à clef – le privilège des chefs – pour se mettre à écrire, la plume légère, le sourire aux lèvres. Et la clope aussi.

    *

    Titre

    Remaniement gagnant pour Rousson ?

    Sous-titre

    Les rumeurs de remaniement ministériel se précisent. François Chotard pourrait aussi bénéficier d’une promotion.

    Texte

    Ils ne quittent plus leur téléphone. Ministres et prétendants attendent l’appel du Président et espèrent tous la meilleure promotion. Parmi les rumeurs, il se dit qu’une personnalité inattendue pourrait venir apporter sa caution à l’opération de rénovation. Les étoiles montantes du gouvernement comme François Chotard, pourraient y gagner quelques galons. En tout état de cause, la campagne est désormais entamée pour ceux qui veulent postuler. À chacun sa méthode…

    Jacques Rousson, par exemple, est déjà dans les starting-blocks. Ses appétits de jeune loup aux dents longues font grimacer au sein de sa propre formation politique. Mais si on lui demandait d’être ministre des affaires étrangères, il ne dirait pas « non », fait-on savoir dans son entourage. Cette éventualité ne convainc cependant pas tout le monde. « Il se perd déjà dans sa circonscription d’origine », ironise un membre du gouvernement circonspect.

    Il est vrai que Jacques Rousson ne s’est jamais distingué sur les questions diplomatiques. Dans son parcours, il a plutôt fait preuve d’un sens aigu de la provocation, dont on peut se demander s’il est bien recommandable pour cette fonction. Mais il a tenté de corriger le tir, avec les conseils la présentatrice de télévision Eva Lombardi, qui ne serait pas pour rien dans ses récents voyages à l’étranger. Mais sera-ce suffisant ? Voire.

    Signature

    Pa.Q.

    *

    Et hop ! Emballer, c’était peser. Patrice Quiniond envoya son papier en cuisine. Puis il s’assura qu’une grande photographie savamment choisie barrerait la page. On y voyait Rousson, seul sur une estrade avant le début d’un meeting, la main en visière pour se protéger des spots.

    Pendant ce temps, Charvin se faisait les griffes sur le marronnier, ressassant le dicton « qui s’y frotte s’y pique ». Après son scoop, son éminence Paq pouvait être bon prince. Il lui rendit une petite visite agrémentée de quelques renseignements glanés au passage sur les vacances de François Chotard, savait-on jamais. À la montagne. Famille, randonnée, polars. On n’était pas obligé de le croire. Mais il avait fini par gagner : il informa Charvin qu’il avait un peu plus de temps pour aller à la pêche aux informations, puisque le sujet était reporté. C’est ça l’info, coco, faut s’adapter…

    La rédaction était vide. À dix heures du matin, il n’y avait pas encore grand monde. Grégoire Charvin posa son sac à dos sur son bureau, alluma l’ordinateur et se plongea dans L’Impertinent du jour. Toujours lire son propre journal pour savoir ce qu’il raconte aux lecteurs. Règle de Saint-Quiniond.

    L’aspirant journaliste fut quand même un peu étonné de découvrir une si longue interview, alors qu’il n’en avait même pas été question lors de la réunion de la veille… « La méthode Chotard » : le titre s’étalait à la une, sous la photographie du ministre, qui posait de trois-quarts, la veste sur l’épaule, la main plongée dans la poche de son pantalon, et un sourire d’animateur de supermarché scotché sur les lèvres. En pages intérieures, on voyait François Chotard, accroupi dans l’allée d’un parc, en train de tailler une bavette avec Jeanne, la super-voisine. Grégoire Charvin s’était relu avec un brin de contentement : il avait réalisé un article en urgence pour servir de faire valoir à celui de Quiniond, de contre-point, de contre-chant, d’illustration, tout ce qu’on voudra… Il n’avait rien laissé paraître ni de son agacement ni de son affolement. Il avait essayé de se passionner. Il avait rappelé la super-voisine.

    — Alors, Jeanne, cette première journée de super-voisine, c’était comment ?

    — Super, s’amusa-t-elle. Je l’ai passée dans les magasins. Ma mère et ma grand-mère voulaient me faire plaisir et elles ne savaient pas quoi m’acheter comme cadeau. J’ai proposé un cadeau utile : une pelisse de mi-saison pour remplacer mon vieil imperméable.

    — Vous avez cassé la tire-lire ?

    Grégoire Charvin se trouvait lui-même fascinant de mièvrerie…

    — Non, je leur ai demandé si ce n’était pas trop cher et elles m’ont répondu que j’étais trop raisonnable…

    — Il semble que la super-voisine n’a pas pris la super-grosse-tête, c’est rassurant. Je fais un petit article sur François Chotard, je crois que vous le connaissez bien…

    — Monsieur Chotard est souvent venu me voir : il est simple et proche des gens. Si moi je suis super voisine, lui, c’est un super ministre, c’est quand même autre chose…

    C’est ainsi que Grégoire Charvin avait pu livrer un article assez irréprochable, à ceci près qu’il avait employé le mot « turpitudes » en lieu et place du mot « turbulences » pour qualifier l’histoire familiale de la « péquélette », comme disait la grand-mère. De prime abord, il avait simplement pensé se livrer à une coquetterie de style en choisissant ce mot moins usité, mais le doute l’assaillait désormais. Il vérifia immédiatement. Les deux termes n’étaient pas synonymes, sinon, il n’y en aurait pas eu deux et en l’employant, il laissait à penser qu’il y avait quelque honte à ressentir de leur passé. Il n’avait plus qu’à se morfondre de cette erreur grossière, sa première. Il pouvait désormais éprouver lui-même le sens de ce mot qu’il avait cru connaître. Pourquoi s’était-il laissé entraîner à choisir ce mot plutôt que l’autre ? Qu’allaient donc penser tous ceux et celles qui mettraient le doigt sur sa méprise, à commencer par les premiers concernés ?

    Il s’en voulait d’autant plus qu’il s’était glissé avec application dans le moule, respectant avec académisme les canons de la profession, depuis l’attaque jusqu’à la chute. Mais là, il fallait reconnaître qu’il avait un peu trop pris la confiance, et il jugea nécessaire de s’en ouvrir au grand Quiniond à son arrivée.

    — Un journaliste doit s’attacher à dire la réalité avec précision. Pas plus, pas moins, lui rappela-t-il dans un haussement d’épaules. Il n’est pas là pour faire de la décoration florale.

    — On ne pourrait pas faire un rectificatif ? s’empourpra-t-il.

    Quiniond éclata de rire, aspira une lippée de café et tira sur sa cigarette avant de répondre.

    — Si on faisait un rectificatif à chaque fois qu’on écrit une connerie, le journal en serait rempli jusqu’aux oreilles… Et le degré de confiance de nos lecteurs baisserait de jour en jour, ajouta-t-il avec cynisme.

    — Ce n’est pas ma conception des choses, laissa filtrer Charvin.

    — Tu as encore beaucoup à apprendre. Il fallait y penser hier.

    C’était cruel.

    Charvin était très énervé contre Jalès, son double, c’était pratique. Il en avait aussi contre Quiniond qui ne voulait pas faire droit à sa demande : qu’est-ce que ça pouvait bien lui coûter ?

    — Ta faute ne vaut pas une demi-ligne dans le journal de demain, tu m’entends, petit ? Le journal, c’est fait pour emballer les poissons !, s’exclama le chef pour clore la discussion.

    Au bout du compte, il ne sût pas dire si ces sentences métalliques étaient faites pour lui donner une leçon empreinte de la plus grande sévérité ou bien pour le réconforter. Sous ses dehors d’ours sauvage, Quiniond n’avait peut-être pas renoncé à être un bon maître…

    Car, faut-il le spécifier, Patrice Quiniond n’avait pas toujours été ce personnage distant et intrigant. Tout un pan de lui s’était précisé, tout un pan de lui s’était estompé. Les circonstances l’avaient conduit à accentuer les traits qui lui étaient utiles et qui le faisaient reconnaître, car c’est le propre des personnages publics que de se caricaturer. Ils finissent par faire ce qu’on attend d’eux, par se laisser aller à ce qui leur a permis de se singulariser. Peu à peu, ils se libèrent des inhibitions, des préventions et de la pudeur qui les retiennent. Manière de se protéger, manière d’exister. Manière de se perdre, aussi. Manière d’évacuer la complexité de soi, la finesse, le doute, l’humilité, la fragilité des relations humaines. Manière de météore.