Tag: Nîmes

  • Créer une culture nîmoise vivante…

    Créer une culture nîmoise vivante…

    Fondateur du Triptyk Théâtre, metteur en scène et figure reconnue du paysage culturel nîmois, Denis Lanoy ne conçoit pas la culture comme un supplément d’âme ni comme une variable d’ajustement budgétaire. Elle est le socle même de l’action politique. Engagé de longue date aux côtés de Vincent Bouget, Leader de la liste municipale Nîmes en commun rassemblant la gauche sociale et écologiste, communiste convaincuil défend au sein de Nîmes en commun une ambition culturelle claire et assumée : « Il n’y a pas de réflexion politique sans réflexion culturelle ».

    Dans un contexte de désengagement massif de l’État et de fragilisation du monde artistique, la situation nîmoise apparaît, à ses yeux, préoccupante. « La culture est souvent le premier domaine, avec le sport, où les aides publiques sont retirées », constate-t-il. À Nîmes, le diagnostic est sans appel : l’absence de politique culturelle clairement définie par la municipalité actuelle. « Il n’y a pas aujourd’hui de politique publique de la culture à Nîmes. C’est cela qu’il faut remettre en question. » Cette carence a des conséquences concrètes : précarisation des associations, fragilité des artistes, manque de lisibilité pour les pratiques amateurs comme professionnelles, et une politique éducative artistique jugée trop timide. Pour Denis Lanoy, une politique culturelle digne de ce nom doit embrasser l’ensemble de ces dimensions : soutien à la création, éducation artistique, accès aux savoirs, reconnaissance du patrimoine dans toutes ses strates.

    Doubler la capacité d’accueil du conservatoire

    Car c’est aussi là que se joue une autre critique majeure : la réduction de Nîmes à une « ville-musée », tournée presque exclusivement vers sa romanité et son attractivité touristique. « On ne peut pas réduire Nîmes à une carte postale », insiste-t-il, rappelant la richesse de l’histoire médiévale, moderne et contemporaine de la ville, trop souvent reléguée au second plan. Du menhir de Courbessac aux fresques du XIXe siècle de l’église Saint-Paul, en passant par le patrimoine du XXe siècle, c’est toute une mémoire urbaine que Nîmes en commun souhaite réinvestir avec et pour les habitants.

    Le metteur en scène va plus loin : « Nîmes est un carrefour méditerranéen. Elle reçoit des influences venues du sud, de l’est, de l’ouest, et les transforme. Ce n’est pas une identité figée, c’est une richesse faite de circulations, de croisements et de métissages ». Une vision en rupture avec les discours identitaires, qu’il associe aux logiques de repli et aux offensives de l’extrême droite contre le savoir, la recherche et la liberté d’expression. Défendre une culture ouverte, plurielle, traversée par les contradictions, devient alors un véritable rempart démocratique. « La culture, ce n’est pas pour me sentir seulement Nîmois, c’est pour me sentir un être humain », résume-t-il.

    Cette ambition culturelle repose sur une méthode claire : la concertation. Avec la création d’un office culturel municipal, Nîmes en commun entend bâtir une politique coconstruite avec les acteurs et les habitants, afin de « mettre les expériences, les envies et les projets en commun ». Fondée sur la confiance accordée aux artistes, cette vision se cristallise dans un dossier emblématique, celui du conservatoire : face à un projet municipal qui organise le rétrécissement, le collectif défend un nouvel équipement capable de doubler sa capacité d’accueil et de viser un conservatoire à rayonnement régional. Une « cité de la musique » pensée pour le long terme, qui tranche avec la logique de vitrine et d’austérité, et affirme un choix politique clair : faire de la culture un service public essentiel, au cœur du projet démocratique nîmois.

  • Les propositions de Nîmes en commun

    Les propositions de Nîmes en commun

    À un mois des élections municipales, Nîmes en commun affiche une ambition culturelle structurante, pensée comme un levier de cohésion sociale. Le programme défendu par le collectif repose sur une idée centrale : replacer la culture au cœur de l’action publique. Première mesure phare : la création d’un office culturel municipal, conçu comme un lieu permanent de dialogue entre la Ville, les institutions culturelles, les associations et les artistes. Objectif : coconstruire la politique culturelle, partager les moyens et définir collectivement les priorités à l’échelle communale et intercommunale.

    Faire culture commune

    Autre axe majeur : le soutien durable à la création. Nîmes en commun propose de généraliser les conventions pluriannuelles avec les acteurs culturels afin de sortir de la logique du projet par projet. Une manière d’instaurer un rapport de confiance, de sécuriser l’emploi artistique et d’assurer une offre culturelle continue pour les habitants. Le collectif défend également la gratuité intégrale des bibliothèques, couplée à un soutien renforcé aux librairies indépendantes et aux maisons d’édition locales. Cette politique s’inscrit dans un projet plus large : faire de Nîmes une véritable Cité du livre, en lien avec l’université, la formation et l’éducation artistique.

    Sur le plan des équipements, Nîmes en commun entend revoir en profondeur le projet de conservatoire, jugé sous-dimensionné. Le collectif plaide pour un nouvel établissement, capable d’accueillir davantage d’élèves et de viser le label de conservatoire à rayonnement régional. Enfin, le programme met l’accent sur le patrimoine, envisagé autrement que sous l’angle touristique, et sur la création de tiers-lieux culturels, les « places communes », ancrés dans les quartiers, co-gérés et ouverts à toutes les pratiques. Ces propositions seront au cœur de la réunion publique organisée dimanche 22 février à 15 heures, à l’auditorium du centre Pablo-Neruda, à Nîmes. Un temps d’échange est prévu avec les habitants pour débattre de l’avenir culturel de la ville qui sera précédé d’un moment musical.

  • L’affaire des stades nîmois révèle la dérive des droites

    L’affaire des stades nîmois révèle la dérive des droites

    Salle comble, hommages, puis retour brutal au réel : pour le dernier conseil municipal de Jean-Paul Fournier, samedi, le feuilleton des stades a englouti l’émotion. Au cœur des échanges, la Ville a acté le rachat du stade provisoire des Antonins et du centre d’entraînement de la Bastide, pour près de 9,50 M au prix des Domaines. Une opération présentée par la majorité comme vitale pour « sauver le club », et devenue, à un mois des municipales, un marqueur politique explosif.

    Dans l’hémicycle, Vincent Bouget (Nîmes citoyenne à gauche) a choisi de ne pas prendre part au vote, mais pas de se taire. Il a rappelé ce qu’il décrit comme la facture d’une séquence entamée par la vente des Costières à Rani Assaf : « Voici donc l’addition, la douloureuse : 9,5 ME. C’est le prix du départ de Rani Assaf, le prix des erreurs accumulées, le prix que les Nîmois doivent payer. » Et de dénoncer un achat « contraint » : un stade « conçu comme provisoire, sans parkings, difficile d’accès », à l’issue incertaine au-delà de 2032. Sur la Bastide, il épingle une mécanique à rebours : des équipements déjà financés par la collectivité, revendus puis rachetés plus cher. À ses yeux, l’affaire dit moins une stratégie qu’une perte de maîtrise : « Sortir le chéquier des Nîmois n’est pas une stratégie. »

    Indignation sur commande

    La droite nîmoise, elle, tente de retourner l’argument. Franck Proust, premier adjoint et candidat LR-UDI-Horizons, assume une ligne : l’achat « se débarrasse » d’Assaf et dote la ville d’un stade réutilisable « pour tous les clubs », dans une ville qui « manque de terrains, de gymnases ». Dans la campagne, il promet désormais un référendum sur l’avenir des Costières, dès 2027 : « Je vais demander aux Nîmois de choisir », tout en affirmant « ne pas occulter l’avenir des Costières ». Problème : pour l’opposition, ce volontarisme tardif ressemble à une reconquête narrative, afin de faire oublier que la majorité a longtemps porté le dossier avant de le subir.

    Le conseil a surtout mis à nu l’état de décomposition des droites locales. Julien Plantier, ancien premier adjoint devenu rival, annonce l’abstention de son groupe et attaque : « Ne cédez pas au chantage de Rani Assaf, ne gaspillez pas l’argent des Nîmois. » Dans le même souffle, il dit « assumer pleinement » les décisions de l’époque. Plantier propose sa propre sortie par le haut : rénover les Costières (trois tribunes, pôle économique ou médical côté ouest), quand Proust défend les quatre tribunes ou ouvre la porte à la démolition/reconstruction. Même diagnostic : le dossier est devenu un boulet, mais rivalités, calendriers et montages opposés. La droite sortante se contredit en direct.

    Dans cette crise, le RN avance en terrain découvert. Au conseil municipal, ses élus ont soutenu certaines délibérations mais calculent pour capitaliser sur la colère fiscale et le ressentiment. Dans la campagne, sa tête de liste Julien Sanchez, parachuté à Nîmes, se présente comme le « meilleur candidat » parce qu’il a « déjà dirigé une ville », et martèle en substance que le RN « gouvernera Nîmes, et demain la France ». Une fanfaronnade qui prospère sur un décor familier : droite éclatée, succession mal verrouillée, affaire des stades transformée en symbole de fin de règne. Reste une question, au-delà des tribunes et des plans 3D : qui paiera l’addition politique d’un dossier où ceux qui prétendent « réparer » sont aussi ceux qui ont allumé l’incendie ?

  • Faire une « ville à hauteur d’enfant »

    Faire une « ville à hauteur d’enfant »

    Mettre « l’enfant au centre » : la formule est devenue un axe de campagne pour Nîmes en commun, qui décline une série de propositions allant de la petite enfance à l’adolescence, avec une idée directrice : une ville pensée pour les plus jeunes est aussi plus vivable pour tous.

    Côté petite enfance, la liste annonce le développement des structures d’accueil et l’élargissement des horaires, un accès facilité aux modes de garde et des aides municipales ciblées, notamment pour les familles monoparentales. Sur le pouvoir d’achat des familles, le collectif met en avant la gratuité des transports pour les moins de 25 ans, la gratuité des bibliothèques, et la mise en place d’un séjour vacances dès l’été 2026.

    Le cœur du volet école repose sur un plan d’urgence d’adaptation climatique et de rénovation pour les 83 écoles, complété par la renaturation des cours et un projet éducatif territorial renforcé : tutorat, accès au sport, éducation artistique et culturelle, ludothèque itinérante, réseau d’entraide parentale. La liste évoque aussi une refonte du Projet de réussite éducative pour mieux accompagner les enfants et familles en difficulté.

    Redonner la parole

    Enfin, sur la citoyenneté, le collectif veut créer un conseil municipal des enfants, élu dans les écoles, avec engagement de réponse publique à chaque proposition. Objectif affiché : agir tôt contre les déterminismes sociaux et rendre aux enfants une liberté réelle dans l’espace public. A.J

  • L’enfance, levier d’égalité pour Nîmes

    L’enfance, levier d’égalité pour Nîmes

    Elle n’a pas « choisi » l’enfance comme un thème de campagne : c’est l’enfance qui l’a rattrapée, chaque matin, à hauteur de CP. Géographe-urbaniste de formation, passée par la réhabilitation de quartiers d’habitat social, Agnès Charaix-Py s’est reconvertie dans l’enseignement. Aujourd’hui colistière de Nîmes en commun, elle porte deux dossiers qui se répondent : renaturaliser la ville, « y compris les cours d’école des 83 écoles de Nîmes », et redonner aux enfants une place de citoyens à part entière.

    Dans sa classe, elle dit avoir vu « une paupérisation certaine » en 17 ans : pauvreté matérielle, familles récemment arrivées, barrière de la langue. À cela s’ajoutent, selon elle, « les non-problèmes » devenus massifs : l’emprise des écrans, la concentration en chute, et des signaux sanitaires plus lourds dans les quartiers populaires (caries, obésité, alimentation déséquilibrée). « On est sur une santé défavorable », résume-t-elle, sans fatalisme. Car l’autre visage, elle le décrit avec une énergie contagieuse : des enfants « affamés de culture et d’apprentissage », un enthousiasme brut, une soif de découverte. « Ce sont des gamins pas blasés », dit-elle, évoquant une sortie aux Arènes, « magique », parce que beaucoup n’y avaient « jamais mis les pieds ».

    Ce contraste nourrit sa colère politique : « Il y a des pépites. Je les vois, ils ont six ans. » Et pourtant, faute d’accompagnement, beaucoup glissent, du primaire au collège puis au lycée, jusqu’à l’orientation subie. « Ça me met la rage », insiste-t-elle : « on sacrifie leur avenir ». Pour Agnès Charaix-Py, la mairie a des leviers concrets et immédiats : périscolaire, loisirs, accès à la culture, à la mobilité, à une alimentation saine. Des actions qui, mises bout à bout, « ouvrent des horizons » et desserrent l’étau du déterminisme social.

    « Vous êtes Nîmois »

    L’épisode de juin 2025 a marqué durablement la communauté éducative : « 81 écoles sur 83 ont été fermées pendant la canicule », rappelle-t-elle, décrivant des classes à 30-31°C, des journées perdues où l’on n’enseigne plus vraiment. Pour elle, le sujet n’est pas anecdotique : il dit une politique d’investissement, des priorités assumées. « Le musée de la Romanité ou le Palais des Congrès, c’est bien, mais ça nous a fait perdre du temps », lâche-t-elle, plaidant pour un plan pluriannuel transparent : diagnostic école par école, catégories d’urgence, calendrier lisible pour parents et équipes, travaux d’isolation, protections solaires, solutions de rafraîchissement sobres, et renaturation réelle des cours.

    Car « la ville à hauteur d’enfant » commence derrière le portail : moins de goudron, plus de pleine terre, des arbres, des potagers qui fonctionnent, des composteurs suivis, du vivant. Pas pour faire joli, mais pour transformer l’expérience quotidienne et l’adaptation climatique. Et au-delà de l’école, elle déroule une vision urbaine très concrète : abords d’écoles apaisés, rues temporairement libérées des voitures, cheminements piétons sûrs, pistes cyclables praticables par des enfants, quartiers ralentis. Autrement dit : l’enfance comme test de vérité des politiques publiques.

    Mais l’ambition, insiste-t-elle, est aussi démocratique. Elle regrette l’absence d’un conseil municipal des enfants et veut éviter le gadget : sujets travaillés en amont dans les écoles, élus référents, engagement public de réponses, et retour devant les enfants « dans six ou douze mois » sur ce qui a été fait. « Ce ne sont pas seulement les citoyennes de demain, ce sont les citoyennes d’aujourd’hui », martèle-t-elle.

    Dans sa classe, une phrase revient : « Moi je voudrais qu’ils se sentent Nîmois. » Parce que l’appartenance, dit-elle, peut être un point d’appui, plus accessible que l’identité nationale pour des enfants de familles diverses. « Vous êtes Nîmois », répète-t-elle à des élèves pourtant nés ici. Derrière, une idée simple : faire de la ville un bien commun, et de l’enfance un point de départ. « Un enfant égal un enfant », conclut-elle, « des beaux quartiers comme des classes populaires ». À ses yeux, la justice sociale commence là : dans une cour d’école, un trajet du matin, un repas de cantine, une bibliothèque gratuite, un droit réel à la parole.

  • [Entretien] Benoît Hamon à Nîmes : « L’économie sociale et solidaire est un modèle solide »

    [Entretien] Benoît Hamon à Nîmes : « L’économie sociale et solidaire est un modèle solide »

    La Marseillaise : Nîmes en commun souhaite faire de l’économie sociale et solidaire (ESS) un pilier de son programme. En quoi est-ce pertinent ?

    Benoît Hamon : Construire aujourd’hui ou donner une priorité au développement de l’économie sociale et solidaire c’est répondre à des besoins des populations qui ne sont pas satisfaits par l’économie conventionnelle ou les services publics. L’ESS se situe dans cet intervalle.

    L’ESS peut-elle répondre aux besoins de création d’emplois dans une ville comme Nîmes frappée par le chômage, la pauvreté ?

    B.H. : Souvent les villes et dans les élections municipales des candidats aux mairies font des grandes déclarations sur le développement économique, sur les grandes entreprises qui pourraient s’installer, etc. La réalité c’est qu’on met souvent beaucoup d’argent public pour des emplois qui peuvent partir aussi vite qu’ils sont arrivés. La force de l’économie sociale et solidaire, ce sont les emplois non délocalisables. Ils n’iront jamais à Singapour, en Chine ou aux États-Unis. Ce sont des emplois qui répondent à des besoins sur un territoire et qui sont portés par des entreprises privées de l’ESS mais qui ont un modèle non lucratif. Cela ne veut pas dire qu’elles perdent de l’argent mais tout simplement qu’elles ne distribuent pas d’argent aux actionnaires. Cet argent reste dans l’entreprise. C’est cela qu’il faut comprendre, la force de l’ESS.

    Un exemple ?

    On observera qu’il y a dans l’ESS des entreprises qui sont en concurrence avec d’autres, pas de l’ESS, par exemple les crèches. Vous avez des crèches lucratives avec des actionnaires et des crèches non lucratives. La différence c’est que la non lucrative ne distribue pas de dividendes donc l’argent reste dans la crèche, ce qui permet un meilleur taux d’encadrement des tout-petits.

    L’ESS est donc un modèle économique solide ?

    B.H. : En étudiant l’espérance de vie des entreprises en coopérative et celles en économie conventionnelle, sur un même marché, le ministère de l’économie et des finances a observé que les entreprises, comme les SCOP, avaient une espérance de vie plus longue que les entreprises conventionnelles. À partir du moment où les bénéfices sont réinvestis dans l’entreprise, la consolident, l’espérance de vie est plus longue. Et à partir du moment aussi où les décisions importantes de l’entreprise sont partagées et discutées, elles sont plus tempérantes, plus fiables, plus solides pour préparer l’avenir.

    L’ESS est victime d’idées reçues. Que répondez-vous ?

    B.H. : L’ESS, c’est 14% de l’emploi privé en France et contrairement à une idée reçue, ce n’est pas une économie subventionnée. La Cour des comptes a mis cela au clair : seulement 7% des aides publiques aux entreprises, dont les subventions aux associations, concernent l’ESS. Notre modèle, qui pourtant concourt à l’intérêt général, reçoit moins que les entreprises conventionnelles. Pour résumer : on fait 10% du PIB, 14% de l’emploi privé et 7% des aides publiques. L’économie la plus soutenue, c’est l’économie capitaliste.

    Nîmes est politiquement à la croisée des chemins avec la possibilité d’un changement avec Nîmes en commun, une droite divisée mais une extrême droite qui menace. Quel message avez-vous pour convaincre d’aller voter le 15 mars ?

    B.H. : L’extrême droite et le RN déposent des amendements pour supprimer l’économie sociale et solidaire. Ils ne comprennent certainement rien à ce que l’on fait mais en voulant supprimer ESS France, c’est leur obsession de mettre au pas l’économie sociale qui produit de l’intérêt général. C’est intéressant de regarder Trump, c’est l’extrême droite. Il avait un grand programme sur le pouvoir d’achat, d’emploi, de salaire. On observe qu’il est en échec sur tous ces sujets. La seule chose où il garde un lien fort avec sa base c’est qu’il leur propose de partager sa joie de faire mal à d’autres. C’est là-dessus que l’extrême droite « honore » son programme. Elle ne rate jamais une occasion de faire mal à une catégorie de la population. Là où vous élirez l’extrême droite, vous aurez le lendemain plus de désordre. On doit mettre en face des projets politiques qui revendiquent la joie au sens de la fête, de la culture !

    *Vendredi 13 février à .18h30, local des cheminots, 15 rue Benoît Malon, Nîmes.

    Les mesures

    Nîmes en commun propose la création d’une École de la coopération « Charles Gide ». Objectifs : créer un centre de recherche et d’innovation sociale. Autre mesure : créer un Fonds indépendant pour sécuriser les financements associatifs et faire des SCIC, qui est l’entreprise de la coopération, un outil de développement local pour les Places Communes (tiers-lieux de quartier), la gestion des Halles, la transition énergétique, la mobilité solidaire , l’ alimentation durable, la culture et l’éducation populaire.

  • À Nîmes, une balade poétique dans des sites urbains abandonnés

    À Nîmes, une balade poétique dans des sites urbains abandonnés

    Dès l’entrée, le visiteur est plongé dans une atmosphère suspendue. Il n’y a pas de mise en scène spectaculaire. Les images montrent des lieux désertés, des histoires laissées en plan, parfois heurtées par les couleurs criardes des tags qui envahissent certaines façades. L’artiste pratique l’urbex, exploration urbaine de sites abandonnés, depuis une dizaine d’années, avec une approche presque instinctive. Son travail est au départ largement tourné vers la nature morte. Un héritage que l’on retrouve encore aujourd’hui : des espaces figés, des objets immobiles, comme arrêtés juste après le départ de ceux qui les occupaient. Ce qui l’attire, ce sont ces lieux abandonnés, ou plutôt les traces qu’ils portent. « On entre dans des endroits où il reste quelque chose. Une présence passée. » Pour l’artiste, chaque image devient une question ouverte, sans réponse définitive. Qui vivait là ? Que s’est-il passé ? Pourquoi l’abandon ? Pour autant, l’artiste ne cherche pas à documenter, mais à capter ce qui est en train de disparaître. « Je prends en photo ce qui a existé et qui n’existera plus dans quelque temps. »

    Parmi les lieux photographiés, l’ancien sanatorium du Grau-du-Roi, véritable marqueur de mémoire collective. Un site chargé d’histoire, aujourd’hui brûlé. Ces espaces sont marqués, dit-elle. Et en les photographiant, elle les marque à son tour, laissant une trace avant l’effacement. L’urbex devient alors un travail sur le temps.

  • [Entretien] Zigo : « Il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social »

    [Entretien] Zigo : « Il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous appelé ce nouvel album « Atlas » ?

    Zigo : Quand on cherche un nom d’album, on cherche toujours un mot qui puisse être international, c’est-à-dire compris dans toutes les langues. Mais on cherche aussi un mot qui donne la couleur de l’album. Comme c’est un album qui appelle au voyage et qui a une certaine ouverture musicale, on trouvait que l’Atlas, qui peut renvoyer à l’image d’une carte, de montagnes au Maroc ou du titan de la mythologie grecque qui porte le monde sur son dos, correspondait bien à cet album.

    Depuis 30 ans vous signez des morceaux engagés pour la tolérance, comment voyez-vous la société évoluer  ?

    Zigo : On constate la banalisation du racisme et de l’extrême droite. La mutation du cercle politique français est incroyable et pour nous qui prônons la mixité culturelle et qui arborons fièrement notre mixité culturelle et sociale, c’est effrayant. Il y a eu un moment où on a eu l’impression que le monde changeait, mais ces dernières années, il y a un retour assez terrifiant. Ce qui nous rassure, c’est d’entendre nos chansons dans les manifestations et qu’il reste des gens motivés pour s’exprimer sur le terrain social.

    Vous parvenez pourtant à construire un album qui reste solaire…

    Zigo : On ne voulait pas que l’album soit plombant. On voulait qu’il soit joyeux, on pensait faire un truc plus ensoleillé. Mais, finalement, l’actualité a fait qu’on a eu du mal. Le climat social déteint toujours sur notre musique et là, on a franchement été servis. L’écriture est tombée en pleine guerre en Ukraine, en Palestine, avec le retour de Trump… C’est compliqué de sortir du marasme international. On a quand même réussi à mettre des morceaux un peu plus légers et plus positifs. Mais on n’a pas atteint ce qu’on espérait en termes de positivité.

    Repensez-vous le rôle de la culture dans ces moments troubles ?

    Zigo : Oui, on s’interroge tout le temps mais la meilleure réponse, nous l’avons en concert parce qu’on ne combat que dans la joie et le positif. Quand on voit dans nos tournées autant de personnes prendre le temps d’aller à un concert et de faire la fête, tout en abordant des sujets compliqués, des sujets de société qui sont loin de faire l’unanimité aujourd’hui, ça nous montre que tout n’est pas vain. Dans la nuit, une flamme, ça fait du bien. Les gens nous font beaucoup de bien et nous rassurent là-dessus. Notre récompense, ce ne sont pas les disques d’or, c’est de voir ce public avec le sourire.

    Quels messages vouliez-vous faire passer avec « Mémoires », le 7e morceau de l’album ?

    Zigo : C’est un morceau sur la colonisation qui est parti d’un texte de Bouchkour (l’un des chanteurs, Ndlr). Marcus Gad, qui est un artiste de Calédonie, a entendu ce morceau et ça l’a touché car c’est un sujet d’actualité en Nouvelle-Calédonie. Il a donc voulu y participer. C’est un morceau qui restera historique pour le groupe parce qu’il n’a pas de refrain et c’est le morceau le plus lent qu’on n’ait jamais composé. Il y a en toile de fond la colonisation et le poids et les désastres que ça engendre sur nos générations. Ce n’était pas le but mais quand on l’écrivait, c’était aussi le moment où la situation empirait à Gaza et on ne comprenait pas comment l’être humain n’était pas capable de se souvenir du passé. Ce drame-là transpire dans le morceau, qui restera un texte majeur de notre histoire.

    Comment jugez-vous l’évolution du reggae en France ?

    Zigo : Il y a toujours eu des hauts et des bas mais nous, ça fait trente ans qu’on est sur les routes. Toute notre tournée est déjà complète, c’est ahurissant. Sur nos trois premiers concerts, on constate aussi qu’il y a une nouvelle génération qui vient nous voir. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls à être complets, quand on voit Tryo ou Danakil par exemple, et ça fait vraiment beaucoup de bien, parce qu’on appartient à un style de musique à caractère social, donc ça veut dire que les gens ont encore envie d’entendre parler de ces sujets-là.

  • Les Shifters du Languedoc veulent sortir du tout voiture

    Les Shifters du Languedoc veulent sortir du tout voiture

    Nourrir les connaissances scientifiques pour peser sur les décisions politiques. Voici la feuille de route que se sont fixée les Shifters du Languedoc Roussillon. Pour cela, ils ont choisi d’analyser les émissions de gaz à effet de serre de cinq projets routiers dans la région dont la Liaison intercommunale d’évitement nord de Montpellier (Lien), le Contournement ouest de Montpellier (COM) et le Contournement ouest de Nîmes (Conim). L’association souligne d’abord que de manière générale « de nouvelles infrastructures routières entraînent toujours une augmentation du nombre d’usagers » et regrette que ces projets sont « pensés et anticipés par les pouvoirs publics comme si la mobilité dans les décennies à venir allait rester la même qu’aujourd’hui ».

    Pour étudier ces projets routiers, les bénévoles des groupes locaux, aidés par des bénévoles de Marseille, ont examiné les dossiers de création des projets routiers pour établir leur impact carbone. « Pour les dossiers les plus anciens, ils n’ont pas du tout évalué l’impact carbone. Seuls les dossiers les plus récents comme les contournements ouest de Nîmes et de Montpellier ont mesuré cet impact mais nous ne sommes pas d’accord avec les conclusions », explique Philippe Devers, l’un des porte-parole des Shifters dans le Gard. Il précise : « Ces études négligent notamment le trafic induit alors que des études américaines et françaises montrent qu’à chaque fois qu’on crée une nouvelle route, on induit un nouveau trafic que l’on n’avait pas avant qui peut représenter un pourcentage important. Le béton des ouvrages n’a pas été non plus évalué en impact carbone alors que ça représente une base importante. »

    Empreintes carbone

    Les Shifters évaluent l’empreinte carbone des constructions du Lien à 40 000 tonnes d’équivalent CO2 et à 120 000 tonnes pour le Conim. L’empreinte carbone de la construction du COM n’a pu être calculée (elle est évaluée à 126 000 tonnes par l’étude d’impact). Concernant, l’empreinte carbone du trafic induit par ces infrastructures, l’association l’estime à 25 000 tonnes par an pour le Lien, 500 000 sur la durée de vie du Conim et entre « 270 et 460 000, sur 20 ans, en fonction du scénario choisi », pour le COM. Des chiffres particulièrement importants qui devraient apporter de l’eau au moulin des opposants à ces projets qui s’appuient bien souvent uniquement sur la défense de la biodiversité pour justifier l’abandon de ces infrastructures. « Nous proposons, comme l’a d’ailleurs fait le Haut conseil pour le climat le 16 octobre, de surseoir à tout projet routier. Nous ne voulons pas dire qu’il faut supprimer tout projet routier mais qu’il faut prendre la dimension carbone dans la décision ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Dans ces projets, on parle beaucoup de biodiversité ou d’artificialisation des sols mais jamais d’empreinte carbone », confirme Philippe Devers.

    Avec cette étude, les Shifters entendent apporter un nouvel éclairage à deux mois des élections municipales. L’association qui se revendique apolitique et apartisane espère que les différents candidats s’emparent de ces éléments. « C’est un objectif national pour les Shifters de mener des actions pour influencer les programmes et mettre la transition écologique sur la table. Le but c’est de tirer vers le haut le programme des politiques pour ces élections municipales », précise Philippe Devers. Comme lors de la campagne de 2020, les Shifters et d’autres associations vont également relancer le « Pacte pour la transition » qui proposait trois grands principes et 32 mesures concrètes pour engager les élus à œuvrer pour des communes « plus écologiques, solidaires et démocratiques ».

    À Nîmes, les Shifters veulent même aller plus loin en organisant une audition des différents candidats. Ils ont, pour la plupart, confirmé leur participation. Lors d’une soirée, l’association entend réunir tous les candidats en leur proposant de présenter leur programme pour favoriser la réduction des émissions de gaz à effet de serre puis de répondre aux questions des bénévoles de l’association.

    *The Shift Project est un groupe de réflexion qui « vise à éclairer et influencer le débat sur les défis climat-énergie ».

  • Le Triptyk Théâtre, à Nîmes, met l’enfance à l’honneur

    Le Triptyk Théâtre, à Nîmes, met l’enfance à l’honneur

    « Dans notre monde techno-libéral qui veut exploiter chaque séquence de nos vies, la littérature apporte le souffle intact de nos espérances », écrit Denis Lanoy en préambule du programme de la 23e saison du Triptyk Théâtre, Maison théâtre des littératures à voix haute à Nîmes. En ce début d’année, le directeur a convié de nombreux auteurs de renom et promet de belles rencontres.

    Dédicacée à Victor Hugo, cette nouvelle saison démarrera par une soirée lecture autour des textes de l’auteur des Contemplations (le 5 février). Les 12 et 19 février, le Triptyk Théâtre accueillera aussi l’autrice Gabriella Zalapi, et la grande poétesse Albane Gellée « dont on voulait faire découvrir le travail », ajoute Denis Lanoy. Le 12 mars, l’écrivain et journaliste Nicolas Martin, ex-animateur de La Méthode scientifique sur France culture, prendra le relais autour de son premier roman Fragile/s.

    Parmi les temps forts de la saison, la désormais traditionnelle séquence de « poésie(s) en l’état », qui invite à l’échange entre lecteurs et auteurs et permet surtout d’interroger la place de la poésie dans le monde, se déroulera du 16 au 20 mars. Cette année, elle planchera plus précisément sur l’impact de la poésie chez l’enfant, grâce aux lumières des poètes Philippe Berthaut et Sylvie Durbec. « Lors du colloque, un psychiatre va nous accompagner pour savoir si c’est seulement un outil pédagogique destiné à développer la mémoire ou au contraire si la poésie participe à la sensibilisation de l’être », argumente le directeur.

    Denis Infante, Laure Adler, Nicolas Rey…

    Dans la foulée, le public ira aussi à la rencontre du prodigieux Denis Infante, le 26 mars, dont le fameux Rousse (son premier roman paru en 2024) a été couronné de succès. Suivra aussi la grande Laure Adler le 2 avril pour une soirée « Liberté », puis Nicolas Rey le 9 avril. L’autrice féministe Rebecca West sera également à l’honneur le 16 avril lors d’une soirée où son travail sera présenté par sa traductrice Sarah Idrissi.

    « On essaie toujours d’avoir quelques locomotives une ou deux fois par an, mais on ne veut pas faire de hiérarchisation. Les écrivains sont d’une richesse étonnante. Ils savent ce que veut dire écrire et ils sont très respectueux du travail de leurs pairs », souligne encore Denis Lanoy. Du 18 mai au 2 juillet, le Triptyk Théâtre expérimente aussi des séances en plein air. Au fil de plusieurs rencontres, il proposera des lectures de Marc Bernard, Françoise Sagan, Georges Perec (dans la cour du Cercle de l’avenir) ou encore Frédéric Mistral (à la maison diocésaine). « Cette partie-là est nouvelle. Généralement, à partir du mois de mai, on ne programme plus rien parce qu’on n’est pas climatisé et qu’il fait beaucoup trop chaud. Mais nous cherchons toujours des solutions pour continuer à être actifs », sourit Denis Lanoy, qui tient aussi à saluer le soutien ancien du Département du Gard et de la Ville de Nîmes. « Il est quasi-miraculeux que l’on puisse continuer malgré l’incertitude qui pèse sur le milieu de l’art et de la culture », remarque le directeur.

    Rendez-vous à 19h, au Triptyk Théâtre, 26, rue de la République, à Nîmes.

    Tarifs : 6 à 10 euros. Pour les lectures en plein air dans la cour du Cercle de l’avenir : 2 euros. La lecture autour de
    Frédéric Mistral (le 2
     juillet)
    est en accès libre. Mail
     : reservation.fantaisie.
    litteraire@gmail.com

    Tel. : 06.17.53.02.60.